Cette nouvelle série concept qui se focalise sur de grandes batailles ayant mis les troupes françaises face à des armées ennemies m'a tout l'air d'être sérieuse et bien élaborée, le traitement effectué par Gloris m'a paru très bien construit et bien scindé en 2 parties dans ces 2 premiers albums. Mais je subodore que la série comportera des tomes inégaux en qualité, c'est flagrant avec l'album sur la bataille de Valmy qui déjà n'est pas la période que je préfère en Histoire de France, donc même si j'ai visité le champ de bataille avec le moulin reconstitué, la statue et la stèle de Kellerman, ainsi que les panneaux explicatifs, et même si je suis un peu renseigné sur cette bataille, le traitement de l'album tend à perdre un peu le lecteur néophyte au milieu des armées nombreuses qui y ont participé, mais malgré cette petite confusion, je reste séduit par le principe de présentation qui n'amène pas directement le lecteur sur la bataille proprement dite, mais aussi sur les préparatifs et les raisons de cette bataille qui fut capitale en confirmant l'élan de la Révolution française repoussant des armées d'invasion de notre territoire national.
Ceux qui me connaissent se doutent que ma préférence ira vers l'album consacré à la bataille de Castillon, étant passionné d'Histoire médiévale, et ils auront raison, j'ai vraiment bien apprécié cet album qui prouve ce que je dis plus haut : le côté inégal des albums, et ici Gloris réussit pleinement son job qui est de mettre face à face seulement 2 bélligérants, et de faire comprendre clairement les enjeux de cette bataille qui me touche de plus près aussi, habitant Bordeaux, donc bien au courant de l'histoire de ma région, et cette bataille je l'ai étudiée de fond en comble, photographié les lieux (situés à 35 km de Bordeaux, sur la rive gauche de la Dordogne). Depuis plus de 25 ans, la bataille de Castillon est rejouée en son & lumières chaque été entre juillet et fin aout et connait un très grand succès, j'ai moi-même été figurant en 1999 où je jouais un modeste archer français...
Comme dans l'album de Valmy, Gloris découpe bien son récit , le rend vivant et passionnant par la préparation avant ladite bataille, les personnages sont bien typés, tous les renseignements sont exacts : la bataille de Formigny qui est une victoire décisive sur l'Anglois et qui lance la reprise du royaume des mains anglaises par le roi Charles VII, puis le siège de Falaise où 10 000 hommes et un déploiement efficace d'artillerie permet d'emporter la ville appartenant aux Anglais, c'est la dernière bataille de Normandie qui achève la reprise de ce duché. Bordeaux ensuite, capitale du duché de Guyenne est bien prise en 1451, puis lors du débarquement de Talbot sur les côtes du Médoc en 1452, elle se rend de nouveau aux Anglais qui avaient favorisé l'essor commercial de la ville. Elle ne redevient française que le 19 octobre 1453, soit 3 mois après Castillon. Bref, toutes les dates et faits sont exacts (à 3 ou 4 jours près), Gloris a bien potassé ses manuels.
Il fait également bien ressortir le fait que Talbot était dépassé, c'était un vieux guerrier qui vivait dans une époque où la chevalerie était révolue, place à l'artillerie des frères Bureau qui permettront la victoire, Talbot n'acceptant pas les temps nouveaux, sera victime de son empressement (car il n'attend pas sa propre artillerie et veut en découdre avec une charge de cavalerie à l'ancienne) et le paiera de sa vie ainsi que celle d'un de ses fils. Aujourd'hui, sur les bords de la Dordogne près du champ de bataille, il existe un monument Talbot, ainsi que sur la route entre Castillon et Bergerac, à la sortie de la bourgade, il y a un beau monument dédié aux frères Bureau, 2 témoins qui rappellent que ce fut la bataille qui mit fin à cette fameuse guerre de Cent Ans, longue de 115 ans, entrecoupée de trèves, où les Français auront essuyé de rudes revers (Crécy, Azincourt) mais à la fin, ils sont vainqueurs, et l'Anglois n'aura plus que Calais comme enclave sur le sol français jusqu'en 1558. L'Aquitaine des Plantagenêt avait vécu.
