J’ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire.
La faute d’abord au côté graphique. En effet, le trait très gras, très naïf, le dessin très peu dynamique m’ont franchement freiné.
Et il faut dire qu’une fois entré dedans, cette histoire ne m’a pas emballé plus que ça. Hyper naïve elle aussi, autour de cette femme (à propos de laquelle Stassen – et de nombreux personnages – insistent sur le fait qu’elle est grosse ET moche) qui fait tout pour conquérir Momo, un jeune homme qui lui ne s’intéresse pas à elle.
Les péripéties qui s’enchainent, et qui amènent les principaux protagonistes dont Thérèse et Momo en Afrique, manquent cruellement de profondeur, de tension, bref, j’ai suivi l’intrigue (vite lue, car il y a finalement peu de texte) sans enthousiasme, et j’ai fini l’album en me disant que je l’aurai sans doute rapidement oublié.
Les « pouvoirs magiques » dont dispose Thérèse (elle s’est aperçue qu’elle pouvait déplacer les objets les plus divers simplement par l’action de sa pensée) apportent un aspect fantastique qui se marie mal avec le reste, et qui est finalement peu exploité.
Enfin, le message véhiculé par cette histoire me gêne un peu. En effet, Stassen semble indiquer que le simple fait d’être grosse rend Thérèse « moche » et « repoussante ». Et, dans la seconde partie de l’histoire, qui se déroule en Afrique, elle « maigrit » peu à peu (son surpoids étant comme « échangé » avec Momo, qui devient plus qu’obèse). Et, une fois devenue svelte, elle trouve enfin l’amour. J’ai trouvé un peu bizarre et quelque peu malsain le message sous-tendu par cette histoire.
J'aime les sushis est un pur shojo. Ne vous attendez pas à y découvrir les secrets de la cuisine des sushis, l'auteure avoue rapidement qu'elle n'y connait pas grand chose et, après deux premiers tomes qui abordaient un peu la partie culturelle et culinaire du sujet, elle va vite éluder les questions techniques pour se concentrer sur le côté romantique de son histoire et sur les atermoiements intellectuels et sentimentaux des deux héros.
C'est l'histoire d'une adolescente qui rêve de devenir maître sushi même si ça doit faire de la peine à sa famille qui tient une pâtisserie et aimerait la voir reprendre le flambeau. Et c'est en parallèle celle d'un adolescent qui rêve de devenir pâtissier même si cela doit faire de la peine à sa famille qui tient un restaurant de sushis. La première décide de sortir avec le second, non pas par amour mais pour lui permettre d'approcher son père, maître sushi. Et l'autre accepte sans problème car lui aussi pense en secret que ça lui permettra d'approcher du père pâtissier. Ne vous inquiétez pas, le manga ne va pas se baser sur ce seul contexte et les possibles quiproquos que cela implique : les manigances de l'un et l'autre seront assez vite révélées et le couple ne restera pas bâti sur un double mensonge. Au contraire, ils vont rester proches pour se soutenir mutuellement dans leurs passions respectives, même si la réalité se révèlera plus complexe.
Quand je dis que c'est un pur shojo, c'est assez péjoratif à mes yeux. Car il en présente les défauts graphiques et de narration.
Le dessin n'est pas moche d'aspect, mais les personnages se ressemblent trop, aux coiffures près, et ils ont tous l'air d'adolescents quelque soit leur âge. J'ai eu notamment beaucoup de mal à différencier le héros et celui qui deviendra son rival le temps de quelques chapitres. L'auteure évite l'écueil caricatural de décors vides remplacés par des étoiles et autres plumes mais ses décors restent succincts, quoique bien détaillés quand il y en a, et on a essentiellement droit à une succession de visages en gros plans.
Au niveau de la narration, elle est échevelée, avec beaucoup de dialogues décousus et de pensées qui s'accumulent en désordre. Elle présente plusieurs fois ce qui m'a paru être des gags ou des clins d'oeil strictement liés à la culture japonaise ou à des références locales qui ne m'ont pas parlé du tout. Et je ne parle pas de cette habitude qui ternit trop de shojo à mon goût, celle de l'auteure de tenir absolument à caser régulièrement des notes bavardes en bas ou sur les côtés de certaines pages pour parler d'elle-même et de sa création.
