Première lecture que je fais de l’éditeur Tabou, j’ai trouvé les parties érotiques plutôt softs et l’ensemble agréable à l’oeil, personnages et décors particulièrement soignés. Il faut dire que le contexte historique de l’antiquité romaine se prête bien à l’exercice.
Ce qui est bien c’est que l’histoire ne pâtit pas du genre, on suit les pérégrinations de deux jeunes gens, élevés ensemble dans la campagne de Pompeï, mais opposés par leur rang social et obligés de fuir et d’affronter Rome et ses intrigues de cour et politiques. L’évolution de leur psychologie et de leurs réactions est intéressante.
Bien que je ne sois aucunement spécialiste en histoire, il me semble que le contexte est bien rendu. Les termes sont expliqués en bas de page, et j’ai appris plein de choses sur la gladiature (rien que le mot déjà).
Les épisodes érotiques sont bien intégrés à l’histoire. En revanche, il me semble qu’il y ait un parti pris d’occulter l’homosexualité masculine, à peine évoquée verbalement. Le contexte romain devait permettre d’élargir ce champ il me semble. L’éditeur cible sans doute le public à chaque série éditée.
Les deux premiers volumes sont prometteurs et j’espère que le soufflé ne retombera pas avec la fin de la trilogie. Je me limiterai pour l’instant à trois étoiles en revoyant à la hausse si l’ensemble tient ses promesses.
Un petit truand qui a merdé est obligé de se planquer sous une fausse identité de prêtre dans un village du Jura. Il compense son ignorance religieuse par un certain bagout et beaucoup d'audace, mais ça risque de lui attirer pas mal d'emmerdes à la longue.
Le fond de l'intrigue n'est pas novateur et d'ailleurs la narration est également assez rapide avec une mise en scène peu bavarde, mais le récit est accrocheur.
J'ai surtout grandement apprécié son graphisme que je trouve excellent. Il me fait penser à celui de Ralph Meyer (Berceuse assassine). J'ai pas mal pensé à cette série justement car je lui trouvais justement un ton similaire à celui d'Habemus Bastard. Ici le dessin de Sylvain Vallée est superbement maîtrisé, vivant et semi-réaliste. Les couleurs le mettent aussi très bien en valeur. Mon seul regret est une préférence assez régulière pour des cadres assez serrés qui, ajoutés au mutisme des personnages, rend certaines scènes pas toujours faciles à comprendre. Dans les quelques pages d'introduction par exemple, je n'ai pas compris ce qu'il s'était passé avec la fille, mais j'imagine que ça fait justement partie du mystère que les auteurs ne veulent dévoiler qu'à partir du second tome.
De même, je n'ai pas totalement accroché à tous les éléments du scénario. Il y a quelques facilités, notamment dans la manière dont le héros réussit à se faire passer pour un prêtre, surtout quand il doit faire la messe, ou comment il s'impose auprès des locaux. Mais il ne faut pas forcément prendre toute cette part de l'intrigue au sérieux et savoir se laisser porter par un récit qui mêle le polar à une petite part d'humour. Et je me suis bien laissé porter, avec une vraie envie de lire la suite, et peut-être alors de remonter la note si l'ensemble tient bien la route.
Dans ce monde de fantasy où chaque contrée est en guerre avec sa voisine, le royaume des démons est dirigé par un empereur secondé par quatre rois. Or l'un de ces rois vient de se faire tuer par un héros humain et un tournoi est organisé pour le remplacer. Sauf que le favori de ce tournoi est un nouveau venu, Helck, un humain ultra musclé et bien plus fort que tout le monde qui clame détester ses congénères et vouloir devenir roi démon pour les combattre. Vermillio, reine démon, n'a aucune confiance en ce personnage et le soupçonne même d'être ce fameux héros humain : elle va alors chercher à l'évincer du tournoi et à dévoiler sa vraie identité.
Helck est un manga curieux. Il jongle avec les genres et ne se laisse pas cerner. Tout son contexte est de la pure heroic-fantasy mais elle est subtilement parodiée pour mettre en place une sorte d'humour légèrement loufoque avec constamment l'impression de ne pas se prendre au sérieux alors qu'en parallèle l'intrigue avance malgré tout.
