Comme Mac Arthur, je trouve en effet que les principaux reproches que l’on peut faire à cette histoire (en gros des personnages et une intrigue pas assez fouillés) auraient pu être évités en donnant plus de temps et de place pour développer l’ensemble.
En effet tout va trop vite ici, les péripéties s’enchaînent, sans laisser le temps au lecteur de se familiariser avec les protagonistes. Et du coup certaines situations perdent de leur force, voire de leur intérêt. Je pense en particulier au personnage de Don Diego et à sa personnalité très tourmentée et perverse. Là où j’ai vu des facilités et une narration saccadée, on aurait pu en faire quelque chose de bien plus intéressant (idem pour le personnage de sa mère d’ailleurs). Pareil pour les Apaches : le personnage du chef Cleghorn et de sa fille méritaient de prendre plus d’épaisseur (et le sadique chasseur d’Indien Hinter pouvait faire un super méchant plus charismatique).
Bon, on ne va pas refaire le scénario, mais je pense qu’il y avait un réel potentiel pour mieux exploiter ce récit. Récit qui ne manque quand même pas d’intérêt en l’état, mais qui reste frustrant.
Ceci dit, ça reste quand même un western « mexicain » très lisible, dans lequel tous les ingrédients du genre se retrouvent, et que les amateurs peuvent apprécier.
J’ai bien aimé le dessin de Mezzomo, les décors sont vraiment chouettes, ce qui fait que la lecture malgré l’impression d’un matériau insuffisamment exploité, s’est avérée plaisante. Ce qui me fait être plus indulgent que Mac Arthur au final.
Note réelle 2,5/5.
Un bâtiment militaire américain transporté dans le temps en traversant une drôle de tempête magnétique, ça ne vous rappelle pas Nimitz, retour vers l'enfer, ça ? Sauf qu'ici, ce n'est pas un porte-avion mais un unique chasseur F-18, et qu'il ne sera pas du tout amené à affronter des avions du passé mais plutôt à aller directement atterrir en catastrophe sans pouvoir redécoller.
Lors d'une expérience visant à utiliser la magnétohydrodynamique (la technologie des missiles hypersoniques) sur leur avion de chasse expérimental, une jeune scientifique et d'un pilote d'essai se retrouvent transportés dans le passé, plus précisément en 1917. Leur avion accidenté et caché dans une grange (oui, comme dans Retour vers le futur), ils ont la chance d'avoir atterri non loin de la demeure familiale de la scientifique qui a le bonheur de ressembler comme deux gouttes d'eau à son aïeule. Se faisant ainsi passer pour la cousine des chatelains, elle et le pilote vont essayer de s'intégrer en cette période de guerre mondiale et de trouver un moyen de retourner dans leur temps.
C'est une série d'aventure, de science-fiction et d'aviation. L'idée à long terme semble être de faire se balader les deux héros dans le temps pour y découvrir les avions et le contexte de ces différentes époques. Et pour le moment, le premier cycle (sans doute un diptyque) se focalise sur la fin de la première guerre mondiale, permettant au pilote d'intégrer l'escadrille Lafayette des volontaires américains, sous le regard suspicieux d'un membre du contre-espionnage français surpris de ne trouver aucune trace de ce gaillard dans les dossiers militaires de l'armée US.
Si l'idée est simple et un peu convenue, elle est réalisée avec soin et professionnalisme. Le dessin est propre et sans défaut si ce n'est peut-être un aspect un peu trop académique. Il est en tout cas impeccable pour tout ce qui concerne les avions et c'est l'essentiel ici. Tout n'est pas toujours crédible dans l'intrigue, comme la facilité qu'a l'héroïne à se faire passer pour son aïeule, ou l'idée que les héros tentent de reproduire avec un coucou de la première guerre mondiale les conditions pour lesquelles il leur a fallu un F-18 à 200 millions de dollars de nos jours. Mais l'histoire est bien menée et prenante, pour qui ne se pose pas trop de questions. Et la plongée dans le cadre de la vie civile bourgeoise et de l'aviation militaire durant la guerre de 14-18 est intéressante et bien rendue.
A suivre donc !
En entamant cet album, j'ai cru avoir été trompé par la couverture. Celle-ci est en effet dans un détail tout à fait moderne alors que les premiers chapitres de ce recueil Dark Detective date des années 70, dans un style graphique nettement plus désuet. Ce n'est qu'après coup que j'ai compris la composition de cet album.
Sa première grosse moitié contient 9 épisodes datant des années 70. Tous scénarisés par Steve Englehart, il s'agit d'histoires de Batman (et Robin pour une paire d'entre elles) sans réel suivi, avec un adversaire différent à chaque épisode (ou parfois sur 2 épisodes à suivre). Le seul réel lien entre elles est un conflit en toile de fond entre Batman et le Boss Thorne, président corrompu du conseil de Gotham City, et la rencontre de Bruce Wayne avec la belle Silver St Cloud avec qui il vivra une romance mais qu'elle quittera à regret quand elle découvrira sa double identité, amour devenu impossible car trop dangereux pour les deux tourtereaux.
