Vuillemin a regroupé dans ce recueil des dessins sur sa vision du monde du travail. La plupart avaient accompagné des articles d’un cahier emploi dans Libération.
Les amateurs de l’auteur y retrouvent son dessin volontairement crado. Et surtout son humour très noir, décalé, avec quelques petites pointes de trash. Vuillemin en profite pour égratigner la recherche de réussite sociale, la hiérarchie, l’exploitation des plus démunis, les effets de la mondialisation, etc.
Mais parfois c’est juste de la connerie ou de la méchanceté gratuite !
Un ensemble inégal, forcément. Mais dans ce recueil proche de ce que faisait Reiser, j’ai trouvé suffisamment de gags amenant le sourire que la lecture s’est révélée agréable. Il faut dire que je suis plutôt client de cet auteur, qui fait dans le dessin et l’humour gras, mais qui est souvent drôle.
Mouais. Je n’ai été que très partiellement convaincu par cet album.
Le dessin de Halfbob (que je découvre avec cet album) se rapproche d’un genre « fanzine stylisé ». Pas forcément mon truc, mais il est très lisible, et finalement pas désagréable.
C’est plutôt l’histoire qui m’a un peu laissé sur ma faim. Si Bourhis amène des dialogues réalistes pour la jeunesse représentée ici, et si certains moments peuvent dynamiser l’intrigue (notamment lors de la dérive de Maxime et Victoire), il y a des longueurs, et les atermoiements de ces jeunes lassent au bout d’un moment. Je me suis un peu ennuyé durant cette lecture.
Note réelle 2,5/5.
L'histoire se déroule dans un monde magique peuplé de créatures comme les lutins, les trolls et les fées. J'ai apprécié cette ambiance fantastique.
Les personnages, bien que parfois inspirés d'autres œuvres, sont attachants. J'ai particulièrement aimé le petit dragon.
L'humour et les jeux de mots ont fait mouche. L'intrigue évolue de manière intéressante, et chaque tome est meilleur que le précédent.
Les dessins de Régis Donsimoni sont agréables, bien que la colorisation informatique puisse être améliorée.
bref, "Le Collège invisible" est une série divertissante, idéale pour les jeunes lecteurs.
J'ai récemment découvert la bande dessinée "Les Sisters". Bien que je ne sois pas fan du dessin ou des couleurs, j'ai tout de même pris plaisir à lire quelques tomes. Les gags ne m'ont pas fait rire aux éclats, mais j'ai souri à certaines chutes. C'est une série sympathique, idéale pour les pré-ados.
J'ai découvert "Yakari" pendant mon enfance, et même si je ne suis plus dans la cible d'âge, cette série m'a laissé des souvenirs agréables. Les aventures de ce petit Sioux, qui peut parler aux animaux, m'ont fait rêver des grandes plaines d'Amérique du Nord. Les dessins de Derib, avec leurs tons chauds et leurs paysages magnifiques, ont contribué à mon attachement à cette série. Bien que les histoires soient simples, elles véhiculent des valeurs importantes comme le respect de la nature et des autres. En résumé, "Yakari" reste une bonne lecture jeunesse.
La bande dessinée des Lapins Crétins est une série commerciale, mais elle m'a fait sourire. Les gags sont souvent idiots, mais c'est le charme de ces lapins délirants. Le dessin est correct, sans être incroyable. C'est une lecture rapide et divertissante, parfaite pour se détendre.
Boule et Bill est une série intemporelle qui met en scène les aventures d'un petit garçon, Boule, et de son chien extraordinaire, Bill. Les gags sont simples, mais efficaces, et l'humour réside dans les interactions entre ces deux personnages attachants.
J'ai apprécié la complicité entre Boule et Bill. Leur relation est chaleureuse et pleine de malice. Les illustrations sont claires et expressives, ce qui rend la lecture agréable.
En somme, "Boule et Bill" est une BD familiale qui sait divertir sans prétention.
Totor est un brouillon de Tintin, une première tentative d'Hergé. Le dessin est encore maladroit, mais on y reconnaît déjà sa touche. L'histoire est naïve, avec des aventures rocambolesques et des personnages stéréotypés. Pourtant, c'est intéressant de voir les prémices de l'œuvre future d'Hergé. Cela m'a rappelé mes premières lectures de Tintin, quand j'étais jeune. Si vous êtes fan ou collectionneur, cette BD mérite sa place dans votre bibliothèque. Mais pour les autres, c'est dispensable.