Pour commencer, les démons sont loin de diables qu'on peut imaginer, à la limite ce serait même plutôt une sympathique peuple d'elfes et de monstres gentils. A l'inverse, les humains se révèlent dotés de pouvoirs bien plus démoniaques.
Ensuite, il y a ce fameux Helck qui est tellement bizarre. Caricaturalement musclé, il a un visage digne des paladins les plus clichés, avec une coiffure à la Adam de Musclor. L'expression en permanence impassible et souriante tandis qu'il gagne ses combats et ses épreuves avec une grande facilité, tout semble couler sur lui et suinter la fausseté ce qui le rend aussi incongru qu'énigmatique. Et au final, même si le manga est à son nom et que tout tourne autour de lui, c'est bien davantage Vermilio qui se révèle l'héroïne principale puisque c'est elle qui est plus proche du lecteur et qui essaie de comprendre les intentions mystérieuses de Helck. C'est elle aussi qui échoue lamentablement à lui mettre des bâtons dans les roues ce qui la rend attachante et amusante.
Il y a aussi le graphisme qui surprend car il est d'apparence légèrement vieillotte, proche des shonen d'aventure des années 90, ce qui accentue encore le côté décalé de l'histoire et de Helck lui-même.
Le tout donne un cocktail étonnant, suivant une intrigue un peu brouillonne qui aligne beaucoup de péripéties sans réel enjeu, amenant plus souvent le sourire qu'un vrai engouement même si on reste curieux de comprendre où l'auteur veut en venir quoiqu'on se doute assez vite que quelque chose de sombre se trame côté humains et que c'est pour cela que Helck se range aussi curieusement du côté des démons. Mais son impassibilité et son apparent manque de franchise le rendent un peu froid et pas aussi charismatique qu'on pourrait l'espérer. La série reste néanmoins amusante et plutôt surprenante par son ton et sa mise en scène débridée, donc elle est divertissante et fait passer un bon moment.
Fritz Lang est un auteur majeur, sur le plan scénaristique ou même du point de vue de la mise en images, expressionniste, mais je n'ai jamais vu le film qui a servi de modèle à Muth. Malgré les réelles qualités de l'album, je pense que le film doit être plus intéressant, il y a certains aspects que cette transcription peine à traduire (le grain du film par exemple, si important pour le cinéma expressionniste, l’apparition du parlant, des bruits dans le cinéma - de Lang en particulier).
Mais Muth, par son travail, a quand même cherché à s'approcher au plus près du rendu de Lang, en utilisant des photos - réalisées lui-même avec des proches comme figurants - qu'il a un peu retravaillées. Du coup, la noirceur, l'aspect parfois un peu flou des images du film ne sont pas trop trahis, on a parfois l'impression sur certaine planches que ce sont des images du film qui sont utilisées. L'esthétique est assez fidèle au modèle. Je regrette juste que ce travail esthétique important et bien mené soit un peu gâché par le traitement des bulles, qui donnent un malheureux effet artificiel, comme si cet aspect avait été négligé.
L'histoire est intéressante, autour de ce tueur en série, de la traque dont il fait l'objet (de la part de la police, mais aussi de la pègre), et aussi autour de la question de la peine de mort vers la fin (sans doute l'aspect le plus intéressant, surtout si on le replace dans le contexte de la montée du Nazisme de l'époque).
Une lecture intéressante donc, qui donne envie de voir le film d'origine en tout cas.
Song Ryang-ha et Château Dankworth sont tous deux des tueurs, le premier travaillant à son compte et assassinant presque pour le plaisir, tandis que la seconde travaille pour une organisation et respecte ses missions. Quand ils se rencontrent, Château se fait battre rapidement, mais Song Ryang-ha semble tomber sous son charme et dès lors il n'a de cesse que d'essayer de la séduire, lui offrant régulièrement ses proies comme autant de primes que Château peut récupérer à son compte. Mais celle-ci reste froide à ses avances bizarres et ne comprend pas où il veut en venir.
