Nouvelle production du duo Warnauts-Raives dans l’univers de la seconde guerre mondiale qu’ils ont déjà exploré à plusieurs reprises et avec plus ou moins de succès.
Ce premier tome ravira les fans des deux auteurs et ne convaincra sans doute pas les autres. On y retrouve les ingrédients habituellement utilisés par ces deux auteurs :
- de belles femmes au fort caractère, bien dessinées, dévêtues à l’occasion ;
- des histoires de coucherie, de trahisons, d’amours compliquées ;
- un contexte historique bien rendu et bien illustré ;
- un récit un peu plan plan dont la mise en place prend un temps fou, et dont on se doute rapidement de l’issue ;
- de multiples personnages dont il est parfois difficile de retenir le nom, la fonction, les liens avec les autres personnages, … et l’intérêt avant qu’ils ne se fassent descendre.
Mon ressenti est souvent étrange à la lecture des albums du duo. Et c’est encore le cas présentement. J’aime beaucoup le dessin mais la colorisation (que je qualifierais de ‘brillante’) me dérange aux entournures. J’aime le contexte général mais la mise en place du récit me semble trop longue. Je n’ai rien contre les histoires d’amour mais ici, c’est très convenu et répétitif. Les récits héroïques sur la seconde guerre mondiale peuvent me plaire, les récits historiques sur le même sujet également, mais dans le premier cas il faut que je ressente une forte tension et que l’angle d’approche me sorte de mes habitudes, et dans le second il faut que la reconstitution soit rigoureuse et m’apprenne des choses que j’ignorais. Ici on est entre les deux et tout devient tiède, le résultat est soigné mais ‘sans risques’, confortable, convenu.
En résumé, j’aime bien… mais pas plus que ça. Un tout petit « pas mal » pour ma part.
Le premier truc qui m'a frappé est que la couverture de cet album n'est pas terrible alors qu'habituellement l'éditeur 2024 fait un bon travail pour faire de bel objet. En fait, c'est ce sont des cases tirés de l'album qu'on a mit en couverture et c'est pas très joli.
Sinon, l'histoire met en vedette un pauvre artiste qui ne trouve pas l'inspiration pour peindre contrairement à son riche voisin et rival qui fait des peintures à partir de l'inspiration que lui procure son chat. Lorsque notre artiste minable se retrouve en possession d'un chien, il devint moins morose et sa vie s'améliore jusqu'à retrouver l'inspiration.
J'avoue que je ne sais pas trop quoi penser du récit. Le dessin est bien, l'histoire se laisse lire sauf que je ne suis pas certain d'avoir bien compris où l'auteur voulait en venir. Il brasse plusieurs thèmes et la conclusion de tout cela me laisse perplexe. Plusieurs passages me donnent l'impression qu'il voulait rendre hommage à un animal de compagnie qui a marqué sa vie.
En gros, un album à emprunter à la bibliothèque.
J'ai toujours un peu peur quand je m'embarque dans ce genre d'histoire. La crainte d'une chute décevante, que cela tombe dans le n'importe quoi ou la facilité frustrants.
Si tout ne me satisfait pas ici, je dois dire que j'ai globalement apprécié ma lecture.
Le scénario de Marazano est complexe, ambigu, et plonge le lecteur dans un gros brouillard. C'est même parfois difficile à suivre, on a du mal à toujours situer - et souvent je n'y suis pas arrivé - sur quel plan se déroule l'histoire, se meuvent les personnages: est-ce un rêve, une manipulation ? Et si oui, quand sommes-nous dans la "réalité" ? Car Marazano, un peu comme dans "Total Recall", nous fait suivre un personnage, chercheur dans un grand laboratoire, qui semble perdu, qui ne sait plus où se trouve la réalité, qui doute de tous et de tout (et le lecteur est aussi perdu).
Si j'acceptais de ne pas tout comprendre, je dois dire que c'est parce que l'intrigue est globalement prenante (autour du poids des multinationales des biotechnologies, autour des barrières éthiques, etc.). J'appréhendais la fin. Elle ne me satisfait pas complètement, mais je la trouve quand même acceptable.
Le dessin de Ponzo est sans doute ce qui pose le plus de problème. J'ai déjà lu plusieurs séries de lui t j'ai toujours du mal avec son style hyper-réaliste, proche de la photo retravaillée. Pas toujours très lisible, surtout avec des personnages trop statiques, qui semblent prendre la pose: l'impression parfois de lire un roman-photo. Dans le troisième tome, les postures des personnages sont un peu plus dynamiques.
Mais bon, je m'y suis fait, et ça n'a pas vraiment gêné ma lecture, plutôt agréable.
Un costume fait sur mesure
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Ce tome content une histoire complète qui ne nécessite qu'une connaissance superficielle du Spider-Man pour pouvoir être appréciée. Il comprend les 5 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2020, écrits par Peter David, dessinés par Greg Land, encrés par Jay Leistein, et mis en couleurs par Frank D'Armata. C'est la même équipe qui avait réalisé le premier tome Symbiote Spider-Man (2019) qu'il n'est pas indispensable d'avoir lu avant. Les couvertures principales ont été réalisées par Land, et les couvertures alternatives par Phil Noto, Alex Saviuk (*5), Ron Lim (*5), Philip Tan, Mark Bagley (*2), Gerardo Sandoval, Jie Yuan, Arthur Adams, Marco Checcheto, Russell Dauterman, Mike del Mundo, Javier Garrón, Aaron Kuder, Pepe Larraz. Cette histoire qui s'intègre fortement dans la continuité de l'époque des débuts du costume noir de Spider-Man, c'est-à-dire celle de 1985/1986.