Dans la seconde moitié de l'album, plus de vingt ans après, Steve Englehart est revenu au personnage de Batman le temps d'une histoire courte, puis de la mini-série Dark Detective publiée en 2005 en 6 épisodes qui voient revenir Silver St Cloud dans la vie de Bruce Wayne. Tandis que Batman affronte successivement Double-face (et son clone créé par le professeur Double X), l'Epouvantail et enfin le Joker, la romance entre Silver et Bruce se reforme, ce dernier partageant cette fois sans fard avec elle tous ses secrets.
Trois dessinateurs se succèdent sur les premiers épisodes et le style graphique évolue relativement rapidement en partant d'un genre très désuet au départ, rappelant le silver age où les corps sculpturaux des héros prenaient des poses aussi dynamiques que figées, rappelant ces caricatures de comics faites par Gotlib qui se moquait de leur manque total de naturel et de l'exhibition de leurs muscles saillants.
Ce style se modernise assez vite, gagnant en fluidité et en naturel, donnant parfois l'impression que plusieurs années séparent les premiers épisodes alors que ce n'est pas le cas. Cela se ressent aussi au niveau de la narration et dialogues : d'une narration très présente, redondante et limite pénible dans les premiers épisodes, et de dialogues théâtraux et sonnant très faux, on passe heureusement au fil des pages à une narration plus discrète et des dialogues plus naturels.
Les épisodes des années 2000 quant à eux sont réalisés par le même Marshall Rogers qui avait fait les précédents épisodes des années 70 mais son style s'est transformé entretemps. Devenu bien plus moderne, plus épuré, et en même temps faisant usage de trames et de rayures rappelant les gravures, il me fait penser à un mélange entre John Romita Jr. et P. Craig Russell. Et je dois dire que j'aime beaucoup.
Les épisodes des années 70 ne sont vraiment pas passionnants. Trop décousus, ils mélangent un ton à la fois plutôt sérieux pour l'idée de fond des intrigues et des malversations des méchants, et touchant parfois au ridicule proche du feuilleton télévisé des années 60 dans la manière dont Batman arrive pile au bon endroit au bon moment et résout ses enquêtes à coups de poings sans que ses adversaires ne pensent jamais à utiliser leurs armes sur lui : même Deadshot, le tireur d'élite, fait exprès de tirer en permanence à côté de sa cible et préfère se battre à mains nues au final.
Seuls éléments relativement intéressants de ces histoires là, quelques évolutions clé dans l'histoire de Batman : le moment où Hugo Strange découvre sa vraie identité, son affrontement indirect avec le Boss Thorne, et donc sa romance avec Silver St Cloud.
Les épisodes des années 2000 se tiennent mieux et sont plus prenants. C'est intéressant de voir revenir Silver St Cloud et comment se remet en place son amour avec Bruce/Batman. L'idée du clone de Double Face n'est pas crédible mais elle aurait pu amener un bon développement... si elle n'était pas aussi rapidement éliminée. Les machinations de l'Epouvantail sont ennuyeuses à mon goût. Mais à l'inverse, la confrontation avec le Joker, en présence de Silver St Cloud, est assez intéressante, même si là encore la maison piégée du Joker n'est pas crédible.
A propos de Silver, son histoire reste en suspens à la fin de ce recueil et j'ai appris en me renseignant après coup, et en partie suite à la mort de Marshall Rogers, qu'elle n'a finalement pas été véritablement gardée comme personnage canon, ne donnant donc aucune suite à son histoire d'amour avec Batman. Dommage, il y avait un certain potentiel dans ce personnage.
Concrètement, cet album recueil n'est pas un indispensable à mes yeux, et sa première partie m'a même un peu ennuyé. Mais j'ai bien aimé sa seconde partie et tout ce qu'implique cette relation amoureuse de Batman qui s'y met en place.
Silence est une série d’action principalement destinée aux jeunes lecteurs. Yoann Vornière y développe un univers fantastique assez classique et axe principalement son histoire sur de multiples combats entre humains dotés de grands pouvoirs et monstres issus du folklore régional français. Le panel de personnages est semblable à celui que l’on peut retrouver dans 99% des séries de ce genre, avec comme héros central un jeune garçon courageux, naïf et généreux.
A la lecture du seul premier tome, je n’étais vraiment pas emballé tant tout cela me semblait manquer cruellement d’originalité. Le deuxième tome vient un peu changer la donne puisqu’il jette légèrement le doute quant aux motivations profondes de certains personnages.
Côté univers, nous sommes dans un monde post-apocalyptique infesté de créatures monstrueuses. Nous suivons un petit groupe de survivants contraints d’abandonner leur abri et décidés à se rendre dans une cité décrite comme sécurisée (cité qu'ils atteignent à la fin du deuxième tome). Les scènes de combat occupent beaucoup de place. Elles sont la plupart du temps faciles à suivre mais, comme bien souvent dans le genre, très répétitives. Le fait que les monstres proviennent du folklore français apporte un chouïa d’originalité à cet univers mais ne change pas spécialement la donne.
Bon voilà, pour moi, jusqu’à présent, on reste entre le bof et le pas mal mais comme la qualité me semble en courbe ascendante et comme la série est prévue en seulement quatre tomes, je vais opter pour le 3/5.
Un moment de lecture sympathique, sans plus.
