Mathieu Reynès se la joue en solo avec cette nouvelle série fantastique, et ma fois cela lui réussit plutôt très bien. J'avais déjà apprécié son talent dans La Mémoire de l'eau et La Peur Géante où il se contentait du dessin, et c'est encore dans un registre différent qu'il s'illustre cette fois-ci au dessin et au scénario.
"Harmony" nous propulse dans la vie d'une jeune ados paumée qui se réveille sans aucun souvenirs. Enlevée ? Séquestrée ? Malade ? C'est petit à petit que les écheveaux de ce mystère vont se démêler... tout en complexifiant le scénario au fil des deux albums parus à ce jour.
C'est franchement prenant, la tension narrative est des plus efficace et j'ai dévoré ces deux tomes ! Le dessin dynamique et semi-réaliste de Mathieu Reynès fait merveille et ses découpages bien sentis donnent au récit toute la vigueur nécessaire à ce genre d'histoire.
Alors, en attendant de voir comment tout cela se finira, je ne peux pour l'instant que vous conseiller la lecture de cette série qui a démarré sur les chapeaux de roue !
Encore une bonne surprise en jeunesse avec cette série que je ne découvre que maintenant Sorti en septembre 2015, le tome 1 pose les bases d'un récit d'aventure urbain contemporain où le fantastique s'invite tranquillement mais sûrement pour nous entrainer dans les sombres recoins du métro parisien grâce à la curiosité de notre jeune héroïne Ninn.
Jean-Michel Darlot a en effet très bien construit son récit, qui, s'il n'a rien de révolutionnaire en soi, fonctionne très bien grâce à un personnage principal très attachant, des mystères plein de surprises, et ce métro parisien qui devient presque un personnage en soi.
Ajoutez à ce la le dessin très réussi de Johan Pilet qui donne vraiment vie à cette jeune Ninn trépidante, dans un Paris actuel très bien rendu et tout cela prend corps de façon naturelle pour nous offrir un moment de lecture tout en fraicheur, en dynamisme et plein d'aventure pour notre plus grand plaisir !
Une série que je recommande chaudement et dont j’attends impatiemment la suite !
Et le Diable raconta...
Les péchés capitaux, les jours de la semaine, les continents, les sacrements... Le nombre sept est profondément ancré dans la culture et les traditions européennes. Il a ainsi fallu sept journées à Dieu pour modeler le monde. Mais que s'est-il passé le jour d'après ? C'est à cette question que répond Daniel Torres dans Le huitième jour !
Nous connaissons l’anecdote... Le premier jour, Dieu dit « Que la lumière soit ! » et la lumière fut. Constatant le néant qui l'entourait, il conçut le Ciel, la Terre et les océans. Le deuxième jour, il ajouta les étoiles, le suivant, les végétaux. Le quatrième jour, il dessina le Soleil et la Lune. Le cinquième, il donna vie aux animaux et le sixième à l'Homme. Enfin, il finit son œuvre en sanctifiant le septième d'un repos bien mérité ! Mais, n'ayant plus rien à accomplir, il commença à s'ennuyer... Pour se divertir, il créa donc le Diable, et lui imposa de raconter, chaque jour, une histoire. Ce fut le huitième jour.
Cette intégrale, compilation des deux tomes édités par Casterman en 1993 et 1997, présente huit nouvelles graphiques : La ville en flammes, sur fond de magouilles financières et d'appât du gain ; Les rois, questionnements sur la survie de l'espèce à travers l'anthropomorphisme ; Le cœur fugitif, évoquant progrès social et machinisme ; Le pirate terrible, s'enfonçant sur les mers où les plus atroces truands font régner la terreur ; Noir est l'hiver, influencé par les légendes et la littérature chinoises ; La ballade de Rose De España, western dans un décor de théâtre ; La peau du chasseur, huis clos dans l'univers de la taxidermie et Pictura est, basé sur les scissions entre religion et inquisition.