Le scénario donne nettement l'impression que l'auteure est partie d'un idée initiale mais n'avait aucune idée d'où elle voulait la mener. L'intrigue batifole à droite à gauche, semblant se chercher en tâtonnant dans différentes directions, avant de franchement s'enliser vers le milieu de la série, au point de devenir franchement ennuyeuse, le point culminant de cet ennui étant sur la fin du 6e tome qui commence sérieusement à tourner en rond et à se diluer. Au 7e tome, l'auteure sort du chapeau une péripétie nouvelle qui va changer la donne mais celle-ci parait sortie du chapeau et presque incongrue tant elle est inattendue et artificielle mais elle a au moins le mérite d'apporter un peu de nouveauté et de débloquer la situation. Et elle mène à une conclusion au 8e tome qui est attendue et sans grande surprise.
Concrètement, je me suis ennuyé à la lecture de ce manga qui ne m'a pas intéressé. J'ai failli lâcher l'affaire dès la fin du 4e tome et j'ai dû me forcer pour aller jusqu'à la fin.
Bof, j'ai aimé à moitié cette Bd, c'est une sorte de thriller sentimental en forme de road movie partant d'une femme disparue, et fait de rencontres décevantes, d'imprévus et de découvertes peu surprenantes. Il y a une espèce d'ambiance indéfinissable qui pourrait donner un charme mais je n'y ai sans doute pas été sensible, et le tout se passe en Espagne, mais le décor ne participe pas vraiment à l'histoire, ça aurait tout aussi bien pu se passer en France ou aux Etats-Unis, il n'y a à la rigueur que des tronches méditerranéennes typées, c'est peut-être la raison qui a poussé les auteurs à situer ce récit sur les routes espagnoles, de même que l'ambiance estivale un peu pesante donne peut-être un plus ; d'ailleurs les caractères humains sont surtout ce que j'ai relevé de mieux.
Sinon c'est une accumulation de petits faits, des petits rouages qui grippent formant des éléments qui n'ont l'air de rien mais qui constituent une trame relativement plaisante ; l'ennui c'est que je n'ai pas trouvé l'ensemble très prenant, c'est assez vide et creux, rien ne m'a ému ou captivé, et les personnages sont peu intéressants, seul le retournement final de situation peut provoquer un effet de surprise, mais tout ça pour ça quoi...
Ce récit est paru dans le mensuel A Suivre en 1994, mais je n'ai aucun souvenir de l'avoir lu, apparemment il a été retouché graphiquement au niveau des couleurs, et c'est vrai que c'est dommage pour le dessin que je trouve chouette que ce récit n'ait pas fonctionné sur moi. Par endroits, ce dessin donne quelques signes de maladresse, mais dans l'ensemble, c'est plutôt sympathique et plein de vigueur.
Et une parodie de Game of Thrones, une ! Enfin... Une de plus.
Je ne suis pas particulièrement fan de l'oeuvre de George R. R. Martin, mais j'étais curieux de voir ce que proposait cette version. Première constatation : elle s'adresse vraiment aux fans, mais plutôt de la série TV, certaines situations me semblant directement issues de cette adaptation. Deux volumes sont désormais sortis, mais j'ai un peu l'impression que les gags tournent autour des mêmes personnages ou motifs : Djon qui va se faire sa tante, le géant qui urine un peu partout, ou encore Martin qui sourit d'un air un brin pervers à l'idée de faire souffrir atrocement ses personnages avant de les tuer. Attention à ne pas tomber dans la redite !
Côté dessin, Tom alias Thomas Brogniet maîtrise bien son style naïf/SD (super deformed), qui convient tout à fait au genre de la parodie. Sa mise en scène sobre mais très agréable à l’œil fait vite passer ce moment de lecture qui personnellement ne m'a arraché que quelques sourires. Avis aux amatrices et aux amateurs.
Je découvre je crois cet auteur avec cet album, dont j’avais entendu parler lors de sa sélection à Angoulême il y a quelques années. Mais je n’avais jamais eu l’occasion de le découvrir. Voilà chose faite.
Le travail avec plusieurs bichromies, changeantes selon les épisodes, est intéressant. Mais le découpage en petites cases ajouté à cette recherche graphique donne un résultat esthétiquement original, mais un peu trop froid.