L’auteur ancre son histoire dans un background certes intéressant, à savoir la découverte du tombeau de Toutankhamon, et sur la fin, l’attentat 9/11. Mais reste que la rencontre amoureuse est très classique, et que je n’ai pas trouvé les personnages particulièrement attachants. J’ai passé un bon moment de lecture, mais d’ici quelques mois j’imagine que cette histoire ne fera qu’une avec la pléthore d’albums similaires que j’ai lus au cours des années.
La mise en image est sympa, je ne connaissais pas Manuele Fior, mais j’aime beaucoup son trait, et ses couleurs.
Une rencontre amoureuse classique mais bien racontée, qui devrait ravir les amateurs du genre.
J’ai eu un gros coup de cœur en voyant la couverture de cet album. Un second coup de cœur pour le dessin en le feuilletant. Je pensais naturellement avoir un troisième coup de cœur à sa lecture…
Malheureusement, je dois bien avouer que ça n’a pas été le cas. J’ai plutôt apprécié ma lecture, et l’angle sous lequel est abordé le thème de la mort est intéressant. L’univers dans lequel l’histoire prend place m’a séduite au premier abord, mais finalement je n’ai pas réussi à y croire. Le récit m’a paru manquer parfois de fluidité, et j’ai trouvé quelques facilités au niveau de l’histoire. J’ai regretté également que celle-ci semble survolée, beaucoup d’éléments auraient pu être creusés d’avantage.
Enfin, si j’ai apprécié le ton résolument optimiste de l’album, j’ai trouvé que l’ensemble manquait de nuances : celui qui se révèle le méchant est un peu trop méchant (n’aurait-il pas dû évoluer au cours du temps ?), Charlie est un peu trop gentil et positif (ses retrouvailles avec une personne de son passé me semblent trop édulcorées), et l’histoire d’amour trop fleur bleue.
Je reconnais à cet album de belles qualités, notamment le dessin que j’aime beaucoup, mais en ce qui me concerne le charme n’a pas complètement opéré.
C’est probablement l’une des premières productions d’Alan Moore. En tout cas je n’y ai pas retrouvé la solide construction des autres de ses séries que j’ai déjà eu l’occasion de lire. J’ai à plusieurs reprises eu l’impression qu’on naviguait à vue, et que l’improvisation régnait en maître.
Les histoires courtes qui composent l’album (j’ai lu l’album « Le non-sens de la vie » publié par Zenda) nous proposent de suivre les aventures de deux copains, présentés comme lycéens (!??), virés pour des problèmes de comportement (ils cherchent tout d’abord à se venger du proviseur). Il est vrai que nos deux zigues sont de gros crétins, mais surtout ils sont violents, provoquent (plus ou moins volontairement) des catastrophes, et leur cynisme et leur absence de morale les entrainent souvent assez loin dans le n’importe quoi.
Car Moore développe ici avant tout un univers de potaches, c’est un petit défouloir, qui était publié en revue. Les dernières histoires sont une parodie d’Hollywood et du cinéma d’auteur, ce qui détonne un peu par rapport aux autres histoires.
L’univers général est un peu trash (mais pas tant que ça finalement), développe (pas assez à mon goût là aussi) un humour crétin et un peu noir. Mais j’ai trouvé un peu lassantes ces histoires, et c’est clairement une série que les non fans de Moore peuvent ne pas acheter.
Le dessin d’Alan Davis est lui très lisible. Basique, avare de détails et de décors, il est dynamique et efficace.
Une petite curiosité, dont j’attendais un peu plus au vu des premières pages. La suite ne se renouvelait pas assez, et l’aspect trash et noir finissait par ronronner.
Note réelle 2,5/5.
Je précise que j’ai lu la version publiée par Dargaud dans sa collection « Histoires fantastiques ».
La première histoire (« Le garage à vélo ») se déroule dans un décor urbain de cité, contemporain, et est d’une grande violence (viol, meurtre), avec un dessin proche du crobar parfois. Ça part ensuite vers de la SF, tout en restant violent (un peu rock ou punk parfois).
Si par la suite la SF domine franchement (mâtinée de fantasy parfois, surtout dans le dernier tiers de l’album), surtout après le premier ensemble « Histoires sèches », et si le dessin gagne en précision et les décors en profondeur, l’ensemble garde quelque chose de noir, violent et poissard.
Le style qui « signera » Druillet est déjà visible dès le deuxième ensemble (« Mon frère robot »), même si le découpage des planches n’a pas encore le côté déstructuré qui le caractérisera (ni les couleurs qui feront exploser ses cases – ici tout est en Noir et Blanc). On sent aussi clairement l’influence de certains compagnons d’armes de Métal Hurlant (Moebius et Bilal en tête, en particulier le Bilal de Mémoires d'outre-espace et de Mémoires d'autres temps dans le style graphique et même certaines histoires).
Moebius donne quelques idées (il est crédité), et Druillet fait aussi appel à deux piliers de Fluide : Gotlib, qui participe au scénario et au dessin de la dernière histoire en ajoutant sa patte loufoque (peut-être la seule histoire de Druillet publiée dans Fluide Glacial ?), Alexis dessinant une longue histoire plutôt fantasy, « Les aventures d’Yrris » (très beau dessin au demeurant !). Tout ça dans le dernier ensemble intitulé « Agorn va et tue ! », dans lequel deux histoires sont directement inspirées par Lovecraft, tandis que l’histoire qui donne son nom à cet ensemble, « Agorn » voit Druillet partir dans des envolées baroques, avec un dessin grandiose et minutieux, une pleine planche très chargée : Druillet délirant et foisonnant comme on l’aime ou on le déteste, mais quel style !
