Les derniers avis (31962 avis)

Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Doggybags
Doggybags

Aaarg!!! dirais je pour pasticher un autre titre, mais par les dieux que c'est bon, jouissif, subversif, moralement et politiquement incorrect. J'ai découvert la chose grâce à l'éminent PAco autour d'un verre de rhum et c'est bien la boisson qui s'impose pour ingurgiter ces histoires plus déjantées les unes que les autres. L'objet en lui même est une petite bombe éditoriale de par sa conception, son format assumé et hommage aux pulps d'antan. Nous en sommes aujourd'hui au tome 12, spécial Japon (acheté hier et déjà lu avec délice ), sachez que l'aventure s'arrêtera au numéro 13. Alors bien sûr chaque opus comportant trois histoires originales, toutes ne sont pas du même tonneau que ce soit en ce qui concerne le scénario ou le dessin. Mais en tout état de cause ce qui marque d’emblée c'est le côté "péchu" de la chose, il semble que les auteurs ne s'interdisent rien, et cherchent à repousser les limites. Les histoires sont entrecoupées de fausses pubs, en rapport cependant avec ce qui suit ainsi que d'articles eux aussi en lien avec le thème principal et mine de rien on y apprend des choses. Avec son aspect vintage et un peu désuet ces différents tomes sont d'une grande modernité et j'incite vraiment les amateurs de BD qui déménagent à acquérir au plus vite les tomes de la série. Merci pour cette découverte ami du sud.

02/10/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Amour austral
Amour austral

Voilà, je suis comme cela. Je peux enchaîner des vingtaines d'avis négatifs où je n'épargne personne et puis d'un coup, décerner un 4 étoiles à un auteur allemand totalement inconnu dont c'est la première oeuvre. A vrai dire, ce qui compte réellement pour moi, c'est le rendu suite à une lecture. Bref, c'est la qualité de l'oeuvre et non la notoriété. Cette lecture m'a un peu marqué. Nous suivons un randonneur qui va faire un circuit balisé de 400 km au plein coeur de l'Australie non loin d'Alice Springs sur le lit de la fameuse rivière salée La Larrapinta. Il souhaite être seul afin de faire le point sur lui-même après les drames familiaux qu'il a vécu auparavant en Allemagne à Hambourg. Or, il fait une rencontre tout à fait inattendue qui va chambouler son périple. On voit même la naissance d'une petite histoire d'amour. Sans vouloir dévoiler la fin, elle ne sera pas ce à quoi on pouvait s'attendre. L'auteur reste assez pudique mais les traits invite à une certaine sensualité. J'ai bien aimé car j'ai partagé ses émotions. Au début, cela donne envie de faire de la randonnée avec ces beaux paysages qui se succèdent et cette atmosphère du mal d'aventure. Le carnet de voyage se transforme en une histoire d'amour avec sa part de souffrance. J'ai aimé toute cette apparente simplicité. En conclusion, une belle découverte !

02/10/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Juliette - Les Fantômes reviennent au Printemps
Juliette - Les Fantômes reviennent au Printemps

Si vous avez aimé Rosalie Blum, cet album partage une atmosphère similaire. Cela se passe dans une petite ville populaire, les protagonistes sont des gens de tous les jours, le récit est un cocktail de roman graphique, de chronique sociale, de romance légère et d'une touche d'humour. Alors je préfère prévenir : les amateurs d'aventure, d'action et de récit bien concret avec un début, une fin et une histoire haletante entre les deux, ne vont pas aimer. Car c'est une histoire qui se laisse couler, qui fait déguster les idées et émotions qu'elle distille, mais qui ne va pas vers une destination bien précise. Cela se passe durant les 3 semaines de vacances que Juliette, jeune femme jolie mais mal dans sa peau et victime de crises d'angoisse, passe dans sa ville natale auprès de sa famille. Il y a le père renfermé sur lui-même qui communique très mal avec ses enfants. La mère divorcée depuis longtemps pour vivre une vie fantasque d'artiste peintre et collectionner les amoureux illuminés. La soeur qui en a marre que tout le monde la trouve forte, d'esprit comme de corps, et qui voit un amant en cachette alors qu'elle est mariée et a deux enfants. La grand-mère atteinte d'Alzheimer mais qui se souvient juste de ce qu'il ne faut pas si elle ne voulait pas inquiéter encore plus sa petite fille. Et puis à côté de cela, il y a Polux, un brave gars qui se laisse aller, a pour principale occupation de fréquenter le bar du coin où se trouvent ses amis et qui va vite tomber sous le charme de Juliette. Le dessin de Camille Jourdy est agréable. Son trait est simple, parfois naïf notamment quand elle offre quelques illustrations en pleine page. Ses planches sont colorées et on dirait presque que c'est fait au feutre tant c'est lumineux. Même si au final il ne s'y passe pas grand chose, l'histoire se lit très bien. On accroche rapidement aux personnalités assez surprenantes de cette brochette de protagonistes. On est curieux de voir où leurs relations vont les mener, comment les choses vont évoluer. Le ton est juste, réaliste et sobre, tout en offrant une vraie touche de légèreté et d'humour en demi-teinte. C'est parfois drôle, parfois étonnant et parfois touchant, mais toujours par notes subtiles, jamais trop appuyées. Et du début à la fin, le scénario ne se révèle pas prévisible. Une bien agréable lecture, toute en finesse, avec des personnages auxquels on s'attache rapidement.