Ce manga est à la fois surprenant et convenu. Surprenant car ce n'est pas tous les jours qu'on lit une sorte de romance entre deux tueurs mélangée à des histoires d'action policière, avec guerres de gangs et vieilles vengeances. Et convenu car malgré quelques petites interrogations, on voit assez vite comment la relation entre les deux personnages va évoluer, quand le brun ténébreux va finir par faire fondre la glace de la blonde rigoureuse et mutique.
La série se lit assez vite car elle est peu bavarde et largement centrée sur l'action. Sur les premiers chapitres, la narration est un peu décousue mais c'est le temps que l'histoire se mette en place. Une fois rentrée dans l'action, elle se fait plus claire et mieux rythmée. Le dessin est simple et efficace, allant à l'essentiel. Ca se lit bien.
Honnêtement, je n'ai pas été passionné, mais c'est une série qui se laisse lire à moins d'être allergique au contexte d'organisations criminelles et d'affrontements entre tueurs mâtinés de romance.
Le dernier album qu'il me restait à aviser dans cette collection (merci le thème du jour de réparer mon oubli).
A l’époque, c’était la bonne surprise de la saison 2 d’une série concept assez versatile en qualité. Maintenant que tout est clôturé, je pousserai même le bouchon en précisant que c’est l’un des rares tomes à retenir des 21 albums parus.
Trait et couleur ont de la personnalité, l’histoire se tient plutôt bien. L’un des rares Whodonit lus qui a retenu mon attention, rien que pour cela cet album est remarquable. Bref une aventure qui fonctionne bien même en dehors du concept 7.
Franchement sympa à découvrir, je ne mets que 3* car le genre supporte mal plusieurs lectures une fois le pot aux roses connu.
Ce tome donnera même naissance à une série dérivée, sobrement intitulée « Détectives », où chaque album s’attardera tour à tour sur nos protagonistes principaux. Il me manque encore les 2 derniers albums à lire mais on retrouve la même formule.
2.5
Ce one-shot raconte les efforts de Célestin Freinet et de son épouse pour essayer d'implanter une éducation nouvelle basé sur l'expérience et l'esprit critique à une époque où l'éducation se résumait à apprendre par cœur ce que dit le professeur et obéir à l'autorité. Je vois donc que ce Freinet avec ses idées novatrices a fait en sorte que l'école ne soit pas toujours chiant !
Évidemment, bousculé les idées reçus ne se fera pas sans mal, surtout que Freinet est proche des communistes ce qui ne va pas plaire à tout le monde. J'ai trouvé que Freinet était un bon sujet de BD, en particulier parce qu'il est inconnu (je ne savais même pas son existence avant de lire cette biographie) sauf que ce n'est pas raconté de manière passionnante.
Au final, c'est encore une biographie où on aligne les moments importants d'un personnage historique. Au moins comme l'one-shot fait plus de 150 les auteurs ont plus développés certains aspects de sa vie et surtout montrer ses méthodes pour enseigner. Ce n'est donc pas totalement inintéressant et le dessin est sympa, mais je n'ai juste pas réussi à me passionner pour la vie de Freinet. Il faut dire que son coté optimiste peut finir par agacer à la longue parce que par moment il semble un peu naïf.
À emprunter si on s'intéresse au sujet de l'éducation.
Et bin zut !! Je m'attendais à mieux en terme de conte, moi qui pensais me régaler, je suis resté un peu en retrait de ma lecture.
Un album sympa mais la magie n'a pas opéré.
Déjà j'ai eu du mal avec les têtes des personnages, c'est un style mais je ne l'ai pas trouvé expressif. Dommage car c'est bien le seul gros reproche que je peux faire à la partie graphique, les reste est plutôt agréable, narration et couleurs notamment.
Concernant l'histoire, il en va de même, j'ai apprécié le séquençage et la fluidité mais à chaque chapitre j'espérais que ça décolle enfin. Du coup la fin, sans être mauvaise, ne m'a pas contenté. Au final, je ne retiens malheureusement pas grand chose de l'aventure, le parcours de notre géante m'a un peu endormi.