Bref, un album pas très courant, mais que les amateurs de Druillet ne peuvent laisser de côté. Les histoires ne sont pas développées (sauf celle en collaboration avec Alexis), le dessin – surtout des premières histoires – est encore hésitant, mais il y a là quand même matière à s’extasier (je suis plutôt amateur de cet auteur dont le style, graphique essentiellement, a marqué les années 1970 – et au-delà.
Ça tournait en rond à force...
Énorme déception pour le 24ème tome, "cinq ans après" (au passage sorti presque cinq ans après l'avant dernier, 2009 et 2013), qui ne comporte absolument rien de nouveau dans la vie des trois petites bourges parisiennes.
À part qu'à 25 ans environ elles ont fini par vivre chacune de leur côté (de préférence avec un mec of course?, au passage mention spéciale sur l'homosexualité... totalement absente sur l'ensemble des 24 albums, côté mecs comme côté filles, un part à la fin d'un gag à une page sur je ne sais plus quel album vers le milieu de la série ou peut-être la fin (le temps d'ouvrir sa tolérance de la part des auteurs maybe? ?).
Rien de +. Rien de -. Quatre ans d'attente pour... la même chose. Ah si, pardon, Claire semble ne plus fréquenter Alex, qui traînait de si de là sur la seconde moitié de la série, album après album. Là pareil. Plus d'Alex. Ok (ça se tient lol mais bref...)
Un 25ème album "presque femmes!" était semble t-il prévu, titre inscrit sur le dos de la bd, avec une espèce de "teaser" à deux balles: dernière case de la dernière page "réussiront-elles à trouver leur mec idéal?" un truc comme ça. Avec trois mecs inconnus au bataillon (pas Alex là-dedans??) dessinés.
Plus de dix ans après elles semblent toujours attendre (surtout Julie) de se faire... enfin voilà ??.
Triste.
3/5 car de la fraîcheur sur certains albums (de préférence ceux de la première moitié voire les deux premiers tiers.)
Meilleur coup de dessin entre disons (en visualisant dans ma tête) les 7ème et 16ème album. À partir du 17ème ou 18ème c'est passé dans un tout autre style (le troisième on va dire, un premier style s'étalant principalement sur les deux, trois voire quatre premiers tomes, années 1980...), très impersonnel et froid à mon goût, couleurs trop vives et moins de détails (sur les visages par exemple.)
Quel gâchis...
Je croise à nouveau la route de Jessica Jones après Jessica Jones - L'enfant pourpre.
Elle fait sa première apparition dans Alias #1 en 2001.
Mon avis portera sur les deux premiers tomes, ceux qui regroupent la série "Alias", le troisième étant un album qui reprend la série "The Pulse" et des inédits, mais surtout "What if Jessica Jones had joined the Avengers (2005) 1" déjà publié dans le tome 2. On se fout de qui ?
Jessica Jones aura connu une courte vie de super-héros sous le nom de Jewel. Elle se reconvertit en ouvrant une agence de détective privé sous le nom d'Alias investigations.
Jessica est une jeune femme mal dans sa peau qui se dénigre, son passé douloureux n'y est pas étranger.
Bendis prend tout son temps pour dépeindre les fêlures de Jessica au travers ses enquêtes policières. Il rend crédible son personnage avec ses problèmes d'argent, sa difficulté à faire confiance, son abus d'alcool pour oublier ses problèmes et en dévoilant sa vie amoureuse et sexuelle, il faut bien que le corps exulte. Des dialogues souvent cashs : "Tout ce que tu connais de moi, c'est que si on me fait boire quelques verres, je couche. Tu ne sais rien de plus", mais qui sonnent vrais.
Des intrigues qui ne sortent pas des standards du genre, mais elles ont su piquer ma curiosité.
Des récits qui reposent beaucoup sur la personnalité des protagonistes et sur la justesse des dialogues.
Des personnes connus de l'univers Marvel feront des apparitions plus ou moins longues : Captain America, Matt Murdock, Luke Cage, l'Homme Fourmi, Miss Marvel et J. Jonah Jameson.
Du très bon Bendis.
Graphiquement, le travail de Michael Gaydos me procure des sentiments contradictoires. J'ai aimé sa mise en page, elle fait très polar, surtout lors des nombreux interrogatoires. Par contre je n'ai pas aimé ses visages disgracieux et très masculins, Jessica n'est vraiment pas mise en valeur.
Il sera accompagné de Bill Sienkiewicz pour le chapitre 7, de David Mack pour le 12 et Mark Bagley pour le 12, 21, 25 et le 26. On ne voit pas vraiment la différence.
Le gros plus, avant chaque chapitre, on aura droit à la magnifique couverture originale de David Mack. D'ailleurs, les couvertures des deux premiers volumes sont de lui.
Jessica Jones, une femme complexe qui mérite d'être découverte.
Note réelle : 3,5.
