Mon avis rejoindra celui d’Erik. Cet album est extrêmement instructif mais encore plus touchant, drôle et humain.
Le parcours du combattant mené par Emma et Guillaume est vu au travers du regard de celui-ci. Cela nous change de ces nombreux albums consacrés à l’enfantement et souvent décrits avec un regard féminin. Mais ici, le « coupable », c’est lui et Guillaume l’assume comme il peut, avec courage et fragilité.
Les apparitions de l’alter égo du professeur Burps cher à Gotlib apportent une touche de délire bienvenu dans ce récit poignant mais jamais larmoyant.
Le dessin est simple mais efficace pour ce genre de docu-reportage en bd. Un trait caricatural bien typé et expressif qui nous permet de rentrer dans ce récit sans être trop distrait par des décors léchés ou des mises en page spectaculaires.
Franchement humain, poignant et instructif.
Avec ce carnet de voyages pour le moins atypique, Zerocalcare, (encore) jeune dessinateur issu de la mouvance alternative italienne, nous emmène au cœur du conflit syrien. Ce n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler du journalisme, d’ailleurs cela n’a pas prétention à l’être, cela se veut plutôt un recueil de témoignages et de réflexions très personnelles de l’auteur sur son périple au Kurdistan, présenté dans de façon humoristique et ludique comme le ferait un Fabcaro, si l’on veut chercher à établir une comparaison. Pour tout dire, le doute surgit dès les premières pages. Et là on se dit : ma parole, il marche sur un champ d’œufs le gars… Comment va-t-il s’en sortir en traitant un sujet aussi sérieux voire tragique avec la légèreté induite par son humour potache punko-geek, autocentré au point d’en être presque agaçant, grouillant de références générationnelles qu’un non-italien voire non-romain aura quelque difficulté à appréhender, et qui semble parfois perdre son impact à la traduction, - même si Brune Seban a fait un travail tout à fait honorable… Mais malgré sa propension à s’autoflageller plus que de coutume, avec un sens de l’autodérision qui sert sans doute à bloquer tout risque de dérive égocentrique, Zerocalcare se sort très bien des pièges et prouve par là son côté briscard (le simple fait de revenir en un seul morceau d’un pays en guerre l’atteste…). D’un point de vue narratif, c’est vif, créatif et souvent pertinent, malgré quelques longueurs et même si on peut avoir parfois l’impression qu’il s’adresse à un public d’ados mal dégrossis…
La mise en page, on s’en doute, est très libre, avec des cases tracées à main levée, donc de traviole. Quant au dessin, il est à l’image du propos. De veine humoristique, le trait noir et blanc se fait nonchalant ou nerveux selon le degré de gravité (impossible de ne pas représenter les morts liés à cette guerre…), parfois plus descriptif quand le ton est « journalistique ». Contre toute attente, cela fonctionne, et on peut dire que Zerocalcare se sort brillamment de cet exercice périlleux.
Au final, une fois qu’on a refermé le livre, il reste des images et des ambiances, drôles et moins drôles, mais surtout des portraits magnifiques de résistants. Et sous le masque du globe-trotter potache un peu chochotte allaité à la Gameboy apparaît en réalité un citoyen courageux, curieux et empathique, soucieux des malheurs de ses frères et sœurs humains, en quête d’une vérité autre que celle délivrée par les médias de son pays (et occidentaux en général). En deux mots, Zerocalcare a fait ce que rechignent à faire rédactions et journalistes de nos sociétés de l’information, se complaisant habituellement dans le sensationnel et le futile. Son point de chute était Kobané, ville symbole de la lutte contre l’Etat islamique. Et ce qu’il a découvert là-bas est tout bonnement stupéfiant. Au beau milieu de ce chaos, des citoyens kurdes, notamment un groupe de femmes combattantes avec qui il va vivre plusieurs jours, s’efforcent avec détermination et bienveillance de pratiquer la démocratie dans le vrai sens du terme (abolition du patriarcat, égalité hommes-femmes, éducation gratuite, autogestion, etc.), à l’opposé de Daech et ses vieilles lunes obscures. Une utopie politique qui pourrait rappeler la Commune de Paris ou la République espagnole, une sorte de laboratoire pris dans le triple étau des gouvernements turc et syrien et de Daech, donc encore fragile. Cette utopie, elle s’appelle Rojava, région autonome de Syrie. Mais Rojava, c’est un peu plus que de la géographie, c’est surtout une idée, et on ne tue pas une idée. Rojava, retenez-bien ce nom.
