Quoi une suite au magnifique Troisième Testament? Un préquel plus exactement ou Alice, qui ne dessine plus! et Dorison s'attachent à nous conter le rôle d'un personnage aperçu dans le premier cycle, Julius de Samarie.
Le fan que je suis tremble mais se rassure très vite, en effet au dessin un autre "monstre", Robin Recht que j'avais découvert sur Totendom. Ici son dessin s'est éclaircit et voilà quelqu'un qui lui aussi sait de quoi il parle quand il s'agit de mettre en images un scénario plus qu'envoutant. Quoi, il aurait eu un frère? Nous en sommes au troisième tome, Montaigne à pris le relais pour le dessin, et l'histoire avance dans des contrées magnifiques, ah les plans dans la mine, dans le désert et cette arrivée à Babylone.
J'attends avec grande impatience le quatrième opus de ce cycle et il est bien possible que ces deux tétralogies obtiennent le mention de culte.
N'ayons pas peur des mots, c'est un classique ! Replaçons nous dans le contexte de l'époque. Ce n'est rien moins que le grand début en BD du récit ésotérique/médiéval/fantastique.
Lors de sa sortie en 97 les lecteurs potentiels prennent d'abord une petite claque visuelle avec une couverture réalisée par un quasi inconnu : Alex Alice, l'intérieur est du même tonneau. On aime ou pas mais il faut reconnaitre une maitrise graphique, un sens du cadrage assez phénoménal. Vous l'aurez compris je suis totalement fan de ce que ce type fait. Donc en ce qui concerne le dessin mon commentaire se résume à un seul mot : parfait.
En ce qui concerne le scénario j'avoue être bon public. Bien sûr ces histoires de manuscrit disparu, de Templiers, d'inquisition, de héros improbables qui traversent l'Europe aussi aisément, tout cela est parfois un peu too much. Mais je marche car c'est bigrement bien fichu, le rythme est là. On sent que Dorison au scénario ne s'est pas embarqué sans biscuits, la construction est fluide, sans temps morts, même l'aspect explicatif est amené de manière à ne pas trop perdre le lecteur.
Alors je passe sur certains points qui pourraient heurter les puristes et spécialistes de cette période, je préfère me laisser embarquer dans une aventure qui brasse de nombreux thèmes et des moments grandioses. Ah cette arrivée dans l'île au large de l'Ecosse ! et la fin du tome 4 sur le glacier ! Magnifique vous dis je ! A consommer sans modération.
De très bonne facture ce triptyque! Du scénario au dessin j'ai trouvé que l'on avait là une œuvre de très bonne qualité.
Le dessin rend bien compte de cette opposition entre le monde de la ville et celui des grands espaces survolé par l'aigle. La ville est montrée comme quelque chose d'assez laid alors qu'au contraire la nature, sauvage, dure, âpre est magnifiée par un dessin lumineux. Au niveau des personnages, tous ont de vraies gueules, même si cela est un brin caricatural.
En ce qui concerne le scénario, celui ci aurait pu rester relativement basique,( une vengeance et l'opposition civilisation/nature), sauf qu'ici la présence de l'aigle permet, sans jeux de mots, de prendre de la hauteur et de donner au récit un petit côté fantastique qui passe plutôt bien.
Un récit qui ne perds pas son intensité en route et qui accroche le lecteur. Bien qu'au bout du compte cela ne soit pas du tout moral on se prend au jeu de cette vengeance.
Serge Lehman ne cesse d'enrichir son univers de l'Hypermonde dont il a posé les bases dans la Brigade Chimérique.
Ce qui est réellement enthousiasmant pour ce one shot qui peut se lire sans être passé par le gros pavé de base, c'est que les auteurs, scénariste comme dessinateur, en profitent pour gommer et améliorer ce qui me dérangeait dans l'oeuvre matricielle.
A l'origine basé sur les deux romans de Maurice Renard qui apparait aussi comme protagoniste dans la présente bd, "l'Homme Truqué" et "Le péril bleu", Serge Lehman s'en inspire pour les intégrer dans son univers et en faire une préquelle.
Les événements sont antérieurs à ceux racontés dans la fameuse Brigade et se déroulent dans un Paris tout frais de l'armistice de la Grande Guerre soit au début 1919.
La protection de la capitale française est aux mains de Marie Curie qui recueille les mutants des tranchées dans son institut ainsi que du Nyctalope pas encore aussi cynique que dans la Brigade Chimérique.
