Petit à petit je découvre l’œuvre de Marc Antoine Mathieu, sur ce coup là je dois dire que chapeau bas. La toile dans la toile, l’œuvre qui se démultiplie à l'infini, non seulement il fallait oser mais surtout maitriser la chose ; c'est chose faite et de fort belle manière. Le procédé est sensiblement similaire à celui utilisé dans un précédent livre : "3" ".
J'aime beaucoup chez cet auteur sa capacité à vouloir et à faire perdre pied aux lecteurs en l'emmenant vers un abime qui semble sans fond.
Encore une fois le noir et blanc sied à merveille et le dessin d'un abord froid et "carré" recèle énormément de poésie. Cette lecture m'incite oh combien à continuer ma découverte de cet auteur.
La très bonne idée qu’ont eue les auteurs pour marquer les esprits avec cette série, c’est de donner un nom à la tribu des cinq jeunes héros, les « Lulus », en référence au fait que leur prénom de chacun commence par « Lu » : Lucien, Lucas, Luigi, Ludwig et Luce – la fillette qui a perdu ses parents en fuyant l’avancée des Allemands. Mais cette série comporte aussi de nombreuses qualités qui plairont sans aucun doute à tous les jeunes de 7 à 77 ans (Tiens ? Cela faisait un moment que je n’avais pas utilisé cette expression…)
Tout d’abord, sur le plan visuel. Ce n’est pas tant le dessin de Hardoc, très fluide, de tournure semi-réaliste (décors/paysages réalistes et personnages stylisés), et au fond plutôt classique, qui retient l’attention, mais surtout la mise en couleur particulièrement soignée, renforçant de beaucoup le plaisir de lecture.
Quant à l’histoire en elle-même, simple et bien construite, signée de Régis Hautière (Aquablue, Abélard), elle contient les ingrédients contribuant au succès de cette bande dessinée. Nous sommes plongés dans le monde de l’enfance avec des personnages un rien caricaturaux mais attachants, dans un contexte d’aventure sur fond de guerre, mais celle-ci est tenue à distance – la présence de l’occupant nous rappelle qu’elle est bien là, mais on ne voit que rarement les champs de bataille, on devine juste les combats qui font rage dans le lointain. Chaque année de cet horrible conflit faisant l’objet d’un tome, on voit les enfants évoluer, certains en taille, d’autres sur le plan de la pilosité avec une ombre de moustache en plus, tandis que la fillette du groupe voit ses seins pointer pour devenir peu à peu une femme et s’affirmer en tant que telle. Parallèlement aux deux ainés des garçons à la virilité croissante, entre qui va grandir une rivalité pour conquérir le cœur de la belle.
« La Guerre des Lulus », croisement entre « Jeux interdits » et « le Club des Cinq » est donc une œuvre hautement recommandable. Plaidoyer contre la guerre, cette fresque réaliste rappelle aussi comment dans une période sombre et difficile, ce sont peut-être les enfants, avec leur énergie vitale et leur insouciance, qui possèdent le plus cette capacité d’adaptation leur permettant de surmonter les épreuves.
Une chose est sûre, Berserk n’a pas usurpé sa réputation de Saint-Graal de la dark fantasy. Les autres séries ont des allures d’Au pays de Candy en comparaison avec les atrocités se déroulant dans le Midland de Berserk.
Comme cela a été mainte fois répété, mais je vais m’y mettre moi aussi, l’œuvre exutoire de Kentaro Miura raconte grosso modo l’histoire de Guts, un mercenaire hanté par des monstres cauchemardesques et autres créatures démoniaques qui tentent presque chaque nuit de le bouffer ou le buter, et ceci à cause d’une marque maudite sur sa nuque. Comment a-t-il reçu ce stigmate ? Pourquoi ? Quelle est sa quête ? C’est ce que l’on découvre progressivement, lentement et de manière posé durant on va dire la première moitié de la série.
Il y a énormément à dire sur la série, aussi j’essaierai d’aller à l’essentiel de ce que j’en ai retenu. Berserk est une façon d’explorée toute la noirceur de l’âme humaine à travers deux personnages antagonistes : Guts et Griffith. Griffith c’est le gars qui a toutes les apparences du héros de conte de fée, la vie facile et un talent naturel pour attirer les autres à sa cause, avec son charmant physique androgyne il est aimé et désiré aussi bien par la gente masculine que féminine ce qui renforce son côté unificateur. D’une certaine façon il est presque une sorte de prophète ou de Jésus Christ réincarné et c’est le visage que l’auteur nous montre de lui pendant une longue partie de l’intrigue. Mais sous le voile des apparences il y a un monstre tapis sous ce personnage dévoré par l’ambition et qui est prêt à tout les sacrifices pour arrivé à ses fins. Guts représente l’inverse, il a le corps scarifié, homme solitaire et plutôt inabordable, sans trop en révéler sur son passé on peut facilement dire qu’il en a bavé et qu’il a eu une jeunesse des plus merdique. Seulement ce n’est pas un type qui fait dans les faux-semblant, il vous emmerde et le monde entier avec lui, et lorsque tout le monde se met à genoux quand les ténèbres surgissent, lui se tient debout et n’a pas peur d’aller à la charcute. Là où Griffith cherche à changer le monde avec ses fausses utopies génocidaires, Guts se montre sans concession et c’est en cela qu’il est le plus susceptible d’atteindre l’illumination.
