Voilà un album que j'ai lu plutôt avec plaisir, sans pour autant que je sache précisément expliquer pourquoi.
Ah si, le dessin. Un trait naïf et figé, plus proche des albums enfantins sans doute, mais que j'ai trouvé intéressant et assez joli. Il accompagne très bien le mystère, le côté décalé de l'histoire.
L'histoire est plaisante, mais je ne sais quoi en penser, car je n'ai pas compris où elle voulait nous mener. Sans doute des aspects allégoriques, sur le passage de l’adolescence, la mémoire. C'est une petite fille qui se met à l'écart de tous, un peu souffre douleur de sa classe, et qui va entrer à fond dans une relation avec un fantôme, celui de son arrière-arrière grand père, mort durant la première guerre mondiale (elle observe depuis longtemps son nom gravé sur le monument au mort, en face de la fenêtre de sa chambre).
Le thème du fantôme est ici traité de façon original, rien de terrible ou de menaçant, c'en est presque naturel.
Je n'ai pas tout compris donc, mais je n'en suis pas frustré outre mesure, la lecture m'a plu.
J'ai bien aimé cette BD, mais il m'a manqué ce petit quelque chose qui aurait rendu la lecture vraiment plaisante. En fait, ce sentiment est apparu, mais un peu trop tard.
Je dois dire que je n'ai pas spécialement aimé le style de dessin, ni la colorisation, et encore moins les visages et leurs expressions. J'ai trop fait une fixette sur le style graphique, qui fait trop "ordinateur", et ça m'a un peu gâché le plaisir. Les visages, avec des pommettes trop colorées, donnent l'impression que tout le monde est maquillé, hommes comme femmes. Les expressions sont étranges et les visages trop clean, ce qui manque de vécu et ne colle pas pour des guerriers.
La couverture m'avait vraiment attiré, mais au final, j'ai été assez déçu par le manque de charisme des géants et leur rôle dans l'histoire, ce qui impacte en grande partie ma note finale.
Par contre, j'ai bien aimé la mise en page, les scènes d'actions, les moments plus intimes, les décors..
L'histoire est vite prenante, mais j'ai vraiment accroché quand Loki est apparu. J'aime déjà beaucoup ce personnage, et je rejoins Cacal69 : Loki est fidèle à lui-même, et son rôle dans cette histoire, ne laisse pas indifférent. On la voit moins souvent, mais j'ai également bien aimé la petite princesse des géants.
Avec plus de 300 pages, j'ai passé ma fin de soirée sur cette BD. Une lecture agréable, dont je retiendrai surtout Loki. Malgré quelques réserves, je la recommande quand même, car c'est assez original et divertissant.
Je vais être moins enthousiaste que Ro après ma lecture de cet album. Mais comme lui j'ai bien aimé ce récit.
D'abord parce que le dessin est vraiment chouette. Fluide, dynamique, un trait classique et agréable. Plein de points de vue différents, des contre-plongées, des cadrages variés, c'est vraiment du bon boulot, qui nous donne à voir un quartier de Tokyo vivant (un dossier final complète cette "visite").
Les auteurs connaissent bien le sujet, et sont visiblement des amoureux du Japon.
Le récit est lui aussi dynamique et vivant. Les personnages sont attachants. Même si j'ai trouvé l'intrigue un peu légère (et si je ne suis a priori pas passionné par les Otaku, les robots, etc.), je sors avec un avis positif de cette lecture. D'autres albums peuvent être envisagés avec la même équipe (une très gamine débrouillarde, un jeune geek hacker, un détective original).
J'ai emprunté cet album, par hasard surtout, un peu par curiosité. Pas tant pour la Callas (je ne m'intéresse a priori pas à l'opéra et au chant lyrique), mais plutôt pour Pasolini, et parce que je pensais leurs univers très éloigné, je voulais savoir ce que leur rencontre avait pu donner. je voulais aussi voir ce que Dufaux, que je n'imaginais pas se lancer dans ce genre de récit, avait pu en faire.
Au final, si les premières pages m'ont un peu fait craindre une accumulation de bling bling stérile et une biographie people terne, la suite s'est révélée plus intéressante. D'abord parce que l'amertume, en tout cas la mélancolie qui innervent cette rencontre lui donnent une coloration sombre, mais comme éclairée du feu du couchant: ce sont deux feux qui manquent de combustible, deux êtres en "fin de vie" artistique et amoureuse qui se rencontrent.