Un concept original, où l'auteur se joue constamment des codes, que ce soit dans la forme ou dans le fond. D'abord, en axant son propos sur le chiffre huit qui, comme une boucle, revient toujours, du début du premier récit, le huitième jour, à la fin du dernier... qui est le huitième, avant de se répéter... Ensuite, dans le choix que Dieu, après avoir fondé un monde parfait, équilibré et d’une grande beauté, se délecte de drames racontés d’un ton critique, cynique et teinté d’humour noir par son alter ego maléfique. Divers thèmes sont développés et trouvent tous une issue funeste : assassinats, cataclysmes, guerres, exterminations, violence, tortures, ostracisme, batailles...
Graphiquement, Daniel Torres s'ancre dans la tradition de la ligne claire. Il se démarque par un traitement intelligent de la colorisation qui facilite la lecture : utilisation de dégradés de gris dès que les deux protagonistes digressent et de couleurs lorsque l'on entre dans l’histoire contée par le Diable. Là encore, la nuance est intéressante pour séparer le fil du récit des bonds faits par le narrateur dans le temps, ainsi que pour différencier les interlocuteurs dans les bulles.
Indéniablement, cette bande dessinée n'a rien perdu de son efficacité ! Le lecteur se prend vite au jeu et, à l'instar de Dieu, attend impatiemment la nouvelle intrigue de Satan... À lire ou à relire !
3.5
Je ne connaissais pas du tout le film et j'ai lu ce manga juste pour le dessinateur que j'aime bien. J'étais donc surpris au début lorsque le héros recommence la journée où il est mort à l'infini. Je pensais que ça serait juste une bête histoire de science-fiction où des humains affrontent des extraterrestres.
L'histoire est très agréable à lire. Il y a des rebondissements qui font en sorte que je réussis à garder mon intérêt tout le long des 2 tomes même si le scénario peut sembler un peu répétitif au début vu que le héros vit la même journée encore et encore. Il faut dire qu'il y a une révélation qui apporte du changement dans le scénario. Le dessin est agréable.
Ahhh ba voilà ! Ça fait plaisir de tomber sur un aussi bon album de SF pour finir l'année en beauté !
J'avais découvert Mathieu Bablet par le biais de la série "Doggy bags" également éditée chez Ankama, et j'avais déjà fort apprécié son travail ainsi que son coup de crayon si particulier. Certains lui reprocherons ses personnages un peu taillés à coup de serpe, mais moi j'aime bien ce côté singulier qui donne de la personnalité à son dessin. Surtout qu'ici, ses personnages évoluent dans des décors magnifiques qui donnent toute l'ampleur nécessaire à son récit.
Car oui, Mathieu Bablet nous sort ici le grand jeu pour un récit de science fiction qui ne ferait pas rougir les plus grands du genre. Et malgré quelques menus défauts qu'on pourra qualifier de jeunesse, cet album est une vrai réussite ! Oui, certains aspects de son scénarios peuvent sembler un peu trop appuyés par moment (je pense ici au côté société de (sur)consommation surtout), mais le reste est tellement bien construit qu'on oublie rapidement ces quelques aspérités.
J'ai pour ma part dévoré cet album et avalé ces 220 pages d'une traite ! Avec maintenant une seule envie, replonger dedans pour en apprécier les subtilités. Un album qui m'a par ailleurs rappeler un roman de Alain Damasio, "La zone du dehors", pour sa très bonne réflexion sur la révolte, la rébellion et jusqu'où l'engagement contestataire peut conduire, avec les manipulations politiques et les récupérations possibles.
Shangri-La constitue pour tout cela un des meilleur album SF qu'il m'est été donné de lire cette année. Un album à lire pour tout amateur du genre qui se respecte !
C’est une série jeunesse, et je crois qu’il faut tenir compte de ce détail pour l’évaluer (ceci dit pour l’histoire en elle-même, pas forcément extraordinaire). Une série jeunesse, mais cela amène deux remarques.
