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Couverture de la série Fang
Fang

Un début d’aventure pas des plus consistants mais qui reste sympatoche. Pour l’instant l’histoire reste relativement banale, nous suivrons les péripéties d’une chasseuse de démons. L’originalité vient du cadre et de l’univers qui donnent pas de mal de charme je trouve. Les auteurs nous proposent du médiéval fantastique grandement inspiré de l’Asie (culture et bestiaire). Ça se met en place tout doucement jusqu’au cliffhanger. Ça donne un petit cachet que le graphisme vient entériner. Trait et couleurs participent grandement à l’ambiance et rappelle, par ailleurs, la localisation. C’est franchement agréable en plus d’être détaillé. Malgré le classicisme de l’histoire, j’ai pris plaisir à me plonger dans ce récit. J’ai bien aimé le personnage de Fang. Par contre je m’inquiète un peu … dans l’album lu, il est indiqué un 2eme tome pour juin 2022 !! Puis sur certains sites cet album apparaît à paraître en novembre 2022 ?! On est maintenant en 2024 et toujours rien … ça pue !! La suite n’était pas une priorité mais bien dommage. Une série qui avait du potentiel et des qualités.

22/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Le Lierre et l'Araignée
Le Lierre et l'Araignée

Ma note sera la même que Ro, même si ma première impulsion était de la faire descendre à l'inférieur. Parce que j'avais surtout en tête la lourdeur de la narration et les imperfections du dessin, surtout comparé à d'autres BD sur des sujets similaires. "Le Lierre et l'Araignée" mélange deux époques pour parler de la Seconde Guerre Mondiale en Alsace et du sort spécifique des populations alsaciennes. La BD arrive à montrer la problématique du tiraillement entre l'attachement à une France qui a traité ce territoire en tant que colonie, alors que l'Allemagne nazie ne fait pas mieux. Encore une fois, aucun camp ne semble être le gentil même si l'un est clairement le méchant. Si la BD veut nous montrer cette population dans les premiers temps de la guerre, on voit surtout comment des jeunes vont créer des groupes de résistance locaux, consistant surtout à emmerder l'occupant par des actions symboliques. Cependant cette résistance est vite défaite et la réalité des camps de travail puis de l’enrôlement forcé débarque. Une histoire tragique mais qui arriva à bon nombre d'alsaciens malheureusement. Cela dit, ça reste assez long à lire et un peu fastidieux, l'ensemble n'ayant pas le souffle de Le Voyage de Marcel Grob à mon avis. Le dessin est assez peu clair, notamment, et si les forêts rhénanes (hélas disparues) sont magnifiques, j'ai vite confondu toutes les têtes. C'est peu important dans le récit puisqu'on est sur un groupe et pas un individu, mais c'est assez fastidieux de tout comprendre lorsque les sautes temporelles arrivent. D'autre part, je trouve l'histoire moins maitrisée : on passe du temps sur la vie ordinaire (notamment du grand-père) puis sur la guerre et les conséquences, la résistance mais on a aussi des considérations sur l'écologie qui débarquent. Je pense que le lien existe (et j'en vois un) mais il est assez peu évident de prime abord. Bref, j'ai eu plus de mal à comprendre tout ce que l'auteur voulait englober. C'est riche en informations mais pas forcément intéressant. J'ai fini la BD sans trop de plaisir et je ne pense pas la relire. Pas franchement emballé donc !

22/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Goldorak
Goldorak

Je n'ai aucun doute que cette BD est un rêve de gosse (et je ne parle pas que de celui des auteurs). Si vous avez vu Goldorak très jeune, cette BD est faite pour vous. Pour ma part, je ne connais strictement rien à Goldorak. Heureusement que le résumé est présent en début d'album ! D'ailleurs la BD est parfaitement lisible même sans information préalable. On sent les citations, les hommages et le travail pour coller à l'univers d'origine, mais globalement la BD est lisible pour un néophyte d'un bout à l'autre (avec quelques détails de recherches en voyant des personnages). La BD propose une histoire prenante, avec la question de l'immigration en ligne rouge mais aussi celle des ressources énergétiques qui ne me semble pas venir de n'importe où. Il y a un véritable histoire, dense et travaillée, sur une trame certes classique mais qui reste efficace. Encore une fois, je peux imaginer que la BD est plus sombre et sérieuse que la série, mais je n'en ai aucune idée. En tout cas, lier Goldorak à la Seconde Guerre mondiale par un effet d'histoire racontée me semble effectivement assez peu probable dans la série d'animation d'origine. Niveau dessin il y a un beau travail, sans doute aussi une volonté de se rapprocher des graphismes d'origines (que je ne connais pas du tout) mais c'est clair et lisible, avec une esthétique moderne et dynamique. A ce niveau-là, aucun reproche : c'est soigné de bout en bout ! Personnellement je suis assez peu investi dans une telle BD et je doute que je l'achèterai un jour. Mais je vois toutes ses qualités et je le répète : vous avez regardé Goldorak ? Foncez !

