Les derniers avis (32003 avis)

Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Mamada
Mamada

J'ai envie de soutenir cet album, sympathique et intelligent. Un dessin contemporain, un peu à la Zep dans les personnages secondaires, mais beaucoup plus travaillé quand c'est nécessaire. L'héroïne Mamada, par exemple reçoit un visage masculin et buriné, une paire de cornes vaguement démoniaque en guise de barrette. Son corps massif et ventru, les pieds en dedans, recouvert de poudre ocre rouge, et les chevilles cachées, représente un peu la tradition, inadaptée et attachante à la fois. Cheffe d'un village de Namibie, elle méprise les touristes occidentaux et refuse d'être réduite au rang de singe savant, mais n'arrive pas vraiment à se sortir de ce statut dégradant. Le tour de passe-passe scénaristique qui la transporte dans notre monde urbain et nordique, permet à l'auteur de tester un peu ses réactions, et d'une certaine manière la sauve de la médiocrité qu'elle subit dans son village. En revanche, je ne sais pas comment Ratte va réussir à retomber sur ses pattes avec ses pouvoirs magiques incontrôlés et son drôle d'oiseau... J'attends avec impatience le second tome, sachant que ça va être assez casse gueule pour être à la hauteur de la sympathie construite autour de son personnage à la féminité si vernaculaire (juste pour citer mon meilleur voisin!).. Je viens de lire le tome deux et c'est effectivement moins bien: le personnage de la jeune fille qui sert de guide à Mamada dans notre grisaille parisienne prend beaucoup de place, et elle est loin d'être aussi subtile. Trop bavarde peut-être. Et à la fin du deuxième tome on n'en sait à vrai dire pas plus sur comment l'histoire va retomber sur ses pieds. L'intrigue n'a pas avancé d'un iota. Mais je garde espoir pour le troisième tome...

05/06/2014 (MAJ le 20/02/2015) (modifier)
Couverture de la série Les Mystères de la Troisième République
Les Mystères de la Troisième République

Le thème de cette série m'enchante assez, car c'est une période historique que je connais très mal, n'ayant jamais été trop attiré (surtout en BD) par la politique et l'Histoire dite contemporaine, c'est à dire tout ce qui se situe juste dans l'Entre-deux guerres ou dans l'immédiate Après-guerre. Heureusement qu'il y a la BD pour m'apprendre de genre de tranche d'Histoire, parce que jusqu'à présent, son côté rébarbatif ne m'incitait pas à lire des bouquins pompeux. Depuis Il était une fois en France et d'autres Bd dans ce style, je me suis aperçu que c'était des périodes très intéressantes et très fertiles en scandales, complots, magouilles politico-financières et trafics de toute sorte, impliquant parfois de hauts dignitaires. Avec cette intrigue passionnante dans la France des années 30, les auteurs s'aventurent sur un terrain glissant, en remuant des affaires pas propres et en réveillant de vieux démons, et ce en dépit de l'aspect ultra classique de l'enquête menée par les 2 héros ; mais ce qui est intéressant, c'est les à-côtés, c'est les lièvres que ça soulève et que ça entraîne. Car ici, on met les pieds au sein d'un réseau d'extrême-droite, je ne sais si le scénario est fictif, mais il s'appuie de toute façon sur la réalité, et tisse une histoire avec des révélations qui font froid dans le dos, car ces types étaient vraiment dangereux avec leur air de pas y toucher, c'est donc très instructif. Un détail étrange cependant : je ne suis pas sûr que les 2 premières pages du tome 1 montrant le destin tragique du flic, soit un prologue très judicieux. Ce cadre historique dans lequel s'étoffe une enquête policière sur fond politique, n'avait rien pour m'attirer, mais finalement, je trouve la série très intéressante avec ses personnages bien cernés. D'autant plus que le dessin a tout pour me séduire, j'ai toujours aimé le graphisme de Wachs, il est clair, précis et s'est considérablement amélioré depuis les séries qu'il illustrait dans la collection Vécu (qui déjà était bon) ; sa restitution des années 30, à la veille de la guerre, est fluide et très soignée dans les décors parisiens, normands ou niçois, les vêtements, les coiffures des femmes, les devantures de magasins, les véhicules, quelques personnages célèbres... bref toute une époque bien dessinée, ce qui décuple mon intérêt pour la série qui gagne allègrement ses 4 étoiles.