A l’heure où un véritable crime contre l’humanité se produit dans la région avec les bombardements menés conjointement par les armées de Bachar El-Assad et de Poutine contre des civils et des centres de soins dans la ville d’Alep, il y a urgence à lire cet ouvrage. Un travail admirable et instructif, par un vrai citoyen du monde.
L'auteur a décidé de reverser une partie des recettes de la vente de cet ouvrage à des actions en solidarité au peuple kurde.
C'est amusant car sur la base d'un extrait lu quand j'étais enfant et d'un peu de connaissances de pourquoi le roman s'appelle Un sac de billes, je m'étais fait une idée finalement assez fausse du contenu de l'oeuvre de Joseph Joffo. Je ne m'imaginais pas qu'il était aussi mouvementé et mettait en scène des enfants si débrouillards qui traversent le pays entier et vivent ensuite de multiples combines dans le Sud de la France occupée durant presque deux années de guerre. Je ne m'imaginais pas non plus un tel hommage à la famille et à un père finalement disparu.
Et c'est grâce à cette très bonne adaptation que j'ai pu découvrir cela.
Le dessin, même s'il parait un peu brouillon dans son trait, est très bon. Les personnages sont vivants et les décors sont soignés et ressortent très bien. C'est joli à regarder et on est bien plongé dans le cadre de l'époque sans les trop classiques ambiances grises et mornes d'autres récits sur la seconde guerre mondiale. Ici il y a du soleil, de l'espoir et de la vie à l'image des deux jeunes héros et de leur motivation.
L'histoire racontée dans le premier tome est un long voyage de fuite de Paris à la côte d'Azur avec son lot de moments stressants et d'envie que les enfants s'en sortent bien. Le second tome, lui, est un peu moins linéaire puisqu'il raconte comment les héros se débrouillent ensuite en famille pour continuer à vivre durant la guerre et éviter de se faire arrêter.
C'est un récit intéressant et prenant. C'est d'autant plus marquant qu'on sait qu'il s'agit d'une histoire vraie et que certains passages paraissent presque invraisemblables tant les choses sont passées près de la catastrophe tout en les évitant d'extrême justesse. J'apprécie le fait qu'il ne sombre jamais dans le pathos, le manichéisme ou le désespoir. Et j'ai trouvé la fin sobre et touchante.
La belle adaptation d'un bon roman.
Un récit qui se passe dans l'ouest américain du 19e siècle.
Au début je trouvais ça pas mal, mais je ne voyais pas trop pourquoi cette histoire était censée être exceptionnelle. Puis, rapidement, je me suis mis à trouver l'histoire prenante et au fil des pages je me suis rendu compte que le récit était plus original qu'il n'y paraît lorsque les auteurs développent davantage les personnages.
J'ai fini par lire l'histoire d'une traite tellement j'étais captivé. L'arrivée du fantastique ne m'a pas troublé quoique je ne sais pas quoi penser de la fin. J'aime bien son ambiance et je la trouve géniale, mais c'est vrai qu'elle est un peu confuse quoique la dernière scène me fasse penser que c'est voulu. C'est donc une bonne histoire avec un bon dessin, mais la fin est spéciale donc ce n'est pas tout le monde qui va aimer et pour cette raison je ne conseille pas un achat.
3.5
Une histoire qui montre comment la vie dans l'univers de DC aurait été différente si les Kent n'avaient pas trouvé Superman...à cause d'un clou !
On retrouve donc un Lex Luthor maire de Metropolis et des gens qui ont un peu peur des super-héros vu qu'il n'y a pas de Superman pour apaiser leurs craintes. Les super-héros font leur boulot jusqu'à ce qu'ils soient victimes d'une machination pour les discréditer. J'ai trouvé le scénario amusant et prenant. Il y a plein de personnages et on voit bien comment cet univers est différent. Il y a plein de bastons, mais je les ai trouvées amusantes. Le dessin de Davis est excellent comme d'habitude.
