Je n’avais jamais entendu parlé de cette série, quand je l’ai croisé à ma médiathèque j’ai même cru que c’était une sortie récente/nouveauté des auteurs de Cassio. Et bin pas du tout, l’album remonte à quelques années déjà et a du faire un sacré four puisque depuis ça a été abandonné.
Alors c’est clair que c’est pas la série du siècle et qu’elle souffre de pas mal de défauts, pour autant je serai plus indulgent que Sloane et je regrette même de ne pas connaitre le fin mot de la trilogie. C’est typique le genre de truc que je ne possèderai jamais mais que je suis bien content de pouvoir emprunter.
Je dois avouer que j’ai eu super peur d’entrée de jeu, je trouve le personnage du griffon complètement loupé dans sa représentation graphique (heureusement il disparaît assez vite) et on retrouve ensuite la patte classique du dessinateur. Je n’en raffole pas, la trouvant bien trop lisse, mais ça fait le taf, il dessine agréablement la gente féminine, et j’aime bien les couleurs. Par contre notre groupe d’aventuriers, malgré des grands noms, peinent un peu niveau charisme.
Mais c’est vrai qu’ils ne sont pas non plus spécialement aidés par l’écriture. J’aime bien le fond de l’aventure qui lorgne vers les milles et une nuit, comme l’histoire de ce collier, plutôt discutable, mais qui me plaît bien. En gros un djinn a créé un collier composé de 3 pierres, qui le porte devient la femme parfaite, ok jusque là. Sauf que chaque pierre se veut représentatif d’un trait, le combo un rien rétrograde mère/femme/maîtresse. Je pense que l’idée était que chaque tome se concentre sur une pierre, on découvre celle de la mère dans le premier album.
Voilà pour le pitch, ça se laisse lire facile et j’ai pas trouvé ça foncièrement déplaisant mais ça reste quand même assez bancal. Les péripéties sont molles et usent trop d’ellipses ou facilités, les persos sont transparents …
Malgré tout, si la suite était sortie, j’y aurai volontiers jeté un œil. Sans être fou, je trouve l’univers distrayant, il est vrai que j’ai toujours de la sympathie dès que ça touche aux contes. En étant bien généreux, un petit pas mal donc.
A noter que quelques années plus tard et avec bien plus de réussite, le scénariste récidive dans le genre avec The Ex-People.
On pourrait regretter quelques facilités scénaristiques. La rencontre de deux personnages que tout oppose (David, cadre commercial à la vie réglée et pleine de rythme, Emma autostoppeuse marginale vivotant de courts CDD), dans le confinement d’une automobile, ce qui pousse à la discussion. Surtout le fait d’échouer pour passer la nuit, chez des altermondialistes accueillants, avec, là aussi, la possibilité, la nécessité d’une discussion.
Mais ces petites facilités, qui aident bien le scénario, passent finalement très bien, et le message de Horellou et Le Lay – déjà auteurs de plusieurs albums « engagés » – ne tombe jamais dans le prêchi-prêcha, on reste dans la nuance et l’argumentation.
Le titre prend rapidement son sens, et l’on a vite compris qu’Emma et les altermondialistes sont un peu les porte-paroles des auteurs, mais aussi que David n’est pas un être monolithique, qu’il est accessible au changement, et que c’est le travail sur la personnalité de David qui importe le plus aux auteurs. Le faire « ralentir » - mais c’est toute la société qui devrait faire cette pause réflexive – comme David – pour mieux poursuivre sa route. En cela l’accident de la route, qui coûte la vie à un automobiliste, avant qu’Emma et David ne rencontrent leurs hôtes, est un point de rupture, au mitan de l’album, assez allégorique de ce qui pourrait arriver à la société si elle ne « ralentit pas », David en étant alors l’incarnation.
Une histoire simple, qui brasse des sujets sérieux et d’actualité, en douceur – personnages et dialogues « sonnent juste ». Une lecture agréable en tout cas.
Seul réel bémol, la fin trop brutal – la « conversion » de David, mais aussi et surtout de sa femme, en une ou deux phrases.
Il y a à boire et a manger dans l’œuvre de Joann Sfar, auteur très (trop ?) prolifique. Ici, on est plutôt en présence d’un bon cru. Pour ma part, la bd part avec une longueur d’avance car j’ai un faible pour les récits d’héroïque fantasy et souvent Sfar fait mouche dans ce domaine (cf. Donjon !!!). Je trouve d’ailleurs que les références jeu de rôle d’une partie du récit sont vraiment à propos et drôles.
