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Couverture de la série Panthère
Panthère

Un bel objet (grand format à l’italienne, très belles couleurs, et un traitement graphique des plus originaux), duquel je suis sorti un peu moins enthousiaste que je m’y attendais. L’histoire est assez simple. Une petite fille perd son chat (elle apprend en revenant de l’école que le vétérinaire a dû l’euthanasier car il était gravement malade). Enfermée dans sa chambre, submergée par le chagrin, elle fait alors la connaissance d’une panthère, animal qui change d’aspect, et qui la fait entrer dans un monde presque parallèle : c’est un beau traitement de l’exorcisme de la douleur et du deuil chez une enfant, et un joli conte. J’ai aussi bien aimé que le personnage de la panthère trimbale quelques ambiguïtés, vers le dernier tiers, elle apparait à plusieurs reprises ambivalente, sa gentillesse du départ semblant cacher quelques pensées plus noires. Cette ambiguïté n’est d’ailleurs pas vraiment levée. Mes réserves tiennent en deux points. D’abord ce récit – presque tout public, en tout cas qui peut être lu à un jeune enfant – pêche par certaines longueurs. Ensuite la fin est un peu brutale. Des questions en suspens, certes, mais aussi un sentiment de manque. Mais bon, c’est un album original et intéressant.

21/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Sous le signe du verso
Sous le signe du verso

Je suis tombé cet été sur le premier recueil de ces gags. Grand amateur de la plupart des auteurs présents au casting, je me suis empressé de l’acheter et de le lire. Il faut dire que la quasi-totalité des auteurs du Fluide de la grande époque ont été mis à contribution, pour un album promotionnel forcément hétéroclite, mais à très fort potentiel. Hélas, mais comme souvent dans ce genre de recueil, c’est inégal. Mais les gags qui m’ont laissé de marbre sont quand même rares (Maëster à ma grande surprise en fait partie, Pichon mais là je suis moins surpris, pour citer des exemples). Et il y a suffisamment de gags réussis (voire même très bons) pour que la lecture de l’ensemble soit agréable. Dans le genre de regroupement d’auteurs très différents, c’est quand même bien meilleur que la moyenne (mais tous les auteurs sont issus de « l’écurie Fluide », ça homogénéise un minimum les productions). Une découverte et une lecture sympathiques en tout cas.

21/09/2023 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série L'Incroyable Expédition de Corentin Tréguier au Congo
L'Incroyable Expédition de Corentin Tréguier au Congo

Étonnant projet qui vit un podcast jeunesse "à succès" de France Culture être adapté en BD. Il s'agit d'une BD d'aventure, un anti "Tintin au Congo", revisitant l'histoire coloniale européenne à l'aune de l'humanisme du XXIème siècle : le racisme, le patriarcat et l'impérialisme y sont vivement et heureusement dénoncés. Tout comme la guerre, le regard mercantile méprisant sur les arts et les sciences, le libéralisme décomplexé. Le projet est indiscutablement intéressant, la mise en forme un peu moins. Il y a un côté gentiment moralisateur quelque peu agaçant, qui confortera les conservateurs dans leur mépris amusé du fourre-tout nommé wokisme ; un rythme trop paisible pour une BD d'espionnage/aventure (qui s'entend parfaitement du fait de ce nouveau regard sur l'ailleurs qui n'a pas à être un exotisme trépidant) ; des intrigues et enjeux trop légèrement esquissés (l'espionnage, les rapports de force au sein de l'équipe, les a priori des uns et des autres, tout cela était davantage prometteur que réellement bon) ; et des illustrations rappelant le style figé d'un Émile Bravo. Un beau projet donc, mais une BD seulement moyenne, plombée par des intentions prenant le pas sur la mise en forme. Une lecture à néanmoins conseiller à tous les collégiens.

16/09/2023 (MAJ le 21/09/2023) (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Université des Chèvres
L'Université des Chèvres