Berserk n’est donc pas juste une histoire mettant en scène un personnage ultra bourrin, il y a un vrai propos derrière toute cette violence. Tout cela n’a pas bien l’air folichon mais raconté sur une dizaine de tomes (l’arc Golden Age), on finit par s’attacher aux personnages et la tragédie de fin de cycle apparaît d’autant plus cruelle alors.
Une violence totalement décomplexée et exacerbée par le trait de Kentaro Miura qui place Berserk à la croisée des chemins de l’horreur et de la dark fantasy. Des batailles où on ne nous épargne rien des tripes à l’air et des giclées de sang à gros bouillon, le viol, l’infanticide, inceste, torture de l’inquisition chrétienne, aucune censure ou si peu, juste ce qu’il faut pour ne pas basculer dans le hentaï à tentacule car souvent (tout le temps ? ) c’est vraiment dégueulasse.
Mais il aura fallu du temps à l'auteur pour enfin trouver sa vitesse de croisière et proposer sur la durée des compositions d’un réalisme effroyable. J’entends et je rejoins (en partie) les critiques des lecteurs sur les graphismes des premiers tomes qui ne sont pas super beaux ni bien conté il faut bien le confesser. C’est surtout dommage pour la série car on sait bien l’importance d’accrocher le lecteur dès le début. Surtout que l’on est bombardé dans cet univers froid sans tour de chauffe, bien que cela puisse s’expliquer par le rythme de publication différent au Japon et de l’importance d’aller directement à l’essentiel au début. Il faut bien attendre les tomes 4-5 pour que le dessin se stabilise sur quelques choses de très correct. Mais à mes yeux on commence vraiment à atteindre les sommets à peu prêt vers les tomes 9-10. Et le truc le plus dingue c’est que la qualité ne cesse de s’améliorer depuis.
Toutes ces créatures tour à tour grotesques et gigantesques, ces plans sur la folie du berserk en action sorties de l’imagination de Kentaro Miura sont un nectar de perversité. Perversité dans son sens propre : une attirance, un plaisir presque coupable de regarder quelque chose de malsain. C’est juste génial.
On regrettera par conséquent les défauts qui empêchent à mon sens Berserk de figurer comme roi incontesté et incontestable de la dark fantasy :
- Le dessin je l’ai déjà mentionné qui tarde trop à se sublimer. Trois tomes sur trente-huit actuellement ce n’est pas énorme et loin d’être insurmontable certains rétorqueront, mais l’air de rien cela compte. Après je l’ai dit c’est divin.
- Il est peut être temps aussi que la série se termine non ? Cela commence à faire long et je suis comme tout le monde, j’ai adoré le cycle Golden Age, à peu près du tome 4 au tome 15, un flashback qui revient sur la jeunesse de Guts et son parcours au sein de la compagnie des Faucons. Cycle expliquant le pourquoi du comment et tous les traumas du personnage. J’ai également adoré le cycle de l’inquisition qui va du tome 18 à 20 à peu près qui se boucle sur quelque chose d’apocalyptiquement barbare et sanglant. Après, je n’ai rien contre la suite qui est de bonne facture : il y a une évolution, même si l’ambiance demeure dark fantasy, petit à petit on se rapproche de la high fantasy. Guts formant peu à peu un cercle de compagnon l’aidant dans son combat. Ce changement ne me dérange pas trop (hormis l’humour qui devient lourdingue), déjà que le cycle Golden Age tendait vers l’heroic fantasy… Mais… je ne sais pas, j’ai cette impression qu’on commence sérieusement à tirer en longueur et qu’il est grand temps de boucler la boucle (d’autant plus qu’on pourrait très bien se passer de certains pans de la série) . Casca finira t-elle par enfin retrouver la raison ? (après le 1000ème viol on commence à se lasser). A quand l’ultime rencontre entre Guts et les God Hands et Griffith ? Vite ça urge ! (mais j’apprends qu’on en a encore pour 30 ans paraît-il. Aaaargh!)
PS : une nouvelle adaptation animée est en cours. C’est le moment de se mettre à jour pour ceux qui ne connaissent pas encore le guerrier noir.
À coucher dehors est un des très bons albums de la rentrée, avec un propos pertinent et des personnages très humains.
Amédée et ses copains de galère, Prie-Dieu et La Merguez, vivent sous les ponts dans des tentes “2 secondes” crasseuses. Ils font taches sur les quais de Seine, alors les autorités rêvent de les délocaliser loin du regard des touristes…
Alors que la police s'apprête à les embarquer, Amédée apprend fort opportunément qu'il hérite d'une vieille tante, laquelle lui lègue un pavillon de banlieue. Sauvé de la rue ? voire… car en prime, il doit s'occuper du jeune Nicolas, trisomique passionné par l'espace et admirateur compulsif de Youri Gagarine !
Aurélien Ducoudray est un scénariste touche-à-tout et multigenre (Clichés de Bosnie, Bob Morane Renaissance, Mobutu dans l'espace…). Avec À coucher dehors, il écrit un récit solide, d'apparence simple, mais qui multiple les rebondissements, s'achève sur un bel effet de suspense et laisse traîner quelques interrogations qui donnent furieusement envie de lire la suite.
Surtout, il invente une galerie de personnages attachants, très humains, à la fois compatissants et égoïstes, raisonnables et immatures. Des gens presque ordinaires, que l'on pourrait croiser quotidiennement, mais avec un brin de folie qui leur confère un supplément d'âme romanesque. Ducoudray leur invente ce qu'il faut d'exagération et de cliché pour les rendre intéressants, et il les dépeint avec beaucoup de tendresse, même quand ils incarnent la laideur du monde (l'huissier-commissaire priseur, le flic…).
