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Couverture de la série A Short Story
A Short Story

Comme la majorité je suppose, je ne connais du « Dahlia noir » que « l’après », c’est-à-dire toute l’enquête policière menée – en grande partie en vain – après l’horrible découverte du corps démembré d’Élisabeth Short. Et je connais surtout cette affaire par l’entremise du roman d’Ellroy, qui y a imprimé ses obsessions et son style inimitable. Les auteurs eux, ont pris le parti de ne traiter que « l’avant », c’est-à-dire toute la période qui va jusqu’au meurtre et la découverte du cadavre. Et pour cela ils se sont solidement documentés. Une documentation que l’on voit dans les parties BD, mais aussi dans les pages qui présentent régulièrement documents d’époque, témoignages, pistes potentielles, hypothèses, etc. L’autre point fort de l’album est bien sûr le remarquable travail éditorial du Label 619 – une nouvelle fois ! – avec un papier très épais, et une belle mise en image, dans un grand format très aéré. Mais, malgré ces qualités indéniables, je reste sur ma faim et sur mes trois étoiles. D’abord parce que, comme je l’ai dit plus haut, j’ai été marqué par ma lecture d’Ellroy, et cela a sans doute desservi cet album à mes yeux. D’une part parce que l’enquête « post-mortem » s’est révélé plus palpitante que ce récit d’une vie certes menée à toute allure, mais miss Short n’est qu’un de ces papillons qui se sont brûlé les ailes sur les néons d’Hollywood, et sa naïveté, son inconséquence parfois, lassent un peu. Ensuite comme elle multiplie les amants, les « changements de direction », et qu’elle se révèle quelque peu mythomane, elle est un peu dur à suivre ! Et j’ai aussi préféré le style d’Ellroy, enlevé et glauque, mais c’est affaire de goûts. Ensuite, si le dessin de Maudoux est joli et intéressant, je trouve le rendu un peu bizarre, « artificiel ». Bon, ça reste quelque chose d’agréable à lire. Mais j’attendais mieux, ou plutôt autre chose. Ellroy a peut-être gâché ma lecture !?

12/08/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Écuyère
Écuyère

Très sympathique cette lecture, elle est clairement à destination des plus jeunes mais je trouve qu'en tant qu'adulte elle n'est pas en reste. C'est fluide et plaisant à lire, même si les ficelles un peu grosses dans certaines scènes du scénario ne me la rendent pas indispensable. Dans une partie de l'Orient imaginaire, nous suivons la jeune Aiza qui rêve de devenir écuyère, intégrant l'armée pour devenir une héroïne dont elle rêve. Le ton est assez classique pour ce genre de récit : opposition à une famille qui souhaiterai la voir rester (même si cette opposition n'est pas vraiment un moteur du récit), puis découverte d'un nouveau monde, amitié, apprentissage de la rude réalité de la vie, etc ... Mais en même temps, il y a cette volonté de la part de l'auteur de s'ancrer dans une tradition Orientale, inspirée de la Turquie, la Syrie et les pays avoisinant. J'ai beaucoup aimé sa digression sur la fantasy en postface où elle s'identifiait, en tant que personne du Moyen-Orient, aux Orcs, ces barbares lointains aux coutumes étranges. Le récit est donc inspiré de la fantasy, mais reste dans un certain réalisme. Je regrette juste que celui-ci tourne un peu facilement dans son dernier acte vers un affrontement envers une seule personne, qui n'avait jamais été clairement désignée comme méchante et qui aurait méritée un traitement plus fin. C'est dommage, puisque le reste avait des vraies réflexions intéressante sur l'armée en tant que possibilité émancipatrice (ce qu'elle est souvent dans des pays en voie de développement) mais aussi et toujours, une armée qui combat. La dualité est bien retranscrite, d'autant que ce qu'il se passe dans le récit me parait crédible. Le dessin est bon, avec une influence à la croisée de plusieurs chemins (comics américain et manga notamment), mais avec une jolie touche dans les couleurs. On sent qu'elle s'est inspirée de plusieurs images réelles et de la couleur locale pour faire ressortir les pages. En tout cas l'effet est très réussi ! Bref, c'est une histoire intéressante avec la place de l'armée, les considérations sur le racisme, mais aussi une lutte interne des protagonistes. Je trouve personnellement que la fin est trop rapide, qu'il y aurait eu matière à développer et étoffer tout ça. D'ailleurs si une suite est envisagée, je suis partisan ! En l'état, la fin fait trop facile et je ne suis pas sur que l'excuse du public suffise.