J'admets toutefois que certains passages semblent un peu inutiles. J'ai l'impression que Davis voulait dessiner autant de personnages que possible et cette impression s'est confirmée avec la suite. Cette suite contient de bonnes scènes, mais aussi plein de choses inutiles qui semblent exister juste pour que Davis dessine plein de personnages. De plus, le scénario semble partir dans tous les sens. Ça reste sympa à lire, mais c'est clairement inférieur à la première mini-série.
Un bon divertissement si on aime l'univers DC.
Je ne savais presque rien sur cet album avant de l'ouvrir. Je pensais naïvement qu'il s'agissait d'un polar qui prenait pied dans la région que l'on appelle maintenant Grand Est.
Que nenni, puisqu'il s'agit en fait d'un documentaire maquillé en roman graphique, au long de la balade d'un journaliste et de son fils dans la région lorraine. Procédé qui, s'il n'est ni nouveau ni original, permet de confronter celui qui est avide d'informations à ceux qui la détiennent, accompagné par le candide, incarné par Woody. Le journaliste Denis Robert met donc un peu d'autobiographie dans son récit, destiné à donner plus de chair à cette région qui l'a vu naître et qu'il affectionne tant. Il est donc fort malheureux de la voir mourir à petit feu, dans le sillage de la fermeture des mines et des usines sidérurgiques.
Cet amour pour sa région transpire presque dans chaque page, il se met presque à poil pour nous conter cette fin, ce pourrissement. Il évoque assez peu la dérive extrême-droitiste de la région, s'attache plutôt à son histoire, à son patrimoine.
Et on apprend beaucoup de choses, aidé par le graphisme sensible et sobre de Franck Biancarelli, qui réalise lui-même ses couleurs, elles aussi sans esbroufe. je ne suis pas toujours convaincu par les visages de ses personnages, mais globalement c'est du beau boulot.
Un bel album.
3.5
Une famille de mutants que je ne connaissais pas et qui fut créée par Alan Davis, un auteur que j'aime bien. Il a écrit et dessiné les 8 premiers épisodes puis les 4 numéros suivants eurent d'autres auteurs avant que la série ne soit annulée, rejoignant ainsi les nombreuses séries que Marvel lançait à l'époque et qui moururent au bout de 2-3 ans d'existence (voire moins dans le cas de Clandestine).
C'est dommage parce que les numéros faits pas Davis sont excellents (je n'ai pas lu les autres). On retrouve son dessin très classique qui est à la fois élégant et dynamique. Ce tome peut être divisé en deux parties : une longue histoire qui présente cette famille où tout le monde a un pouvoir puis les numéros suivants qui les approfondissent. Le scénario est prenant, les personnages sont attachants (j'aime surtout les jumeaux) et l'humour marche bien.
Cette série avait du potentiel et c'est dommage que Davis n'ait pas fait un long run de plusieurs années. J'ai bien envie de lire les autres histoires qu'il a faites mettant en vedette cette famille.
Encore une histoire de pirates me direz-vous... Mais de bonne engeance vous répondrais-je !
Car si ce genre a trop souvent tendance à partir en couille pour se siroter comme un canada dry édulcoré, "Le Testament du Capitaine Crown" tient la marée et fleure bon le rhum qui vous traverse la couenne et ravigote son bonhomme !
Déjà parce que l'histoire concoctée par Tristan Roulot est très bien foutue, et fait parfaitement son boulot sur ces deux tomes. Il a su tirer l'essence des récit du genre pour en garder l'épique, des personnages hauts en couleurs, l'Esprit de l'aventure et les rebondissement inhérents à toute bonne histoire de pirates.
Et pour cela, le travail graphique de Patrick Hénaff est plus qu'à la hauteur. Ne serait-ce que pour les trognes des personnages qui composent cette fresque familiale peu banale. Comme disait l'autre, "On choisit ses copains, mais rarement sa famille", et là, on est plutôt servi ! Car notre bon vieux Capitaine Crown n'était à priori pas du genre à faire mentir la maxime des marins "une femme dans chaque port"... sauf que ses rejetons ont de qui tenir, et que le trésor du paternel va aiguiser certaines dents...
Bref, tout est là pour nous servir une grande fresque d'aventure où rebondissements et traîtrises vont cimenter un récit auquel on ne pourra que reprocher sa concision. Pas de bâclage non plus, mais un troisième tome aurait je pense permis d'étoffer la psychologie des personnages et de donner un élan supplémentaire à l'ensemble.