22/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Steam Man
Steam Man

Exercice de style professionnel et hommage à HG Wells - Ce recueil contient une histoire complète et indépendante de toute autre. Il comprend les 5 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2015/2016. L'histoire a été écrite par Joe R. Lansdale. Mark Miller en a réalisé le script. Les dessins et l'encrage sont l'œuvre de Piotr Kowalski. La mise en couleurs a été réalisée par Kelly Diane Fitzpatrick. Les dessins des couvertures ont également été réalisés par Kowalski, avec une mise en couleurs de Aurore Folny. En 1899, un robot géant piloté par un groupe de 4 hommes avance dans une forêt enneigée du nord des États-Unis. 4 ans auparavant, dans la petite ville de Nacogdoches au Texas, un inventeur (William Beadle) avait bâti ce robot géant pour combattre une invasion d'extraterrestres venus conquérir la Terre dans des tripodes. Ils ont fini par succomber aux germes microbiens, mais leur mode de déplacement pour arriver sur Terre avait ouvert des portes qui ont permis à d'autres choses de passer. Ce robot baptisé Steam Man progresse dans la neige à la poursuite du Dark Rider. L'équipe se compose de William Beadle, Mike Hamner, John Feather et Alfred Blake. La progression du robot est régulière mais ils avancent dans une direction générale, sans savoir réellement où se trouve le Dark Rider. Ils doivent faire une pause pour faire le plein d'eau et de bois, pour alimenter la chaudière qui donne son énergie au Steam Man. William Beadle se souvient des conditions de la mort de sa femme. le Dark Rider se souvient de son histoire personnelle, de son utilisation de sa machine à voyager dans le temps. En découvrant ce récit, le lecteur commence par apprécier les dessins de Piotr Kowalski. Cet artiste a également travaillé avec Joe Casey pour la série Sex, avec Peter Milligan pour une histoire complète Terminal Hero, ou encore avec Éric Corbeyran pour plusieurs séries dont Badlands T01 : l'enfant-hibou. Il réalise des dessins dans une veine réaliste avec un bon sens du détail pour donner de la consistance au récit. Bien sûr, le lecteur commence par observer le Steam Man. Les auteurs ont choisi une haute silhouette élancée qui fait tout de suite tiquer le lecteur. En effet il est évident qu'une telle forme place le centre de gravité très haut, ce qui induit un risque de basculement élevé (ce qui se produit à plusieurs reprises dans le récit). Les pages de recherche graphique en fin de volume expliquent que Kowalski avait d'abord proposé une forme plus massive, évoquant une usine victorienne. Mais il explique également qu'une telle machine de guerre devait pouvoir se déplacer rapidement et être maniable, ce qui convainc le lecteur. La forme du Steam Man porte le sceau de l'ère victorienne et les marques du genre steampunk de manière naturelle. Au cours des déplacements et des affrontements, le lecteur peut voir les 4 machinistes utiliser les commandes à l'intérieur, et il y a quelques trouvailles amusantes. de même lors des voyages dans le temps, les cases ne se limitent pas à des stéréotypes visuels. le dessinateur donne corps aux différents endroits visités par l'inventeur qui deviendra le Dark Rider. Kowalski dessine des personnages à la morphologie normale, avec des vêtements d'époque, adaptés à leur condition sociale. Les expressions des visages ne sont pas très nuancées, mais les situations ne le requièrent pas, puisqu'elles se limitent à des observations de la part des personnages, ou des actions de combat. Il ne s'agit pas d'un récit d'étude de caractère, ou d'une comédie dramatique de moeurs. L'approche descriptive détaillée de Piotr Kowalski a pour effet de rendre très concret chaque endroit, chaque individu, chaque accessoire et action. Ainsi le lecteur n'éprouve aucune difficulté pour reconnaître les références comme le Wicker Man (dieu d'osier) ou le Death Dealer de Frank Frazetta. Il ressent les blessures des protagonistes pendant les affrontements. Il ne peut que prendre au sérieux les sévices infligés par Dark Rider sur l'un des membres de l'équipe, pendant une longue séance de torture sadique. Les dessins transcrivent aussi bien l'humanité des personnages, que les éléments steampunk (essentiellement Steam Man), les éléments horrifiques, et les éléments plus fantastiques. La mise en couleurs de Kelly Diane Fitzpatrick