D’abord, certains jeunes lecteurs auront peut-être du mal à suivre l’intrigue se déroulant sur plusieurs plans en même temps (surtout à partir du moment où les croisements, les interactions se multiplient).
Ensuite, point plus positif, c’est une série qui peut tout à fait plaire à tout le monde, y compris à un lectorat adulte – j’en suis la preuve !
Trondheim est depuis longtemps adepte d’histoires à contrainte, et il réussit ici quelque chose de sympa – d’ailleurs officiellement « adoubée » par l’oubapo. Le principe a aussi été utilisé par le duo d’Enfin libre pour leur très bon album Le Fluink. Sauf qu’ici Trondheim complexifie un peu les choses en faisant se croiser les différents « chemins » et donc les personnages plus souvent que dans Le Fluink, où cela n’intervenait surtout qu’à la fin de l’album.
Histoire gentille, certes, mais pas inintéressante, avec des personnages typés (jeune lectorat oblige) que l’on suit avec plaisir. Il est vrai davantage dans le premier tome, que j’ai trouvé bien meilleur. Ajoutons que le dessin de Sergio Garcia est lui aussi sympa, un peu désuet, très « album enfantin », n’hésitant pas à charger les décors d’objets, d’animaux divers, autour des pérégrinations des personnages.
3.5
Je n'ai jamais été un gros fan d'Astro Boy, le personnage fétiche de Tezuka. Les meilleures histoires que j'ai lues de lui étaient sympathiques au moins. Cela s'adressait vraiment aux enfants et j'étais un peu trop vieux lorsque j'ai lu commencé à lire cette série pour vraiment apprécier. J'ai de meilleurs souvenirs de l'anime de 2003 qui avait un ton plus sérieux et que je regardais à la télé.
J'ai tout de même lu cette série par curiosité et j'ai été vraiment surpris de trouver le scénario si prenant. On suit les professeurs Tenma et Ochanomizu lorsqu'ils étaient étudiants et commençaient à fabriquer des robots. Le scénario est bien fait. Les personnages sont attachants et on retrouve le monde futuriste de Tezuka, mais sans la naïveté qu'on retrouvait dans Astro Boy ce qui me fait plus apprécier cet univers. Le dessin est vraiment bon, on dirait un mélange du style de Tezuka et d'un style plus moderne. On reconnait facilement les personnages de Tezuka même s'ils sont dessinés de manière différente.
J'ai bien aimé lire ces deux tomes et j'attends la suite avec impatience.
Je viens de relire l’intégrale de ce premier cycle et je peux dire que j’adore toujours autant cette série. Léo a réussi à créer un monde aussi riche qu’original. Le travail sur la faune, la flore et les paysages d’Aldébaran est incroyablement soigné et créatif. L’auteur arrive tout de suite à immerger son lecteur dans cet univers SF absolument unique. Le talent graphique de Léo y est évidemment pour beaucoup. Visuellement, c’est superbe, même si le style très « classique » pourrait de prime abord rebuter un petit peu.
La seconde grande réussite d’Aldébaran est bien sûr son scénario. Les thèmes, pourtant classiques de la science-fiction (voyages spatiaux, colonie livrée à elle-même, nouvelle société humaine), sont habilement traités. Le mystère autour de la mantrisse, qui sert de fil rouge à la série, donne à l’intrigue générale une dimension extraordinaire. D’autant que Léo maitrise à merveille la narration, les rebondissements et le suspense.
Les personnages, nombreux, sont intéressants et attachants bien que je les trouve bien lisses, voire parfois un peu manichéens.
Quelques défauts ternissent malheureusement un peu l’ensemble. L’ambiance « Feux de l’amour » entre les personnages est parfois un peu lourde. Les (trop) nombreuses histoires sentimentales des personnages donnent un ton mièvre et à un rapport à la sexualité très daté.
Si les dessins sont très bons, les visages des personnages sont figés et l’action manque un peu de dynamisme.
