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Couverture de la série Le Scarabée d'or, d'Edgar Allan Poe
Le Scarabée d'or, d'Edgar Allan Poe

Je ne connais pas le roman de Poe, mais je suppose au vu de cette adaptation que ce n’est pas sa pièce maîtresse. En effet, j’ai trouvé l’histoire manquant de rythme et de profondeur. Ça se laisse lire, mais j’ai suivi l’intrigue sans vraiment être accroché. En fait, c’est plus le dessin qui m’a convenu, et convaincu d’aller au bout. Je ne suis en particulier pas sûr que la construction à rebours de l’histoire soit une bonne idée, cela prive le lecteur d’un peu de surprise. Une lecture d’emprunt, à réserver aux fans de Poe je pense. Note réelle 2,5/5.

02/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Les Indésirables
Les Indésirables

Une BD un peu trop légère pour que je l'apprécie pleinement. C'est une BD assez dense en terme de pages qui parle de ces camps d'internements des personnes japonaises (ou considérées comme tels) durant la Seconde Guerre Mondiale aux Etats-Unis. L'épisode est un peu plus médiatisé depuis quelques années, notamment avec le débat autour de l'immigration accentué par Trump. On sent que cette BD est une réponse à ces échanges vifs, puisque Trump apparait dans la BD. Cependant, je dois dire que la BD est lue assez lentement, pas franchement passionnante et qu'elle manque de quelque chose. L'idée de faire voyager une gamine contemporaine dans ces camps pour comprendre la fracture que cela fut pour les personnes internées est bonne, puisqu'elle permet de faire vivre les camps, mais malheureusement il manque le dialogue essentiel : celui des gens qui y étaient avec les générations actuelles. De fait, la BD présente ces camps et ce qu'ils ont brisés dans des immigrés qui ont totalement coupés les ponts avec leurs racines, puis nous sautons au présent avec Trump parlant de réguler l'immigration. Je ne vais pas dire qu'on saute du coq à l'âne, puisqu'il y a des liens évidents, mais il manque le liant entre tout ça. Pour ma part, je trouve que l'ensemble manque d'une véritable réflexion autour de l'intégration des immigrés, la question du bouc émissaire qu'il joue ou même la façon dont cette intégration peut devenir source de ressenti plus tard. La BD l'évoque en filigrane mais ne prend jamais le sujet à bras-le-corps. Le dessin est assez passable, je trouve. Les décors font vides (ce qui se comprend dans le désert) mais les personnages sont représentés presque toujours de la même façon et c'est assez figé. Je pense que la faute en incombe surtout à la colorisation, qui fait très lisse et trop peu détaillé. Ça n'aide pas à s'accrocher au récit, d'autant que voir l'héroïne faire la moue en permanence m'a vite agacée. On dirait une ado blasée standard, pas une gamine contemporaine qui vit une expérience intense qui bouleverse sa vie. Bref, en l'état c'est un témoignage qui tente, je le reconnais, mais ça manque de vie. J'ai lu la BD jusqu'au bout sans passion et je pense qu'une grande partie ce qui y est dit sera oublié pour moi dans une dizaine de jours. Dommage !

02/07/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Boire pour fuir ma solitude
Boire pour fuir ma solitude

2.5 J'avais bien aimé la première autobiographie de l'autrice parce qu'on avait un aperçu de ce que c'était d'être une LGBT au Japon. J'avais moins aimé sa seconde autobiographie et je pense que j'ai encore moins aimé la troisième. Ici, l'autrice finit à l'hôpital parce que son alcoolisme à détruit son corps. C'est donc encore un récit qui se passe en milieu hospitalier avec l'auteur/autrice qui raconte ses problèmes de santés, ce qui est pour moi est tout de même moins intéressant que la place des personnages marginaux dans un pays non-occidental. En plus, l'autrice avait promit à ses parents de ne plus faire de l'autobiographie et du coup elle n'a pas prit de notes lors de son séjour à l'hôpital alors on a droit au strict minimum de ce coté là. Parallèlement, on va voir aussi l'autrice essayer de faire avancer ses projets de mangas de fictions et ne pas y arriver. Cela se laisse lire, notamment parce que le trait de Nagata est toujours aussi dynamique et agréable à l'œil, mais j'ai trouvé que c'était très léger au niveau du scénario avec notamment des répétitions au niveau des anecdotes. J'ai peur que l'autrice finisse comme Lewis Trondheim qui avait commencé très fort dans le domaine de l'autobiographie et qui petit à petit a finit par sortir des albums avec des anecdotes banales comme s'il s'était rend compte qu'il y aurait un public pour ça peu importe ce qu'il racontait était intéressant ou non.

