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Couverture de la série Mamaaaaan ?! Quoi encore ?
Mamaaaaan ?! Quoi encore ?

Une BD très sympa ! J'ai beaucoup ri en lisant cet album... on s'y reconnaît facilement... et on peut également facilement transposer à sa propre famille ! Mademoiselle Caroline, en plus d'avoir un joli coup de crayon, a de chouettes histoires à raconter !

17/10/2016 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Baron Samedi
Baron Samedi

Si je relis les avis précèdents ici même, j'ai grandement l'impression de ne pas avoir lu la même chose... ou que les auteurs (oups Dog Baker est une belle couverture ? :) ) ont réussi leur pari : livrer une parodie tellement nauséabonde et anxyogène des franchouilleries comme Fantomas (les films de Hunebelle hein pas les romans) que les lecteurs lambdas en sortent choqués ou n'y trouvent aucun intérêt. C'est vrai que s'attacher à un personnage aussi antipathique que ce Baron Samedi (un mix du Crane Rouge Marvel et de Olrik de B&M) qui n'a aucune autre épaisseur psychologique que de faire la nique à la France de De Gaulle peut paraitre exagéré mais PUTAIN pris au second degré, qu'est ce que je me suis marré ! Les dessins sont de toute beauté, la ligne claire comme je l'aime avec moult détails graphiques et une colorisation oscillant entre du gris, du jaune et du rouge utilisés à bon escient et un style au charme rétro indéniable (ça m'a même fait penser à du Tardi voyez-vous ? :) ). L'histoire n'est qu'un prétexte pour aligner scènes de torture bien gore toutes plus épouvantables et exagérées les unes que les autres et quelques lignes de dialogue bien drôles "Bravo vous venez de comprendre en 2 minutes ce que le Quai d'Orsay a compris en 2 ans" :) Bref du pain béni qui n'épargne rien ni personne et dont le final parfait (même si une suite était initialement prévue, ça se lit comme un bon One Shot) n'altère en rien le bon déroulement des "aventures" du fameux Baron. Tout est si exagéré que la lecture en devient jouissive. Les demoiselles finissent souvent en sous vêtements en évoquant le charme des photos coquines des prudes années 60. Les gosses ne sont pas plus épargnés et Vengeur Pix euh, Dog Baker dresse un chouette portrait de flic à la Jean Gabin avec le "Porc", un truculent détective perspicace (aaah le coup du squelette est trop fort). Malgré quelques images bien choquantes comme celle du charnier initial s'étendant sur 2 pages, c'est plutôt dans la bonne humeur générale et avec le sourire aux lèvres que j'ai entamé ce divertissement de haute qualité dont les débordements gores et violents en deviennent de purs plaisirs coupables. Le décalage constant entre dialogues sérieux et situations ridicules procure un plaisir de lecture constant et si cela a pu choquer quelques esprits pudibonds, il est grand temps pour vous de relire les aventures des Castors Juniors. :)

17/10/2016 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série One Piece
One Piece