20/02/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série L'Arabe du futur
L'Arabe du futur

J’ai découvert cet auteur véritablement qu’assez récemment avec « Retour au collège » bien que j’avais lu auparavant Petit Verglas ou le fameux Pascal Brutal. En l’occurrence, il s’attaque à un récit autobiographique assez ambitieux. C’est un témoignage assez intéressant de ce qui se passait en Lybie et en Syrie à la fin des années 70 et au début des années 80. Cet ouvrage vient d’être primé du fauve d’or lors du festival d’Angoulême de 2015 non sans raison. Sur le fond et la forme, je n’ai rien à dire de particulier. J’aime ce genre de roman graphique où l’auteur se dévoile sans complaisance et nous dresse le portrait de sa famille. C’est une démarche tout à fait honnête. L’itinéraire est en tout cas assez passionnant à suivre. Je sais que nos sociétés occidentales ne sont pas exemptes de tous vices et sont souvent des donneurs de leçons. Cependant, j’aime y vivre car je me sens en liberté même si elle est relative par certains côtés (avoir de l’argent procure encore plus de libertés). Dans les pays où l’islam occupe une large part, les minorités que ce soit des chrétiens, des gays ou surtout des femmes sont persécutés. Les Etats sont souvent sur un mode autoritaire avec peine de mort ou châtiment corporel. Je ne partage pas du tout l’idéal ou la vision du père de notre auteur qui est mis en avant dans cet ouvrage. C’est pourtant un intellectuel au début laïc et qui va tomber progressivement dans le piège de la religion. Bon, j’emploie le mot intellectuel mais c’est déjà exagéré que de le dire surtout quand on voit ses réactions et son attitude. Con et antipathique en réalité doublé par un antisémitisme pourrait penser de nombreux lecteurs alimentant des pensées extrémistes. Oui, il faut en vouloir pour justifier la vie sous un régime dictatorial de Kadhafi ou d’Hafez el-Assad. Ainsi, lorsque son épouse d’origine française s’émeut en voyant des pendus dans la rue, il justifie par le fait que c’est nécessaire pour gouverner les masses arabes. Il est vrai qu’à la révolution française, nous avons fait pareil. C’était il y a trois siècles. Bref, on éprouve un certain malaise car certains événements font froid dans le dos. Heureusement qu’il y a l’humour mais on n’a pas franchement envie de rire quand on découvre cette société. On s’aperçoit également que les dictatures permettent de conférer une stabilité à un pouvoir politique. Les successions de coup d’état et la guerre civile ne sont pas propices à conférer la prospérité au peuple. Il faut parfois sortir de la vision occidentale pour comprendre les choses en profondeur. Cependant, cela reste condamnable sur la forme (culte de la personnalité, répression politique…). Je ne sais pas où l’auteur veut en venir et s’il dénonce véritablement cette vision des choses. L’œil est pour l’instant candide et naïf : celui d’un enfant de deux ans qui se rappelle de tout. A voir dans les deux autres tomes qui suivront. Gageons que l’arabe du futur soit un homme éclairé vivant dans une société pacifique, démocratique et prospère. Oui, à condition de sortir de l’obscurantisme religieux.

20/02/2015 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Robert Sax
Robert Sax

Polar noir, années 50, ligne claire, pas de doute, cette BD a un côté old school totalement assumé. Les auteurs avaient signé 'La marque Jacobs', un documentaire sur la vie du créateur de Blake et Mortimer. C’est peu dire que cette série est également inspirée par l’œuvre de Jacobs. On est vraiment dans le même ton que toutes les séries à succès de cette époque. Par le dessin bien sûr, mais aussi par ce genre qui mêle aventure et espionnage. On évite juste la surcharge assommante de dialogues. On a tous les éléments nécessaires à un bon polar. Kidnapping, poursuite, espionnage, suspense, un bon héros... L’intrigue est bien ficelée et se lit avec plaisir du début à la fin. Le résultat est diablement efficace. Faire du neuf avec du vieux, c’est ce que les auteurs sont parfaitement arrivé à faire avec ce premier tome.

19/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Les Feux d'Askell
Les Feux d'Askell

Bien avant Lanfeust il y eut Les Feux d'Askell, avec cette série inachevée (mais pourquoi s'être arrêté en si bon chemin) un grand nombre de lecteurs découvraient un style d'Héroic-Fantasy décomplexé, qui ne se prenait pas la tête et qui sans les renier jouait avec les codes en utilisant l'humour. Et les dieux savent que l'humour ne fait pas franchement partie des codes du genre. Alors, si vous en avez un peu marre des jeux de mots un brin foireux de Lanfeust et autres Trolleries il est bon de se replonger ou de découvrir cette série. La troupe de héros est originale, composée de personnages emblématiques que depuis on a vu fleurir ici ou là pour le meilleur et parfois pour le pire. Cette série, même inachevée, est agréable à lire, le rythme est soutenu et si l'ensemble est assez convenu cela reste une référence dans le genre. En ce qui concerne le dessin, il est juste parfait et ne se résume pas qu'aux courbes de Cibyl. Notons également le soin apporté aux couleurs qui éclatent vraiment quelle que soit l'ambiance du récit. Un incontournable de l'Héroic-Fantasy à la française.