Néanmoins, Aldébaran est une très grande série de science-fiction. Monumentale (3 cycles pour le moment), dense et passionnante, cette série fait désormais partie des lectures indispensables.
J’ai beaucoup aimé cette histoire, onirique en apparence, mais abordant finalement une thématique très humaine : la société dans laquelle nous vivons.
Au travers d'une narration volontairement décousue, parsemée de passages oniriques sans rapport évident avec la trame principale, l’auteur capture parfaitement l’angoisse sociale de nos vies modernes, les difficultés à s’intégrer à un groupe d’amis, les relations amoureuses etc. La première histoire est à ce titre assez cocasse, avec une soirée à l’ambiance très forcée et artificielle qui fait grincer les dents.
J’adore le style graphique de l’auteur, et je trouve qu’il se marie particulièrement au ton de cet album. Les pleines planches sont vraiment magnifiques.
Une lecture vraiment prenante en ce qui me concerne, même si je comprends tout à fait que ce genre de personnages un peu pathétiques ne sera pas la tasse de thé de tout le monde (voir avis de Ro).
Elle est vraiment formidable, cette petite BD jeunesse qui pourtant ne paye pas trop de mine au premier abord ! Découpée en trois histoires, elle nous emmène à la découverte de ces monstres, trolls et autres fantômes que personne n’a jamais vus mais qui existent bel et bien, et pas que dans l’imagination des enfants ! Normal, attachés à leur tranquillité, ils se terrent dans les endroits à l’abandon et préfèrent éviter tout contact avec les humains. Charles va ainsi pouvoir réaliser son rêve d’être reporter en accompagnant Margo Maloo, une fillette dont le talent est de savoir repérer ces créatures et parlementer avec elles pour éviter qu’elles ne se fâchent tout rouge, car bien sûr elles peuvent devenir très susceptibles dès qu’on empiète sur leur territoire et qu’on touche à leurs affaires !
Auteur d’En Mer (Editions Ça et Là), un roman graphique très bien accueilli à sa sortie en 2011, l'Américain Drew Weing réalise également des illustrations pour des magazines jeunesse. Il s’agit là du premier tome d’une série dont la suite est attendue l’an prochain, et on ne peut que s’en réjouir. Bien campés, les personnages se révèlent vite attachants et on peut avoir très envie de les revoir. Les parents de Charles, bobos pur jus mais aussi pragmatiques, Charles lui-même, garçonnet potelé et curieux, bien décidé à affronter sa peur des monstres, et bien sûr la jeune et mystérieuse Margo Maloo. Quant aux monstres, si « effrayants » soient-ils par leur aspect, lls ne le restent jamais longtemps face à Margo, ils en deviendraient même plutôt sympathiques voire risibles…
La synergie entre dialogues et dessin fonctionne à plein pour produire un effet comique assez irrésistible, par exemple quand le troll, après avoir exprimé sa colère vis-à-vis de Charles, réalise que son « repas potentiel » collectionne également les « soldanimos ». S’ensuit un échange assez croustillant qui vient dédramatiser une situation des plus tendues… Les rondeurs du trait spontané confèrent un côté à la fois drôle et avenant. Et il n’est pas du tout impossible que l’ouvrage permette aux enfants de maîtriser leur peur du noir.