En Sibérie, il y a plusieurs années de cela, une petite navette atterrit en plein champ de neige. En descendent Natasha Romanoff et Stephen Strange qui s'approchent d'un petit cratère fumant. Doctor Strange s'occupe de l'artefact qui s'y trouve : un livre ancien qu'il identifie comme étant le Mot de Dieu. Il indique à Black Widow qu'il se charge de le mettre en sécurité. Au temps présent, à l'aéroport international JFK, Spider-Man dans son costume noir se bat contre Kraven le chasseur (Sergei Kravinoff). Kraven réussit à placer quelques coups qui font mouche. le combat aboutit dans une passerelle aéroportuaire. Voyant qu'il est en train de perdre le combat, Kraven prend une hôtesse de l'air en otage. Spider-Man est devenu totalement silencieux et avance d'un pas mécanique vers Kraven, sans prêter attention au fait qu'il ait une otage. Il le prend à la gorge et commence à serrer. Puis Spider-Man reprend connaissance et voit Kraven dans un costume de chasseur tropical penché sur lui. Il lui agrippe les revers, mais Sergei Kravinoff lui parle gentiment avec sollicitude et l'hôtesse ne comprend pas l'agressivité de Spider-Man vis-à-vis de lui. Spider-Man prend un peu de recul, et fait comme s'il comprenait bien que Kravinoff est amical. Il se rend compte qu'il y a un terroriste qu'il a entoilé contre un mur. Il décide de d'aller prendre l'air, n'arrivant pas à comprendre la situation. Il découvre qu'il y a une Spider-Mobile garée sur le tarmac.
Spider-Man ne se pose pas trop de question : il s'installe derrière le volant dans la Spider-Mobile et retourne à Manhattan. Il repère que Black Cat se tient en haut d'un gratte-ciel et décide de l'y rejoindre en laissant son véhicule dans la rue. Arrivé sur le toit, il s'adresse à Black Cat, et constate qu'elle est rousse. Ce n'est pas Felicia Hardy, mais Natasha Romanoff : elle se fait appeler Red Cat et se jette au cou de Peter Parker, l'embrassant sans retenue sur la bouche. Parker ne comprend pas ce comportement et décide de prendre du recul. Il indique à Natasha qu'il a un rendez-vous et redescend pour se déplacer avec sa voiture, mais elle se trouve sur un plateau qui l'emmène à la fourrière. Il se déplace donc avec sa toile et se rend chez Doctor Strange. Wong lui ouvre la porte, tout en indiquant qu'il ne connaît personne du nom de Stephen Strange, que le Sorcier Suprême n'est pas présent, mais qu'il peut le conduire à son acolyte. Spider-Man accepte et suit Wong jusqu'au Sanctum Sanctuorum. Avant que Wong n'ouvre la porte, le sixième sens de Spider-Man l'avertit de l'imminence d'un danger. Il passe la porte et se retrouve face à Hobgobllin. le combat s'engage incontinent.
La première histoire était sympathique : sans prétention, avec une intrigue rapide et agréable, une narration visuelle plaisante à l'oeil et fluide. Il n'y a pas de raison de bouder son plaisir et de ne pas revenir pour une deuxième saison. le principe est toujours le même : une histoire dans le passé à l'époque où Peter Parker utilisait son costume noir, sans savoir que celui-ci est doté d'une conscience et anime son corps à son insu quand il dort. le premier tome ne s'apparentait pas à une histoire de Venom, le costume noir jouant un rôle secondaire, mais pas insignifiant. Il en va de même dans cette deuxième histoire : le costume noir prend le dessus pendant quelques scènes, tout en restant un second rôle, Peter Parker restant le personnage principal. Comme dans le tome 1, le scénariste joue avec le fait qu'à certains moments il appartient au lecteur de savoir qui est le pilote du corps : Peter ou le symbiote ? Peter David met à profit la richesse de l'environnement associé à Spider-Man avec Kraven, avec Hobgobblin. Il le projette dans une réalité déformée par un artefact magique non maitrisé, ce qui l'amène à rechercher l'aide de Doctor Strange. le connaisseur du tisseur de toile sait que Spider-Man est rarement confronté à la magie, mais qu'il a fait équipe pour la première fois avec Doctor Strange dans un annuel de 1965 dessiné par Steve Ditko, puis en 1980 dans l'annuel numéro 14 dessiné par Frank Miller, ou encore dans une minisérie psychédélique Spider-Man: Fever (2010) de Brendan McCarthy.
La narration visuelle est tout aussi agréable à l'œil que dans le tome précédent. Frank D'Armata effectue une mise en couleurs très léchée, avec un usage manifeste de l'infographie pour une approche naturaliste, nourrissant les dessins parfois jusqu'au photoréalisme, mais sans les alourdir. Greg Land dessine dans une veine réaliste et descriptive, avec un grand soin apporté aux décors, même si le scénariste a pitié de lui dans l'épisode 4 avec un combat dans une tempête de neige et dans l'épisode 5 avec un affrontement dans une dimension de ténèbres. Il représente des personnages disposant tous d'une forme de classe, même Stephen Strange pas rasé, dans un vieil imperméable avec une allure de clochard. Spider-Man a une silhouette alerte sans être outrageusement musculeux, et il effectue d'impressionnantes acrobaties. Les rares fois où la personnalité de Venom prend le dessus, l'artiste sait montrer sa tendance à mettre en avant une bouche pleine de dents acérées. Natasha est magnifique dans son costume de Red Cat, en fait le même que celui de Felicia Hardy en Black Cat. Tous les personnages sont aisément identifiables, les plus connus comme une brève apparition de Gwen Stacy, comme d'autres plus secondaires. Il est visible que Land s'amuse bien, en particulier dans l'entrain des protagonistes, le sourire de Peter Parker, ou encore l'amalgame irrésistible de JJ Jameson et Deathlok. Il s'amuse tout autant avec la Spider-mobile.
Même s'il n'est pas forcément captivé dès le début par cette histoire de réalité modifiée, le lecteur prend plaisir à voir ces jolies pages, et ces situations rendues très intéressantes visuellement. Oui il est possible de croire à Kraven s'élançant sur Spider-Man et le prenant par surprise, prêt à le frapper avec son couteau acéré, et à l'échange de coups qui s'en suit, avec la tête d'ahuri de Kraven quand il se prend un jet de toile. Oui, l'expression de surprise de Peter quand Red Cat l'embrasse à pleine bouche amène un sourire sur les lèvres du lecteur. Les scènes d'affrontement sont fluides et spectaculaires, et les plans de prise de vue permettent de suivre la logique des déplacements et des échanges de coups. Les contours des personnages sont un peu moins lisses que d'habitude chez cet auteur, diminuant l'impression de trop grande perfection, et les décors sont consistants : passerelle aéroportuaire, gratte-ciels de Manhattan, décor intérieur du sanctuaire de docteur Strange, diner ou Spider-Man et Stephen Strange prennent un café ensemble, décoration intérieure du petit pavillon de May Parker.