01/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Une étude en émeraude
Une étude en émeraude

Rache - Ce tome correspond à une adaptation en bande dessinée d'une nouvelle écrite par Neil Gaiman et publiée pour la première fois en 2003. Il est initialement paru en 2018. L'adaptation a été réalisée par Rafael Albuquerque en ce qui concerne le découpage de l'histoire et sa mise en images. L'adaptation en script a été faite en collaboration avec Rafael Scavone. La mise en couleurs a été réalisée par Dave Stewart. L'histoire a été gardée intacte, et les auteurs ont conservé les phrases de Neil Gaiman. le tome se termine avec 10 pages d'études graphiques d'Albuquerque. Dans la ville de Londres a été placardée une affiche qui indique que la troupe The Strand Players va prochainement présenter un spectacle comprenant trois parties mêlant comédie et tragédie, avec Mon frère identique Tom, La plus petite vendeuse de violettes, Les grands anciens arrivent. À Londres dans les années 1880, un fiacre dépose un fiacre dépose un homme qui marche à l'aide d'une canne devant un immeuble. Il montre les marches pour accéder au couloir et ouvre une porte. Un homme l'accueille est lui disant qu'il voit qu'il a fait la guerre en Afghanistan. le détective lui explique comment il est arrivé à cette déduction, et exposé ainsi cela devient une évidence lumineuse. L'ex-soldat se rend bien compte de la puissance de déduction du détective et se souvient de ce qu'il a enduré lors de cette campagne lorsqu'il s'est retrouvé dans une grotte où une créature d'un autre monde l'a touché à l'épaule droite avec un de ses tentacules. L'ex-soldat indique qu'il lui arrive de se réveiller en hurlant la nuit ; le détective lui indique qu'il lui arrive de ronfler. Ils décident d'emménager ensemble dans un appartement de Baker Street. Ayant emménagé, l'ex-soldat a appris à respecter le besoin d'intimité du détective, se retirant de lui-même dans sa chambre quand le détective reçoit un client. Un matin alors qu'ils prennent leur petit-déjeuner ensemble, le détective informe son compagnon qu'ils vont recevoir un visiteur dans 3 minutes. Ayant demandé à la cuisinière de préparer des saucisses supplémentaires, le détective explique comment il est arrivé à cette conclusion. Ça ne rate pas : l'inspecteur Lestrade frappe à la porte exactement 3 minutes plus tard. Alors que Lestrade accepte bien volontiers le petit-déjeuner, le détective se livre à une série de déduction dont il a le secret et expose que Lestrade est venu demander leur aide pour une affaire impliquant une tête couronnée, et qu'ils doivent se rendre dans le quartier de Shoreditch pour constater les faits. Ça ne rate pas : il a raison sur toute la ligne. Cette fois-ci, il demande à l'ex-soldat de l'accompagner dans cette enquête, ce qu'il n'avait jamais fait auparavant. L'inspecteur Lestrade les emmène en fiacre jusqu'au lieu du crime. Pour des raisons commerciales évidentes, l'éditeur Dark Horse s'est lancé de longue date dans la mise en chantier d'adaptation de nouvelles de Neil Gaiman : de The Facts in the Case of the Departure of Miss Finch par Michael Zulli à Forbidden Brides of the Faceless Slaves in the Secret House of the Night of Dread Desire par Shane Oakley. C'est le même éditeur qui