Un mot sur le dessin qui m'a bien plu aussi, c'est un dessin clair et précis, costaud et très soigné, j'aime ce genre de dessin très voisin de la série des "Reines de sang" (Aliénor surtout), idéal pour identifier facilement les protagonistes et les décors. Celui de l'album sur Valmy est bon aussi, il y a une unité graphique sur ces albums qui est respectée.
Voici donc un bon début de série, où 5 albums sont prévus, je trouve ça un peu dommage, les batailles étant nombreuses impliquant des Français qu'elle pourrait très bien se poursuivre avec d'autres tomes, espérons que le reste sera de la même qualité.
Dédale commence directement dans un labyrinthe d’un genre un peu particulier. On navigue de pièce en pièce dans un décor qui ne termine jamais. On entre directement au cœur de l’action mais au détriment du fil de l’intrigue.
Nous avons également une belle héroïne mais un peu naïve accompagnée d’un personnage un peu plus grossier à savoir sa colocataire qui ressemble à un garçon épais. A noter que je n’ai rien contre les personnes obèses mais elles pourraient faire sans doute plus attention à manger équilibré. Pour revenir à ce manga, c’est un personnage faire-valoir qui donne un peu d’humour et de légèreté. A vrai dire, elles sont attachantes toutes les deux chacune à leurs manières.
J’avoue aisément avoir bien aimé cette lecture très inventive et au récit maîtrisé de bout en bout. Elle pose des questions sur ce mystère. On sait que ces deux héroïnes travaillent pour une société de gamers qui repèrent les bugs. On peut penser qu’elles ont été projetées dans un jeu vidéo d’un nouveau genre où on risque sa vie face à des pacmans géants dévoreurs.
Oui, je ne l’avais pas précisé mais il faut avoir quand même une certaine ouverture d’esprit. Une lecture qui plaire aux geeks sans aucun doute. Moi, j’ai bien aimé une certaine originalité et on ne s’ennuie pas bien au contraire. A noter qu’il n’y a que deux tomes et c’est presque dommage. Bref, un bon survival !
Pour avoir découvert et apprécié énormément les dessins de Canoë Bay et Frenchman, je me suis évidemment précipité sur cet album qui est encore plus illustré (et de quelle manière).
La technique aquarelle est très bien maîtrisée et les grands plans sont magnifiques, avec en plus un scénario historique très intéressant et un cahier graphique exceptionnel en fin de volume.
Magnifique cadeau !
L'Américain Miles Hyman adapte en bande dessinée la célèbre nouvelle de Shirley Jackson, sa grand-mère. Un des textes les plus intrigants, dérangeants et mystérieux de l'histoire de la littérature américaine. L'apparente quiétude de ses images, la douceur de ses couleurs, l'intimité que le dessinateur accorde à ses personnages avant l'horreur restituent en image toute la force de cette métaphore puissante de la cruauté de toute société humaine.
Tome 1: 4/5
Dans un lointain futur, l'humanité ne peux plus enfanter et ne doit son salut qu’à une la pilule bleue distribuée gratuitement dénommée « le mélange » qui depuis son invention a permis à l’homme de gagner l’immortalité. L’histoire débute par le meurtre d’un homme. Une femme qui n’a jamais quittée la police depuis 500 ans est en charge de l’enquête…
De peur de vous dévoiler le scénario, ce qui serait dommage au vu de sa qualité, je m’en tiendrai à une description succincte de mes impressions. L’impression visuelle est très agréable et invite à entrer dans ce polar de science-fiction (fidèle à l’univers d’Asimov) au scénario bien ficelé qui, une fois refermé ne laisse pas la place à des éventuels regrets en ce qui concerne son achat. Achat et lecture conseillés !
Tome 2: 3/5
Un vaisseau en endommagé par une collision avec des astéroïdes est de retour sur Terre plus d’un siècle après l’avoir quitté. Seul un nouveau-né, Ulysse et un androïde AC7+ survivent. AC7+ ayant pour mission de s’occuper du petit et de le ramener sur Terre.