Le pauvre Peter Parker se rend donc compte que quelque chose cloche dans la réalité, entre le gentil et serviable Sergei Kravinoff et le retour de la spider-mobile. Il va demander de l'aide, une initiative plutôt adulte. Effectivement, Peter David l'écrit comme un adulte qui se re trouve dans une situation incompréhensible dont il ne peut pas sortir tout seul. La première partie du récit est donc assez prévisible : Spider-Man va se retrouver face à des amis, des membres de sa famille qui sont dans une situation anormale : par exemple Natasha Ronanoff qui est son amante. le lecteur savoure ces situations, le scénariste se montrant habile à déstabiliser Peter, en jouant sur le contraste produit avec les éléments intangibles de son histoire personnelle. Il écrit ces moments sans prétention d'un moment pénétrant et révélateur de vérités cachées ou d'analyse intellectuelle, restant dans le registre du divertissement. Puis l'ennemi est révélé : Spider-Man et Doctor Strange doivent trouver comment se sortir de leur situation. le scénariste prend un risque en s'écartant d'un combat physique traditionnel dans un récit de superhéros, pour faire quelques pas sur le territoire de la spiritualité, en cohérence avec ce mystérieux ouvrage appelé Mot de Dieu. Il parvient à trouver le point d'équilibre entre aventure au premier degré, et commentaire avec un léger métacommentaire sur la religion, la puissance de l'imagination, pour une fin prévisible (les superhéros gagnent), par une méthode moins prévisible.
La première aventure du symbiote était sympathique et donnait envie de revenir pour la seconde. Celle-ci est tout aussi sympathique, avec une narration visuelle soignée, agréable à l'œil et plutôt réaliste. Peter David & Greg Land s'amusent bien en mettant en scène certains éléments associés à Spider-Man, sans exagérer, et l'histoire s'avère très divertissante au premier degré, avec des développements qui attestent de l'affection des auteurs pour le personnage, et un dénouement avec une pointe d'ambition qui relève la saveur de cette histoire. Une bonne aventure de Spider-Man.
Un album un peu étrange mais pas mauvais qui mélange les genres de la chronique sociale et du polar.
Tout le contexte est celui d'un ouvrier d'abattoir qui vit dans son monde d'ouvrier, avec une femme secrétaire rencontrée sur son lieu de travail, avec sa fille malingre et faible de naissance qui envenime les relations du couple, et surtout un beau-frère ultra-présent, dominateur et surprotecteur envers sa sœur, et qui en plus est cadre moyen dans le même abattoir. Une vie médiocre et sans avenir de laquelle le héros va plus ou moins s'extirper en s'associant avec le beau-frère pour devenir... un mélange entre tueur à gages, nettoyeur et tortureur... ce n'est pas clair. S'installe alors une drôle de routine faite de boulot sans âme à l'abattoir et de meurtres commandités : du travail à la chaine dans les deux cas.
Quant au dessin, le style de François Ravard y rappelle celui de Davodeau, ce qui accentue encore le côté chronique sociale.
C'est le côté étonnant de ce mélange qui a retenu mon attention. De même que cette relation bizarre et assez malsaine entre la femme et le beau-frère. Entre ça et la fuite en avant criminelle des deux associés, on se demande longtemps où tout cela va nous mener, avec la ferme impression que ça ne peut être que dans une impasse. Et quand vient le retournement de situation brutal vers les deux tiers de l'album, il vient de là où on ne l'attendait pas ce qui éveille à nouveau l'intérêt.
Pas mal donc mais pas totalement convaincant non plus. Certains comportements des personnages sont bizarres ; on n'a du mal à comprendre leurs choix et actes. Comme celui du héros qui accepte sans trop sourciller la relation entre sa femme et son beau-frère, ou qui ne fait valoir aucun de ses droits après le retournement de situation. Et il y a aussi ce bizarre sentiment d'impunité des actes du beau-frère et de ceux avec qui il s'associe. Toute la partie criminelle du récit parait trop facile. Et puis il y a la conclusion en demi-teinte du récit, qui me laisse sur une certaine frustration, un goût d'inachevé, notamment parce que le héros ne retrouve pas une personne en particulier à qui pourtant il aurait bien des choses à dire.
Bref, pas mal et plutôt original sur le fond, mais moyennement convaincant au final.
Je comprends les avis négatifs mais je suis un peu plus modéré que les autres posteurs. Sans dire que la BD est géniale, il y a eu des vrais moments où j'ai éclaté de rire dans ma lecture !
Je connais Eleonore Costes par ses interventions dans différentes séries ou vidéos sur youtube, mais j'ai découvert son nom après avoir emprunté la BD, que j'ai prise pour la référence à Kundera. Et je ne pensais pas que ce serait une BD autobiographique, mais elle a quelques atouts sympathiques.
Déjà Eleonore est assez rock'n roll dans sa vie, entre ses crises d'angoisses et son enfance ... particulière diront-nous. C'est d'ailleurs ce qui a fait mon intérêt, les différentes petites scènes qui oscillent entre son enfance et le moment où elle se fait hospitaliser vers ses 30 ans.
La BD aborde quelques sujets, mais ne les développe pas vraiment : la question des 30 ans, sa famille et son éducation, l'enfance qu'elle a eut, ses propres peurs et angoisses ... Dans l'ensemble, on sent qu'elle parle d'elle-même mais ne se livre pas vraiment. C'est dommage, plus de corps aurait permis de rendre la BD vraiment intéressante, en l'état je la trouve sympathique et rigolote.
Le dessin est efficace avec une colorisation aux teintes bleus-jaunes, mais un détail me chiffonne beaucoup : qu'est-ce que ça clope dans tout les sens ! Pour une BD sortie en 2018, ça semble presque choquant de montrer ça comme normal et quotidien.