C'est après avoir avalé les 44 premiers tomes de One Piece (un sacré pavé et ce n'est visiblement pas fini puisqu'au moment où j'écris cette chronique il en reste au moins le double à lire et la série est toujours en cours de parution !) que je me décide à en donner un avis que j'espère constructif. L'idée n'est pas d'en dire du "WHOUAAAAAH j'adore" comme on en lit tant ici et là car One Piece est une oeuvre populaire culte au même titre que Dragonball dans la littérature Manga mais de tacher d'explique le pourquoi du succès et si c'est lisible par un mécréant quadra davantage adoubé à la bd franco-belge ou aux comics que des euh "Nekketsu". D'ailleurs le site marron explique très bien ce qu'est un Nekketsu par cette définition : " héros exaltés défendant le plus souvent par le combat ou la compétition des valeurs viriles traditionnelles telles que le courage, l'amitié et le dépassement de soi" WHOUAAAHH mais quel programme ! :) C'est effectivement tout à fait cela avec Luffy, un homme caoutchouc qui ne demande rien d'autre que de devenir le Seigneur des Pirates dans un monde fictif peuplé d'iles et de mers mystérieuses s'étendant à l'infini. Alors un souci, Luffy est gentil et téméraire. Sa faculté d'avoir mangé un "fruit du démon" et lui permettant d'étendre son corps à l'infini façon Mr. Fantastique/Red Richards lui donne une force surhumaine mais le brave garçon est SACREMENT con. Il ne pense qu'à bouffer et accessoirement se constituer une équipe atypique de Pirates pour aller chercher le fameux "One Piece", un trésor convoité par le globe entier. Enfin, tout cela vous le savez forcément déjà, Eichiro Oda n'a pas le trait le plus chouette de la galaxie Manga même si cela reste clair pour suivre mais le monde qu'il dépeint est modulable à volonté. On ne compte pas les nombreux anachronismes en tous genre au gré de l'imagination de l'auteur tout comme les cas bien pratique de Deus Ex Machina lui permettant de résoudre ses intrigues par telle ou telle combine. Détenant vraisemblablement les clés de son monde, il module l'environnement et les personnages comme bon lui semble, chaque nouvelle ile possède ses propres règles, son bestiaire et sa société. On pourrait croire pour les courageux ayant déjà lu mes précédents paragraphes que je me moque éperdument d'une œuvre calibrée sur mesure pour les gosses et les produits dérivés et pourtant la sauce a pris dès le départ. La faute à un sens aiguisé pour l'aventure, des histoires qui ne se répètent guère et une intrigue qui commence à se dessiner timidement mais surement. L'équipage est improbable mais chaque personnage tient sa place entre l'épéiste, le docteur, le cuisinier et l'archéologue dont les flashbacks sont passionnants voire émouvants. Si on évite le comique de répétition parfois franchement pénible (Sanji le cuisinier joli-coeur en fait souvent trop) et Luffy joue les crétins tête à claque en permanence, on obtient une oeuvre dense, certes tirée par les cheveux et improbable mais diablement divertissante et sachant ménager suspense et parfois critique sociale voire politique. J'avoue honnêtement que je n'aurais pas mis un kopeck dans une telle série et que le prêt des bouquins par mon filleul influence pas mal mon avis final. Mais les Japonais ont un tel don pour maintenir l'intérêt des lecteurs sur des séries aux long cours qu'il est difficile de résister à la tentation d'en lire la suite.

17/10/2016 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Les Brumes de Sapa
Les Brumes de Sapa

Voilà un album qui tout comme notre jeune protagoniste vietnamienne se laisse apprivoiser lentement mais surement. "J'étais partie me chercher et je l'ai trouvé elle" : voilà la phrase qui résume parfaitement ce parcours de vie. Lolita, jeune parisienne de 22 ans, ne sait pas quoi faire de sa vie et décide de faire un voyage au Vietnam pour tenter de donner un sens à sa vie et de se trouver. C'est à cette occasion qu'elle va faire la rencontre de Lo Thi Gôm, une jeune vietnamienne issue d'une des minorités opprimées du pays. Tout les oppose, mais pourtant cette rencontre va être le point de départ d'une relation durable qui va mine de rien changer la vie de chacune de ces jeunes femmes. Appuyé sur un dessin assez minimaliste, tout au trait, sans couleur ni aucune case, le récit de la vie de Lolita et de ses allers-retours au Vietnam pendant dix années a fini par accaparer ma curiosité et mon intérêt. Ces deux destins emplis d'incertitudes, mais pour des raisons complètement différentes, se retrouvent liés de façon improbable que ce soit de par leurs relations amoureuses ou leurs parents. A ce sujet, l'album a d'ailleurs pris un éclairage encore différent quand, rendu aux trois quart de sa lecture, j'ai réalisé qui en était "véritablement" l'auteure ; la quête identitaire, moteur de cette BD, prend alors une nouvelle dimension. Alors, si quelques menues longueurs peuvent se ressentir à sa lecture (vite oubliées par ailleurs), cette BD reste des plus agréable à lire grâce à la qualité de la retranscription des questionnements et des rencontres proposés, tout cela dans un style graphique épuré qui colle parfaitement au récit. Je recommande !