Sans doute en attendais-je trop ? mais à mes yeux, ce tome souffre de la comparaison avec d'autres séries un peu similaire (Bergères guerrières, La chevaleresse ...) qui ont su d'avantage me toucher.
Ce n’est qu’à la lecture de l’avis du Grand A que j’ai fait le rapprochement entre Horacio d’Alba et les auteurs. J’avais bien aimé cette précédente collaboration mais du coup à aucun moment de ma lecture des 2 tomes actuels je n’ai cherché à comparer ces 2 œuvres, j’avais plus en tête D de Ayroles et Maïorana.
Ces 2 séries partagent le même cadre, vampires et époque victorienne mais s’en éloignent dans le traitement (pas plus mal).
Lord Gravestone est plus classique et tourné vers l’action mais n’en reste pas moins efficace avec quelques traits d’originalité, j’ai bien apprécié ma lecture, finalement je le trouve plus proche d’un univers à la Underworld.
L’histoire suit le jeune John Gravestone (au physique du Scorpion), chasseur de monstres de père en fils, dans sa quête de surpasser son père et de reconnaissance. Le scénario est fluide, on alterne passé présent, les événements s’enchaînent bien. J’ai particulièrement apprécié le personnage de la vampire, le tout ne fait pas trop manichéen et possède suffisamment d’originalité pour se démarquer dans le genre.
Le dessinateur avait peut être un trait plus fin dans sa précédente série, mais ici j’ai trouvé que c’était tout aussi réussi. Une belle mise en page, des persos bien croqués, de chouettes décors … du tout bon à mes yeux, cependant il ne faut pas être allergique à ce style.
Donc voilà, pas la bd du siècle mais bien réalisée et plus que sympa pour les amateurs de ce type d’univers fantastique.
3,5
MàJ après lecture du dernier tome.
Je suis ennuyé, la série est plus qu’honnête mais alors qu’elle m’avait plutôt ravis jusque là, j’ai trouvé ce dernier tome en deçà des précédents, il loupe un peu le coche Je vais même arrondir ma note à l’inférieur.
Graphiquement déjà, j’ai trouvé ça moins flamboyant. Alors attention, il y a du boulot mais à mes yeux plus sage et gras. En fait, les planches m’ont paru moins peaufinées et surtout les persos moins charismatiques. Ce qui est préjudiciable vu le final (qui lui me plaît bien).
Du coup alors que je me faisais une joie de découvrir le fin mot, j’ai trouvé que la dernière ligne droite manquait un peu de force. Un tome un peu plan-plan jusqu’au finish où tout s’accélère. Dommage qu’il y ait un truc de perdu en cours de route autour des persos, leur trajectoire me plait mais il manque un truc pour me contenter pleinement. Ma réaction est plus proche du OK que du Whaaa.
Pas mieux que Le grand A, dont mon ressenti est d’ailleurs très proche.
Une lecture détente, c’est bien fait, on passe un bon moment mais je trouve ce premier tome un peu chiche niveau histoire et assez capillotracté sur certains personnages (le fameux Bohémond). Disons qu’en l’état, je suis loin d’être accro, ça se lit sans déplaisir, mais il va m’en falloir plus pour la suite.
Graphiquement c’est plus que convenable, malheureusement c’est pas la grosse claque. C’est fluide, bien dessiné et mis en couleurs, les doubles pages sont sympas … mais je sais pas, j’ai trouvé ça un poil trop sage, hormis la première page ça manque un peu de grandiloquence. On bouffe un peu trop de sable.
Niveau histoire, pas mieux, un premier tome qui pose surtout l’ambiance et quelques enjeux (encore très flous). Il y a du mystère, un cliffhanger final … mais moins addictif que dans la série TV Lost, ou même encore que dans Muo Wang - Les éveillés une série BD abandonnée qui partage la même idée de base (des personnages de tous horizons et époques réunis au même endroit, on ne sait pas pourquoi).
Donc voilà rien de honteux, quand même curieux de voir où ça va nous emmener. La préface de Bajram laisse présager une certaine ambition, mais pour l’instant on ne dépasse pas le simple pas mal. Divertissant mais on est encore sur la piste de décollage.