2,5
Décidément, j'ai un peu de difficulté avec l'œuvre de Sophie Guerrive.
Pourtant, il y a des trucs qui me plaisent: un dessin naïf et un ton qui semble enfantin, mais que si on regarde bien il y a des réflexions philosophiques qui s'adresse à un public un peu plus adulte. Bref, ce que fait Lewis Trondheim un auteur que j'aime bien sauf que la sauce prend moyennement avec cette autrice.
Il y a des bons moments dans le récit et de bons dialogues, mais j'ai trouvé l'histoire un peu poussive et les personnages me laissent indifférent. J'ai donc lu l'album sans ressentir beaucoup d'émotions.
Nombreuses sont les séries s'intéressant à JFK uniquement, et surtout durant sa présidence - sans toujours chercher la petite bête et remettre en cause l'histoire dorée du bonhomme et de la dynastie.
Le principal mérite de cette série est d'aller en amont. Certes, on commence avec le "patriarche", Joseph P. Kennedy (père de JFK entre autres), sans nous montrer comment il était devenu millionnaire proche de Roosevelt. Mais dès le premier tome on comprend qu'il n'a jamais été étouffé par les scrupules (il passe une bonne partie de son temps en tant qu'ambassadeur des États-Unis à Londres à s'occuper de ses intérêts financiers (trafic de whisky écossais vers les USA, spéculations à partir d'informations confidentielles qu'il obtient sur les conflits en Europe, etc.).
Même s'ils présentent une importante bibliographie en fin de chaque volume, les auteurs néerlandais s'inspirent visiblement avant tout du travail d'un historien américain, Nigel Hamilton (qui signe à chaque fois un dossier final/épilogue). Je ne connais pas ce monsieur, mais il ne semble pas porter dans son coeur les Kennedy. En tout cas le portrait du patriarche est exécrable, et les enfants, issus de l'upper class, snob, vantards et arrivistes, coureurs de jupons semblent pour beaucoup être de dignes successeurs de leur père.
Ce Kennedy sénior est en plus - par conviction un peu - il est franchement antisémite - et pour le bien de ses affaires un sympathisant nazi, qui milite, au côté de Lindbergh pour un rapprochement entre États-Unis et Allemagne hitlérienne (dans le dos de Roosevelt).
Bref, un type et une famille repoussants selon moi.
Une vision sans doute partisane, peut-être en partie biaisée, je ne sais pas. Mais crédible. On est loin ici de l'hagiographie béate des Kennedy - heureusement. La narration est un peu monotone, quelques passages ont des airs de chronologie illustrée.
Le dessin de Varekamp est lisible, dans une ligne claire aux contours un peu gras (quelques influences de Jacobs, surtout dans le troisième album), je ne l'ai pas trouvé extraordinaire. les personnages historiques ne sont pas toujours hyper ressemblants, et cela manque cruellement de nuance, de détails.
Note réelle 2,5/5.
Lecture sympathique, j'aime tout ce qui est post-apocalyptique, donc j'ai plongé dans ce manga sans hésiter. C'est original avec une bonne touche d'humour. Mais bon, je suis assez déçu dans l'ensemble... j'ai adoré les 3 premiers tomes, mais les 8 suivants m'ont moins convaincu. Je ne sais pas si je terminerai la série, peut-être dans quelques mois si elle se termine en une 20aines de tomes maximum.
En fait, les 3 premiers épisodes étaient excellents, puis ça devient plus classique, suivant les mêmes codes que la plupart des shonen/seinen. On y retrouve les mêmes facilités scénaristiques, les retrouvailles sans difficultés, les dangers qui surgissent au bon moment, la structure des combats contre des groupes de méchants, et le héros qui trouve toujours les mots justes pour changer une personne. L'humour est présent, mais j'aurais aimé en voir un peu plus et plus varié.
Le héros me rappelle trop Luffy de One Piece, tant par son caractère que par son visage et ses expressions. Il me fait tout de même rire et les compagnons sont assez attachants, mais j'aurais souhaité plus d'originalité dans les caractères et peut-être un peu plus de réalisme dans l'ensemble.
À part ça, c'est parfois très WTF, et c'est un bon manga pour passer le temps. La hype du début s'est bien calmée au fil de ma lecture, du coup j'ai lu les tomes disponibles un peu chaque jour plutôt que d'une traite.
Comme elles le font avec Alice au pays des merveilles, les éditions Graph Zeppelin développent l'univers du Magicien d'Oz, en en donnant une vision très très noire, et sans doute plus "adulte" que l'original, en tout cas que les versions les plus connues (comme le film de 1939).
Dans ce prequel, sous la forme d'histoires courtes, nous sont présentés les principaux protagonistes, et comment ils en sont arrivés à s'opposer aux méchantes sorcières qui terrorisent Oz. Même si ça n'est pas nécessaire, il vaut mieux connaitre un peu l'univers, et avoir lu les trois tomes de la série précédemment publiée par Graph Zeppelin (La Magie d'Oz) pour mieux situer les différents morceaux du puzzle.
Une vision noire de l'oeuvre, assez violente donc. Une vision très érotisée aussi. Les femmes - sorcières avant tout - sont des bombasses à forte poitrine, peu vêtues - et alors avec des vêtements moulants, et une imagerie sexy proche parfois du SM soft (avec des bottes à talons qui ne doivent pas être pratiques pour se déplacer et combattre !).
Avec cette érotisation des femmes, et une action qui prime, on est là dans du comics classique. Comme l'est le dessin, que j'ai trouvé inégal. Il faut dire que chaque épisode est dessiné et colorisé par une équipe différente. Je ne suis pas fan du travail informatique (qui prédomine). Le dessin se laisse lire à chaque fois, est dynamique et fluide, mais la plupart des dessinateur ne sont pas trop mon truc. Mais j'ai bien aimé le travail de Miguel Mendonca sur "Le lion lâche" (voir image dans la galerie).