Autant j'ai vraiment été intéressé par le déroulement et les thèmes abordés dans cette BD, autant je me suis trop longtemps demandé où l'auteur voulait en venir pour être tombé sous le charme. On a l'impression que l'album raconte au moins 3 histoires l'une après l'autre. Il y a d'abord le parcours de cet instituteur itinérant dans les Alpes de la première moitié du 19e siècle. Puis nous avons ensuite le périple de ce même homme dans l'ouest américain, son adoption par un tribu indienne et sa protection de son fils que les blancs veulent lui arracher pour l'éduquer à leur manière. Et finalement, le plus gros de l'album nous amène plus d'un siècle plus tard à suivre les pas d'une descendante de cette homme, journaliste envoyée en Afghanistan où elle va rencontrer un homme dont la vocation est presque la même que son fameux ancêtre. Et cette dernière partie insistera plus particulièrement sur la situation des femmes afghanes qui essaient tant bien que mal de se battre pour leurs droits dans ce pays patriarcal... pour ensuite changer encore de décor avec l'installation du fameux instituteur afghan aux Etats-Unis avec cette fois une dénonciation de la haine raciale dans l'Amérique de Trump. Tout est intéressant, les thèmes sont bons, tout est très bien dessiné, bien documenté, bien raconté... Mais les circonvolutions du récit sont trop nombreuses pour moi et je n'ai pas su me reposer sur lui pour m'attacher à un thème en particulier. Si bien que j'ai plusieurs fois décroché en cours de lecture, perplexe sur les nouvelles directions que prenait l'histoire à chaque nouveau chapitre. C'est une façon de raconter très en longueur qui ne me convient pas car elle m'a empêché de ressentir pleinement le récit et ses nombreux messages pourtant très justes.

21/09/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Ceux qui me restent
Ceux qui me restent

J'ai réussi à lire cette histoire pile le bon jour, Journée Mondiale de la maladie d'Alzheimer ! Mais en dehors de l'ambiance qui est parfaitement bien retranscrite et la métaphore du bateau qui s'en va dans la brume, pertinente. J'ai beaucoup aimé la représentation que la BD choisit de la perte de mémoire et la force vivace de certains souvenirs qui deviennent tout ce qu'il reste de la vie de ce pauvre homme. A travers l'histoire et les souvenirs progressifs, on voit se dessiner une vie qui est progressivement remise en question plusieurs fois. Comment cet homme à vu sa vie se déchirer, la part de responsabilité et de culpabilité, sa relation avec sa fille au seuil de sa vie … C'est plutôt bien mené et assez émouvant à la fois du côté de la fille et de celui du père. Le sujet est sensible mais exécuté sans pathos, ce qui est appréciable. Maintenant, je dois bien dire que j'ai lu la BD avec plaisir mais sans avoir envie de la relire ou sans être bouleversé. C'est une belle BD qui fait son travail de façon efficace et correct, mais au final je suis tout de même sur un "c'est bien" mais pas non plus bouleversant. En tout cas ce n'est pas celle qui m'a le plus remuée. A lire.

21/09/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Rémina
Rémina

Junji Ito a le vent en poupe ! C'est sans doute grâce à la magnifique exposition qui lui fût consacré à Angoulême cette année et que j'ai eu la joie d'admirer que Delcourt s'est lancé dans la réédition de ses anciens titres. C'est avec La Déchéance d'un homme, une de ses dernières séries, qui sort pourtant de son registre horrifique habituel (c'est une adaptation d'un des plus célèbre roman japonais), puis avec le recueil paru l'an dernier Histoires courtes - Intégrale que j'ai découvert son travail. On sent bien que ça doit cogiter sec dans le cerveau de cet auteur, et que certains points demanderaient quelques séances de psy un peu poussées (le gars doit avoir un sérieux problème avec les langues ^^). Je suis plutôt fan de l'élégance de son trait et "Remina" ne déroge pas à la règle ; on retrouve ce coup de crayon souple et précis qui caractérise ses personnages en leur insufflant toutes ces émotions qui balaient un spectre allant de la compassion à l'effroi le plus profond. Dans ce récit, Rémina passe d'ailleurs du statut de jeune femme adulée à celui de jeune femme à abattre ! Entre la monstruosité de cette terrifiante planète dévoreuse et lécheuse qui se rue sur la Terre et l'hystérie d'une population qui se trouve confrontée à une fin du monde imminente, Junji Ito s'amuse à pousser les curseurs de la noirceur humaine à fond, se jouant de nos peurs, de nos bas instincts et de notre bêtise. Il ne lésine pas non plus sur le crescendo de son récit ; cette fuite sans fin mais toujours plus périlleuse termine même de façon assez dantesque ! Voire trop même ? C'est le seul reproche qu'on pourrait faire à cette histoire qui en voulant mettre la barre toujours plus haut perdra du coup en crédibilité chez certains lecteurs. Je connaissais déjà le second récit qui a été réédité dans le recueil Histoires courtes - Intégrale ; j'avais bien aimé cette histoire de corps cousus ensemble au fil de pêche :) (3.5/5)

21/09/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Dans un recoin de ce monde
Dans un recoin de ce monde

