Les derniers avis (32003 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Les Pénates
Les Pénates

C'est toujours triste de voir une famille voler en éclat. C'est malheureusement chose courante de nos jours où le taux de divorce se situe au-dessus des 40%. Nous avons en l'occurrence un couple moderne avec un homme qui est tourné vers le passé puisqu'il est historien et spécialiste de la Rome antique. Il va transformer des doudous en pénates pour sa fille afin de la rassurer. En effet, les pénates sont des divinités romaines qui sont censées protéger le foyer. Or, comme chacun le sait, les démiurges n'en font qu'à leur tête ! J'ai bien aimé l'approche qui est faite dans ce roman graphique où la sincérité des situations est touchante. Il y a beaucoup d'originalité et une recherche approfondie pour créer l'effet de surprise. Cela ne viendra pas du ciel comme le laisse penser la couverture mais plutôt d'un ami qui vous veut du bien. Je n'ai pas trop compris la dernière image qui jette un peu le trouble. C'est vrai que tout cela laisse un goût plutôt amer et nous mène à la réflexion d'un présent profitable. Une belle réflexion sur le couple et sur le bonheur.

21/02/2015 (MAJ le 23/02/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blacksad
Blacksad

Pauvre de moi qui n'ai découvert Blacksad que très récemment, en fin d'année dernière ! Il faut dire que, pas totalement inculte, j'en avais entendu causer et mon œil avait plusieurs fois été attiré par les couvertures dans les rayons de ma librairie préférée. J'avoue que j'avais très peur de sauter le pas parce que, ben les animaux qui parlent et se comportent comme des humains, à par des vieux souvenir de Disney, ça m'enchantait qu'à moitié. Et j'ai sauté le pas ! Non sans une certaine appréhension, mes petits doigts ont, avec crainte mais application, commencé à tourner les pages du tome 1. Et paf ! dans la tronche, tartine de phalanges et tout ce que vous voudrez. Tout est là pour un amateur de polar comme moi, j'ai retrouvé les ambiances noires de James Ellroy, de Spillane et même un poil de James Lee Burke. Non mais c'est qui ce Guarnido ? Peu importe ! Ce mec a de l'or dans les doigts, parce qu'il arrive, sans tomber dans la caricature, à donner à toutes ses bestioles des expressions que d'autre auteurs sont infoutus de rendre chez des "humains". Et s'il n'y avait que ça. Mais tout le reste est à l'avenant, le cadrage, les décors, les ambiances, tout vous dis-je ! N'oublions pas la colorisation juste parfaite, quel que soit le lieu où l'action se déroule. Et puis il y a les scénarios. Certains posteurs ont des préférences en ce qui concerne tel ou tel tome, of course, mais personnellement je n'ai pas réussi à en faire sortir un du lot. Chacun possède son charme, son ambiance. Alors bravo Mr Canales ! Ca y est j'ai rattrapé mon retard de lecture et je me retrouve comme vous autres à attendre comme un nigaud la sortie d'un sixième tome ! Indispensable pour tous les amateurs de polar et les autres !

22/02/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Rock & Stone
Rock & Stone

J'ai franchement bien aimé l'histoire de ce gamin qui est laissé à l'abandon sur une planète où les robots ont exterminé la plupart des êtres humains dans une longue guerre. Cela fait très Terminator sur les bords. Il est également assez crédible de penser qu'un jour les machines prendront le pouvoir à travers une I.A qui n'aura pas de mal à s'émanciper. On va en apprendre plus sur le passé tragique de ce jeune ado débrouillard. L'auteur prend le temps d'installer son histoire et de nous donner des détails intéressant. On a envie d'en savoir un peu plus sur cette planète colonisée par les êtres humains. Il y a du rythme malgré une tension toujours présente. Par ailleurs, cela sera un diptyque et non une interminable série. Au final, c'est un bon récit de science-fiction qui nous pousse à réfléchir sur la place qu'on accorde jour après jour à ces machines. Je constate également que les productions actuelles sont réellement passionnantes.