Je suis un peu déçu par cette nouvelle histoire, il faut dire que j’avais été enthousiasmé par le Tome 1, du coup j’attendais peut-être trop du suivant. Rien à redire sur les dessins et côté scénario, la lecture n’a pas été désagréable mais je l’ai trouvé le récit sans surprise tout simplement. Un album qui n'est pas indispensabe, à lire éventuellement.
Comme pour Prométhée et la boîte de Pandore, ce premier album d'un triptyque tient ses promesses et me réjouit car non seulement j'aime la Mythologie grecque mais aussi tous les épisodes de l'Antiquité grecque qui sont pratiquement tous coordonnés par les dieux de l'Olympe, et dans cet album, les auteurs montrent comment les hommes sont les jouets de ces dieux qui se réjouissent de leur infortune et de leurs malheurs, les deux sont liés indéfectiblement, et ici l'implication des Olympiens est prépondérante.
Ici encore, j'aime le dessin qui possède une similitude avec celui de Prométhée et la boîte de Pandore, il est peut-être plus costaud, plus puissant, avec une double page sensationnelle. Et là aussi, Clotilde Bruneau réussit du beau travail en adaptant cette guerre de Troie et en déroulant les épisodes connus : les origines du récit, la pomme de Discorde, le jugement de Pâris, la colère d'Achille, l'orgueil du fier Agamemnon... c'est un épisode capital de l'histoire de la Grèce antique qui n'a pas trop de 3 albums pour conter l'intégralité de cette guerre qui fut chantée par Homère, il y a beaucoup à dire. C'est énoncé clairement, de façon précise, sans détournements fantaisistes, c'est donc lisible à tout âge.
Ce premier tome démarre bien et je garde espoir pour la suite qui ne peut qu'être de qualité au vu de ce qui est présenté (le coup de coeur viendra sans doute, attendons). C'est une histoire indémodable qui a été souvent adaptée de façon atypique, transformée en différentes sauces SF ou autre, on apprend beaucoup sur l'humanité à travers ces mythes si on en décrypte l'enseignement et la portée philosophique.
Après la collection "Ils ont fait l'Histoire", Glénat se lance dans une autre collection sérieuse, "la Sagesse des mythes" qui se déclinera en plusieurs albums décryptant la Mythologie grecque, mais de façon sérieuse et fidèle aux légendes, au contraire de la série Oracle qui utilise les dieux et les hommes dans des histoires fictives si on peut dire.
Je suis littéralement séduit par ce thème de collection, c'est parfait pour moi qui ait toujours adoré la Mythologie grecque, je trouve ces histoires fascinantes et édifiantes pour les pauvres mortels que nous sommes, je m'en suis souvent nourri.
Ici, comme pour l'autre album sorti conjointement L'Iliade, c'est traité de façon sérieuse, le mythe de Prométhée est parfaitement exposé clairement, de façon détaillée et précise. Dans la version d'Hésiode, Prométhée (dont le nom signifie "le prévoyant") avait crée la race humaine à partir d'une motte d'argile à laquelle Athéna avait insufflé la vie, tandis que son frère Epiméthée (signifiant "qui réfléchit après") créait les races animales laissant l'homme démuni face aux prédateurs ; Prométhée rétablit l'équilibre en dérobant aux dieux le feu pour le donner aux hommes, d'où la colère du grand barbu et Prométhée enchaîné à un rocher, on connait la légende.
Tous les épisodes connus de ce mythe sont donc bien racontés à la façon d' un récit épique par Clotilde Bruneau ayant déjà fourni du bon travail sur la collection "Ils ont fait l'Histoire" (notamment sur l'album Charlemagne), elle n' oublie pas l'épisode de la boîte de Pandore contenant tous les maux s'abattant sur l'humanité. Prométhée étant un peu le symbole de l'apport de la connaissance aux hommes (symbolisée par le feu du ciel), il est l'un des mythes les plus puissants de la civilisation européenne, il était assez logique qu'il soit désigné pour inaugurer cette nouvelle collection.
