Les derniers avis (31962 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série L'Iliade
L'Iliade

Même si dans ma jeunesse, je préférais l'aventure débridée de l'Odyssée, depuis quelques années ma préférence va au récit épique de l'Iliade que je trouve particulièrement classe et empli d'une véritable sagesse sur l'âme humaine et les rapports entre puissants et simples mortels. J'avais notamment adoré L'Âge de Bronze de Shanower même si cette série était paradoxalement un peu trop exhaustive et qu'elle a le malheur d'être restée inachevée à ce jour. Alors quand je découvre une nouvelle adaptation du récit d'Homère prévue en trois tomes seulement et surtout bénéficiant d'un dessin assez excellent dès la couverture, je n'ai pas pu résister. Et je ne suis pas déçu. Le récit est fidèle à celui d'Homère. Comme lui il ne raconte pas la Guerre du Troie du début à la fin mais seulement une période précise peu de temps avant sa fin. Les auteurs font quand même le choix d'ajouter quelques flash-back permettant d'expliquer mieux la situation et notamment, pour ce qui est du premier tome, toute l'histoire autour de la Pomme de Discorde qui fut le véritable déclencheur de ce qui allait devenir le conflit entre Troyens et Achéens. En ce sens, la complexité des relations entre Dieux et comment ils manipulent les hommes pour parvenir à leurs fins est très bien rendue. C'est intelligent, bien raconté, clair et bien rythmé. Le dessin est très beau quoiqu'un tout petit peu formaté. La couverture du premier tome m'a tapé dans l'oeil : je la trouve superbe et évocatrice. La narration graphique est moderne et très fluide. Si je n'avais qu'un reproche, ce serait les visages des déesses qu'on confond un peu facilement mais il est expliqué qu'elles sont toutes parfaites donc difficile à différencier pour un humain. Je suis ravi de cette adaptation de l'Iliade qui me satisfait tant par sa clarté, son respect et la beauté de son graphisme.

10/10/2016 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Confessions d'un enragé
Confessions d'un enragé

Après Le Roman de Boddah, cet album est le deuxième réalisé en solo par Nicolas Otéro (même si le premier est librement adapté d'un roman). Et encore une fois, c'est un album fait avec les tripes. Partant d'une anecdote d'enfance -une morsure par un chat enragé au Maroc- Nicolas Otéro part sur un récit initiatique qui oscille constamment entre réalisme et fantastique. Il prouve une nouvelle fois qu'il va falloir compter avec lui en tant que scénariste ou auteur complet dans les années à venir, car c'est un récit de colère, de peur, de souffrance. Cette puissance évocatrice est particulièrement présente lorsque le chat prend possession de Liam pour lui faire péter un câble ou pour le faire "mourir". On ne peut pas lâcher l'album, c'est très prenant. Graphiquement Otéro a encore évolué par rapport à son album sur Kurt Cobain. Il a adouci son trait, l'a rendu moins torturé. On sent l'auteur peut-être en cours d'apaisement, même si la rage qui l'anime s'exprime dans ses histoires. Le travail sur les couleurs, réalisé par son épouse Vérane, est remarquable, car il se montre tout aussi percutant et nuancé que l'histoire. Un album fort.

10/10/2016 (modifier)
Couverture de la série Shenzhen
Shenzhen

Guy Delisle nous livre ici un témoignage un peu décalé sur son expérience en Chine, il y a une vingtaine d’années. C’était l’époque où le pays s’ouvrait économiquement (on attend toujours qu’il le fasse autant politiquement !), avec en particulier certaines « zones franches » comme celle de Shenzen donc. J’ai bien aimé ce témoignage, qui mêle des remarques et des réflexions anodines à des traits d’humour plus ou moins pince sans rire. Le running gag du portier de l’hôtel, qui tente de faire illusion avec sa bouillie d’anglais, est assez poilant. Ni reportage journalistique, ni enquête à charge, c’est un récit très personnel et intéressant, où l’on découvre le poids des incompréhensions, et les contradictions d’une société en pleine mutation. Le dessin, assez gras, faussement brouillon, est assez en phase avec les propos (un mélange de légèreté et d’épaisseur). Un album à redécouvrir, avant de poursuivre avec les autres récits similaires de Delisle. Note réelle 3,5/5.