Et leur virée au Brésil est elle aussi intéressante - je ne sais pas ce que Dufaux a inventé.
A priori pas le sujet qui me bouleverse, mais je suis sorti de ma lecture plus satisfait qu'attendu (ou craint). Il faut dire que le dessin de Briotti est vraiment très bon, du classique réaliste, avec des personnages ressemblant au originaux (même si je pensais que la Callas avait un nez encore plus long - suis influencé par la Cléopâtre de Goscinny ?). Un beau dessin fluide, dans de grande case: c'est aéré et agréable en tout cas.
Moins enthousiaste que Alix, je reconnais la qualité de la narration de cette BD. C'est une histoire de deuil et de grandir, le tout dans une famille monoparentale où la mère essaye de pouvoir tout gérer sans vraiment y arriver.
Je ne suis pas parent, ça joue peut-être, mais j'ai été assez loin de cette BD. Le délire du gamin avec l'espace est mignon mais poussé trop loin à mon gout et certains détails me font tiquer. C'est plus une question d'affinité personnelle, je pense, que de qualités intrinsèques. Mais je suis sorti de la BD sans ennui et sans enthousiasme. Le côté mère dépassée m'a paru parfois trop poussé, notamment dans la façon dont elle agit avec son père ou les paroles qu'elle a pour son fils, très dure et ce avant même le deuil.
Le dessin est sympathique mais je ne sais pas pourquoi, il ne m'a pas vraiment plu. Je crois que c'est les personnages qui m'ont paru dessiné trop simplement, en tout cas j'ai été assez peu emballé par tout ça. C'est une histoire sympathique sur le deuil, mais je trouve que ça manque de corps et personnellement j'ai déjà lu meilleur. Dommage pour moi !
Par contre je tiens juste à souligner un détail : la non-traduction du titre alors que l'expression "un monde meilleur" est employé sans cesse dans la BD, c'est dommage ! Le sens est conservé en français, à mon gout.
Voila un récit bien sordide dont je ne suis pas sur d'être sorti indemne. Les premières planches commencent comme un manga féminin classique, des jeunes femmes qui vivent leurs petites vies dans une école et parlent entre elle de ce qu'elles feront ensuite. L'ensemble est rehaussé par le dessin mignon et très typé pour jeune fille.
La violence vient rapidement, déjà dans l'endoctrinement de ces jeunes filles qui récitent la litanie de leur victoire prochaine. Puis arrive l’hôpital ... Et là c'est glauque. La mort, les blessures, le sang, la violence. Le tout devient vite glauque et le côté mignon s'efface sans aucune retenue. Il y a des scènes gore et franchement glauques, et une sombre réalité qui se déverse sur ses jeunes filles bien loin de la réalité de la guerre.
Honnêtement, c'est sombre presque désespéré mais surprenant. On sent que l'autrice veut transmettre une idée de ce que peut être la guerre, bien loin des clichés hollywoodiens que l'on a souvent. Cela dit, je trouve qu'il manque une petite touche supplémentaire au récit. La métamorphose du ver à soie est assez faible en terme de narration au final, et l'image du cocon (certes en décalage complet avec la réalité) ne m'a pas spécialement transporté.
La BD reste dure à lire mais elle est étonnamment surprenante, le ton est volontairement décalé entre le dessin et le propos, il y a de belles idées dans la narration mais pour ma part j'aurais du mal à le relire.
C'est un joli conte de fantasy jeunesse mais sur une trame assez déjà vue.
Quand j'ai entamé l'album, je me suis demandé si je ne l'avais pas déjà lu. Comme ma mémoire est un peu défaillante, j'ai vérifié dans mes lectures récentes et constaté qu'effectivement Les Chroniques d'Ona reprend des éléments similaires à pas mal d'autres BD que j'ai lues ces derniers mois ou années. Un monde où la nature est corrompue, une protectrice de la nature aux pouvoirs magiques destinés à soigner et apaiser, des créatures parfois dangereuses parfois mignonnes mais simplement naturelles, et l'humain au milieu de cela... De Nausicaa à Ultralazer, le thème a été largement raconté, en BD comme en dessins animés.