En tout cas, à lire absolument pour tout amateur du genre.
Nouvelle parution des éditions Sandawe, je suis édinaute de ce volume. Il s'agit d'une reprise de la série "Gueules cassées" qui a vu un volume paraître chez Cléopas mais le second n'a pu se faire à cause de la faillite de l'éditeur. Ici il s'agit du tome 1 retravaillé + le tome 2 dans une intégrale de 96 pages.
Séduit par le trait d'Emmanuel Cassier et par la thématique développée (traumatisme de guerre, l'après-guerre...), j'ai investi sur cet album.
L'enquête menée par les deux hommes est agréable à suivre avec du rythme et quelques rebondissements mais la fin ouverte risque de décevoir certains. Comme indiqué le trait d'Emmanuel Cassier m'a séduit et les couleurs choisies nous plongent dans l'entre deux guerres. Seul bémol, certains visages au second plan plus rapidement esquissés et qu'un détail ou deux auraient améliorés.
Une lecture sympa qui vaut un 3.5/5 mais on ne peut pas mettre de demi. ;-)
Alias faisait partie des séries que je voulais lire depuis longtemps. J'aime assez bien lorsque Brian Bendis fait des histoires policières.
Cette série est du pur Bendis avec une action lente, de la psychologie et plein de dialogues. Je n'ai rien contre ce style pour ce type d'histoire quoique parfois il abusait un peu au niveau du dialogue. Les histoires sont prenantes, j'aimais bien l'ambiance de film noir et j'aimais bien lorsqu'il y avait d'autres personnages Marvel (c'est d'ailleurs dans cette série que l'Homme Pourpre va devenir vraiment dangereux).
En revanche, Jessica Jones m'a laissé indifférent. Je ne l'aime pas, mais je ne la déteste pas. J'ai toujours un peu de difficulté lorsqu'un auteur sort de nulle part un personnage que tous les autres personnages connaissaient alors que les lecteurs ne l'ont jamais vu avant.
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De père en FIV
Mon avis rejoindra celui d’Erik. Cet album est extrêmement instructif mais encore plus touchant, drôle et humain. Le parcours du combattant mené par Emma et Guillaume est vu au travers du regard de celui-ci. Cela nous change de ces nombreux albums consacrés à l’enfantement et souvent décrits avec un regard féminin. Mais ici, le « coupable », c’est lui et Guillaume l’assume comme il peut, avec courage et fragilité. Les apparitions de l’alter égo du professeur Burps cher à Gotlib apportent une touche de délire bienvenu dans ce récit poignant mais jamais larmoyant. Le dessin est simple mais efficace pour ce genre de docu-reportage en bd. Un trait caricatural bien typé et expressif qui nous permet de rentrer dans ce récit sans être trop distrait par des décors léchés ou des mises en page spectaculaires. Franchement humain, poignant et instructif.
Kobane Calling
Avec ce carnet de voyages pour le moins atypique, Zerocalcare, (encore) jeune dessinateur issu de la mouvance alternative italienne, nous emmène au cœur du conflit syrien. Ce n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler du journalisme, d’ailleurs cela n’a pas prétention à l’être, cela se veut plutôt un recueil de témoignages et de réflexions très personnelles de l’auteur sur son périple au Kurdistan, présenté dans de façon humoristique et ludique comme le ferait un Fabcaro, si l’on veut chercher à établir une comparaison. Pour tout dire, le doute surgit dès les premières pages. Et là on se dit : ma parole, il marche sur un champ d’œufs le gars… Comment va-t-il s’en sortir en traitant un sujet aussi sérieux voire tragique avec la légèreté induite par son humour potache punko-geek, autocentré au point d’en être presque agaçant, grouillant de références générationnelles qu’un non-italien voire non-romain aura quelque difficulté à appréhender, et qui semble parfois perdre son impact à la traduction, - même si Brune Seban a fait un travail tout à fait honorable… Mais malgré sa propension à s’autoflageller plus que de coutume, avec un sens de l’autodérision qui sert sans doute à bloquer tout risque de dérive égocentrique, Zerocalcare se sort très bien des pièges et prouve par là son côté briscard (le simple fait de revenir en un seul morceau d’un pays en guerre l’atteste…). D’un point de vue narratif, c’est vif, créatif et souvent pertinent, malgré quelques longueurs et même si on peut avoir parfois l’impression qu’il s’adresse à un public d’ados mal dégrossis… La mise en page, on s’en doute, est