Le dessin de l'Italien Giuseppe Baiguera est très bon, c'est du dessin propre et lisse comme j'aime, parfait pour illustrer ce genre de bande, avec une cohérence graphique voulue avec le dessin vu sur L'Iliade, car il est important que le lecteur qui lira les tomes de cette collection, puisse identifier les dieux qui seront amenés à apparaître au fil des tomes.
Voici donc un one-shot qui tient toutes ses promesses, je n'ai pas été déçu, l'album est accrocheur, bien conçu et très plaisant à lire ; la collection est placée sous le patronage de l'ancien ministre Luc Ferry (qui rédige les dossiers de fin d'album) dont on peut s'étonner de cette incursion dans le monde de la BD, mais après tout, c'est du travail pédagogique (sans lourdeur), il est donc normal qu'une personnalité du monde universitaire s'implique dans ce job. Espérons que les tomes suivants seront du même acabit.
3.5
Mitterrand est sans aucun doute une des personnes les plus ambiguës et fascinantes que je connaisse.
Cet album montre un Mitterrand en fin de vie face à sa conscience. On le voit justifier ses parts d'ombre et c'est assez intéressant. Le personnage de Mitterrand tel que représenté par l'auteur semble vrai. Il réussit aussi à rendre passionnants des faits que je connaissais déjà. C'est un album à lire si on veut découvrir le côté moins glorieux de l'ancien président socialiste dont c'est le vingtième anniversaire de la mort et le centième anniversaire de la naissance cette année.
Le dessin réaliste est bien fait.
Voila ce que l'on peut présenter comme de la belle ouvrage. Des albums luxueux, couverture magnifique, reliure de qualité, papier luxueux, interludes magnifiquement mis en page, bref du grand art. On en a pour son argent. Rares sont les BD à offrir un tel "contenu".
L'histoire de ces géants consanguins est excellente. Aucun personnage n'est réellement positif. On s'attache à ces personnages auxquels ont ne peut (veut) s'attacher. J'ai adoré découvrir ces ogres déguster ici des membres et là des torses au point de cherche les assiettes.
Le dessin est bien sûr d'excellente facture, ce noir et blanc aux 1000 nuances de gris (rien de SM ici sauf pour qui aime se manger un mollet) est somptueux et il profite à merveille de la qualité du papier et de l'encrage.
C'est vraiment une BD à lire et à acquérir.
Même si dans ma jeunesse, je préférais l'aventure débridée de l'Odyssée, depuis quelques années ma préférence va au récit épique de l'Iliade que je trouve particulièrement classe et empli d'une véritable sagesse sur l'âme humaine et les rapports entre puissants et simples mortels. J'avais notamment adoré L'Âge de Bronze de Shanower même si cette série était paradoxalement un peu trop exhaustive et qu'elle a le malheur d'être restée inachevée à ce jour. Alors quand je découvre une nouvelle adaptation du récit d'Homère prévue en trois tomes seulement et surtout bénéficiant d'un dessin assez excellent dès la couverture, je n'ai pas pu résister.
Et je ne suis pas déçu.
Le récit est fidèle à celui d'Homère. Comme lui il ne raconte pas la Guerre du Troie du début à la fin mais seulement une période précise peu de temps avant sa fin. Les auteurs font quand même le choix d'ajouter quelques flash-back permettant d'expliquer mieux la situation et notamment, pour ce qui est du premier tome, toute l'histoire autour de la Pomme de Discorde qui fut le véritable déclencheur de ce qui allait devenir le conflit entre Troyens et Achéens. En ce sens, la complexité des relations entre Dieux et comment ils manipulent les hommes pour parvenir à leurs fins est très bien rendue. C'est intelligent, bien raconté, clair et bien rythmé.
Le dessin est très beau quoiqu'un tout petit peu formaté. La couverture du premier tome m'a tapé dans l'oeil : je la trouve superbe et évocatrice. La narration graphique est moderne et très fluide. Si je n'avais qu'un reproche, ce serait les visages des déesses qu'on confond un peu facilement mais il est expliqué qu'elles sont toutes parfaites donc difficile à différencier pour un humain.
Je suis ravi de cette adaptation de l'Iliade qui me satisfait tant par sa clarté, son respect et la beauté de son graphisme.