12/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Sans Pardon
Sans Pardon

Je comprends la côte basse de cet album, il est très loin d’être sans défauts. Pour autant, j’ai trouvé ma lecture pas mal et si ce n’est pas un immanquable dans la carrière du maître, ça reste un emprunt honnête. Niveau dessins, bah c’est du Hermann mais ce n’est pas l’album qui m’a le plus ébloui de sa part. Le dessinateur renoue avec le western et plus particulièrement avec le Wyoming, un état déjà exploré avec Greg dans Comanche (une série que je relie d’ailleurs tout doucement en ce moment). Forcément la comparaison ne joue pas en faveur de Sans pardon mais j’ai aimé le parallèle et le traitement différent proposé. Le récit de Yves H se veut moins fantasmé et plus véridique sur la topo et le climat de cette région. Il place son action une dizaine d’années avant celle de Comanche. On découvre alors un état sauvage où la modernité et la justice sont encore absentes. De ce postulat, il déroule une histoire simple (trop ?) mais efficace. Il n’y aura pas de héros, les protagonistes sont tous habités par la violence. Malheureusement il y a pas mal de maladresses qui plombent un peu l’ensemble. J’ai des trucs à redire mais j’ai quand même apprécié le côté noir et la fin, il ne faut pas s’attendre à un espoir quelconque.

12/08/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 3/5
Couverture de la série Un avion sans elle
Un avion sans elle

J'avais repéré cette BD dans ma médiathèque depuis un moment mais j'hésitais à l'emprunter. En la feuilletant, j'avais l'impression qu'il ne s'y passait pas grand-chose, juste beaucoup de blabla. Enfin bon, la couverture me faisait de l'oeil et je me suis finalement décidé après avoir appris qu'il s'agissait d'une adaptation d'un roman. C'est un bon thriller. Même si je n'ai pas été totalement emballé, l'intrigue originale a su me captiver tout du long. J'ai quand même ressenti quelques longueurs par moments, surtout après avoir pressenti une partie importante de l'intrigue. Malgré ça, le doute persiste et l'auteur arrive plutôt bien à nous perdre et à accentuer ce doute, qui donne encore plus envie de découvrir la véritable identité de la fille. Fille dont je regrette de ne pas avoir vu davantage dans le récit, elle m'intéressait bien plus que le jeune. L'enquête menée par lui ne m'a pas déplu, mais je l'ai trouvée un peu plate. Heureusement qu'il y avait la jeune soeur détraquée pour apporter un peu de piquant à l'enquête. Le style de dessin ne m'a pas trop séduit : j'ai trouvé les visages vraiment laids ^^', et les décors trop rectilignes, trop "parfaits" dans le détail des perspectives linéaires. J'ai davantage apprécié la colorisation, qui crée une atmosphère particulière donnant l'impression de lire l'enquête, "le roman", dans une pièce éclairée par une lumière chaude. C'est plutôt bien pensé en réalité, car la narration du journal de Grand-Duc, qui accompagne notre lecture, à été écrite chez lui dans sa petite bibliothèque, illuminée justement par une cheminée, ce qui donne le ton à toute la BD. C'est d’ailleurs la première scène de la BD. En bref, un bon thriller d'environ 200 pages dont je ne regrette pas l'emprunt.

12/08/2024 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
Couverture de la série Mega
Mega