L'ensemble est mis à mal par l'intrusion du fameux Homme Truqué, un rescapé malheureux de la Grande Guerre et amélioré par "Nous Autres", entité soviétique, qui l'a utilisé comme cobaye et lui a rendu la vue par un appareillage des plus inesthétiques.
L'aventure semble lancée à 100 km/h en prenant bien soin de ne pas perdre le lecteur en route comme c'était souvent le cas dans le livre d'origine.
Lehman prend beaucoup de soin à insuffler un rythme soutenu ainsi qu'un vocabulaire plus appréciable pendant que Gess améliore ses personnages et enrichit ses paysages.
L'ensemble est de toute beauté et renvoie directement à un univers que ne renierait pas E.P. Jacobs pour ses Blake et Mortimer pour le plus grand plaisir des lecteurs.
La menace d'un autre péril d'origine inconnu s’intègre particulièrement bien dans ce milieu de mystères parisiens et on sent enfin la formule gagnante pour cet univers prometteur qui n'a pour seul reproche que de se lire bien vite.
A noter un clin d'oeil discret vers Jean Severac, le héros de la Brigade et on peut se faire une jolie idée de ce que va devenir L'Oeil de la nuit dont Lehman et Gess assurent actuellement la paternité.
Vous avez aimé La Brigade Chimérique ? Lisez l'Homme Truqué.
Vous n'avez pas aimé La Brigade Chimérique ? Alors lisez l'Homme Truqué.
Un must de SF vintage qui fait vraiment plaisir à lire et sans aucune prise de tête.
Très peu de Bd réalistes prennent pour décor l'Australie ; "Down Under" rend un juste et superbe hommage à la splendeur de ce pays-continent vaste et sauvage. Mes souvenirs d'Australie en BD se limitaient à Sandy & Hoppy et accessoirement à "Ian McDonald" (voir Tu n'es pas le bon dieu petit Chinois) ; le cinéma a complété mes connaissances avec des films comme Mad Max 2, Crocodile Dundee ou Razorback...
Cette Bd m'a attiré immédiatement car j'ai une sorte de fascination pour cette Australie aux vastes étendues désertiques, ce pays de sable rouge, où trône Ayers Rock, où vivent des aborigènes et une faune typique, où la vie hors des villes s'écoule un peu comme dans l'Ouest sauvage américain, et d'ailleurs, le récit est traité à la manière d'un western, l'époque choisie étant la fin du XIXème siècle.
Sur fond de spoliation, c'est le prétexte pour s'intéresser à la culture aborigène qu'on peut comparer par bien des points à celle de la culture indienne du Far West, car on s'aperçoit que comme l'Amérique, ce pays magnifique a lui aussi été corrompu par le colonialisme des Blancs. On constate notamment encore une fois la morgue des Anglais et le mépris qu'ils ont en général pour les peuples autochtones. A travers une intrigue classique qui rappelle un peu Monsieur Quigley l'Australien (Quigley Down Under), film de 1990 avec Tom Selleck, tout ceci est montré sans éclat, discrètement, résultat d'une réalité, avec en plus d'inévitables images de carte postale (kangourous, koalas, eucalyptus...). C'est un véritable western austral captivant, rythmé, dépaysant, qui repique à sa façon tous les stéréotypes de l'aventure avec un grand A.
Le dessin rend lui aussi hommage à cette terre ocre et rouge par ses tons superbes, et magnifie littéralement l'histoire ; j'aime beaucoup ce genre de dessin élégant et racé de Pezzi que j'avais déjà pu apprécier sur Alamo, c'est le grand atout de cette Bd. Le plaisir de lecture est donc total, tout est parfaitement calibré, décor, personnages, narration, dessin, intérêt du sujet, et son approche de la culture aborigène n'est pas caricaturale mais authentique.
J'avais entendu parler de cette série, mais je ne l'avais jamais lue. Puis, lorsque j'ai su qu'il y avait une édition française (dont la traduction s’arrête à octobre 2001 donc il y a encore plein de strips inédits en français), j'ai emprunté les albums.