02/10/2016 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Wonder
Wonder

François Bégaudeau et Élodie Durand nous livrent avec "Wonder" un album assez surprenant, tant par la forme que par la façon d'aborder mai 68. C'est au travers du regard de Renée, jeune ouvrière à l'usine de piles Wonder que nos auteurs vont poser leur regard et nous faire partager sa progressive émancipation. Sans s’attarder plus que ça sur les événements, les manifs et les aspects politiques de ce moment historique, c'est plus sur les enchainements inopinés dans le quotidien de la jeune femme qu'on va ressentir et partager son cheminement progressif vers ses nouveaux choix de vie. Elle va en effet se voir entraîner dans tout ça un peu de façon imprévue et côtoyer des gens qu'elle n'aurait jamais rencontrés si mai 68 n'était pas passé par là. C'est fin, subtil, tant dans la narration que dans le traitement graphique soigné d'Elodie Durand. On se laisse tranquillement embarquer, comme notre jeune "héroïne" rebaptisée Wonder par ses compagnons d'émancipation, et tout comme elle, on passe de cette vie toute tracée, morose et noire, à une vie où tout semble possible et à conquérir. Les découpages et les partis pris de la colorisation donnent à cet album toute la force nécessaire pour soutenir pleinement ce récit avec une originalité des plus appréciable.

01/10/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Wolverine - Ennemi d'état
Wolverine - Ennemi d'état

Autant je ne suis pas un grand fan de Wolverine, autant c'est avec une agréable surprise que j'ai réalisé en cours de lecture que c'était Mark Millar aux commandes de cette histoire là et que, de fait, le scénario est bien foutu, prenant et doté d'une belle envergure qui lui permet d'oser mettre en scène des situations assez fortes. Le concept de base est simple et un peu facile : Wolverine est tombé dans un piège et s'est fait battre puis ressuscité par la Main, la même organisation criminelle qui employait autrefois Elektra et qui, après un lavage de cerveau, le fait désormais travailler pour son compte. Du coup, c'est un Wolverine méchant, même si une partie de son esprit essaie de se rebeller, qui va aller s'en prendre à la plupart des plus grands super-héros Marvel. Il va combattre notamment les Fantastic Four, Elektra, Daredevil, Iron Man, Captain America et même les autres X-Men. Ce ne sont pas combats basiques et bourrins : les intrigues sont bien montées, crédibles et captivantes. Et tandis que le SHIELD essaie de ramener Wolverine à la raison, la Main, Hydra et une autre organisation de mauvais mutants vont faire régner la terreur partout sur Terre et dans les rangs des super-héros comme des super-vilains. Au dessin, c'est John Romita Jr. dont j'apprécie le style même s'il a tendance à faire des personnages un peu carrés de visage. J'ai aimé l'audace de cet album et les situations qu'il met en scène. Il y a beaucoup de bonnes idées. On peut regretter un Wolverine un peu trop puissant, capable à lui tout seul de faire peur à toute la communauté des super-héros, et une Main aux pouvoirs magiques et aux téléporteurs un peu trop pratiques, mais si on passe outre cela, le reste de l'intrigue tient très bien la route. J'ai aimé l'infiltration de Wolverine dans le Baxter Building, ou encore la course-poursuite quand toute l'école de Charles Xavier essaie de l'attraper et qu'il n'en mène pas large. Les méchants sont aussi relativement intéressants, et assez violents dans leur genre d'ailleurs. En définitive, c'est vraiment un bon récit de Wolverine mais aussi d'une grosse partie de l'univers Marvel.