09/10/2016 (modifier)
Par SkAmby
Note: 4/5
Couverture de la série Doomboy
Doomboy

Une chouette BD. Le titre de cet album est tiré du surnom d'un jeune guitariste écorché suite à la perte d'une amie proche. La douleur est pour lui une vraie cicatrice mal refermée. Tout au long de l'histoire, le jeune D tente de panser cette plaie comme il peut. La musique, la guitare seront ses exutoires. Plus l'histoire se déroule, plus la curiosité grandit. Certains éléments sèment le trouble, on ne sait pas vraiment où on va, mais on se laisse complétement absorber par le rythme. Cet album est emplit d'un mystérieuse poésie. Les nombreuses cases ou les planches sont muettes nous font ressentir un temps comme suspendu, le moment où il ne reste que le bruissement du vent pour emporter les pensées et les douleurs au large. L’ensemble est parsemé de jalousie violente, d'amitié superficielle, profonde et d'amour avec un grand A. Un album vraiment intéressant à découvrir.

07/10/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Police lunaire
Police lunaire

Un petit album, peu de texte, un dessin minimaliste, peu d’action… et pourtant il y a tellement à en dire. L’histoire elle-même est remplie de mélancolie. La colonie lunaire se vide de ses habitants après une période d’activité, sans que l’on sache trop pourquoi… Une page qui se tourne, et un sentiment de nostalgie omniprésent. La vie du personnage principal est assez poignante, avec ce boulot de flic sur une planète où le taux de criminalité est à 0, consistant principalement à aider les citoyens égarés. La fin est belle et tellement poétique. Les grands espaces, le dessin minimaliste et les nombreux passages muets/contemplatifs participent grandement à l’ambiance d’isolement et de quiétude. Un album remarquable, qui m’a beaucoup touché.

07/10/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Jamais je n'aurai 20 ans
Jamais je n'aurai 20 ans

Jaime Martin avait déjà raconté la jeunesse militaire au Maroc de son père dans Les Guerres silencieuses. Il raconte maintenant la vie en Espagne de ses grands-parents maternels et montre à quel point elle a été marquée par la Guerre Civile Espagnole et l'époque Franquiste. Car en effet, Isabel, la grand-mère née à Melilla enclave espagnole au Maghreb, était proche de militants anarchistes en 1936. Et de son côté, Jaime, le grand-père originaire de Barcelone, était pro-communiste et engagé dans l'armée républicaine. Autant dire que quand les Franquistes se sont insurgés puis ont pris le pouvoir, ils se sont retrouvés du mauvais côté de la barrière. Là où Les Guerres silencieuses était un peu morne et peinait à transmettre l'émotion, ici au contraire le rythme est bon, l'intrigue dense et les sentiments sont bien transmis. Jaime Martin fait le choix de ne pas s'attarder spécifiquement sur une période en particulier mais de nous donner une vision d'ensemble des années 30 aux années 60. Chapitre après chapitre, nous assistons ainsi à différentes étapes de la vie des grands-parents. Il y a d'abord la jeunesse d'Isabel avant les événements, son amitié avec des jeunes engagés politiquement et sa fuite éperdue lors du coup d'état des Franquistes et les assassinats sans sommation des communistes et anarchistes. Puis il y a la guerre civile elle-même vue par les yeux du grand-père où l'on constate que les forces en présence étaient assez équilibrées jusqu'à l'arrivée des Italiens et des Allemands qui ont soudain écrasé l'armée républicaine et entraîné le massacre de leurs partisans. On découvre ensuite comment Isabel et Jaime ont su s'en sortir, se rencontrer et se cacher le temps de s'installer à Barcelone pour tenter d'y vivre malgré le danger. Enfin on découvre comment, à force de courage et d'esprit d'entreprise, les deux nouveaux parents vont réussir à très bien se débrouiller sur le plan économique et à élever leurs trois filles malgré le risque permanent que les autorités les éliminent sans autre forme de procès si elles découvraient leur passé de "rouges". Mais jamais le traumatisme du passé ne s'effacera pour eux malgré leur volonté de ne pas le transmettre à leurs enfants. C'est une lecture intéressante et suffisamment bien menée pour ne jamais ennuyer. Elle est servie par le dessin élégant de Jaime Martin dont j'aime beaucoup l'encrage épais qui me rappelle celui de Ruben Pellejero. On y découvre une vision assez différente de l'étau moral étouffant et injuste que représentait la société Franquiste telle qu'on peut l'apercevoir dans des œuvres comme Paracuellos, Les Temps Mauvais ou Montserrat. Ici, c'est avant tout la camaraderie puis l'esprit de famille qui ressort et permet de donner en permanence de vraies touches d'espoir dans la vie des protagonistes. Et c'est en cela que j'ai trouvé la conclusion du récit à la fois touchante et heureuse. C'est une belle lecture, instructive, pleine de vie et de son lot d'émotions. Un joli hommage rendu aux grands-parents de l'auteur.