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Hacendado - L'Honneur et le Sang
Comme Mac Arthur, je trouve en effet que les principaux reproches que l’on peut faire à cette histoire (en gros des personnages et une intrigue pas assez fouillés) auraient pu être évités en donnant plus de temps et de place pour développer l’ensemble. En effet tout va trop vite ici, les péripéties s’enchaînent, sans laisser le temps au lecteur de se familiariser avec les protagonistes. Et du coup certaines situations perdent de leur force, voire de leur intérêt. Je pense en particulier au personnage de Don Diego et à sa personnalité très tourmentée et perverse. Là où j’ai vu des facilités et une narration saccadée, on aurait pu en faire quelque chose de bien plus intéressant (idem pour le personnage de sa mère d’ailleurs). Pareil pour les Apaches : le personnage du chef Cleghorn et de sa fille méritaient de prendre plus d’épaisseur (et le sadique chasseur d’Indien Hinter pouvait faire un super méchant plus charismatique). Bon, on ne va pas refaire le scénario, mais je pense qu’il y avait un réel potentiel pour mieux exploiter ce récit. Récit qui ne manque quand même pas d’intérêt en l’état, mais qui reste frustrant. Ceci dit, ça reste quand même un western « mexicain » très lisible, dans lequel tous les ingrédients du genre se retrouvent, et que les amateurs peuvent apprécier. J’ai bien aimé le dessin de Mezzomo, les décors sont vraiment chouettes, ce qui fait que la lecture malgré l’impression d’un matériau insuffisamment exploité, s’est avérée plaisante. Ce qui me fait être plus indulgent que Mac Arthur au final. Note réelle 2,5/5.
Les Ailes du Temps
Un bâtiment militaire américain transporté dans le temps en traversant une drôle de tempête magnétique, ça ne vous rappelle pas Nimitz, retour vers l'enfer, ça ? Sauf qu'ici, ce n'est pas un porte-avion mais un unique chasseur F-18, et qu'il ne sera pas du tout amené à affronter des avions du passé mais plutôt à aller directement atterrir en catastrophe sans pouvoir redécoller. Lors d'une expérience visant à utiliser la magnétohydrodynamique (la technologie des missiles hypersoniques) sur leur avion de chasse expérimental, une jeune scientifique et d'un pilote d'essai se retrouvent transportés dans le passé, plus précisément en 1917. Leur avion accidenté et caché dans une grange (oui, comme dans Retour vers le futur), ils ont la chance d'avoir atterri non loin de la demeure familiale de la scientifique qui a le bonheur de ressembler comme deux gouttes d'eau à son aïeule. Se faisant ainsi passer pour la cousine des chatelains, elle et le pilote vont essayer de s'intégrer en cette période de guerre mondiale et de trouver un moyen de retourner dans leur temps. C'est une série d'aventure, de science-fiction et d'aviation. L'idée à long terme semble être de faire se balader les deux héros dans le temps pour y découvrir les avions et le contexte de ces différentes époques. Et pour le moment, le premier cycle (sans doute un diptyque) se focalise sur la fin de la première guerre mondiale, permettant au pilote d'intégrer l'escadrille Lafayette des volontaires américains, sous le regard suspicieux d'un membre du contre-espionnage français surpris de ne trouver aucune trace de ce gaillard dans les dossiers militaires de l'armée US. Si l'idée est simple et un peu convenue, elle est réalisée avec soin et professionnalisme. Le dessin est propre et sans défaut si ce n'est peut-être un aspect un peu trop académique. Il est en tout cas impeccable pour tout ce qui concerne les avions et c'est l'essentiel ici. Tout n'est pas toujours crédible dans l'intrigue, comme la facilité qu'a l'héroïne à se faire passer pour son aïeule, ou l'idée que les héros tentent de reproduire avec un coucou de la première guerre mondiale les conditions pour lesquelles il leur a fallu un F-18 à 200 millions de dollars de nos jours. Mais l'histoire est bien menée et prenante, pour qui ne se pose pas trop de questions. Et la plongée dans le cadre de la vie civile bourgeoise et de l'aviation militaire durant la guerre de 14-18 est intéressante et bien rendue. A suivre donc !
