Blood Moon (Lowreader présente)
Un thriller lunaire horrifique.
Consensus sur une BD L'horreur en bande dessinée Label 619
Sur la Lune, les conditions des travailleurs de l'exploitation minière M-Mining 03 sont difficiles, et les plaisirs bien peu nombreux. Le semblant d'équilibre du quotidien se fracture quand des cadavres affreusement mutilés commencent à être retrouvés. Tous présentent les mêmes signes : une mystérieuse inscription "BM" ainsi que des mutations sanguines. Benjamin fait partie des forces de sécurité engagées par l'exploitation. Accusé à tort de meurtre, il se retrouve malgré lui entraîné dans la sombre machination dissimulée derrière ces macabres découvertes, et devra découvrir la vérité par ses propres moyens.
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| Date de parution | 14 Février 2024 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
J’ai passé un bon moment avec cette BD de SF, surtout grâce à son ambiance très particulière et à son univers lunaire sombre et oppressant. L’histoire démarre sur la Lune, dans une colonie minière isolée où la tension et la violence semblent faire partie du quotidien. Très vite, on suit des personnages pris dans une situation qui dégénère progressivement entre survie, secrets et affrontements, avec en toile de fond une sensation permanente d’hostilité et de fin du monde. Je me suis laissé embarquer par cette atmosphère pesante et par les mystères que le récit installe petit à petit. Le décor lunaire fonctionne vraiment bien et renforce ce sentiment d’isolement permanent. Il y a quelque chose de brutal et de presque désespéré dans cette histoire, autant dans le ton que dans les visuels. Visuellement, on sent clairement les influences de Mike Mignola dans le travail de Bones, notamment dans les ombres épaisses, les contrastes marqués et cette manière très brute de composer certaines planches. Ça donne énormément de personnalité à l’ensemble et participe clairement à l’immersion. Mais malgré toutes ces qualités, je reste un peu frustré en refermant l’album. J’ai eu le sentiment que le récit commençait réellement à décoller quand la fin arrive déjà. Beaucoup d’idées intéressantes auraient mérité davantage de développement, tout comme certains personnages ou enjeux de l’univers. Au final, ça reste une BD de SF immersive et prometteuse, avec une vraie identité visuelle et une ambiance réussie, mais dont la conclusion arrive beaucoup trop vite à mon goût.
J’ai globalement bien aimé le dessin et la colorisation de Bones. Un rendu moderne et noir assez agréable. Pas hyper travaillé, mais quelque chose qui passe très bien et convient au genre de série B dans lequel semble s’inscrire ce récit. Le récit justement. Au départ de la SF pure, dans une version un peu glauque de l’exploitation des ressources lunaires, qui bascule assez rapidement dans un thriller/polar plutôt violent. Pas hyper original, mais ça se laisse lire sans problème. Jusqu’au dernier quart de l’album, où là j’ai clairement été déçu. D’une part la « secte » ne m’a pas du tout convaincu. Mais en plus la fin est trop brutale, et m’a laissé sur ma faim. A emprunter à l’occasion, mais la fin, expédiée, m’a donné l’impression d’avoir été bâclée, comme si l’auteur n’avait pas d’idée claire de la conclusion à donner à son intrigue. Note réelle 2,5/5.
Un thriller sur la lune. Nous sommes en 2101, l'Homme s'est installé sur la lune pour en extraire ses minerais. Un travail de forçat et une vie faite de routines, jusqu'au jour où un meurtre horrible est commis. Il va chambouler ce petit monde qui vit en huis-clos. Un scénario qui part sur une base intéressante, à défaut d'être innovante, mais qui hélas va se déliter rapidement (elle perd en clarté au fil des pages). Je n'ai pas trouvé ce récit angoissant et oppressant et le personnage principal, qui mène l'enquête, n'est pas très intéressant. Je n'ai pas été convaincu par cette intrigue tirée par les cheveux et par cette conclusion improbable. Heureusement, la narration dynamique m'a permis de ne pas m'ennuyer. La partie graphique m'a séduit, un trait gras, sombre et légèrement caricatural, il apporte sa pierre à l'édifice à ce polar noir et horrifique. Les couleurs sont au diapason. Une lecture qui sera vite oubliée. 3 étoiles de justesse.