L'histoire n'en reste pas moins plaisante. Le graphisme est charmant, avec un trait simple mais élégant rehaussé par une belle aquarelle aux tons pastels. L'histoire est aventureuse tout en dégageant une certaine douceur. Il y a aussi un aspect légèrement onirique, l'impression que rien n'est vraiment grave quoiqu'en disent les personnages.
Tout cela aboutit à une lecture sympathique qui transporte gentiment le lecteur mais sans vraiment marquer une fois l'album terminé, la faute à un certain manque d'originalité.
J'ai bien aimé cet hommage à Lucky Luke car j'ai trouvé qu'il était plutôt bien dans l'esprit de la série originelle et qu'à peu de choses près il aurait pu faire un bon album de la série. Il y a en effet eu quelques albums de Morris qui mettaient en scène Lucky Luke face à une situation sociale incongrue pour lui et l'obligeait à sortir de ses habitudes, comme par exemple la Fiancée de Lucky Luke où il doit côtoyer des femmes, chose qu'il ne sait pas faire. Ici, ce sont des gamins, et les pires exemples possibles du genre. Mais l'intrigue ne s'arrête pas à cela car elle est le point de départ d'un enquête policière assez dense et qui tient la route. Du bon divertissement avec pas mal de retournements de situation.
Je ne suis pas un grand amateur du dessin de Blutch, je déteste notamment les regards vides et les bouches grandes ouvertes de ses personnages quand ils sont surpris, mais je l'ai plutôt bien apprécié ici. A vrai dire, il m'a fait penser au dessin de Christophe Blain que j'aime bien.
En outre, j'ai été plutôt sensible à l'humour de cet album, et en particulier à certains dialogues, notamment les remarques de Jolly Jumper. A l'inverse, et comme Lucky Luke lui-même, j'ai été très agacé par le comportement exaspérant de nombreux personnages au cours du récit, les enfants certes mais aussi la populace et les reproches répétitifs faits à Lucky Luke : cet humour là m'a paru forcé et artificiel, et en définitive plus crispant qu'amusant.
J'ai tout de même passé un bon moment et bien apprécié cette BD, en particulier grâce à la densité et l'intérêt de son intrigue et aux quelques dialogues qui m'ont fait rire.
Je pense sincèrement que s’il n’y avait eu la dernière partie du récit, ma note aurait été extrêmement sévère. En effet, longtemps, je n’ai pas apprécié la mentalité de l’auteur, son immaturité, sa soif de drogues, sa vénération pour cette Amérique exubérante, son nombrilisme et celui de son acolyte.
Puis vient cette dernière partie et avec elle comme une prise de conscience, un retour sur terre, une forme de maturité. Et là, soudainement, et alors que je ne m’y attendais plus vraiment, Morgan Navarro parvient à me toucher. Et autant il me fatiguait avec son humour tourné sur l’auto apitoiement, autant j’ai aimé cette remise en question non dénuée d’autodérision.
Le récit prend la forme d’un carnet de voyage rédigé à la première personne. Morgan Navarro y relate par le détail sa traversée de l’Amérique, motivée par l’idée de mettre ses pieds dans les traces laissées par Hunter S. Thompson, fasciné qu’il est par la vie faite d’excès, de drogues et de reportages chocs qu’a mené le journaliste écrivain.
Au fil des rencontres, l’Amérique qu’il m’a décrit m’a semblé des plus piteuses, déconnectée, sinistre. La rencontre avec un jeune drogué qui lui dit qu’il va arrêter la drogue et se mettre à gagner du fric, alors qu’il est flagrant que le mec n’est plus qu’une loque vouée à crever sous un pont dans un avenir assez bref, m’a spécialement marqué. D’une part, parce que ce jeune type me fait pitié et d’autre part parce que l’auteur se positionne en simple témoin passif alors qu’il a devant les yeux le résultat de ce à quoi, d’une certaine manière, il aspire.
Le récit est ainsi émaillé de rencontres dont la plus improbable est évidemment celle avec Johnny Depp, point culminant du voyage et élément déclencheur de la prise de conscience de l’auteur. J’ai tendance à croire que tout ce qui est dit dans ce récit est véridique, d’une certaine manière, et que l’auteur a, de la sorte, rendu un véritable hommage à Thompson. Sa bande dessinée est en effet aussi subjective, autocentrée et orientée que pouvaient l’être les reportages de Thompson.