07/10/2016 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Mort aux Vaches
Mort aux Vaches

Je suis pleinement en accord avec ce qu'a écrit Eric2Vzoul. Aurélien Ducoudray prouve, au fil de ses albums, qu'il est dans le top 5 des scénaristes de BD actuels. Chacun de ses albums est un plaisir coupable, et il sait diablement bien s'entourer de la jeune vague de dessinateurs parmi les plus talentueux. Cette fois-ci c'est François Ravard, avec lequel il a déjà collaboré, qui met ses pinceaux au service d'une histoire à la fois drôle et cruelle, une sorte de comédie noire qui rappelle en effet quelque peu des films des années 70, malgré son cadre historique qui se place en plein milieu des 90's... C'est plein de dialogues truculents, de situations bien trouvées, de personnages bien campés, qui se dévoilent petit à petit... Et comme souvent chez le scénariste, la fin n'est pas celle à laquelle on s'attendait. Côté graphique François Ravard fait des merveilles, il semble totalement dans son élément avec ces atmosphères en niveaux de gris et sa mise en scène au cordeau. Du grand art.

06/10/2016 (modifier)
Couverture de la série Betty Blues
Betty Blues

J’ai vraiment apprécié cet album, dans lequel je suis entré très facilement, attiré par un graphisme et une colorisation très réussis, originaux et modernes. Cet « habillage graphique « est pour beaucoup dans le charme triste de cet album, triste comme le blues sait l’être, lancinant, mais envoûtant (j’avoue aimer ce style de musique). L’histoire elle-même se laisse lire facilement – et relativement rapidement, illustrant l’adage qui veut que les histoires d’amours finissent mal, en général. Revisitant la légende du musicien qui donne – et perd – tout pour sa musique, « Betty Blues » est vraiment un album réussi, qui prend le temps de donner du caractère à ses personnages (le couple désuni et désynchronisé, mais aussi les copains musiciens, le travailleur anarchiste, le millionnaire surfait – et la trompette !). Album à découvrir. Note réelle 3,5/5.

04/10/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Soul Keeper
Soul Keeper

On critique souvent nos gouvernants en les traitant d’incapables par exemple si ce n’est de mots plus méchants. La classe politique n’a pas une bonne image dans l’opinion politique populaire. Pour les médias, c’est tout autre chose car ils peuvent toujours mettre l’accent sur un homme qui se révèle souvent une baudruche préfabriquée qu’un véritable phénomène de société. Pour le reste, lorsqu’on occupe le rôle de premier Ministre d’une grande nation, on vit surtout la solitude du pouvoir. Au vu de la couverture, j’avais peur d’un récit à base de lycéenne ayant des supers pouvoirs ou tombant désespérément amoureuse. Ouf, on l’a échappé belle. Ce récit s’avère assez passionnant sur un thème très peu exploitée. Il fallait le faire pour un ange de s’intéresser à un homme politique. On apprendra que ce ne sont pas tous des démons. J’aime bien l’expression « tous pourri » qui fait surtout pilier de comptoir. Le registre reste tout de même celui du fantastique avec une organisation assez détaillé et original du ciel, du purgatoire et de l’enfer. On ne peut s’empêcher de penser à certains politiques français qui sont rejetés par la population en faisant un parallèle qui ne sera pas forcément douteux. Ma véritable note serait plutôt un 3.5 étoiles en attendant la suite si elle se révèle toujours aussi efficace. Je mets 4 étoiles car c’est une note que j’accorde assez rarement à un manga dont ma moyenne doit frôler sans doute les 2 étoiles. Cette série sort incontestablement du lot. Elle doit encore prouver tout son potentiel. Au bout de trois tomes, on peut néanmoins déjà dire que c'est une réussite.

03/10/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Block 109 - Maruta
Block 109 - Maruta

Je dois avouer que je suis assez fan des uchronies et particulièrement celle développée dans l'univers de Block 109. Ici Ronan Toulhoat laisse sa place au dessin à Ryan Lovelock. Franchement, le lecteur n'y perd pas au change et si le style est plus clair, le trait sans doute un peu moins gras, les ambiances moins sombres, cela reste plus que correct. Encore une fois au scénario Vincent Brugeas fait des merveilles, on sent le gars qui connait ses classiques du film de genre attaque aérienne sur le vaisseau ennemi. Au delà de cet aspect le sens du rythme est là, on veut savoir et cette peuplade de "monstres" est plutôt bien vue. L'univers Block 109 est riche de possibilités, moi j'adhère et en redemande. Voilà un album qui peut se lire indépendamment de la série mais le background est important alors si ce n'est fait il faut découvrir cet univers.

02/10/2016 (modifier)