16/10/2016 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série B.P.R.D. - Origines
B.P.R.D. - Origines

Avec cette nouvelle série tournant autour de Hellboy, Mike Mignola élargit encore l'univers qu'il a créé en s'entourant d'une prestigieuse brochette d'auteurs de comics. Il retrace les origines de ce fameux B.P.R.D. et nous propulse dans une suite d'histoires courtes où l'occulte et le fantastique sont les ressorts de cette nouvelle série. Au sortir de la seconde Guerre Mondiale, le Pr. Trevor Buttenholm, détective de l'occulte et tuteur de Hellboy, fonde le Bureau de Recherches et de Défense sur le Paranormal. Il va s'entourer de soldats aux parcours atypiques et se lancer dans des missions toujours plus périlleuses. Le premier volume de cette série le lancera sur les traces du Projet Vampir Sturm développé par Hitler quand celui-ci, conscient de sa défaite imminente veut lâcher à la surface de la Terre une armée de vampires pour éradiquer le genre humain. Quitte à perdre, autant ne pas être le seul... Pour ce faire, Mignola aidé de Joshua Dysart au scénario, s'entoure de trois dessinateurs, Paul Acaceta, Fabio Moon et Gabriel Ba, qui nous livrent un dessin dans la droite lignée de l'univers composé par Mike Mignola, tout en y apportant leur patte personnelle. Le second tome, parachève d'installer un univers complexe, fantastique et riche en personnages charismatiques, secondé cette fois-ci de John Arcudi à la plume. On retrouve au dessin Ba et Moon ainsi que Max Fiumara. La série s'installe tranquillement mais avec assurance. J'ai été littéralement happé par ce récit et ces aventures fantastiques dans tous les sens du terme. La narration impeccablement construite autour d'un dessin parfaitement adapté au genre lui donne force et caractère pour faire de cette série une lecture qu'on a du mal à lâcher avant la dernière page. J'attends donc la suite de ces aventures avec impatience, et même sans connaître Hellboy on se laisse facilement prendre par ces histoires pour peu qu'on soit sensible au genre. A lire !

16/10/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Buffalo Runner
Buffalo Runner

Par le biais d'une nuit passée à préparer des munitions pour accueillir des bandits qui vont les attaquer à l'aube, c'est l'occasion pour un vieux briscard de l'ouest de raconter à une jeune fille apeurée toute sa vie au Far-West de 1836 à 1889. Dans l'idée, cela ressemble un peu au film Little Big Man avec Dustin Hoffman sauf qu'ici le ton est nettement moins optimiste et la réalité bien plus dure. On est assez facilement transporté dans l'ambiance d'époque faite d'aventure, de grands espaces et de cruauté de la vie. Le dessin de Tiburce Oger n'est pas trop ma tasse de thé car j'ai généralement du mal avec ses visages rougeauds et le côté un peu embrouillé de ses compositions, mais je m'y suis rapidement fait ici et je l'ai finalement bien apprécié. Le travail sur les couleurs est un peu plus sobre que dans d'autres ouvrages de cet auteur et ça me convient mieux. A noter aussi que certains dessins grand format, prenant parfois toute une planche, sont très jolis. L'histoire est très bien racontée et malgré sa dureté, on accroche au récit de la vie de cet homme. Il est varié et permet d'avoir une vision d'ensemble réaliste et intéressante de la société humaine dans l'Ouest sauvage au XIXe siècle. J'ai également trouvé le récit touchant, surtout la toute fin qui apporte une nouvelle note de tristesse et de résignation.