22/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Maus
Maus

Grosse brique, gros bouquin, dessin monochromatique et peu entreprenant, avec des animaux en guise de personnages et, pour couronner le tout, un sujet super déprimant et rébarbatif (la 2e guerre mondiale, youpiii) … bref ce bouquin avait déjà tous les éléments pour que je prenne mes tongs à mon cou. À force de reporter le problème, il fallait bien un jour y plonger. Chose faite puisqu’après un passage à ma bibliothèque communale et avec le même air nonchalant qui me caractérise, je me suis dit « pourquoi pas ». Oui je sais, vous allez encore me rabâcher les oreilles en me rappelant que j’ai des piles (véridique) de bd et de romans qui s’entassent et que j’ai pas mal de retard dans mes rédactions, mais qui aime bien châtie bien. Bref, bien m’en a pris car, quelle surprise !!!! Ce n’est pas souvent que je commence une critique par sa conclusion, mais ce livre est une vraie découverte, une petite perle qu’il est en mon devoir de partager avec vous tellement c’est bien. Alors « non ! » je n’ai pas l’intention d’écrire une énième critique sur ce livre quoique « si ! » en fait ; pas par chauvinisme ni par amour de l’écriture mais tant qu’à faire les choses bien, autant le faire à fond ! Et puis ce livre mérite que l’on s’échine un peu pour en parler. Alors soyons brefs et efficaces si vous le voulez bien. Maus, ce sont deux histoires en une qui s'enchevêtrent (c’est l’effet kiss-cool). Celle d’Art Spiegelman, dessinateur underground, qui a décidé de retranscrire sous forme de bande dessinée l’histoire de Vladeck, son père, survivant d’Auschwitz… Le problème (et de taille) ; son père est un vieux râleur borné comme on n’en fait plus et ça ne va pas être de la tarte de lui soutirer les vers (pilés) du nez… Dialogue de sourds, deux mondes diamétralement opposés qui essayent de communiquer. ​ La deuxième histoire c’est celle de Vladeck et sa famille, juive et polonaise de surcroit qui, en pleine déportation, vont se voir happés par les véhémences xénophobes de l’Allemagne d’antan et son idéologie. Et pour survivre, il faudra faire des compromis voire même limite collaborer. Mais que n’est-on pas capable de faire dans de telles circonstances pour protéger les siens et par amour, alors que l’on côtoie en permanence des atrocités où se mélangent la haine et la peur ? ​ Bien plus qu’une simple bande dessinée, Art Spiegelman raconte avec une certaine élégance l’histoire biographique de son père tout en mettant en abime la relation conflictuelle qu’il a eue avec ce dernier, ainsi que la conception du livre. Sans pour autant l’édulcorer (et pourtant cela aurait été bien facile), l’auteur arrive à nous délivrer une histoire tendre, émouvante voire comique malgré le sérieux du sujet ; grâce notamment à des dialogues d’une sincérité ébouriffante, une construction originale et l’utilisation des races animales pour représenter la nationalité des personnages (la souris pour les Juifs, les Allemands sont représentés par des chats, des cochons pour les Polonais, etc.) qui est en fait une référence directe à la propagande allemande qui utilisait le zoomorphisme pour véhiculer certains de leurs messages. Une approche donc de la thématique de la Shoah, de la déportation, du racisme, etc. sous un aspect diamétralement différent qui permet d’avoir une vue plus humaine, didactique, sans faire de jugement ni s’apitoyer sur le sort des uns et des autres à l’instar des différents reportages que l’on nous montre et qui ont souvent une optique assez « nazi –arde » et donc, manichéenne. D’ailleurs c’est grâce à ce livre qu’Art Spiegelman n’a pas dû se recycler en tant que danseuse de French cancan (merci pour nous) mais est devenu en quelque sorte un « people » du monde underground, un mythe sur pattes de la bd moderne, et qu’en plus il a reçu pas moins que le prix Pulitzer… Visuellement le dessin, en noir et blanc, reste simple et basique, avec des personnages tout en ambigüité (ici pas de good guys ni de bad guys) et ayant une vraie portée artistique et poétique en lien avec les dialogues. Maus est donc une vraie invitation, agréable à lire, bouleversante et intelligemment construite, avec un rythme soutenu, ce qui fait qu’elle en devient presque incontournable. En tournant la dernière page et au-delà du vrai coup de cœur (au cas où vous ne l’auriez toujours pas compris), j’ai vraiment eu l’impression que ce livre devrait être dans la liste des livres « recommandés » dans les instituts scolaires et chez tout le monde en fait… même si j’avoue que le bouquin est un poil trop volumineux avec ses 400 pages et qu’il faudra le lire en plusieurs parties. Au final, clairement un must, à lire au moins une fois dans sa vie même si comme moi ce n’est pas votre tasse de thé.

