Les derniers avis (31999 avis)

Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Mars !
Mars !

Fabcaro et Fabrice Erre remettent le couvert (après Z comme don Diego). Le principe narratif reste le même et cela fait mouche une nouvelle fois ! On a droit à des strips qui, mis bout à bout, forment une histoire complète. C’est un exercice difficile en soi de réussir à faire des strips percutants et une histoire cohérente sous la bannière de l’humour. Fabcaro nous a concocté une histoire délirante sur la conquête de Mars. C’est jubilatoire et fichtrement bien fichu. Côté dessin, Fabrice Erre reste fidèle à son style. A ne pas manquer.

15/04/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Argentina
Argentina

« Argentina » est le troisième album de Vianello que je lis, après Dick Turpin et Lunes vénitiennes, et il est de loin mon préféré, et le plus abouti selon moi. Le contexte historique est intéressant (fin de seconde guerre mondiale) et l’histoire intrigante : les nazis évacuent secrètement Hitler de son bunker, vers l’Amérique du Sud. Le voyage ne devra pas laisser de témoin, mais voilà, un survivant compte bien se venger du massacre de ses collègues. La fin est bien vue, n’en fait pas trop, et conclut brillamment cette escapade originale. Le dessin en noir et blanc est magnifique et bien dans le style des grands dessinateurs de BD italiens. Un excellent album, à découvrir.

15/04/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Economix
Economix

Un documentaire très intéressant sur l'économie et qui m'a permis de comprendre plusieurs théories économiques. Cet album est un très bon outil de vulgarisation et si l'économie vous semble difficile à comprendre (comme c'est le cas avec moi) n'ayez pas peur de lire cet ouvrage. C'est le genre d'ouvrage éducatif que je trouve passionnant à lire car il me permet d'apprendre plusieurs choses sans que je trouve cela ennuyeux. J'ai ainsi appris l'existence de plusieurs économistes et aussi la certitude que la plupart des fans d'Adam Smith n'ont pas lu ses livres. Toutefois, pour une histoire de l'économie, je trouve que les auteurs se concentrent un peu trop sur l'Europe puis les États-Unis. Je sais que les puissances européennes puis les États-Unis ont influencé l'économie mondiale, mais j'aurais bien aimé savoir comment était l'économie de certains pays avant que les blancs arrivent.

15/04/2015 (modifier)
Couverture de la série Vidocq
Vidocq

Un début captivant pour cette nouvelle série qui mélange histoire et action. Un polar dessiné. Avec Vidocq et son escouade, c'est un potentiel intéressant d'aventures pour les amateurs de BD historiques, d'action et de la période napoléonienne. Je conseille ce titre.

14/04/2015 (modifier)
Couverture de la série Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)

Déjà beaucoup d’avis sur cette série, alors faisons ça vite et bien. Visuellement Arthur Qwak propose quelque chose de très dynamique, d’assez inédit et qui colle parfaitement à l’ambiance du récit. Un découpage tarabiscoté qui part dans tout les sens, vraiment original pour le coup. Une explosion de couleur qui fait l’effet de s’être pris un shoot de la came de Lola. Quant au style très branché dessin animé, le rendu final est maîtrisé, il faut le voir soi-même pour se rendre compte et je n’ai pas les connaissances suffisantes pour rentrer dans les détails. J’aurais besoin d’une nanopsule pour cela. C’est traité sous Photoshop, mais de la part de quelqu’un qui maîtrise l’outil, donc ça n’a que très peu d’importance. Bien aimé cette histoire de SF d’influence cyberpunk pour les questions sur le transhumanisme que posent ces nanopsules permettant d’accéder instantanément sans effort à n’importe quelle connaissance. Une histoire qui flirt aussi du côté de la hard science parfois mais ça reste "bitable" à ce niveau-là. Croyez-en quelqu’un qui déteste pourtant la hard science, Lola Cordova est accessible à tout le monde. Pour l’histoire c’est une sorte d’H2G2 qui se déroule en sens inverse : là où Le Guide du Voyageur Intergalactique commence par la destruction de la Terre, Lola Cordova va tenter d’éviter que les bulldozers extraterrestres viennent ratisser sa planète. Pas tant pour sauver ses congénères mais plus pour les copines restées sur le macadam. Pour le trip on est en plein récit dickien dans sa période hallucinatoire où l’on s’interroge sur ce qui est réel. Le corps de Lola est un « shaker à cocktails chimiques » comme aurait dit Dick tellement il est bourré d’héroïnes et autre substances. Et si on essaye d’aller plus loin, Lola Cordova se veut une série hommage assez explicite à tout un tas d’auteurs de SF : indice judicieusement placé par les fausses couvertures de magazines racontant les fausses aventures de Lola Cordova écrites par ces auteurs : Jack Vance (pour les dépaysements à échelle galactique), Fritz Leiber, Dick, Poul Anderson… les références sont là, juste sous nos yeux. Et puis c’est fun et très drôle, Lola n’a que 22 ans mais elle dégoise comme une vieille roulure. Pourtant, je ne conseille pas de passer par la case achat. La raison étant que l’auteur nous laisse carrément en plan. Elle est où la suite ? Il y a des questions qui restent en suspends et je veux bien croire que cette histoire peut presque se suffire à elle-même mais quid de la formule 1 dans un glacier ? Et puis le sort de la Terre ? Je ne pense pas qu’il y aura une suite. Bon, comme cela demeure très divertissant je peux comprendre l’achat mais en ce qui me concerne j’ai le sentiment qu’il me manque la moitié des données. Dommage.