Peut-être qu'avec des auteurs comme Lupano, il est en train d'inventer la « bande dessinée sociale ». Un ton adulte, mais sans prétention, léger et grave. Ou l'inverse.
Une petite remarque, pour Erik, qui dit préférer Neil Armstrong à Youri Gagarine : le cosmonaute était incontestablement instrumentalisé par la propagande de PCUS, mais son exploit et ses discours ont fait rêver toute une génération ; le voyage vers la Lune d'Armstrong était la réponse du camp capitaliste, tout aussi prompt à dégainer l'idéologie derrière le rêve… Alors Gagarine, pourquoi pas ? Nicolas ne me fait pas l'effet d'être un grand idéologue politique, mais dans sa bouche, les paroles du premier cosmonaute prennent des airs de poésie.
Le dessin léché et expressif d'Anlor, déjà complice de Ducoudray sur l'excellent Amère Russie, participe grandement au charme de cet album. J'aime bien son approche réaliste, avec une pointe de caricature assumée qui donne un vrai caractère aux personnages. Anne-Laure est une auteure qui conquiert ses lettres de noblesse au fil des albums, et devient une des grandes signatures du neuvième art, à suivre absolument.
Je recommande donc chaudement ce premier volume d'un diptyque dont j'attends d'ores et déjà la suite avec impatience.
L'esthétique "rétro-futuriste" semble avoir fait son nid dans le petit monde de la bd franco-belge, "Les trois Fantômes de Tesla" de Richard Marazano et Guilhem en est la plus récente attestation. En effet ce petit bijou des éditions Le Lombard s'imprègne d'une imagerie dite "Dieselpunk", une ramification du Steampunk qui envisage un Entre-deux-Guerres alternatif, avec le plus souvent l'Amérique pour cadre.
L'Amérique justement dans cette BD, on la retrouve en pleine seconde Guerre Mondiale, en 1942. A New York règne une ambiance d'anxiété et de paranoïa. Le Serbo-Américain Nikola Tesla, génie de la science et de la technique, a mystérieusement disparu au moment ou le pays a le plus cruellement besoin de ses services. Des individus en scaphandre, projetant de sinistres lueurs verdâtres, sillonnent les abysses de l'East River pour on ne sait quelle raison. Des espions allemands ? Rien n'est moins sûr. La lointaine guerre du Pacifique charrie des rumeurs de technologies japonaises au potentiel terrifiant, prêtes à être utilisées et pouvant bouleverser les rapports de force. Une série d'assassinats inexplicables secoue la ville de New-York et donne du fil à retordre aux agents du FBI, au premier chef l'inspecteur Kelly qui est sommé d'élucider l'affaire.
Kathleen Cooley, veuve de guerre, emménage avec son fils Travis dans un quartier de Manhattan. Le soir, lorsqu'elle part travailler dans une usine d'armement, le jeune Travis s'encanaille avec les délinquants du coin. Ces derniers le mettent à l'épreuve en lui demandant d'aller livrer à Mr Slate, son voisin taiseux et reclus, un indéchiffrable message codé. Mais de fil en aiguille Travis va découvrir que derrière l'identité de Kaolin Slate se cache quelqu'un d'autre, un personnage qui va partager avec lui des secrets extraordinaires et cruciaux pour l'issue de la guerre.
Pour quelqu'un comme moi fasciné par tout ce qui touche au rétro-futurisme, avec "Les Trois fantômes de Tesla" j'y ai largement trouvé mon compte. Certes cette Bd est clairement un tome d'introduction qui pose tranquillement les bases de l'intrigue mais elle parvient tout de même à glisser quelques révélations qui permettent de densifier l'histoire et d'accrocher le lecteur.
Le style si particulier du Dieselpunk est merveilleusement bien retranscrit grâce au dessin fouillé et réaliste de Guilhem Bec, fourmillant de détails, et grâce à la créativité scénaristique de Marazano.
En mélangeant fiction et réalité historique, dans la plus pure tradition de l'uchronie, il parviennent à nous captiver avec ce New-York des années 40 qui nous parait si familier avec ses gratte-ciel au rutilant style Art-Deco, ses hordes de zeppelins qui circulent entre les nuages, ses enseignes au néon qui éblouissent ses avenues, ses mafiosos crapuleux et sa peur communiste, mais en même temps qui nous parait si étranger et différent avec ses scaphandriers multiglobulaires qui se promènent sous ses détroits, ses créatures arachnides qui se tapissent dans ses recoins, sans parler de ces armadas d'exosquelettes motorisés nippons tout droit sortis d'Evangelion ou de Mobile Suit Gundam qui menacent de la plonger dans une apocalypse de feu et de sang.
J'ai également beaucoup aimé la façon dont ils ont exploité la rivalité entre les deux grands esprits que sont Tesla et Edison. C'est original et ça reflète l'opposition qui a véritablement existé entre les deux hommes, notamment lors de la fameuse "guerre des Courants", opposition industrielle et technique sur le transport et la distribution d'électricité aux Etats-Unis.
Si je devais absolument émettre des critiques ce serait sûrement sur les dialogues que j'ai trouvé trop souvent plats et clichés, et sur le protagoniste qui correspond trop à un modèle archétypal et classique : le gamin surdoué épris de science qui se retrouve plongé dans une aventure impliquant des nouvelles technologies. C'est du déjà-vu et ça m'a immédiatement fait penser au Steamboy d'Ôtomo et au Château des étoiles d'Alex Alice dans un genre plus Steampunk.