Ensuite, elles disparaissent. Et c’est justement le principal défaut (mais aussi la principale qualité) du livre.
Ça part un peu dans tous les sens, c'est décousu, il y a un foisonnement d’idées, comme si l’auteur mettait sur papier ce qui lui passe par la tête à un instant T.
Du coup, il y a un manque de cohérence globale avec régulièrement des ruptures légères de ton et d’état d’esprit et des idées qui restent inexploitées dans la durée.
Ceci apporte aussi une grande qualité à l’ouvrage puisque celui-ci propose un certain dynamisme et foisonnement, on prend du bon temps et on ne se prend pas la tête. On ressent d’ailleurs un vrai plaisir de l’auteur à avoir fait ce livre "défouloir". Plaisir transmis au lecteur, donc partagé. C'est l'essentiel.
Enthousiasmant.
03.25/5.
Je comprends la plupart des critiques des avis précédents – et je les partage presque toutes. Mais, malgré ces nombreux défauts, j’ai quand même trouvé des qualités à cette série. Mais avec le sentiment qu’il y avait matière à mieux faire.
Commençons donc par les critiques. D’abord, comme souvent dans ce genre de série post-apocalypse qui se situent sur Terre à une époque proche, il me semble qu’il y a un décalage entre la période écoulée. D’après les indices l’intrigue se déroule vers la fin du XXIème siècle au maximum. Or je trouve que tout à « trop » changé en si peu de temps – que ce soit les connaissances techniques ou le paysage, la faune. On voit à un moment les ruines d’une sorte de TGV, et ailleurs des choses qui ne peuvent avoir été développées en si peu de temps. Je trouve d’ailleurs que plus la série se développe, plus « l’éloignement en temps » s’estompe.
C’est d’ailleurs le côté un peu décousu de l’intrigue que ce « retour » pointe. En effet, je n’ai rien compris de cette station sous-marine Septentryon, et on perd totalement de vue la cité par laquelle commence la série (quid de cette « police politique ? Des habitants des souterrains ?), cité située en frontière d’une zone polluée (« radioactive » ?) désertée, mais où finalement il y a beaucoup de monde, puisque tout le reste s’y déroule !
Il y a aussi des saccades dans la narration des ellipses durant lesquelles des personnages disparaissent, pour réapparaitre deux tomes plus tard. Et j’ai trouvé bizarre la fin (peu clair, comme si Houot voulait se débarrasser des personnages et de l’histoire), avec en plus un retour vers l’Arctique russe qui détonne trop par rapport au reste de l’histoire.
Voilà pour les bémols, sérieux, qui donnent une l’impression au lecteur que l’intrigue a évolué au fil des tomes, en improvisant un peu, sans une trame complète dès le départ.
Mais cette série recèle quand même plusieurs points positifs. D’abord le dessin, un peu daté, mais que j’ai trouvé bon, s’améliorant (idem pour la colorisation).
Ensuite, malgré les incohérences pointées plus haut, j’ai bien aimé les décors et l’univers bâti par Houot (qui puise des influences un peu partout, du « Cycle de Cyann » à « Mad Max » mais le fait bien). Plus que l’intrigue elle-même dans sa globalité, ce sont divers passages que j’ai appréciés. Mais c’est clair qu’on est loin ici d’une construction à la « Cycle de Cyann ».
Note réelle 2,5/5.
C’est le type d’album auquel on n’a pas grand-chose à reprocher, qui procure une lecture fluide et sympathique, mais sur lequel on n’a pas non plus grand-chose à dire. Et probablement que l’on va oublier rapidement.
La faute sans doute au fait que du début à la fin le lecteur n’est pas vraiment surpris, tant on retrouve ici des choses déjà vues ailleurs. Mais aussi parce que les personnages sont eux aussi prévisibles, un peu caricaturaux (Le patriarche Baron en tête).
Ceci dit, comme je l’ai écrit plus haut, la lecture est plaisante, et le dessin, moderne et aéré, est plutôt agréable.
Je suis un peu surpris du peu d'avis pour cette fin de la saga de la famille Alban. Après le temps historique des bâtisseurs, puis la période militaire vécue de l'intérieur, Jacques Ferrandez endosse à travers son héros une position plus journalistique.