On en apprend finalement très peu sur Hunter S. Thompson et bien plus sur Morgan Navarro. Et si je ne peux pas dire que cet album m’a spécialement donné envie de le rencontrer, son récit déborde de sincérité. Un petit « pas mal » pour ma part.
Nouvelle production du duo Warnauts-Raives dans l’univers de la seconde guerre mondiale qu’ils ont déjà exploré à plusieurs reprises et avec plus ou moins de succès.
Ce premier tome ravira les fans des deux auteurs et ne convaincra sans doute pas les autres. On y retrouve les ingrédients habituellement utilisés par ces deux auteurs :
- de belles femmes au fort caractère, bien dessinées, dévêtues à l’occasion ;
- des histoires de coucherie, de trahisons, d’amours compliquées ;
- un contexte historique bien rendu et bien illustré ;
- un récit un peu plan plan dont la mise en place prend un temps fou, et dont on se doute rapidement de l’issue ;
- de multiples personnages dont il est parfois difficile de retenir le nom, la fonction, les liens avec les autres personnages, … et l’intérêt avant qu’ils ne se fassent descendre.
Mon ressenti est souvent étrange à la lecture des albums du duo. Et c’est encore le cas présentement. J’aime beaucoup le dessin mais la colorisation (que je qualifierais de ‘brillante’) me dérange aux entournures. J’aime le contexte général mais la mise en place du récit me semble trop longue. Je n’ai rien contre les histoires d’amour mais ici, c’est très convenu et répétitif. Les récits héroïques sur la seconde guerre mondiale peuvent me plaire, les récits historiques sur le même sujet également, mais dans le premier cas il faut que je ressente une forte tension et que l’angle d’approche me sorte de mes habitudes, et dans le second il faut que la reconstitution soit rigoureuse et m’apprenne des choses que j’ignorais. Ici on est entre les deux et tout devient tiède, le résultat est soigné mais ‘sans risques’, confortable, convenu.
En résumé, j’aime bien… mais pas plus que ça. Un tout petit « pas mal » pour ma part.
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Voilà un album que j'ai lu plutôt avec plaisir, sans pour autant que je sache précisément expliquer pourquoi. Ah si, le dessin. Un trait naïf et figé, plus proche des albums enfantins sans doute, mais que j'ai trouvé intéressant et assez joli. Il accompagne très bien le mystère, le côté décalé de l'histoire. L'histoire est plaisante, mais je ne sais quoi en penser, car je n'ai pas compris où elle voulait nous mener. Sans doute des aspects allégoriques, sur le passage de l’adolescence, la mémoire. C'est une petite fille qui se met à l'écart de tous, un peu souffre douleur de sa classe, et qui va entrer à fond dans une relation avec un fantôme, celui de son arrière-arrière grand père, mort durant la première guerre mondiale (elle observe depuis longtemps son nom gravé sur le monument au mort, en face de la fenêtre de sa chambre). Le thème du fantôme est ici traité de façon original, rien de terrible ou de menaçant, c'en est presque naturel. Je n'ai pas tout compris donc, mais je n'en suis pas frustré outre mesure, la lecture m'a plu.
Vei
J'ai bien aimé cette BD, mais il m'a manqué ce petit quelque chose qui aurait rendu la lecture vraiment plaisante. En fait, ce sentiment est apparu, mais un peu trop tard. Je dois dire que je n'ai pas spécialement aimé le style de dessin, ni la colorisation, et encore moins les visages et leurs expressions. J'ai trop fait une fixette sur le style graphique, qui fait trop "ordinateur", et ça m'a un peu gâché le plaisir. Les visages, avec des pommettes trop colorées, donnent l'impression que tout le monde est maquillé, hommes comme femmes. Les expressions sont étranges et les visages trop clean, ce qui manque de vécu et ne colle pas pour des guerriers. La couverture m'avait vraiment attiré, mais au final, j'ai été assez déçu par le manque de charisme des géants et leur rôle dans l'histoire, ce qui impacte en grande partie ma note finale. Par contre, j'ai bien aimé la mise en page, les scènes d'actions, les moments plus intimes, les décors.. L'histoire est vite prenante, mais j'ai vraiment accroché quand Loki est apparu. J'aime déjà beaucoup ce personnage, et je rejoins Cacal69 : Loki est fidèle à lui-même, et son rôle dans cette histoire, ne laisse pas indifférent. On la voit moins souvent, mais j'ai également bien aimé la petite princesse des géants. Avec plus de 300 pages, j'ai passé ma fin de soirée sur cette BD. Une lecture agréable, dont je retiendrai surtout Loki. Malgré quelques réserves, je la recommande quand même, car c'est assez original et divertissant.