Un album qui contentera les amateurs et ceux qui ont apprécié la trilogie La Magie d'Oz, même si je suis un peu resté sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
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Ciel d'orages
Nouvelle production du duo Warnauts-Raives dans l’univers de la seconde guerre mondiale qu’ils ont déjà exploré à plusieurs reprises et avec plus ou moins de succès. Ce premier tome ravira les fans des deux auteurs et ne convaincra sans doute pas les autres. On y retrouve les ingrédients habituellement utilisés par ces deux auteurs : - de belles femmes au fort caractère, bien dessinées, dévêtues à l’occasion ; - des histoires de coucherie, de trahisons, d’amours compliquées ; - un contexte historique bien rendu et bien illustré ; - un récit un peu plan plan dont la mise en place prend un temps fou, et dont on se doute rapidement de l’issue ; - de multiples personnages dont il est parfois difficile de retenir le nom, la fonction, les liens avec les autres personnages, … et l’intérêt avant qu’ils ne se fassent descendre. Mon ressenti est souvent étrange à la lecture des albums du duo. Et c’est encore le cas présentement. J’aime beaucoup le dessin mais la colorisation (que je qualifierais de ‘brillante’) me dérange aux entournures. J’aime le contexte général mais la mise en place du récit me semble trop longue. Je n’ai rien contre les histoires d’amour mais ici, c’est très convenu et répétitif. Les récits héroïques sur la seconde guerre mondiale peuvent me plaire, les récits historiques sur le même sujet également, mais dans le premier cas il faut que je ressente une forte tension et que l’angle d’approche me sorte de mes habitudes, et dans le second il faut que la reconstitution soit rigoureuse et m’apprenne des choses que j’ignorais. Ici on est entre les deux et tout devient tiède, le résultat est soigné mais ‘sans risques’, confortable, convenu. En résumé, j’aime bien… mais pas plus que ça. Un tout petit « pas mal » pour ma part.
Le Nécromanchien
Le premier truc qui m'a frappé est que la couverture de cet album n'est pas terrible alors qu'habituellement l'éditeur 2024 fait un bon travail pour faire de bel objet. En fait, c'est ce sont des cases tirés de l'album qu'on a mit en couverture et c'est pas très joli. Sinon, l'histoire met en vedette un pauvre artiste qui ne trouve pas l'inspiration pour peindre contrairement à son riche voisin et rival qui fait des peintures à partir de l'inspiration que lui procure son chat. Lorsque notre artiste minable se retrouve en possession d'un chien, il devint moins morose et sa vie s'améliore jusqu'à retrouver l'inspiration. J'avoue que je ne sais pas trop quoi penser du récit. Le dessin est bien, l'histoire se laisse lire sauf que je ne suis pas certain d'avoir bien compris où l'auteur voulait en venir. Il brasse plusieurs thèmes et la conclusion de tout cela me laisse perplexe. Plusieurs passages me donnent l'impression qu'il voulait rendre hommage à un animal de compagnie qui a marqué sa vie. En gros, un album à emprunter à la bibliothèque.
Genetiks
J'ai toujours un peu peur quand je m'embarque dans ce genre d'histoire. La crainte d'une chute décevante, que cela tombe dans le n'importe quoi ou la facilité frustrants. Si tout ne me satisfait pas ici, je dois dire que j'ai globalement apprécié ma lecture. Le scénario de Marazano est complexe, ambigu, et plonge le lecteur dans un gros brouillard. C'est même parfois difficile à suivre, on a du mal à toujours situer - et souvent je n'y suis pas arrivé - sur quel plan se déroule l'histoire, se meuvent les personnages: est-ce un rêve, une manipulation ? Et si oui, quand sommes-nous dans la "réalité" ? Car Marazano, un peu comme dans "Total Recall", nous fait suivre un personnage, chercheur dans un grand laboratoire, qui semble perdu, qui ne sait plus où se trouve la réalité, qui doute de tous et de tout (et le lecteur est aussi perdu). Si j'acceptais de ne pas tout comprendre, je dois dire que c'est parce que l'intrigue est globalement prenante (autour du poids des multinationales des biotechnologies, autour des barrières éthiques, etc.). J'appréhendais la fin. Elle ne me satisfait pas complètement, mais je la trouve quand même acceptable. Le dessin de Ponzo est sans doute ce qui pose le plus de problème. J'ai déjà lu plusieurs séries de lui t j'ai toujours du mal avec son style hyper-réaliste, proche de la photo retravaillée. Pas toujours très lisible, surtout avec des personnages trop statiques, qui semblent prendre la pose: l'impression parfois de lire un roman-photo. Dans le troisième tome, les postures des personnages sont un peu plus dynamiques. Mais bon, je m'y suis fait, et ça n'a pas vraiment gêné ma lecture, plutôt agréable.