On sort ainsi d'une histoire familiale très vécue par l'auteur pour avoir un regard plus distancié sur les événements dramatiques de ces soixante dernières années.
La construction du récit m'a semblé plus compliquée avec des sauts entre époques, 2019,62,65,88 ou la décennie 90. Le récit n'est pas linéaire et il vaut mieux connaître un peu le sujet pour suivre au mieux les déplacements d'Octave ou de son fils Yanis.
C'est toujours très documenté mais l'auteur parsème son récit d'interviews fictives qui représentent plus des opinions dont il est difficile de connaître le véritable impact sur la société algérienne de l'époque.
Même si l'auteur introduit un certain nombre de lieux communs sur la corruption des régimes successifs, la radicalisation d'une partie de la population ou la position des femmes dans la société, on sent chez Ferrandez une volonté d'équilibre dans sa présentation.
Certains passages m'ont moins intéressé comme cette volonté de retour de Noémie ou l'histoire entre Nour et Yanis qui ressemble un peu trop à la relation Octave/Samia.
Graphiquement c'est toujours aussi plaisant de retrouver les paysages ensoleillés algériens. Les détails algérois ou parisiens sont finement travaillés même si je regrette que l'auteur insiste sur le ciel gris parisien d'une manière trop péjorative.
J'ai toutefois deux petites réserves. Premièrement Nour est le portrait craché de Samia ensuite j'ai trouvé le graphisme des personnages en arrière-plan moins précis que d'habitude.
Cela reste une bonne lecture avec de très bons passages. Un bon 3
J'en attendais sans doute trop.
Kali, c'est 1/3 de Mad Max, 1/3 de Rambo et 1/3 de Lara Croft, bref, le genre de nana qu'il vaut mieux éviter de contrarier sous peine de gros ennuis.
Dans un monde post-apocalyptique, Kali a été capturé par La Machine, une junte militaire qui règne en maître sur ce nouveau monde et qui écrase toute opposition par la force. Capturée, parce que notre héroïne vient d'être lâchée par ses sœurs d'armes, les Matriquas, après un différent sur le devenir du groupe, elle en garde d'ailleurs un couteau planté dans le dos. Kali ne rêve que de vengeance, elle en veut principalement à sa propre sœur.
Une narration dynamique pour ce récit cent pour cent centré sur l'action, pas de temps mort, mais des morts à foison, c'est ultra violent et sanglant.
Les personnages manquent de profondeur psychologique, des stéréotypes du genre et on sent dès les premières planches que Kali pourra se sortir de toutes les situations dangereuses, mais pas sans égratignures. Pas de messages de fond, tout repose sur les épaules de Kali et sur sa soif de vengeance, une course poursuite haletante où le temps lui est compté. Dans le genre bourrin, c'est très efficace.
Heureusement le dessin de Robert Sammelin était là pour me rendre très agréable la lecture. Un style lisible, expressif et à la mise en page savamment orchestrée.
Le point fort de cette BD.
Un très gros dossier en fin d'album sur la genèse de ce comics.
Pas mal (merci au dessin), mais je n'y reviendrai pas.
Je reste sur un ressenti mitigé au sortir de cette lecture (je n’ai lu que les trois premiers tomes, mais ils constituent une sorte de cycle).
Disons que ça se laisse lire, c’est plutôt dynamique. J’ai bien aimé au début le personnage de Polstar, sorte de héros malgré lui, et le côté vaguement trashouille. En effet, ça dézingue à tout va, le sang gicle, d’une façon caricaturale qui induit l’humour (un peu comme dans certaines scènes du film « Le Magnifique »).
Mais hélas, cet aspect faussement gore, s’il est amusant, s’avère rapidement lassant, tant il n’y a pas suffisamment de rupture de ton. C’est d’ailleurs l’ensemble que j’ai trouvé trop léger. L’intrigue – à part le relatif suspens autour du Mérou – est bâtie sur des fondations peu originales (un triumvirat dirige une dictature, défendue par une police politique), et l’omniprésence de la violence – même si elle est volontairement exagérée et parodique – peine à masquer le relatif vide de l’intrigue.
Le dessin lui-même est très simple. Mais bon, là, c’est moins grave, il est lisible et dynamique, et un scénario plus étoffé aurait facilement compensé.
Une lecture d’emprunt, qui m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Une jolie histoire (sur le fond, mais aussi sur la forme, avec un dessin au trait fin, agréable, de jolies couleurs), et une lecture agréable. Un conte très plaisant.