J'ai bien aimé les strips. Certes l'humour est inégal et certains gags ne m'ont pas fait rire, mais cela ne m'a pas dérangé parce que je trouve les personnages attachants. Ils ont tous leurs défauts ou problèmes et cela me fait bien rire. Le fait que les histoires tournent autour des mêmes thèmes ne m'a pas du tout dérangé car l'auteur a beaucoup d'imagination pour faire rire. Les références à la société américaine ne m'ont pas dérangé car je connaissais à peu près toutes ces références. Il n'y a que des gags sur certains candidats de l'élection présidentielle de 2000 que je n'ai pas compris car je connais uniquement Gore, Bush, Cheney et McCain.
Le dessin est sympa quoique j'aurais préféré qu'il reste en noir et blanc.
Commençons par le dessin : une ligne claire soignée qui ne souffre pas spécialement des divers changements de dessinateurs. Yvan Pommeaux, Philippe Masson et Louis Alloing travaillent dans des styles assez similaires et le premier, instigateur de la série et également scénariste, me semble avoir toujours gardé le contrôle de celle-ci. Il y a donc une belle unité de ton malgré les changements survenus.
Les histoires sont, quant à elles, parfaitement adaptées au public visé (les 8-10 ans). C’est enjoué, dynamique, non dépourvu d’humour, empli de bons sentiments, peuplé de personnages attachants (sans oublier le fidèle animal domestique, chien ou chat en fonction des circonstances). Les intrigues sont bien ficelées quand bien même elles demeurent naïves (c’est une série jeunesse, il ne faudrait pas l’oublier). Rares sont les méchants réellement méchants et le happy end est de mise.
Les cadres sont très variés et permettent au jeune lecteur d’aborder tout en légèreté des univers divers. Il n’y a jamais d’explications démagogiques, qui risqueraient d’alourdir la lecture, mais juste une manière de titiller la curiosité du lecteur qui pourra, à l’envi, approfondir le sujet au travers d’autres lectures. La série était publiée en magazine et, sincèrement, je pense que c’était une mine d’or pour celui-ci, qui pouvait utiliser les cadres proposés pour offrir au lecteur un petit dossier sur tel ou tel sujet (du cinéma à effets spéciaux aux îles bretonnes, en passant par les maquisards de la seconde guerre mondiale ou l’art moderne). C’est, pour cette raison, une série que je conseillerais franchement à un instituteur. Il trouvera régulièrement dans ces albums une porte d’entrée ludique vers des sujets divers.
Une très agréable découverte ! Pas du même niveau qu’un Jules (qui reste pour moi la référence absolue dans ce domaine) mais peut-être mieux adaptée pour un public un peu plus jeune. Pour la note, j'hésite entre le 3/5 et le 4/5. J'opte pour cette dernière parce que je pense sincèrement que le public visé appréciera énormément cette lecture et son attachante héroïne (quoique pas toujours d'un caractère facile).
J’avais beaucoup aimé Fragments par Stefano Casini, je me suis donc empressé de lire sa nouvelle BD chez Mosquito, malgré une couverture vraiment pas terrible. Et encore une fois je suis ressorti ravis de ma lecture.
« Voodoo Serenade » reprend le héros de la série Hasta la victoria ! (toujours chez Mosquito) mais se pose comme un album à part. Nero Maccanti se retrouve cette fois-ci à Haïti, mais la tranquillité ne dure pas longtemps. Il se passe bien d’étranges choses sur l’île, et il faut avouer que l’auteur construit son mystère habillement, brouille les pistes, multiplie les personnages, et je me suis retrouvé happé, impossible de referme le bouquin avant d’en connaitre le dénouement. La narration est à ce titre assez dense, mais on ne perd jamais le fil, et j’ai trouvé la fin satisfaisante.
Le dessin et les couleurs aquarelles sont magnifiques et très lisibles, et retranscrivent parfaitement l’atmosphère locale, remplie de mystère, de légendes et de superstitions.
Un bel album, que je recommande chaudement.
Une aventure haletante et haute en couleurs, dans un Afrique légèrement fantasmée (les noms de pays, régions etc. sont inventés).
Le ton est très humain, la narration se focalise surtout sur les différents personnages, mais l’intrigue elle-même est bien construite, même si elle est finalement assez prévisible. Il y a aussi une réflexion intéressante (mais assez convenue) sur la situation géopolitique en Afrique de manière plus générale, avec ces nombreux pays déchirés par la pauvreté, les guerres civiles, les dictateurs « gentils » et les rebellions sauvages.
La mise en image est sublime, notamment grâce aux couleurs aquarelles du plus bel effet. Certaines planches fourmillant de détails sont absolument magnifiques.