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Cette nouvelle série concept qui se focalise sur de grandes batailles ayant mis les troupes françaises face à des armées ennemies m'a tout l'air d'être sérieuse et bien élaborée, le traitement effectué par Gloris m'a paru très bien construit et bien scindé en 2 parties dans ces 2 premiers albums. Mais je subodore que la série comportera des tomes inégaux en qualité, c'est flagrant avec l'album sur la bataille de Valmy qui déjà n'est pas la période que je préfère en Histoire de France, donc même si j'ai visité le champ de bataille avec le moulin reconstitué, la statue et la stèle de Kellerman, ainsi que les panneaux explicatifs, et même si je suis un peu renseigné sur cette bataille, le traitement de l'album tend à perdre un peu le lecteur néophyte au milieu des armées nombreuses qui y ont participé, mais malgré cette petite confusion, je reste séduit par le principe de présentation qui n'amène pas directement le lecteur sur la bataille proprement dite, mais aussi sur les préparatifs et les raisons de cette bataille qui fut capitale en confirmant l'élan de la Révolution française repoussant des armées d'invasion de notre territoire national. Ceux qui me connaissent se doutent que ma préférence ira vers l'album consacré à la bataille de Castillon, étant passionné d'Histoire médiévale, et ils auront raison, j'ai vraiment bien apprécié cet album qui prouve ce que je dis plus haut : le côté inégal des albums, et ici Gloris réussit pleinement son job qui est de mettre face à face seulement 2 bélligérants, et de faire comprendre clairement les enjeux de cette bataille qui me touche de plus près aussi, habitant Bordeaux, donc bien au courant de l'histoire de ma région, et cette bataille je l'ai étudiée de fond en comble, photographié les lieux (situés à 35 km de Bordeaux, sur la rive gauche de la Dordogne). Depuis plus de 25 ans, la bataille de Castillon est rejouée en son & lumières chaque été entre juillet et fin aout et connait un très grand succès, j'ai moi-même été figurant en 1999 où je jouais un modeste archer français... Comme dans l'album de Valmy, Gloris découpe bien son récit , le rend vivant et passionnant par la préparation avant ladite bataille, les personnages sont bien typés, tous les renseignements sont exacts : la bataille de Formigny qui est une victoire décisive sur l'Anglois et qui lance la reprise du royaume des mains anglaises par le roi Charles VII, puis le siège de Falaise où 10 000 hommes et un déploiement efficace d'artillerie permet d'emporter la ville appartenant aux Anglais, c'est la dernière bataille de Normandie qui achève la reprise de ce duché. Bordeaux ensuite, capitale du duché de Guyenne est bien prise en 1451, puis lors du débarquement de Talbot sur les côtes du Médoc en 1452, elle se rend de nouveau aux Anglais qui avaient favorisé l'essor commercial de la ville. Elle ne redevient française que le 19 octobre 1453, soit 3 mois après Castillon. Bref, toutes les dates et faits sont exacts (à 3 ou 4 jours près), Gloris a bien potassé ses manuels. Il fait également bien ressortir le fait que Talbot était dépassé, c'était un vieux guerrier qui vivait dans une époque où la chevalerie était révolue, place à l'artillerie des frères Bureau qui permettront la victoire, Talbot n'acceptant pas les temps nouveaux, sera victime de son empressement (car il n'attend pas sa propre artillerie et veut en découdre avec une charge de cavalerie à l'ancienne) et le paiera de sa vie ainsi que celle d'un de ses fils. Aujourd'hui, sur les bords de la Dordogne près du champ de bataille, il existe un monument Talbot, ainsi que sur la route entre Castillon et Bergerac, à la sortie de la bourgade, il y a un beau monument dédié aux frères Bureau, 2 témoins qui rappellent que ce fut la bataille qui mit fin à cette fameuse guerre de Cent Ans, longue de 115 ans, entrecoupée de trèves, où les Français auront essuyé de rudes revers (Crécy, Azincourt) mais à la fin, ils sont vainqueurs, et l'Anglois n'aura plus que Calais comme enclave sur le sol français jusqu'en 1558. L'Aquitaine des Plantagenêt avait vécu. Un mot sur le dessin qui m'a bien plu aussi, c'est un dessin clair et précis, costaud et très soigné, j'aime ce genre de dessin très voisin de la série des "Reines de sang" (Aliénor surtout), idéal pour identifier facilement les protagonistes et les décors. Celui de l'album sur Valmy est bon aussi, il y a une unité graphique sur ces albums qui est respectée. Voici donc un bon début de série, où 5 albums sont prévus, je trouve ça un peu dommage, les batailles étant nombreuses impliquant des Français qu'elle pourrait très bien se poursuivre avec d'autres tomes, espérons que le reste sera de la même qualité.