Un vrai coup de cœur pour cette nouvelle série, qui sans aucun doute devrait trouver sa place auprès du jeune public grâce à ses nombreuses qualités. L’auteur ne prend pas les enfants pour des crétins et cela se voit. Pleines de fraîcheur, d’humour et d’intelligence, avec une chouette atmosphère, ces « effroyables missions » sont largement recommandables, notamment pour les parents en panne d’idées BD pour leur progéniture à l’approche des fêtes. Le seul risque, c’est que ces derniers, si tant est qu’il leur prenait l’idée de lire les premières pages, pourraient bien y prendre goût et garder l’album pour eux…
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Harmony
Mathieu Reynès se la joue en solo avec cette nouvelle série fantastique, et ma fois cela lui réussit plutôt très bien. J'avais déjà apprécié son talent dans La Mémoire de l'eau et La Peur Géante où il se contentait du dessin, et c'est encore dans un registre différent qu'il s'illustre cette fois-ci au dessin et au scénario. "Harmony" nous propulse dans la vie d'une jeune ados paumée qui se réveille sans aucun souvenirs. Enlevée ? Séquestrée ? Malade ? C'est petit à petit que les écheveaux de ce mystère vont se démêler... tout en complexifiant le scénario au fil des deux albums parus à ce jour. C'est franchement prenant, la tension narrative est des plus efficace et j'ai dévoré ces deux tomes ! Le dessin dynamique et semi-réaliste de Mathieu Reynès fait merveille et ses découpages bien sentis donnent au récit toute la vigueur nécessaire à ce genre d'histoire. Alors, en attendant de voir comment tout cela se finira, je ne peux pour l'instant que vous conseiller la lecture de cette série qui a démarré sur les chapeaux de roue !
Ninn
Encore une bonne surprise en jeunesse avec cette série que je ne découvre que maintenant Sorti en septembre 2015, le tome 1 pose les bases d'un récit d'aventure urbain contemporain où le fantastique s'invite tranquillement mais sûrement pour nous entrainer dans les sombres recoins du métro parisien grâce à la curiosité de notre jeune héroïne Ninn. Jean-Michel Darlot a en effet très bien construit son récit, qui, s'il n'a rien de révolutionnaire en soi, fonctionne très bien grâce à un personnage principal très attachant, des mystères plein de surprises, et ce métro parisien qui devient presque un personnage en soi. Ajoutez à ce la le dessin très réussi de Johan Pilet qui donne vraiment vie à cette jeune Ninn trépidante, dans un Paris actuel très bien rendu et tout cela prend corps de façon naturelle pour nous offrir un moment de lecture tout en fraicheur, en dynamisme et plein d'aventure pour notre plus grand plaisir ! Une série que je recommande chaudement et dont j’attends impatiemment la suite !
Le Huitième Jour
Et le Diable raconta... Les péchés capitaux, les jours de la semaine, les continents, les sacrements... Le nombre sept est profondément ancré dans la culture et les traditions européennes. Il a ainsi fallu sept journées à Dieu pour modeler le monde. Mais que s'est-il passé le jour d'après ? C'est à cette question que répond Daniel Torres dans Le huitième jour ! Nous connaissons l’anecdote... Le premier jour, Dieu dit « Que la lumière soit ! » et la lumière fut. Constatant le néant qui l'entourait, il conçut le Ciel, la Terre et les océans. Le deuxième jour, il ajouta les étoiles, le suivant, les végétaux. Le quatrième jour, il dessina le Soleil et la Lune. Le cinquième, il donna vie aux animaux et le sixième à l'Homme. Enfin, il finit son œuvre en sanctifiant le septième d'un repos bien mérité ! Mais, n'ayant plus rien à accomplir, il commença à s'ennuyer... Pour se divertir, il créa donc le Diable, et lui imposa de raconter, chaque jour, une histoire. Ce fut le huitième jour. Cette intégrale, compilation des deux tomes édités par Casterman en 1993 et 1997, présente huit nouvelles graphiques : La ville en flammes, sur fond de magouilles financières et d'appât du gain ; Les rois, questionnements sur la survie de l'espèce à travers l'anthropomorphisme ; Le cœur fugitif, évoquant progrès social et machinisme ; Le