Batman - Dark Detective
En entamant cet album, j'ai cru avoir été trompé par la couverture. Celle-ci est en effet dans un détail tout à fait moderne alors que les premiers chapitres de ce recueil Dark Detective date des années 70, dans un style graphique nettement plus désuet. Ce n'est qu'après coup que j'ai compris la composition de cet album. Sa première grosse moitié contient 9 épisodes datant des années 70. Tous scénarisés par Steve Englehart, il s'agit d'histoires de Batman (et Robin pour une paire d'entre elles) sans réel suivi, avec un adversaire différent à chaque épisode (ou parfois sur 2 épisodes à suivre). Le seul réel lien entre elles est un conflit en toile de fond entre Batman et le Boss Thorne, président corrompu du conseil de Gotham City, et la rencontre de Bruce Wayne avec la belle Silver St Cloud avec qui il vivra une romance mais qu'elle quittera à regret quand elle découvrira sa double identité, amour devenu impossible car trop dangereux pour les deux tourtereaux. Dans la seconde moitié de l'album, plus de vingt ans après, Steve Englehart est revenu au personnage de Batman le temps d'une histoire courte, puis de la mini-série Dark Detective publiée en 2005 en 6 épisodes qui voient revenir Silver St Cloud dans la vie de Bruce Wayne. Tandis que Batman affronte successivement Double-face (et son clone créé par le professeur Double X), l'Epouvantail et enfin le Joker, la romance entre Silver et Bruce se reforme, ce dernier partageant cette fois sans fard avec elle tous ses secrets. Trois dessinateurs se succèdent sur les premiers épisodes et le style graphique évolue relativement rapidement en partant d'un genre très désuet au départ, rappelant le silver age où les corps sculpturaux des héros prenaient des poses aussi dynamiques que figées, rappelant ces caricatures de comics faites par Gotlib qui se moquait de leur manque total de naturel et de l'exhibition de leurs muscles saillants. Ce style se modernise assez vite, gagnant en fluidité et en naturel, donnant parfois l'impression que plusieurs années séparent les premiers épisodes alors que ce n'est pas le cas. Cela se ressent aussi au niveau de la narration et dialogues : d'une narration très présente, redondante et limite pénible dans les premiers épisodes, et de dialogues théâtraux et sonnant très faux, on passe heureusement au fil des pages à une narration plus discrète et des dialogues plus naturels. Les épisodes des années 2000 quant à eux sont réalisés par le même Marshall Rogers qui avait fait les précédents épisodes des années 70 mais son style s'est transformé entretemps. Devenu bien plus moderne, plus épuré, et en même temps faisant usage de trames et de rayures rappelant les gravures, il me fait penser à un mélange entre John Romita Jr. et P. Craig Russell. Et je dois dire que j'aime beaucoup. Les épisodes des années 70 ne sont vraiment pas passionnants. Trop décousus, ils mélangent un ton à la fois plutôt sérieux pour l'idée de fond des intrigues et des malversations des méchants, et touchant parfois au ridicule proche du feuilleton télévisé des années 60 dans la manière dont Batman arrive pile au bon endroit au bon moment et résout ses enquêtes à coups de poings sans que ses adversaires ne pensent jamais à utiliser leurs armes sur lui : même Deadshot, le tireur d'élite, fait exprès de tirer en permanence à côté de sa cible et préfère se battre à mains nues au final. Seuls éléments relativement intéressants de ces histoires là, quelques évolutions clé dans l'histoire de Batman : le moment où Hugo Strange découvre sa vraie identité, son affrontement indirect avec le Boss Thorne, et donc sa romance avec Silver St Cloud. Les épisodes des années 2000 se tiennent mieux et sont plus prenants. C'est intéressant de voir revenir Silver St Cloud et comment se remet en place son amour avec Bruce/Batman. L'idée du clone de Double Face n'est pas crédible mais elle aurait pu amener un bon développement... si elle n'était pas aussi rapidement éliminée. Les machinations de l'Epouvantail sont ennuyeuses à mon goût. Mais à l'inverse, la confrontation avec le Joker, en présence de Silver St Cloud, est assez intéressante, même si là encore la maison piégée du Joker n'est pas crédible. A propos de Silver, son histoire reste en suspens à la fin de ce recueil et j'ai appris en me renseignant après coup, et en partie suite à la mort de Marshall Rogers, qu'elle n'a finalement pas été véritablement gardée comme personnage canon, ne donnant donc aucune suite à son histoire d'amour avec Batman. Dommage, il y avait un certain potentiel dans ce personnage. Concrètement, cet album recueil n'est pas un indispensable à mes yeux, et sa première partie m'a même un peu ennuyé. Mais j'ai bien aimé sa seconde partie et tout ce qu'implique cette relation amoureuse de Batman qui s'y met en place.
Silence (Vornière)
Silence est une série d’action principalement destinée aux jeunes lecteurs. Yoann Vornière y développe un univers fantastique assez classique et axe principalement son histoire sur de multiples combats entre humains dotés de grands pouvoirs et monstres issus du folklore régional français. Le panel de personnages est semblable à celui que l’on peut retrouver dans 99% des séries de ce genre, avec comme héros central un jeune garçon courageux, naïf et généreux. A la lecture du seul premier tome, je n’étais vraiment pas emballé tant tout cela me semblait manquer cruellement d’originalité. Le deuxième tome vient un peu changer la donne puisqu’il jette légèrement le doute quant aux motivations profondes de certains personnages. Côté univers, nous sommes dans un monde post-apocalyptique infesté de créatures monstrueuses. Nous suivons un petit groupe de survivants contraints d’abandonner leur abri et décidés à se rendre dans une cité décrite comme sécurisée (cité qu'ils atteignent à la fin du deuxième tome). Les scènes de combat occupent beaucoup de place. Elles sont la plupart du temps faciles à suivre mais, comme bien souvent dans le genre, très répétitives. Le fait que les monstres proviennent du folklore français apporte un chouïa d’originalité à cet univers mais ne change pas spécialement la donne. Bon voilà, pour moi, jusqu’à présent, on reste entre le bof et le pas mal mais comme la qualité me semble en courbe ascendante et comme la série est prévue en seulement quatre tomes, je vais opter pour le 3/5.
