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Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Tebori
Tebori

J'ai été très agréablement surpris par cette série mélangeant très logiquement la thématique des yakuzas et celle des tatouages et des légendes japonaises. Pour commencer, le graphisme est très bon. Le trait de Marcial Toledano m'a fait penser à celui de Ralph Meyer que j'aime beaucoup. Maîtrisé, dynamique et clair, il est beau. Il excelle dans le dessin des corps des personnages et c'est parfait pour cette histoire autour de tatouages vraiment élégants et soignés. Il n'y a que le choix de représentation des lèvres féminines qui ne m'a pas trop convaincu même s'il donne une certaine personnalité à son style. Au départ, l'histoire m'a paru très banale, avant des combats de gangs à motos au Japon qui rappellent immédiatement Akira. Mais très vite, on abandonne les combats de rue pour la thématique bien plus sage des tatouages traditionnels. Et peu à peu s'engage une intrigue autour de yakuzas, de légendes folkloriques, d'une étrange créature surnaturelle et d'un mystérieux tueur. Pendant longtemps on ne sait pas s'il y a du fantastique dans ce scénario ou si tout n'est qu'imagination et illusion. C'est très bien raconté, les personnages sont plutôt attachants et sans manichéisme et l'histoire est accrocheuse. Vraiment une bonne surprise qui a en outre le bon goût de se terminer en trois tomes.

12/12/2016 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Supers
Supers

Supers, c'est d'abord une couverture, superbe, qui nous montre trois enfants à la chevelure flamboyante qui semble isolés, perdus au milieu d'une foule aussi compacte qu'uniforme. Grâce au vernis sélectif on comprend d'un coup d'oeil que la vie de ces trois gamins n'est pas simple mais que leur destin peut être grand. C'est le jour de la rentrée, le plus grand se fait balader dans le collège qu'il vient d'intégrer et si ses premiers pas sont compliqués, il arrive tout de même à lier quelques connaissances. A la fin de la journée il retrouve son frère et sa soeur, plus petits, qui eux aussi ont dû s'intégrer à un nouvel établissement. Mais au-delà de ce côté "original", il y a un côté "réaliste", avec les questions que se posent les ados sur le sens de la vie, leur positionement familial, leur vie sentimentale... Très fin. En quelques séquences aussi simples que finement écrites, Frédéric Maupomé (auteur du sympathique Anuki) brosse donc une ambiance de collège comme on en a tous connu, entre professeurs qui oscillent entre indifférence et agressivité, camarades parfois sympathiques, parfois gratuitement méchants, et débuts d'amourettes. Les trois gamins essaient de cacher leur étrangeté, mais les événements vont les obliger à sortir de leur réserve, pas forcément pour un lendemain meilleur. Les dialogues sont finement ciselés, entre les gamins extra-terrestres dont l'intelligence est trop importante et leurs camarades aux développements divers. Il y a aussi des flashes-backs, qui permettent de savoir le minimum pour comprendre que l'histoire de ces enfants est entachée de drame. Plusieurs pistes sont lancées sur les relations entre les uns et les autres, et c'est une fois encore chez cet auteur un régal, d'autant plus que c'est Dawid (Passe-passe) qui est aux crayons. Là encore, c'est un régal pour les yeux, bien que je trouve certaines cases un peu chargées. A suivre.

31/08/2015 (MAJ le 12/12/2016) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Grande Aventure du Journal Tintin
La Grande Aventure du Journal Tintin