Mais c'est à peu près tout. Ce premier épisode des Trois Fantômes de Tesla, qu'on peut considérer comme une sorte de thriller SF, m'a offert une lecture très plaisante et une immersion dans un univers rétro-futuriste que j'affectionne tout particulièrement. En plus et pour ne rien gâcher, la couverture en contre-plongée est franchement superbe, et n'est pas sans rappeler les couvertures majestueuses et théatrales des Blake et Mortimer de Jacobs et les affiches de propagande de guerre soviétiques. Voici là une trilogie au potentiel très prometteur, la suite ne peut pas décevoir avec un début aussi intrigant. C'est peut être l'album à lire de cette rentrée 2016.
Pour tous ceux qui seraient avides d'en découvrir davantage sur le Dieselpunk après la lecture de cette BD je leur conseille de regarder des films comme "Tomorrowland" ou "Capitaine Sky et le monde de demain", qui sont devenus des classiques du genre. Ce sous-genre du rétro-futurisme est apparu récemment et reste assez méconnu mais mérite une plus grande reconnaissance tant son esthétique est singulière.
Marazano et Guilhem on bien vu le filon à exploiter, et quand on observe le résultat on se dit qu'ils ont eu du pif !
Commençons par le commencement, l'objet livre lui même ; superbe, il ne manque qu'un dos toilé et j'aurais été au nirvana. Ça vous a un air de La Guerre des Mondes de Wells du plus bel effet, avec en plus ces éclairs d'or qui jaillissent d'un Empire state building, rajoutez à cela le discret mais présent petit drapeau japonais présent sur ces machines que l'on suppose d'être tout sauf amicales.
Ça c'est l'emballage, magnifique donc, et disons le d'emblée l'intérieur n'est pas mal non plus. c'est bien sur un premier tome et le scénariste Marazano nous laisse sur notre faim bien que nous ayant distillé au compte goutte plusieurs informations qui laissent le lecteur brulant de connaitre la suite.
Plus que du dessin en lui même que je trouve plus que bon j'aimerais parler de l'ambiance qu'il crée, est ce lié au récit parfois anxiogène ( cf l'intérieur de l'immeuble ou le jeune ou le jeune Travis et sa mère logent, ces longs paliers sombres ) Je n'ai pu que penser à du Will Eisner. Dans tous les cas la colorisation aussi possède une place importante, pas du sépia mais un aspect un peu jauni, tout du long on se croirait dans un vieux film de la Hammer. Personnellement j'ai beaucoup aimé.
Bien que cela soit un tome introductif, les choses avancent d'un bon pas, au passage bonne idée ces faux articles de presse en début et fin d'ouvrage, et sur ce coup là les auteurs font mieux que nous appâter si j'en crois les avis précédents nous n'attendons qu'une chose : la suite
Achat conseillé, je me dit que la suite ne peut être que du même tonneau, on ne peut pas se gaufrer à ce point là.
J'ai lu le roman avant la BD.
Le roman est en réalité partie d'une saga de Michel Folco.
Je vous conseille très très fortement cette saga: tout y est vraiment savoureux.
La BD est assez fidèle à l'esprit des livres, j'aurais cependant vraiment apprécié un ouvrage plus long, plus étoffé, moins "expédié", afin que l'univers décrit par Folco soit mieux mis en valeur.
Enfin j'ai pu lire une histoire tirée de l'univers d'Astro City, une série que plusieurs considère comme le chef-d'oeuvre de Kurt Busiek.
Cet arc met en vedette un ancien super-vilain qui essaie de mener une vie normale après être sorti de prison et qui va se retrouver à enquêter sur le meurtre de plusieurs vilains. C'est vrai que ça peut faire penser à Watchmen. Le récit est lent et Busiek prend son temps pour développer la psychologie des personnages. Le fait qu'on voit surtout des super-vilains rend le scénario assez original. L'histoire est prenante et intelligente et les personnages sont attachants.
Un bon album qui me donne envie de lire le reste de la série.
Cet album est un bon mélange d'humour con, d'humour absurde à la Monty Python et d'un zeste de satire sociale. Il joue aussi sur le support puisqu'il considère le métier d'auteur de BD comme l'un des éléments clés de son intrigue et de son humour.
Le dessin diffère de celui auquel Fabcaro m'avait habitué qui est dans la veine du franco-belge humoristique. Il est ici plus proche du trait faussement réaliste de Ruppert, Mulot ou Bastien Vivès. Ce n'est pas un style qui me plait tellement mais il fonctionne bien avec l'humour absurde et un peu pince-sans-rire.
J'avais un peu peur que les gags finissent par se ressembler et que la bonne idée initiale se délite au fil des pages et que ce soit de moins en moins drôle. Mais l'auteur réussit à garder un niveau assez constant en variant les types d'humour et en distillant de nombreuses bonnes idées.
Bref, j'ai ri et j'ai continué à rire.
Avis après lecture du premier tome. Une série qui commence plutôt bien.
On a donc une orpheline doublée d'une sorcière très puissante embarqué dans une aventure et une intrigue policière dévoilant son passé (ou au moins une partie). L'histoire est plaisant et se laisse suivre malgré quelques raccourcis. Certains éléments dévoilés notamment en fin d'album relance bien l'intrigue et me donnent envie de lire le tome 2
Le dessin de Chrystel m'a poussé à l'achat tant au niveau du dessin que des couleurs et c'est une vraie découverte.