Symbiote Spider-Man - Fondu au noir
Un costume fait sur mesure - Ce tome content une histoire complète qui ne nécessite qu'une connaissance superficielle du Spider-Man pour pouvoir être appréciée. Il comprend les 5 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2020, écrits par Peter David, dessinés par Greg Land, encrés par Jay Leistein, et mis en couleurs par Frank D'Armata. C'est la même équipe qui avait réalisé le premier tome Symbiote Spider-Man (2019) qu'il n'est pas indispensable d'avoir lu avant. Les couvertures principales ont été réalisées par Land, et les couvertures alternatives par Phil Noto, Alex Saviuk (*5), Ron Lim (*5), Philip Tan, Mark Bagley (*2), Gerardo Sandoval, Jie Yuan, Arthur Adams, Marco Checcheto, Russell Dauterman, Mike del Mundo, Javier Garrón, Aaron Kuder, Pepe Larraz. Cette histoire qui s'intègre fortement dans la continuité de l'époque des débuts du costume noir de Spider-Man, c'est-à-dire celle de 1985/1986. En Sibérie, il y a plusieurs années de cela, une petite navette atterrit en plein champ de neige. En descendent Natasha Romanoff et Stephen Strange qui s'approchent d'un petit cratère fumant. Doctor Strange s'occupe de l'artefact qui s'y trouve : un livre ancien qu'il identifie comme étant le Mot de Dieu. Il indique à Black Widow qu'il se charge de le mettre en sécurité. Au temps présent, à l'aéroport international JFK, Spider-Man dans son costume noir se bat contre Kraven le chasseur (Sergei Kravinoff). Kraven réussit à placer quelques coups qui font mouche. le combat aboutit dans une passerelle aéroportuaire. Voyant qu'il est en train de perdre le combat, Kraven prend une hôtesse de l'air en otage. Spider-Man est devenu totalement silencieux et avance d'un pas mécanique vers Kraven, sans prêter attention au fait qu'il ait une otage. Il le prend à la gorge et commence à serrer. Puis Spider-Man reprend connaissance et voit Kraven dans un costume de chasseur tropical penché sur lui. Il lui agrippe les revers, mais Sergei Kravinoff lui parle gentiment avec sollicitude et l'hôtesse ne comprend pas l'agressivité de Spider-Man vis-à-vis de lui. Spider-Man prend un peu de recul, et fait comme s'il comprenait bien que Kravinoff est amical. Il se rend compte qu'il y a un terroriste qu'il a entoilé contre un mur. Il décide de d'aller prendre l'air, n'arrivant pas à comprendre la situation. Il découvre qu'il y a une Spider-Mobile garée sur le tarmac. Spider-Man ne se pose pas trop de question : il s'installe derrière le volant dans la Spider-Mobile et retourne à Manhattan. Il repère que Black Cat se tient en haut d'un gratte-ciel et décide de l'y rejoindre en laissant son véhicule dans la rue. Arrivé sur le toit, il s'adresse à Black Cat, et constate qu'elle est rousse. Ce n'est pas Felicia Hardy, mais Natasha Romanoff : elle se fait appeler Red Cat et se jette au cou de Peter Parker, l'embrassant sans retenue sur la bouche. Parker ne comprend pas ce comportement et décide de prendre du recul. Il indique à Natasha qu'il a un rendez-vous et redescend pour se déplacer avec sa voiture, mais elle se trouve sur un plateau qui l'emmène à la fourrière. Il se déplace donc avec sa toile et se rend chez Doctor Strange. Wong lui ouvre la porte, tout en indiquant qu'il ne connaît personne du nom de Stephen Strange, que le Sorcier Suprême n'est pas présent, mais qu'il peut le conduire à son acolyte. Spider-Man accepte et suit Wong jusqu'au Sanctum Sanctuorum. Avant que Wong n'ouvre la porte, le sixième sens de Spider-Man l'avertit de l'imminence d'un danger. Il passe la porte et se retrouve face à Hobgobllin. le combat s'engage incontinent. La première histoire était sympathique : sans prétention, avec une intrigue rapide et agréable, une narration visuelle plaisante à l'oeil et fluide. Il n'y a pas de raison de bouder son plaisir et de ne pas revenir pour une deuxième saison. le principe est toujours le même : une histoire dans le passé à l'époque où Peter Parker utilisait son costume noir, sans savoir que celui-ci est doté d'une conscience et anime son corps à son insu quand il dort. le premier tome ne s'apparentait pas à une histoire de Venom, le costume noir jouant un rôle secondaire, mais pas insignifiant. Il en va de même dans cette deuxième histoire : le costume noir prend le dessus pendant quelques scènes, tout en restant un second rôle, Peter Parker restant le personnage principal. Comme dans le tome 1, le scénariste joue avec le fait qu'à certains moments il appartient au lecteur de savoir qui est le pilote du corps : Peter ou le symbiote ? Peter David met à profit la richesse de l'environnement associé à Spider-Man avec Kraven, avec Hobgobblin. Il le projette dans une réalité déformée par un artefact magique non maitrisé, ce qui l'amène à rechercher l'aide de Doctor Strange. le connaisseur du tisseur de toile sait que Spider-Man est rarement confronté à la magie, mais qu'il a fait équipe pour la première fois avec Doctor Strange dans un annuel de 1965 dessiné par Steve Ditko, puis en 1980 dans l'annuel numéro 14 dessiné par Frank Miller, ou encore dans une minisérie psychédélique Spider-Man: Fever (2010) de Brendan McCarthy. La narration visuelle est tout aussi agréable à l'œil que dans le tome précédent. Frank D'Armata effectue une mise en couleurs très léchée, avec un usage manifeste de l'infographie pour une approche naturaliste, nourrissant les dessins parfois jusqu'au photoréalisme, mais sans les alourdir. Greg Land dessine dans une veine réaliste et descriptive, avec un grand soin apporté aux décors, même si le scénariste a pitié de lui dans l'épisode 4 avec un combat dans une tempête de neige et dans l'épisode 5 avec un affrontement dans une dimension de ténèbres. Il représente des personnages disposant tous d'une forme de classe, même Stephen Strange pas rasé, dans un vieil imperméable avec une allure de clochard. Spider-Man a une silhouette alerte sans être outrageusement musculeux, et il effectue d'impressionnantes acrobaties. Les rares fois où la personnalité de Venom prend le dessus, l'artiste sait montrer sa tendance à mettre en avant une bouche pleine de dents acérées. Natasha est magnifique dans son costume de Red Cat, en fait le même que celui de Felicia Hardy en Black Cat. Tous les personnages sont aisément identifiables, les plus connus comme une brève apparition de Gwen Stacy, comme d'autres plus secondaires. Il est visible que Land s'amuse bien, en particulier dans l'entrain des protagonistes, le sourire de Peter Parker, ou encore l'amalgame irrésistible de JJ Jameson et Deathlok. Il s'amuse tout autant avec la Spider-mobile. Même s'il n'est pas forcément captivé dès le début par cette histoire de réalité modifiée, le lecteur prend plaisir à voir ces jolies pages, et ces situations rendues très