L'histoire d'un jouet maléfique qui influence la vie d'un enfant m'a intrigué. Les graphismes réalistes de Magda sont agréables à l'œil. Cependant, certains éléments du scénario m'ont laissé perplexe, et le personnage de Charly, bien qu'authentique, n'était pas toujours attachant. En somme, une série intéressante mais avec quelques défauts.
Il s'agit de l'adaptation en une minisérie de quatre épisodes (parus en 2010/2011) d'une des nouvelles de Juste avant le crépuscule de Stephen King. Dans un premier temps, Marc Guggenheim (scénario) et Alex Maleev (illustrations) ont adapté cette nouvelle N. en webisodes sur internet. Dans un deuxième temps ils ont retravaillé ce format pour en faire une bande dessinée.
Une coupure de journal apprend au lecteur qu'Andrew Ackerman s'est donné la mort dans son champ le 26 juillet 1916, après avoir abattu sa femme et sa fille. En mai 2008, Sheila écrit à Charlie, un ami d'enfance, pour lui transmettre un dossier trouvé dans les affaires de son frère John Bonsaint qui s'est suicidé peu de temps auparavant. John Bonsaint était un psychologue et il traitait un patient qu'il avait surnommé N. Ce monsieur souffrait de troubles obsessionnels compulsifs (des TOC) assez sévères dont l'intensité augmentait à l'approche des solstices. Il estimait que les premières manifestations de ces TOC coïncidaient avec sa première visite au champ des Ackerman. Avant de mourir Bonsaint avait laissé le dossier de ce patient dans une boîte en carton portant la mention "à brûler".
N'ayant pas lu la nouvelle de Stephen King (écrite pour rendre hommage à le grand dieu Pan d'Arthur Machen), il ne me sera pas possible de comparer la bande dessinée à la nouvelle. Outre le nom de Stephen King, j'ai été attiré par le nom du scénariste (scénariste de comics et de séries télé), et surtout par Alex Maleev qui a une vision personnelle et construite des illustrations. Il travaille souvent avec Brian Michael Bendis, par exemple pour Daredevil, Halo, Spider-Woman, Moon knight ou Scarlet.
Alex Maleev construit des planches comprenant des 4 à 6 cases chacune. Son style se distingue par 3 composantes majeures. Premièrement il utilise des références photographiques pour élaborer ses dessins ; c'est-à-dire que tout du long le lecteur a l'impression de voir la photographie, sous le dessin. Il indique d'ailleurs dans les pages de fin qu'il a choisi son comptable comme modèle pour jouer le rôle de N. Ces fonds photographiques sont intégrés sans solution de continuité dans les illustrations par le biais d'un travail d'infographie sophistiqué. Maleev retouche à la fois les contours, les ombrages, les couleurs et les décors. Deuxièmement, ce sont les encrages qui attirent l'oeil. En fonction des éléments du dessin, Maleev accentue quelques zones d'ombres pour en faire des aplats de noir qui mangent une partie du dessin, et qui accentuent une texture avec des bords déchiquetés, ou qui donnent plus de poids à un personnage qui capte immédiatement le regard du fait de cette concentration de noir. À l'opposé, il peut adopter des traits très fins pour délimiter de menus détails tels qu'une paire de lunettes posée sur une feuille de papier, les briques d'une façade, le capharnaüm d'une superette, et bien sûr la texture des monolithes du champ d'Ackerman. Troisièmement, Maleev effectue un travail très personnel sur les compositions de couleurs. Il profite de l'infographie pour créer des teintes et des dégradés qui marient des couleurs délavées pour un effet un peu inquiétant et glauque, avec des couleurs plus vives pour accentuer la violence de certaines sensations, ou la vivacité de la lumière.