Une chouette aventure, que j’ai lue d’une traite, et que je recommande chaudement.
Voilà une BD bien particulière, sorte de reportage angoissant, ou l'auteur raconte ses années collège et lycée lors desquelles il avait pour camarade de classe un futur sérial killer. Bien qu'on soit en train de lire une BD, et qu'on pourrait penser que certains passages sont romancés, tout est pourtant vrai. On découvre ainsi l'adolescence d'un futur monstre, alors qu'il n'est encore qu'un enfant.
A la lecture c'est un sentiment étrange qui se dégage. Parce qu'on suit l'adolescence d'un groupe de gamins, principalement Dahmer, mais aussi l'auteur et ses autres amis. Ensemble, ils font toutes sortes de bétises, se moquent des profs, commencent à picoler ou à fumer.... Et si on ne connaissait pas l'issue, certaines anecdotes prêterait plutôt à sourire. Et au contraire ici elles font un peu froid dans le dos.
En lisant certains passages, je me suis dit moi aussi j'avais des camarades de classe qui s'amusait à torturer les animaux, moi aussi j'ai vu des mecs de 16 / 17 ans arriver complètement défoncé à 8h du mat en cours.... Mais aux dernières nouvelles ils n'ont encore tuer personne. Et lui ce Dahmer, associable, perturbé, mal dans sa peau, un peu tête de turc quand même et surtout pas aidé par un climat familial difficile il a basculé dans la folie et l'horreur. Donc quand on lit tout ça, ça fait sacrément réfléchir.
Tout aussi fort, voire plus encore, que la partie dessinée, je crois que c'est la postface qui m'a le plus marqué. Là où l'auteur explique chacune des anecdotes racontées dans la BD. Toutes sont recoupées par plusieurs sources : témoignages de camarade de classe, enquête du FBI, interrogatoire de Dahmer. L'auteur a vraiment fait un travail d'investigation et de recoupement dingue et le résultat est là. Bien meilleur que tous les reportages sur les sérial killer de France 2, NT1 et NRJ12...
Le sujet est grave, et on repense pas mal à cette BD hors norme après sa lecture.
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Le Troisième Testament - Julius
Quoi une suite au magnifique Troisième Testament? Un préquel plus exactement ou Alice, qui ne dessine plus! et Dorison s'attachent à nous conter le rôle d'un personnage aperçu dans le premier cycle, Julius de Samarie. Le fan que je suis tremble mais se rassure très vite, en effet au dessin un autre "monstre", Robin Recht que j'avais découvert sur Totendom. Ici son dessin s'est éclaircit et voilà quelqu'un qui lui aussi sait de quoi il parle quand il s'agit de mettre en images un scénario plus qu'envoutant. Quoi, il aurait eu un frère? Nous en sommes au troisième tome, Montaigne à pris le relais pour le dessin, et l'histoire avance dans des contrées magnifiques, ah les plans dans la mine, dans le désert et cette arrivée à Babylone. J'attends avec grande impatience le quatrième opus de ce cycle et il est bien possible que ces deux tétralogies obtiennent le mention de culte.
Le Troisième Testament
N'ayons pas peur des mots, c'est un classique ! Replaçons nous dans le contexte de l'époque. Ce n'est rien moins que le grand début en BD du récit ésotérique/médiéval/fantastique. Lors de sa sortie en 97 les lecteurs potentiels prennent d'abord une petite claque visuelle avec une couverture réalisée par un quasi inconnu : Alex Alice, l'intérieur est du même tonneau. On aime ou pas mais il faut reconnaitre une maitrise graphique, un sens du cadrage assez phénoménal. Vous l'aurez compris je suis totalement fan de ce que ce type fait. Donc en ce qui concerne le dessin mon commentaire se résume à un seul mot : parfait. En ce qui concerne le scénario j'avoue être bon public. Bien sûr ces histoires de manuscrit disparu, de Templiers, d'inquisition, de héros improbables qui traversent l'Europe aussi aisément, tout cela est parfois un peu too much. Mais je marche car c'est bigrement bien fichu, le rythme est là. On sent que Dorison au scénario ne s'est pas embarqué sans biscuits, la construction est fluide, sans temps morts, même l'aspect explicatif est amené de manière à ne pas trop perdre le lecteur. Alors je passe sur certains points qui pourraient heurter les puristes et spécialistes de cette période, je préfère me laisser embarquer dans une aventure qui brasse de nombreux thèmes et des moments grandioses. Ah cette arrivée dans l'île au large de l'Ecosse ! et la fin du tome 4 sur le glacier ! Magnifique vous dis je ! A consommer sans modération.
