Une BD très sympathique qui parle de jeunesse et d'amitié, dans un enrobage assez surprenant que je ne dévoilerai pas. Partant d'une histoire classique de disparition au lendemain d'une soirée arrosée, une jeune fille de 14 ans recherche sa meilleure pote qui n'est plus là. Ses recherches sont entrecoupées de BD qu'elle dessine, en personnage découpés. Le tout s'orientant progressivement dans une histoire moins simple que je n'aurais cru.
Le début me faisait penser à une BD sur la jeunesse et les conséquences de nos actes, l'insouciance d'une jeunesse face aux difficultés du monde etc … Mais progressivement le récit se dessine comme une réflexion sur l'amitié et la découverte de la réalité du monde. La jeune fille disparue devient le prétexte d'une exploration d'un monde d'adulte que l'héroïne, Fédérica, ne connait pas. Mais dont elle découvrira certains aspects qu'on n'aurait pas soupçonné de prime abord.
J'ai aimé la façon dont le récit se construit progressivement, entre famille et amis, jeunes et adultes, réalité et bande dessinée. L'auteure joue habillement de codes habituels de ce genre de récit pour parler de choses plus sérieuses et profondes, notamment des thématiques que je ne m'attendais pas à voir au vue du récit. Mais l'intégration est bien faite et rien ne semble débouler au hasard. Lorsque les thématiques plus graves arrivent, j'ai trouvé qu'elles étaient pertinentes et faisaient un bon écho à la quête d'une ado qui grandit en quelques heures, face à toutes ces révélations. La fin est mignonne et reste sur une note positive, ce qui est agréable après tout ce qui a été développé. Mais je trouve que prédomine les traits d'esprits et dialogues qui parsèment l'œuvre, sur la considération du monde et j'aime le fait que la BD n'évoque pas clairement la place que doit prendre la jeunesse dedans. C'est un constat en même temps qu'une invitation à venir prendre sa place là-dedans, conscient des réalités.
Une bien belle BD qui plaira sans doute pas mal à de jeunes personnes.
Intéressant ouvrage, qui tente de clarifier un peu la complexité du jeu politique dans l'Afrique centrale et les difficultés rencontrés sur place aussi bien par les locaux que par les ONG. L'histoire tente de brasser plusieurs sujets, à l'insar d'un Ptiluc dans "Jeux sans frontières", avec un versant spiritualité plus prononcé. L'histoire parle de religions, de tendances spirituelles ou du fanatisme.
Le dessin, très coloré, m'avait déjà attiré l'œil sur Un amour de Stradivarius que j'avais apprécié, même si je trouve un aspect parfois un peu brouillon. Il arrive à bien retranscrire la lumière particulière des pays plus au sud et donne un aspect vivant à des paysages pas forcément rempli. L'apparition de la forêt en fin de BD rajoute un nouveau paysage à l'ensemble, donnant l'impression de se trouver au Nigeria.
L'histoire s'inscrit dans un pays imaginaire, ce qui est à mon sens dommage. J'aurais bien aimé voir des aspects proches de politiciens réels, sans pour autant perdre en force dans le propos. D'autre part j'aurais aimé voir apparaitre les quelques figures contestataires de cette Afrique subordonnée aux anciens colonisateurs (comme Sankara) et leur tristes destins. Je suis un peu moins enthousiaste à l'idée de commenter l'Afrique sans parler de ce qui est aussi brisé par l'Occident dès lors qu'on ne s'aligne pas sur leurs volontés.
En soi, c'est une BD qui a ses intérêts, notamment sur la question de la spiritualité en Afrique, entre religions monothéistes, déviances sectaires liées aux propos politique, mais aussi renouveau spirituel (ici le rastafarisme) en adéquation avec de nouvelles valeurs et volontés. Quelques mots sont prononcés sur les questions d'ONG et maladies, ou de sécheresse et famine. C'est une toile de fond du propos, montrer une Afrique entre dirigeant dans un luxe ostentatoire et citoyens dans différentes situations, déchirés dans des conflits qui ne les concernent même pas. Et l'histoire dessus rajoute quelques notes sur la volonté qui mène les gens ici, les pousse à venir.
En soi, une bonne BD, pas la meilleure mais agréable et qui s'inscrit dans la continuité de plein d'autres BD sur le même sujet. Ni indispensable ni a jeter, une lecture sympa !