J'attends de lire le tome 2 et la sortie du 3 pour confirmer ma note
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Le Dessin
Petit à petit je découvre l’œuvre de Marc Antoine Mathieu, sur ce coup là je dois dire que chapeau bas. La toile dans la toile, l’œuvre qui se démultiplie à l'infini, non seulement il fallait oser mais surtout maitriser la chose ; c'est chose faite et de fort belle manière. Le procédé est sensiblement similaire à celui utilisé dans un précédent livre : "3" ". J'aime beaucoup chez cet auteur sa capacité à vouloir et à faire perdre pied aux lecteurs en l'emmenant vers un abime qui semble sans fond. Encore une fois le noir et blanc sied à merveille et le dessin d'un abord froid et "carré" recèle énormément de poésie. Cette lecture m'incite oh combien à continuer ma découverte de cet auteur.
La Guerre des Lulus
La très bonne idée qu’ont eue les auteurs pour marquer les esprits avec cette série, c’est de donner un nom à la tribu des cinq jeunes héros, les « Lulus », en référence au fait que leur prénom de chacun commence par « Lu » : Lucien, Lucas, Luigi, Ludwig et Luce – la fillette qui a perdu ses parents en fuyant l’avancée des Allemands. Mais cette série comporte aussi de nombreuses qualités qui plairont sans aucun doute à tous les jeunes de 7 à 77 ans (Tiens ? Cela faisait un moment que je n’avais pas utilisé cette expression…) Tout d’abord, sur le plan visuel. Ce n’est pas tant le dessin de Hardoc, très fluide, de tournure semi-réaliste (décors/paysages réalistes et personnages stylisés), et au fond plutôt classique, qui retient l’attention, mais surtout la mise en couleur particulièrement soignée, renforçant de beaucoup le plaisir de lecture. Quant à l’histoire en elle-même, simple et bien construite, signée de Régis Hautière (Aquablue, Abélard), elle contient les ingrédients contribuant au succès de cette bande dessinée. Nous sommes plongés dans le monde de l’enfance avec des personnages un rien caricaturaux mais attachants, dans un contexte d’aventure sur fond de guerre, mais celle-ci est tenue à distance – la présence de l’occupant nous rappelle qu’elle est bien là, mais on ne voit que rarement les champs de bataille, on devine juste les combats qui font rage dans le lointain. Chaque année de cet horrible conflit faisant l’objet d’un tome, on voit les enfants évoluer, certains en taille, d’autres sur le plan de la pilosité avec une ombre de moustache en plus, tandis que la fillette du groupe voit ses seins pointer pour devenir peu à peu une femme et s’affirmer en tant que telle. Parallèlement aux deux ainés des garçons à la virilité croissante, entre qui va grandir une rivalité pour conquérir le cœur de la belle. « La Guerre des Lulus », croisement entre « Jeux interdits » et « le Club des Cinq » est donc une œuvre hautement recommandable. Plaidoyer contre la guerre, cette fresque réaliste rappelle aussi comment dans une période sombre et difficile, ce sont peut-être les enfants, avec leur énergie vitale et leur insouciance, qui possèdent le plus cette capacité d’adaptation leur permettant de surmonter les épreuves.
Berserk
Une chose est sûre, Berserk n’a pas usurpé sa réputation de Saint-Graal de la dark fantasy. Les autres séries ont des allures d’Au pays de Candy en comparaison avec les atrocités se déroulant dans le Midland de Berserk. Comme cela a été mainte fois répété, mais je vais m’y mettre moi aussi, l’œuvre exutoire de Kentaro Miura raconte grosso modo l’histoire de Guts, un mercenaire hanté par des monstres cauchemardesques et autres créatures démoniaques qui tentent presque chaque nuit de le bouffer ou le buter, et ceci à cause d’une marque maudite sur sa nuque. Comment a-t-il reçu ce stigmate ? Pourquoi ? Quelle est sa quête ? C’est ce que l’on découvre progressivement, lentement et de manière posé durant on va dire la première moitié de la série. Il y a énormément à dire sur la série, aussi j’essaierai d’aller à l’essentiel de ce que j’en ai retenu. Berserk est une façon d’explorée toute la noirceur de l’âme humaine à travers deux personnages antagonistes : Guts et Griffith. Griffith c’est le gars qui a toutes les apparences du héros de conte de fée, la vie facile et un talent naturel pour attirer les autres à sa cause, avec son charmant physique androgyne il est aimé et désiré aussi bien par la gente masculine que féminine ce qui renforce son côté unificateur. D’une certaine façon il est presque une sorte de prophète ou de Jésus Christ réincarné et c’est le visage que l’auteur nous montre de lui pendant une longue partie de l’intrigue. Mais sous le voile des apparences il y a un monstre tapis sous ce personnage dévoré par l’ambition et qui est prêt à tout les sacrifices pour arrivé à ses fins. Guts représente l’inverse, il a le corps scarifié, homme solitaire et plutôt inabordable, sans trop en révéler sur son passé on peut facilement dire qu’il en a bavé et qu’il a eu une jeunesse des plus merdique. Seulement ce n’est pas un type qui fait dans les faux-semblant, il vous emmerde et le monde entier avec lui, et lorsque tout le monde se met à genoux quand les ténèbres surgissent, lui se tient debout et n’a pas peur d’aller à la charcute. Là où Griffith cherche à changer le monde avec ses fausses utopies génocidaires, Guts se montre sans concession et c’est en cela qu’il est le plus susceptible d’atteindre l’illumination. Berserk n’est donc pas juste une histoire mettant en scène un personnage ultra bourrin, il y a un vrai propos derrière toute cette violence. Tout cela n’a pas bien l’air folichon mais raconté sur une dizaine de tomes (l’arc Golden Age), on finit par s’attacher aux personnages et la tragédie de fin de cycle apparaît d’autant plus cruelle alors. Une violence totalement décomplexée et exacerbée par le trait de Kentaro Miura qui place Berserk à la croisée des chemins de l’horreur et de la dark fantasy. Des batailles où on ne nous épargne rien des tripes à l’air et des giclées de sang à gros bouillon, le viol, l’infanticide, inceste, torture de l’inquisition chrétienne, aucune censure ou si peu, juste ce