Kraa
De très bonne facture ce triptyque! Du scénario au dessin j'ai trouvé que l'on avait là une œuvre de très bonne qualité. Le dessin rend bien compte de cette opposition entre le monde de la ville et celui des grands espaces survolé par l'aigle. La ville est montrée comme quelque chose d'assez laid alors qu'au contraire la nature, sauvage, dure, âpre est magnifiée par un dessin lumineux. Au niveau des personnages, tous ont de vraies gueules, même si cela est un brin caricatural. En ce qui concerne le scénario, celui ci aurait pu rester relativement basique,( une vengeance et l'opposition civilisation/nature), sauf qu'ici la présence de l'aigle permet, sans jeux de mots, de prendre de la hauteur et de donner au récit un petit côté fantastique qui passe plutôt bien. Un récit qui ne perds pas son intensité en route et qui accroche le lecteur. Bien qu'au bout du compte cela ne soit pas du tout moral on se prend au jeu de cette vengeance.
L'Homme truqué
Serge Lehman ne cesse d'enrichir son univers de l'Hypermonde dont il a posé les bases dans la Brigade Chimérique. Ce qui est réellement enthousiasmant pour ce one shot qui peut se lire sans être passé par le gros pavé de base, c'est que les auteurs, scénariste comme dessinateur, en profitent pour gommer et améliorer ce qui me dérangeait dans l'oeuvre matricielle. A l'origine basé sur les deux romans de Maurice Renard qui apparait aussi comme protagoniste dans la présente bd, "l'Homme Truqué" et "Le péril bleu", Serge Lehman s'en inspire pour les intégrer dans son univers et en faire une préquelle. Les événements sont antérieurs à ceux racontés dans la fameuse Brigade et se déroulent dans un Paris tout frais de l'armistice de la Grande Guerre soit au début 1919. La protection de la capitale française est aux mains de Marie Curie qui recueille les mutants des tranchées dans son institut ainsi que du Nyctalope pas encore aussi cynique que dans la Brigade Chimérique. L'ensemble est mis à mal par l'intrusion du fameux Homme Truqué, un rescapé malheureux de la Grande Guerre et amélioré par "Nous Autres", entité soviétique, qui l'a utilisé comme cobaye et lui a rendu la vue par un appareillage des plus inesthétiques. L'aventure semble lancée à 100 km/h en prenant bien soin de ne pas perdre le lecteur en route comme c'était souvent le cas dans le livre d'origine. Lehman prend beaucoup de soin à insuffler un rythme soutenu ainsi qu'un vocabulaire plus appréciable pendant que Gess améliore ses personnages et enrichit ses paysages. L'ensemble est de toute beauté et renvoie directement à un univers que ne renierait pas E.P. Jacobs pour ses Blake et Mortimer pour le plus grand plaisir des lecteurs. La menace d'un autre péril d'origine inconnu s’intègre particulièrement bien dans ce milieu de mystères parisiens et on sent enfin la formule gagnante pour cet univers prometteur qui n'a pour seul reproche que de se lire bien vite. A noter un clin d'oeil discret vers Jean Severac, le héros de la Brigade et on peut se faire une jolie idée de ce que va devenir L'Oeil de la nuit dont Lehman et Gess assurent actuellement la paternité. Vous avez aimé La Brigade Chimérique ? Lisez l'Homme Truqué. Vous n'avez pas aimé La Brigade Chimérique ? Alors lisez l'Homme Truqué. Un must de SF vintage qui fait vraiment plaisir à lire et sans aucune prise de tête.