Tokyo Mystery Café
Je vais être moins enthousiaste que Ro après ma lecture de cet album. Mais comme lui j'ai bien aimé ce récit. D'abord parce que le dessin est vraiment chouette. Fluide, dynamique, un trait classique et agréable. Plein de points de vue différents, des contre-plongées, des cadrages variés, c'est vraiment du bon boulot, qui nous donne à voir un quartier de Tokyo vivant (un dossier final complète cette "visite"). Les auteurs connaissent bien le sujet, et sont visiblement des amoureux du Japon. Le récit est lui aussi dynamique et vivant. Les personnages sont attachants. Même si j'ai trouvé l'intrigue un peu légère (et si je ne suis a priori pas passionné par les Otaku, les robots, etc.), je sors avec un avis positif de cette lecture. D'autres albums peuvent être envisagés avec la même équipe (une très gamine débrouillarde, un jeune geek hacker, un détective original).
La Callas et Pasolini, un amour impossible
J'ai emprunté cet album, par hasard surtout, un peu par curiosité. Pas tant pour la Callas (je ne m'intéresse a priori pas à l'opéra et au chant lyrique), mais plutôt pour Pasolini, et parce que je pensais leurs univers très éloigné, je voulais savoir ce que leur rencontre avait pu donner. je voulais aussi voir ce que Dufaux, que je n'imaginais pas se lancer dans ce genre de récit, avait pu en faire. Au final, si les premières pages m'ont un peu fait craindre une accumulation de bling bling stérile et une biographie people terne, la suite s'est révélée plus intéressante. D'abord parce que l'amertume, en tout cas la mélancolie qui innervent cette rencontre lui donnent une coloration sombre, mais comme éclairée du feu du couchant: ce sont deux feux qui manquent de combustible, deux êtres en "fin de vie" artistique et amoureuse qui se rencontrent. Et leur virée au Brésil est elle aussi intéressante - je ne sais pas ce que Dufaux a inventé. A priori pas le sujet qui me bouleverse, mais je suis sorti de ma lecture plus satisfait qu'attendu (ou craint). Il faut dire que le dessin de Briotti est vraiment très bon, du classique réaliste, avec des personnages ressemblant au originaux (même si je pensais que la Callas avait un nez encore plus long - suis influencé par la Cléopâtre de Goscinny ?). Un beau dessin fluide, dans de grande case: c'est aéré et agréable en tout cas.
Better place
Moins enthousiaste que Alix, je reconnais la qualité de la narration de cette BD. C'est une histoire de deuil et de grandir, le tout dans une famille monoparentale où la mère essaye de pouvoir tout gérer sans vraiment y arriver. Je ne suis pas parent, ça joue peut-être, mais j'ai été assez loin de cette BD. Le délire du gamin avec l'espace est mignon mais poussé trop loin à mon gout et certains détails me font tiquer. C'est plus une question d'affinité personnelle, je pense, que de qualités intrinsèques. Mais je suis sorti de la BD sans ennui et sans enthousiasme. Le côté mère dépassée m'a paru parfois trop poussé, notamment dans la façon dont elle agit avec son père ou les paroles qu'elle a pour son fils, très dure et ce avant même le deuil. Le dessin est sympathique mais je ne sais pas pourquoi, il ne m'a pas vraiment plu. Je crois que c'est les personnages qui m'ont paru dessiné trop simplement, en tout cas j'ai été assez peu emballé par tout ça. C'est une histoire sympathique sur le deuil, mais je trouve que ça manque de corps et personnellement j'ai déjà lu meilleur. Dommage pour moi ! Par contre je tiens juste à souligner un détail : la non-traduction du titre alors que l'expression "un monde meilleur" est employé sans cesse dans la BD, c'est dommage ! Le sens est conservé en français, à mon gout.