01/10/2016 (modifier)
Couverture de la série Mort aux Vaches
Mort aux Vaches

L'éditeur nous présente Mort aux Vaches comme un polar archi-classique, et comme un « hommage appuyé aux comédies policières des années 1970 ». C'est compter sans le talent et la malice d'Aurélien Ducoudray, qui n'en finit pas de m'étonner… En réalité, cet excellent one-shot est bien plus que cela ! Quatre truands se mettent au vert dans une ferme isolée, histoire de se faire oublier après un casse réussi. Mais les ploucs rugueux qui les abritent s'avèrent au moins aussi tordus et malhonnêtes qu'eux… L'histoire débute comme Canicule qu'Yves Boisset a adapté du roman éponyme de Jean Vautrin, en 1984. Mais la comparaison s'arrête là car le scénariste s'empresse de moderniser la situation et de se jouer des codes du genre. Il faut dire que l'histoire se déroule en 1996, alors que la crise de la vache folle décime le cheptel bovin français. Du coup le titre prend soudainement un double sens ironique. On réalise vite que les personnages ne sont vraiment pas conformes à ce que l'on attend dans ce genre d'histoire. Le quatuor de braqueurs est composé d'une nymphomane fleur bleue, d'un culturiste doté d'un cerveau et de deux vieux chevaux sur le retour qui filent le parfait amour. Le cousin agriculteur rustique, passionné de sélection génétique, est littéralement amoureux de ses bovins. Et si le gendarme local est bien l'emmerdeur matois que l'on imagine, il est aussi un bon vivant débonnaire que l'on ne peut détester. Bref, les personnages sont tous dotés d'une vraie personnalité qui les rend très attachants. Les dialogues méritent une mention spéciale… S'ils lorgnent ouvertement vers le style d'Audiard, on est bien loin des “hommages” lourdingues à la Chanoinat. Ducoudray multiplie les bons mots (extraits choisis : « Ils sont peut-être ploucs, mais pas complètement cons… Si tu leur mets un pascal sous le nez, ils vont pas se demander qui l'a peint, mais d'où il vient et surtout s'il a des frangins. », « – On dit plus “soviet” Madame Lucienne, c'est fini ça le cécécépé ! – Eh ben c'était bien la peine qu'on vote communiste pendant vingt-cinq ans pour que ça existe plus ! En tous cas, soviet ou pas, leurs bonnes femmes sont bien là ! Et une bonne partie mariée à des gars d'ici ! Y'a plus assez de femmes dans le coin ou quoi ? – Ben y'a plus que nous, Madame Lucienne ! Les jeunes elles font l'exode rural… », « – Franco du petit peuple ! – Ravachol de supérette ! – Guernica en carton ! – Mitterrandiste ! »…), mais ces aphorismes, il les remet au goût du jour ; l'ensemble est fluide, enlevé, souvent drôle… Bref, sur une base classique, le scénariste échafaude une histoire solide, pleine de personnages truculents et de rebondissements inattendus. François Ravard, déjà complice de Ducoudray pour Clichés de Bosnie et La Faute aux Chinois, reprend ses pinceaux et met ses dessins au lavis au service de ce polar rural. Son style un brin caricatural, moins réaliste que dans Les Mystères de la Cinquième République, colle parfaitement avec le ton du récit. A coucher dehors, l'autre publication d'Aurélien Ducoudray, qui marque la rentrée littéraire du neuvième art, occulte quelque peu la sortie concomitante de Mort aux Vaches. C'est dommage car cet album est une belle découverte, qui mérite d'être lu.

01/10/2016 (modifier)
Par Chris
Note: 4/5
Couverture de la série L'Anniversaire de Kim Jong-Il
L'Anniversaire de Kim Jong-Il

Beaucoup aimé ! Et pourtant le dessin et ce que j'en avais lu au travers d'une preview m'avaient plutôt convaincu du contraire et de ne pas acheter l'album. C'est sous la lecture des retours enthousiastes que j'ai fait fi de mon ressenti et j'ai bien fait ! Car le côté naïf et enfantin qui me gênait disparaît au fil de l'album, le fond l'emportant sur la forme. Et même je dirais justement que le dessin tranche finalement parfaitement avec la violence sourde et omniprésente de l'histoire. J'avais beaucoup aimé Pyongyang de Delisle, moins "La Faute" dans lequel je n'avais pas trouvé suffisamment de matière et qui m'avait paru une redite sans apporter rien de plus (au contraire), mais là Ducoudray parvient à en dire beaucoup sur le régime totalitaire en place au sein de la vie d'une famille, à travers les yeux d'un enfant de cette famille. Cela permet de voir les choses sous un autre angle, plus impliqué et vivant.