très libre, avec des cases tracées à main levée, donc de traviole. Quant au dessin, il est à l’image du propos. De veine humoristique, le trait noir et blanc se fait nonchalant ou nerveux selon le degré de gravité (impossible de ne pas représenter les morts liés à cette guerre…), parfois plus descriptif quand le ton est « journalistique ». Contre toute attente, cela fonctionne, et on peut dire que Zerocalcare se sort brillamment de cet exercice périlleux. Au final, une fois qu’on a refermé le livre, il reste des images et des ambiances, drôles et moins drôles, mais surtout des portraits magnifiques de résistants. Et sous le masque du globe-trotter potache un peu chochotte allaité à la Gameboy apparaît en réalité un citoyen courageux, curieux et empathique, soucieux des malheurs de ses frères et sœurs humains, en quête d’une vérité autre que celle délivrée par les médias de son pays (et occidentaux en général). En deux mots, Zerocalcare a fait ce que rechignent à faire rédactions et journalistes de nos sociétés de l’information, se complaisant habituellement dans le sensationnel et le futile. Son point de chute était Kobané, ville symbole de la lutte contre l’Etat islamique. Et ce qu’il a découvert là-bas est tout bonnement stupéfiant. Au beau milieu de ce chaos, des citoyens kurdes, notamment un groupe de femmes combattantes avec qui il va vivre plusieurs jours, s’efforcent avec détermination et bienveillance de pratiquer la démocratie dans le vrai sens du terme (abolition du patriarcat, égalité hommes-femmes, éducation gratuite, autogestion, etc.), à l’opposé de Daech et ses vieilles lunes obscures. Une utopie politique qui pourrait rappeler la Commune de Paris ou la République espagnole, une sorte de laboratoire pris dans le triple étau des gouvernements turc et syrien et de Daech, donc encore fragile. Cette utopie, elle s’appelle Rojava, région autonome de Syrie. Mais Rojava, c’est un peu plus que de la géographie, c’est surtout une idée, et on ne tue pas une idée. Rojava, retenez-bien ce nom. A l’heure où un véritable crime contre l’humanité se produit dans la région avec les bombardements menés conjointement par les armées de Bachar El-Assad et de Poutine contre des civils et des centres de soins dans la ville d’Alep, il y a urgence à lire cet ouvrage. Un travail admirable et instructif, par un vrai citoyen du monde. L'auteur a décidé de reverser une partie des recettes de la vente de cet ouvrage à des actions en solidarité au peuple kurde.
Un sac de billes
C'est amusant car sur la base d'un extrait lu quand j'étais enfant et d'un peu de connaissances de pourquoi le roman s'appelle Un sac de billes, je m'étais fait une idée finalement assez fausse du contenu de l'oeuvre de Joseph Joffo. Je ne m'imaginais pas qu'il était aussi mouvementé et mettait en scène des enfants si débrouillards qui traversent le pays entier et vivent ensuite de multiples combines dans le Sud de la France occupée durant presque deux années de guerre. Je ne m'imaginais pas non plus un tel hommage à la famille et à un père finalement disparu. Et c'est grâce à cette très bonne adaptation que j'ai pu découvrir cela. Le dessin, même s'il parait un peu brouillon dans son trait, est très bon. Les personnages sont vivants et les décors sont soignés et ressortent très bien. C'est joli à regarder et on est bien plongé dans le cadre de l'époque sans les trop classiques ambiances grises et mornes d'autres récits sur la seconde guerre mondiale. Ici il y a du soleil, de l'espoir et de la vie à l'image des deux jeunes héros et de leur motivation. L'histoire racontée dans le premier tome est un long voyage de fuite de Paris à la côte d'Azur avec son lot de moments stressants et d'envie que les enfants s'en sortent bien. Le second tome, lui, est un peu moins linéaire puisqu'il raconte comment les héros se débrouillent ensuite en famille pour continuer à vivre durant la guerre et éviter de se faire arrêter. C'est un récit intéressant et prenant. C'est d'autant plus marquant qu'on sait qu'il s'agit d'une histoire vraie et que certains passages paraissent presque invraisemblables tant les choses sont passées près de la catastrophe tout en les évitant d'extrême justesse. J'apprécie le fait qu'il ne sombre jamais dans le pathos, le manichéisme ou le désespoir. Et j'ai trouvé la fin sobre et touchante. La belle adaptation d'un bon roman.