qu’il faut pour ne pas basculer dans le hentaï à tentacule car souvent (tout le temps ? ) c’est vraiment dégueulasse. Mais il aura fallu du temps à l'auteur pour enfin trouver sa vitesse de croisière et proposer sur la durée des compositions d’un réalisme effroyable. J’entends et je rejoins (en partie) les critiques des lecteurs sur les graphismes des premiers tomes qui ne sont pas super beaux ni bien conté il faut bien le confesser. C’est surtout dommage pour la série car on sait bien l’importance d’accrocher le lecteur dès le début. Surtout que l’on est bombardé dans cet univers froid sans tour de chauffe, bien que cela puisse s’expliquer par le rythme de publication différent au Japon et de l’importance d’aller directement à l’essentiel au début. Il faut bien attendre les tomes 4-5 pour que le dessin se stabilise sur quelques choses de très correct. Mais à mes yeux on commence vraiment à atteindre les sommets à peu prêt vers les tomes 9-10. Et le truc le plus dingue c’est que la qualité ne cesse de s’améliorer depuis. Toutes ces créatures tour à tour grotesques et gigantesques, ces plans sur la folie du berserk en action sorties de l’imagination de Kentaro Miura sont un nectar de perversité. Perversité dans son sens propre : une attirance, un plaisir presque coupable de regarder quelque chose de malsain. C’est juste génial. On regrettera par conséquent les défauts qui empêchent à mon sens Berserk de figurer comme roi incontesté et incontestable de la dark fantasy : - Le dessin je l’ai déjà mentionné qui tarde trop à se sublimer. Trois tomes sur trente-huit actuellement ce n’est pas énorme et loin d’être insurmontable certains rétorqueront, mais l’air de rien cela compte. Après je l’ai dit c’est divin. - Il est peut être temps aussi que la série se termine non ? Cela commence à faire long et je suis comme tout le monde, j’ai adoré le cycle Golden Age, à peu près du tome 4 au tome 15, un flashback qui revient sur la jeunesse de Guts et son parcours au sein de la compagnie des Faucons. Cycle expliquant le pourquoi du comment et tous les traumas du personnage. J’ai également adoré le cycle de l’inquisition qui va du tome 18 à 20 à peu près qui se boucle sur quelque chose d’apocalyptiquement barbare et sanglant. Après, je n’ai rien contre la suite qui est de bonne facture : il y a une évolution, même si l’ambiance demeure dark fantasy, petit à petit on se rapproche de la high fantasy. Guts formant peu à peu un cercle de compagnon l’aidant dans son combat. Ce changement ne me dérange pas trop (hormis l’humour qui devient lourdingue), déjà que le cycle Golden Age tendait vers l’heroic fantasy… Mais… je ne sais pas, j’ai cette impression qu’on commence sérieusement à tirer en longueur et qu’il est grand temps de boucler la boucle (d’autant plus qu’on pourrait très bien se passer de certains pans de la série) . Casca finira t-elle par enfin retrouver la raison ? (après le 1000ème viol on commence à se lasser). A quand l’ultime rencontre entre Guts et les God Hands et Griffith ? Vite ça urge ! (mais j’apprends qu’on en a encore pour 30 ans paraît-il. Aaaargh!) PS : une nouvelle adaptation animée est en cours. C’est le moment de se mettre à jour pour ceux qui ne connaissent pas encore le guerrier noir.
À coucher dehors
À coucher dehors est un des très bons albums de la rentrée, avec un propos pertinent et des personnages très humains. Amédée et ses copains de galère, Prie-Dieu et La Merguez, vivent sous les ponts dans des tentes “2 secondes” crasseuses. Ils font taches sur les quais de Seine, alors les autorités rêvent de les délocaliser loin du regard des touristes… Alors que la police s'apprête à les embarquer, Amédée apprend fort opportunément qu'il hérite d'une vieille tante, laquelle lui lègue un pavillon de banlieue. Sauvé de la rue ? voire… car en prime, il doit s'occuper du jeune Nicolas, trisomique passionné par l'espace et admirateur compulsif de Youri Gagarine ! Aurélien Ducoudray est un scénariste touche-à-tout et multigenre (Clichés de Bosnie, Bob Morane Renaissance, Mobutu dans l'espace…). Avec À coucher dehors, il écrit un récit solide, d'apparence simple, mais qui multiple les rebondissements, s'achève sur un bel effet de suspense et laisse traîner quelques interrogations qui donnent furieusement envie de lire la suite. Surtout, il invente une galerie de personnages attachants, très humains, à la fois compatissants et égoïstes, raisonnables et immatures. Des gens presque ordinaires, que l'on pourrait croiser quotidiennement, mais avec un brin de folie qui leur confère un supplément d'âme romanesque. Ducoudray leur invente ce qu'il faut d'exagération et de cliché pour les rendre intéressants, et il les dépeint avec beaucoup de tendresse, même quand ils incarnent la laideur du monde (l'huissier-commissaire priseur, le flic…). Peut-être qu'avec des auteurs comme Lupano, il est en train d'inventer la « bande dessinée sociale ». Un ton adulte, mais sans prétention, léger et grave. Ou l'inverse. Une petite remarque, pour Erik, qui dit préférer Neil Armstrong à Youri Gagarine : le cosmonaute était incontestablement instrumentalisé par la propagande de PCUS, mais son exploit et ses discours ont fait rêver toute une génération ; le voyage vers la Lune d'Armstrong était la réponse du camp capitaliste, tout aussi prompt à dégainer l'idéologie derrière le rêve… Alors Gagarine, pourquoi pas ? Nicolas ne me fait pas l'effet d'être un grand idéologue politique, mais dans sa bouche, les paroles du premier cosmonaute prennent des airs de poésie. Le dessin léché et expressif d'Anlor, déjà complice de Ducoudray sur l'excellent Amère Russie, participe grandement au charme de cet album. J'aime bien son approche réaliste, avec une pointe de caricature assumée qui donne un vrai caractère aux personnages. Anne-Laure est une auteure qui conquiert ses lettres de noblesse au fil des albums, et devient une des grandes signatures du neuvième art, à suivre absolument. Je recommande donc chaudement ce premier volume d'un diptyque dont j'attends d'ores et déjà la suite avec impatience.