Hypericon
Un moment de lecture sympathique, sans plus. L’auteur ancre son histoire dans un background certes intéressant, à savoir la découverte du tombeau de Toutankhamon, et sur la fin, l’attentat 9/11. Mais reste que la rencontre amoureuse est très classique, et que je n’ai pas trouvé les personnages particulièrement attachants. J’ai passé un bon moment de lecture, mais d’ici quelques mois j’imagine que cette histoire ne fera qu’une avec la pléthore d’albums similaires que j’ai lus au cours des années. La mise en image est sympa, je ne connaissais pas Manuele Fior, mais j’aime beaucoup son trait, et ses couleurs. Une rencontre amoureuse classique mais bien racontée, qui devrait ravir les amateurs du genre.
Les Vies de Charlie
J’ai eu un gros coup de cœur en voyant la couverture de cet album. Un second coup de cœur pour le dessin en le feuilletant. Je pensais naturellement avoir un troisième coup de cœur à sa lecture… Malheureusement, je dois bien avouer que ça n’a pas été le cas. J’ai plutôt apprécié ma lecture, et l’angle sous lequel est abordé le thème de la mort est intéressant. L’univers dans lequel l’histoire prend place m’a séduite au premier abord, mais finalement je n’ai pas réussi à y croire. Le récit m’a paru manquer parfois de fluidité, et j’ai trouvé quelques facilités au niveau de l’histoire. J’ai regretté également que celle-ci semble survolée, beaucoup d’éléments auraient pu être creusés d’avantage. Enfin, si j’ai apprécié le ton résolument optimiste de l’album, j’ai trouvé que l’ensemble manquait de nuances : celui qui se révèle le méchant est un peu trop méchant (n’aurait-il pas dû évoluer au cours du temps ?), Charlie est un peu trop gentil et positif (ses retrouvailles avec une personne de son passé me semblent trop édulcorées), et l’histoire d’amour trop fleur bleue. Je reconnais à cet album de belles qualités, notamment le dessin que j’aime beaucoup, mais en ce qui me concerne le charme n’a pas complètement opéré.
D.R. & Quinch
C’est probablement l’une des premières productions d’Alan Moore. En tout cas je n’y ai pas retrouvé la solide construction des autres de ses séries que j’ai déjà eu l’occasion de lire. J’ai à plusieurs reprises eu l’impression qu’on naviguait à vue, et que l’improvisation régnait en maître. Les histoires courtes qui composent l’album (j’ai lu l’album « Le non-sens de la vie » publié par Zenda) nous proposent de suivre les aventures de deux copains, présentés comme lycéens (!??), virés pour des problèmes de comportement (ils cherchent tout d’abord à se venger du proviseur). Il est vrai que nos deux zigues sont de gros crétins, mais surtout ils sont violents, provoquent (plus ou moins volontairement) des catastrophes, et leur cynisme et leur absence de morale les entrainent souvent assez loin dans le n’importe quoi. Car Moore développe ici avant tout un univers de potaches, c’est un petit défouloir, qui était publié en revue. Les dernières histoires sont une parodie d’Hollywood et du cinéma d’auteur, ce qui détonne un peu par rapport aux autres histoires. L’univers général est un peu trash (mais pas tant que ça finalement), développe (pas assez à mon goût là aussi) un humour crétin et un peu noir. Mais j’ai trouvé un peu lassantes ces histoires, et c’est clairement une série que les non fans de Moore peuvent ne pas acheter. Le dessin d’Alan Davis est lui très lisible. Basique, avare de détails et de décors, il est dynamique et efficace. Une petite curiosité, dont j’attendais un peu plus au vu des premières pages. La suite ne se renouvelait pas assez, et l’aspect trash et noir finissait par ronronner. Note réelle 2,5/5.
Mirages
Je précise que j’ai lu la version publiée par Dargaud dans sa collection « Histoires fantastiques ». La première histoire (« Le garage à vélo ») se déroule dans un décor urbain de cité, contemporain, et est d’une grande violence (viol, meurtre), avec un dessin proche du crobar parfois. Ça part ensuite vers de la SF, tout en restant violent (un peu rock ou punk parfois). Si par la suite la SF domine franchement (mâtinée de fantasy parfois, surtout dans le dernier tiers de l’album), surtout après le premier ensemble « Histoires sèches », et si le dessin gagne en précision et les décors en profondeur, l’ensemble garde quelque chose de noir, violent et poissard. Le style qui « signera » Druillet est déjà visible dès le deuxième ensemble (« Mon frère robot »), même si le découpage des planches n’a pas encore le côté déstructuré qui le caractérisera (ni les couleurs qui feront exploser ses cases – ici tout est en Noir et Blanc). On sent aussi clairement l’influence de certains compagnons d’armes de Métal Hurlant (Moebius et Bilal en tête, en particulier le Bilal de Mémoires d'outre-espace et de Mémoires d'autres temps dans le style graphique et même certaines histoires). Moebius donne quelques idées (il est crédité), et Druillet fait aussi appel à deux piliers de Fluide : Gotlib, qui participe au scénario et au dessin de la dernière histoire en ajoutant sa patte loufoque (peut-être la seule histoire de Druillet publiée dans Fluide Glacial ?), Alexis dessinant une longue histoire plutôt fantasy, « Les aventures d’Yrris » (très beau dessin au demeurant !). Tout ça dans le dernier ensemble intitulé « Agorn va et tue ! », dans lequel deux histoires sont directement inspirées par Lovecraft, tandis que l’histoire qui donne son nom à cet ensemble, « Agorn » voit Druillet partir dans des envolées baroques, avec un dessin grandiose et minutieux, une pleine planche très chargée : Druillet délirant et foisonnant comme on l’aime ou on le déteste, mais quel style ! Bref, un album pas très courant, mais que les amateurs de Druillet ne peuvent laisser de côté. Les histoires ne sont pas développées (sauf celle en collaboration avec Alexis), le dessin – surtout des premières histoires – est encore hésitant, mais il y a là quand même matière à s’extasier (je suis plutôt amateur de cet auteur dont le style, graphique essentiellement, a marqué les années 1970 – et au-delà.