14/04/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Route 78
Route 78

Le titre se veut à la fois une allusion à la mythique Route 66 et au roman de Jack Kerouac « Sur la route ». Basé sur les propres souvenirs de l’auteur, ce « road novel » est une évocation pour le moins hallucinante de l’envers du rêve américain, avec une galerie de personnages tous plus déglingués les uns que les autres : laissés pour compte, hobos, freaks ou rednecks. Arrivés dix ans trop tard pour vivre l’explosion du mouvement psychédélique, le jeune couple de Frenchies candides y laissera une bonne part de ses illusions, alors que l’âpre réalité a repris le dessus. La violence triviale et les embrouilles liées à la dope se sont substituées à la croyance désintéressée et naïve en un « Peace and Love » universel. Quant aux crétins bas du front, ils n’ont pas largué leur bêtise crasse au bord de la route et la chérissent plus que jamais dans leurs gros Macks en forme de bites géantes. Exit l’amour libre et les fleurs dans les cheveux. Les « fabulous » paradis artificiels se sont transformés en une cruelle descente d’acide. A Frisco, seuls les homos auront tiré leur épingle de ce jeu de dupes. Sur le plan du dessin, on est d’emblée séduit par son expressivité élancée, en particulier des attitudes, expressivité renforcée par un cadrage très cinématographique. Et puis les caisses américaines de ces années-là, si bien représentées ici, c’étaient certes de vrais veaux qui devaient consommer un baril au cent, mais qu’est-ce qu’elles en avaient de la classe… De même, il faut souligner le talent du coloriste Pierô Lalune. Son travail sur la couleur est très poussé avec de belles ambiances aux tons à la fois chauds et froids, et une technique de patine très plaisante. C’est une très bonne idée aussi de la part d’Eric Cartier que d’avoir choisi de ne pas traduire les dialogues en anglais, signe qu’il ne prend pas ses lecteurs pour des demeurés (il s’est contenté d’insérer en fin d’ouvrage un lexique en particulier pour les expressions les plus argotiques). L’auteur a parfaitement relevé le défi de faire de ses souvenirs de sa virée américaine un véritable récit bien construit et très fluide, qui fait que l’on ne s’ennuie pas une minute. Avec en filigrane une touchante déclaration d’amour de la part d’un homme à sa « chère et tendre », lequel avoue l’avoir « si peu dessinée durant toutes ces années ». Tendresse et émotion sont bien présentes, au même titre que l’humour (Ah ! L’esprit taquin du Texan lambda !). Au final, c’est un tableau saisissant de l’Amérique que résume bien cette phrase d’Eric Cartier lui-même : « Entre New York et Frisco, y a un grand trou, vaut mieux pas tomber dedans. » Je l’ai déjà offert à un ami, c’est dire !

13/04/2015 (modifier)
Couverture de la série Enchaînés
Enchaînés

Efficace. C’est vraiment le mot adéquat. Le dessin, sans faire montre d’originalité (ce n’est pas le but du jeu, non plus) est diablement efficace. Dynamique, bien typé, expressif au besoin, il convient parfaitement pour illustrer ce sombre scénario. L’histoire tend vers le fantastique tout en restant un polar avant toutes autres considérations. C’est cruel et malsain, juste ce qu’il faut. Le cadre américain est convenu et sans surprise. Les quatre personnages centraux proposent des profils différents. C’était une des conditions indispensables pour que la série garde un attrait de son début à son terme. Le travail sur ces profils et le crescendo dans la tension sont les deux gros moteurs qui font qu’une fois qu’on la commence, il est difficile de stopper sa lecture. Une très bonne série, donc, en quatre tomes qui se dévorent sans effort. Pas de message, pas de véritable explication, juste un bon récit du genre thriller policier et ricain. Si vous êtes fans du genre, c’est vraiment à essayer.