Note : 3,5/5 Je ne suis pas un véritable ancien lecteur du journal Tintin et je n'en connais qu'une courte période datant du tout début des années 80. J'aime cependant retrouver les ambiances de "BD à papa" qu'on peut ressentir dans ce type de recueil d'anciens périodiques jeunesse datant de la seconde moitié du 20e siècle. C'est souvent toute une époque qui resurgit devant les yeux du lecteur, celles des goûts et aspirations des jeunes d'antan et des œuvres anciennes d'artistes qui sont parfois devenus très célèbres. Je salue l'ambition de cet ouvrage de nous faire découvrir en 777 pages la rétrospective complète de toute la vie du journal Tintin en incluant pour chaque période des extraits ou histoires courtes de séries emblématiques. Cela permet à la fois de découvrir ou redécouvrir l'histoire du journal de ses débuts à sa fin et de savourer des bandes dessinées de chaque époque, avec tous leurs styles différents. Ces choix de planches sont plutôt bons, avec des épisodes permettant de se faire une idée assez bonne d'à quoi ressemblaient les séries en question. J'en connaissais un bon paquet sans vraiment les connaître et d'en lire des extraits essentiels était plutôt agréable et intéressant. C'est très instructif côté culture générale en matière de bande dessinée et ça m'a donné envie de découvrir plus avant certaines d'entre elles. Et puis il y en a tellement à voir sur toutes les pages de cet énorme album qu'on en a clairement pour son argent. Je suis par contre un peu déçu par l'aspect éditorial de cet album, qui est pourtant capital ici. Outre les pages d'introduction de l'album dans son ensemble qui ne sont pas mauvaises, c'est au niveau des textes introduisant chaque période du journal (périodes composées à chaque fois de 2 années consécutives) que je suis un peu circonspect. Car si ces quelques pages incluent des extraits du journal de l'époque, réponses au courrier des lecteurs et autres petites publicités internes, elles contiennent aussi du texte éditorial récent datant de 2016. Et ce texte, destiné à résumer ce qu'il se passait dans le journal à chacune de ces époques, est assez rébarbatif à lire et n'a pas su me transmettre clairement la substantifique moelle de l'esprit de ces périodes. En outre, tout est écrit avec des polices de caractère assez similaires de telle sorte qu'il n'est pas évident de discerner si certains textes ont été écrits tout récemment ou si ce sont des extraits d'époque. Notamment, tout le fil rouge autour de "Tintin reporter", ce journal qui a très brièvement pris la relève du journal Tintin après sa disparition, a été pour moi si confus que je me suis demandé si c'était une tentative de lancer ou relancer ce journal de nos jours suite à la publication de ce gros recueil. En définitive, je suis tout à fait satisfait de mon achat de cet album car il m'a offert un panorama de la vie du journal Tintin des 1946 à 1988 et m'a permis de découvrir un très grand nombre de séries publiées à l'époque dans ses pages. Mais ces séries ne sont pas toutes formidables, et surtout j'aurais aimé un travail éditorial un peu plus clair et décrivant un peu mieux l'ambiance de chaque période de la vie du journal.

12/12/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Big Man Plans
Big Man Plans

Permettez moi, un fois n'est pas coutume de débuter cet avis par une petite histoire. Dans une classe la maitresse demande aux élèves un mot qui commence par la lettre M. Tous de lever la main et de s'écrier en chœur "Maman". La maitresse demande alors un mot qui commence par la lettre P. Tout le monde veut répondre et s’écrie Papa. Plus dur dit la maitresse, un mot qui commence par le lettre N. Silence sauf le cancre que la maitresse n'ose jamais interroger, à chaque fois qu'il ouvre la bouche c'est pour dire des horreurs. Voyant que malgré tout personne ne semble trouver le réponse elle finit par donner la parole au cancre qui fort gentiment dit un "Nain". La maitresse se tourne vers le tableau pou y écrire la réponse et l'on entend alors le cancre ajouter : un nain mais avec une paire de couilles !! Voila à la lecture de cette histoire ce à quoi j'ai immédiatement pensé. Quelle histoire mes aïeux, mais quelle histoire ! Pour rendre hommage à qui vous savez j'ai envie de m'écrier : Rhaa Lovely !!! Quel pied !!. Ah que c'est bon de lire de la bonne grosse BD qui sort l'artillerie lourde sans craindre de froisser les ligues de moralité, car ici de moralité il n'est point question. Notre petit bonhomme n'est pas en mousse et il le fait savoir arrivant à un âge où certains penseraient plutôt à s'acheter Le camping car de leur rêve, lui préfère investir dans un marteau outil oh combien utile lorsque l'on veut se venger d'années de rebuffades et autres humiliations. Bourrin me direz vous ? Ben oui mais pas que, habilement le scénariste ne nous laisse pas en plan et revient sur le genèse de cette colère qui saisit un jour notre héros. Bref c'est rudement bien fait un peu dans l'esprit "Doggy Bags" dont les qualités ne sont plus à vanter. Je recommande fortement, une bouffée d'adrénaline "sang pour sang" efficace, faite tourner. Je ne verrais jamais plus les gentils compagnons de Blanche Neige de le même manière.