Cette bande dessinée, qui au premier abord, s’apparenterait à de la grosse artillerie, dissimule contre toute attente quelques charmes insoupçonnés, qui vont se révéler au fil de la lecture. Si la narration respire le déjà vu, elle joue à bon escient sur les contrastes, comme la couverture pourrait assez bien le résumer, laquelle montre une fillette se dressant contre un monstre gigantesque au milieu de gratte-ciel. Et en effet, « Mega » n’est pas juste un prétexte pour montrer des scènes de combat spectaculaires entre deux créatures géantes, avec rien autour… Assez habilement, Salvador Sanz fait référence non seulement à Godzilla — le mythique blockbuster japonais auquel on pense immédiatement —, mais a puisé son inspiration dans les légendes anciennes ou plus contemporaines, alimentées par les croyances populaires (notamment avec le Chupacabra, équivalent sud-américain de la bête du Gevaudan qui sucerait le sang des animaux de ferme), ainsi que dans la littérature ou le cinéma fantastique, de Lovecraft à « Alien » en passant par « La Guerre des mondes » de H.G. Wells. Une approche très pop-culture qui, par l’entremise de la fillette Tina, nous ramène aussi vers le monde de l’enfance et des rêves. Et de ce point de vue, c’est plutôt réussi et assez prenant. Quant au dessin de cet auteur « multitâches », force est de constater qu’il dégage pas mal de puissance dans la représentation très détaillée des monstres. Ces derniers, sortes de dragons métalliques dépourvus d’yeux, ont un aspect à la fois terrifiant et intrigant, forcément extra-terrestres. Cela donne lieu à des scènes de « catch » très spectaculaires au milieu des tours en flammes de Montevideo, et pour plus de vraisemblance, retransmises en boucle sur la chaîne d’info locale. Mais ce « vacarme graphique », que d’aucuns pourraient très bien ne pas apprécier, est contrebalancé par la magie et la douceur des scènes oniriques où la fillette dialogue avec son « papi », nous faisant pénétrer dans le domaine merveilleux du conte. Salvador Sanz est un auteur argentin célébré et bénéficiant d’une certaine notoriété chez lui ainsi que dans les pays latinos. Ce touche à tout, qui travaille aussi dans l’illustration et réalise des courts métrages d’animation, a même eu les honneurs du Comic-con de San Diego aux USA, mais reste encore assez méconnu sous nos contrées. Dans le monde francophone, « Méga » est sa deuxième bande dessinée, et cette seconde mise en lumière est permise par l’éditeur français iLatina, spécialisé dans la BD sud-américaine. Ce premier tome d’une trilogie en cours est suffisamment bien mené, avec son lot d’images prodigieuses et féériques, pour nous donner envie de découvrir la suite, qui nous dira si la petite Tina sera de taille pour anéantir la titanesque Salamandre et le vicieux Chupacabra…

12/08/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 3/5
Couverture de la série Lodger
Lodger

Je ne suis pas sûr d'avoir bien saisi la fin. Bien que la narration soit originale, elle m'a plutôt ennuyé par moment. C'est probablement un très bon thriller sombre, mais ça n'a pas vraiment matché avec moi. Enfin je reconnais tout de même que l'histoire m'a tenu en haleine tout au long de ma lecture, mais ça ne m’a pas convaincu au point de lui attribuer une meilleure note. De plus, je ne suis pas particulièrement fan de ce style de dessin : le noir et blanc est superbe avec un beau travail d'encrage et une bonne compréhension des scènes, mais les traits des personnages et des décors ne m'attirent pas vraiment. Une 2nd lecture pourrait être envisageable pour essayer de mieux comprendre et apprécier davantage cette histoire.

11/08/2024 (modifier)
Couverture de la série La Rose écarlate - Missions
La Rose écarlate - Missions

Cette série profite du succès commercial de la série mère pour proposer un complément. Je ne suis vraiment pas le lecteur cible mais je trouve que les épisodes que j'ai lus n'apportent pas trop à la série mère. L'autrice en profite pour proposer des histoires en deux volumes où on retrouve nos deux héros à la mode Zorro. Il y a en plus des chicaneries d'amoureux et un zest de fantastique. Le côté roman rose avec une touche de féminisme plaira probablement à un public plutôt féminin et assez jeune (8/10 ans). Le vocabulaire reste agréable et le graphisme cédé à Jenny et Mister Choco Man correspond à la série mère en moins dynamique dans les combats à mon avis. Le style manga est plus prononcé sur un fond de dessin d'animation. C'est propre et bien maîtrisé mais bien trop standardisé à mes yeux. Une lecture assez lisse pour passer le temps assez agréablement quand on est enfant. 2.5

