Les derniers avis (48978 avis)

Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Stanley
Stanley

Mon avis est assez proche de celui de Josq. Ayant lu dans ma jeunesse les séries les plus connues d'Hubinon, souvent accompagné de Jean-Michel Charlier, je me réjouissais de pouvoir encore admirer son trait réaliste et son sens de la mise en scène dans ce diptyque paru assez tôt dans sa carrière. même si Buck Danny existait déjà depuis six ans. Ici encore ses qualités font merveille, et permettent de passer visuellement un bon moment, car au niveau de la narration c'est en effet plus compliqué. Comme l'a indiqué Josq, Octave Joly a dû (ou voulu ?) intégrer dans un seul tome les trente premières années de John Rowland, devenu Stanley après qu'un gentilhomme l'ait pris sous son aile puis adopté. Par conséquent on se retrouve avec des séquences d'une ou plusieurs années expédiées en quelques pages, pour ne pas dire une seule parfois. Quid par exemple de la période entre l'échouage du jeune John sur les côtes espagnoles et son arrivée à la ville qui s'appelait alors encore Constantinople, dans l'empire ottoman ? On voit qu'il est arrivé beaucoup de choses au jeune homme, qui a dû jouer des poings plus souvent qu'à son tour, mais en effet la guerre de Sécession, un premier séjour en Afrique, diverses péripéties aux Etats-Unis puis en Europe sont gérés au pas de course, laissant peu de répit au lecteur. Le second tome nettement mieux, le scénariste prenant tout son temps pour raconter le voyage qui a rendu célèbre le journaliste, à la recherche d'un explorateur qui n'avait plus donné de nouvelles depuis longtemps. On comprend ainsi bien des choses sur la géopolitique de l'époque, grâce notamment à des notes de bas de pages ou des cases pédagogiques. Bref, c'est un diptyque loin d'être désagréable, mais surtout un peu bancal, déséquilibré en termes de rythme entre ses deux volets.

15/08/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Une Education orientale
Une Education orientale

C'est toujours un plaisir de lire sur la jeunesse d'un auteur qui a eu une vie pas comme les autres comme c'est le cas avec Charles Berberian qui a vécu un temps au Liban avec des parents aux origines ethnique multiples. C'est juste dommage que l'album soit trop décousu. On fait des allers-retours entre le présent, la jeunesse et les quelques fois qu'il est revenu au Liban. Le dessin aussi va dans tous les sens: il y a de la BD 'normale', les croquis qu'il a faits durant sa jeunesse et même une pleine page de photos. Ça fait vraiment fourre-tout, on dirait presque l'album a été produit au hasard des idées que l'auteur a eu durant sa réalisation. Cela reste tout de même une lecture sympathique et j'ai surtout aimé lorsque l'auteur racontait sa jeunesse et j'avoue que je ne me suis jamais rendu compte que son frère était le réalisateur Alain Berberian. J'aurais toutefois préféré une autobiographie dans le même genre qu'à fait Riad Sattouf et non un truc qui part dans tous les sens.

15/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Aventures de Betsy
Les Aventures de Betsy

Je ne suis pas spécialement accroc aux voitures mais je suis souvent séduit par les histoires qui remettent à l'honneur les belles carrosseries. Olivier Morin profite de la collection calandre pour produire une sorte de spin off de la série des enquêtes de Margot. Ici c'est Elisabeth (Betsy) qui mène les enquêtes depuis le garage de son père où elle apprend le métier. Les scenarii de Morin sont très linéaires sans surprise et sans prise de tête. C'est du divertissement accessible à tous (10ans) dans une ambiance Tintin très marquée. Cela se lit très vite et les amoureux de vieux modèles de voitures ou de camions se régalent. C'est assez amusant de retrouver ces Dauphine, 2CV, Aronde, Panhard ou jaguar type E (entre autres) que personne ne voudrait plus conduire mais qui avaient du look. J'ai été surpris de retrouver Jérôme Phalippou au graphisme. En effet, la précédente série que j'ai lu de lui, Les Pieds sur Terre, était 100% écolo à base de randonnées dans les Alpes. C'est donc amusant de le voir travailler "pour l'ennemi écologique". Surtout que j'aime toujours autant son trait rond, dynamique qui dégage beaucoup de chaleur. Ses extérieurs sont très bien travaillés et ses carrosseries mécaniques ou humaines sont très attirantes. En effet Phalippou reprend ce côté gentiment coquin et sexy pour son héroïne souvent légèrement vêtue. C'est plus coquin que voyeur. Pour un ancien qui était fier de démarrer la minuscule 4CV de sa grand-mère à la manivelle quand il gelait à pierre fendre, c'est la série nostalgie parfaite.