Down Under
Très peu de Bd réalistes prennent pour décor l'Australie ; "Down Under" rend un juste et superbe hommage à la splendeur de ce pays-continent vaste et sauvage. Mes souvenirs d'Australie en BD se limitaient à Sandy & Hoppy et accessoirement à "Ian McDonald" (voir Tu n'es pas le bon dieu petit Chinois) ; le cinéma a complété mes connaissances avec des films comme Mad Max 2, Crocodile Dundee ou Razorback... Cette Bd m'a attiré immédiatement car j'ai une sorte de fascination pour cette Australie aux vastes étendues désertiques, ce pays de sable rouge, où trône Ayers Rock, où vivent des aborigènes et une faune typique, où la vie hors des villes s'écoule un peu comme dans l'Ouest sauvage américain, et d'ailleurs, le récit est traité à la manière d'un western, l'époque choisie étant la fin du XIXème siècle. Sur fond de spoliation, c'est le prétexte pour s'intéresser à la culture aborigène qu'on peut comparer par bien des points à celle de la culture indienne du Far West, car on s'aperçoit que comme l'Amérique, ce pays magnifique a lui aussi été corrompu par le colonialisme des Blancs. On constate notamment encore une fois la morgue des Anglais et le mépris qu'ils ont en général pour les peuples autochtones. A travers une intrigue classique qui rappelle un peu Monsieur Quigley l'Australien (Quigley Down Under), film de 1990 avec Tom Selleck, tout ceci est montré sans éclat, discrètement, résultat d'une réalité, avec en plus d'inévitables images de carte postale (kangourous, koalas, eucalyptus...). C'est un véritable western austral captivant, rythmé, dépaysant, qui repique à sa façon tous les stéréotypes de l'aventure avec un grand A. Le dessin rend lui aussi hommage à cette terre ocre et rouge par ses tons superbes, et magnifie littéralement l'histoire ; j'aime beaucoup ce genre de dessin élégant et racé de Pezzi que j'avais déjà pu apprécier sur Alamo, c'est le grand atout de cette Bd. Le plaisir de lecture est donc total, tout est parfaitement calibré, décor, personnages, narration, dessin, intérêt du sujet, et son approche de la culture aborigène n'est pas caricaturale mais authentique.
The Boondocks
J'avais entendu parler de cette série, mais je ne l'avais jamais lue. Puis, lorsque j'ai su qu'il y avait une édition française (dont la traduction s’arrête à octobre 2001 donc il y a encore plein de strips inédits en français), j'ai emprunté les albums. J'ai bien aimé les strips. Certes l'humour est inégal et certains gags ne m'ont pas fait rire, mais cela ne m'a pas dérangé parce que je trouve les personnages attachants. Ils ont tous leurs défauts ou problèmes et cela me fait bien rire. Le fait que les histoires tournent autour des mêmes thèmes ne m'a pas du tout dérangé car l'auteur a beaucoup d'imagination pour faire rire. Les références à la société américaine ne m'ont pas dérangé car je connaissais à peu près toutes ces références. Il n'y a que des gags sur certains candidats de l'élection présidentielle de 2000 que je n'ai pas compris car je connais uniquement Gore, Bush, Cheney et McCain. Le dessin est sympa quoique j'aurais préféré qu'il reste en noir et blanc.
Marion Duval
Commençons par le dessin : une ligne claire soignée qui ne souffre pas spécialement des divers changements de dessinateurs. Yvan Pommeaux, Philippe Masson et Louis Alloing travaillent dans des styles assez similaires et le premier, instigateur de la série et également scénariste, me semble avoir toujours gardé le contrôle de celle-ci. Il y a donc une belle unité de ton malgré les changements survenus. Les histoires sont, quant à elles, parfaitement adaptées au public visé (les 8-10 ans). C’est enjoué, dynamique, non dépourvu d’humour, empli de bons sentiments, peuplé de personnages attachants (sans oublier le fidèle animal domestique, chien ou chat en fonction des circonstances). Les intrigues sont bien ficelées quand bien même elles demeurent naïves (c’est une série jeunesse, il ne faudrait pas l’oublier). Rares sont les méchants réellement méchants et le happy end est de mise. Les cadres sont très variés et permettent au jeune lecteur d’aborder tout en légèreté des univers divers. Il n’y a jamais d’explications démagogiques, qui risqueraient d’alourdir la lecture, mais juste une manière de titiller la curiosité du lecteur qui pourra, à l’envi, approfondir le sujet au travers d’autres lectures. La série était publiée en magazine et, sincèrement, je pense que c’était une mine d’or pour celui-ci, qui pouvait utiliser les cadres proposés pour offrir au lecteur un petit dossier sur tel ou tel sujet (du cinéma à effets spéciaux aux îles bretonnes, en passant par les maquisards de la seconde guerre mondiale ou l’art moderne). C’est, pour cette raison, une série que je conseillerais franchement à un instituteur. Il trouvera régulièrement dans ces albums une porte d’entrée ludique vers des sujets divers. Une très agréable découverte ! Pas du même niveau qu’un Jules (qui reste pour moi la référence absolue dans ce domaine) mais peut-être mieux adaptée pour un public un peu plus jeune. Pour la note, j'hésite entre le 3/5 et le 4/5. J'opte pour cette dernière parce que je pense sincèrement que le public visé appréciera énormément cette lecture et son attachante héroïne (quoique pas toujours d'un caractère facile).