13/04/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Vertiges de Quito
Vertiges de Quito

Je ne savais pas que Tronchet faisait des carnets de voyages et qu'il avait vécu en Amérique du Sud ! Il nous fait découvrir l'Équateur, un pays que la plupart des gens connaissent de nom, mais sans plus. C'est très intéressant de découvrir ce pays et j'ai bien aimé apprendre des choses. J'aime particulièrement lorsque Tronchet nous montre la ville où il est resté. Une magnifique ville avec un volcan, des tremblements de terres et des avions qui foncent parfois sur les tours ! Je n'aimerai pas habiter là et les habitants de cette ville sont bien courageux. En plus de ce coté instructif, il y a aussi l'humour de Tronchet qui m'a bien fait sourire. J'aime le coté frais et décontracté de l'œuvre. Le dessin est du pur Tronchet et j'aime bien.

13/04/2015 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5
Couverture de la série Les Ogres-Dieux
Les Ogres-Dieux

Voici une histoire d’ogres assez originale, à mi-chemin entre la B.D. et la narration, j’ai bien aimé l’alternance des deux. L’édition en grand format est parfait pour mettre en valeur le graphisme tout de dégradés de gris, avec des pages intercalaire en jaune or pour différencier les chapitres. Rien à dire, c’est du bon boulot. Bertrand Gatignol est rentré dans mes dessinateurs à suivre à la trace. Le récit quant à lui est intéressant car il se déroule sur une période assez longue ce qui permet à Merwan de bien développer son histoire et ses personnages. Mais le point fort reste le suspense permanent et foutrement exaltant ; à chaque page, à chaque ligne, même à chaque mot je me demandais où nous emmenait l’auteur. Certes les toutes dernières pages laissent présager du final, ce qui frustre un peu après cette longue lecture bien addictive. Je vois que la série a été mise au statut « en cours », je serai infiniment ravie d’avoir d’autres tomes et une suite à l’histoire, que je souhaiterais lire au plus vite.

13/04/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Rapport de Brodeck
Le Rapport de Brodeck

Brodeck, un rescapé d’un camp de la mort d’une Guerre dont on a oublié le nom revient dans sa vallée enneigée… Seul homme du village à n’avoir pas participé au lynchage d’un étranger, il est chargé d’en rédiger un rapport… Mission à haute tension pour Larcenet qui adapte le roman éponyme de Philippe Claudel… Affranchi de son étiquette d’humoriste Fluide Glacial depuis Le Combat ordinaire et surtout la claque Blast, son style adopte un côté semi-réaliste en noir et blanc encré absolument parfait et le hissant dans la cour des Grands. Mais ça on le savait déjà depuis longtemps, ce qu’on savait moins c’est cette faculté à se réapproprier le roman pour en extraire de longs paysages enneigés, pour dessiner une faune et griffonner des visages muets burinés par le froid, le doute et la peur. Car les suspicions sur Brodeck se font pesantes, ces tristes évènements lui rappellent sa captivité où il fut contraint de se comporter comme un chien pour survivre face à des bourreaux sans visage, monstres anonymes d’une violence aberrante… Ce livre, premier tome d’un diptyque édité à l’italienne, est une claque. Ce n’est certes pas de gaieté de cœur qu’on peut lire cette adaptation, en grande partie muette et portée par le trait charbonneux de Larcenet. Tout est pesant dans cette ambiance, les visages expressifs et ridés où on pourrait y lire la peur de chacun, les paysages constamment en activité portant les strates d’un hiver qu’on devine interminable et sa faune… de vols d’oiseaux à la race porcine, Larcenet ne loupe rien et ajoute une part de noirceur étouffante comme une poésie froide.. Pour peu on se croirait dans le Dormeur du Val de Rimbaud, autre influence du nord-est (Claudel est Lorrain) et de ses stigmates vis-à-vis de la Guerre dans une nature en colère…. Le peu de lumière vient du personnage qu’on nomme « L’Anderer », à savoir l’étranger dont le seul crime est de croire encore en une humanité que même le curé du village estime perdue… C’est très fort et finalement très touchant comme lecture. Dommage dès lors qu’il faut être dans de bonnes dispositions pour lire ce récit, dommage que le livre s’arrête là où on aimerait qu’il continue, pris dans la tourmente d’une enquête perdue d’avance… Dommage qu’il faille attendre finalement car sans connaitre l’ouvrage dont s’inspire Larcenet, il vient de démontrer à coup sûr qu’il n’a plus rien à démontrer en tant qu’auteur complet et complètement dévoué à son œuvre car ce récit fera date dans le paysage de la bande dessinée franco-belge, assurément.

13/04/2015 (modifier)