pirate terrible, s'enfonçant sur les mers où les plus atroces truands font régner la terreur ; Noir est l'hiver, influencé par les légendes et la littérature chinoises ; La ballade de Rose De España, western dans un décor de théâtre ; La peau du chasseur, huis clos dans l'univers de la taxidermie et Pictura est, basé sur les scissions entre religion et inquisition. Un concept original, où l'auteur se joue constamment des codes, que ce soit dans la forme ou dans le fond. D'abord, en axant son propos sur le chiffre huit qui, comme une boucle, revient toujours, du début du premier récit, le huitième jour, à la fin du dernier... qui est le huitième, avant de se répéter... Ensuite, dans le choix que Dieu, après avoir fondé un monde parfait, équilibré et d’une grande beauté, se délecte de drames racontés d’un ton critique, cynique et teinté d’humour noir par son alter ego maléfique. Divers thèmes sont développés et trouvent tous une issue funeste : assassinats, cataclysmes, guerres, exterminations, violence, tortures, ostracisme, batailles... Graphiquement, Daniel Torres s'ancre dans la tradition de la ligne claire. Il se démarque par un traitement intelligent de la colorisation qui facilite la lecture : utilisation de dégradés de gris dès que les deux protagonistes digressent et de couleurs lorsque l'on entre dans l’histoire contée par le Diable. Là encore, la nuance est intéressante pour séparer le fil du récit des bonds faits par le narrateur dans le temps, ainsi que pour différencier les interlocuteurs dans les bulles. Indéniablement, cette bande dessinée n'a rien perdu de son efficacité ! Le lecteur se prend vite au jeu et, à l'instar de Dieu, attend impatiemment la nouvelle intrigue de Satan... À lire ou à relire !
All You Need is Kill
3.5 Je ne connaissais pas du tout le film et j'ai lu ce manga juste pour le dessinateur que j'aime bien. J'étais donc surpris au début lorsque le héros recommence la journée où il est mort à l'infini. Je pensais que ça serait juste une bête histoire de science-fiction où des humains affrontent des extraterrestres. L'histoire est très agréable à lire. Il y a des rebondissements qui font en sorte que je réussis à garder mon intérêt tout le long des 2 tomes même si le scénario peut sembler un peu répétitif au début vu que le héros vit la même journée encore et encore. Il faut dire qu'il y a une révélation qui apporte du changement dans le scénario. Le dessin est agréable.
Shangri-La
Ahhh ba voilà ! Ça fait plaisir de tomber sur un aussi bon album de SF pour finir l'année en beauté ! J'avais découvert Mathieu Bablet par le biais de la série "Doggy bags" également éditée chez Ankama, et j'avais déjà fort apprécié son travail ainsi que son coup de crayon si particulier. Certains lui reprocherons ses personnages un peu taillés à coup de serpe, mais moi j'aime bien ce côté singulier qui donne de la personnalité à son dessin. Surtout qu'ici, ses personnages évoluent dans des décors magnifiques qui donnent toute l'ampleur nécessaire à son récit. Car oui, Mathieu Bablet nous sort ici le grand jeu pour un récit de science fiction qui ne ferait pas rougir les plus grands du genre. Et malgré quelques menus défauts qu'on pourra qualifier de jeunesse, cet album est une vrai réussite ! Oui, certains aspects de son scénarios peuvent sembler un peu trop appuyés par moment (je pense ici au côté société de (sur)consommation surtout), mais le reste est tellement bien construit qu'on oublie rapidement ces quelques aspérités. J'ai pour ma part dévoré cet album et avalé ces 220 pages d'une traite ! Avec maintenant une seule envie, replonger dedans pour en apprécier les subtilités. Un album qui m'a par ailleurs rappeler un roman de Alain Damasio, "La zone du dehors", pour sa très bonne réflexion sur la révolte, la rébellion et jusqu'où l'engagement contestataire peut conduire, avec les manipulations politiques et les récupérations possibles. Shangri-La constitue pour tout cela un des meilleur album SF qu'il m'est été donné de lire cette année. Un album à lire pour tout amateur du genre qui se respecte !