complète bien les dessins. Elle utilise une approche qui évoque le travail de Dave Stewart, développant des ambiances sur la base d'une teinte majoritaire, ou augmentant la différenciation entre les différentes formes, sans pour autant abuser des millions de nuances rendues possibles par l'infographie. En lisant ce récit, le lecteur éprouve comme un sentiment confus de déjà-vu. S'il a déjà lu The Rook de Steven Grant & Paul Gulacy, paru quelques semaines avant, il identifie rapidement les points communs et comprend que Joe R. Lansdale a écrit un hommage un peu plus personnel que celui de Steven Grant, sur l'œuvre d'Herbert George Wells (1868-1946). Lansdale est lui-même un écrivain réputé, en particulier pour ses polars mettant en scène une duo original Hap Collins et Leonard Pine, voir par exemple L'arbre à bouteilles. Il a également écrit plusieurs comics comme Jonah Hex: Shadows west dessiné par Timothy Truman, Conan and the songs of the dead également avec Truman, ou encore 30 days of night: Night again avec Sam Kieth. Visiblement pour ce récit, il a fourni une trame détaillée que Mark Miller (avec un e) a finalisée, travail qu'il avait déjà effectué pour la série Next Testament de Clive Barker. le lecteur ne ressent pas de hiatus entre l'intrigue et les dialogues des personnages ou le découpage de l'histoire. La couverture promet une aventure de type steampunk. Effectivement le Steam Man a une allure de technologie développée à partir du moteur à vapeur, et d'éléments métalliques à base de cuivre. Les auteurs prennent soin de dater leur récit, et de mettre en avant William Beadle qui est un ingénieur et un inventeur. Ce personnage reste un héros d'action, mais les auteurs lui donnent également le rôle de celui qui trouve des solutions, qui réfléchit et qui conçoit la technologie. Ils ont donc transposé le genre steampunk (souvent base en Angleterre) aux États-Unis, dans une partie encore sauvage. le point de départ est donc cet hommage aux récits d'Herbert George Wells, avec l'invasion de la guerre des mondes et l'invention de la machine à explorer le temps (il ne manque que l'homme invisible). Les éléments du Far West se retrouvent d'abord dans la ville de Nacogdoches, puis dans le grand Nord américain, avec ses étendues sauvages. Les auteurs ont ensuite choisi de donner le second rôle à John Feather, un amérindien. Il ne s'agit pas d'une revendication pour redonner leur place aux américains d'origine, mais d'une volonté de reconnaître leur place, sans en faire un faire-valoir du vrai héros. John Feather sauve les autres à plusieurs reprises grâce à ses compétences et son courage. Joe R. Lansdale et Mark Miller ne développent pas énormément leurs personnages. Ils prennent tout juste le temps d'expliquer que William Beadle ira jusqu'au bout à cause de ce qui est arrivé à sa femme Matilda, mais il s'agit d'un raccourci narratif, car le lecteur n'apprendra rien sur elle. de même le profil psychologique des 4 aventuriers reste très sommaire. Ils composent donc un récit d'aventure piochant dans l'imaginaire. Il s'agit pour eux de raconter une histoire divertissante sur la base de ce robot improbable. Cela ne veut pas dire pour autant qu'ils se contentent d'une suite d'affrontements rendus spectaculaires grâce aux dessins de Piotr Kowalski. Comme à son habitude, Joe R. Lansdale n'hésite pas à intégrer quelques scènes bien glauques. Il y a par exemple un empalement à vif montré de manière explicite, avec une façon pour le personnage de s'y soustraire des plus morbides. La scène de torture de l'épisode s'étend sur 6 pages bien crades, et simultanément un autre personnage s'inflige des épreuves physiques tout aussi terribles. de manière moins évidente, il consacre l'épisode 2 à l'histoire de l'inventeur qui devient le Dark Rider, avec un commentaire acerbe sur la valeur d'un Paradis qui serait donné et non gagné, c'est-à-dire mérité. L'appréciation du lecteur pour ce récit dépend de ce qu'il est venu y chercher. Joe R. Lansdale, Mark Miller et Piotr Kowalski racontent une histoire virile (il n'y a pas de personnage féminin) dense, avec des morceaux de violence qui tâche, sur la base d'un robot mu par la vapeur. L'aventure est au rendez-vous et les dessins permettent de se projeter dans cet hommage respectueux sans être servile à HG Wells. En revanche, il ne faut pas attendre beaucoup plus de ce récit.