Voodoo Serenade
J’avais beaucoup aimé Fragments par Stefano Casini, je me suis donc empressé de lire sa nouvelle BD chez Mosquito, malgré une couverture vraiment pas terrible. Et encore une fois je suis ressorti ravis de ma lecture. « Voodoo Serenade » reprend le héros de la série Hasta la victoria ! (toujours chez Mosquito) mais se pose comme un album à part. Nero Maccanti se retrouve cette fois-ci à Haïti, mais la tranquillité ne dure pas longtemps. Il se passe bien d’étranges choses sur l’île, et il faut avouer que l’auteur construit son mystère habillement, brouille les pistes, multiplie les personnages, et je me suis retrouvé happé, impossible de referme le bouquin avant d’en connaitre le dénouement. La narration est à ce titre assez dense, mais on ne perd jamais le fil, et j’ai trouvé la fin satisfaisante. Le dessin et les couleurs aquarelles sont magnifiques et très lisibles, et retranscrivent parfaitement l’atmosphère locale, remplie de mystère, de légendes et de superstitions. Un bel album, que je recommande chaudement.
Les Heures Noires
Une aventure haletante et haute en couleurs, dans un Afrique légèrement fantasmée (les noms de pays, régions etc. sont inventés). Le ton est très humain, la narration se focalise surtout sur les différents personnages, mais l’intrigue elle-même est bien construite, même si elle est finalement assez prévisible. Il y a aussi une réflexion intéressante (mais assez convenue) sur la situation géopolitique en Afrique de manière plus générale, avec ces nombreux pays déchirés par la pauvreté, les guerres civiles, les dictateurs « gentils » et les rebellions sauvages. La mise en image est sublime, notamment grâce aux couleurs aquarelles du plus bel effet. Certaines planches fourmillant de détails sont absolument magnifiques. Une chouette aventure, que j’ai lue d’une traite, et que je recommande chaudement.
Mon ami Dahmer
Voilà une BD bien particulière, sorte de reportage angoissant, ou l'auteur raconte ses années collège et lycée lors desquelles il avait pour camarade de classe un futur sérial killer. Bien qu'on soit en train de lire une BD, et qu'on pourrait penser que certains passages sont romancés, tout est pourtant vrai. On découvre ainsi l'adolescence d'un futur monstre, alors qu'il n'est encore qu'un enfant. A la lecture c'est un sentiment étrange qui se dégage. Parce qu'on suit l'adolescence d'un groupe de gamins, principalement Dahmer, mais aussi l'auteur et ses autres amis. Ensemble, ils font toutes sortes de bétises, se moquent des profs, commencent à picoler ou à fumer.... Et si on ne connaissait pas l'issue, certaines anecdotes prêterait plutôt à sourire. Et au contraire ici elles font un peu froid dans le dos. En lisant certains passages, je me suis dit moi aussi j'avais des camarades de classe qui s'amusait à torturer les animaux, moi aussi j'ai vu des mecs de 16 / 17 ans arriver complètement défoncé à 8h du mat en cours.... Mais aux dernières nouvelles ils n'ont encore tuer personne. Et lui ce Dahmer, associable, perturbé, mal dans sa peau, un peu tête de turc quand même et surtout pas aidé par un climat familial difficile il a basculé dans la folie et l'horreur. Donc quand on lit tout ça, ça fait sacrément réfléchir. Tout aussi fort, voire plus encore, que la partie dessinée, je crois que c'est la postface qui m'a le plus marqué. Là où l'auteur explique chacune des anecdotes racontées dans la BD. Toutes sont recoupées par plusieurs sources : témoignages de camarade de classe, enquête du FBI, interrogatoire de Dahmer. L'auteur a vraiment fait un travail d'investigation et de recoupement dingue et le résultat est là. Bien meilleur que tous les reportages sur les sérial killer de France 2, NT1 et NRJ12... Le sujet est grave, et on repense pas mal à cette BD hors norme après sa lecture.