Les Trois Chemins
C’est une série jeunesse, et je crois qu’il faut tenir compte de ce détail pour l’évaluer (ceci dit pour l’histoire en elle-même, pas forcément extraordinaire). Une série jeunesse, mais cela amène deux remarques. D’abord, certains jeunes lecteurs auront peut-être du mal à suivre l’intrigue se déroulant sur plusieurs plans en même temps (surtout à partir du moment où les croisements, les interactions se multiplient). Ensuite, point plus positif, c’est une série qui peut tout à fait plaire à tout le monde, y compris à un lectorat adulte – j’en suis la preuve ! Trondheim est depuis longtemps adepte d’histoires à contrainte, et il réussit ici quelque chose de sympa – d’ailleurs officiellement « adoubée » par l’oubapo. Le principe a aussi été utilisé par le duo d’Enfin libre pour leur très bon album Le Fluink. Sauf qu’ici Trondheim complexifie un peu les choses en faisant se croiser les différents « chemins » et donc les personnages plus souvent que dans Le Fluink, où cela n’intervenait surtout qu’à la fin de l’album. Histoire gentille, certes, mais pas inintéressante, avec des personnages typés (jeune lectorat oblige) que l’on suit avec plaisir. Il est vrai davantage dans le premier tome, que j’ai trouvé bien meilleur. Ajoutons que le dessin de Sergio Garcia est lui aussi sympa, un peu désuet, très « album enfantin », n’hésitant pas à charger les décors d’objets, d’animaux divers, autour des pérégrinations des personnages.
Atom - The Beginning
3.5 Je n'ai jamais été un gros fan d'Astro Boy, le personnage fétiche de Tezuka. Les meilleures histoires que j'ai lues de lui étaient sympathiques au moins. Cela s'adressait vraiment aux enfants et j'étais un peu trop vieux lorsque j'ai lu commencé à lire cette série pour vraiment apprécier. J'ai de meilleurs souvenirs de l'anime de 2003 qui avait un ton plus sérieux et que je regardais à la télé. J'ai tout de même lu cette série par curiosité et j'ai été vraiment surpris de trouver le scénario si prenant. On suit les professeurs Tenma et Ochanomizu lorsqu'ils étaient étudiants et commençaient à fabriquer des robots. Le scénario est bien fait. Les personnages sont attachants et on retrouve le monde futuriste de Tezuka, mais sans la naïveté qu'on retrouvait dans Astro Boy ce qui me fait plus apprécier cet univers. Le dessin est vraiment bon, on dirait un mélange du style de Tezuka et d'un style plus moderne. On reconnait facilement les personnages de Tezuka même s'ils sont dessinés de manière différente. J'ai bien aimé lire ces deux tomes et j'attends la suite avec impatience.
Aldébaran
Je viens de relire l’intégrale de ce premier cycle et je peux dire que j’adore toujours autant cette série. Léo a réussi à créer un monde aussi riche qu’original. Le travail sur la faune, la flore et les paysages d’Aldébaran est incroyablement soigné et créatif. L’auteur arrive tout de suite à immerger son lecteur dans cet univers SF absolument unique. Le talent graphique de Léo y est évidemment pour beaucoup. Visuellement, c’est superbe, même si le style très « classique » pourrait de prime abord rebuter un petit peu. La seconde grande réussite d’Aldébaran est bien sûr son scénario. Les thèmes, pourtant classiques de la science-fiction (voyages spatiaux, colonie livrée à elle-même, nouvelle société humaine), sont habilement traités. Le mystère autour de la mantrisse, qui sert de fil rouge à la série, donne à l’intrigue générale une dimension extraordinaire. D’autant que Léo maitrise à merveille la narration, les rebondissements et le suspense. Les personnages, nombreux, sont intéressants et attachants bien que je les trouve bien lisses, voire parfois un peu manichéens. Quelques défauts ternissent malheureusement un peu l’ensemble. L’ambiance « Feux de l’amour » entre les personnages est parfois un peu lourde. Les (trop) nombreuses histoires sentimentales des personnages donnent un ton mièvre et à un rapport à la sexualité très daté. Si les dessins sont très bons, les visages des personnages sont figés et l’action manque un peu de dynamisme. Néanmoins, Aldébaran est une très grande série de science-fiction. Monumentale (3 cycles pour le moment), dense et passionnante, cette série fait désormais partie des lectures indispensables.