Sans doute certains détails m’ont-ils échappé, en particulier les personnages entourant l’héroïne, Faith, comme le chat Minon, ou la biche, mais aussi ce « monstre » qui les poursuit dans les bois. Sans doute y a-t-il ici pas mal d’allégorie (Faith est gravement malade, amoureuse malheureuse aussi), l’histoire est pleine de tristesse.
Ça reste néanmoins une histoire bien mise en image, avec un dessin moderne (que j’ai trouvé meilleur que sur Artemisia), un récit qui décore joliment une intrigue sans doute un peu trop légère – ou énigmatique (mais je ne me pose peut-être pas les bonnes questions ?).
Un album à découvrir en tout cas.
Recommandé par mon libraire, je me suis laissé tenté par cet album. Mais au final, je rejoins le ressenti global des avis précédents : c'est beau, mais on peine à y retrouver ses petits...
Je ne connaissais pas Borja González, belle occasion de découvrir un auteur espagnol, et j'avoue qu'un feuilletage sommaire de l'album m'avait mis à la bouche. Je trouve ses planches d'une rare élégance. Tant dans la composition de ses planches que dans l'harmonie de ses courbes ou des touches de couleur qu'il distille avec parcimonie, je suis tombé sous le charme.
Malheureusement, le récit qu'il nous propose se révèle plus que nébuleux. Autant j'aime le fantastique et l'étrange, mais là j'avoue avoir l'impression de ne pas avoir compris grand chose au récit de cette étrange famille où les femmes attendent une cérémonie dans un château pendant que leurs hommes sont partis à la chasse. Tout cela semble se passer au Moyen Age, mais on finit par découvrir les vestiges de notre monde moderne lors d'une échappée hors la propriété de la protagoniste... Rêve, réalité, mythes, contes, vérité, mensonges, tout semble s'entremêler...
Alors oui, l'ambiance oppressante que construit l'auteur est bien là, portée par ce graphisme envoutant. Mais pour autant on sort de cette lecture un peu hébété, sans trop savoir où l'auteur à voulu nous emmener ou nous raconter. Dommage.
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Les Mille et autres Nuits
Je n’avais jamais entendu parlé de cette série, quand je l’ai croisé à ma médiathèque j’ai même cru que c’était une sortie récente/nouveauté des auteurs de Cassio. Et bin pas du tout, l’album remonte à quelques années déjà et a du faire un sacré four puisque depuis ça a été abandonné. Alors c’est clair que c’est pas la série du siècle et qu’elle souffre de pas mal de défauts, pour autant je serai plus indulgent que Sloane et je regrette même de ne pas connaitre le fin mot de la trilogie. C’est typique le genre de truc que je ne possèderai jamais mais que je suis bien content de pouvoir emprunter. Je dois avouer que j’ai eu super peur d’entrée de jeu, je trouve le personnage du griffon complètement loupé dans sa représentation graphique (heureusement il disparaît assez vite) et on retrouve ensuite la patte classique du dessinateur. Je n’en raffole pas, la trouvant bien trop lisse, mais ça fait le taf, il dessine agréablement la gente féminine, et j’aime bien les couleurs. Par contre notre groupe d’aventuriers, malgré des grands noms, peinent un peu niveau charisme. Mais c’est vrai qu’ils ne sont pas non plus spécialement aidés par l’écriture. J’aime bien le fond de l’aventure qui lorgne vers les milles et une nuit, comme l’histoire de ce collier, plutôt discutable, mais qui me plaît bien. En gros un djinn a créé un collier composé de 3 pierres, qui le porte devient la femme parfaite, ok jusque là. Sauf que chaque pierre se veut représentatif d’un trait, le combo un rien rétrograde mère/femme/maîtresse. Je pense que l’idée était que chaque tome se concentre sur une pierre, on découvre celle de la mère dans le premier album. Voilà pour le pitch, ça se laisse lire facile et j’ai pas trouvé ça foncièrement déplaisant mais ça reste quand même assez bancal. Les péripéties sont molles et usent trop d’ellipses ou facilités, les persos sont transparents … Malgré tout, si la suite était sortie, j’y aurai volontiers jeté un œil. Sans être fou, je trouve l’univers distrayant, il est vrai que j’ai toujours de la sympathie dès que ça touche aux contes. En étant bien généreux, un petit pas mal donc. A noter que quelques années plus tard et avec bien plus de réussite, le scénariste récidive dans le genre avec The Ex-People.