N’ayant jamais eu en main l’album d’origine publié par Losfeld (inaccessible autant financièrement que physiquement), j’avise l’album paru quelques années plus tard chez les Humanos, qui reprend l’histoire d’origine, « Le mystère des abîmes », auquel s’ajoutent 3 histoires courtes.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette histoire fait bien son âge. Je parle de l’époque de création/publication (milieu des années 1960), mais aussi de l’âge de Druillet, alors auteur débutant – et ça se voit (autant que se devine son potentiel).
Disons-le tout de suite, c’est bourré de défauts. Graphiquement, des erreurs de proportions parfois, un trait hésitant, avec des personnages peu expressifs (Lone Sloane lui-même semble porter un masque en permanence). Et Druillet est encore un peu tributaire du gaufrier classique. Pas de planches déstructurées, comme ce sera souvent le cas par la suite.
La narration est souvent plombée par un texte trop abondant, un peu lourd, et l’histoire elle-même semble portée par une forte improvisation, l’intrigue est très linéaire et très peu « creusée », une suite d’aventures SF dans lesquelles le héros, Sloane, est ballotté, loin du personnage dominateur et plus charismatique que développera Druillet dans les aventures futures de Lone Sloane.
Ceci étant dit, c’est quand même une œuvre intéressante. Sur des bases très classiques, vaguement inspirées de Flash Gordon (comme le sera Buzzelli dans Zasafir la prisonnière - un certain trait rageur le rapproche aussi de ce premier Druillet), Druillet part sur quelque chose de plus personnel, même si c’est inabouti et brouillon.
Même ressenti au niveau du dessin. J’ai parlé des défauts, mais son trait nerveux, visiblement au Rotring, est à la fois maladroit et intéressant. Souvent épuré pour les décors (donnant l’impression – renforcé par l’utilisation d’une sorte de stylo – de simples crayonnés), son dessin se révèle parfois baroque, foisonnant (ces passages annoncent la forme que prendra son travail à l’avenir).
Les deux petites histoires qui suivent sont assez moyennes, mais on y décèle quelques petits changements, plus en phase avec l’époque (plus d’arrondis virant parfois au psychédélique, totalement absent de la longue histoire originelle, apparition d’un personnage aux traits de Salvador Dali).
Quant à la dernière histoire, elle est très différente du reste. Visuellement plus forte, colorisée, avec un dessin fortement inspiré par Moebius, on y retrouve le Druillet « classique », celui de La Nuit, du reste de Lone Sloane, de Salammbô, avec des cases faisant voler le gaufrier traditionnel (la couverture de l’édition des Humanos en est l’illustration, même si, du coup, elle n’est pas représentative de la majorité du contenu de cet album, qui est intéressant pour connaître les débuts d’un grand auteur, mais qui est encore plein de défauts et qui n’est pas encore habité par les envolées plus ou moins délirantes qui « signeront » l’œuvre de Druillet.
A lire à l’occasion, et peut-être à réserver aux amateurs de cet auteur singulier. Ma note tient compte de l'aspect quasi historique de l'album.
Note réelle 2,5/5.
Je ne sais pas si cet album est, comme certains le soulignent, le « chef d’œuvre » d’Eisner. C’est en tout cas celui auquel j’ai le plus spontanément accroché. On est loin ici de ses thématiques urbaines et de lutte contre l’antisémitisme qui dominent son œuvre. C’est un roman graphique qui joue sur l’histoire (la guerre froide) et la science-fiction, avec quelques touches d’humour loufoque parfois.
Justement, les surenchères, les péripéties parfois grotesques, voilà ce que j’aurais aimé voir prendre le dessus sur le récit central. C’est un récit intéressant, qui brasse pas mal de thématiques : la rivalité Est-Ouest à propos de conquête spatiale avec rivalité entre espions du KGB et ceux de la CIA, l’indépendance d’un pays africain (et sa domination par un dictateur à la Mobutu), la toute-puissance des multinationales, et des sujets éthiques sur le contrôle des connaissances et des relations avec d’hypothétiques extra-terrestres.
On le voit c’est assez dense. Et ça l’est d’autant plus que les personnages sont eux aussi très nombreux à se croiser (j’ai oublié la mafia, et ceux qui cherchent à échapper à leur vengeance, des chercheurs en mal de financement prêts à tout, et des sectes d’illuminés !). C’est un peu trop en fait. Car en sus le texte est souvent très – trop – abondant, avec des bulles bien remplies, le tout étant parfois un chouia indigeste. Le dessin est lui très fluide et agréable, rien à dire de ce côté-là.
