Les derniers avis (49050 avis)

Couverture de la série Cherchez Charlie
Cherchez Charlie

Rien d’extraordinaire dans cette histoire, qui peut se résumer en quelques mots (la quatrième de couverture est presque exhaustive !). Mais c’est du boulot bien fait, un polar très sympathique, parfois amusant, et très rythmé. La mallette contenant les comptes frauduleux d’un ponte de la mafia passe de mains en mains, on n’a pas le temps de s’ennuyer. D’autant plus que certaines scènes sont revues sous l’angle d’un autre personnage, ce qui dynamise le récit sans le développer plus que ça. Graphiquement, Moynot s’en donne à cœur-joie pour retranscrire le New-York de 1969, en pleine période hippies (ça se finit par Woodstock), avec des couleurs des plus pétantes. En tout cas sans développer outre mesure l’intrigue, ni les personnalités des protagonistes, Moynot réussit à nous pondre une lecture détente très plaisante – même si j’ai trouvé la fin un peu expédiée, presque tous les protagonistes s’entretuant, pour ne laisser que des couples assez improbables de prime abord.

30/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Abattoir 5 ou la croisade des enfants
Abattoir 5 ou la croisade des enfants

Je ne connaissais ni le roman d’origine ni l’auteur. Je dois dire que si, comme c’est indiqué en préambule, la BD n’a presque rien changé à l’histoire d’origine, celle-ci se révèle relativement originale. Non pas sur le sujet (grosso modo la dénonciation de l’absurdité et de l’horreur de la guerre – ici la seconde guerre mondiale), mais plutôt sur le traitement, la construction de l’histoire étant en effet peu classique. Si certains aspects m’ont sans doute échappé, ou m’ont moins intéressé (tout ce qui concerne les passages liés aux extra-terrestres, sans doute allégoriques ?), le reste est intéressant et captivant. L’auteur mêle les époques (les nombreux va-et-vient ne gênent pas la fluidité, et les transitions, souvent « brutales », sont pourtant bien amenées). Le narrateur/double de l’auteur est une sorte de témoin d’arrière-plan, et les personnages sont assez bien campés : les seconds rôles, qui disparaissent au fur et à mesure, étant bien plus consistants que le héros, assez falot, ballotté par les événements du début à la fin. Le dessin est agréable, simple et très lisible. C’est une histoire bien fichue en tout cas, dont la noirceur se révèle par petites touches.

30/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Aquaman - Andromeda
Aquaman - Andromeda

Je ne suis pas du tout amateur de super-héros américains, et ne connais pas du tout le personnage d’Aquaman. Mais ces aspects ne sont ici qu’accessoires, voire quasi inexistants, et c’est tant mieux ! J’ai ainsi pu entrer plus facilement dans ce récit. Sans en être sorti enthousiasmé, j’ai trouvé l’histoire intéressante, assez bien menée. Finalement très classique dans sa construction (des flash-backs dessinent peu à peu les portraits des protagonistes, leurs fêlures). Influencée par le film Abyss, jouant – mais de loin en fait – sur le mythe de l’Atlantide, l’intrigue s’écarte aussi du thriller dans lequel je pensais qu’elle allait se positionner, c’est assez inclassable au final, du fantastique, du thriller. Quelques petites choses m’ont échappé, certaines séquences (narratives et graphiques) ne sont pas toujours très claires et il y a des facilités scénaristiques – inhérentes à ce genre de sujet je pense (à quoi sert réellement le Kraken, pourquoi disparait-il ? Le pirate semble avoir des facultés incroyables et inexpliquée, etc.). Graphiquement, c’est assez original. En effet, là où beaucoup de dessinateurs de ce genre de séries jouent sur un dessin et une colorisation très sombres, accentuant le thriller et l’oppression des grands fonds, Ward mise au contraire sur des couleurs claires et franchement pétantes. C’est surprenant, relativement original, et souvent très beau visuellement (son dessin des personnages, les visages en particulier, est lui plus inégal). Un album à découvrir.

30/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Alice Guy
Alice Guy

La narration est sans surprise, très classique – sans doute y manque-t-il quelques envolées, des pointes d’humour, je ne sais quoi susceptible de dynamiser quelque peu la lecture. Voilà pour les quelques bémols. Mais sinon, j’ai trouvé cette lecture très intéressante. La narration est certes sans surprise, mais elle est très fluide, comme le dessin de Catel. Et surtout le sujet est intéressant et j’y ai découvert le rôle joué par cette femme, oubliée comme d’autres par les livres d’histoires et les retombées financières, alors qu’elle a pourtant joué un rôle clé dans le développement du cinéma. Au travers de sa biographie, ce sont les balbutiements de l’industrie cinématographique qu’il nous est donné de découvrir. Les progrès techniques, les tâtonnements, les luttes à propos des brevets (et les très nombreux appareils qui un temps ont postuler à devenir le vecteur de ce nouveau médium, les évènements qui auraient pu tout faire « capoter » (l’incendie du bazar de l’hôtel de ville), etc. Ces aspects à eux seuls méritent la lecture. Mais la personnalité d’Alice Guy, femme au caractère bien trempée, est tout aussi intéressante. A ce jour deux albums de BD ont été publiés autour de cette « pionnière », et celui-ci est plus qu’une honnête biographie, il est un hommage certes tardif, mais sincère à l’œuvre d’une femme dépossédée de ses créations (elle n’a jamais revu tous les petits films tournés) et injustement « effacée » de la mémoire collective, voire des encyclopédies sur le cinéma (voir l’anecdote sur son absence dans les livres de Sadoul, ses films étant attribués à un autre – un homme…). Note réelle 3,5/5.

