Les derniers avis (48979 avis)

Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Mortelle Adèle
Mortelle Adèle

Ah, Mortelle Adèle... Joli phénomène éditorial, qui pour moi a le mérite de faire découvrir l'humour noir à des enfants, ce qui n'était pas gagné ! Je trouve aussi certaines critiques un peu sévères... Oui Adèle est immorale, irrévérencieuse, voire sadique... Mais c'est de l'HUMOUR ! Pourquoi ne pas justement faire découvrir cette forme de l'humour à nos têtes blondes ? Parce qu'ils ne sont pas capables de le comprendre ou d'avoir le recul pour du second (voire 10e degré) ??? C'est justement pour moi l'occasion de les initier. Au delà de ces remarques, je trouve à titre personnel que l'humour tourne malheureusement assez rapidement en rond au fil d'albums qui se ressemblent un peu trop. Dommage, ce côté sarcastique et caustique qu'on découvre au début peine à se renouveler. Côté dessin, je trouve ça assez limité aussi ; je peux apprécier le minimalisme, mais là, on ne se foule pas trop de ce côté là... Comme le faisait remarquer quelqu'un, on tombe quand même dans une phase mercantile un peu grosse qui m'exaspère aussi... A côté de ça, je ne peux que constater le succès auprès du jeune public de cette série, et ça, c'est déjà une réussite pour les auteurs qui ont parfaitement su tirer profit de ce dernier. (2.5/5)

14/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Passeur (Lowry)
Le Passeur (Lowry)

C’est une bonne histoire dystopique, qui plaira sans aucun doute aux amateurs du genre. La mise en place du monde très froid et rigoriste instille le malaise, malaise renforcé par la quasi absence de couleurs (seules quelques lueurs bleutées apparaissent). Une société qui bride les émotions, empêche l’empathie, normalise et phagocyte toute la population, chacun n’étant considérée, utilisé qu’en fonction de sa classe d’âge et de son utilité pour le groupe. Au milieu de tout ça, Jonas, qui est choisi pour être le « passeur » de mémoire. C’est évidemment lui qui va être le grain de sable, et qui, découvrant les « souvenirs » de son formateur, va s’ouvrir à un autre univers, à d’autres émotions, tout un pan proscrit par la société. Tous ces « ailleurs » se matérialisent par des couleurs… L’histoire est intéressante, le dessin, très réaliste et classique est très « froid » : c’est raccord avec le sujet, mais il faut s’y faire. De même, la mise en place est un peu longue à mon goût, les longueurs dans la narration m’empêchant de mieux noter cet album (je ne connais pas le roman d’origine). Note réelle 3,5/5.

13/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Capital & Idéologie
Capital & Idéologie

J'ai lu cette série suite à la somme de bons avis qui lui étaient attribués. Mais les livres d'économie me donnent des boutons d'autant plus quand la thématique centrale est sur de la fiscalité. C'est le cas ici. Je n'ai pas spécialement accroché au choix de la famille de nobles super riches qui accumule les investissements à caractères moralement ignominieux dans des cadres assez clichés (Cannes, Le Touquet, Arcachon ou Paris8). Le travail de recherche et de synthèse est incontestable mais je sors de ma lecture sans être beaucoup plus avancé sur le sujet. En effet pareillement à l'avis de ThePatrick je suis dubitatif sur une grande partie des propositions de deux/trois pages proposées ou relayées par les auteurs. En effet ce que ne souligne pas assez le livre est que les outils de redistributions sont nombreux en France à n'être que très partiellement utilisés par les bénéficiaires par manque de connaissance ou autres raisons. En outre une mesure de dotation de 120000 euros pour tout adulte de 25 ans afin "d'investir dans une entreprise" me laisse sceptique sur la naïveté de l'exemple. Enfin je trouve qu'il y a bien trop d'arguments d'autorité pour me convaincre. Pas trop mon truc. 2.5

13/08/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Arthur Leclair - Projectionniste ambulant
Arthur Leclair - Projectionniste ambulant