Cocon
Voila un récit bien sordide dont je ne suis pas sur d'être sorti indemne. Les premières planches commencent comme un manga féminin classique, des jeunes femmes qui vivent leurs petites vies dans une école et parlent entre elle de ce qu'elles feront ensuite. L'ensemble est rehaussé par le dessin mignon et très typé pour jeune fille. La violence vient rapidement, déjà dans l'endoctrinement de ces jeunes filles qui récitent la litanie de leur victoire prochaine. Puis arrive l’hôpital ... Et là c'est glauque. La mort, les blessures, le sang, la violence. Le tout devient vite glauque et le côté mignon s'efface sans aucune retenue. Il y a des scènes gore et franchement glauques, et une sombre réalité qui se déverse sur ses jeunes filles bien loin de la réalité de la guerre. Honnêtement, c'est sombre presque désespéré mais surprenant. On sent que l'autrice veut transmettre une idée de ce que peut être la guerre, bien loin des clichés hollywoodiens que l'on a souvent. Cela dit, je trouve qu'il manque une petite touche supplémentaire au récit. La métamorphose du ver à soie est assez faible en terme de narration au final, et l'image du cocon (certes en décalage complet avec la réalité) ne m'a pas spécialement transporté. La BD reste dure à lire mais elle est étonnamment surprenante, le ton est volontairement décalé entre le dessin et le propos, il y a de belles idées dans la narration mais pour ma part j'aurais du mal à le relire.
Les Chroniques d'Ona
C'est un joli conte de fantasy jeunesse mais sur une trame assez déjà vue. Quand j'ai entamé l'album, je me suis demandé si je ne l'avais pas déjà lu. Comme ma mémoire est un peu défaillante, j'ai vérifié dans mes lectures récentes et constaté qu'effectivement Les Chroniques d'Ona reprend des éléments similaires à pas mal d'autres BD que j'ai lues ces derniers mois ou années. Un monde où la nature est corrompue, une protectrice de la nature aux pouvoirs magiques destinés à soigner et apaiser, des créatures parfois dangereuses parfois mignonnes mais simplement naturelles, et l'humain au milieu de cela... De Nausicaa à Ultralazer, le thème a été largement raconté, en BD comme en dessins animés. L'histoire n'en reste pas moins plaisante. Le graphisme est charmant, avec un trait simple mais élégant rehaussé par une belle aquarelle aux tons pastels. L'histoire est aventureuse tout en dégageant une certaine douceur. Il y a aussi un aspect légèrement onirique, l'impression que rien n'est vraiment grave quoiqu'en disent les personnages. Tout cela aboutit à une lecture sympathique qui transporte gentiment le lecteur mais sans vraiment marquer une fois l'album terminé, la faute à un certain manque d'originalité.
Lucky Luke - Les Indomptés
J'ai bien aimé cet hommage à Lucky Luke car j'ai trouvé qu'il était plutôt bien dans l'esprit de la série originelle et qu'à peu de choses près il aurait pu faire un bon album de la série. Il y a en effet eu quelques albums de Morris qui mettaient en scène Lucky Luke face à une situation sociale incongrue pour lui et l'obligeait à sortir de ses habitudes, comme par exemple la Fiancée de Lucky Luke où il doit côtoyer des femmes, chose qu'il ne sait pas faire. Ici, ce sont des gamins, et les pires exemples possibles du genre. Mais l'intrigue ne s'arrête pas à cela car elle est le point de départ d'un enquête policière assez dense et qui tient la route. Du bon divertissement avec pas mal de retournements de situation. Je ne suis pas un grand amateur du dessin de Blutch, je déteste notamment les regards vides et les bouches grandes ouvertes de ses personnages quand ils sont surpris, mais je l'ai plutôt bien apprécié ici. A vrai dire, il m'a fait penser au dessin de Christophe Blain que j'aime bien. En outre, j'ai été plutôt sensible à l'humour de cet album, et en particulier à certains dialogues, notamment les remarques de Jolly Jumper. A l'inverse, et comme Lucky Luke lui-même, j'ai été très agacé par le comportement exaspérant de nombreux personnages au cours du récit, les enfants certes mais aussi la populace et les reproches répétitifs faits à Lucky Luke : cet humour là m'a paru forcé et artificiel, et en définitive plus crispant qu'amusant. J'ai tout de même passé un bon moment et bien apprécié cette BD, en particulier grâce à la densité et l'intérêt de son intrigue et aux quelques dialogues qui m'ont fait rire.