2.5 Je continue mon exploration de l'œuvre de Fumiyo Kouno avec cette série qui met en vedette la vie quotidienne d'une jeune femme durant la seconde guerre mondiale et qui vit...à Hiroshima et ses environs (comme c'est le cas de l'autrice d'ailleurs !). J'ai été un peu déçu par cette série, mais je pense que vu le sujet j'en attendais un peu trop. Il y a des bons moments, surtout lorsqu'on voit les conséquences de la guerre et de la dictature militaire japonaise sur les civils (les bombardements, les rationnements, la police miliaire qui vient t'embêter pour des trucs mineurs...) même si je ne suis pas surpris par ce que montre l'autrice. La raison principale pourquoi j'ai moyennement accroché est qu'il y a tout de même des longueurs et aussi je n'ai pas réussi à accrocher aux personnages. Il faut dire qu'au fil des années présentées dans les deux albums, il y a tellement de va-et-vient dans la famille de l'héroïne que parfois je ne savais plus qui était qui. Une série à emprunter si on est curieux de voir comment était le Japon des années 40 avec un peu des années 30 pour les deux-trois premiers récits qui montrent l'héroïne jeune.

20/09/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Koko
Koko

Une série sympathique mettant en vedette une petite fille et son coq. C'est le genre de récits simples dont le but principal est de rendre les lecteurs heureux, de la lecture 'feeling good' en somme et dans le genre cet album est bien fait même si c'est un peu inégal. En effet, j'ai moins aimé les récits qui ne mettaient pas en avant le coq et qui montraient surtout la vie quotidienne de la petite fille. Cela enlève de l'originalité et j'ai eu l'impression qu'on aurait pu mettre quelques chapitres dans n'importe quelle autre série mettant en vedette une petite fille. Pour moi le principal intérêt c'était la relation entre l'héroïne et son coq alors voir comment ça se passait à son école, cela m'intéresse moins. L'humour m'a fait sourire, mais j'ai pas rigolé. Le dessin est vraiment très beau. J'aime surtout comment les personnages sont expressifs.

20/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Artemis Fowl
Artemis Fowl

Je ne suis pas le cœur de cible, l’album devant plutôt viser les adolescents (en tout cas c’est vers ce genre de lectorat que vont mes conseils d’achat), mais l’adulte que je suis a trouvé cette histoire plutôt plaisante, agréable à suivre. Il y a des fées, des nains, et autres créatures de fantasy, de la magie, mais l’utilisation de ces ingrédients est assez originale. Ça ne surjoue pas du tout cet univers d’ailleurs, au point qu’on pourrait presque trouver dans cette histoire des allures de polars, une sorte de casse du siècle réalisé par un gamin surdoué, sans effusion de sang, la police étant ici remplacée par les fées pour ce qui est des forces de « l’ordre » ridiculisées. La narration est simple et fluide, et les personnages, tous assez typés (le gamin surdoué, la fée un peu rebelle et gentille, la brute garde du corps, et les bisbilles entre services spéciaux des fées – mention spéciale pour l’Arsène Lupin des sous-sols). Leurs personnalités ne sont pas très développées (quelques pages de présentation entre chaque chapitre distillent quelques infos tout de même), mais l’ensemble a tout pour plaire aux ados je pense. J’ai bien aimé le dessin (moins la colorisation, du travail informatique sans âme hélas). Mais l’ensemble est très lisible. Il y a juste le format, relativement petit, et la police de caractères itou, qui rendaient certaines bulles un peu plus dures à lire, mais bon, ne chipotons pas, ça fait très bien le boulot.

20/09/2023 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Les Chimères de Vénus
Les Chimères de Vénus

Assez déçu par cette série. Je n'ai pas lu Le Château des étoiles, série jeunesse a priori de qualité, mais me suis lancé dans le tome 1 de cette série dérivée, attiré par le nom d'Ayroles. Et j'ai envie de le dédouaner du relatif échec du scénario. Je pense que le problème originel provient du cahier des charges, de l'idée même : on imagine l'envie de mêler du spectaculaire, du coloré, du rythme, etc. à une intrigue steampunk très grand public et accessible aux plus jeunes. Si l'on était malhonnête, l'on devinerait un désir mercantile de refaire un De Cape et de Crocs, rognant un peu sur l'ambition littéraire et poétique, au profit d'un spectaculaire plus assumé, volontiers référencé. Alors, il y a certes du dinosaure, de l'aventure, des couleurs (un peu tape-à-l’œil), des illustrations modernes (légèrement vulgaires), des mises en pages complexes (certes souvent assez gratuites, mais élégantes et plutôt réussies) et des intrigues parallèles dynamisant le récit ! Mais il n'y a guère de magie, de poésie, le clinquant a remplacé le savoureux. Les jeunes s'y retrouveront peut-être davantage, pour ma part c'est un amer regret.

20/09/2023 (modifier)