Au travers d'un personnage fictif, les auteurs rendent hommage aux projectionnistes ambulants qui se promenaient de villages en villages durant les premières années du cinématographe. L'album est divisé en deux parties, la première montre comment Arthur Leclair est devenu projectionniste ambulant et s'est promené partout au Québec avec sa femme. Je trouvais cela intéressant au début de découvrir un métier que je ne connaissais pas, surtout que l'action se passe au départ dans la région où je vis et ça fait du bien parfois de voir les coins qu'on connait mis en BD, ça change de toujours voir Paris, New York ou Tokyo. Malheureusement, j'ai aussi trouvé qu'après un moment cela tournait un peu en ronds: le couple va dans un village, ils vont voir le curé du coin pour obtenir les autorisations nécessaires pour présenter leurs petits films et parfois pendant les projections ils se passent quelque chose. Puis vient la deuxième partie qui se passe dans les années 20. Le métier de projectionniste ambulant est en déclin parce que maintenant les gens préfèrent tout simplement aller au cinéma. Leclair s'installe à Montréal et construit un cinéma. Tout semble aller bien au début, mais il va finir par avoir des ennuis et son mariage prend l'eau. J'ai trouvé que cette deuxième partie était plus intéressante que la première. On voit une belle description du monde du cinéma québécois des années 20: les premières productions locales, les autorités religieuses qui font tout pour mettre des bâtons dans les roues à cette industrie qui a la fâcheuse habitude de fonctionner le dimanche, jour réservé au seigneur et comment toute cette industrie va connaitre des ennuis après un terrible accident qui va bien servir les détracteurs du cinéma. Le coté historique est vraiment le point fort de l'album est le lecteur européen va découvrir bien des choses sur la société québécoise des années 1890-1920. Malheureusement, ce n'est pas suffisant pour rendre le scénario passionnant. Il y aussi quelques scènes se passant des décennies plus tard lorsque Leclair va donner son vieux matériel cinématographique à sa petite-fille. J'imagine que c'est censé être émouvant, mais moi cela m'a laissé un peu indifférent.

13/08/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Moi, menteur
Moi, menteur

Dernier tome de la trilogie du moi et c'est peut-être celle qui m'a le plus plu, vu que le sujet est la politique et c'est un sujet que j'aime bien. Bon, l'album ne renouvelle pas le genre et on a droit au même type de discours que dans n'importe quelle œuvre de fiction qui dénonce le cynisme du monde politique. On retrouve les mêmes défauts des deux autres œuvres, à savoir un rythme un peu trop lent pour moi et aussi un scénario un peu trop dense. J'imagine que tout est plus facile après une relecture de la trilogie au complet, mais le problème c'est que malgré des passages intéressants, rien ne me donne envie de relire cette saga un jour. Au final, les trois albums sont de qualité égale (quoique si un sujet des trois albums vous plait plus que les deux autres, vous allez sûrement faire de celui-ci votre préféré) et je pense qu'on est fixé sur le fait qu'on veut lire les trois albums ou non en lisant le premier tome d'abord.

12/08/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Moi, fou
Moi, fou

Second volet de la trilogie du moi, trois albums qui peuvent se lire séparément même si on retrouve des personnages récurrents dans les trois tomes. Ici, les auteurs dénoncent le monde des grosses compagnies pharmaceutiques qui ne pensent qu'au profit. On parle aussi des problèmes mentaux parce que notre pauvre personnage principal va sombrer de plus en plus dans la folie au fil des pages. Le résultat est pas mal, mais j'ai les mêmes réserves que pour le premier tome. L'action est un peu trop lente et il y a aussi un peu trop de personnages. C'est un peu dur par moment de s'y retrouver dans le scénario. J'aime bien le dessin.

12/08/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Révélations
Révélations