15/08/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 3/5
Couverture de la série Le Grand Méchant Renard
Le Grand Méchant Renard

Belle surprise, ça faisait un moment que j'avais envie de lire cette BD ! J'ai bien ris et ça c'est chouette ! Je rejoins Bamiléké sur la longueur du récit, quand j'ai eu cette impression il restait encore une 60aines de pages.. l'effet de surprise lié à l'originalité de l'histoire s'était déjà quelque peu dissipé et même si tous les gags ne sont pas prévisibles (je les ai d'ailleurs trouvés un peu moins drôles dans cette dernière partie) on devine assez bien comment cela va se terminer, et surtout le cheminement qui nous y amène, ce qui donne cette impression de longueur, du moins pour ma part. La couverture et le dessin étaient l'une des raisons pour lesquelles j'avais mis autant de temps avant d'emprunter cette BD. Le style un peu minimaliste des planches et des cases me semblait trop orienté jeunesse. Mais au final, c'est un style comme un autre que j'ai fini par apprécier. Comme on dit, l'habit ne fait pas le moine et j'ai été agréablement surpris. Enfin, ayant lu Voyage de malade juste avant, j'ai d'autant plus apprécié l'histoire et le personnage du loup, dont je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer qu'il s'agissait du même loup, mais dans un passé un peu plus aigri et méchant :) Une chouette lecture que je recommande pour sa simplicité et son humour. Note réelle: 3.5

15/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Une saison à l'ONU
Une saison à l'ONU

Cette série est l'occasion de jeter un coup d'œil dans les entrailles du "machin" New-Yorkais. Si l'intention est bonne la réalisation m'a laissé un peu sur ma faim. Il faut dire que Karim Lebhour en tant que journaliste RFI se devait d'équilibrer son récit entre une description de l'organisation et du fonctionnement pas trop pesante et rébarbative, une partie diplomatique assez consensuelle et des anecdotes pas trop méchantes. Le but n'était pas de démolir une organisation déjà assez critiquée comme cela et de mettre en valeur la nécessité de son existence. C'est plutôt bien réalisé même si cela aboutit à un récit un peu mou sans grande tension. La construction n'est ni thématique ni très chronologique. L'événement fil rouge de la période est la guerre en Syrie observée de loin. Il manque un peu d'humour à la Nicolas Wild pour que j'accroche vraiment à la narration. Le graphisme de Aude Massot donne un bon rythme et permet une lecture attrayante. Elle respecte les codes d'un style doc journalistique qui travaille surtout sur le factuel. Une lecture rapide et sympa pour rentrer un peu dans les coulisses de l'organisation.

14/08/2024 (modifier)
Couverture de la série De l'autre côté (Prudon)
De l'autre côté (Prudon)

Il est intéressant de suivre cet homme, qui fuit la Tunisie – en proie au « printemps arabe – mais surtout la misère, porté, comme beaucoup d’autres, par ses rêves d’Europe, à portée de la main, là où tout serait possible. Nous le suivons donc dans son périple, sa recherche de passeur, son arrivée – et ses premières désillusions – sur l’île italienne de Lampedusa, puis, après quelques courtes étapes, son embauche en France où exploité et sous-payé car clandestin, il décharge des palettes dans un supermarché. Un sujet intéressant, avec un dessin qui use d’un Noir et Blanc gras et tranché que j’ai bien aimé. Mais je suis quand même resté sur ma faim. En effet, cela manque de consistance, j’ai eu l’impression de lire un résumé – et la fin est aussi un peu abrupte. J’aurais bien voulu voir cette histoire – qui s’inspire bien évidemment de nombreux faits réels – être davantage développée. Note réelle 2,5/5.

14/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Un sombre manteau
Un sombre manteau

Ce récit s’articule autour de plusieurs thématiques : l’une historique, une deuxième de type suspense policier, et une troisième d’ordre plus fantastique. Et si j’ai beaucoup aimé la première (qui m’a fait découvrir la vie des trémentinaires, des femmes originaires des Pyrénées catalanes qui, au cours du XIXème siècle, cueillaient des herbes pour en faire des remèdes qu'elles vendaient dans des villages sillonnant la région à pied), si l’aspect suspense policier, quoique très classique, m’a encore plu, la dimension fantastique, elle m’a laissé très dubitatif. Au niveau du dessin, je suis également partagé. J’aime bien la lisibilité du trait de Jaime Martin mais je trouve son encrage trop épais. Ca fait un peu mastoc, ça manque de finesse à mes yeux. Les décors y perdent en nuances, en détails, et dans le cas présent, avec ce sujet et cet ancrage très régionaux, je pense que j’aurais préféré un dessin plus naturaliste, plus dans la ligné d’un Servais en somme. Le positif à mes yeux réside vraiment dans la reconstitution historique, dans le cadre de ce récit. Ce petit village catalan avec ses commérages, ses jalousies, ses secrets de famille, ses mesquineries, c’est vraiment le genre d’univers dont je suis friand. L’arrivée d’une inconnue couplée à celle d’une épidémie est un excellent moteur pour révéler le côté sombre de différents protagonistes. Enfin, le personnage de Mara, avec son profil si similaire de ceux des rebouteuses ardennaises, est très touchant. Le mystère qui entoure l'inconnue que recueille Mara est de deux ordres. D’une part, nous aimerions savoir d’où elle vient et ce qui l’a poussée à se réfugier ainsi dans la montagne. D’autre part, on se demande directement ce que personnifie ce loup qui l’accompagne au début du récit. Symbolise-t-il sa folie ou s’agit-il d’autre chose ? Et de ce point de vue, j’ai finalement trouvé le récit peu clair. Je pense vraiment que j’aurais plus apprécié celui-ci sans sa dimension fantastique, que je trouve inutile et assez nébuleuse. Au final, je ne peux pas dire que j'ai été totalement conquis mais rien que pour son cadre et son ambiance de village reculé, je ne regrette pas ma lecture. Pas mal, pour ma part mais je suis content de l'avoir emprunté plutôt qu'acheté car ce n'est pas un récit que j'aimerais rapidement relire.