Pour cette histoire, Alex Maleev a apporté sa vision personnelle aux illustrations. Il a créé chaque case avec un peu plus de retenue que celles de Scarlet, moins de recherche d'effets artistiques. le style quasi photographique peut déplaire à certains lecteurs car l'impression de photos retouchées l'emporte sur les autres éléments graphiques. Toutefois, une lecture bienveillante des cases fait apparaître que Maleev ne se contente pas de passer chaque photo par plusieurs filtres prédéfinis, et qu'il effectue un vrai travail de composition. À plusieurs reprises, les illustrations réussissent à faire passer le sentiment diffus de malaise éprouvé par les personnages. Maleev réussit également de belles compositions et quelques images vraiment magnifiques, telle la réflexion du coucher de soleil sur le pare-brise de la voiture que conduit N. en se rendant au champ d'Ackerman (dans le premier épisode). Il y a quelques visuels moins convaincants, tels la double page consacrée à Cthun dans le même épisode.
La tâche de Marc Guggenheim n'est pas simple non plus : il doit transposer un texte d'un des maîtres de l'horreur sans le trahir, tout en trouvant les formes exigées par la bande dessinée et en faisant passer l'horreur ressentie par les personnages. Dans l'introduction il explique qu'il a dû abandonner une partie des dispositifs narratifs de Stephen King (histoire racontée au travers de différents supports, tels que lettres, rapports, etc.) pour une narration plus directe. À la lecture, toutes les séquences ne fonctionnent pas, que ce soit du fait d'une narration prosaïque qui n'arrive pas à faire partager l'état d'esprit d'un personnage, ou que ce soit du fait, plus rarement, d'une illustrations trop premier degré (la représentation de Cthun). Il reste cependant une ambiance prenante, un récit immersif et plusieurs passages angoissants.
Transcrire une nouvelle de Stephen King dans un autre média est un exercice périlleux, Marc Guggenheim effectue une transposition qui tient la route (il s'agit d'une vraie bande dessinée), malgré quelques scènes n'arrivant pas à transmettre l'effroi voulu. Alex Maleev effectue une mise en images pleine de personnalité, avec des passages saisissants et d'autres trop factuels. Si cette adaptation n'est pas parfaite, elle est réussie à plus de 80%.
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Vuillemin a regroupé dans ce recueil des dessins sur sa vision du monde du travail. La plupart avaient accompagné des articles d’un cahier emploi dans Libération. Les amateurs de l’auteur y retrouvent son dessin volontairement crado. Et surtout son humour très noir, décalé, avec quelques petites pointes de trash. Vuillemin en profite pour égratigner la recherche de réussite sociale, la hiérarchie, l’exploitation des plus démunis, les effets de la mondialisation, etc. Mais parfois c’est juste de la connerie ou de la méchanceté gratuite ! Un ensemble inégal, forcément. Mais dans ce recueil proche de ce que faisait Reiser, j’ai trouvé suffisamment de gags amenant le sourire que la lecture s’est révélée agréable. Il faut dire que je suis plutôt client de cet auteur, qui fait dans le dessin et l’humour gras, mais qui est souvent drôle.
Juniors
Mouais. Je n’ai été que très partiellement convaincu par cet album. Le dessin de Halfbob (que je découvre avec cet album) se rapproche d’un genre « fanzine stylisé ». Pas forcément mon truc, mais il est très lisible, et finalement pas désagréable. C’est plutôt l’histoire qui m’a un peu laissé sur ma faim. Si Bourhis amène des dialogues réalistes pour la jeunesse représentée ici, et si certains moments peuvent dynamiser l’intrigue (notamment lors de la dérive de Maxime et Victoire), il y a des longueurs, et les atermoiements de ces jeunes lassent au bout d’un moment. Je me suis un peu ennuyé durant cette lecture. Note réelle 2,5/5.
Le Collège Invisible
L'histoire se déroule dans un monde magique peuplé de créatures comme les lutins, les trolls et les fées. J'ai apprécié cette ambiance fantastique. Les personnages, bien que parfois inspirés d'autres œuvres, sont attachants. J'ai particulièrement aimé le petit dragon. L'humour et les jeux de mots ont fait mouche. L'intrigue évolue de manière intéressante, et chaque tome est meilleur que le précédent. Les dessins de Régis Donsimoni sont agréables, bien que la colorisation informatique puisse être améliorée. bref, "Le Collège invisible" est une série divertissante, idéale pour les jeunes lecteurs.