Mais ça reste une lecture intéressante et recommandable.
Note réelle 3,5/5.
Le dessin est correct, dans la lignée de cette collection Vécu. Du classique un peu inégal (la remarque est aussi valable sur la colorisation, pas extraordinaire sur le deuxième tome sur pas mal de passages). Un dessin inégal et daté, mais qui est quand même lisible.
Quant à l’histoire, j’ai trouvé le premier tome un peu poussif, quelques dialogues ou situation naïves (la relation entre la « vierge » escortée et Juan de Olid, le chevalier dirigeant l’expédition par exemple). Mais, si l’ensemble est lui aussi sans doute un peu daté, j’ai trouvé qu’une fois au cœur de l’Afrique, la série avait pris ses marques, sortait de l’ordinaire, en exploitant un cadre – historique et géographique – plutôt original.
En effet, nous suivons une expédition espagnole qui traverse l’Afrique du nord au sud pendant une vingtaine d’années dans le dernier quart du XVème siècle. On y croise des royaumes africains rarement vus en BD, on évoque des mythes qui ont eu la vie dure et qui vont s’estomper à ce moment (les licornes, le royaume du prêtre Jean), des explorateurs célèbres (Bartolomé Diaz, Colomb est évoqué sur la fin). Bref, de l’aventure exotique dont le cadre bonifie le récit.
Au final, l’épopée de Juan et de ses compagnons possède quelque chose d’Homérique, Juan étant une sorte d’Ulysse de la fin du moyen-âge.
Pas très connue, cette série mérite un coup d’œil de la part des amateurs de récits historiques exotiques.
J’ai lu la série dans l’intégrale en Noir et Blanc de Glénat. Ce qui n’est pas plus mal, tant j’aime bien le dessin de Pratt surtout en Noir et Blanc. Son trait, influencé par Milton Caniff, assez sec, est très lisible et agréable. Je suis de toute façon grand amateur de son travail, et je l’ai trouvé ici réussi.
Pour le reste, c’est un recueil de courts récits de guerre, la plupart bien menés – mais qui sont, du coup, peu développés. On n’a pas le temps de s’attacher aux personnages.
Les récits se déroulent durant la seconde guerre mondiale pour la plupart (d’autres ont pour cadre la guerre de Corée). De la même façon, cela se passe sur terre, parfois sur mer (avec un épisode entre un sous-marin allemand et les victimes de ses torpilles qu’il recueille déjà évoqué par Juncker dans Immergés). C’est globalement documenté, et la variété des cadres et des récits permet d’éviter les redites.
En tout cas j’ai trouvé ces récits plus intéressants que Récits de guerre, où Pratt était moins inspiré (au scénario et au dessin).
Les deux auteurs n’en sont pas à leur première collaboration, leur duo est rodé, et talentueux. C’est donc sans surprise que la lecture s’est révélée fluide et agréable.
Dessin et colorisation sont vraiment chouettes, jouant d’une simplicité qui colle bien au sujet, traitant de façon « positive », plutôt joyeuse, au travers des yeux d’un enfant, de la question de l’obésité (un gamin de CM1 défend bec et ongles sa maîtresse obèse, et cherche à la comprendre, à la protéger, à son insu).
J’ai parlé d’absence de surprise (en tout cas de mauvaise surprise) au début de mon avis. Je dois dire que c’est aussi le petit défaut de cet album. J’aurais aimé un peu plus de digressions, quelque chose de moins linéaire.
Mais bon, c’est quand même une lecture très plaisante, qui ravira le jeune lectorat, et qui peut tout à fait plaire à des adultes. Mais j’en attendais plus.
2.5
La mini-série qui se passe avant Sleeper et qui introduit quelques personnages et éléments qui vont être approfondis par la suite dans 'Sleeper'.
J'ai trouvé que c'était correct sans plus. Le scénario possède des qualités (j'aime bien la fin) sauf que c'est pas toujours facile à suivre. Cela se passe dans l'univers de Wildstorm et cela fait tellement longtemps que j'avais lu un comics se passant dans ce monde que j'ai été un peu perdu par moment. Dans la version publiée par Urban Comics, il y a une postface de Brubaker qui indique qu'il voulait faire une œuvre volontairement complexe qui s'adresse aux lecteurs intelligents et il se demande s'il est pas allé trop loin parce que par moment c'est dur à comprendre uniquement si on est pas un connaisseur de cet univers de comics.