Dédale
Dédale commence directement dans un labyrinthe d’un genre un peu particulier. On navigue de pièce en pièce dans un décor qui ne termine jamais. On entre directement au cœur de l’action mais au détriment du fil de l’intrigue. Nous avons également une belle héroïne mais un peu naïve accompagnée d’un personnage un peu plus grossier à savoir sa colocataire qui ressemble à un garçon épais. A noter que je n’ai rien contre les personnes obèses mais elles pourraient faire sans doute plus attention à manger équilibré. Pour revenir à ce manga, c’est un personnage faire-valoir qui donne un peu d’humour et de légèreté. A vrai dire, elles sont attachantes toutes les deux chacune à leurs manières. J’avoue aisément avoir bien aimé cette lecture très inventive et au récit maîtrisé de bout en bout. Elle pose des questions sur ce mystère. On sait que ces deux héroïnes travaillent pour une société de gamers qui repèrent les bugs. On peut penser qu’elles ont été projetées dans un jeu vidéo d’un nouveau genre où on risque sa vie face à des pacmans géants dévoreurs. Oui, je ne l’avais pas précisé mais il faut avoir quand même une certaine ouverture d’esprit. Une lecture qui plaire aux geeks sans aucun doute. Moi, j’ai bien aimé une certaine originalité et on ne s’ennuie pas bien au contraire. A noter qu’il n’y a que deux tomes et c’est presque dommage. Bref, un bon survival !
Iroquois
Pour avoir découvert et apprécié énormément les dessins de Canoë Bay et Frenchman, je me suis évidemment précipité sur cet album qui est encore plus illustré (et de quelle manière). La technique aquarelle est très bien maîtrisée et les grands plans sont magnifiques, avec en plus un scénario historique très intéressant et un cahier graphique exceptionnel en fin de volume. Magnifique cadeau !
La Loterie
L'Américain Miles Hyman adapte en bande dessinée la célèbre nouvelle de Shirley Jackson, sa grand-mère. Un des textes les plus intrigants, dérangeants et mystérieux de l'histoire de la littérature américaine. L'apparente quiétude de ses images, la douceur de ses couleurs, l'intimité que le dessinateur accorde à ses personnages avant l'horreur restituent en image toute la force de cette métaphore puissante de la cruauté de toute société humaine.
Androïdes
Tome 1: 4/5 Dans un lointain futur, l'humanité ne peux plus enfanter et ne doit son salut qu’à une la pilule bleue distribuée gratuitement dénommée « le mélange » qui depuis son invention a permis à l’homme de gagner l’immortalité. L’histoire débute par le meurtre d’un homme. Une femme qui n’a jamais quittée la police depuis 500 ans est en charge de l’enquête… De peur de vous dévoiler le scénario, ce qui serait dommage au vu de sa qualité, je m’en tiendrai à une description succincte de mes impressions. L’impression visuelle est très agréable et invite à entrer dans ce polar de science-fiction (fidèle à l’univers d’Asimov) au scénario bien ficelé qui, une fois refermé ne laisse pas la place à des éventuels regrets en ce qui concerne son achat. Achat et lecture conseillés ! Tome 2: 3/5 Un vaisseau en endommagé par une collision avec des astéroïdes est de retour sur Terre plus d’un siècle après l’avoir quitté. Seul un nouveau-né, Ulysse et un androïde AC7+ survivent. AC7+ ayant pour mission de s’occuper du petit et de le ramener sur Terre. Je suis un peu déçu par cette nouvelle histoire, il faut dire que j’avais été enthousiasmé par le Tome 1, du coup j’attendais peut-être trop du suivant. Rien à redire sur les dessins et côté scénario, la lecture n’a pas été désagréable mais je l’ai trouvé le récit sans surprise tout simplement. Un album qui n'est pas indispensabe, à lire éventuellement.