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Thrace (Tabou)
Première lecture que je fais de l’éditeur Tabou, j’ai trouvé les parties érotiques plutôt softs et l’ensemble agréable à l’oeil, personnages et décors particulièrement soignés. Il faut dire que le contexte historique de l’antiquité romaine se prête bien à l’exercice. Ce qui est bien c’est que l’histoire ne pâtit pas du genre, on suit les pérégrinations de deux jeunes gens, élevés ensemble dans la campagne de Pompeï, mais opposés par leur rang social et obligés de fuir et d’affronter Rome et ses intrigues de cour et politiques. L’évolution de leur psychologie et de leurs réactions est intéressante. Bien que je ne sois aucunement spécialiste en histoire, il me semble que le contexte est bien rendu. Les termes sont expliqués en bas de page, et j’ai appris plein de choses sur la gladiature (rien que le mot déjà). Les épisodes érotiques sont bien intégrés à l’histoire. En revanche, il me semble qu’il y ait un parti pris d’occulter l’homosexualité masculine, à peine évoquée verbalement. Le contexte romain devait permettre d’élargir ce champ il me semble. L’éditeur cible sans doute le public à chaque série éditée. Les deux premiers volumes sont prometteurs et j’espère que le soufflé ne retombera pas avec la fin de la trilogie. Je me limiterai pour l’instant à trois étoiles en revoyant à la hausse si l’ensemble tient ses promesses.
Habemus Bastard
Un petit truand qui a merdé est obligé de se planquer sous une fausse identité de prêtre dans un village du Jura. Il compense son ignorance religieuse par un certain bagout et beaucoup d'audace, mais ça risque de lui attirer pas mal d'emmerdes à la longue. Le fond de l'intrigue n'est pas novateur et d'ailleurs la narration est également assez rapide avec une mise en scène peu bavarde, mais le récit est accrocheur. J'ai surtout grandement apprécié son graphisme que je trouve excellent. Il me fait penser à celui de Ralph Meyer (Berceuse assassine). J'ai pas mal pensé à cette série justement car je lui trouvais justement un ton similaire à celui d'Habemus Bastard. Ici le dessin de Sylvain Vallée est superbement maîtrisé, vivant et semi-réaliste. Les couleurs le mettent aussi très bien en valeur. Mon seul regret est une préférence assez régulière pour des cadres assez serrés qui, ajoutés au mutisme des personnages, rend certaines scènes pas toujours faciles à comprendre. Dans les quelques pages d'introduction par exemple, je n'ai pas compris ce qu'il s'était passé avec la fille, mais j'imagine que ça fait justement partie du mystère que les auteurs ne veulent dévoiler qu'à partir du second tome. De même, je n'ai pas totalement accroché à tous les éléments du scénario. Il y a quelques facilités, notamment dans la manière dont le héros réussit à se faire passer pour un prêtre, surtout quand il doit faire la messe, ou comment il s'impose auprès des locaux. Mais il ne faut pas forcément prendre toute cette part de l'intrigue au sérieux et savoir se laisser porter par un récit qui mêle le polar à une petite part d'humour. Et je me suis bien laissé porter, avec une vraie envie de lire la suite, et peut-être alors de remonter la note si l'ensemble tient bien la route.