Le dessin est correct quoique je ne suis pas fan de ce style de dessin réaliste froid et sans âme qu'on retrouve dans la bande dessinée et les comics modernes.
J’ai lu cette série dans l’intégrale que viennent de publier Les Arènes (qui ont aussi modifié le titre d’ensemble). Je l’ai lue rapidement, sans jamais m’ennuyer, le sujet est intéressant et Convard a su jouer de l’arrière-plan historique et politique pour que l’on suive avec intérêt les quelques personnages fictifs qu’il a glissés au milieu des « historiques ».
Le récit traite, sur une période allant des dernières années de la seconde guerre mondiale jusqu’à l’arrivée de Giscard au pouvoir (disons, pour faire simple, les Trente Glorieuses), des entourloupes, magouilles politiques menées par certains pour arriver au pouvoir et s’y maintenir. Avec comme fil rouge des fiches, dressées durant la guerre, et qui contiennent des informations sulfureuses et potentiellement dommageables pour certaines carrières politiques. Mais aussi, en pleine guerre froide, la lutte contre l’influence communiste, y compris en « récupérant » d’anciens collaborateurs, le tout avec la CIA comme aiguillon.
Convard éclaire d’une lumière noire certains personnages comme Marie-France Garaud ou Pompidou – alors qu’on n’est pas étonné de retrouver dans ces magouilles quelqu’un comme Pasqua.
Le récit est intéressant, bien mené, la lecture a été globalement agréable.
Je note tout de même deux choses qui m’ont chiffonné.
D’abord le dessin de Douay, que j’ai trouvé inégal et souvent très moyen. Changeant pour les visages, qui ne sont pas toujours fidèles au modèle d’origine pour des personnages historiques (de Gaulle en particulier). Ça reste lisible, mais je n’en suis pas fan.
Ensuite la présentation des communistes faite ici, si elle sert l’intrigue et est cohérente, reste quand même parfois caricaturale, tout du moins partielle. Leur rôle immense dans la résistance est occulté, et on met sur le même plan collaborateurs et résistants. Enfin, j’ai trouvé que la lutte contre le communisme avait parfois bon dos, permettant à bon compte de réhabiliter certaines idées « patriotes ». Mais bon, il y avait quand même de ça à l’époque, et le récit est par ailleurs très crédible.
Le personnage de Bacchelli, collaborateur puis grand maitre de la lutte anti-communiste, est un méchant réussi et crédible, un homme de l’ombre dans tous les sens du terme.
Malgré les réserves évoquées plus haut, je recommande cette lecture, qui use bien du matériau historique pour développer une saga historico-politique réaliste sur les coulisses des IVème et Vème Républiques, qui ne se sont pas bâties que sur des roses.
Note réelle 3,5/5.
Maruo est un des rares auteurs de manga que je suis régulièrement, qui m’intéresse au point de ne pas craindre d’y retrouver ce que je n’apprécie pas dans le manga (séries à rallonge, expression des émotions surjouée, dessin peu travaillé, etc.).
J’ai retrouvé ici son trait fin très classique, clair, très lisible : efficace et agréable en somme.
C’est plus sur les histoires regroupées dans ce recueil que je suis resté sur ma faim. En tout cas sur la première (la plus longue, qui donne son titre à l’ensemble), dans lesquelles je ne retrouvais pas forcément ce qui m’attire chez lui, à savoir cet Ero-Guro, mélange d’érotisme et de macabre. Cela vient sans doute des œuvres d’origine (il adapte ici des textes d’autres auteurs japonais), plus en retenue.
Mais les trois suivantes sont plus intéressantes. L’intrigue n’est jamais passionnante, mais dans chacune de ces histoires il y a des choses qui m’interpellent. Au niveau graphique pour la Tentation de Saint Antoine, dans laquelle Maruo reconnait son goût pour les peintres surréalistes Max Ernst et Salvador Dali (plusieurs cases reprennent d’ailleurs des parties de tableaux de Dali), ou alors au niveau d’un érotisme plus marqué, accompagné d’un certain malaise dans les deux dernières.
Un recueil inégal et pas forcément extraordinaire. Mais on y retrouve certaines des obsessions de Maruo, et les amateurs comme moi peuvent y trouver de quoi se contenter.
