Les derniers avis (32003 avis)

Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Universal War One
Universal War One

Les aviseurs de BDT ne s’y sont pas trompés. Universal War One, aujourd’hui largement reconnue comme un classique de la BD de SF française, est extrêmement aboutie à (quasiment) tout point de vue, et tout cela sous la main d’un seul homme, j’ai nommé Denis Bajram. Un dessin réaliste au trait fin et assuré, allié à une mise en couleur flamboyante, vient servir un scénario très original. L’histoire, qui effectue constamment des va-et-vient temporels entre plusieurs époques, a nécessité, selon les dires de l’auteur lui-même, de nombreux schémas et tableaux permettant de maintenir la cohérence de l’intrigue. Car il aurait été sans doute très facile de se laisser engloutir par un projet aussi ambitieux. Mais grâce à son shaker magique, l’auteur sait faire apprécier sa potion, rendant le récit accessible et fluide aux moins scientifiques de ses lecteurs. Même si on a parfois l’impression d’être largué à propos de certaines considérations scientifiques (l’espace temps, les wormholes…), en particulier dans les premiers tomes, on ne perd jamais vraiment le fil. Pas besoin donc d’avoir de grandes connaissances en physique pour apprécier la série. L’aspect politico-économique n’est pas en reste et devrait combler les amateurs de géopolitique. On voit comment les CIC, devenues extrêmement puissantes avec l’exploitation des ressources du système solaire, décident un jour de défier les institutions politiques internationales. On peut même y voir une sorte de mise en garde adressée aux citoyens de notre époque : que se passerait-il si un jour les multinationales prenaient l’ascendant sur les gouvernements, aujourd’hui déjà largement soumis aux diktats de la finance mondialisée ? L’auteur va jusqu’à créer une mythologie propre à la série, rythmée par les extraits d’une mystérieuse « Bible de Canaan », ce qui ravira les plus mystiques. La noirceur de certains personnages (tous très bien campés) confère par ailleurs à ce chef d’œuvre une dimension shakespearienne. Quelques petits bémols toutefois : une entrée en matière un brin longuette, si prenante soit-elle, heureusement compensée par un point d’orgue spectaculaire au milieu de la série. Autre source de perplexité : la question écologique, totalement éludée. Quant à l’arme des CIC, elle est véritablement terrifiante. Une arme d’un nouveau genre utilisant la gravitation, sorte de gigantesque fil à couper le beurre capable de découper en tranches des planètes entières, mille fois plus redoutable que l’Etoile noire de Star Wars ! Une véritable innovation dans un ouvrage de SF, qui, espérons-le, restera cantonnée à l’imagination de conteurs tels que Bajram, mais s'imposera à coup sûr comme l’image forte de cette puissante saga.

15/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle

Cela fait la deuxième fois que je m'aventure dans une histoire dessinée par Brüno, après Tyler Cross me voici donc découvrant Atar Gull. Finalement si son dessin n'est pas mon style je dois avouer que c'est donc la deuxième fois que je me trouve piégé par un je ne sais quoi d'assez envoutant. Le cadrage?, La couleur?, L'expressivité qui malgré un dessin d'aspect minimaliste est parfaitement rendue? Décidément la fréquentation de ce site m'aura fait découvrir des choses que je n'aurais pas imaginé regarder un jour. Quand à l'histoire , que dire? Tout est millimétré, il faut dire que Nury n'est pas un lapin de six semaines et qu'il sait mener sa barque. Sans pathos larmoyant il décrit avec une précision de chirurgien tous les rouages du commerce triangulaire. Dés le début l'épisode des larmes vous assène un coup derrière la tête. Nous sommes groggy et ne quitterons plus cet état jusqu'à la dernière case. Tout a été dit précédemment mais la mécanique scénaristique est impeccable et imparable. Une grande et bonne claque salvatrice. Pour ceux qui ne connaissent pas, il ne faut pas hésiter.

15/02/2015 (modifier)
Par Polette
Note: 4/5
Couverture de la série Mon ami Dahmer
Mon ami Dahmer

Voilà un album qui laisse comme un goût amer dans la bouche après l'avoir refermé... J'ai lu "Mon ami Dahmer" d'une traite, sans jamais avoir entendu parler de ce tueur en série auparavant. Cet album a été mûrement réfléchi par son auteur durant de nombreuses années, et je l'ai trouvé parfaitement abouti. Il a l'intelligence de raconter les faits, rien que les faits, de cette partie de vie d'adolescent qu'il a partagée avec Jeff Dahmer. Les morceaux choisis sont bien documentés : ils viennent de la propre expérience de l'auteur ou de ses proches amis, ou des témoignages de Jeff Dahmer lors de ses interrogatoires par le FBI. Tout se passe avant que le tueur commette son premier meurtre, à seulement 18 ans. On suit sa vie de collégien puis de lycéen; adolescent étrange et isolé dont les pulsions morbides vont prendre de plus en plus d’ampleur, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus les refouler. L'album est une accumulation de comportements étranges et violents d'un garçon délaissé par ses parents, sans réel ami, qui se met à se saouler dès le matin au lycée pour lutter contre cette folie intérieure. Et c'est là qu'on se demande "Mais comment est-ce possible ?". Comment ses professeurs ont pu laisser évoluer ce monstre sans avoir jamais rien vu, sans jamais avoir tenté de l'aider ? C'est ça qui fait froid dans le dos.