22/02/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Odyxes
Odyxes

C'est vrai que j'avais eu ma dose des séries d'Arleston. Je les avait porté aux nues avant d'être totalement gavé par une exploitation quasi-commerciale du monde de Lanfeust. J'avais toujours eu jusqu'ici une extrême tolérance par rapport aux différentes suites et autres spin-off. Cependant, avec Arleston, c'était prévisible et cela partait dans la franche déconnade. Il fallait que cela s'arrête. J'ai zappé l'auteur pour passer heureusement à autre chose. Il y a deux ans j'avais lu Ekhö, monde miroir qui m'avait déjà un peu interpellé car je percevais déjà du changement. Avec Odyxes, la maturité est atteinte. Je veux dire par là que l'auteur a enfin produit une histoire originale qui se démarque de son succès Lanfeust. J'ai beaucoup aimé et je n'aurais pas cru que cela soit encore possible. Certes, on reste quand même dans son univers et avec ses codes. Néanmoins, il y a quelque chose d'accrochant. Un mot pour dire que j'ai également apprécié le travail du dessinateur dans ce style semi-réaliste autant pour les scènes d'antiquité que ceux dans le Paris d'aujourd'hui. En conclusion, je suivrais avec plaisir cette nouvelle série qui semble se démarquer de l'héroic fantasy habituelle. On garde l'humour mais plus fin et on suit l'aventure certes fantastique.

22/02/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Fille maudite du capitaine pirate
La Fille maudite du capitaine pirate

Jeremy Bastian, tant par son énorme boucle nasale que pour son style graphique, tient du pirate. Un pirate gentil au regard extrêmement doux, mais visiblement décidé à n’en faire qu’à sa tête en renversant la table des conventions. Cet auteur mène sa barque à contre courant de tout ce qui peut se situer, de près ou de loin, dans la tendance. Non, c’est sûr, Jeremy Bastian n’est pas de ce siècle, avec son dessin évoquant les gravures de Gustave Doré, à mille lieux d’un manga industriel et formaté. Et il fallait que ce soit un petit éditeur passionné (et auteur lui-même) qui repère cet artiste atypique et tout aussi passionné. La collaboration entre Guillaume Trouillard, des Editions de la Cerise, et l’auteur américain s’apparente véritablement à une idylle artistique. Le premier est allé jusqu’à refaire tout le lettrage après traduction en respectant scrupuleusement le style de police original. De la belle ouvrage à l’ancienne, assorti d’un tirage luxueux au format plus grand que la version US ! Le dessin, tout à fait remarquable et d’une finesse hors du commun, permet de représenter un fourmillement de détails hallucinant. Et quand je dis « fourmillement », le terme n’est pas galvaudé. On peut pendant des heures y explorer du regard qui la cuisine cradingue d’un navire où mille ustensiles côtoient poulets, souris, poissons morts et autres créatures visqueuses, qui la chambre d’Apollonia regorgeant de jouets divers et de mobilier rococo, qui le fond de l’océan peuplé d’êtres mystérieux et de coquillages enchevêtrés. Pourtant malgré toute cette finesse, il y a quelque chose de pas vraiment net voire d’un peu tordu au royaume de Jeremy « Pirate » Bastian : sa représentation des corps, têtes et membres, difformes et disproportionnés, totalement assumée et pour notre plus grand plaisir, accentue le côté carrollien de l’objet, à la fois monstrueux et merveilleux. On l’aura compris, le minimalisme, c’est pas son truc à Bastian, et si les fins exégètes auront tôt fait de moquer, avec un brin de condescendance, ce dessin « chargé » et toutes ces fioritures « very old school », on ne doute pas que l’auteur, en réaction, dégaine son drapeau noir à tête de mort et à majeur dressé. « La Fille maudite du Capitaine pirate » est à ce point hors du temps, de par son aspect contemplatif et « ancien », que l’on en perd la notion même. Et au fond, c’est peut-être bien ce qu’il cherche à faire, ce flibustier de Bastian : nous arracher au présent pour nous trimbaler avec ses pirates dans une autre dimension au goût d’éternité. On l’imagine parfaitement, étant gamin, s’extasier à la lecture de « Peter Pan » ou passer son temps à dessiner des cartes au trésor. Certes, ce tome 1 pêche un tantinet par son scénario, lequel, à l’image du dessin, est envahi de circonvolutions délirantes (et par moments quelque peu balourdes), mais on en termine la lecture avec ce vague sentiment d’être passé de l’autre côté du miroir, dans un monde aussi mystérieux qu’addictif. Un peu comme la jeune Apollonia, chez qui la rencontre avec la fille du pirate semble avoir déclenché un processus irréversible de métamorphose psychique, sorte d’entrée en rébellion contre l’éducation bourgeoise sous cloche que veut lui imposer son gouverneur de père. Quoiqu’il en soit, une lecture ne suffira pas pour capter l’infinité de détails de ce premier volet, et c’est avec plaisir qu’on s’y replongera avant de découvrir la suite, qui permettra de vérifier si Bastian ne fait qui naviguer à vue ou détient véritablement une idée précise de l’issue de sa course au trésor. De toute façon une très belle découverte qui aura enchanté mon festival. Et qui aura probablement engendré ma critique la plus longue sur BDT, sorry ;-)