30/09/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Nos vacances au bled
Nos vacances au bled

J'ai lu cet album sans avoir lu Famille nombreuse, mais c'est pas grave on n’est pas obligé de l'avoir lu pour comprendre 'Nos Vacances au bled'. De toute façon, la plupart des membres de la grosse famille de l'autrice ont pas de personnalité bien définie (en gros, les frères et les sœurs agissent comme n'importe quels frères et sœurs qu'on voit à la télé et il y en a pas un qui se démarque vraiment selon moi) alors c'est pas comme si le scénario devenait confus si on oubliait des noms ou des visages. Ses vacances racontées par l'autrice sont globalement plaisantes, j'ai souvent souri aux anecdotes et le dessin est pas mal. Toutefois, j'avoue que toute la partie autour de la beauté féminine et les poils ne m'a pas du tout captivé, sans doute parce que je suis un gars et que franchement les poils sous les aisselles cela ne me dérange pas trop. J'ai beaucoup mieux aimé, par exemple, lorsqu'on voit la mère prendre en charge le chantier de la maison que la famille se fait construire en Tunisie après avoir vu que les ouvriers sont du genre pas très fiable. Le genre d'album que j'emprunte à la bibliothèque et que je ne pense pas que je vais le relire un jour.

29/09/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Touristes à la Havane
Touristes à la Havane

Contrairement à la Corée du Nord, autre pays communiste (mais pas le seul), Cuba est un pays qui s'est ouvert au monde, même s'il est constamment sous le joug du blocus américain. Le tourisme international a largement contribué à l'imagerie populaire du pays, celle d'un endroit lumineux, plein de gens très accueillants, un peu figé dans les années 1950 à cause de ce blocus. Mais c'est également un pays où l'école et les soins sont gratuits, où la solidarité n'est pas un vain mot. C'est ce pays qu'Edo Brenes est allé découvrir avec sa compagne en 2016. Logés dans une pension de famille de la Havane, ils découvrent l'histoire de cette famille recomposée qui les accueille, mais aussi une autre famille, liée à l'une de leurs amis, au Costa Rica. Commence alors une série de saynètes dans plusieurs foyers familiaux dont on se doute qu'ils sont liés, et pas seulement parce qu'ils se croisent dans la rue. J'avoue que je trouvais ça sympa, mais sans plus, à l'instar de pas mal de BD-reportages sur tel ou tel pays, même s'il y avait cette petite couche d'authenticité. Le dessin de Brenes est typique de la ligne claire, on sent clairement une influence d'Hergé et ses héritiers, dans un style cependant assez figé. On notera le choix d'une palette de couleurs assez large, pour rendre justice à l'ambiance de l'île. C'est plutôt agréable, même si ce dessin fait un peu "daté". Et puis à la fin de l'album, au bout de 350 pages ou plus, Edo Brenes m'a cueilli. Le récit bascule dans le drame, avec un accident qui remet en cause beaucoup de choses martelées depuis le début. Un voyage authentique.

29/09/2023 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série La Mer à boire
La Mer à boire

BD déroutante dans le bon sens du terme, parsemée de gags volontiers surréalistes. Très agréable à lire quand elle nous surprend temporellement, ses absurdités faisant souvent mouche. Mais elle gêne aussi aux entournures aujourd'hui, dans nos sociétés post "MeToo" : le regard masculin de l'auteur est par trop lubrique, certaines situations cherchant à émoustiller flirtent avec la patriarcale gratuité, reproduisent de tristes fantasmes masculins. Les bifurcations sexuelles freudiennes étaient légitimées par le sujet, mais elles sont ici un peu trop malhonnêtement accentuées. Une lecture très intéressante néanmoins.

29/09/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Saudade (Willian/Garabeli)
Saudade (Willian/Garabeli)

« Saudade » me rappelle un peu Better place (toujours aux éditions Komics initiative), à savoir une histoire sur le deuil chez l’enfant, avec ici la mort récente de la maman de Lara et Thomas. L’auteur propose une réflexion intéressante sur la perte d’un proche, l’importance d’aller de l’avant, de s’entre-aider pour faire face à la douleur. Le message est simple et clair, le ton est mignon et touchant, et devrait surtout plaire aux enfants, je pense. La mise en image de Melissa Garabeli est sublime, avec un trait tout en rondeur et des couleurs aquarelles du plus bel effet. Un chouette album, que je recommande surtout aux enfants.