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Sestrières
Une BD très sympathique qui parle de jeunesse et d'amitié, dans un enrobage assez surprenant que je ne dévoilerai pas. Partant d'une histoire classique de disparition au lendemain d'une soirée arrosée, une jeune fille de 14 ans recherche sa meilleure pote qui n'est plus là. Ses recherches sont entrecoupées de BD qu'elle dessine, en personnage découpés. Le tout s'orientant progressivement dans une histoire moins simple que je n'aurais cru. Le début me faisait penser à une BD sur la jeunesse et les conséquences de nos actes, l'insouciance d'une jeunesse face aux difficultés du monde etc … Mais progressivement le récit se dessine comme une réflexion sur l'amitié et la découverte de la réalité du monde. La jeune fille disparue devient le prétexte d'une exploration d'un monde d'adulte que l'héroïne, Fédérica, ne connait pas. Mais dont elle découvrira certains aspects qu'on n'aurait pas soupçonné de prime abord. J'ai aimé la façon dont le récit se construit progressivement, entre famille et amis, jeunes et adultes, réalité et bande dessinée. L'auteure joue habillement de codes habituels de ce genre de récit pour parler de choses plus sérieuses et profondes, notamment des thématiques que je ne m'attendais pas à voir au vue du récit. Mais l'intégration est bien faite et rien ne semble débouler au hasard. Lorsque les thématiques plus graves arrivent, j'ai trouvé qu'elles étaient pertinentes et faisaient un bon écho à la quête d'une ado qui grandit en quelques heures, face à toutes ces révélations. La fin est mignonne et reste sur une note positive, ce qui est agréable après tout ce qui a été développé. Mais je trouve que prédomine les traits d'esprits et dialogues qui parsèment l'œuvre, sur la considération du monde et j'aime le fait que la BD n'évoque pas clairement la place que doit prendre la jeunesse dedans. C'est un constat en même temps qu'une invitation à venir prendre sa place là-dedans, conscient des réalités. Une bien belle BD qui plaira sans doute pas mal à de jeunes personnes.
Les Heures Noires
Intéressant ouvrage, qui tente de clarifier un peu la complexité du jeu politique dans l'Afrique centrale et les difficultés rencontrés sur place aussi bien par les locaux que par les ONG. L'histoire tente de brasser plusieurs sujets, à l'insar d'un Ptiluc dans "Jeux sans frontières", avec un versant spiritualité plus prononcé. L'histoire parle de religions, de tendances spirituelles ou du fanatisme. Le dessin, très coloré, m'avait déjà attiré l'œil sur Un amour de Stradivarius que j'avais apprécié, même si je trouve un aspect parfois un peu brouillon. Il arrive à bien retranscrire la lumière particulière des pays plus au sud et donne un aspect vivant à des paysages pas forcément rempli. L'apparition de la forêt en fin de BD rajoute un nouveau paysage à l'ensemble, donnant l'impression de se trouver au Nigeria. L'histoire s'inscrit dans un pays imaginaire, ce qui est à mon sens dommage. J'aurais bien aimé voir des aspects proches de politiciens réels, sans pour autant perdre en force dans le propos. D'autre part j'aurais aimé voir apparaitre les quelques figures contestataires de cette Afrique subordonnée aux anciens colonisateurs (comme Sankara) et leur tristes destins. Je suis un peu moins enthousiaste à l'idée de commenter l'Afrique sans parler de ce qui est aussi brisé par l'Occident dès lors qu'on ne s'aligne pas sur leurs volontés. En soi, c'est une BD qui a ses intérêts, notamment sur la question de la spiritualité en Afrique, entre religions monothéistes, déviances sectaires liées aux propos politique, mais aussi renouveau spirituel (ici le rastafarisme) en adéquation avec de nouvelles valeurs et volontés. Quelques mots sont prononcés sur les questions d'ONG et maladies, ou de sécheresse et famine. C'est une toile de fond du propos, montrer une Afrique entre dirigeant dans un luxe ostentatoire et citoyens dans différentes situations, déchirés dans des conflits qui ne les concernent même pas. Et l'histoire dessus rajoute quelques notes sur la volonté qui mène les gens ici, les pousse à venir. En soi, une bonne BD, pas la meilleure mais agréable et qui s'inscrit dans la continuité de plein d'autres BD sur le même sujet. Ni indispensable ni a jeter, une lecture sympa !