Les Sisters
J'ai récemment découvert la bande dessinée "Les Sisters". Bien que je ne sois pas fan du dessin ou des couleurs, j'ai tout de même pris plaisir à lire quelques tomes. Les gags ne m'ont pas fait rire aux éclats, mais j'ai souri à certaines chutes. C'est une série sympathique, idéale pour les pré-ados.
Yakari
J'ai découvert "Yakari" pendant mon enfance, et même si je ne suis plus dans la cible d'âge, cette série m'a laissé des souvenirs agréables. Les aventures de ce petit Sioux, qui peut parler aux animaux, m'ont fait rêver des grandes plaines d'Amérique du Nord. Les dessins de Derib, avec leurs tons chauds et leurs paysages magnifiques, ont contribué à mon attachement à cette série. Bien que les histoires soient simples, elles véhiculent des valeurs importantes comme le respect de la nature et des autres. En résumé, "Yakari" reste une bonne lecture jeunesse.
The Lapins crétins
La bande dessinée des Lapins Crétins est une série commerciale, mais elle m'a fait sourire. Les gags sont souvent idiots, mais c'est le charme de ces lapins délirants. Le dessin est correct, sans être incroyable. C'est une lecture rapide et divertissante, parfaite pour se détendre.
Boule & Bill
Boule et Bill est une série intemporelle qui met en scène les aventures d'un petit garçon, Boule, et de son chien extraordinaire, Bill. Les gags sont simples, mais efficaces, et l'humour réside dans les interactions entre ces deux personnages attachants. J'ai apprécié la complicité entre Boule et Bill. Leur relation est chaleureuse et pleine de malice. Les illustrations sont claires et expressives, ce qui rend la lecture agréable. En somme, "Boule et Bill" est une BD familiale qui sait divertir sans prétention.
Totor - C.P. des hannetons
Totor est un brouillon de Tintin, une première tentative d'Hergé. Le dessin est encore maladroit, mais on y reconnaît déjà sa touche. L'histoire est naïve, avec des aventures rocambolesques et des personnages stéréotypés. Pourtant, c'est intéressant de voir les prémices de l'œuvre future d'Hergé. Cela m'a rappelé mes premières lectures de Tintin, quand j'étais jeune. Si vous êtes fan ou collectionneur, cette BD mérite sa place dans votre bibliothèque. Mais pour les autres, c'est dispensable.
Charly
L'histoire d'un jouet maléfique qui influence la vie d'un enfant m'a intrigué. Les graphismes réalistes de Magda sont agréables à l'œil. Cependant, certains éléments du scénario m'ont laissé perplexe, et le personnage de Charly, bien qu'authentique, n'était pas toujours attachant. En somme, une série intéressante mais avec quelques défauts.
N.
Il s'agit de l'adaptation en une minisérie de quatre épisodes (parus en 2010/2011) d'une des nouvelles de Juste avant le crépuscule de Stephen King. Dans un premier temps, Marc Guggenheim (scénario) et Alex Maleev (illustrations) ont adapté cette nouvelle N. en webisodes sur internet. Dans un deuxième temps ils ont retravaillé ce format pour en faire une bande dessinée. Une coupure de journal apprend au lecteur qu'Andrew Ackerman s'est donné la mort dans son champ le 26 juillet 1916, après avoir abattu sa femme et sa fille. En mai 2008, Sheila écrit à Charlie, un ami d'enfance, pour lui transmettre un dossier trouvé dans les affaires de son frère John Bonsaint qui s'est suicidé peu de temps auparavant. John Bonsaint était un psychologue et il traitait un patient qu'il avait surnommé N. Ce monsieur souffrait de troubles obsessionnels compulsifs (des TOC) assez sévères dont l'intensité augmentait à l'approche des solstices. Il estimait que les premières manifestations de ces TOC coïncidaient avec sa première visite au champ des Ackerman. Avant de mourir Bonsaint avait laissé le dossier de ce patient dans une boîte en carton portant la mention "à brûler". N'ayant pas lu la nouvelle de Stephen King (écrite pour rendre hommage à le grand dieu Pan d'Arthur Machen), il ne me sera pas possible de comparer la bande dessinée à la nouvelle. Outre le nom de Stephen King, j'ai été attiré par le nom du scénariste (scénariste de comics et de séries télé), et surtout par Alex Maleev qui a une vision