15/02/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Rédemption (Soleil)
Rédemption (Soleil)

Ma foi que j'ai perdu, rédemption semble être une bd sur les croisades qui sort du lot. Pourtant, elle ne payait pas de mine avec une couverture archi-conventionnelle. On apprend bien des choses pas très catholiques sur les croisés et leurs méfaits non seulement auprès des troupes du mahométans pais également de leur propres gueux restés au pays. Le thème sera celui de la rédemption à travers un croisé tourmenté par son glorieux et sanglant passé. La première croisade a été un échec retentissant. Voilà que se prépare la seconde. Or, il s'agit de motiver les troupes ou plutôt de trouver les gueux pour les envoyer à une mort certaine au nom de la religion au risque d'être puni comme un hérétique. Cela sera un diptyque et non une interminable série. Or, cette première partie est intelligente dans les dialogues et les situations exposés. Cela donne envie de connaître la suite et la fin même si on devine déjà comment tout cela va se terminer. La rédemption a toujours un prix.

15/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Les Mauvaises Gens
Les Mauvaises Gens

Etienne Davodeau a réussi là un bien bel album ! C’est d’abord un hommage à ses parents, à leur engagement, de leur jeunesse dans l’après-guerre à l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. C’est aussi, au travers d’eux et des protagonistes qui les ont « aiguillés » vers ce qu’ils sont devenus, un hommage à une région souvent à l’écart. L’extrait des « Carnets du grand chemin » de Julien Gracq en début d’album ouvre d’ailleurs superbement et l’album et cette région. C’est aussi une très belle illustration des évolutions, mutations de la société française des Trente glorieuses puis des années « de crise », avec les luttes sociales qui l’ont traversée. Et un regard sur l’influence plus ou moins en déclin de l’Eglise et des syndicats. Un regard à la fois plein d’empathie et d’ironie aussi pour certains dirigeants de la gauche. En cela, la clôture de l’album le 10 mai 1981, au sommet d’une certaine vague, d’un enthousiasme parfois messianique, permet d’évacuer les désillusions que Mitterrand fera connaître à une certaine gauche (surtout après 1983). C’est un album plein d’humanité, qui, sans être jamais mièvre et naïf, délivre un message positif, plein de vie. Vraiment une réussite, que le dessin à la fois simple et efficace accompagne très bien. Une œuvre intelligente, à découvrir !

15/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Eden Hôtel
Eden Hôtel

Une vraiment bonne surprise que ce one shot. S'appuyant sur des éléments réels les auteurs en font une fiction qui s'ancre dans une réalité historique peu connue. Au XIX ème siècle une forte population d'origine allemande était implanté en Argentine. A partir de 1933 et l'avènement d'Hitler au pouvoir, une majorité de ces allemands exilés prirent fait et cause pour le nouveau régime avec des intentions d'exporter le nazisme sur le continent sud américain. L'Eden Hotel, qui a réellement existé, était une sorte de carrefour, de lieu de rendez vous pour ces supporters du Fürher. A la même époque et au même endroit vivait la famille Guevara dont le fils fera parler de lui quelques années plus tard. En quittant la réalité pour la fiction les auteurs imaginent des évènements fictifs mais plus que plausibles ou tout ce petit monde se rejoint. Bon la rencontre finale est un peu too much, mais procure un agréable twist. Le dessin réaliste est particulièrement bon et les couleurs collent parfaitement aux ambiances évoquées. Une bonne surprise!

14/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Gung Ho
Gung Ho

Nouvelle découverte, et que c'est bien. La couverture ne m'emballait à priori pas, mais une fois rentré dans le récit et les premières pages tournées, j'avoue que j'en ai pris plein les yeux. Le graphisme est plutôt bon, même si j'avais peur de voir ces filles qui avaient a priori des têtes de poupées Bratz, mais non tout cela s'intègre parfaitement dans un ensemble semi réaliste plus que plaisant. les couleurs sont belles, souvent chaudes, à mille lieux de ce que l'on pourrait attendre dans une vision de monde post apocalyptique. Et puis bien sur j'attendrais la sortie du dernier 5ème tome pour affiner ma note, mais je trouve que les choses sont amenées de manière graduelle. Cette BD sait prendre son temps ce qui n'est pas pour me déplaire. Bon certains personnages sont un poil stéréotypés mais cela n'a pas gâché mon plaisir de lecture. Un très beau boulot et j'attends maintenant la suite avec une certaine impatience.