Helck
Dans ce monde de fantasy où chaque contrée est en guerre avec sa voisine, le royaume des démons est dirigé par un empereur secondé par quatre rois. Or l'un de ces rois vient de se faire tuer par un héros humain et un tournoi est organisé pour le remplacer. Sauf que le favori de ce tournoi est un nouveau venu, Helck, un humain ultra musclé et bien plus fort que tout le monde qui clame détester ses congénères et vouloir devenir roi démon pour les combattre. Vermillio, reine démon, n'a aucune confiance en ce personnage et le soupçonne même d'être ce fameux héros humain : elle va alors chercher à l'évincer du tournoi et à dévoiler sa vraie identité. Helck est un manga curieux. Il jongle avec les genres et ne se laisse pas cerner. Tout son contexte est de la pure heroic-fantasy mais elle est subtilement parodiée pour mettre en place une sorte d'humour légèrement loufoque avec constamment l'impression de ne pas se prendre au sérieux alors qu'en parallèle l'intrigue avance malgré tout. Pour commencer, les démons sont loin de diables qu'on peut imaginer, à la limite ce serait même plutôt une sympathique peuple d'elfes et de monstres gentils. A l'inverse, les humains se révèlent dotés de pouvoirs bien plus démoniaques. Ensuite, il y a ce fameux Helck qui est tellement bizarre. Caricaturalement musclé, il a un visage digne des paladins les plus clichés, avec une coiffure à la Adam de Musclor. L'expression en permanence impassible et souriante tandis qu'il gagne ses combats et ses épreuves avec une grande facilité, tout semble couler sur lui et suinter la fausseté ce qui le rend aussi incongru qu'énigmatique. Et au final, même si le manga est à son nom et que tout tourne autour de lui, c'est bien davantage Vermilio qui se révèle l'héroïne principale puisque c'est elle qui est plus proche du lecteur et qui essaie de comprendre les intentions mystérieuses de Helck. C'est elle aussi qui échoue lamentablement à lui mettre des bâtons dans les roues ce qui la rend attachante et amusante. Il y a aussi le graphisme qui surprend car il est d'apparence légèrement vieillotte, proche des shonen d'aventure des années 90, ce qui accentue encore le côté décalé de l'histoire et de Helck lui-même. Le tout donne un cocktail étonnant, suivant une intrigue un peu brouillonne qui aligne beaucoup de péripéties sans réel enjeu, amenant plus souvent le sourire qu'un vrai engouement même si on reste curieux de comprendre où l'auteur veut en venir quoiqu'on se doute assez vite que quelque chose de sombre se trame côté humains et que c'est pour cela que Helck se range aussi curieusement du côté des démons. Mais son impassibilité et son apparent manque de franchise le rendent un peu froid et pas aussi charismatique qu'on pourrait l'espérer. La série reste néanmoins amusante et plutôt surprenante par son ton et sa mise en scène débridée, donc elle est divertissante et fait passer un bon moment.
M (Emmanuel Proust)
Fritz Lang est un auteur majeur, sur le plan scénaristique ou même du point de vue de la mise en images, expressionniste, mais je n'ai jamais vu le film qui a servi de modèle à Muth. Malgré les réelles qualités de l'album, je pense que le film doit être plus intéressant, il y a certains aspects que cette transcription peine à traduire (le grain du film par exemple, si important pour le cinéma expressionniste, l’apparition du parlant, des bruits dans le cinéma - de Lang en particulier). Mais Muth, par son travail, a quand même cherché à s'approcher au plus près du rendu de Lang, en utilisant des photos - réalisées lui-même avec des proches comme figurants - qu'il a un peu retravaillées. Du coup, la noirceur, l'aspect parfois un peu flou des images du film ne sont pas trop trahis, on a parfois l'impression sur certaine planches que ce sont des images du film qui sont utilisées. L'esthétique est assez fidèle au modèle. Je regrette juste que ce travail esthétique important et bien mené soit un peu gâché par le traitement des bulles, qui donnent un malheureux effet artificiel, comme si cet aspect avait été négligé. L'histoire est intéressante, autour de ce tueur en série, de la traque dont il fait l'objet (de la part de la police, mais aussi de la pègre), et aussi autour de la question de la peine de mort vers la fin (sans doute l'aspect le plus intéressant, surtout si on le replace dans le contexte de la montée du Nazisme de l'époque). Une lecture intéressante donc, qui donne envie de voir le film d'origine en tout cas.