21/07/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Joker - The Winning Card
Joker - The Winning Card

Une couverture accrocheuse et le nom de Tom King m'ont fait craquer. Tom King propose un récit dans la continuité de Batman - Année Un (Year One), puisqu'il se situe juste après avec un Batman au début de sa carrière de super-héros. Une récit qui revisite la première rencontre entre notre homme chauve-souris et le Joker. C'est sous la forme d'un polar noir des années 1940 que se construit cette première rencontre, mais un polar très violent, à la limite du récit d'épouvante. Une narration qui met le lecteur sous tension avec la voix off du Joker, elle est reprise dans des cases noires insérées entre les vignettes, on 'l'entend' mais on ne le voit pas. Ça fonctionne très bien et particulièrement dans le premier chapitre avec ce dialogue hors du temps qui s'installe avec la petite fille, celle que l'on voit sur la couverture. Glaçant ! Trois personnages principaux : le Batman, le Joker et l'inspecteur Gordon (Alfred aussi aura une place importante) pour une narration musclée qui passe rapidement de l'un à l'autre pour maintenir la pression. Ça fonctionne aussi, ce qui ne fonctionne pas et qui m'a agacé, au point de sortir de l'histoire sur ces passages, c'est tous ces petits sigles qui remplacent les très très (trop ?) nombreux gros mots. Mon cerveau essayait de trouver les mots cachés. Un comics captivant, angoissant qui nous montre un Joker diabolique transpirant de tous ses pores d'une furieuse folie et le début de la relation ambiguë qui va le lier à vie au Batman/Bruce Wayne. Un bémol sur le dernier chapitre qui m'a moins convaincu et pour tous ces fameux sigles. Le dessin de Mitch Gerads retranscrit à merveille cette ambiance folle, mystérieuse et furieuse de Gotham. Une mise en scène qui joue sur les codes du polar avec ces nombreux gros plans, la répétition de la mise page sur différentes planches et la colorisation sombre dans les bleus/verts et oranges/marrons. Du très bon boulot. Une lecture que je conseille aux amateurs du Joker évidemment.

21/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série My Broken Mariko
My Broken Mariko

Un manga bien violent, aucun doute là-dessus ! C'est un récit de deuil et d'histoire sordide avec cette jeune femme qui a eu une vie atroce et dont l'amie veut honorer la mémoire une dernière fois. Franchement, le récit est glauque. Je sais pas trop ce qui a motivée l'autrice à faire une histoire aussi sombre, en tout cas ça peut vous flinguer une bonne journée ! Au-delà du ton très sombre de l'ensemble, à peine contrebalancé par une fin légèrement optimiste, l'ensemble reste dans une atmosphère sombre correspondant au désir d'en finir de l'héroïne. C'est plutôt bien retranscrit à ce niveau-là, la fuite avec le désir d'en finir et la lente remontée lorsqu'on ne veut plus. Le dessin est très typé manga, avec cette tendance à faire des têtes humoristiques que je trouve très en décalage avec le ton général du récit. C'est un peu étrange comme mélange, comme si l'autrice n'avait pas assumé le coté sombre et désespéré de son récit, mais il contient aussi des cases marquantes dans sa violence graphique, à la hauteur de la violence de la vie. Manga déroutant et étrange, mais que j'ai apprécié. C'est sombre mais d'une bonne manière.

21/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Das Feuer
Das Feuer

Je rejoints totalement l'avis précédent de ThePatrick. Ici point de romance ou d'histoire d'hommes appelés à la guerre à la manière d'un La Faucheuse des moissons. Non, on rentre directement dans le vif du sujet, dans le bourbier des champs de bataille et des tranchées qui se referment sur les soldats au gré des explosions d'obus. L'ennemi français n'est quasiment pas représenté et on suit un groupe de soldats Allemands désorientés sous une pluie torrentielle au milieu d'un champ de bataille se faisant pilonné. Extrait : "Les copains restés terrés, on en retrouve des morceaux. Barbotant comme de la bidoche dans un pot-au-feu. Ils sont des mares saumâtres où il vaut mieux ne pas tomber." Le récit est lent, les dessins en noir et blanc très hachurés sont répétitifs et renforcent l'ignominie de la situation. Mais à tellement vouloir montrer l'horreur de la guerre, il en ressort un roman graphique sombre et poisseux dont la lecture m'a été relativement fastidieuse. Une œuvre utile justifiant ma note de 3/5 mais que je ne suis pas sûr d'avoir envie de relire. Originalité - Histoire : 6/10 Dessin - Mise en couleurs : 6/10 NOTE GLOBALE : 12/20