Les Trois Fantômes de Tesla
L'esthétique "rétro-futuriste" semble avoir fait son nid dans le petit monde de la bd franco-belge, "Les trois Fantômes de Tesla" de Richard Marazano et Guilhem en est la plus récente attestation. En effet ce petit bijou des éditions Le Lombard s'imprègne d'une imagerie dite "Dieselpunk", une ramification du Steampunk qui envisage un Entre-deux-Guerres alternatif, avec le plus souvent l'Amérique pour cadre. L'Amérique justement dans cette BD, on la retrouve en pleine seconde Guerre Mondiale, en 1942. A New York règne une ambiance d'anxiété et de paranoïa. Le Serbo-Américain Nikola Tesla, génie de la science et de la technique, a mystérieusement disparu au moment ou le pays a le plus cruellement besoin de ses services. Des individus en scaphandre, projetant de sinistres lueurs verdâtres, sillonnent les abysses de l'East River pour on ne sait quelle raison. Des espions allemands ? Rien n'est moins sûr. La lointaine guerre du Pacifique charrie des rumeurs de technologies japonaises au potentiel terrifiant, prêtes à être utilisées et pouvant bouleverser les rapports de force. Une série d'assassinats inexplicables secoue la ville de New-York et donne du fil à retordre aux agents du FBI, au premier chef l'inspecteur Kelly qui est sommé d'élucider l'affaire. Kathleen Cooley, veuve de guerre, emménage avec son fils Travis dans un quartier de Manhattan. Le soir, lorsqu'elle part travailler dans une usine d'armement, le jeune Travis s'encanaille avec les délinquants du coin. Ces derniers le mettent à l'épreuve en lui demandant d'aller livrer à Mr Slate, son voisin taiseux et reclus, un indéchiffrable message codé. Mais de fil en aiguille Travis va découvrir que derrière l'identité de Kaolin Slate se cache quelqu'un d'autre, un personnage qui va partager avec lui des secrets extraordinaires et cruciaux pour l'issue de la guerre. Pour quelqu'un comme moi fasciné par tout ce qui touche au rétro-futurisme, avec "Les Trois fantômes de Tesla" j'y ai largement trouvé mon compte. Certes cette Bd est clairement un tome d'introduction qui pose tranquillement les bases de l'intrigue mais elle parvient tout de même à glisser quelques révélations qui permettent de densifier l'histoire et d'accrocher le lecteur. Le style si particulier du Dieselpunk est merveilleusement bien retranscrit grâce au dessin fouillé et réaliste de Guilhem Bec, fourmillant de détails, et grâce à la créativité scénaristique de Marazano. En mélangeant fiction et réalité historique, dans la plus pure tradition de l'uchronie, il parviennent à nous captiver avec ce New-York des années 40 qui nous parait si familier avec ses gratte-ciel au rutilant style Art-Deco, ses hordes de zeppelins qui circulent entre les nuages, ses enseignes au néon qui éblouissent ses avenues, ses mafiosos crapuleux et sa peur communiste, mais en même temps qui nous parait si étranger et différent avec ses scaphandriers multiglobulaires qui se promènent sous ses détroits, ses créatures arachnides qui se tapissent dans ses recoins, sans parler de ces armadas d'exosquelettes motorisés nippons tout droit sortis d'Evangelion ou de Mobile Suit Gundam qui menacent de la plonger dans une apocalypse de feu et de sang. J'ai également beaucoup aimé la façon dont ils ont exploité la rivalité entre les deux grands esprits que sont Tesla et Edison. C'est original et ça reflète l'opposition qui a véritablement existé entre les deux hommes, notamment lors de la fameuse "guerre des Courants", opposition industrielle et technique sur le transport et la distribution d'électricité aux Etats-Unis. Si je devais absolument émettre des critiques ce serait sûrement sur les dialogues que j'ai trouvé trop souvent plats et clichés, et sur le protagoniste qui correspond trop à un modèle archétypal et classique : le gamin surdoué épris de science qui se retrouve plongé dans une aventure impliquant des nouvelles technologies. C'est du déjà-vu et ça m'a immédiatement fait penser au Steamboy d'Ôtomo et au Château des étoiles d'Alex Alice dans un genre plus Steampunk. Mais c'est à peu près tout. Ce premier épisode des Trois Fantômes de Tesla, qu'on peut considérer comme une sorte de thriller SF, m'a offert une lecture très plaisante et une immersion dans un univers rétro-futuriste que j'affectionne tout particulièrement. En plus et pour ne rien gâcher, la couverture en contre-plongée est franchement superbe, et n'est pas sans rappeler les couvertures majestueuses et théatrales des Blake et Mortimer de Jacobs et les affiches de propagande de guerre soviétiques. Voici là une trilogie au potentiel très prometteur, la suite ne peut pas décevoir avec un début aussi intrigant. C'est peut être l'album à lire de cette rentrée 2016. Pour tous ceux qui seraient avides d'en découvrir davantage sur le Dieselpunk après la lecture de cette BD je leur conseille de regarder des films comme "Tomorrowland" ou "Capitaine Sky et le monde de demain", qui sont devenus des classiques du genre. Ce sous-genre du rétro-futurisme est apparu récemment et reste assez méconnu mais mérite une plus grande reconnaissance tant son esthétique est singulière. Marazano et Guilhem on bien vu le filon à exploiter, et quand on observe le résultat on se dit qu'ils ont eu du pif !