Les Noceurs
J’ai beaucoup aimé cette histoire, onirique en apparence, mais abordant finalement une thématique très humaine : la société dans laquelle nous vivons. Au travers d'une narration volontairement décousue, parsemée de passages oniriques sans rapport évident avec la trame principale, l’auteur capture parfaitement l’angoisse sociale de nos vies modernes, les difficultés à s’intégrer à un groupe d’amis, les relations amoureuses etc. La première histoire est à ce titre assez cocasse, avec une soirée à l’ambiance très forcée et artificielle qui fait grincer les dents. J’adore le style graphique de l’auteur, et je trouve qu’il se marie particulièrement au ton de cet album. Les pleines planches sont vraiment magnifiques. Une lecture vraiment prenante en ce qui me concerne, même si je comprends tout à fait que ce genre de personnages un peu pathétiques ne sera pas la tasse de thé de tout le monde (voir avis de Ro).
Les Effroyables missions de Margo Maloo
Elle est vraiment formidable, cette petite BD jeunesse qui pourtant ne paye pas trop de mine au premier abord ! Découpée en trois histoires, elle nous emmène à la découverte de ces monstres, trolls et autres fantômes que personne n’a jamais vus mais qui existent bel et bien, et pas que dans l’imagination des enfants ! Normal, attachés à leur tranquillité, ils se terrent dans les endroits à l’abandon et préfèrent éviter tout contact avec les humains. Charles va ainsi pouvoir réaliser son rêve d’être reporter en accompagnant Margo Maloo, une fillette dont le talent est de savoir repérer ces créatures et parlementer avec elles pour éviter qu’elles ne se fâchent tout rouge, car bien sûr elles peuvent devenir très susceptibles dès qu’on empiète sur leur territoire et qu’on touche à leurs affaires ! Auteur d’En Mer (Editions Ça et Là), un roman graphique très bien accueilli à sa sortie en 2011, l'Américain Drew Weing réalise également des illustrations pour des magazines jeunesse. Il s’agit là du premier tome d’une série dont la suite est attendue l’an prochain, et on ne peut que s’en réjouir. Bien campés, les personnages se révèlent vite attachants et on peut avoir très envie de les revoir. Les parents de Charles, bobos pur jus mais aussi pragmatiques, Charles lui-même, garçonnet potelé et curieux, bien décidé à affronter sa peur des monstres, et bien sûr la jeune et mystérieuse Margo Maloo. Quant aux monstres, si « effrayants » soient-ils par leur aspect, lls ne le restent jamais longtemps face à Margo, ils en deviendraient même plutôt sympathiques voire risibles… La synergie entre dialogues et dessin fonctionne à plein pour produire un effet comique assez irrésistible, par exemple quand le troll, après avoir exprimé sa colère vis-à-vis de Charles, réalise que son « repas potentiel » collectionne également les « soldanimos ». S’ensuit un échange assez croustillant qui vient dédramatiser une situation des plus tendues… Les rondeurs du trait spontané confèrent un côté à la fois drôle et avenant. Et il n’est pas du tout impossible que l’ouvrage permette aux enfants de maîtriser leur peur du noir. Un vrai coup de cœur pour cette nouvelle série, qui sans aucun doute devrait trouver sa place auprès du jeune public grâce à ses nombreuses qualités. L’auteur ne prend pas les enfants pour des crétins et cela se voit. Pleines de fraîcheur, d’humour et d’intelligence, avec une chouette atmosphère, ces « effroyables missions » sont largement recommandables, notamment pour les parents en panne d’idées BD pour leur progéniture à l’approche des fêtes. Le seul risque, c’est que ces derniers, si tant est qu’il leur prenait l’idée de lire les premières pages, pourraient bien y prendre goût et garder l’album pour eux…