Un crime ou un suicide au Vatican - Ce tome contient une histoire complète et indépendante de toute autre. Il comprend les 6 épisodes, initialement parus en 2005/2006, écrits par Paul Jenkins, dessinés et encrés par Humberto Ramos, avec une mise en couleurs de Leonardo Olea (avec l'aide d'Edgar Delgado et Edgar Clement pour l'épisode 3). Charlie Northern est un fumeur de 45 ans, inspecteur de police de profession, pour le compte de la préfecture de Londres. Un soir, le cardinal Marcel Leclair toque à sa porte pour requérir son aide. le Vatican a obtenu que Northern parte en mission à Rome pour aider à l'enquête sur la mort suspecte du cardinal William Richleau, retrouvé empalé sur des grilles servant de palissade autour de son immeuble d'habitation. La scène du crime (ou peut-être pire du suicide, pêché réprouvé par l'église) n'a fait l'objet d'aucune photographie, d'aucune protection pour la préserver. Rapidement, Northern est en butte à l'hostilité affichée du Cardinal Toscianni qui ne voit pas pourquoi un étranger a été appelé à la rescousse. Il va bénéficier d'une aide inattendue : celle de Lucille Pelliccia qui travaille pour un cabinet d'audit, ayant pour mission d'inspecter les comptes du Vatican. Dès que le lecteur ouvre ce volume, il constate qu'il s'agit d'un projet qui tenait à cœur de ses auteurs. La narration est dense, et écrite. La voix intérieure de Charlie Northern s'inscrit dans le registre du roman noir, montrant un personnage froid, sans être sclérosé par le cynisme. le lecteur est également frappé par la densité des images. Humberto Ramos a passé beaucoup de temps sur chaque page (pour le découpage) et sur chaque case (pour la densité d'informations visuelles). La première séquence se passe à l'extérieur du Vatican, le lecteur peut en contempler sa silhouette à l'arrière-plan. Il peut se perdre dans la représentation de la pluie qui atteste d'une grande complémentarité entre les dessins et la mise en couleurs. Par la suite, il se sent aux côtés de Northern, dans son petit appartement surchargé de livres. Les couloirs du Vatican sont représentés, avec un grand soin apporté à l'architecture, au pavage, ou au dallage en fonction des pièces. Lorsque Northern prend un café en terrasse, le lecteur peut également apprécier la justesse de la représentation des rues de Rome. Il peut aussi ressentir la fraîcheur et la tranquillité d'une cour intérieure. Ramos fait donc en sorte que ses personnages évoluent dans un environnement réaliste et authentique, sans pour autant que chaque détail devienne une obsession. Leonardo Olea a travaillé de près avec Ramos pour que les couleurs trouvent un juste milieu entre le réalisme, et l'expressionisme, renforçant l'ambiance de chaque séquence, ainsi que les états d'esprit des personnages. Pour les personnages, Humberto Ramos a choisi de les représenter avec une morphologie réaliste, tout en conservant deux exagérations propres aux mangas : des têtes légèrement plus grosses que l'exactitude anatomique, et des yeux aux dimensions également un peu exagérées. Ce parti pris graphique génère un léger décalage, avec des personnages évoquant un peu un dessin animé pour enfants. Ils n'en sont que plus expressifs, mais aussi un peu éloignés du lecteur du fait de ces exagérations. Pour une raison peu lisible, Ramos a également choisi d'inverser les couleurs des yeux des de Charlie Northern : son blanc de l'œil est noir, et son iris est blanc. A priori, ce personnage est un être humain normal, et la lecture ne permet pas de trouver un sens à cette représentation. Les dessins de Ramos permettent donc au lecteur de s'immerger dans l'environnement de cette enquête, tout en créant une légère distanciation avec les personnages, du fait de l'apparence enfantine de leur visage. Sans aller jusqu'à parler d'incohérence visuelle, il en devient difficile de prendre au sérieux le tabagisme de Northern, alors que les images montrent un visage de très jeune adolescent. Ramos et Paul Jenkins racontent donc une enquête menée par un anglais qui arrive un peu comme un chien dans un jeu de quilles, en ménageant le doute sur la réalité des phénomènes surnaturels. le lecteur peut donc choisir à sa guise si ce qu'il y a de pourri au Vatican relève plus de créatures démoniaques, ou de comportements très humains. Jenkins utilise avec parcimonie les inserts de texte permettant au lecteur d'avoir accès au flux de pensée de Charlie Northern qui expose ses doutes, mais aussi son athéisme chevillé au corps (après avoir été un vrai croyant). Les dessins de Ramos étant de nature plus explicite, le lecteur hésite vraiment entre des possessions démoniaques très littérales (et par voie de conséquence, un culte satanique au sein même du Vatican), ou des individus aux convictions étranges s'étant persuadés de l'existence de démons (par le biais de rituels eux aussi très théâtraux). Sous réserve de supporter cette dichotomie bien / mal très basique, et ce postulat peu nuancé d'une secte démoniaque au siège même de la papauté, le lecteur prend plaisir à voir Charlie Northern se débattre avec la recherche d'indices (ayant été saccagés), avec des interrogatoires menant à des impasses, et avec un jeu de chat et de la souris avec le cardinal Toscianni. Même avec des réserves, la qualité de la narration fait qu'il se laisse entraîner dans cette ambiance poisseuse, et dans ces non-dits inquiétants. Sans dévoiler le fin mot de l'histoire, Jenkins se montre plus fin que prévu, en restant cohérent avec son postulat de départ. Finalement ce récit constitue un bon divertissement, malgré ses limites. Les dessins permettent de se projeter dans chaque lieu, et de se tenir à côté des personnages. Les dialogues et les inserts de texte fournissent un point de vue adulte, avec quelques réflexions dépassant les stéréotypes propres à ce type d'enquête sur fond de complot au Vatican. La narration empêche de prendre le récit complètement au sérieux du fait de la représentation cédant au jeunisme pour les visages, et du postulat trop gros d'un culte satanique au Vatican (même si le scénario atténue ce dernier point dans son dernier mouvement).