Les Trois Fantômes de Tesla
Commençons par le commencement, l'objet livre lui même ; superbe, il ne manque qu'un dos toilé et j'aurais été au nirvana. Ça vous a un air de La Guerre des Mondes de Wells du plus bel effet, avec en plus ces éclairs d'or qui jaillissent d'un Empire state building, rajoutez à cela le discret mais présent petit drapeau japonais présent sur ces machines que l'on suppose d'être tout sauf amicales. Ça c'est l'emballage, magnifique donc, et disons le d'emblée l'intérieur n'est pas mal non plus. c'est bien sur un premier tome et le scénariste Marazano nous laisse sur notre faim bien que nous ayant distillé au compte goutte plusieurs informations qui laissent le lecteur brulant de connaitre la suite. Plus que du dessin en lui même que je trouve plus que bon j'aimerais parler de l'ambiance qu'il crée, est ce lié au récit parfois anxiogène ( cf l'intérieur de l'immeuble ou le jeune ou le jeune Travis et sa mère logent, ces longs paliers sombres ) Je n'ai pu que penser à du Will Eisner. Dans tous les cas la colorisation aussi possède une place importante, pas du sépia mais un aspect un peu jauni, tout du long on se croirait dans un vieux film de la Hammer. Personnellement j'ai beaucoup aimé. Bien que cela soit un tome introductif, les choses avancent d'un bon pas, au passage bonne idée ces faux articles de presse en début et fin d'ouvrage, et sur ce coup là les auteurs font mieux que nous appâter si j'en crois les avis précédents nous n'attendons qu'une chose : la suite Achat conseillé, je me dit que la suite ne peut être que du même tonneau, on ne peut pas se gaufrer à ce point là.
Un loup est un loup
J'ai lu le roman avant la BD. Le roman est en réalité partie d'une saga de Michel Folco. Je vous conseille très très fortement cette saga: tout y est vraiment savoureux. La BD est assez fidèle à l'esprit des livres, j'aurais cependant vraiment apprécié un ouvrage plus long, plus étoffé, moins "expédié", afin que l'univers décrit par Folco soit mieux mis en valeur.
Astro City - Des ailes de plomb
Enfin j'ai pu lire une histoire tirée de l'univers d'Astro City, une série que plusieurs considère comme le chef-d'oeuvre de Kurt Busiek. Cet arc met en vedette un ancien super-vilain qui essaie de mener une vie normale après être sorti de prison et qui va se retrouver à enquêter sur le meurtre de plusieurs vilains. C'est vrai que ça peut faire penser à Watchmen. Le récit est lent et Busiek prend son temps pour développer la psychologie des personnages. Le fait qu'on voit surtout des super-vilains rend le scénario assez original. L'histoire est prenante et intelligente et les personnages sont attachants. Un bon album qui me donne envie de lire le reste de la série.
Zaï Zaï Zaï Zaï
Cet album est un bon mélange d'humour con, d'humour absurde à la Monty Python et d'un zeste de satire sociale. Il joue aussi sur le support puisqu'il considère le métier d'auteur de BD comme l'un des éléments clés de son intrigue et de son humour. Le dessin diffère de celui auquel Fabcaro m'avait habitué qui est dans la veine du franco-belge humoristique. Il est ici plus proche du trait faussement réaliste de Ruppert, Mulot ou Bastien Vivès. Ce n'est pas un style qui me plait tellement mais il fonctionne bien avec l'humour absurde et un peu pince-sans-rire. J'avais un peu peur que les gags finissent par se ressembler et que la bonne idée initiale se délite au fil des pages et que ce soit de moins en moins drôle. Mais l'auteur réussit à garder un niveau assez constant en variant les types d'humour et en distillant de nombreuses bonnes idées. Bref, j'ai ri et j'ai continué à rire.
Magda Ikklepotts
Avis après lecture du premier tome. Une série qui commence plutôt bien. On a donc une orpheline doublée d'une sorcière très puissante embarqué dans une aventure et une intrigue policière dévoilant son passé (ou au moins une partie). L'histoire est plaisant et se laisse suivre malgré quelques raccourcis. Certains éléments dévoilés notamment en fin d'album relance bien l'intrigue et me donnent envie de lire le tome 2 Le dessin de Chrystel m'a poussé à l'achat tant au niveau du dessin que des couleurs et c'est une vraie découverte. J'attends de lire le tome 2 et la sortie du 3 pour confirmer ma note