Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire.

La Petite Fille et la Cigarette

Note: 2.67/5
(2.67/5 pour 3 avis)

L’adaptation réussie du roman kafkaïen, drôle et grinçant de Benoît Duteurtre.


Adaptations de romans en BD La Boite à Bulles

Dans un monde où la politique de l’enfant roi est devenue règle étatique, Benoît se retrouve contraint de slalomer entre les marmots qui ont envahi - sur ordre du Maire - son lieu de travail. Tout ce qui peut leur nuire est fermement prohibé. Par conséquent : plus question de fumer une seule cigarette, et aucune exception ne sera tolérée. Pour preuve, le cas du condamné à mort Désiré Johnson qui s’entête à exiger une dernière cigarette avant son exécution ce qui embarrasse les autorités et déchaîne les lobbies du tabac. De son côté, Benoît a pris l’habitude de se dissimuler dans les toilettes de son boulot pour griller en douce ses cigarettes, jusqu’au jour où il oublie malencontreusement de verrouiller la porte. Une étourderie qui lui coûtera cher : surpris par une fillette et accusé de « crime contre l’enfance », le quadragénaire fautif se retrouve alors poursuivi sans relâche par une justice au pouvoir sans limites. Désarmé, il fera tout pour échapper à l’absurdité de son destin, quitte à se lier au groupe de terroristes novateurs qui produit la sanglante télé-réalité : « Martyre Academy »… Texte : Editeur.

Scénaristes
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 14 Septembre 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Petite Fille et la Cigarette
Les notes (3)
Cliquez pour lire les avis

14/10/2016 | Alix
Modifier


Par Erik
Note: 1/5
L'avatar du posteur Erik

Je n'ai pas trop aimé l'adaptation de ce roman dans un genre très farce grotesque. Les dessins ainsi que le graphisme ne m'ont pas bien convaincu. Il y a un côte brouillon et un peu flou qui ne fait pas dans le réalisme. C'est sans doute propre à ce genre de bd d'humour. Cette simplicité du trait n'est pas très belle. Les personnages ont d'ailleurs des têtes à faire peur à commencer par les enfants. Les parents apprécieront. Par ailleurs, sur le fond, j'ai l'impression que c'est un plaidoyer pour la cigarette ou du moins pour la partie de la société qui s'offusquent contre les fumeurs. Il y a la dénonciation d'une chasse aux sorcières qui va trop loin contre les fumeurs. Or, je suis absolument opposé à la cigarette qui empeste nos vies. Bref, je ne cautionnerais pas de telles idées même si je peux comprendre qu'on puissent les exprimer de manière humoristique. Je ne suis pas obligé d'adhérer non plus. Le politiquement correct fait partie de certaines valeurs pour une société du respect de l'autre. Pour le reste, c'est très long et j'avoue m'être sérieusement ennuyé au bout d'un moment.

14/01/2017 (modifier)
Par KanKr
Note: 4/5

Le tabac tue moins que la bêtise ! Surprotection de l'enfance, lutte contre le tabac, probité écologique de masse dans des villes polluées à l’extrême ou concept de téléréalité poussé à son paroxysme, et si cette société qui nous semble encore lointaine ne l'était pas tant que cela ? C'est, en tout cas, la version de civilisation que nous propose Sylvain-Moizie dans son ouvrage La petite fille et la cigarette. Cette adaptation du roman de Benoît Duteurtre nous plonge dans un monde où l'enfant est sacré. Il constitue l'élément central de toutes les normes formelles, notamment l'interdiction de fumer dans l'ensemble des lieux publics pour ne pas lui porter atteinte. La marmaille est partout et l'absence de règles strictes à son encontre ne lui donne aucun cadre... Le moindre préjudice qui pourrait lui être porté est fortement réprimé par l’État ! Dans ce microcosme qui marche sur la tête, Désiré Johnson, un condamné à mort accusé de meurtre, réfléchit à sa dernière volonté : il demande une ultime cigarette... Une simple requête qui mène à un imbroglio judiciaire bloquant la procédure. Coincées entre le respect de la loi pour tous, y compris pour les prisonniers, et les activités illicites, les instances dirigeantes ne parviennent pas à trouver de parade. La pression médiatique et les lobbies du tabac s'emparent de l'affaire et lui offrent un écho qui n'arrange pas la situation... Pendant ce temps, au cœur de la cité administrative, Benoît rend son rapport sur les méfaits de l’écologie. Fumeur invétéré et contestataire endurci, il combat l'establishment à sa façon, en assouvissant son besoin de nicotine dans les toilettes de son lieu de travail. Un hobby qu'il regrette amèrement le jour où il oublie de fermer la porte à clé et se fait surprendre par une jeune fille. Rapidement accusé de pédophilie, il entame une descente aux enfers à la chute vertigineuse ! Seul face à la doxa, il n'a plus qu'un recours pour échapper à son funeste destin : participer à la « Martyre Academy », une téléréalité organisée par des terroristes où les déviants se défient pour éviter d'être exécutés. Une compétition à la fin de laquelle seul l'un d'entre eux est gracié ! Traité sur le ton de l'absurde, ce récit, que l'on pourrait qualifier d'anticipation, est une critique acerbe de la bêtise humaine, dans le pur style de la fable kafkaïenne. Les pertes de repères de l'individu y sont légion ! L'auteur y évoque la prohibition, la dictature de l'émotion, l'inertie de l'activisme, la restauration de la peine de mort, l'avènement des inepties cathodiques... Tout en se projetant dans le futur, le scénario se base sur l'actualité : présence d'une « avenue du Président-Bush », un chien portant le nom « Sarko », un président dont les traits sont ceux d'un ancien chef de l’État français, une monnaie commune devenue l'« eurodollar »... Derrière sa plume et ses crayons, Sylvain-Moizie nous livre une partition graphique originale, divisée en chapitres alternant les périples vécus par Désiré et ceux vécus par Benoît. Les deux protagonistes évoluent dans un cadre urbain, terre des bobos écolos, terni par l'hyper pollution. Les personnages aux visages déstructurés ajoutent une touche non négligeable au comique de situation qui bouleverse les normes sociétales établies. Le tout servi par un dessin simple, proche de la caricature. L'univers fantaisiste du récit est prétexte à une bien étrange morale, si tant est qu'il y en ait une : fumer tue, mais pas forcément à cause du tabac... Cette histoire, basée sur une inédite inquisition, mérite de rejoindre votre bibliothèque !

15/10/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
L'avatar du posteur Alix

Cet album est une adaptation du roman kafkaïen de Benoît Duteurtre. L’histoire est donc loufoque au possible, et se déroule dans un futur proche décrivant clairement les errances de notre monde actuel, mais en pire ! Politique de l’enfant roi, télé réalité, cynisme entourant le marché du tabac, nocif mais qui rapporte tant. J’ai trouvé le propos grinçant et le ton parfait, et il faut avouer que les périples des différents protagonistes font tantôt sourire, tantôt réfléchir. Par contre j’ai trouvé la lecture un peu longue (250 pages quand même), on finit par tourner en rond et les textes omniprésents (un défaut inhérent à ce genre d’adaptation) ont fini par me fatiguer un peu. Un album au message cynique et qui fait mouche, mais une lecture un peu éprouvante sur la fin… à découvrir quand même.

14/10/2016 (modifier)