Love of kill
Song Ryang-ha et Château Dankworth sont tous deux des tueurs, le premier travaillant à son compte et assassinant presque pour le plaisir, tandis que la seconde travaille pour une organisation et respecte ses missions. Quand ils se rencontrent, Château se fait battre rapidement, mais Song Ryang-ha semble tomber sous son charme et dès lors il n'a de cesse que d'essayer de la séduire, lui offrant régulièrement ses proies comme autant de primes que Château peut récupérer à son compte. Mais celle-ci reste froide à ses avances bizarres et ne comprend pas où il veut en venir. Ce manga est à la fois surprenant et convenu. Surprenant car ce n'est pas tous les jours qu'on lit une sorte de romance entre deux tueurs mélangée à des histoires d'action policière, avec guerres de gangs et vieilles vengeances. Et convenu car malgré quelques petites interrogations, on voit assez vite comment la relation entre les deux personnages va évoluer, quand le brun ténébreux va finir par faire fondre la glace de la blonde rigoureuse et mutique. La série se lit assez vite car elle est peu bavarde et largement centrée sur l'action. Sur les premiers chapitres, la narration est un peu décousue mais c'est le temps que l'histoire se mette en place. Une fois rentrée dans l'action, elle se fait plus claire et mieux rythmée. Le dessin est simple et efficace, allant à l'essentiel. Ca se lit bien. Honnêtement, je n'ai pas été passionné, mais c'est une série qui se laisse lire à moins d'être allergique au contexte d'organisations criminelles et d'affrontements entre tueurs mâtinés de romance.
Sept détectives
Le dernier album qu'il me restait à aviser dans cette collection (merci le thème du jour de réparer mon oubli). A l’époque, c’était la bonne surprise de la saison 2 d’une série concept assez versatile en qualité. Maintenant que tout est clôturé, je pousserai même le bouchon en précisant que c’est l’un des rares tomes à retenir des 21 albums parus. Trait et couleur ont de la personnalité, l’histoire se tient plutôt bien. L’un des rares Whodonit lus qui a retenu mon attention, rien que pour cela cet album est remarquable. Bref une aventure qui fonctionne bien même en dehors du concept 7. Franchement sympa à découvrir, je ne mets que 3* car le genre supporte mal plusieurs lectures une fois le pot aux roses connu. Ce tome donnera même naissance à une série dérivée, sobrement intitulée « Détectives », où chaque album s’attardera tour à tour sur nos protagonistes principaux. Il me manque encore les 2 derniers albums à lire mais on retrouve la même formule.
Freinet - L'éducation en liberté
2.5 Ce one-shot raconte les efforts de Célestin Freinet et de son épouse pour essayer d'implanter une éducation nouvelle basé sur l'expérience et l'esprit critique à une époque où l'éducation se résumait à apprendre par cœur ce que dit le professeur et obéir à l'autorité. Je vois donc que ce Freinet avec ses idées novatrices a fait en sorte que l'école ne soit pas toujours chiant ! Évidemment, bousculé les idées reçus ne se fera pas sans mal, surtout que Freinet est proche des communistes ce qui ne va pas plaire à tout le monde. J'ai trouvé que Freinet était un bon sujet de BD, en particulier parce qu'il est inconnu (je ne savais même pas son existence avant de lire cette biographie) sauf que ce n'est pas raconté de manière passionnante. Au final, c'est encore une biographie où on aligne les moments importants d'un personnage historique. Au moins comme l'one-shot fait plus de 150 les auteurs ont plus développés certains aspects de sa vie et surtout montrer ses méthodes pour enseigner. Ce n'est donc pas totalement inintéressant et le dessin est sympa, mais je n'ai juste pas réussi à me passionner pour la vie de Freinet. Il faut dire que son coté optimiste peut finir par agacer à la longue parce que par moment il semble un peu naïf. À emprunter si on s'intéresse au sujet de l'éducation.
Géante - Histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté
Et bin zut !! Je m'attendais à mieux en terme de conte, moi qui pensais me régaler, je suis resté un peu en retrait de ma lecture. Un album sympa mais la magie n'a pas opéré. Déjà j'ai eu du mal avec les têtes des personnages, c'est un style mais je ne l'ai pas trouvé expressif. Dommage car c'est bien le seul gros reproche que je peux faire à la partie graphique, les reste est plutôt agréable, narration et couleurs notamment. Concernant l'histoire, il en va de même, j'ai apprécié le séquençage et la fluidité mais à chaque chapitre j'espérais que ça décolle enfin. Du coup la fin, sans être mauvaise, ne m'a pas contenté. Au final, je ne retiens malheureusement pas grand chose de l'aventure, le parcours de notre géante m'a un peu endormi. Sans doute en attendais-je trop ? mais à mes yeux, ce tome souffre de la comparaison avec d'autres séries un peu similaire (Bergères guerrières, La chevaleresse ...) qui ont su d'avantage me toucher.