11/08/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Caliban
Caliban

Hommage à HR Giger et à Alien - Ce tome regroupe les 6 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2014, écrits par Garth Ennis, dessinés par Facundo Percio, encrés par Sebastian Cabrol, et mis en couleurs par Hernan Cabrera. Il s'agit d'une histoire complète et indépendante de toute autre. Quelque part au fin de fond de l'espace, l'équipage du vaisseau minier Caliban se déplace dans l'hyperespace. En plein pendant ce saut, il heurte un autre vaisseau de taille gigantesque et d'origine extraterrestre. du fait des propriétés particulières à l'hyperespace, ils sont fusionnés entre eux, au niveau moléculaire. Il n'y a d'autre choix que de revenir dans l'espace normal et d'évaluer les dégâts. Au poste de pilotage, les survivants font le point et analysent leurs possibilités d'action. Il faut déterminer l'ampleur des dommages, savoir où est le reste de l'équipage dans cet enchevêtrement entre les 2 vaisseaux, chercher les éventuelles fuites d'oxygène, et réfléchir à une exploration de l'autre vaisseau. En exergue, Garth Ennis a inclus une dédicace à Hans Ruedi Giger, le créateur d'Alien et d'autres bestioles, toutes aussi angoissantes (voir HR Giger ARh+). le lecteur sait donc avant de commencer le récit qu'il s'agit d'une variation sur le film Alien (1979). En affichant clairement la nature de cet hommage, Ennis neutralise une partie du suspense, et crée une attente chez le lecteur pour une partie de cache-cache mortel et peut-être horrifique. C'est à la fois très honnête de sa part, et un peu risqué. Ce genre de récit d'épouvante lié à la présence d'une créature hostile (rodant dans les parages et prête à attaquer n'importe qui au dépourvu) nécessite un bon sens du rythme et du dosage au cinéma pour que le spectateur reste sur ses gardes, alors même qu'il s'attend à être pris au dépourvu. C'est encore plus compliqué à mettre en œuvre dans une bande dessinée, dans la mesure où c'est le lecteur qui contrôle le rythme de sa lecture. Le récit commence bien, avec un personnage principal (Nomi, technicienne spécialisée en communication) qui tient un journal intime permettant au lecteur de découvrir la mission du vaisseau, quelques membres de l'équipage, ainsi que quelques particularités de cet environnement de science-fiction. L'accident de la route en hyperespace est assez original, et le résultat est convaincant. Ennis s'attache à clarifier quelques éléments pragmatiques, telle que la fuite d'oxygène, ou encore la difficulté pour l'équipage de se faire une idée de la masse et de la forme de ce qu'ils ont percuté. Il évoque également le processus délicat pour que les ordinateurs de chaque vaisseau réussissent à établir une forme d'échange de données, avec l'apprentissage délicat de reconnaissance et d'établissement de protocoles. Ennis montre que l'équipage éprouve quelques difficultés à prendre une décision sur la conduite à tenir, leur commandement direct étant hors d'état. Il accroche son récit sur 2 personnages principaux féminins (Nomi, et Sanchita Mali). Il se trouve que cet accident correspond au premier contact entre l'humanité et une race extraterrestre, particularité qu'Ennis développe et exploite avec délicatesse lorsque les membres de l'équipage en prennent conscience. Il prend également le temps de montrer un aspect de la culture de cette race extraterrestre, d'expliquer pourquoi elle parcourt