Gonzo - Voyage dans l'Amérique de Las Vegas Parano
Je pense sincèrement que s’il n’y avait eu la dernière partie du récit, ma note aurait été extrêmement sévère. En effet, longtemps, je n’ai pas apprécié la mentalité de l’auteur, son immaturité, sa soif de drogues, sa vénération pour cette Amérique exubérante, son nombrilisme et celui de son acolyte. Puis vient cette dernière partie et avec elle comme une prise de conscience, un retour sur terre, une forme de maturité. Et là, soudainement, et alors que je ne m’y attendais plus vraiment, Morgan Navarro parvient à me toucher. Et autant il me fatiguait avec son humour tourné sur l’auto apitoiement, autant j’ai aimé cette remise en question non dénuée d’autodérision. Le récit prend la forme d’un carnet de voyage rédigé à la première personne. Morgan Navarro y relate par le détail sa traversée de l’Amérique, motivée par l’idée de mettre ses pieds dans les traces laissées par Hunter S. Thompson, fasciné qu’il est par la vie faite d’excès, de drogues et de reportages chocs qu’a mené le journaliste écrivain. Au fil des rencontres, l’Amérique qu’il m’a décrit m’a semblé des plus piteuses, déconnectée, sinistre. La rencontre avec un jeune drogué qui lui dit qu’il va arrêter la drogue et se mettre à gagner du fric, alors qu’il est flagrant que le mec n’est plus qu’une loque vouée à crever sous un pont dans un avenir assez bref, m’a spécialement marqué. D’une part, parce que ce jeune type me fait pitié et d’autre part parce que l’auteur se positionne en simple témoin passif alors qu’il a devant les yeux le résultat de ce à quoi, d’une certaine manière, il aspire. Le récit est ainsi émaillé de rencontres dont la plus improbable est évidemment celle avec Johnny Depp, point culminant du voyage et élément déclencheur de la prise de conscience de l’auteur. J’ai tendance à croire que tout ce qui est dit dans ce récit est véridique, d’une certaine manière, et que l’auteur a, de la sorte, rendu un véritable hommage à Thompson. Sa bande dessinée est en effet aussi subjective, autocentrée et orientée que pouvaient l’être les reportages de Thompson. On en apprend finalement très peu sur Hunter S. Thompson et bien plus sur Morgan Navarro. Et si je ne peux pas dire que cet album m’a spécialement donné envie de le rencontrer, son récit déborde de sincérité. Un petit « pas mal » pour ma part.
Ciel d'orages
Nouvelle production du duo Warnauts-Raives dans l’univers de la seconde guerre mondiale qu’ils ont déjà exploré à plusieurs reprises et avec plus ou moins de succès. Ce premier tome ravira les fans des deux auteurs et ne convaincra sans doute pas les autres. On y retrouve les ingrédients habituellement utilisés par ces deux auteurs : - de belles femmes au fort caractère, bien dessinées, dévêtues à l’occasion ; - des histoires de coucherie, de trahisons, d’amours compliquées ; - un contexte historique bien rendu et bien illustré ; - un récit un peu plan plan dont la mise en place prend un temps fou, et dont on se doute rapidement de l’issue ; - de multiples personnages dont il est parfois difficile de retenir le nom, la fonction, les liens avec les autres personnages, … et l’intérêt avant qu’ils ne se fassent descendre. Mon ressenti est souvent étrange à la lecture des albums du duo. Et c’est encore le cas présentement. J’aime beaucoup le dessin mais la colorisation (que je qualifierais de ‘brillante’) me dérange aux entournures. J’aime le contexte général mais la mise en place du récit me semble trop longue. Je n’ai rien contre les histoires d’amour mais ici, c’est très convenu et répétitif. Les récits héroïques sur la seconde guerre mondiale peuvent me plaire, les récits historiques sur le même sujet également, mais dans le premier cas il faut que je ressente une forte tension et que l’angle d’approche me sorte de mes habitudes, et dans le second il faut que la reconstitution soit rigoureuse et m’apprenne des choses que j’ignorais. Ici on est entre les deux et tout devient tiède, le résultat est soigné mais ‘sans risques’, confortable, convenu. En résumé, j’aime bien… mais pas plus que ça. Un tout petit « pas mal » pour ma part.