16/10/2016 (modifier)
Couverture de la série Pyongyang
Pyongyang

J’avais déjà bien aimé le précédent opus du même genre de Delisle, Shenzhen, et j’ai trouvé « Pyongyang » peut-être encore meilleur – je lui attribue en tout cas quatre étoiles avec moins d’hésitation. C’est que l’univers de la Corée du Sud est encore plus sclérosée et ubuesque que celui de la zone franche chinoise. Et que le potentiel de décalage, d’humour est clairement plus important. Toujours est-il que Delisle a très bien exploité ce potentiel, pour faire de ce « carnet » de voyage – fut-il de travail, une vraie réussite. Par petites touches, il découvre une toute petite partie de ce monde improbable – même s’il n’a évidemment pas accès aux campagnes et même au commun des citadins, en grande partie confiné qu’il est dans des ghettos pour « occidentaux capitalistes pro-américains ». Et, au milieu de tout ça, une bonne dose d’humour, de dérision, voire d’autodérision, qui fluidifie la lecture – comme peut le faire le dessin, toujours aussi simple et efficace (mais que je trouve plus accrocheur que pour Shenzhen, car meilleur et plus clair). C’est clairement plus réussi et inspiré que La Faute : Une vie en Corée du Nord, pour prendre un album sur le même sujet (même si les auteurs y étaient restés moins longtemps). Voilà en tout cas un album fortement recommandable !

15/10/2016 (modifier)
Couverture de la série Reconquêtes
Reconquêtes

D'emblée l'album éblouit par l'éclat de son dessin ; F. Miville-Deschênes m'avait déjà bien séduit sur Millénaire, aussi quand j'ai vu cet album avec sa superbe couverture et qu'en plus ça traitait de civilisations mésopotamiennes, je ne pouvais que m'y intéresser. Ces périodes antiques sur les Hittites, les Sumériens, les Scythes ou les Babyloniens sont très peu abordées en BD et très méconnues, c'est fascinant, et le manque de documents très précis (au contraire des civilisations grecques ou romaines) permet aux auteurs de broder un peu tout en préservant des détails réels (le nom d'Hamourabi évoqué atteste d'une certaine authenticité d'après ce que l'on sait sur ces peuples très anciens) et le respect de certains costumes et armes. Mais cette authenticité est toute relative car en fait les auteurs font de la fantasy antique, ils ont mêlé des peuples qui n'ont pas vécu tous à la même période, l'anachronisme sera cependant excusé tellement l'ensemble et le visuel sont beaux. Quand c'est illustré par un dessinateur très doué qui réussit de superbes pages guerrières avec des éléphants et des combats farouches, de beaux visages féminins et une mise en page aux cadrages hardis, je dis bravo ! L'érotisme s'ajoute à la cruauté dans ce récit... on peut trouver ça un peu forcé, mais il faut savoir que les Sarmates était un peuple Scythe où le rôle social des femmes était à l'égal des hommes, elles chassaient à cheval, allaient à la guerre et ne pouvaient pas se marier tant qu'elle n'avaient pas tué un homme ; certains spécialistes ont évoqué la légende des Amazones à leur sujet. Le rapport au sexe et à la nudité de ces peuples n'était pas comme le nôtre, une Sarmate devait être fière de son corps, donc montrer sa poitrine était pour elle un signe pour s'affirmer. Le nu entrevu ici est parfois sauvage et bestial, et s'accorde bien à certaines séquences sanglantes et cruelles. Tout cela est très prometteur, et depuis 2011 il n'y avait pas de suite, les auteurs ont enclenché un désir de curiosité qui doit se satisfaire absolument aussi bien sur le plan graphique que sur le plan scénaristique ; la voici enfin avec ce tome 2, et c'est toujours aussi beau. Le visuel prend le pas sur l'histoire car j'ai l'impression que le scénariste ne sait pas trop où il va, quoique la fin de ce tome 2 laisse augurer une suite intéressante. Miville-Deschênes offre de belles scènes de bataille avec des éléphants, des taureaux et des ours de combat, dans un fracas des armes très réussi, grâce encore à des cadrages audacieux. Les cases sont tellement chargées que l'oeil doit les scruter en détail. Certains personnages sont moins passifs que dans le tome 1, tel celui de la scribe babylonienne Thusia. L'érotisme latent est moins visible, mais le dessinateur excelle toujours dans ces beaux visages féminins, et on y voit en prime la destruction de l'Atlantide... ce tome 2 se révèle donc riche et semble servir d'intermédiaire dans cette saga prévue en 4 tomes. Le tome 3 enfonce le clou et montre un peu plus d'audace scénaristique ; après une sorte de flottement, il se passe des trucs intéressants et plus cohérents dans cet album, le torchon brûle au sein de la Horde des Vivants, chacun se cherche des poux dans la tête, et un retournement de situation imprévu redonne de la vigueur à cette série qui n'en manquait déjà pas. Sur le plan graphique, c'est toujours du très grand art, Miville-Deschênes atteint une apothéose graphique dans son dessin qui regorge encore de scènes de combats titanesques, dont une double page entre éléphants et grosses bestioles à cou de girafe, de même qu'il y a encore des visages en gros plan superbes et à peu près autant de guerrières les nichons à l'air pour bien faire marronner les lectrices qui grognent... relax, après tout ce n'est que de la BD, dans nos musées, combien de statues montrent aussi des filles à poil ? et là on ne dit rien... Enfin voila, ça devient de plus en plus fascinant cette Bd, y'a plus qu'à attendre l'hallali ! Et le voici enfin dans ce tome 4, ça reprend pratiquement où s'est arrêté le tome précédent, le scénariste continue sur sa lancée et lance encore sa Horde des vivants contre ce roi Hittite qui veut les anéantir, mais ils useront d'un stratagème ingénieux pour en arriver à bout, il y aura aussi quelques pertes. C'est toujours aussi fabuleux au niveau graphique, Miville-Deschênes se surpasse encore plus dans ses scènes de bataille très détaillées et très fouillées, de même que dans des scènes de groupe (comme celle d'une avalanche en montagne), c'est tellement magnifique que l'oeil ébloui passe du temps pour détailler ces cases richement remplies. Et ces animaux fabuleux, ce griffon, ces grosses bestioles donnent un aspect fantastique étrange à cette Bd qui m'aura vraiment régalé. La seule chose que je reproche à cette série, c'est que son scénario n'est absolument pas à la hauteur du dessin somptueux de Miville-Deschênes, l'histoire semblait patiner un peu entre les tomes 1 et 2, ça se reprend dans le tome 3, mais le 4 qui aurait dû être un truc dantesque livre un final logique et qui me convient mais pas si extraordinaire, je crois que Runberg aurait pu se fouler un peu plus pour élaborer un récit plus costaud, merde il y avait de quoi faire avec une telle mythologie mésopotamienne... imaginez quelle Bd de folie ça aurait pu être s'il y avait eu un scénario en béton dans un tel contexte antique et avec un dessin comme celui-ci ! Enfin j'ai apprécié quand même, c'est une belle lecture même si j'aurais toujours ce petit regret à l'esprit.