12/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Yeux fermés
Les Yeux fermés

Si j'accorde la même note que Ro, je pourrais aussi reprendre mots pour mots son avis tant mon ressenti est identique. Le sujet abordé dans cet album est sensible, douloureux et encore tabou. Plus que l'inceste en lui-même, c'est la réaction familiale, qui a tendance à minimiser les faits et à culpabiliser la victime, qui choque brutalement. L'autrice parle en partant de sa propre expérience et ce récit déborde de sincérité. Malheureusement, tout comme Ro, le doute que la scénariste laisse planer sur l'identité du violeur incestueux m'a plus posé souci qu'autre chose. Il faut alors revenir en arrière pour comprendre qui il est par rapport à sa victime, pourquoi la famille au sens large continue de l'accueillir (ce que je n'ai personnellement pas compris, d'ailleurs) et quels liens l'unissent à ces enfants présents qui pourraient devenir de nouvelles victimes. J'aurais, je pense, préféré une représentation chronologique des faits, qui n'aurait rien enlevé à l'étude des caractères. Donner la parole aux différents membres de la famille m'aurait peut-être permis de comprendre la présence du violeur et surtout ce choix fait par les grands-parents (la grand-mère, dans le cas présent, dégage juste l'image d'une connasse détestable). Ici, c'est vraiment un récit à la première personne, et nous sommes dans la peau du personnage central. Comme elle, je n'ai pas compris la présence de son violeur. Comme elle, je me serais tiré vite fait de cette réunion d'hypocrites. Mais du coup, il me manque quelque chose, un contexte plus global, un meilleur aperçu des liens familiaux. Là, je reste juste spectateur de la souffrance de l'héroïne. Mais, malgré mes réserves, le sujet est intéressant et l'album mérite d'être lu. Je pense juste que, raconté autrement, il aurait pu être plus impactant.

12/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Libre de choisir
Libre de choisir

Je range cet album dans la même catégorie que Jo, que j'ai lu relativement récemment (j’ai longtemps confondu les couvertures – je parle de la première édition de « Jo »), et comme pour « Jo », j’ai longtemps eu des réticences à lire cet album, facilement trouvable, mais que je craignais être une bluette didactique produite en grand nombre pour les CDI. Alors, certes, il y a quelques aspects un peu édifiants, mais en fait pas trop, et le récit de Richelle ne tombe pas dans le manichéisme. Seul le retournement en dernière page m’a semblé inutile et une fausse note. Il faut dire que la préface de Gisèle Halimi est rassurante quant au sérieux de l’entreprise. Et le sujet est encore hélas d’actualité, puisque certaines cherchent encore à limiter pour les femmes le droit à l’avortement. Le fait que ce droit ait été récemment inclus dans la Constitution n’empêche pas d’autres limites (médecins opposés, manque de moyens et d’infrastructures proches, campagnes de médias d’extrême droite de Bolloré, etc.). Il n’est donc jamais inutile d’en remettre une couche pour ce droit fondamental. Richelle et Wachs ont bien su retranscrire le début des années 1970 (fringues, goûts musicaux de la jeunesse) et la lecture est globalement agréable – même si ça n’est pas le genre d’album sur lequel je reviendrai.

12/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Dernier Livre
Le Dernier Livre

Une première partie pour nous expliquer la situation dans laquelle se retrouve l’humanité suite à la crise sanitaire liée au Covid-19. Nous sommes de fait dans une uchronie qui surfe sur notre peur de voir émerger un état totalitaire profitant d’un phénomène externe pour priver la population de son libre-arbitre (un libre-arbitre personnifié ici par l’accès à la lecture). Directement, on pense à 1984 ou, mieux encore, à Farenheit 451. Une deuxième partie qui nous explique l’importance de la lecture et l’histoire de l’écriture et de la lecture au fil des siècles… et qui ne fait jamais que prêcher auprès de convaincus (les lecteurs que nous sommes ne peuvent qu’approuver les propos des auteurs). Une intrigue assez légère et prévisible pour lier le tout et une fin optimiste qui mise sur les générations futures et leur soif de savoir, de partage, de fraternité, d’entraide dans un monde où tout ne serait plus qu’harmonie et respect. L’ensemble se laisse lire. La narration est fluide, le dessin est très mainstream, la pagination n’est pas trop importante. C’est facile d’accès, peu marquant et si, lecteurs que je suis, je ne peux que partager cet amour des livres décrit dans ce récit, je n’en ai pas ressorti grand-chose d’autre. Entre le bof et le pas mal pour ma part.

12/08/2024 (modifier)