L'Iliade
Comme pour Prométhée et la boîte de Pandore, ce premier album d'un triptyque tient ses promesses et me réjouit car non seulement j'aime la Mythologie grecque mais aussi tous les épisodes de l'Antiquité grecque qui sont pratiquement tous coordonnés par les dieux de l'Olympe, et dans cet album, les auteurs montrent comment les hommes sont les jouets de ces dieux qui se réjouissent de leur infortune et de leurs malheurs, les deux sont liés indéfectiblement, et ici l'implication des Olympiens est prépondérante. Ici encore, j'aime le dessin qui possède une similitude avec celui de Prométhée et la boîte de Pandore, il est peut-être plus costaud, plus puissant, avec une double page sensationnelle. Et là aussi, Clotilde Bruneau réussit du beau travail en adaptant cette guerre de Troie et en déroulant les épisodes connus : les origines du récit, la pomme de Discorde, le jugement de Pâris, la colère d'Achille, l'orgueil du fier Agamemnon... c'est un épisode capital de l'histoire de la Grèce antique qui n'a pas trop de 3 albums pour conter l'intégralité de cette guerre qui fut chantée par Homère, il y a beaucoup à dire. C'est énoncé clairement, de façon précise, sans détournements fantaisistes, c'est donc lisible à tout âge. Ce premier tome démarre bien et je garde espoir pour la suite qui ne peut qu'être de qualité au vu de ce qui est présenté (le coup de coeur viendra sans doute, attendons). C'est une histoire indémodable qui a été souvent adaptée de façon atypique, transformée en différentes sauces SF ou autre, on apprend beaucoup sur l'humanité à travers ces mythes si on en décrypte l'enseignement et la portée philosophique.
Prométhée et la Boîte de Pandore
Après la collection "Ils ont fait l'Histoire", Glénat se lance dans une autre collection sérieuse, "la Sagesse des mythes" qui se déclinera en plusieurs albums décryptant la Mythologie grecque, mais de façon sérieuse et fidèle aux légendes, au contraire de la série Oracle qui utilise les dieux et les hommes dans des histoires fictives si on peut dire. Je suis littéralement séduit par ce thème de collection, c'est parfait pour moi qui ait toujours adoré la Mythologie grecque, je trouve ces histoires fascinantes et édifiantes pour les pauvres mortels que nous sommes, je m'en suis souvent nourri. Ici, comme pour l'autre album sorti conjointement L'Iliade, c'est traité de façon sérieuse, le mythe de Prométhée est parfaitement exposé clairement, de façon détaillée et précise. Dans la version d'Hésiode, Prométhée (dont le nom signifie "le prévoyant") avait crée la race humaine à partir d'une motte d'argile à laquelle Athéna avait insufflé la vie, tandis que son frère Epiméthée (signifiant "qui réfléchit après") créait les races animales laissant l'homme démuni face aux prédateurs ; Prométhée rétablit l'équilibre en dérobant aux dieux le feu pour le donner aux hommes, d'où la colère du grand barbu et Prométhée enchaîné à un rocher, on connait la légende. Tous les épisodes connus de ce mythe sont donc bien racontés à la façon d' un récit épique par Clotilde Bruneau ayant déjà fourni du bon travail sur la collection "Ils ont fait l'Histoire" (notamment sur l'album Charlemagne), elle n' oublie pas l'épisode de la boîte de Pandore contenant tous les maux s'abattant sur l'humanité. Prométhée étant un peu le symbole de l'apport de la connaissance aux hommes (symbolisée par le feu du ciel), il est l'un des mythes les plus puissants de la civilisation européenne, il était assez logique qu'il soit désigné pour inaugurer cette nouvelle collection. Le dessin de l'Italien Giuseppe Baiguera est très bon, c'est du dessin propre et lisse comme j'aime, parfait pour illustrer ce genre de bande, avec une cohérence graphique voulue avec le dessin vu sur L'Iliade, car il est important que le lecteur qui lira les tomes de cette collection, puisse identifier les dieux qui seront amenés à apparaître au fil des tomes. Voici donc un one-shot qui tient toutes ses promesses, je n'ai pas été déçu, l'album est accrocheur, bien conçu et très plaisant à lire ; la collection est placée sous le patronage de l'ancien ministre Luc Ferry (qui rédige les dossiers de fin d'album) dont on peut s'étonner de cette incursion dans le monde de la BD, mais après tout, c'est du travail pédagogique (sans lourdeur), il est donc normal qu'une personnalité du monde universitaire s'implique dans ce job. Espérons que les tomes suivants seront du même acabit.