a publié l'adaptation en comics du roman American Gods par P. Craig Russell et Scott Hampton. Cet éditeur a donc su établir une relation de confiance avec l'auteur concernant la qualité desdites adaptations. le lecteur remarque tout de suite le titre étrange de cette histoire extraite du recueil Miroirs et fumées (2006). Même s'il ne situe pas la référence immédiatement, il se rend compte qu'il lit une version personnelle d'une enquête de Sherlock Holmes, une variation sur la nouvelle Une étude en rouge (1887), celle qui contient la première apparition de Sherlock Holmes. Pour des raisons non explicitées, l'auteur préfère ne pas utiliser les noms de Sherlock Holmes et du docteur John Watson, mais il n'y a pas à s'y tromper. de plus, Gaiman s'est amusé à changer la couleur du sang, d'écarlate à émeraude. L'affiche de la première page ne laisse pas de place au doute : cette couleur verte correspond au fluide vital d'une créature venant du Dehors, appartenant à la mythologie des Grands Anciens imaginées par Howard Philips Lovecraft (1890-1937). Il a donc écrit un pastiche, ou plutôt à un hommage au héros de Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930, un contemporain de Lovecraft), en le croisant avec une autre mythologie. Ayant bien compris le principe de ce mélange, le lecteur découvre l'enquête sans en être dupe un seul instant. Il est assez amusant de découvrir à quoi Gaiman à assimilé ces grands anciens. le lecteur savoure l'utilisation des conventions des récits de Sherlock Holmes : sa capacité à se déguiser, son sens affûté de l'observation, ses capacités extraordinaires de déduction. Il ne manque que son addiction à la cocaïne et sa manie de torturer les cordes d'un violon. Afin de pouvoir raconter l'histoire qu'il souhaite, Gaiman a également aménagé l'histoire personnelle de Watson qui reste un vétéran de la seconde guerre d'Afghanistan (1879-1880) mais qui n'est un médecin, mais un ancien tireur d'élite dont la blessure a annihilé ses compétences en la matière. Se montrant respectueux, il a décidé de ne pas utiliser les noms de Sherlock Holmes et John Watson pour ses personnages. le lecteur se laisse donc emmener aux côtés du détective et de son assistant pour récolter les indices et trouver qui a assassiné la victime qui est effectivement de sang royal. Il sourit en relevant les références à l'époque victorienne et à la littérature comme les poudres du docteur Jekyll, aux bottes de Jack Talons-à-ressort, à la potion du docteur Victor Moreau pour réveiller la bête en vous, ou encore au procédé d'exsanguination d'un certain V. Tepes. Rafael Albuquerque a acquis sa renommée en travaillant avec Scott Snyder, en particulier en illustrant sa série American Vampire. Il a depuis collaboré avec d'autres scénaristes en vue comme Mark Millar pour Huck. La couverture est évocatrice à souhait avec ce fluide vert, et ce personnage dont la tête est invisible qui manipule un coupe-chou évoquant la dextérité et le sadisme de Jack l'éventreur. La finition de l'ouvrage est impeccable avec de jolies têtes de chapitres et une mise en couleurs sophistiquées et maîtrisée de Dave Stewart. Les affiches bénéficient d'un lettrage imitant le style de l'époque, réalisé par le vétéran Todd Klein. le récit s'ouvre avec