29/09/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Le Cri
Le Cri

Je partais confiant et au final je ressors de ma lecture un chouïa déçu. Je ne suis pas fan des deux auteurs dont je n'ai lu que Balade au bout du monde, c'est le nom de Nicolas Beuglet (L'Alchimiste) (journaliste, puis il tient différents postes à M6 pendant 15 ans et enfin romancier à succès) qui a attiré mon attention. Cette BD adapte son roman "Le Cri" qui a reçu le prix "Nouvelles Voix du Polar" en 2016 et dont j'avais entendu que du bien. Ce récit s'appuie sur des informations rendues publiques aux États-Unis en 1977 : le projet Mk-Ultra. Cette opération s'étalant des années 1950 à 1973 était dirigée par la CIA. Ce projet secret impliquait l’utilisation de drogues (LSD) sur des sujets non consentants (jusqu'en 1964) dans le but de développer des techniques de contrôle mental. Un vrai scénario de science-fiction pendant la guerre froide. Un récit qui va faire voyager, de la Norvège à une île perdue au milieu de l'océan Atlantique en passant par la France. Le point de départ sera la mort suspecte d'un patient avec le chiffre 488 gravé sur le front dans un hôpital psychiatrique de la banlieue d'Oslo : Gaustad (bien connu pour son acte de résistance pendant la seconde guerre mondiale, soyez curieux). Et pour mener cette enquête, on va avoir droit à un sacré bout de femme, Sarah Geringën qui a un beau curriculum vitæ, deux années dans les forces spéciales et autant dans l'armée. Grande, élancée et froide comme le marbre, elle ne serre jamais la main, mais d'une rare efficacité. On n'a pas envie de s'y frotter. J'ai particulièrement aimé le début de l'intrigue qui fait très thriller, surtout la partie se situant en Norvège. Par contre je n'ai pas adhéré à la partie qui se base sur les expériences de la CIA, elles ont pris de trop grosses proportions à mon goût et les facilités scénaristiques m'ont un peu chagriné. Par contre je dois reconnaître que Makyo a su maintenir un climat sous tension de la première à la dernière page et une belle maîtrise dans le rythme soutenu du récit. Le travail de Laval NG est remarquable, il est pour beaucoup dans le climat oppressant du récit. Un dessin poisseux et froid aux lignes floues et à la colorisation pastelle dans les tons bleus/verts où juste le roux de la chevelure de Sarah tranche. Je ne sais pas ce que vaut cette adaptation par rapport au roman, mais elle reste une lecture recommandable.

29/09/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Elias le maudit
Elias le maudit

J'avais trouvé le premier tome en occasion et il m'avait beaucoup plu, m'incitant à aller trouver l'intégrale pour voir la suite et fin de cette ouverture prometteuse. Si je suis content d'avoir lu l'ensemble, je suis bien d'accord avec tout les avis précédent : la série n'est clairement pas fini au tome 3 et ne comporte pas de suite, malheureusement. C'est le gros point noir de la série, qui s'achève avec beaucoup trop de questions et n'a conclu qu'un seul arc narratif, clairement sans avoir terminé son histoire qu'elle invite à poursuivre par sa dernière planche. Si je poursuit dans les défauts, je dirais que j'en ai eu un au niveau du dessin : il est clairement dans un style qui convient à une histoire de fantasy, mais j'ai trouvé que le rendu (surtout au niveau des couleurs) aurait mérité de plus grandes cases. Le décor chargé et l'action parfois trop envahissante donne une sensation de lecture chargée et complexe. Les pages enchainent très vite les interactions, comme si les auteurs avaient du condenser l'ensemble dans un format trop étroit pour eux. C'est dommage, la BD aurait gagnée à être plus aérée et claire, avec d'ailleurs un jeu sur les couleurs qui aurait pu être plus étoffé. Le côté terne ressort trop des pages. Pour le reste, j'ai bien aimé cette histoire qui n'est pas finie. Il y a un bon début qui entraine dans un monde sympathique, aux codes bien ancrés mais qui se joue sur un tableau pas forcément habituel. L'échange de corps ce n'est pas le scénario le plus connu, et l'idée me plait bien. Associé au fameuses 32 cartes servant de catalyseur magique. Je suis frustré qu'il n'y ait pas plus, mais le développement est intéressant. L'apparition du golem à la fin soulève des questions intéressantes et je pense que les auteurs avaient une idée en tête, qui me semble arriver par petites touches, et je pense avoir deviné dans quelles directions ils souhaitaient aller. Maintenant je ne pourrais jamais confirmer ou infirmer cette hypothèse. Dans la question de la fantasy très classique, il n'y a rien d'original mais que du très plaisant. Si vous êtes amateur du genre, ça vous plaira sans doute.

29/09/2023 (modifier)