11/12/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Route 78
Route 78

Ma première réaction à la lecture de ce one shot c'est l'étonnement. En effet je crois bien que c'est la première fois que je lis une BD sur le thème de la route à travers le États Unis qui est à ce point comment dire véridique qui n'édulcore pas systématiquement tous les travers d'une société, ici celle du Flower Power. Ce couple de héros ne semble pas s'être fait une image mirifique du pays, c'est juste l'envie de découvrir des paysages et des gens. De ce point de vue on peut dire qu'ils vont être servis. Au fil de la route des individus plus ou moins accueillants, recommandables. De joints en joints, l'homme de ce couple pourra se reposer sur sa compagne qui elle est plus dans la réalité des choses. Les évènements pour la plupart dramatiques si l'on veut bien y regarder de plus près sentent le désenchantement et l'on est à milles lieues d'un Kerouac ou d'un Ginsberg qui mêlaient la poésie à leurs périples. Un dessin sympathique et approprié avec une mention spéciale à la colorisation qui rend bien compte des diverses ambiances proposées. A faire tourner...

11/12/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Anus Beauté
Anus Beauté

Il faut bien le reconnaître: les japonais ont parfois la classe pour trouver des titres pareil. Attention, il ne s'agit pas d'un manga de cul mais de fesse ce qui n'est pas la même chose. Le sujet est un peu tabou car il s'agit d'un manga sur les hémorroïdes. Oui, les douleurs de l'anus sont plutôt intimes. On ne les partage pas et on les cache au risque de subir sans doute un cancer et de le découvrir avec retard ce qui n'est jamais une bonne idée. Il est vrai que les mangas parlent le plus souvent de combats, de robots, de pouvoirs magiques et des forces maléfiques. C'est le premier manga sur les maladies hémorroïdaires. Il faut savoir qu'un adulte sur trois souffre d’hémorroïdes. Pourtant, rares sont ceux qui osent en parler à leur médecin. Au fil des pages de ce manga, l’auteur donne de précieux conseils pour les reconnaître, les prévenir et les soigner. En cela, l'intention est fort louable car il s'agit d'éviter un cancer dans cette partie de notre anatomie. Autrefois, j'avais une collègue qui ne faisait que parler de ces problèmes et que j'évitais le plus possible car j'étais un peu gêné. Désormais, grâce à cette lecture, j'y vois un peu plus clair. Mon regard a sans doute changer grâce à ce manga. Il fallait le faire tout en conservant une bonne dose d'humour. C'est en cela qu'Anus Beauté est un titre très surprenant et qui sort du lot d'autant que le dessin est plutôt agréable.

11/12/2016 (modifier)
Couverture de la série À coucher dehors
À coucher dehors

Sur des sujets qui auraient pu être casse-gueule (la trisomie, les clochards), Aurélien Ducoudray a évité et le misérabilisme et l’angélisme, en développant une histoire autour de personnages certes atypiques, mais vraiment attachants. Sans que ce soit a priori extraordinaire, j’ai bien aimé cette lecture, agréable, fluide, montrant la rencontre entre des individus vivant hors des normes de la société et qui, plus ou moins consciemment, s’accommodent de cette mise à l’écart, en bâtissant une société qui leur est propre, en gardant leur dignité, par-delà – ou même à cause du regard des « bien-pensants », ici personnifiés par la police. Une histoire sympa, des personnages bien typés, à quoi s’ajoute le dessin d’Anlor, lui aussi très fluide et réussi : voilà de quoi vous recommander cette lecture, et la suite annoncée. Note réelle 3,5/5.