un dessin en pleine page représentant une rue londonienne dans laquelle circule le fiacre emmenant l'ex-soldat vers le détective. le lecteur peut voir les façades, à moitié mangée par les ténèbres, une coupole au loin, les lampadaires, les trottoirs et la chaussée. Il remarque que le dessinateur ne s'attarde pas trop sur les détails, que ce soit la texture de la chaussée, la hauteur des trottoirs ou encore l'exactitude des façades. Il se rend même compte que du fait de l'étroitesse de la chaussée, 2 fiacres ne peuvent pas s'y croiser. Or l'image montre clairement que c'est pourtant ce qui vient de se passer. de la même manière dans la page suivante, l'ex-soldat monte quelques marches pour accéder à la porte d'entrée de l'immeuble alors que la case juste au-dessus montre une entrée de plain-pied. Avec ces 2 premières pages, le lecteur a bien compris qu'il ne doit pas s'attendre à une reconstitution historique très détaillée en ce qui concerne les différents environnements. D'ailleurs, Rafael Albuquerque utilise les trucs et astuces classiques des comics mensuels pour s'économiser en ne dessinant pas les arrière-plans quand ce n'est pas strictement nécessaire, par exemple lors des conversations durant plus d'une case. D'un côté, cette façon d'envisager la représentation d'un récit d'époque sans trop s'investir dans la reconstitution est pratique courant dans les comics. de l'autre côté, c'est un peu frustrant dans un projet de prestige, misant sur le nom du romancier pour attirer le lecteur. Rafael Albuquerque s'investit plus pour donner vie aux personnages, avec des visages aisément reconnaissables, des morphologies distinctes, et des expressions de visage très parlantes. Il fait des efforts de mise en scène pour éviter les enfilades de têtes en train de parler, même si elles représentent quand même une proportion significative des cases. Il sait s'y prendre mettre en scène les manifestations des Grands Anciens, de telle sort à en montrer assez pour faire apparaître leur caractère monstrueux, mais pas trop pour ne pas donner l'impression de grosses bestioles en caoutchouc. le lecteur constate par lui-même qu'Albuquerque est bien l'auteur de cette adaptation dans la mesure où il l'a pensée de manière visuelle, avec des mises en scène vivantes, plutôt que des scènes de dialogues parfois entrecoupées de déplacements. Cela donne une lecture rythmée et variée, sans impression statique ou trop appliquée à suivre et à respecter le texte à la lettre. S'il est familier de la nouvelle d'Arthur Conan Doyle, le lecteur sourit en découvrant d'autres éléments très précis comme l'inscription Rache sur le mur, ou la signature d'un personnage avec les initiales S et M qui renvoient à Sebastian Moran, un personnage apparaissant dans une autre aventure de Sherlock Holmes. Il retrouve également la chute du récit, tout aussi bien amenée que dans la nouvelle, ayant conservé tout son impact. Il s'agit donc d'une lecture sympathique que ce soit une découverte ou non, que le lecteur soit familier de la nouvelle de L'étude en rouge, ou non. Cependant, le lecteur ne peut pas s'empêcher de regretter que Rafael Albuquerque ne se soit pas plus investi dans ses dessins pour réaliser une reconstitution historique qui ne soit pas en carton-pâte.