Froideur accentuée par la narration, qui joue sur une corde raide, s’alimentant de petits riens, de moments saisis sur le vif. Petit côté poétique, mais que le rythme lent, l’aspect contemplatif de l’ensemble rendent quelque peu creux. Équilibre instable ici, avec un récit qui bascule justement vers un vide pas déplaisant, mais qui peine à captiver le lecteur quand même. C’est un peu une sorte d’exercice de style vain – en tout cas qui m’a laissé sur le côté.
Je retenterai ma chance sur un autre album de l’auteur, mais cette première expérience ne m’a pas emballé plus que ça. Et pourtant, je suis plutôt curieux de découvrir des œuvres expérimentales. Mais là – affaire de goût sans doute, je n’y ai pas trouvé mon compte.
Assez bien dessiné, le trait est vivant, dynamique, expressif. Après le récit en soit reste trop superficiel. Comme je l'ai déjà constaté dans plusieurs biographies en BD, les auteurs ce contentent de mettre en image des anecdotes alignées qui constituent la vie d'un personnage héroïque. Mais ils oublient trop souvent d'y insuffler la passion, l'ardeur, la profondeur de ces êtres hors normes. On grattouille... gribouille... juste la surface. Et pourquoi arrêter le récit au milieu de la vie du personnage? Justement comme tout est misé sur les aventures et pas les réflexions, la lutte acharnée d'Alexandre Jacob, 20 ans de bagne ça n'intéresse plus personne. Ce n'est pas lui rendre justice que de l'abandonner comme cela!
Mon avis va fortement rejoindre celui de PAco. Dire que je me suis ennuyé serait un peu exagéré, j'avais surtout envie de savoir comment les auteurs allaient se dépatouiller et faire sortir la jeune Wendy de cet imbroglio psychologique dans lequel la mort de son frère l'avait plongée.
Pour une BD sur le deuil je m'attendais à quelque chose de plus profond, de plus dérangeant. J'ai l'impression que les auteurs ont voulu à la fois traiter cette histoire de deuil et en même temps les affres de l'adolescence chez une jeune américaine. J'allais oublier des références plus qu'appuyées au Peter Pan de J. M. Barrie qui à mon sens n'apportent pas grand-chose, sauf peu être pour nous dire que Wendy est sans doute victime du syndrome susnommé.
Le dessin n'est pas du tout ma tasse de thé mais si l'histoire avait été suffisamment prenante, j'aurais pu m'en accommoder. Une lecture au final rapide, que je ne recommande pas sur un sujet qui sur le papier était porteur.
L'avis enthousiasme de Ro m'a donné envie de lire ce one-shot et puis au final j'ai été déçu.
Déjà, je ne connaissais pas ce musicien, ni ce style de jazz, donc j'en ai appris des trucs durant l'album. Malheureusement, ce n'est pas très palpitant à lire et j'ai préféré le dossier auquel on a droit à la fin de l'album. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants et la vie de Django m'a passablement ennuyé jusqu'à ce qu'il ait son accident. Là, cela devient un peu intéressant, mais cela arrive trop tard dans l'album et je n'ai pas pu rentrer dans un récit qui m'a laissé indifférent durant des dizaines de pages. Il y a aussi un détail qui m'a gêné et je me demande vraiment si c'est un détail historique. En tout cas, si c'est vraiment arrivé, cela me semble un peu bizarre.
Le dessin est pas mal. Ce n'est pas un style qui me plait trop, mais c'est bien fait et les couleurs sont bien choisies.
Je n’ai lu que le premier tome de cette série, qui regroupe des gags autour de l’Empereur Napoléon Bonaparte. Je ne sais pas si le sujet se prêtait réellement à un traitement par strips. La réponse à cette question restera pour le moment négative, car ce que j’ai pu lire dans cet album ne m’a pas vraiment convaincu.
En effet, je n’ai jamais ri, et à peine souri qu’une seule fois, c’est dire si l’humour tombe complètement à plat. Pas drôle donc, et en plus le personnage de Napoléon lui-même, petit gros excité, à la fois colérique et veule, sorte de gamin imprévisible, n’est ni conforme (physiquement et psychologiquement) au modèle (mais après tout pourquoi pas, nous sommes dans la caricature), ni intéressant comme personnage.