Ralentir
On pourrait regretter quelques facilités scénaristiques. La rencontre de deux personnages que tout oppose (David, cadre commercial à la vie réglée et pleine de rythme, Emma autostoppeuse marginale vivotant de courts CDD), dans le confinement d’une automobile, ce qui pousse à la discussion. Surtout le fait d’échouer pour passer la nuit, chez des altermondialistes accueillants, avec, là aussi, la possibilité, la nécessité d’une discussion. Mais ces petites facilités, qui aident bien le scénario, passent finalement très bien, et le message de Horellou et Le Lay – déjà auteurs de plusieurs albums « engagés » – ne tombe jamais dans le prêchi-prêcha, on reste dans la nuance et l’argumentation. Le titre prend rapidement son sens, et l’on a vite compris qu’Emma et les altermondialistes sont un peu les porte-paroles des auteurs, mais aussi que David n’est pas un être monolithique, qu’il est accessible au changement, et que c’est le travail sur la personnalité de David qui importe le plus aux auteurs. Le faire « ralentir » - mais c’est toute la société qui devrait faire cette pause réflexive – comme David – pour mieux poursuivre sa route. En cela l’accident de la route, qui coûte la vie à un automobiliste, avant qu’Emma et David ne rencontrent leurs hôtes, est un point de rupture, au mitan de l’album, assez allégorique de ce qui pourrait arriver à la société si elle ne « ralentit pas », David en étant alors l’incarnation. Une histoire simple, qui brasse des sujets sérieux et d’actualité, en douceur – personnages et dialogues « sonnent juste ». Une lecture agréable en tout cas. Seul réel bémol, la fin trop brutal – la « conversion » de David, mais aussi et surtout de sa femme, en une ou deux phrases.
Reines & dragons
Il y a à boire et a manger dans l’œuvre de Joann Sfar, auteur très (trop ?) prolifique. Ici, on est plutôt en présence d’un bon cru. Pour ma part, la bd part avec une longueur d’avance car j’ai un faible pour les récits d’héroïque fantasy et souvent Sfar fait mouche dans ce domaine (cf. Donjon !!!). Je trouve d’ailleurs que les références jeu de rôle d’une partie du récit sont vraiment à propos et drôles. Ensuite, elles disparaissent. Et c’est justement le principal défaut (mais aussi la principale qualité) du livre. Ça part un peu dans tous les sens, c'est décousu, il y a un foisonnement d’idées, comme si l’auteur mettait sur papier ce qui lui passe par la tête à un instant T. Du coup, il y a un manque de cohérence globale avec régulièrement des ruptures légères de ton et d’état d’esprit et des idées qui restent inexploitées dans la durée. Ceci apporte aussi une grande qualité à l’ouvrage puisque celui-ci propose un certain dynamisme et foisonnement, on prend du bon temps et on ne se prend pas la tête. On ressent d’ailleurs un vrai plaisir de l’auteur à avoir fait ce livre "défouloir". Plaisir transmis au lecteur, donc partagé. C'est l'essentiel. Enthousiasmant. 03.25/5.