01/07/2024 (modifier)
Par Syndar
Note: 3/5
Couverture de la série Blood Moon (Lowreader présente)
Blood Moon (Lowreader présente)

Je découvre l'auteur avec cet album qu'on m'a offert en cadeau et je dois dire que ce fut une lecture plutôt plaisante. Pour faire une comparaison filmique, j'ai eu l'impression de lire Outland (western dans l'espace) qui aurait été réalisé par Carpenter (aspect fantastique). Le cadre du recit est décrit de manière efficace en quelques pages et va à l'essentiel ce qui permet de ce concentrer sur l'intrigue rapidement. Le dessin, très influencé par Mignola, retranscrit une ambiance poisseuse, quasiment crépusculaire, fonctionnant bien et offre de très belles pleines et doubles pages. Associé à un découpage très cinématographique (d'où la comparaison cité plus haut), Bones nous livre un récit hard boiled efficace. 3/5

01/07/2024 (modifier)
Couverture de la série La Limite n'a pas de connerie
La Limite n'a pas de connerie

La première œuvre que je lis de cet auteur, si j’ai bien quelques réticences à formuler, l’ensemble se révèle quand même assez sympathique. En tout cas, un album qui porte bien son titre. Reuzé ne fait pas les choses à moitié, je ne sais pas quels degrés d’humour il atteint avec ces histoires mais ça va loin. Il ne faut vraiment pas être allergique ou 1er degré, vous allez vous emmerder sinon. Le tome compile gags et courts récits préalablement parus en revues. C’est un peu une force, nous aurons ainsi une belle variété d’univers ; mais aussi une faiblesse, l’humour peut paraître lourd à la longue, je déconseille de s’enfiler l’album d’une traite. C’est ce que j’ai fait et alors que l’ensemble est plutôt réussi (si on aime le très con), je suis quand même rapidement arrivé à overdose. Le dessin n’est pas la qualité première du bouquin mais ça passe, dans le délire je lui préfère nettement celui d’Alexis ou de Josselin Duparcmeur. Bref un album qu’il faut papillonner et que je ne conseille qu’aux amateurs d’absurde. Nota : je n’ai pas trop adhéré à la première histoire avec Billy the kid (planches de la galerie), heureusement le reste est mieux vu.

01/07/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Qui laisse passer la lumière
Qui laisse passer la lumière

Une manière originale de traiter le sujet des fantômes. Diane est une collégienne renfermée. Passionnée de couture et des poupées qu'elle fabrique, elle communique très peu et est mise à l'écart par les jeunes de son âge. Elle n'en a pas moins son petit caractère et n'hésite pas à tacler les harceleurs qui s'en prennent à elle. Mais les mots qui lui viennent sont-elles les siens ou ceux d'un fantôme qui veille sur elle ? Car elle entend en effet une voix qui lui parle et quand elle parvient enfin à communiquer avec elle, elle découvre qu'il s'agit de son arrière-arrière-grand père, mort dans les tranchées, et qu'il lui apparait désormais pour de bon pour lui apporter son soutien... ou autre chose en réalité ? Tant sur le style graphique que sur le ton du récit, cette BD dégage quelque chose de spécial. Le dessin, très coloré, a un style un peu naïf qui met aussi un petit peu mal à l'aise. Tout autant que ce fantôme dont Diane peut voir les entrailles et le visage changeant. Et aussi attentionné soit-il, ne l'est-il pas un peu trop, insistant trop pour apporter cette aide qu'il prodigue en insérant ses doigts dans le cerveau de la fille ? Peur de disparaitre, mal-être, confiance en soi et en les autres, harcèlement et secret de famille, les thématiques se mêlent sans jamais se laisser percer à jour : elles sont frôlées du doigt mais jamais vraiment approfondies ou clarifiées. On reste un peu dans le flou jusqu'au bout, même si on assiste sans doute à une prise de conscience et de confiance en elle de l'héroïne qui a droit à une fin ouverte et optimiste.

01/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Ecoute, Jolie Márcia
Ecoute, Jolie Márcia

Un fauve d'or bien étrange que voila, mais pas inintéressant. C'est avant tout la colorisation qui frappe, cette façon de peindre aux couleurs vives et d'avoir une peau bleutée pour les personnages. On s'y habitue très vite, mais c'est un peu déroutant d'entrée de jeu. L'autre versant surprenant est cette histoire de femme "ordinaire" dans un favelas, une chronique de vie ordinaire de Marcia, infirmière en surpoids, son copain et sa fille. Disons que la BD prend une tournure assez noire tout de même, malgré un optimisme qui reste en grande partie présent. C'est la vie quotidienne avec gangs, violences urbaines et trafic. Le déroulé est vite surprenant par ce qu'il s'y passe. Sauf que deux trois points m'ont gêné à la lecture et m'empêchent de noter plus haut cette BD que j'ai tout de même bien apprécié. Déjà la violence est assez crue et m'a mis franchement mal à l'aise. Jacqueline est une horrible personne pour laquelle je n'éprouve que haine et mépris, ne comprenant pas ce que Marcia tente de faire à s'obstiner ainsi pour conserver un lien avec. D'autre part, le récit n'a pas réellement de fin, il n'y a qu'une sorte de conclusion de certains arcs narratifs mais pas tous. Je comprends certains, notamment sur les gangs qui continueront d'exister et de faire régner leur lois dans les quartiers pauvres, mais l'ensemble m'a paru ... un peu vide. Je n'ai pas eu l'impression d'avoir plus qu'une tranche de vie qui sert de représentation du Brésil qu'on connait moins. Et ça m'a paru trop peu pour que j'investisse dedans pour la relire. En l'état, c'est une bonne BD, surprenante et dont le ton contraste un peu avec ce qu'on a l'habitude de voir sur le Brésil. Mais je suis plus mitigé que d'autres lecteurs.