le cosmos, etc. Par contre il ne réussit pas à innover sur le schéma classique des membres de l'équipage se faisant exterminer à tour de rôle par le monstre. Ce dernier dispose de capacités exceptionnelles, expliquées dans le récit. Nomi et Sanchita finissent par être placée devant un dilemme moral très classique dans ce genre de récit. Facundo Percio avait déjà illustré des récits publiés par Avatar : Anna Mercury - The cutter de Warren Ellis, et Fashion beast d'Alan Moore. le premier épisode est immersif à souhait. Malgré leur tenue réglementaire, les personnages sont facilement identifiables, et dotés de morphologie normale. Les coursives du vaisseau présentent une largeur normale, l'espace étant compté à bord. La technologie du vaisseau en arrière-plan comporte des voyants et des tubes, évoquant des appareillages complexes de manière discrète, sans être passe-partout. Les mises en scène sont adaptées à chaque séquence, et font bien ressortir l'horreur des situations (perte des individus en sommeil artificiel, enchevêtrement des 2 vaisseaux). L'encrage est net et précis. Cette bonne impression s'atténue un peu dans les épisodes suivants. Pour commencer le lecteur observe que Percio utilise les mêmes arrière-plans à répétition, de plus en plus génériques, quand ils ne disparaissent pas plusieurs cases durant. En fait il n'a conçu l'intérieur des 2 vaisseaux que de manière superficielle, sans apporter de réflexion à la technologie, ou à la logique de la conception technique. Sans grande surprise, les extraterrestres de l'autre vaisseau sont anthropomorphes, certes pas tout à fait de la même taille qu'un être humain. Dans le détail, la taille de la combinaison spatiale que revêt l'un des membres de l'équipage laisse à désirer, car le lecteur constate que les bras du personnage sont trop courts pour arriver jusqu'aux mains de la combinaison. Dans un même ordre d'idée, les expressions des visages manquent de finesse dans la deuxième moitié du récit. Cependant, Percio continue à représenter les individus avec un langage corporel normal et réaliste. En fonction des événements, il réussit à représenter de manière cohérente des éléments qui augmentent le niveau d'exigence en suspension consentie d'incrédulité (par exemple la capacité du monstre à modifier le corps humain, pour le rendre plus fort). Ces modifications donnent lieu à quelques cases de nature horrifiques qui fonctionnent bien sur un plan visuel. Avec cette histoire, Garth Ennis et Facundo Percio réalisent un récit de genre aux conventions bien établies : la survie d'un équipage dans l'espace, face à un extraterrestre impitoyable. Leur récit de genre ne réussit pas à bien adapter les techniques de l'écriture cinématographique, pour les transposer à celles de l'écriture d'une bande dessinée. Sans être fade, sur ce point, le récit est plutôt convenu. Le récit se révèle moins convenu et plus intéressant quand Ennis s'intéresse aux personnages et à leurs interactions. L'histoire d'amour n'a rien de conventionnelle et est touchante. Les motivations des deux personnages principaux pour voyager dans l'espace sont convaincantes. Ennis transcrit avec habilité la fragilité de l'être humain dans cet environnement inhospitalier qu'est l'espace. Il titille avec adresse la sensibilité de l'amateur de science-fiction, avec les implications de cette première rencontre entre humains et extraterrestres, mais sans les creuser vraiment.