intéressantes visuellement. Oui il est possible de croire à Kraven s'élançant sur Spider-Man et le prenant par surprise, prêt à le frapper avec son couteau acéré, et à l'échange de coups qui s'en suit, avec la tête d'ahuri de Kraven quand il se prend un jet de toile. Oui, l'expression de surprise de Peter quand Red Cat l'embrasse à pleine bouche amène un sourire sur les lèvres du lecteur. Les scènes d'affrontement sont fluides et spectaculaires, et les plans de prise de vue permettent de suivre la logique des déplacements et des échanges de coups. Les contours des personnages sont un peu moins lisses que d'habitude chez cet auteur, diminuant l'impression de trop grande perfection, et les décors sont consistants : passerelle aéroportuaire, gratte-ciels de Manhattan, décor intérieur du sanctuaire de docteur Strange, diner ou Spider-Man et Stephen Strange prennent un café ensemble, décoration intérieure du petit pavillon de May Parker. Le pauvre Peter Parker se rend donc compte que quelque chose cloche dans la réalité, entre le gentil et serviable Sergei Kravinoff et le retour de la spider-mobile. Il va demander de l'aide, une initiative plutôt adulte. Effectivement, Peter David l'écrit comme un adulte qui se re trouve dans une situation incompréhensible dont il ne peut pas sortir tout seul. La première partie du récit est donc assez prévisible : Spider-Man va se retrouver face à des amis, des membres de sa famille qui sont dans une situation anormale : par exemple Natasha Ronanoff qui est son amante. le lecteur savoure ces situations, le scénariste se montrant habile à déstabiliser Peter, en jouant sur le contraste produit avec les éléments intangibles de son histoire personnelle. Il écrit ces moments sans prétention d'un moment pénétrant et révélateur de vérités cachées ou d'analyse intellectuelle, restant dans le registre du divertissement. Puis l'ennemi est révélé : Spider-Man et Doctor Strange doivent trouver comment se sortir de leur situation. le scénariste prend un risque en s'écartant d'un combat physique traditionnel dans un récit de superhéros, pour faire quelques pas sur le territoire de la spiritualité, en cohérence avec ce mystérieux ouvrage appelé Mot de Dieu. Il parvient à trouver le point d'équilibre entre aventure au premier degré, et commentaire avec un léger métacommentaire sur la religion, la puissance de l'imagination, pour une fin prévisible (les superhéros gagnent), par une méthode moins prévisible. La première aventure du symbiote était sympathique et donnait envie de revenir pour la seconde. Celle-ci est tout aussi sympathique, avec une narration visuelle soignée, agréable à l'œil et plutôt réaliste. Peter David & Greg Land s'amusent bien en mettant en scène certains éléments associés à Spider-Man, sans exagérer, et l'histoire s'avère très divertissante au premier degré, avec des développements qui attestent de l'affection des auteurs pour le personnage, et un dénouement avec une pointe d'ambition qui relève la saveur de cette histoire. Une bonne aventure de Spider-Man.
La Faute aux Chinois
Un album un peu étrange mais pas mauvais qui mélange les genres de la chronique sociale et du polar. Tout le contexte est celui d'un ouvrier d'abattoir qui vit dans son monde d'ouvrier, avec une femme secrétaire rencontrée sur son lieu de travail, avec sa fille malingre et faible de naissance qui envenime les relations du couple, et surtout un beau-frère ultra-présent, dominateur et surprotecteur envers sa sœur, et qui en plus est cadre moyen dans le même abattoir. Une vie médiocre et sans avenir de laquelle le héros va plus ou moins s'extirper en s'associant avec le beau-frère pour devenir... un mélange entre tueur à gages, nettoyeur et tortureur... ce n'est pas clair. S'installe alors une drôle de routine faite de boulot sans âme à l'abattoir et de meurtres commandités : du travail à la chaine dans les deux cas. Quant au dessin, le style de François Ravard y rappelle celui de Davodeau, ce qui accentue encore le côté chronique sociale. C'est le côté étonnant de ce mélange qui a retenu mon attention. De même que cette relation bizarre et assez malsaine entre la femme et le beau-frère. Entre ça et la fuite en avant criminelle des deux associés, on se demande longtemps où tout cela va nous mener, avec la ferme impression que ça ne peut être que dans une impasse. Et quand vient le retournement de situation brutal vers les deux tiers de l'album, il vient de là où on ne l'attendait pas ce qui éveille à nouveau l'intérêt. Pas mal donc mais pas totalement convaincant non plus. Certains comportements des personnages sont bizarres ; on n'a du mal à comprendre leurs choix et actes. Comme celui du héros qui accepte sans trop sourciller la relation entre sa femme et son beau-frère, ou qui ne fait valoir aucun de ses droits après le retournement de situation. Et il y a aussi ce bizarre sentiment d'impunité des actes du beau-frère et de ceux avec qui il s'associe. Toute la partie criminelle du récit parait trop facile. Et puis il y a la conclusion en demi-teinte du récit, qui me laisse sur une certaine frustration, un goût d'inachevé, notamment parce que le héros ne retrouve pas une personne en particulier à qui pourtant il aurait bien des choses à dire. Bref, pas mal et plutôt original sur le fond, mais moyennement convaincant au final.
La Soutenable Légèreté de l'être
Je comprends les avis négatifs mais je suis un peu plus modéré que les autres posteurs. Sans dire que la BD est géniale, il y a eu des vrais moments où j'ai éclaté de rire dans ma lecture ! Je connais Eleonore Costes par ses interventions dans différentes séries ou vidéos sur youtube, mais j'ai découvert son nom après avoir emprunté la BD, que j'ai prise pour la référence à Kundera. Et je ne pensais pas que ce serait une BD autobiographique, mais elle a quelques atouts sympathiques. Déjà Eleonore est assez rock'n roll dans sa vie, entre ses crises d'angoisses et son enfance ... particulière diront-nous. C'est d'ailleurs ce qui a fait mon intérêt, les différentes petites scènes qui oscillent entre son enfance et le moment où elle se fait hospitaliser vers ses 30 ans. La BD aborde quelques sujets, mais ne les développe pas vraiment : la question des 30 ans, sa famille et son éducation, l'enfance qu'elle a eut, ses propres peurs et angoisses ... Dans l'ensemble, on sent qu'elle parle d'elle-même mais ne se livre pas vraiment. C'est dommage, plus de corps aurait permis de rendre la BD vraiment intéressante, en l'état je la trouve sympathique et rigolote. Le dessin est efficace avec une colorisation aux teintes bleus-jaunes, mais un détail me chiffonne beaucoup : qu'est-ce que ça clope dans tout les sens ! Pour une BD sortie en 2018, ça semble presque choquant de montrer ça comme normal et quotidien.