30/09/2016 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Carnet de santé foireuse
Carnet de santé foireuse

Pozla raconte son combat contre la maladie de Crohn, cette maladie qui s'en prend à son intestin : une MICI (maladie inflammatoire chroniques intestinales) comme on appelle cela dans le jargon médical. Dans un style très énergique qui prend la forme d'une sorte de blog au jour le jour ; Pozla dessine ses tourments gastriques, explose les codes, fait une introspection du plus profond de ses entrailles. On aurait pu s'attendre à une chronique dramatique sur cette terrible maladie qui vous anéantit à petits feux. Mais, Pozla préfère raconter ça sur le mode humoristique, dépeignant les erreurs d'analyse médicale des médecins, ses problèmes post-opératoires, ses crises de diarrhée impromptues qui l'empêchent de sortir boire un verre, ses régimes alimentaires à base de soupes. Son dessin oscille entre une description très précise du système digestif et des moments empreints d'une réelle poésie On est souvent ému, on sourit souvent sur les descriptions du milieu médical (le moment du rasage à l'hôpital est très drôle) et au final, on ressort de cette lecture soulagé qu'il ait pu s'en tirer.

30/09/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Les Ogres-Dieux
Les Ogres-Dieux

Tout d'abord, j'ai été surpris par la taille des albums : plus grand que le format classique, ils sont aussi épais et denses. Du coup, ils reflètent très bien l'ampleur de leur contenu et bien entendu... de leurs personnages. Car ces ogres sont impressionnants et en même temps assez marquants. Géants de taille diverses en fonction de leur génération, ils sont conformes à l'idée médiévale de l'ogre gigantesque qui dévore les hommes comme de simples ailes de poulet. Nous sommes dans une ambiance à la Gargantua et Pantagruel, si ce n'est le côté dérangeant de voir ces grosses créatures d'aspect pourtant civilisé s'empiffrer de corps humains voire de boulotter l'un ou l'autre de leurs serviteurs quand l'envie leur en prend. C'est un peu malsain et effrayant et pourtant ce monde de fantasy tient la route car ces monstres se révèlent assez complexes et différents les uns des autres. Il n'y a pas de manichéisme flagrant malgré le côté monstrueux de ces ogres. Le récit est en outre mis en valeur par des textes insérés entre les chapitres qui racontent l'histoire de ces lieux et de ses protagonistes et qui donnent de la profondeur à cet univers. Le dessin est lui aussi très bon. Son trait et sa clarté narrative semblent avoir quelques influences issues de l'animation. Hormis quelques hésitations pour bien saisir la taille de chaque personnage, élément pourtant important de l'intrigue, c'est un dessin très beau et particulièrement agréable à la lecture, nullement handicapé par son absence de couleurs. Le scénario est très bon. On pourrait lui espérer un tout petit peu plus d'envergure et des développements un petit peu plus originaux et ouverts mais ils sont bons et profitent pleinement de cet univers original que les auteurs ont imaginé pour eux. Bref, c'est une très bonne série avec une belle personnalité.

30/09/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série L'Eté Diabolik
L'Eté Diabolik

Quand les souvenirs de vacances d'un garçon dans les années 60 viennent côtoyer le récit d'espionnage : voilà une idée originale. Alexandre Clérisse utilise pour cet album un style graphique très proche de celui de Souvenirs de l'empire de l'atome et je l'aime beaucoup. Il s'adapte parfaitement à un récit dans la fin des années 60, entre pureté esthétique du style Atome et quelques séquences plus psychédéliques. C'est beau, plein de personnalité et agréable à lire. L'histoire est particulièrement originale, si ce n'est totalement dans son contenu au moins dans la façon dont elle est racontée. Car elle se présente en deux parties. La première relate le récit des vacances du héros en 1967 telle qu'il s'en souvient 20 ans plus tard. Cette période a été marquée par différents événements étranges et surtout la disparition mystérieuse de son père. La seconde partie ensuite se passe encore quelques années plus tard quand le héros a recueilli quelques nouveaux indices pour expliquer ce qui a bien pu se passer à l'époque et nous dévoile la trame de l'énigme qui se révèle à la fois intime et plus policière. C'est très bien foutu et très sympa à lire et à découvrir. J'ai eu un tout petit peu de mal à m'attacher au héros et à son entourage mais ce sera le seul léger défaut que je trouverai à cette très bonne BD.

29/09/2016 (modifier)