10/12/2016 (modifier)
Par Montane
Note: 4/5
Couverture de la série Manos Kelly
Manos Kelly

Pour moi, Palacios était synonyme de Mac Coy, le Western auquel il aura consacré presque toute sa carrière. Et bien non, la carrière de Palacios ne se résumé pas à cela. La preuve avec cet excellent Western qu'est " Manos Kelly" qui malheureusement n'aura pas été à son terme, faute de temps ou de succès. La particularité de cette série qui n'aura connue que 4 épisodes complet est de se situer dans la partie Espagnole des États-unis au moment de la conquête de l'Ouest. Elle se situe donc du côté du Texas et de la Californie. Très précise au niveau des références historiques, on y voit comment la présence Espagnole s'est imposée à partir du Mexique, avec l'inévitable luttes contre les tribus Indiennes implantées la depuis l'origine, et l'Avancée des migrants Européens fuyant la misère consécutive à la révolution industrielle. Manos Kelly est au carrefour de ces croisements de population. Fils d'un Irlandais et d'une Hispanique, il parcourt cette partie du pays, poursuivant notamment un certain Moriarty qui développe un sinistre commerce en expropriant les détenteurs de terres riches en or, et en détroussant certains particuliers, s'appuyant notamment pour ce faire sur une tribu Indienne, les Com manches. Il le traquera jusque dans les montagnes de la Siéra Nevada, la ou cette série s'achèvera brusquement. Et c'est dommage. Si le trait de Palacios est encore hésitant dans les deux premiers épisodes, il s'affirme ensuite ensuite à partir du troisième épisode ou son trait est superbement mis en évidence par de jolies couleurs. À la fois criante de réalisme dans ses scènes de violences, certaines attitudes des personnages feront immanquablement penser au western Spaghettis de Sergio Leone en vogue au début des années 70. Les éditions du long bec ont eu l'excellente idée de proposer une intégrale comprenant un tome 4 inédit en France de même qu'une histoire courte en Noir et blanc tout aussi inédite. Un vrai bonheur pour les amateurs du genre !

10/12/2016 (modifier)
Couverture de la série Qui est le chef ?
Qui est le chef ?

Autant je n’accroche pas à la série phare de Quino, Mafalda, autant j’aime bien ses albums regroupant des gags. Tous ceux que je connais sont vraiment biens ! Ici, dans des gags très courts, ou des historiettes de plusieurs pages (une vingtaine de cases maximum), que ce soit totalement muet (cas le plus fréquent) ou avec de très courts dialogues, j’ai trouvé ce recueil très réussi. C’est drôle, avec une dominante d’humour gentiment noir, parfois cynique, mais aussi parfois avec une sorte de poésie proche de Sempé. Une légèreté du trait (d’esprit et de crayon) rafraichissante. Quino a le chic pour croquer des attitudes, des quiproquos, pour explorer le quotidien, avec une économie de moyens, mais un maximum d’efficacité (dans cet opus majoritairement sur les rapports de domination, d’autorité, de pouvoir). C’est vraiment un auteur que j’apprécie, et dont je vous recommande cet album. Note réelle 3,5/5.

10/12/2016 (modifier)
Par graveen
Note: 4/5
Couverture de la série Expérience mort
Expérience mort

Je vous trouve dur :) Je viens de lire les 4 tomes, et l'histoire se tient quand même assez bien (sauf le coup de réchauffer les cartes à puces, là c'est pas du tout crédible...). Le dessin de Ponzio colle bien à l'histoire. Il est un peu glacant, je dirais comme le thème de la série, et je pense sincèrement que le final tome 4 ouvre beaucoup de portes. edit 06/2018: Bajram disait sur Facebook (privé ou public, je ne sais plus) que l'histoire stoppait au t4, pas de suite prévue - du moins dans un futur proche. Un beau voyage dans la SF fantastique. J'ai personnellement bien plus apprécié que Cryozone. C'est l'histoire d'un groupe de personnes qui tentent de comprendre ce qu'il y a après la vie. Le scénario expose ce voyage, qui aura des conséquences importantes.

09/12/2016 (modifier)