21/02/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le Muret
Le Muret

Voilà le genre de bd qui graphiquement ne paye pas de mine mais dont on ressort avec une très bonne impression. Cette bd m'a touché par sa sensibilité et par sa justesse. On entre véritablement dans la psychologie de Rosie, une jeune adolescente de 13 ans qui va tomber notamment dans l'alcool suite au divorce de ses parents. Il faut dire que sa mère l'a abandonné pour rejoindre son nouvel homme à Dubaï, ce nouveau paradis exotique. Sa meilleure amie semble également contraint de mettre un terme à la relation d'amitié qui lui permettait de se maintenir. Et puis, arrive cette rencontre inopinée autour d'un muret et qui bouleverser sa petite vie bien tranquille. La Belgique de la fin des années 80 paraît bien morne à l'image de la vie de notre héroïne. La dérive sera progressive. On va tomber bien bas. Le pathologique sera évité ce qui renforce la charge émotive de ce roman graphique bien réussi. J'ai bien aimé la fin qui est très forte et qui permet de regarder la vie en avant. En conclusion, une belle découverte inattendue que voilà.

21/02/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Animal lecteur
Animal lecteur

Enfin, j'ai pu lire cette série qui me semblait intéressante. Je ne fus pas déçu de l'avoir lu. J'ai trouvé que l'humour était marrant et lorsque je ne riais pas j'avais au moins un sourire sur le visage. Les auteurs se moquent du monde de la bande dessinée, mais ce n'est jamais vraiment méchant. Le personnage du librairie est vraiment attachant. J'aime bien le dernier où au lieu de strips on a droit à des gags en une page et des histoires courtes. Cela fait un peu de changement. Le dessin de Libon est agréable à l’œil et va très bien pour ce genre de bande dessinée humoristique.

20/02/2015 (modifier)
Par PatrikGC
Note: 4/5
Couverture de la série Chocolate Girl
Chocolate Girl

Bon, je sais que je ne suis pas partial puisque, depuis des années, je suis un grand fan des mangas de Yuki Yoshihara ! Néanmoins, malgré quelques très bons passages, cette série est un léger crantage en dessous de la production usuelle de Yuki Yoshira. Peut-être un dessin un peu plus froid et policé. Ceci dit, cette courte série vaut largement le coup d'oeil pour se divertir, et les diverses situations sont carrément à la masse. Ne cherchez pas une histoire crédible, la mangaka ne s'amuse pas à ça, elle cherche juste à divertir et une fois de plus, elle y réussit fort bien ! Ps : Un truc me chagrine un peu : tout ce petit monde se tape quand même allègrement dessus, mais il semblerait que ce soit réellement le cas au Japon, où les rapports hiérarchiques ne sont pas très tendres... Néanmoins, c'est pris sous l'angle humoristique et c'est très souvent exagéré.

20/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Excellent! Une magnifique réussite tant au niveau du dessin que du scénario. Lupano nous concocte un truc aux petits oignons en mettant ses héros dans des situations abracadabrantesques. Avec l'air de ne pas y toucher il nous assène quelques vérités politiquement incorrectes, si ça c'est pas original je n'y comprends plus rien. En effet aujourd'hui dans le monde de la BD il faut souvent essayer de plaire au plus grand nombre, donc tenter de ne pas heurter la cible. L'ensemble du récit est truffé de petites trouvailles souvent d'une grande finesse. Au final peu importe que les "aventures" de ces papys ne soient pas d'une folle originalité, encore que vous en connaissez beaucoup dans votre entourage des comme ça? Ce qui compte c'est qu'il faut être soit, c'est une histoire d'amitié avec des gens qui n'ont rien abdiqué de ce qu'ils étaient, de ce qu'ils pensaient. Ces trois bonhommes sont juste jubilatoires c'est un plaisir de les voir dire merde aux convenances, à ce titre l'association "Ni yeux, ni maitre" est parfaite dans ses blagues de potaches. Le dessin de Paul Cauuet est parfaitement adapté, il ne force pas le trait et ses personnages sont extrêmement vivants. Ici et là se glisse dans son dessin des touches humoristiques qui renforcent le propos. Voilà donc deux albums qui donnent la pêche, drôles, tout en n'oubliant pas ici ou là de nous faire réfléchir. A consommer sans modération, vivement la suite!

20/02/2015 (modifier)