11/08/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 3/5
Couverture de la série Punch ! Saison 1
Punch ! Saison 1

C'est mignon, j'ai lu l'intégrale et les 4 histoires sont agréables à lire, avec une petite préférence pour la 2eme et la 3eme. Les histoires tournent autour du thème de la nature, mais abordent surtout la question de la différence et ses implications dans diverses sphères sociales. Les récits sont très simples, se lisent rapidement (environ 40 pages), et plairont bien plus aux jeunes qu'aux adultes. La 1ere histoire dégage une forme de poésie que j'ai particulièrement apprécié pour son ton, la 2eme m'a beaucoup plu pour la leçon de vie qu'elle peut apporter à un jeune lecteur, la 3eme pour son aspect SF, et enfin la 4eme, que j'ai un peu moins aimé, mais qui a son charme et offre également une petite leçon de vie intéressante. En bref, c'est une BD sympathique, parfaite pour la jeunesse, qui inculque de belles valeurs.

11/08/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Nemesis (Millar)
Nemesis (Millar)

Supercriminel supersadique - À Tokyo, un homme dans un costume tout blanc (avec cape et masque) s'apprête à donner le coup de grâce au chef de la police. Il est assisté de deux hommes. le chef de la police est ligoté et Nemesis a annoncé qu'il l'exécuterait à 10h35. Pour passer le temps, il énumère les crimes qu'il a commis avant cette mise à mort finale : l'empoisonnement d'un réservoir d'eau, une attaque au gaz dans une salle de spectacle et le vol d'un bijou précieux. Cette scène se termine par un carnage provoquant la mort de plusieurs centaines de d'innocents. Deuxième scène : Blake Morrow (un policier haut gradé) se salit les mains en mettant un terme à une prise d'otages dans une effusion de sang (le sang des preneurs d'otages). À l'issue de son action d'éclat, un policier lui remet un carton indiquant qu'il est la nouvelle cible de Nemesis qui a projeté de le tuer le 12 mars courant. Nemesis arrive aux États-Unis et il commence par attaquer Air Force One. Mark Millar (le scénariste) est devenu à la fin des années 2000, le roi de l'esbroufe dans le monde des comics. En 2008, il a créé Kick-Ass (dessiné par John Romita junior) dont il a vendu les droits directement au cinéma avec le film réalisé dans la foulée (Kick Ass). Fort de ses succès passés (Wanted également adapté en film, et Ultimates) Millar a le droit d'avoir quelques prétentions et Marvel a publié deux de ses séries en 2010 (Nemesis et Superior avec Leinil Yu). Nemesis correspond également à sa troisième bande dessinée avec Steve McNiven, les deux premières s'étant également classées dans les premières ventes (Civil War en 2006 et Old Man Logan en 2008/2009). Impossible d'ignorer un tel pédigrée. À la lecture Nemesis s'avère une histoire assez courte, complète, initialement 4 épisodes, soit environ 90 pages de bande dessinée. Némésis est le nom de la déesse de la vengeance dans la mythologie grecque. le lecteur apprend rapidement (dans le premier quart) quelle vengeance lie les deux personnages principaux. Millar a claironné partout que cette histoire correspond à une version de Batman s'attachant à faire le mal plutôt que le bien, dans un monde où il n'y a pas de superhéros. Effectivement, la première rencontre avec Nemesis le montre portant ce costume de superhéros ou supercriminel, tout de blanc vêtu comme un double inversé de Batman avec son costume sombre. Cet élément place d'emblée ce récit dans le registre des superhéros (sans superpouvoir) avec une exigence assez élevée de suspension consentie de l'incrédulité. Ne vous attendez pas à du réalisme ou du plausible ; par exemple dans une scène d'action enlevée, Nemesis conduit une voiture qui s'ouvre en 2 pour révéler une moto futuriste que Nemesis pilote avec les mêmes commandes que celles de la voiture. Coté crimes, le lecteur est servi par un Mark Millar en verve. le premier cité (l'empoisonnement d'un réservoir) évoque évidemment le méfait perpétré par le Joker lors de sa première apparition. Les suivants s'avèrent plus cruels et sadiques avec une volonté perverse de briser l'esprit des victimes. En ceci, Millar s'inscrit dans une longue tradition des comics dans laquelle une partie du plaisir de lecture dérive de la fascination pour la barbarie des crimes commis. Millar construit son récit sur l'horreur des crimes perpétrés et sur des scènes d'action spectaculaires dans lesquelles McNiven peut s'en donner à cœur joie. Il compose ses pages sur la base de 3 à 6 cases, une mise en page assez aérée. Il s'est éloigné de l'encrage minutieux de Dexter Vines pour Old Man Logan, pour un style un tout petit peu plus lâche avec une légère influence manga dans la représentation des mouvements (fluidité et rapidité). À la vue des pages, le lecteur peut constater les influences d'Akira dans la mise en scène des mouvements et des impacts, et les influences de Gary Frank dans les dessins des visages (Supreme Power). le résultat dégage une énergie impressionnante. Ses choix graphiques inscrivent fortement cette histoire dans la tradition des comics de superhéros : il n'y a qu'à regarder le repaire de Nemesis pour contempler une variation de la Batcave. le lecteur contemple un aménagement souterrain spacieux qui abrite une voiture sur une plaque tournante, ainsi qu'un avion de chasse dans une autre salle. Cette pleine page est représentative du ton du récit : la fantaisie adolescente. Dans la réalité un tel déploiement de technologie nécessite une armée de techniciens assurant la maintenance. Dans cette histoire, il tombe sous le sens que toutes ses merveilles n'ont pas besoin d'entretien ou de contrôle technique. McNiven réalise des planches très agréables à regarder, efficaces, fluides et brutales, en mélangeant un réalisme sec avec des influences superhéros. Il s'amuse également avec le blanc immaculé du costume de Nemesis pour faire apparaître les fines traînées de sang des victimes. Ce tome constitue une lecture agréable bien ficelée avec une chute qui ouvre une nouvelle perspective sur les événements contés et des illustrations précises et pleines de vie. le récit s'éloigne des comics de superhéros pour s'inscrire dans le registre du thriller, avec quelques éléments trop gros pour y croire. À différentes reprises, j'ai eu l'impression que Millar avait calibré ses ingrédients pour contenter son cœur de cible, un peu comme des auteurs comme Douglas Preston et Lincoln Child composent artificiellement leur roman en insérant telle et telle scènes afin de plaire aux lecteurs (je pense par exemple à Danse de mort qui sent plus une recette toute faite qu'autre chose).

11/08/2024 (modifier)