Septentryon
Je comprends la plupart des critiques des avis précédents – et je les partage presque toutes. Mais, malgré ces nombreux défauts, j’ai quand même trouvé des qualités à cette série. Mais avec le sentiment qu’il y avait matière à mieux faire. Commençons donc par les critiques. D’abord, comme souvent dans ce genre de série post-apocalypse qui se situent sur Terre à une époque proche, il me semble qu’il y a un décalage entre la période écoulée. D’après les indices l’intrigue se déroule vers la fin du XXIème siècle au maximum. Or je trouve que tout à « trop » changé en si peu de temps – que ce soit les connaissances techniques ou le paysage, la faune. On voit à un moment les ruines d’une sorte de TGV, et ailleurs des choses qui ne peuvent avoir été développées en si peu de temps. Je trouve d’ailleurs que plus la série se développe, plus « l’éloignement en temps » s’estompe. C’est d’ailleurs le côté un peu décousu de l’intrigue que ce « retour » pointe. En effet, je n’ai rien compris de cette station sous-marine Septentryon, et on perd totalement de vue la cité par laquelle commence la série (quid de cette « police politique ? Des habitants des souterrains ?), cité située en frontière d’une zone polluée (« radioactive » ?) désertée, mais où finalement il y a beaucoup de monde, puisque tout le reste s’y déroule ! Il y a aussi des saccades dans la narration des ellipses durant lesquelles des personnages disparaissent, pour réapparaitre deux tomes plus tard. Et j’ai trouvé bizarre la fin (peu clair, comme si Houot voulait se débarrasser des personnages et de l’histoire), avec en plus un retour vers l’Arctique russe qui détonne trop par rapport au reste de l’histoire. Voilà pour les bémols, sérieux, qui donnent une l’impression au lecteur que l’intrigue a évolué au fil des tomes, en improvisant un peu, sans une trame complète dès le départ. Mais cette série recèle quand même plusieurs points positifs. D’abord le dessin, un peu daté, mais que j’ai trouvé bon, s’améliorant (idem pour la colorisation). Ensuite, malgré les incohérences pointées plus haut, j’ai bien aimé les décors et l’univers bâti par Houot (qui puise des influences un peu partout, du « Cycle de Cyann » à « Mad Max » mais le fait bien). Plus que l’intrigue elle-même dans sa globalité, ce sont divers passages que j’ai appréciés. Mais c’est clair qu’on est loin ici d’une construction à la « Cycle de Cyann ». Note réelle 2,5/5.
Un loup pour l'homme
C’est le type d’album auquel on n’a pas grand-chose à reprocher, qui procure une lecture fluide et sympathique, mais sur lequel on n’a pas non plus grand-chose à dire. Et probablement que l’on va oublier rapidement. La faute sans doute au fait que du début à la fin le lecteur n’est pas vraiment surpris, tant on retrouve ici des choses déjà vues ailleurs. Mais aussi parce que les personnages sont eux aussi prévisibles, un peu caricaturaux (Le patriarche Baron en tête). Ceci dit, comme je l’ai écrit plus haut, la lecture est plaisante, et le dessin, moderne et aéré, est plutôt agréable.
Suites algériennes
Je suis un peu surpris du peu d'avis pour cette fin de la saga de la famille Alban. Après le temps historique des bâtisseurs, puis la période militaire vécue de l'intérieur, Jacques Ferrandez endosse à travers son héros une position plus journalistique. On sort ainsi d'une histoire familiale très vécue par l'auteur pour avoir un regard plus distancié sur les événements dramatiques de ces soixante dernières années. La construction du récit m'a semblé plus compliquée avec des sauts entre époques, 2019,62,65,88 ou la décennie 90. Le récit n'est pas linéaire et il vaut mieux connaître un peu le sujet pour suivre au mieux les déplacements d'Octave ou de son fils Yanis. C'est toujours très documenté mais l'auteur parsème son récit d'interviews fictives qui représentent plus des opinions dont il est difficile de connaître le véritable impact sur la société algérienne de l'époque. Même si l'auteur introduit un certain nombre de lieux communs sur la corruption des régimes successifs, la radicalisation d'une partie de la population ou la position des femmes dans la société, on sent chez Ferrandez une volonté d'équilibre dans sa présentation. Certains passages m'ont moins intéressé comme cette volonté de retour de Noémie ou l'histoire entre Nour et Yanis qui ressemble un peu trop à la relation Octave/Samia. Graphiquement c'est toujours aussi plaisant de retrouver les paysages ensoleillés algériens. Les détails algérois ou parisiens sont finement travaillés même si je regrette que l'auteur insiste sur le ciel gris parisien d'une manière trop péjorative. J'ai toutefois deux petites réserves. Premièrement Nour est le portrait craché de Samia ensuite j'ai trouvé le graphisme des personnages en arrière-plan moins précis que d'habitude. Cela reste une bonne lecture avec de très bons passages. Un bon 3
Kali
J'en attendais sans doute trop. Kali, c'est 1/3 de Mad Max, 1/3 de Rambo et 1/3 de Lara Croft, bref, le genre de nana qu'il vaut mieux éviter de contrarier sous peine de gros ennuis. Dans un monde post-apocalyptique, Kali a été capturé par La Machine, une junte militaire qui règne en maître sur ce nouveau monde et qui écrase toute opposition par la force. Capturée, parce que notre héroïne vient d'être lâchée par ses sœurs d'armes, les Matriquas, après un différent sur le devenir du groupe, elle en garde d'ailleurs un couteau planté dans le dos. Kali ne rêve que de vengeance, elle en veut principalement à sa propre sœur. Une narration dynamique pour ce récit cent pour cent centré sur l'action, pas de temps mort, mais des morts à foison, c'est ultra violent et sanglant. Les personnages manquent de profondeur psychologique, des stéréotypes du genre et on sent dès les premières planches que Kali pourra se sortir de toutes les situations dangereuses, mais pas sans égratignures. Pas de messages de fond, tout repose sur les épaules de Kali et sur sa soif de vengeance, une course poursuite haletante où le temps lui est compté. Dans le genre bourrin, c'est très efficace. Heureusement le dessin de Robert Sammelin était là pour me rendre très agréable la lecture. Un style lisible, expressif et à la mise en page savamment orchestrée. Le point fort de cette BD. Un très gros dossier en fin d'album sur la genèse de ce comics. Pas mal (merci au dessin), mais je n'y reviendrai pas.