01/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Silence radio - 36 mois pour me relever d’un AVC
Silence radio - 36 mois pour me relever d’un AVC

Une nouvelle BD que je découvre à la bibliothèque et qui mérite une petite attention. C'est le récit d'un AVC qu'a fait le journaliste Bruno Cadène (que je ne connais pas) et contre lequel il va devoir ensuite se battre pour récupérer ce qu'il peut de fonction motrice. La BD commence directement avec l'AVC et nous plonge dans cet enfer d'être coincé dans un corps qui ne répond plus. Ce sera la lente et longue rééducation dont les détails sont bien retranscrits, entre hôpital, kiné, ergothérapie et tout le reste. Si le récit porte bien son message sur la lenteur du processus et la force mentale qu'il faut avoir pour pouvoir tenir à ce qui semble épuiser physiquement, je dois dire que l'ensemble reste assez plat aussi. On a peu de moments réellement poignants et certains détails semblent avoir été mal géré, notamment sur sa compagne qui semble prendre l'ensemble très mal et lui en faire baver parfois. Le dessin ne me plait pas beaucoup non plus. Je le trouve assez laid et j'ai eu peu d'affinité avec. Je ne connaissais pas l'auteur, mais je ne suis pas très client du style. Comme pas mal de BD témoignage dans ce genre, c'est assez clivant. Soit on adore les récits de ce genre et alors la BD plaira, soit comme moi vous avez besoin d'avoir une accroche avec le récit, un débordement sur autre chose, quelque chose en plus, et alors la BD vous semblera juste sympathique voir oubliable. Je ne pense pas que ce soit mauvais mais je ne vais pas la relire.

01/07/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Été en pente douce
L'Été en pente douce

Je n’ai pas lu le roman, mais j’avais vu – il y a longtemps maintenant ! – le film qui l’avait adapté. Chauzy a choisi ici de couper certains passages (et de centrer tout sur la baraque pour accentuer le côté étouffant de l’intrigue en en faisant un peu plus un huis-clos), et là où c’était deux frères (les « Voke ») qui tenaient le garage autour de la bicoque, Chauzy (aidé par l’auteur originel Pelot) en a remplacé le personnage joué par Guy Marchand par une femme. Je ne suis pas convaincu par ce changement, et par l’agression lesbienne de cette « Voke » sur Lilas. Il manque aussi sans doute le jeu des acteurs (Bacri, Laffont et Marchand en tête). Mais pour le reste, c’est une lecture que j’ai bien aimée. Le côté poisseux, sous un soleil écrasant, avec une réunion de personnages très typés (beaufs, vulgaires pour la plupart, étalant leur connerie, leur inculture et leurs rêves à deux balles) qui aurait sans doute pu être encore davantage vacharde, tout ça est bien rendu. Lilas, bombe sexy inconstante et pas futée, traverse en ingénue ce marigot, au milieu de quelques beaux spécimens de crétins (même si seul Mo est officiellement demeuré). A noté une petite erreur : page 39, Lilas qui se balade dans le jardin quasiment nue (à part une chemise) devant Mo, enfile brusquement une culotte, surgie d'on ne sait où !? Du roman graphique virant au polar noir et crasseux, assez typique des années 1980. Une lecture sympathique, que je suis surpris de retrouver dans la catalogue Fluide Glacial.

01/07/2024 (modifier)