19/02/2015 (MAJ le 19/02/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Mon dernier jour au Vietnam
Mon dernier jour au Vietnam

Avec cet avis je vais à l'encontre de mes petits camarades, en effet j'ai trouvé cet opus de W. Eisner vraiment intéressant. Je ne m'attarderai pas sur le dessin qui est toujours aussi maitrisé et que je trouve personnellement très fluide. De plus ici il adopte un point de vue narratif particulièrement efficace, à savoir qu'on a l'impression de suivre un documentaire filmé qui laisse la parole aux différents protagonistes sans intervention extérieure. Ici se sont les petites histoires dans la grande que j'ai trouvées particulièrement originales. Ici c'est Eisner le journaliste, l'observateur qui au travers de ces quelques situations arrive à nous montrer les états d'âmes d'hommes pris dans la tourmente de situations qu'ils n'ont pas choisi et dans lesquelles ils se trouvent pris, se débattent du mieux qu'ils peuvent. En ne portant aucun jugement, en exposant simplement les faits, Eisner arrive avec ces différentes saynètes à nous montrer toute l'absurdité de la guerre où qu'elle ait lieu. Il fait appel à notre intelligence de lecteur pour se faire une opinion sans vouloir nous assener sa vérité. Un album à redécouvrir ou à découvrir, il est essentiel pour aider à comprendre le guerre mais aussi les détours de l'âme humaine.

19/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Undertaker
Undertaker

Le western revient en force, et undertaker se révèle très plaisant à la lecture, doté d'un scénario posant des bases certes communes mais suffisamment solides pour planter un décor et des personnages intéressants dans un contexte qui s'envenime. A cela s'ajoute un dessin très travaillé et vraiment classieux à même de restituer une atmosphère délétère et sanguinolente. Undertaker ne déçoit pas et n'a pas été sur-vendu, ce qui me fait attendre le second tome avec impatience pour réviser ma note.

19/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Asgard
Asgard

Moby Dick au pays des vikings, OK j'exagère un peu , mais dans la longue traque d'Asgard il y a un peu de capitaine Achab. Bon j'arrête là le raccourci facile, tout le monde a le droit d'avoir lu ses classiques, ce n'est d'ailleurs pas plus mal. Bon, brisons là, dés que je vois une BD avec des vikings ou se passant sous ces latitudes je suis désolé mais je ne pense pas forcément à Thorgal. Alors ici mis à part le lieu, ben y a pas photo.Voilà une histoire, un conte, une saga qui comme dans la mythologie nordique pousse les hommes à se surpasser quelles qu'en soit le motif. Et cet Asgard est grand, je pinaillerais un brin en me disant qu'à cette époque le gars était plutôt doué comme forgeron pour se bricoler une jambe pareille, mais là n'est pas le propos. Ici la mythologie nordique est présente mais pas invasive comme on a pu le voir ailleurs, il y a du rythme, les personnages sont attachants et évoluent en cours de route. En bref c'est plaisant, divertissant. Le dessin de Meyer est juste très bon, la bestiole est parfaite, le scénario nous tient en haleine, alors quoi? Ben y a plus qu'à l'acheter!

18/02/2015 (modifier)
Couverture de la série La Patience du Grand Singe
La Patience du Grand Singe

Bon, alors autant le dire d'emblée, cet album - dont la rencontre est déjà aléatoire, n'est pas de ceux qui emballent un large public dès la première lecture: on est loin du mainstream commercial, et je vous recommande chaudement de le feuilleter avant d'envisager l'achat. Mais passé ce premier moment, j'avoue avoir plutôt apprécié cet album, dont l'histoire se déroule dans une ambiance poétique. En effet, alors que pratiquement tout se passe sur les parkings d'un grand centre commercial, a priori donc loin de toute poésie, Baudoin fait rapidement dériver l'histoire dans une poésie qui transcende ces espaces mercantiles, en détournant les panneaux publicitaires par exemple. Mais aussi et surtout avec cette histoire que raconte un père à sa fille, à propos du gorille géant qu'ils croisent: est-il réel ? N'est-ce qu'une grosse peluche ? Le père capte sa fille - et le lecteur, en "imaginant" la vie de ce gorille (voire même à l'intérieur ! du gorille). Cela dérive vers un surréalisme visuel et onirique. Le dessin est lui aussi surprenant, dans un Noir et Blanc classique pour Baudoin, mais comme "retravaillé" parfois, avec des parties qui ressemblent à des collages, ou des traits qui semblent comme "repassés" au stylo. Je ne sais trop ce qui revient à Wagner ou à Baudoin dans leur travail à quatre mains. Album atypique, c'est certain, mais qui n'attend que vous, pour aller vérifier, comme la petite fille devenue femme dix ans plus tard, si l'histoire racontée par le père était un conte noir ou la réalité.

18/02/2015 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5
Couverture de la série Buffalo Runner
Buffalo Runner

Buffalo Runner ou tueur de bisons est une des excellentes surprises de ce début d’année , si on y ajoute l’excellent Undertaker, pour le début de cette année 2015 le western tient le haut de l’affiche. Le scénario est simple mais fonctionne bien , Tiburge Oger relate la vie mouvementée de Ed Fisher , un cowboy que le destin n’a pas épargné mais qui grâce à son courage et sa pugnacité parvient à surmonter les épreuves les plus difficiles. Le récit est bien rythmé , pas de temps mort ,une lisibilité optimale malgré les nombreux flashbacks. Mais Buffalo Runner c’est aussi une couverture superbe, un dessin magnifique aux couleurs éclatantes et judicieusement choisies. Un BD d'un excellent niveau.

18/02/2015 (modifier)