Aaah… Alien le 8ème passager, Ghost of Mars, Dead Space, Event Horizon, Cryozone, Doom, etc. Je ne sais pas pourquoi, les histoires d’horreur spatiale m’ont toujours attiré, avec plus ou moins de succès, mais j’y prête un œil attentif à chaque fois que je vois ce poindre une nouvelle sortie de ce genre. Là sans être dans la grosse série B qui tâche, on reste dans le récit léger type pop-corn qui ne demandera pas plus d’une heure de notre temps. Cela se parcours vite et avec plaisir. Bones je le connaissais déjà via sa trilogie militaro-horrifique lovecraftienne, Dessous, attiré que j’avais été par son trait à forte inspiration « mignolesque » (le créateur de Hellboy pour le néophyte). On est toujours dans la même veine ici : le trait est bien encré, bien épais, c’est du noir bien brut approprié pour un récit gore et sombre. Là-dessus l’auteur fait le café il ne déçoit pas. Concernant l’histoire, cela m’a aussi beaucoup fait penser au Sanctuaire de Xavier Dorison et Christophe Bec, notamment dans sa conclusion. Bon… j’ai bien aimé mais ce n’est pas suffisamment marquant pour que je replonge un jour dedans. Il y a une série de meurtres à résoudre, le policier chargé de l’affaire est un alcoolique déglingué, tout le monde a l’air désabusé façon mauvais scénario d’une dystopie cyberpunk, le background est on ne peut plus bancal, les meurtres barbares n’ont aucun sens du point de vue de l’intrigue ; cette dernière est inutilement longue par rapport à ce que ça raconte, cela ne devient réellement intéressant que dans la révélation finale qui fait l’effet d’un pétard mouillé : « poum » on fait tout explosé, « hop hop hop » faut conclure le bouquin, et voilà, « sad ending » voyez comment elle est trop dark mon intrigue. Et au final, de quoi ça parle vraiment cette histoire ? Je ne sais pas, y avait-il un sens profond dans tout ça ? Sympa, mais loin d’être convaincu.
Je découvre l'auteur avec cet album qu'on m'a offert en cadeau et je dois dire que ce fut une lecture plutôt plaisante. Pour faire une comparaison filmique, j'ai eu l'impression de lire Outland (western dans l'espace) qui aurait été réalisé par Carpenter (aspect fantastique). Le cadre du recit est décrit de manière efficace en quelques pages et va à l'essentiel ce qui permet de ce concentrer sur l'intrigue rapidement. Le dessin, très influencé par Mignola, retranscrit une ambiance poisseuse, quasiment crépusculaire, fonctionnant bien et offre de très belles pleines et doubles pages. Associé à un découpage très cinématographique (d'où la comparaison cité plus haut), Bones nous livre un récit hard boiled efficace. 3/5
Jusqu’à maintenant j’ai boudé l’univers Lowreader, un peu gavé de la longueur de celui de Doggybags, qui est en quelque sorte son grand frère mais chez un autre éditeur ^^. Blood Moon est donc ma première incursion, la promesse d’un récit complet, la couverture et un rapide feuilletage ont eu raison de moi. Mon libraire m’a d’ailleurs bien fait rire en me charriant de gothique (nota : je suis passé devant avec en plus sous les bras : Birdking et Blanche-neige, rouge sang ;). Bones, que j’avais déjà pu croiser avec Dessous, affirme son style avec cet album, on retrouve sa patte inspirée de Mignola. Je dois dire que son aventure lunaire m’a davantage plu graphiquement. Trait, narration et couleurs m’ont semblé bien plus maîtrisés. C’est d’ailleurs le point fort de l’album. L’ambiance base lunaire proche du burn-out est parfaitement retranscrite, c’est ponctué de chouettes pleines ou doubles pages. Cette partie du voyage est on ne peut plus attrayante. Concernant l’histoire je suis un peu moins hype, alors attention c’est pas mauvais du tout, mais ça m’a semblé un poil trop court pour que la sauce prenne totalement, j’en suis sorti à moitié envouté. L’auteur développe un cocktail de thriller, horreur et sf pour un récit de genre qui prend son temps mais qui va vite quand même, le final mystique et énigmatique me plaît bien mais pourra laisser un peu dubitatif. Il y a une certaine ambition, je relirai l’album avec plaisir dans quelques temps. 3,5
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