08/05/2014 (MAJ le 15/10/2016) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chant des Runes
Le Chant des Runes

Vraiment bien aimé ce diptyque. D'abord je le trouve plutôt original, ben oui un polar fantastique qui utilise la mythologie scandinave sans faire référence à Odin, au grand blond baraqué avec son marteau et pas de vilain Loki non plus, vous avouerez que c'est plutôt rafraîchissant à l'heure où les héros Marvel et consorts envahissent les écrans et les comics de tous poils. Et puis il y a l'ambiance qui se dégage de ces deux ouvrages. C'est un subtil mélange entre des choses déjà vues pour qui s'intéresse aux polars scandinaves, pas ceux de Mme Lackberg, je pense surtout à H. Mankell. Pour ce type d'ouvrage je trouve que la personnalité de l’héroïne est particulièrement fouillée. Le binôme improbable qu'elle forme avec le spécialiste de la mythologie scandinave fonctionne plutôt bien et ne sombre jamais dans la caricature parfois trop inhérente au genre. Et l'introduction du fantastique me direz vous ? Ben encore une fois ça fonctionne, oui je sais il faut peut être avoir une mentalité spécifique pour rentrer dans ces histoires qui nous invitent à croire à la présence de forces anciennes qui vivraient autour de nous. Une fois franchi ce pas plutôt bien amené je trouve que le reste de l'histoire coule de source et l'on se plonge avec délice dans cette enquête. Le premier tome se terminait par un cliffhanger déstabilisant mais plein de promesses et je pense que celles-ci sont parfaitement tenues dans le deuxième tome. On entre alors de plein pieds dans l'explicatif du pourquoi de la présence de ces êtres monstrueux et personnellement je n'ai pas trouvé que les choses étaient capillotractées. Au final c'est une lecture très divertissante, originale avec un dessin très juste, le tout possédant une colorisation qui affirme l'ambiance sombre notamment pour ce qui concerne le repaire de notre tueur en série. Là encore la dernière planche laisse supposer un prochain cycle dans le même univers, nul doute qu'il pourra me compter parmi ses futurs lecteurs. Chaudement recommandé!!