Polstar
Je reste sur un ressenti mitigé au sortir de cette lecture (je n’ai lu que les trois premiers tomes, mais ils constituent une sorte de cycle). Disons que ça se laisse lire, c’est plutôt dynamique. J’ai bien aimé au début le personnage de Polstar, sorte de héros malgré lui, et le côté vaguement trashouille. En effet, ça dézingue à tout va, le sang gicle, d’une façon caricaturale qui induit l’humour (un peu comme dans certaines scènes du film « Le Magnifique »). Mais hélas, cet aspect faussement gore, s’il est amusant, s’avère rapidement lassant, tant il n’y a pas suffisamment de rupture de ton. C’est d’ailleurs l’ensemble que j’ai trouvé trop léger. L’intrigue – à part le relatif suspens autour du Mérou – est bâtie sur des fondations peu originales (un triumvirat dirige une dictature, défendue par une police politique), et l’omniprésence de la violence – même si elle est volontairement exagérée et parodique – peine à masquer le relatif vide de l’intrigue. Le dessin lui-même est très simple. Mais bon, là, c’est moins grave, il est lisible et dynamique, et un scénario plus étoffé aurait facilement compensé. Une lecture d’emprunt, qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Dans la forêt des lilas
Une jolie histoire (sur le fond, mais aussi sur la forme, avec un dessin au trait fin, agréable, de jolies couleurs), et une lecture agréable. Un conte très plaisant. Sans doute certains détails m’ont-ils échappé, en particulier les personnages entourant l’héroïne, Faith, comme le chat Minon, ou la biche, mais aussi ce « monstre » qui les poursuit dans les bois. Sans doute y a-t-il ici pas mal d’allégorie (Faith est gravement malade, amoureuse malheureuse aussi), l’histoire est pleine de tristesse. Ça reste néanmoins une histoire bien mise en image, avec un dessin moderne (que j’ai trouvé meilleur que sur Artemisia), un récit qui décore joliment une intrigue sans doute un peu trop légère – ou énigmatique (mais je ne me pose peut-être pas les bonnes questions ?). Un album à découvrir en tout cas.
Bleu à la lumière du jour
Recommandé par mon libraire, je me suis laissé tenté par cet album. Mais au final, je rejoins le ressenti global des avis précédents : c'est beau, mais on peine à y retrouver ses petits... Je ne connaissais pas Borja González, belle occasion de découvrir un auteur espagnol, et j'avoue qu'un feuilletage sommaire de l'album m'avait mis à la bouche. Je trouve ses planches d'une rare élégance. Tant dans la composition de ses planches que dans l'harmonie de ses courbes ou des touches de couleur qu'il distille avec parcimonie, je suis tombé sous le charme. Malheureusement, le récit qu'il nous propose se révèle plus que nébuleux. Autant j'aime le fantastique et l'étrange, mais là j'avoue avoir l'impression de ne pas avoir compris grand chose au récit de cette étrange famille où les femmes attendent une cérémonie dans un château pendant que leurs hommes sont partis à la chasse. Tout cela semble se passer au Moyen Age, mais on finit par découvrir les vestiges de notre monde moderne lors d'une échappée hors la propriété de la protagoniste... Rêve, réalité, mythes, contes, vérité, mensonges, tout semble s'entremêler... Alors oui, l'ambiance oppressante que construit l'auteur est bien là, portée par ce graphisme envoutant. Mais pour autant on sort de cette lecture un peu hébété, sans trop savoir où l'auteur à voulu nous emmener ou nous raconter. Dommage.