21/07/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
Couverture de la série Ravage
Ravage

Collégienne, j'avais lu le roman de Barjavel. Je ne me souvenais de rien de précis : un simple bon souvenir très très flou. C'est un roman d'anticipation des années 40 qui imagine une coupure de courant planétaire dans un avenir assez proche. Le premier tome de Morvan s'intéresse surtout à la période "avant la coupure", même si une sorte d'introduction montre la fin de l'histoire et installe une sorte d'énigme pour le lecteur (qui sont ces personnages ? dans quels temps vivent-ils, quel rapport avec la suite de la BD?) . Et c'est frappant de constater que l'imaginaire de Barjavel en 1943 ne pouvait pas du tout imaginer #metoo et que les rapports sociaux qu'il imagine à l'avenir sont calqués sur ce qu'il vit dans son époque. Ce futur parait aujourd'hui assez réactionnaire , c'est un futur vu depuis le passé. Les scénaristes ont probablement ajouté des inventions technologiques à la page d'aujourd'hui mais les dialogues et les rapports humains restent en quelque sorte figés dans le passé. C'est perturbant mais aussi réjouissant, l'histoire a été plus inventive que la fiction. Le pitch de ce premier épisode n'est pas très original non plus : un vieux riche libidineux et un beau jeune homme bardé de diplômes se disputent une belle blonde. Mais la coupure va sans doute faire des siennes et, je l'espère, apporter des pistes scénaristiques plus inventives... La mise en cases est dynamique, (parfois sur fond noir , ça me plait moins et parfois sur fond blanc) . Les décors parisiens, new-yorkais habités de voitures volantes participent au mouvement général, sans être renversants. J'ai trouvé le dessin des visages très sensible : avec une technique aquarellée très classique, les personnages projettent malgré tout une sorte de beauté d'aujourd'hui faites d'un mélange de perfection des proportions et d'imperfection des peaux. Un début prometteur...

21/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série The Twelve
The Twelve