Eden (2024)
2,5 Décidément, j'ai un peu de difficulté avec l'œuvre de Sophie Guerrive. Pourtant, il y a des trucs qui me plaisent: un dessin naïf et un ton qui semble enfantin, mais que si on regarde bien il y a des réflexions philosophiques qui s'adresse à un public un peu plus adulte. Bref, ce que fait Lewis Trondheim un auteur que j'aime bien sauf que la sauce prend moyennement avec cette autrice. Il y a des bons moments dans le récit et de bons dialogues, mais j'ai trouvé l'histoire un peu poussive et les personnages me laissent indifférent. J'ai donc lu l'album sans ressentir beaucoup d'émotions.
Les Dossiers Kennedy
Nombreuses sont les séries s'intéressant à JFK uniquement, et surtout durant sa présidence - sans toujours chercher la petite bête et remettre en cause l'histoire dorée du bonhomme et de la dynastie. Le principal mérite de cette série est d'aller en amont. Certes, on commence avec le "patriarche", Joseph P. Kennedy (père de JFK entre autres), sans nous montrer comment il était devenu millionnaire proche de Roosevelt. Mais dès le premier tome on comprend qu'il n'a jamais été étouffé par les scrupules (il passe une bonne partie de son temps en tant qu'ambassadeur des États-Unis à Londres à s'occuper de ses intérêts financiers (trafic de whisky écossais vers les USA, spéculations à partir d'informations confidentielles qu'il obtient sur les conflits en Europe, etc.). Même s'ils présentent une importante bibliographie en fin de chaque volume, les auteurs néerlandais s'inspirent visiblement avant tout du travail d'un historien américain, Nigel Hamilton (qui signe à chaque fois un dossier final/épilogue). Je ne connais pas ce monsieur, mais il ne semble pas porter dans son coeur les Kennedy. En tout cas le portrait du patriarche est exécrable, et les enfants, issus de l'upper class, snob, vantards et arrivistes, coureurs de jupons semblent pour beaucoup être de dignes successeurs de leur père. Ce Kennedy sénior est en plus - par conviction un peu - il est franchement antisémite - et pour le bien de ses affaires un sympathisant nazi, qui milite, au côté de Lindbergh pour un rapprochement entre États-Unis et Allemagne hitlérienne (dans le dos de Roosevelt). Bref, un type et une famille repoussants selon moi. Une vision sans doute partisane, peut-être en partie biaisée, je ne sais pas. Mais crédible. On est loin ici de l'hagiographie béate des Kennedy - heureusement. La narration est un peu monotone, quelques passages ont des airs de chronologie illustrée. Le dessin de Varekamp est lisible, dans une ligne claire aux contours un peu gras (quelques influences de Jacobs, surtout dans le troisième album), je ne l'ai pas trouvé extraordinaire. les personnages historiques ne sont pas toujours hyper ressemblants, et cela manque cruellement de nuance, de détails. Note réelle 2,5/5.
Bucket List of the dead
Lecture sympathique, j'aime tout ce qui est post-apocalyptique, donc j'ai plongé dans ce manga sans hésiter. C'est original avec une bonne touche d'humour. Mais bon, je suis assez déçu dans l'ensemble... j'ai adoré les 3 premiers tomes, mais les 8 suivants m'ont moins convaincu. Je ne sais pas si je terminerai la série, peut-être dans quelques mois si elle se termine en une 20aines de tomes maximum. En fait, les 3 premiers épisodes étaient excellents, puis ça devient plus classique, suivant les mêmes codes que la plupart des shonen/seinen. On y retrouve les mêmes facilités scénaristiques, les retrouvailles sans difficultés, les dangers qui surgissent au bon moment, la structure des combats contre des groupes de méchants, et le héros qui trouve toujours les mots justes pour changer une personne. L'humour est présent, mais j'aurais aimé en voir un peu plus et plus varié. Le héros me rappelle trop Luffy de One Piece, tant par son caractère que par son visage et ses expressions. Il me fait tout de même rire et les compagnons sont assez attachants, mais j'aurais souhaité plus d'originalité dans les caractères et peut-être un peu plus de réalisme dans l'ensemble. À part ça, c'est parfois très WTF, et c'est un bon manga pour passer le temps. La hype du début s'est bien calmée au fil de ma lecture, du coup j'ai lu les tomes disponibles un peu chaque jour plutôt que d'une traite.
La Magie d'Oz - Origines
Comme elles le font avec Alice au pays des merveilles, les éditions Graph Zeppelin développent l'univers du Magicien d'Oz, en en donnant une vision très très noire, et sans doute plus "adulte" que l'original, en tout cas que les versions les plus connues (comme le film de 1939). Dans ce prequel, sous la forme d'histoires courtes, nous sont présentés les principaux protagonistes, et comment ils en sont arrivés à s'opposer aux méchantes sorcières qui terrorisent Oz. Même si ça n'est pas nécessaire, il vaut mieux connaitre un peu l'univers, et avoir lu les trois tomes de la série précédemment publiée par Graph Zeppelin (La Magie d'Oz) pour mieux situer les différents morceaux du puzzle. Une vision noire de l'oeuvre, assez violente donc. Une vision très érotisée aussi. Les femmes - sorcières avant tout - sont des bombasses à forte poitrine, peu vêtues - et alors avec des vêtements moulants, et une imagerie sexy proche parfois du SM soft (avec des bottes à talons qui ne doivent pas être pratiques pour se déplacer et combattre !). Avec cette érotisation des femmes, et une action qui prime, on est là dans du comics classique. Comme l'est le dessin, que j'ai trouvé inégal. Il faut dire que chaque épisode est dessiné et colorisé par une équipe différente. Je ne suis pas fan du travail informatique (qui prédomine). Le dessin se laisse lire à chaque fois, est dynamique et fluide, mais la plupart des dessinateur ne sont pas trop mon truc. Mais j'ai bien aimé le travail de Miguel Mendonca sur "Le lion lâche" (voir image dans la galerie). Un album qui contentera les amateurs et ceux qui ont apprécié la trilogie La Magie d'Oz, même si je suis un peu resté sur ma faim. Note réelle 2,5/5.