Bref, des gags moins que moyens, qui se répètent un peu en plus, pour un humour lourd, convenu et pas drôle. Quant au dessin, c’est du franco-belge classique, passe-partout – comme Bamboo en héberge pas mal (mais c’est quand même cet aspect qui passe le mieux : accompagnant des gags de meilleure qualité, cela aurait tout à fait convenu).
Bref, voilà quelque chose qui ne satisfera ni les admirateurs de Napoléon, ni ceux qui cherchent à se détendre en rigolant.
Note réelle 1,5/5.
Petite déception que cet album, qui se penche pourtant sur le parcours d’un personnage a priori intéressant. Eileen Gray est une artiste méconnue qui fait figure de pionnière dans le domaine de l’architecture. Décoratrice d’intérieur, designer, cette talentueuse touche à tout avait une approche plus proche des aspirations des occupants de l’habitation que de l’utilité de la forme. Ses réflexions vont influencer le travail de plusieurs grands noms de l’architecture, dont le Corbusier dont il sera beaucoup question dans cet album.
Malheureusement, ce récit ne fait qu’effleurer les choses. Par sa mise en page, déjà, il n’offre que peu de matière. L’album se lit d’ailleurs très rapidement et enchaine des doubles pages qui, d’un strict point de vue documentaire (ce qui est tout de même un peu la vocation du livre en question) n’apportent rien d’intéressant. Par son approche du personnage ensuite, puisque je n’ai jamais eu le sentiment d’entrer dans la tête d’Eileen Gray. Qu’il s’agisse du passage dans lequel elle explique sa conception de ce que devrait être un habitat, de ceux dans lesquels sont évoqués ses liens avec les milieux artistiques et lesbiens du Paris des années ‘20 et ’30 ou de celui qui se consacre à la conception même de la maison emblématique de son œuvre, je n’ai jamais eu suffisamment de matière pour me sentir satisfait. Tout me semble soit édulcoré, soit retranscrit mot pour mot mais sans souci de vulgarisation… Résultat : à la fin de l’album, j’ai le sentiment de ne pas savoir qui était Eileen Gray.
Par ailleurs, le choix artistique, avec ce trait jeté, spontané et rond, même s’il n’est pas dénué de qualités, correspond mal au style qui fait la marque de fabrique d’Eileen Gray. Je pense qu’un style plus proche de l’esthétique ‘moderniste’ (avec l’omniprésence de lignes droites et épurées) aurait mieux convenu au sujet du livre.
Dommage car le personnage me semble intéressant et son œuvre est injustement méconnue.
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Thérèse
J’ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire. La faute d’abord au côté graphique. En effet, le trait très gras, très naïf, le dessin très peu dynamique m’ont franchement freiné. Et il faut dire qu’une fois entré dedans, cette histoire ne m’a pas emballé plus que ça. Hyper naïve elle aussi, autour de cette femme (à propos de laquelle Stassen – et de nombreux personnages – insistent sur le fait qu’elle est grosse ET moche) qui fait tout pour conquérir Momo, un jeune homme qui lui ne s’intéresse pas à elle. Les péripéties qui s’enchainent, et qui amènent les principaux protagonistes dont Thérèse et Momo en Afrique, manquent cruellement de profondeur, de tension, bref, j’ai suivi l’intrigue (vite lue, car il y a finalement peu de texte) sans enthousiasme, et j’ai fini l’album en me disant que je l’aurai sans doute rapidement oublié. Les « pouvoirs magiques » dont dispose Thérèse (elle s’est aperçue qu’elle pouvait déplacer les objets les plus divers simplement par l’action de sa pensée) apportent un aspect fantastique qui se marie mal avec le reste, et qui est finalement peu exploité. Enfin, le message véhiculé par cette histoire me gêne un peu. En effet, Stassen semble indiquer que le simple fait d’être grosse rend Thérèse « moche » et « repoussante ». Et, dans la seconde partie de l’histoire, qui se déroule en Afrique, elle « maigrit » peu à peu (son surpoids étant comme « échangé » avec Momo, qui devient plus qu’obèse). Et, une fois devenue svelte, elle trouve enfin l’amour. J’ai trouvé un peu bizarre et quelque peu malsain le message sous-tendu par cette histoire.