Julie, Claire, Cécile
Ça tournait en rond à force... Énorme déception pour le 24ème tome, "cinq ans après" (au passage sorti presque cinq ans après l'avant dernier, 2009 et 2013), qui ne comporte absolument rien de nouveau dans la vie des trois petites bourges parisiennes. À part qu'à 25 ans environ elles ont fini par vivre chacune de leur côté (de préférence avec un mec of course?, au passage mention spéciale sur l'homosexualité... totalement absente sur l'ensemble des 24 albums, côté mecs comme côté filles, un part à la fin d'un gag à une page sur je ne sais plus quel album vers le milieu de la série ou peut-être la fin (le temps d'ouvrir sa tolérance de la part des auteurs maybe? ?). Rien de +. Rien de -. Quatre ans d'attente pour... la même chose. Ah si, pardon, Claire semble ne plus fréquenter Alex, qui traînait de si de là sur la seconde moitié de la série, album après album. Là pareil. Plus d'Alex. Ok (ça se tient lol mais bref...) Un 25ème album "presque femmes!" était semble t-il prévu, titre inscrit sur le dos de la bd, avec une espèce de "teaser" à deux balles: dernière case de la dernière page "réussiront-elles à trouver leur mec idéal?" un truc comme ça. Avec trois mecs inconnus au bataillon (pas Alex là-dedans??) dessinés. Plus de dix ans après elles semblent toujours attendre (surtout Julie) de se faire... enfin voilà ??. Triste. 3/5 car de la fraîcheur sur certains albums (de préférence ceux de la première moitié voire les deux premiers tiers.) Meilleur coup de dessin entre disons (en visualisant dans ma tête) les 7ème et 16ème album. À partir du 17ème ou 18ème c'est passé dans un tout autre style (le troisième on va dire, un premier style s'étalant principalement sur les deux, trois voire quatre premiers tomes, années 1980...), très impersonnel et froid à mon goût, couleurs trop vives et moins de détails (sur les visages par exemple.) Quel gâchis...
Jessica Jones : Alias (Alias)
Je croise à nouveau la route de Jessica Jones après Jessica Jones - L'enfant pourpre. Elle fait sa première apparition dans Alias #1 en 2001. Mon avis portera sur les deux premiers tomes, ceux qui regroupent la série "Alias", le troisième étant un album qui reprend la série "The Pulse" et des inédits, mais surtout "What if Jessica Jones had joined the Avengers (2005) 1" déjà publié dans le tome 2. On se fout de qui ? Jessica Jones aura connu une courte vie de super-héros sous le nom de Jewel. Elle se reconvertit en ouvrant une agence de détective privé sous le nom d'Alias investigations. Jessica est une jeune femme mal dans sa peau qui se dénigre, son passé douloureux n'y est pas étranger. Bendis prend tout son temps pour dépeindre les fêlures de Jessica au travers ses enquêtes policières. Il rend crédible son personnage avec ses problèmes d'argent, sa difficulté à faire confiance, son abus d'alcool pour oublier ses problèmes et en dévoilant sa vie amoureuse et sexuelle, il faut bien que le corps exulte. Des dialogues souvent cashs : "Tout ce que tu connais de moi, c'est que si on me fait boire quelques verres, je couche. Tu ne sais rien de plus", mais qui sonnent vrais. Des intrigues qui ne sortent pas des standards du genre, mais elles ont su piquer ma curiosité. Des récits qui reposent beaucoup sur la personnalité des protagonistes et sur la justesse des dialogues. Des personnes connus de l'univers Marvel feront des apparitions plus ou moins longues : Captain America, Matt Murdock, Luke Cage, l'Homme Fourmi, Miss Marvel et J. Jonah Jameson. Du très bon Bendis. Graphiquement, le travail de Michael Gaydos me procure des sentiments contradictoires. J'ai aimé sa mise en page, elle fait très polar, surtout lors des nombreux interrogatoires. Par contre je n'ai pas aimé ses visages disgracieux et très masculins, Jessica n'est vraiment pas mise en valeur. Il sera accompagné de Bill Sienkiewicz pour le chapitre 7, de David Mack pour le 12 et Mark Bagley pour le 12, 21, 25 et le 26. On ne voit pas vraiment la différence. Le gros plus, avant chaque chapitre, on aura droit à la magnifique couverture originale de David Mack. D'ailleurs, les couvertures des deux premiers volumes sont de lui. Jessica Jones, une femme complexe qui mérite d'être découverte. Note réelle : 3,5.