Mitterrand Requiem
3.5 Mitterrand est sans aucun doute une des personnes les plus ambiguës et fascinantes que je connaisse. Cet album montre un Mitterrand en fin de vie face à sa conscience. On le voit justifier ses parts d'ombre et c'est assez intéressant. Le personnage de Mitterrand tel que représenté par l'auteur semble vrai. Il réussit aussi à rendre passionnants des faits que je connaissais déjà. C'est un album à lire si on veut découvrir le côté moins glorieux de l'ancien président socialiste dont c'est le vingtième anniversaire de la mort et le centième anniversaire de la naissance cette année. Le dessin réaliste est bien fait.
Les Ogres-Dieux
Voila ce que l'on peut présenter comme de la belle ouvrage. Des albums luxueux, couverture magnifique, reliure de qualité, papier luxueux, interludes magnifiquement mis en page, bref du grand art. On en a pour son argent. Rares sont les BD à offrir un tel "contenu". L'histoire de ces géants consanguins est excellente. Aucun personnage n'est réellement positif. On s'attache à ces personnages auxquels ont ne peut (veut) s'attacher. J'ai adoré découvrir ces ogres déguster ici des membres et là des torses au point de cherche les assiettes. Le dessin est bien sûr d'excellente facture, ce noir et blanc aux 1000 nuances de gris (rien de SM ici sauf pour qui aime se manger un mollet) est somptueux et il profite à merveille de la qualité du papier et de l'encrage. C'est vraiment une BD à lire et à acquérir.
L'Iliade
Même si dans ma jeunesse, je préférais l'aventure débridée de l'Odyssée, depuis quelques années ma préférence va au récit épique de l'Iliade que je trouve particulièrement classe et empli d'une véritable sagesse sur l'âme humaine et les rapports entre puissants et simples mortels. J'avais notamment adoré L'Âge de Bronze de Shanower même si cette série était paradoxalement un peu trop exhaustive et qu'elle a le malheur d'être restée inachevée à ce jour. Alors quand je découvre une nouvelle adaptation du récit d'Homère prévue en trois tomes seulement et surtout bénéficiant d'un dessin assez excellent dès la couverture, je n'ai pas pu résister. Et je ne suis pas déçu. Le récit est fidèle à celui d'Homère. Comme lui il ne raconte pas la Guerre du Troie du début à la fin mais seulement une période précise peu de temps avant sa fin. Les auteurs font quand même le choix d'ajouter quelques flash-back permettant d'expliquer mieux la situation et notamment, pour ce qui est du premier tome, toute l'histoire autour de la Pomme de Discorde qui fut le véritable déclencheur de ce qui allait devenir le conflit entre Troyens et Achéens. En ce sens, la complexité des relations entre Dieux et comment ils manipulent les hommes pour parvenir à leurs fins est très bien rendue. C'est intelligent, bien raconté, clair et bien rythmé. Le dessin est très beau quoiqu'un tout petit peu formaté. La couverture du premier tome m'a tapé dans l'oeil : je la trouve superbe et évocatrice. La narration graphique est moderne et très fluide. Si je n'avais qu'un reproche, ce serait les visages des déesses qu'on confond un peu facilement mais il est expliqué qu'elles sont toutes parfaites donc difficile à différencier pour un humain. Je suis ravi de cette adaptation de l'Iliade qui me satisfait tant par sa clarté, son respect et la beauté de son graphisme.