Lone Sloane 66
N’ayant jamais eu en main l’album d’origine publié par Losfeld (inaccessible autant financièrement que physiquement), j’avise l’album paru quelques années plus tard chez les Humanos, qui reprend l’histoire d’origine, « Le mystère des abîmes », auquel s’ajoutent 3 histoires courtes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette histoire fait bien son âge. Je parle de l’époque de création/publication (milieu des années 1960), mais aussi de l’âge de Druillet, alors auteur débutant – et ça se voit (autant que se devine son potentiel). Disons-le tout de suite, c’est bourré de défauts. Graphiquement, des erreurs de proportions parfois, un trait hésitant, avec des personnages peu expressifs (Lone Sloane lui-même semble porter un masque en permanence). Et Druillet est encore un peu tributaire du gaufrier classique. Pas de planches déstructurées, comme ce sera souvent le cas par la suite. La narration est souvent plombée par un texte trop abondant, un peu lourd, et l’histoire elle-même semble portée par une forte improvisation, l’intrigue est très linéaire et très peu « creusée », une suite d’aventures SF dans lesquelles le héros, Sloane, est ballotté, loin du personnage dominateur et plus charismatique que développera Druillet dans les aventures futures de Lone Sloane. Ceci étant dit, c’est quand même une œuvre intéressante. Sur des bases très classiques, vaguement inspirées de Flash Gordon (comme le sera Buzzelli dans Zasafir la prisonnière - un certain trait rageur le rapproche aussi de ce premier Druillet), Druillet part sur quelque chose de plus personnel, même si c’est inabouti et brouillon. Même ressenti au niveau du dessin. J’ai parlé des défauts, mais son trait nerveux, visiblement au Rotring, est à la fois maladroit et intéressant. Souvent épuré pour les décors (donnant l’impression – renforcé par l’utilisation d’une sorte de stylo – de simples crayonnés), son dessin se révèle parfois baroque, foisonnant (ces passages annoncent la forme que prendra son travail à l’avenir). Les deux petites histoires qui suivent sont assez moyennes, mais on y décèle quelques petits changements, plus en phase avec l’époque (plus d’arrondis virant parfois au psychédélique, totalement absent de la longue histoire originelle, apparition d’un personnage aux traits de Salvador Dali). Quant à la dernière histoire, elle est très différente du reste. Visuellement plus forte, colorisée, avec un dessin fortement inspiré par Moebius, on y retrouve le Druillet « classique », celui de La Nuit, du reste de Lone Sloane, de Salammbô, avec des cases faisant voler le gaufrier traditionnel (la couverture de l’édition des Humanos en est l’illustration, même si, du coup, elle n’est pas représentative de la majorité du contenu de cet album, qui est intéressant pour connaître les débuts d’un grand auteur, mais qui est encore plein de défauts et qui n’est pas encore habité par les envolées plus ou moins délirantes qui « signeront » l’œuvre de Druillet. A lire à l’occasion, et peut-être à réserver aux amateurs de cet auteur singulier. Ma note tient compte de l'aspect quasi historique de l'album. Note réelle 2,5/5.
L'Appel de l'Espace
Je ne sais pas si cet album est, comme certains le soulignent, le « chef d’œuvre » d’Eisner. C’est en tout cas celui auquel j’ai le plus spontanément accroché. On est loin ici de ses thématiques urbaines et de lutte contre l’antisémitisme qui dominent son œuvre. C’est un roman graphique qui joue sur l’histoire (la guerre froide) et la science-fiction, avec quelques touches d’humour loufoque parfois. Justement, les surenchères, les péripéties parfois grotesques, voilà ce que j’aurais aimé voir prendre le dessus sur le récit central. C’est un récit intéressant, qui brasse pas mal de thématiques : la rivalité Est-Ouest à propos de conquête spatiale avec rivalité entre espions du KGB et ceux de la CIA, l’indépendance d’un pays africain (et sa domination par un dictateur à la Mobutu), la toute-puissance des multinationales, et des sujets éthiques sur le contrôle des connaissances et des relations avec d’hypothétiques extra-terrestres. On le voit c’est assez dense. Et ça l’est d’autant plus que les personnages sont eux aussi très nombreux à se croiser (j’ai oublié la mafia, et ceux qui cherchent à échapper à leur vengeance, des chercheurs en mal de financement prêts à tout, et des sectes d’illuminés !). C’est un peu trop en fait. Car en sus le texte est souvent très – trop – abondant, avec des bulles bien remplies, le tout étant parfois un chouia indigeste. Le dessin est lui très fluide et agréable, rien à dire de ce côté-là. Mais ça reste une lecture intéressante et recommandable. Note réelle 3,5/5.