14/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Louison Cresson
Louison Cresson

Les cinq albums des tribulations de Louison Cresson forment une sympathique série pour laquelle j'ai toujours éprouvé une grande tendresse. Publiée dans Spirou à une époque où l'hebdomadaire se tournait résolument vers un cœur de cible préadolescent, elle n'a malheureusement pas trouvé son lectorat. Le dessin, qui ressemble un peu à celui d'Émile Bravo, collait bien au style de l'éditeur, mais Mac Arthur a raison : les scénarios, plongeant dans une ambiance très France populaire de la fin des années 1950, ne parlaient pas aux jeunes lecteurs. Les allusions humoristiques aux banlieues rouges et au contexte international ne peuvent être appréciées que par un lectorat qui a conscience de l'ambiance de l'époque, soit parce qu'il l'a vécue dans son enfance, soit parce qu'il a une certaine culture historique et sociale. Léo Becker est pourtant parvenu à créer un univers original, avec des personnages attachants. J'aime bien les fantômes des moines alcooliques, le professeur Ono qui collectionne les plaques d’égout ou le couple de ploucs arriérés voisins de l'abbaye. J'aime aussi ces histoires faussement simplistes qui mêlent histoires villageoises à la Pagnol et espionnage international. Tout ça est farfelu, mais systématiquement bien conté, et souvent drôle. Je me souviens avoir rencontré Becker lors d'une séance de dédicaces alors que son cinquième album venait de paraître et que les éditions Dupuis lui avaient annoncé dans la foulée la fin de la série pour cause de méventes. J'avais apprécié l'homme et sa lucidité sur son œuvre ; il était un peu déprimé. J'ai partagé sa tristesse de voir disparaître les tribulations de Louison Cresson. Je ne sais pas si cela aurait du sens de relancer cette série aujourd'hui, mais ça me plairait vraiment de retrouver son petit monde. Il mériterait au moins une réédition en belle intégrale.

14/02/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série L'Ère de l'égoïsme
L'Ère de l'égoïsme

Deuxième documentaire de cet auteur que je lis et c'est toujours aussi bon. Ce qui est formidable avec ce livre c'est qu'il raconte plusieurs choses que je savais déjà, mais cela ne m'a pas empêché de trouver cet album captivant car l'auteur a du talent pour la vulgarisation et sa narration est passionnante. Cet album contient trois parties. La première est une biographie d'Ayn Rand, une auteure influente aux États-Unis qui avait placé l’égoïsme comme vertu. Je la connaissais un peu et je ne l'aimais pas trop et cette biographie n'a pas changé mon jugement car Rand est montrée comme un être égoïste qui a passé sa vie à justifier son défaut et qui en plus se révèle être une hypocrite. Notamment, elle plaçait l’individualisme au-dessus du collectivisme, mais elle détestait quand quelqu'un ne pensait pas comme elle et la manière dont elle agit avec son club fait penser à un dirigeant communiste qui fait des purges tout le temps (bon, au moins Rand ne tuait pas les gens). La deuxième partie raconte comment est arrivée le krash boursier de 2008 et on retrouve l'idéologie de Rand à travers l'ancien président de la banque centrale des États-Unis Alan Greenspan qui a été influencé par elle. L'auteur décrit très bien les dérives de l'économie sous l'idéologie néolibérale et comment cela s'est terminé par un krash. La troisième partie se porte sur la situation actuelle en occident où l’égoïsme semble avoir triomphé, surtout avec les politiciens. L'auteur parle surtout de la situation aux États-Unis, mais aussi un peu de la situation en Angleterre. C'est vraiment un ouvrage intéressant, mais aussi partisan donc vous risquez d'aimer ou de détester selon vos opinions politiques. Quoique l'auteur semble resté objectif même s'il est de gauche (il montre notamment les excès de la révolte des jeunes dans les années 60).

13/02/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Love in Vain
Love in Vain

Pour moi « Love in Vain » fut d’abord un coup de cœur graphique… un coup de foudre même. L’album est classieux, élégant avec sa belle couverture et son format à l’italienne… un bref feuilletage en librairie, et hop, l’affaire était pliée. Le dessin en noir et blanc est absolument magistral. Il fourmille de détails sans pour autant perdre en lisibilité. Certaines planches « pleine page » sont vraiment magnifiques. L’histoire est assez classique, certes, et le ton très « Dixie » du début de 20eme siècle : racisme, pauvreté, débauche, blues… la vie de Robert Johnson, légende du Blues mort très jeune et n’ayant jamais connu le succès de son vivant, est banale au possible, mais racontée avec talent. Les épreuves endurées par le chanteur ajoutent un poids terrible aux paroles de ses chansons, que je me suis empressé d’écouter en refermant l’album. Un album enivrant, remarquablement écrit et mis en image. Un coup de cœur en ce qui me concerne !

12/02/2015 (modifier)