L'Odeur des garçons affamés
Un récit qui se passe dans l'ouest américain du 19e siècle. Au début je trouvais ça pas mal, mais je ne voyais pas trop pourquoi cette histoire était censée être exceptionnelle. Puis, rapidement, je me suis mis à trouver l'histoire prenante et au fil des pages je me suis rendu compte que le récit était plus original qu'il n'y paraît lorsque les auteurs développent davantage les personnages. J'ai fini par lire l'histoire d'une traite tellement j'étais captivé. L'arrivée du fantastique ne m'a pas troublé quoique je ne sais pas quoi penser de la fin. J'aime bien son ambiance et je la trouve géniale, mais c'est vrai qu'elle est un peu confuse quoique la dernière scène me fasse penser que c'est voulu. C'est donc une bonne histoire avec un bon dessin, mais la fin est spéciale donc ce n'est pas tout le monde qui va aimer et pour cette raison je ne conseille pas un achat.
Justice League - Faute d'un Clou... (JLA - Le Clou)
3.5 Une histoire qui montre comment la vie dans l'univers de DC aurait été différente si les Kent n'avaient pas trouvé Superman...à cause d'un clou ! On retrouve donc un Lex Luthor maire de Metropolis et des gens qui ont un peu peur des super-héros vu qu'il n'y a pas de Superman pour apaiser leurs craintes. Les super-héros font leur boulot jusqu'à ce qu'ils soient victimes d'une machination pour les discréditer. J'ai trouvé le scénario amusant et prenant. Il y a plein de personnages et on voit bien comment cet univers est différent. Il y a plein de bastons, mais je les ai trouvées amusantes. Le dessin de Davis est excellent comme d'habitude. J'admets toutefois que certains passages semblent un peu inutiles. J'ai l'impression que Davis voulait dessiner autant de personnages que possible et cette impression s'est confirmée avec la suite. Cette suite contient de bonnes scènes, mais aussi plein de choses inutiles qui semblent exister juste pour que Davis dessine plein de personnages. De plus, le scénario semble partir dans tous les sens. Ça reste sympa à lire, mais c'est clairement inférieur à la première mini-série. Un bon divertissement si on aime l'univers DC.
Grand Est
Je ne savais presque rien sur cet album avant de l'ouvrir. Je pensais naïvement qu'il s'agissait d'un polar qui prenait pied dans la région que l'on appelle maintenant Grand Est. Que nenni, puisqu'il s'agit en fait d'un documentaire maquillé en roman graphique, au long de la balade d'un journaliste et de son fils dans la région lorraine. Procédé qui, s'il n'est ni nouveau ni original, permet de confronter celui qui est avide d'informations à ceux qui la détiennent, accompagné par le candide, incarné par Woody. Le journaliste Denis Robert met donc un peu d'autobiographie dans son récit, destiné à donner plus de chair à cette région qui l'a vu naître et qu'il affectionne tant. Il est donc fort malheureux de la voir mourir à petit feu, dans le sillage de la fermeture des mines et des usines sidérurgiques. Cet amour pour sa région transpire presque dans chaque page, il se met presque à poil pour nous conter cette fin, ce pourrissement. Il évoque assez peu la dérive extrême-droitiste de la région, s'attache plutôt à son histoire, à son patrimoine. Et on apprend beaucoup de choses, aidé par le graphisme sensible et sobre de Franck Biancarelli, qui réalise lui-même ses couleurs, elles aussi sans esbroufe. je ne suis pas toujours convaincu par les visages de ses personnages, mais globalement c'est du beau boulot. Un bel album.