15/10/2016 (modifier)
Par KanKr
Note: 4/5
Couverture de la série La Petite Fille et la Cigarette
La Petite Fille et la Cigarette

Le tabac tue moins que la bêtise ! Surprotection de l'enfance, lutte contre le tabac, probité écologique de masse dans des villes polluées à l’extrême ou concept de téléréalité poussé à son paroxysme, et si cette société qui nous semble encore lointaine ne l'était pas tant que cela ? C'est, en tout cas, la version de civilisation que nous propose Sylvain-Moizie dans son ouvrage La petite fille et la cigarette. Cette adaptation du roman de Benoît Duteurtre nous plonge dans un monde où l'enfant est sacré. Il constitue l'élément central de toutes les normes formelles, notamment l'interdiction de fumer dans l'ensemble des lieux publics pour ne pas lui porter atteinte. La marmaille est partout et l'absence de règles strictes à son encontre ne lui donne aucun cadre... Le moindre préjudice qui pourrait lui être porté est fortement réprimé par l’État ! Dans ce microcosme qui marche sur la tête, Désiré Johnson, un condamné à mort accusé de meurtre, réfléchit à sa dernière volonté : il demande une ultime cigarette... Une simple requête qui mène à un imbroglio judiciaire bloquant la procédure. Coincées entre le respect de la loi pour tous, y compris pour les prisonniers, et les activités illicites, les instances dirigeantes ne parviennent pas à trouver de parade. La pression médiatique et les lobbies du tabac s'emparent de l'affaire et lui offrent un écho qui n'arrange pas la situation... Pendant ce temps, au cœur de la cité administrative, Benoît rend son rapport sur les méfaits de l’écologie. Fumeur invétéré et contestataire endurci, il combat l'establishment à sa façon, en assouvissant son besoin de nicotine dans les toilettes de son lieu de travail. Un hobby qu'il regrette amèrement le jour où il oublie de fermer la porte à clé et se fait surprendre par une jeune fille. Rapidement accusé de pédophilie, il entame une descente aux enfers à la chute vertigineuse ! Seul face à la doxa, il n'a plus qu'un recours pour échapper à son funeste destin : participer à la « Martyre Academy », une téléréalité organisée par des terroristes où les déviants se défient pour éviter d'être exécutés. Une compétition à la fin de laquelle seul l'un d'entre eux est gracié ! Traité sur le ton de l'absurde, ce récit, que l'on pourrait qualifier d'anticipation, est une critique acerbe de la bêtise humaine, dans le pur style de la fable kafkaïenne. Les pertes de repères de l'individu y sont légion ! L'auteur y évoque la prohibition, la dictature de l'émotion, l'inertie de l'activisme, la restauration de la peine de mort, l'avènement des inepties cathodiques... Tout en se projetant dans le futur, le scénario se base sur l'actualité : présence d'une « avenue du Président-Bush », un chien portant le nom « Sarko », un président dont les traits sont ceux d'un ancien chef de l’État français, une monnaie commune devenue l'« eurodollar »... Derrière sa plume et ses crayons, Sylvain-Moizie nous livre une partition graphique originale, divisée en chapitres alternant les périples vécus par Désiré et ceux vécus par Benoît. Les deux protagonistes évoluent dans un cadre urbain, terre des bobos écolos, terni par l'hyper pollution. Les personnages aux visages déstructurés ajoutent une touche non négligeable au comique de situation qui bouleverse les normes sociétales établies. Le tout servi par un dessin simple, proche de la caricature. L'univers fantaisiste du récit est prétexte à une bien étrange morale, si tant est qu'il y en ait une : fumer tue, mais pas forcément à cause du tabac... Cette histoire, basée sur une inédite inquisition, mérite de rejoindre votre bibliothèque !

15/10/2016 (modifier)