Lord Gravestone
Ce n’est qu’à la lecture de l’avis du Grand A que j’ai fait le rapprochement entre Horacio d’Alba et les auteurs. J’avais bien aimé cette précédente collaboration mais du coup à aucun moment de ma lecture des 2 tomes actuels je n’ai cherché à comparer ces 2 œuvres, j’avais plus en tête D de Ayroles et Maïorana. Ces 2 séries partagent le même cadre, vampires et époque victorienne mais s’en éloignent dans le traitement (pas plus mal). Lord Gravestone est plus classique et tourné vers l’action mais n’en reste pas moins efficace avec quelques traits d’originalité, j’ai bien apprécié ma lecture, finalement je le trouve plus proche d’un univers à la Underworld. L’histoire suit le jeune John Gravestone (au physique du Scorpion), chasseur de monstres de père en fils, dans sa quête de surpasser son père et de reconnaissance. Le scénario est fluide, on alterne passé présent, les événements s’enchaînent bien. J’ai particulièrement apprécié le personnage de la vampire, le tout ne fait pas trop manichéen et possède suffisamment d’originalité pour se démarquer dans le genre. Le dessinateur avait peut être un trait plus fin dans sa précédente série, mais ici j’ai trouvé que c’était tout aussi réussi. Une belle mise en page, des persos bien croqués, de chouettes décors … du tout bon à mes yeux, cependant il ne faut pas être allergique à ce style. Donc voilà, pas la bd du siècle mais bien réalisée et plus que sympa pour les amateurs de ce type d’univers fantastique. 3,5 MàJ après lecture du dernier tome. Je suis ennuyé, la série est plus qu’honnête mais alors qu’elle m’avait plutôt ravis jusque là, j’ai trouvé ce dernier tome en deçà des précédents, il loupe un peu le coche Je vais même arrondir ma note à l’inférieur. Graphiquement déjà, j’ai trouvé ça moins flamboyant. Alors attention, il y a du boulot mais à mes yeux plus sage et gras. En fait, les planches m’ont paru moins peaufinées et surtout les persos moins charismatiques. Ce qui est préjudiciable vu le final (qui lui me plaît bien). Du coup alors que je me faisais une joie de découvrir le fin mot, j’ai trouvé que la dernière ligne droite manquait un peu de force. Un tome un peu plan-plan jusqu’au finish où tout s’accélère. Dommage qu’il y ait un truc de perdu en cours de route autour des persos, leur trajectoire me plait mais il manque un truc pour me contenter pleinement. Ma réaction est plus proche du OK que du Whaaa.
Bomb X
Pas mieux que Le grand A, dont mon ressenti est d’ailleurs très proche. Une lecture détente, c’est bien fait, on passe un bon moment mais je trouve ce premier tome un peu chiche niveau histoire et assez capillotracté sur certains personnages (le fameux Bohémond). Disons qu’en l’état, je suis loin d’être accro, ça se lit sans déplaisir, mais il va m’en falloir plus pour la suite. Graphiquement c’est plus que convenable, malheureusement c’est pas la grosse claque. C’est fluide, bien dessiné et mis en couleurs, les doubles pages sont sympas … mais je sais pas, j’ai trouvé ça un poil trop sage, hormis la première page ça manque un peu de grandiloquence. On bouffe un peu trop de sable. Niveau histoire, pas mieux, un premier tome qui pose surtout l’ambiance et quelques enjeux (encore très flous). Il y a du mystère, un cliffhanger final … mais moins addictif que dans la série TV Lost, ou même encore que dans Muo Wang - Les éveillés une série BD abandonnée qui partage la même idée de base (des personnages de tous horizons et époques réunis au même endroit, on ne sait pas pourquoi). Donc voilà rien de honteux, quand même curieux de voir où ça va nous emmener. La préface de Bajram laisse présager une certaine ambition, mais pour l’instant on ne dépasse pas le simple pas mal. Divertissant mais on est encore sur la piste de décollage.