J'aime les sushis
J'aime les sushis est un pur shojo. Ne vous attendez pas à y découvrir les secrets de la cuisine des sushis, l'auteure avoue rapidement qu'elle n'y connait pas grand chose et, après deux premiers tomes qui abordaient un peu la partie culturelle et culinaire du sujet, elle va vite éluder les questions techniques pour se concentrer sur le côté romantique de son histoire et sur les atermoiements intellectuels et sentimentaux des deux héros. C'est l'histoire d'une adolescente qui rêve de devenir maître sushi même si ça doit faire de la peine à sa famille qui tient une pâtisserie et aimerait la voir reprendre le flambeau. Et c'est en parallèle celle d'un adolescent qui rêve de devenir pâtissier même si cela doit faire de la peine à sa famille qui tient un restaurant de sushis. La première décide de sortir avec le second, non pas par amour mais pour lui permettre d'approcher son père, maître sushi. Et l'autre accepte sans problème car lui aussi pense en secret que ça lui permettra d'approcher du père pâtissier. Ne vous inquiétez pas, le manga ne va pas se baser sur ce seul contexte et les possibles quiproquos que cela implique : les manigances de l'un et l'autre seront assez vite révélées et le couple ne restera pas bâti sur un double mensonge. Au contraire, ils vont rester proches pour se soutenir mutuellement dans leurs passions respectives, même si la réalité se révèlera plus complexe. Quand je dis que c'est un pur shojo, c'est assez péjoratif à mes yeux. Car il en présente les défauts graphiques et de narration. Le dessin n'est pas moche d'aspect, mais les personnages se ressemblent trop, aux coiffures près, et ils ont tous l'air d'adolescents quelque soit leur âge. J'ai eu notamment beaucoup de mal à différencier le héros et celui qui deviendra son rival le temps de quelques chapitres. L'auteure évite l'écueil caricatural de décors vides remplacés par des étoiles et autres plumes mais ses décors restent succincts, quoique bien détaillés quand il y en a, et on a essentiellement droit à une succession de visages en gros plans. Au niveau de la narration, elle est échevelée, avec beaucoup de dialogues décousus et de pensées qui s'accumulent en désordre. Elle présente plusieurs fois ce qui m'a paru être des gags ou des clins d'oeil strictement liés à la culture japonaise ou à des références locales qui ne m'ont pas parlé du tout. Et je ne parle pas de cette habitude qui ternit trop de shojo à mon goût, celle de l'auteure de tenir absolument à caser régulièrement des notes bavardes en bas ou sur les côtés de certaines pages pour parler d'elle-même et de sa création. Le scénario donne nettement l'impression que l'auteure est partie d'un idée initiale mais n'avait aucune idée d'où elle voulait la mener. L'intrigue batifole à droite à gauche, semblant se chercher en tâtonnant dans différentes directions, avant de franchement s'enliser vers le milieu de la série, au point de devenir franchement ennuyeuse, le point culminant de cet ennui étant sur la fin du 6e tome qui commence sérieusement à tourner en rond et à se diluer. Au 7e tome, l'auteure sort du chapeau une péripétie nouvelle qui va changer la donne mais celle-ci parait sortie du chapeau et presque incongrue tant elle est inattendue et artificielle mais elle a au moins le mérite d'apporter un peu de nouveauté et de débloquer la situation. Et elle mène à une conclusion au 8e tome qui est attendue et sans grande surprise. Concrètement, je me suis ennuyé à la lecture de ce manga qui ne m'a pas intéressé. J'ai failli lâcher l'affaire dès la fin du 4e tome et j'ai dû me forcer pour aller jusqu'à la fin.