personnelle et construite des illustrations. Il travaille souvent avec Brian Michael Bendis, par exemple pour Daredevil, Halo, Spider-Woman, Moon knight ou Scarlet. Alex Maleev construit des planches comprenant des 4 à 6 cases chacune. Son style se distingue par 3 composantes majeures. Premièrement il utilise des références photographiques pour élaborer ses dessins ; c'est-à-dire que tout du long le lecteur a l'impression de voir la photographie, sous le dessin. Il indique d'ailleurs dans les pages de fin qu'il a choisi son comptable comme modèle pour jouer le rôle de N. Ces fonds photographiques sont intégrés sans solution de continuité dans les illustrations par le biais d'un travail d'infographie sophistiqué. Maleev retouche à la fois les contours, les ombrages, les couleurs et les décors. Deuxièmement, ce sont les encrages qui attirent l'oeil. En fonction des éléments du dessin, Maleev accentue quelques zones d'ombres pour en faire des aplats de noir qui mangent une partie du dessin, et qui accentuent une texture avec des bords déchiquetés, ou qui donnent plus de poids à un personnage qui capte immédiatement le regard du fait de cette concentration de noir. À l'opposé, il peut adopter des traits très fins pour délimiter de menus détails tels qu'une paire de lunettes posée sur une feuille de papier, les briques d'une façade, le capharnaüm d'une superette, et bien sûr la texture des monolithes du champ d'Ackerman. Troisièmement, Maleev effectue un travail très personnel sur les compositions de couleurs. Il profite de l'infographie pour créer des teintes et des dégradés qui marient des couleurs délavées pour un effet un peu inquiétant et glauque, avec des couleurs plus vives pour accentuer la violence de certaines sensations, ou la vivacité de la lumière. Pour cette histoire, Alex Maleev a apporté sa vision personnelle aux illustrations. Il a créé chaque case avec un peu plus de retenue que celles de Scarlet, moins de recherche d'effets artistiques. le style quasi photographique peut déplaire à certains lecteurs car l'impression de photos retouchées l'emporte sur les autres éléments graphiques. Toutefois, une lecture bienveillante des cases fait apparaître que Maleev ne se contente pas de passer chaque photo par plusieurs filtres prédéfinis, et qu'il effectue un vrai travail de composition. À plusieurs reprises, les illustrations réussissent à faire passer le sentiment diffus de malaise éprouvé par les personnages. Maleev réussit également de belles compositions et quelques images vraiment magnifiques, telle la réflexion du coucher de soleil sur le pare-brise de la voiture que conduit N. en se rendant au champ d'Ackerman (dans le premier épisode). Il y a quelques visuels moins convaincants, tels la double page consacrée à Cthun dans le même épisode. La tâche de Marc Guggenheim n'est pas simple non plus : il doit transposer un texte d'un des maîtres de l'horreur sans le trahir, tout en trouvant les formes exigées par la bande dessinée et en faisant passer l'horreur ressentie par les personnages. Dans l'introduction il explique qu'il a dû abandonner une partie des dispositifs narratifs de Stephen King (histoire racontée au travers de différents supports, tels que lettres, rapports, etc.) pour une narration plus directe. À la lecture, toutes les séquences ne fonctionnent pas, que ce soit du fait d'une narration prosaïque qui n'arrive pas à faire partager l'état d'esprit d'un personnage, ou que ce soit du fait, plus rarement, d'une illustrations trop premier degré (la représentation de Cthun). Il reste cependant une ambiance prenante, un récit immersif et plusieurs passages angoissants. Transcrire une nouvelle de Stephen King dans un autre média est un exercice périlleux, Marc Guggenheim effectue une transposition qui tient la route (il s'agit d'une vraie bande dessinée), malgré quelques scènes n'arrivant pas à transmettre l'effroi voulu. Alex Maleev effectue une mise en images pleine de personnalité, avec des passages saisissants et d'autres trop factuels. Si cette adaptation n'est pas parfaite, elle est réussie à plus de 80%.