14/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Mujirushi ou Le Signe des rêves
Mujirushi ou Le Signe des rêves

Cette histoire est étrange, et assez originale parmi les nombreuses œuvres de commande avec Le Louvre. Ces remarques sont valables à plusieurs titres. D’abord par le côté franchement loufoque de certains passages. Ensuite et surtout parce que finalement l’auteur (que je découvre ici) traite son sujet par la bande, et ne s’embête pas à accumuler des références artistiques, à nous placer plus ou moins intelligemment sa culture ou le maximum de tableaux. Au contraire, à part un Vermeer et une sculpture égyptienne, on ne voit presque rien du Louvre – si ce n’est quelques couloirs et la pyramide. Et une bonne partie de l’intrigue se déroule au Japon (où réside le personnage le plus original – et saoulant !). L’histoire se laisse lire, malgré – ou à cause de – ses passages loufoques, même si la façon de parler très maniérée d’un personnage (semble-t-il inspiré d'un personnage farfelu très connu dans la culture populaire japonaise) m’a un peu lassé à force, avec ses « sans façon »… La partie vaguement polar est accessoire, quelques clins d’œil (le commissaire Juve par exemple) aussi, mais globalement ça n’est pas désagréable. Le dessin de Urasawa est fluide et dynamique. Je n’ai juste pas compris pourquoi seules quelques pages étaient colorisées (quelques débuts de chapitre – colorisation agréable – et pas le reste ? A découvrir à l’occasion, c’est un album qui détonne un peu dans cette collection en partenariat avec Le Louvre.

14/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Pénis de table
Pénis de table

Le sujet m’a un peu fait penser aux « recherches sur la sexualité » menées par le groupe surréaliste en 1928 – même si l’époque est différente. Ce sont donc là aussi des hommes, qui se livrent et répondent à une série de questions, de façon très libérée, en essayant de faire valdinguer les tabous autour de la sexualité masculine. Pour le lecteur (masculin majoritairement je pense, mais pas forcément), il ne s’agit pas de se comparer, de se situer par rapport aux hommes qui témoignent ici, mais plutôt de voir que beaucoup de questions qu’ils se posent sont légitimes – et n’ont d’ailleurs pas une seule réponse. Je ne sais pas si le medium BD apporte quelque chose par rapport à un bouquin « sérieux ». Peut-être un peu de déconne, de dédramatisation, avec quelques dialogues amusants. Le dessin est agréable, et fait oublier le côté statique de l’ensemble – même si les « décors » changent. Une lecture sympathique et instructive, en tout cas qui est un bon lanceur de discussions. Note réelle 3,5/5.

14/08/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Mortelle Adèle
Mortelle Adèle

Ah, Mortelle Adèle... Joli phénomène éditorial, qui pour moi a le mérite de faire découvrir l'humour noir à des enfants, ce qui n'était pas gagné ! Je trouve aussi certaines critiques un peu sévères... Oui Adèle est immorale, irrévérencieuse, voire sadique... Mais c'est de l'HUMOUR ! Pourquoi ne pas justement faire découvrir cette forme de l'humour à nos têtes blondes ? Parce qu'ils ne sont pas capables de le comprendre ou d'avoir le recul pour du second (voire 10e degré) ??? C'est justement pour moi l'occasion de les initier. Au delà de ces remarques, je trouve à titre personnel que l'humour tourne malheureusement assez rapidement en rond au fil d'albums qui se ressemblent un peu trop. Dommage, ce côté sarcastique et caustique qu'on découvre au début peine à se renouveler. Côté dessin, je trouve ça assez limité aussi ; je peux apprécier le minimalisme, mais là, on ne se foule pas trop de ce côté là... Comme le faisait remarquer quelqu'un, on tombe quand même dans une phase mercantile un peu grosse qui m'exaspère aussi... A côté de ça, je ne peux que constater le succès auprès du jeune public de cette série, et ça, c'est déjà une réussite pour les auteurs qui ont parfaitement su tirer profit de ce dernier. (2.5/5)

14/08/2024 (modifier)