A la recherche de la Licorne
Le dessin est correct, dans la lignée de cette collection Vécu. Du classique un peu inégal (la remarque est aussi valable sur la colorisation, pas extraordinaire sur le deuxième tome sur pas mal de passages). Un dessin inégal et daté, mais qui est quand même lisible. Quant à l’histoire, j’ai trouvé le premier tome un peu poussif, quelques dialogues ou situation naïves (la relation entre la « vierge » escortée et Juan de Olid, le chevalier dirigeant l’expédition par exemple). Mais, si l’ensemble est lui aussi sans doute un peu daté, j’ai trouvé qu’une fois au cœur de l’Afrique, la série avait pris ses marques, sortait de l’ordinaire, en exploitant un cadre – historique et géographique – plutôt original. En effet, nous suivons une expédition espagnole qui traverse l’Afrique du nord au sud pendant une vingtaine d’années dans le dernier quart du XVème siècle. On y croise des royaumes africains rarement vus en BD, on évoque des mythes qui ont eu la vie dure et qui vont s’estomper à ce moment (les licornes, le royaume du prêtre Jean), des explorateurs célèbres (Bartolomé Diaz, Colomb est évoqué sur la fin). Bref, de l’aventure exotique dont le cadre bonifie le récit. Au final, l’épopée de Juan et de ses compagnons possède quelque chose d’Homérique, Juan étant une sorte d’Ulysse de la fin du moyen-âge. Pas très connue, cette série mérite un coup d’œil de la part des amateurs de récits historiques exotiques.
Ernie Pike
J’ai lu la série dans l’intégrale en Noir et Blanc de Glénat. Ce qui n’est pas plus mal, tant j’aime bien le dessin de Pratt surtout en Noir et Blanc. Son trait, influencé par Milton Caniff, assez sec, est très lisible et agréable. Je suis de toute façon grand amateur de son travail, et je l’ai trouvé ici réussi. Pour le reste, c’est un recueil de courts récits de guerre, la plupart bien menés – mais qui sont, du coup, peu développés. On n’a pas le temps de s’attacher aux personnages. Les récits se déroulent durant la seconde guerre mondiale pour la plupart (d’autres ont pour cadre la guerre de Corée). De la même façon, cela se passe sur terre, parfois sur mer (avec un épisode entre un sous-marin allemand et les victimes de ses torpilles qu’il recueille déjà évoqué par Juncker dans Immergés). C’est globalement documenté, et la variété des cadres et des récits permet d’éviter les redites. En tout cas j’ai trouvé ces récits plus intéressants que Récits de guerre, où Pratt était moins inspiré (au scénario et au dessin).
Mademoiselle Sophie ou la fable du lion et de l'hippopotame
Les deux auteurs n’en sont pas à leur première collaboration, leur duo est rodé, et talentueux. C’est donc sans surprise que la lecture s’est révélée fluide et agréable. Dessin et colorisation sont vraiment chouettes, jouant d’une simplicité qui colle bien au sujet, traitant de façon « positive », plutôt joyeuse, au travers des yeux d’un enfant, de la question de l’obésité (un gamin de CM1 défend bec et ongles sa maîtresse obèse, et cherche à la comprendre, à la protéger, à son insu). J’ai parlé d’absence de surprise (en tout cas de mauvaise surprise) au début de mon avis. Je dois dire que c’est aussi le petit défaut de cet album. J’aurais aimé un peu plus de digressions, quelque chose de moins linéaire. Mais bon, c’est quand même une lecture très plaisante, qui ravira le jeune lectorat, et qui peut tout à fait plaire à des adultes. Mais j’en attendais plus.
Sleeper - Point Blank
2.5 La mini-série qui se passe avant Sleeper et qui introduit quelques personnages et éléments qui vont être approfondis par la suite dans 'Sleeper'. J'ai trouvé que c'était correct sans plus. Le scénario possède des qualités (j'aime bien la fin) sauf que c'est pas toujours facile à suivre. Cela se passe dans l'univers de Wildstorm et cela fait tellement longtemps que j'avais lu un comics se passant dans ce monde que j'ai été un peu perdu par moment. Dans la version publiée par Urban Comics, il y a une postface de Brubaker qui indique qu'il voulait faire une œuvre volontairement complexe qui s'adresse aux lecteurs intelligents et il se demande s'il est pas allé trop loin parce que par moment c'est dur à comprendre uniquement si on est pas un connaisseur de cet univers de comics. Le dessin est correct quoique je ne suis pas fan de ce style de dessin réaliste froid et sans âme qu'on retrouve dans la bande dessinée et les comics modernes.