Pour douze superhéros de plus - Il s'agit d'une maxisérie en douze épisodes avec un numéro spécial Spearhead (parus entre 2008 et 2012), une histoire complète qui peut être lue indépendamment de toute autre. Le scénario est de JM Strasczynski, les dessins de Chris Weston et l'encrage de Garry Leach. Le 25 avril 1945, les forces alliées pénètrent dans Berlin, accompagnées par les superhéros américain, Captain America en tête le hasard veut que 12 superhéros qui ne se connaissaient pas ou peu investissent ensemble le quartier général de la Schutzstaffel (SS). Il tombe dans un piège qui a pour conséquence qu'ils se retrouvent en animation suspendue. le 02 août 2008, une pelleteuse en train d'exécuter une excavation disparaît dans un fontis, ces 12 rescapés du passé sont découverts et ramenés à la vie. le gouvernement des États-Unis s'engage à leur fournir le gîte et le couvert pendant un an, pour services rendus, le temps qu'ils reprennent contact avec le monde actuel et qu'ils se trouvent une situation. Suivant les individus les réactions sont différentes. Aux 2 extrémités des réactions, il y a d'un coté Dynamic Man (personnage créé en 1940) qui se met immédiatement à faire le superhéros pour le compte du gouvernement. À l'autre extrémité, Captain Wonder (Jeff Jordan - créé en 1943) apprend le décès de sa femme et de ses 2 enfants tués (comme soldats pendant la guerre du Vietnam). Outre ces 2 superhéros, l'équipe se compose de Blue Blade (Roy Chambers - 1942), Black Widow (Clair Voyant - 1940), Electro (contrôlé par le professeur Philo Zog - 1940), Fiery Mask (Jack Castle - 1940), Laughing Mask (Dennis Burton - 1941), Master Mind Excello (Earl Everett - 1940), Mister E (Victor J. Goldstein - 1941), Phantom Reporter (Richard Jones - 1941), Rockman (Daniel Rose - 1941) et Witness (inconnu - 1941). En 2007, les éditeurs de Marvel Comics (toujours soucieux de faire fructifier leur catalogue de personnages) proposent à JM Straczynski d'écrire une histoire permettant de ramener dans le monde moderne 12 héros masqué oubliés créés dans les années 1940 (l'époque du Golden Age des comics), alors que Marvel s'appelait encore Timely Comics. Ce qui intéresse Straczynski dans le projet est de pouvoir jouer avec ces individus déplacés dans le temps et d'opposer leur système de valeur à celui de notre époque (les années 2000). En 10 pages, les 12 héros se retrouvent donc en 2008, et l'histoire peut commencer. Comme le lecteur peut s'en douter, Straczynski est son propre ennemi dans cette histoire : le défi narratif est de jongler avec 12 personnages quasi nouveaux, plus les autres qui leur permettent de réagir au monde moderne. Autant dire qu'il n'y a aucun espoir que l'un ou l'autre développe plus qu'un semblant de personnalité. Straczynski et Weston proposent au lecteur une histoire qui sort de l'ordinaire de superhéros dans la mesure où ce sont les personnalités des héros et leur situation d'individus en dehors de leur époque qui fournissent le moteur de l'histoire (au lieu d'une opposition contre un supercriminel). Les dessins méticuleux de Weston permettent au lecteur de s'immerger dans le quotidien de ces 12 exilés de leur époque. le nombre important de personnages offre à Straczynski la possibilité de multiplier les réactions au déplacement dans le temps, mais il l'empêche dans le même temps de développer l'une ou l'autre des situations. Deuxième partie. Un nouveau meurtre vient d'être commis dans un bar gay : tous les clients ont été démembrés. La police a accepté que Phantom Reporter (Dick Jones) pénètre sur les lieux du crime pour se faire sa propre idée. Captain Wonder (Steve Jordan) reçoit la visite de Tim Mulrooney, qui dans les années 1940 était un adolescent qui combattait à ses cotés sous le surnom original de Tim. Roy Chambers (Blue Blade) a du mal à conserver son public télévisuel et il cherche comment doper son audience. Elizabeth Zogolowski a obtenu le droit de récupérer Electro, l'invention de son père. Master Mind Excello invite Dick Jones dans son manoir pour lui faire part de ses doutes. Et Jones s'interroge sur les agissements de Black Widow (Claire Voyant). Il semble bien que le groupe des Twelve se dissolve de lui-même. JM Straczynski et Chris Weston bouclent leur récit ramenant 12 personnages oubliés de Timely Comics à la période actuelle de Marvel Comics. Il s'agit d'un récit qui peut se lire sans connaissance particulière de l'univers partagé Marvel. Il se compose à la fois de la découverte du passé de ces 12 individus, de leur histoire, et d'une enquête sur plusieurs meurtres pour découvrir le coupable. En 12 épisodes, Straczynski n'a pas le temps de développer tous les personnages au même niveau. L'enquête se trouve parfois un peu ralentie par les retours en arrière qui, pour certains, servent plus les personnages que l'intrigue. Les dessins de Chris Weston sont très minutieux et donnent une densité impressionnante au récit en conférant une forte identité visuelle à chaque personnage et chaque endroit.

20/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Qui laisse passer la lumière
Qui laisse passer la lumière

Voilà un album que j'ai lu plutôt avec plaisir, sans pour autant que je sache précisément expliquer pourquoi. Ah si, le dessin. Un trait naïf et figé, plus proche des albums enfantins sans doute, mais que j'ai trouvé intéressant et assez joli. Il accompagne très bien le mystère, le côté décalé de l'histoire. L'histoire est plaisante, mais je ne sais quoi en penser, car je n'ai pas compris où elle voulait nous mener. Sans doute des aspects allégoriques, sur le passage de l’adolescence, la mémoire. C'est une petite fille qui se met à l'écart de tous, un peu souffre douleur de sa classe, et qui va entrer à fond dans une relation avec un fantôme, celui de son arrière-arrière grand père, mort durant la première guerre mondiale (elle observe depuis longtemps son nom gravé sur le monument au mort, en face de la fenêtre de sa chambre). Le thème du fantôme est ici traité de façon original, rien de terrible ou de menaçant, c'en est presque naturel. Je n'ai pas tout compris donc, mais je n'en suis pas frustré outre mesure, la lecture m'a plu.

20/07/2024 (modifier)