ClanDestine - Réunion de famille
3.5 Une famille de mutants que je ne connaissais pas et qui fut créée par Alan Davis, un auteur que j'aime bien. Il a écrit et dessiné les 8 premiers épisodes puis les 4 numéros suivants eurent d'autres auteurs avant que la série ne soit annulée, rejoignant ainsi les nombreuses séries que Marvel lançait à l'époque et qui moururent au bout de 2-3 ans d'existence (voire moins dans le cas de Clandestine). C'est dommage parce que les numéros faits pas Davis sont excellents (je n'ai pas lu les autres). On retrouve son dessin très classique qui est à la fois élégant et dynamique. Ce tome peut être divisé en deux parties : une longue histoire qui présente cette famille où tout le monde a un pouvoir puis les numéros suivants qui les approfondissent. Le scénario est prenant, les personnages sont attachants (j'aime surtout les jumeaux) et l'humour marche bien. Cette série avait du potentiel et c'est dommage que Davis n'ait pas fait un long run de plusieurs années. J'ai bien envie de lire les autres histoires qu'il a faites mettant en vedette cette famille.
Le Testament du Capitaine Crown
Encore une histoire de pirates me direz-vous... Mais de bonne engeance vous répondrais-je ! Car si ce genre a trop souvent tendance à partir en couille pour se siroter comme un canada dry édulcoré, "Le Testament du Capitaine Crown" tient la marée et fleure bon le rhum qui vous traverse la couenne et ravigote son bonhomme ! Déjà parce que l'histoire concoctée par Tristan Roulot est très bien foutue, et fait parfaitement son boulot sur ces deux tomes. Il a su tirer l'essence des récit du genre pour en garder l'épique, des personnages hauts en couleurs, l'Esprit de l'aventure et les rebondissement inhérents à toute bonne histoire de pirates. Et pour cela, le travail graphique de Patrick Hénaff est plus qu'à la hauteur. Ne serait-ce que pour les trognes des personnages qui composent cette fresque familiale peu banale. Comme disait l'autre, "On choisit ses copains, mais rarement sa famille", et là, on est plutôt servi ! Car notre bon vieux Capitaine Crown n'était à priori pas du genre à faire mentir la maxime des marins "une femme dans chaque port"... sauf que ses rejetons ont de qui tenir, et que le trésor du paternel va aiguiser certaines dents... Bref, tout est là pour nous servir une grande fresque d'aventure où rebondissements et traîtrises vont cimenter un récit auquel on ne pourra que reprocher sa concision. Pas de bâclage non plus, mais un troisième tome aurait je pense permis d'étoffer la psychologie des personnages et de donner un élan supplémentaire à l'ensemble. En tout cas, à lire absolument pour tout amateur du genre.
L'Héritage du Chaos
Nouvelle parution des éditions Sandawe, je suis édinaute de ce volume. Il s'agit d'une reprise de la série "Gueules cassées" qui a vu un volume paraître chez Cléopas mais le second n'a pu se faire à cause de la faillite de l'éditeur. Ici il s'agit du tome 1 retravaillé + le tome 2 dans une intégrale de 96 pages. Séduit par le trait d'Emmanuel Cassier et par la thématique développée (traumatisme de guerre, l'après-guerre...), j'ai investi sur cet album. L'enquête menée par les deux hommes est agréable à suivre avec du rythme et quelques rebondissements mais la fin ouverte risque de décevoir certains. Comme indiqué le trait d'Emmanuel Cassier m'a séduit et les couleurs choisies nous plongent dans l'entre deux guerres. Seul bémol, certains visages au second plan plus rapidement esquissés et qu'un détail ou deux auraient améliorés. Une lecture sympa qui vaut un 3.5/5 mais on ne peut pas mettre de demi. ;-)
Jessica Jones : Alias (Alias)
Alias faisait partie des séries que je voulais lire depuis longtemps. J'aime assez bien lorsque Brian Bendis fait des histoires policières. Cette série est du pur Bendis avec une action lente, de la psychologie et plein de dialogues. Je n'ai rien contre ce style pour ce type d'histoire quoique parfois il abusait un peu au niveau du dialogue. Les histoires sont prenantes, j'aimais bien l'ambiance de film noir et j'aimais bien lorsqu'il y avait d'autres personnages Marvel (c'est d'ailleurs dans cette série que l'Homme Pourpre va devenir vraiment dangereux). En revanche, Jessica Jones m'a laissé indifférent. Je ne l'aime pas, mais je ne la déteste pas. J'ai toujours un peu de difficulté lorsqu'un auteur sort de nulle part un personnage que tous les autres personnages connaissaient alors que les lecteurs ne l'ont jamais vu avant.