La France de l'ombre (Les Années rouge & noir)
J’ai lu cette série dans l’intégrale que viennent de publier Les Arènes (qui ont aussi modifié le titre d’ensemble). Je l’ai lue rapidement, sans jamais m’ennuyer, le sujet est intéressant et Convard a su jouer de l’arrière-plan historique et politique pour que l’on suive avec intérêt les quelques personnages fictifs qu’il a glissés au milieu des « historiques ». Le récit traite, sur une période allant des dernières années de la seconde guerre mondiale jusqu’à l’arrivée de Giscard au pouvoir (disons, pour faire simple, les Trente Glorieuses), des entourloupes, magouilles politiques menées par certains pour arriver au pouvoir et s’y maintenir. Avec comme fil rouge des fiches, dressées durant la guerre, et qui contiennent des informations sulfureuses et potentiellement dommageables pour certaines carrières politiques. Mais aussi, en pleine guerre froide, la lutte contre l’influence communiste, y compris en « récupérant » d’anciens collaborateurs, le tout avec la CIA comme aiguillon. Convard éclaire d’une lumière noire certains personnages comme Marie-France Garaud ou Pompidou – alors qu’on n’est pas étonné de retrouver dans ces magouilles quelqu’un comme Pasqua. Le récit est intéressant, bien mené, la lecture a été globalement agréable. Je note tout de même deux choses qui m’ont chiffonné. D’abord le dessin de Douay, que j’ai trouvé inégal et souvent très moyen. Changeant pour les visages, qui ne sont pas toujours fidèles au modèle d’origine pour des personnages historiques (de Gaulle en particulier). Ça reste lisible, mais je n’en suis pas fan. Ensuite la présentation des communistes faite ici, si elle sert l’intrigue et est cohérente, reste quand même parfois caricaturale, tout du moins partielle. Leur rôle immense dans la résistance est occulté, et on met sur le même plan collaborateurs et résistants. Enfin, j’ai trouvé que la lutte contre le communisme avait parfois bon dos, permettant à bon compte de réhabiliter certaines idées « patriotes ». Mais bon, il y avait quand même de ça à l’époque, et le récit est par ailleurs très crédible. Le personnage de Bacchelli, collaborateur puis grand maitre de la lutte anti-communiste, est un méchant réussi et crédible, un homme de l’ombre dans tous les sens du terme. Malgré les réserves évoquées plus haut, je recommande cette lecture, qui use bien du matériau historique pour développer une saga historico-politique réaliste sur les coulisses des IVème et Vème Républiques, qui ne se sont pas bâties que sur des roses. Note réelle 3,5/5.
L'Enfer en bouteille
Maruo est un des rares auteurs de manga que je suis régulièrement, qui m’intéresse au point de ne pas craindre d’y retrouver ce que je n’apprécie pas dans le manga (séries à rallonge, expression des émotions surjouée, dessin peu travaillé, etc.). J’ai retrouvé ici son trait fin très classique, clair, très lisible : efficace et agréable en somme. C’est plus sur les histoires regroupées dans ce recueil que je suis resté sur ma faim. En tout cas sur la première (la plus longue, qui donne son titre à l’ensemble), dans lesquelles je ne retrouvais pas forcément ce qui m’attire chez lui, à savoir cet Ero-Guro, mélange d’érotisme et de macabre. Cela vient sans doute des œuvres d’origine (il adapte ici des textes d’autres auteurs japonais), plus en retenue. Mais les trois suivantes sont plus intéressantes. L’intrigue n’est jamais passionnante, mais dans chacune de ces histoires il y a des choses qui m’interpellent. Au niveau graphique pour la Tentation de Saint Antoine, dans laquelle Maruo reconnait son goût pour les peintres surréalistes Max Ernst et Salvador Dali (plusieurs cases reprennent d’ailleurs des parties de tableaux de Dali), ou alors au niveau d’un érotisme plus marqué, accompagné d’un certain malaise dans les deux dernières. Un recueil inégal et pas forcément extraordinaire. Mais on y retrouve certaines des obsessions de Maruo, et les amateurs comme moi peuvent y trouver de quoi se contenter.