Belle comme la mort
Bof, j'ai aimé à moitié cette Bd, c'est une sorte de thriller sentimental en forme de road movie partant d'une femme disparue, et fait de rencontres décevantes, d'imprévus et de découvertes peu surprenantes. Il y a une espèce d'ambiance indéfinissable qui pourrait donner un charme mais je n'y ai sans doute pas été sensible, et le tout se passe en Espagne, mais le décor ne participe pas vraiment à l'histoire, ça aurait tout aussi bien pu se passer en France ou aux Etats-Unis, il n'y a à la rigueur que des tronches méditerranéennes typées, c'est peut-être la raison qui a poussé les auteurs à situer ce récit sur les routes espagnoles, de même que l'ambiance estivale un peu pesante donne peut-être un plus ; d'ailleurs les caractères humains sont surtout ce que j'ai relevé de mieux. Sinon c'est une accumulation de petits faits, des petits rouages qui grippent formant des éléments qui n'ont l'air de rien mais qui constituent une trame relativement plaisante ; l'ennui c'est que je n'ai pas trouvé l'ensemble très prenant, c'est assez vide et creux, rien ne m'a ému ou captivé, et les personnages sont peu intéressants, seul le retournement final de situation peut provoquer un effet de surprise, mais tout ça pour ça quoi... Ce récit est paru dans le mensuel A Suivre en 1994, mais je n'ai aucun souvenir de l'avoir lu, apparemment il a été retouché graphiquement au niveau des couleurs, et c'est vrai que c'est dommage pour le dessin que je trouve chouette que ce récit n'ait pas fonctionné sur moi. Par endroits, ce dessin donne quelques signes de maladresse, mais dans l'ensemble, c'est plutôt sympathique et plein de vigueur.
Galère of Thrones
Et une parodie de Game of Thrones, une ! Enfin... Une de plus. Je ne suis pas particulièrement fan de l'oeuvre de George R. R. Martin, mais j'étais curieux de voir ce que proposait cette version. Première constatation : elle s'adresse vraiment aux fans, mais plutôt de la série TV, certaines situations me semblant directement issues de cette adaptation. Deux volumes sont désormais sortis, mais j'ai un peu l'impression que les gags tournent autour des mêmes personnages ou motifs : Djon qui va se faire sa tante, le géant qui urine un peu partout, ou encore Martin qui sourit d'un air un brin pervers à l'idée de faire souffrir atrocement ses personnages avant de les tuer. Attention à ne pas tomber dans la redite ! Côté dessin, Tom alias Thomas Brogniet maîtrise bien son style naïf/SD (super deformed), qui convient tout à fait au genre de la parodie. Sa mise en scène sobre mais très agréable à l’œil fait vite passer ce moment de lecture qui personnellement ne m'a arraché que quelques sourires. Avis aux amatrices et aux amateurs.
Automne
Je découvre je crois cet auteur avec cet album, dont j’avais entendu parler lors de sa sélection à Angoulême il y a quelques années. Mais je n’avais jamais eu l’occasion de le découvrir. Voilà chose faite. Le travail avec plusieurs bichromies, changeantes selon les épisodes, est intéressant. Mais le découpage en petites cases ajouté à cette recherche graphique donne un résultat esthétiquement original, mais un peu trop froid. Froideur accentuée par la narration, qui joue sur une corde raide, s’alimentant de petits riens, de moments saisis sur le vif. Petit côté poétique, mais que le rythme lent, l’aspect contemplatif de l’ensemble rendent quelque peu creux. Équilibre instable ici, avec un récit qui bascule justement vers un vide pas déplaisant, mais qui peine à captiver le lecteur quand même. C’est un peu une sorte d’exercice de style vain – en tout cas qui m’a laissé sur le côté. Je retenterai ma chance sur un autre album de l’auteur, mais cette première expérience ne m’a pas emballé plus que ça. Et pourtant, je suis plutôt curieux de découvrir des œuvres expérimentales. Mais là – affaire de goût sans doute, je n’y ai pas trouvé mon compte.
Alexandre Jacob - Journal d'un anarchiste cambrioleur
Assez bien dessiné, le trait est vivant, dynamique, expressif. Après le récit en soit reste trop superficiel. Comme je l'ai déjà constaté dans plusieurs biographies en BD, les auteurs ce contentent de mettre en image des anecdotes alignées qui constituent la vie d'un personnage héroïque. Mais ils oublient trop souvent d'y insuffler la passion, l'ardeur, la profondeur de ces êtres hors normes. On grattouille... gribouille... juste la surface. Et pourquoi arrêter le récit au milieu de la vie du personnage? Justement comme tout est misé sur les aventures et pas les réflexions, la lutte acharnée d'Alexandre Jacob, 20 ans de bagne ça n'intéresse plus personne. Ce n'est pas lui rendre justice que de l'abandonner comme cela!
The Wendy Project
Mon avis va fortement rejoindre celui de PAco. Dire que je me suis ennuyé serait un peu exagéré, j'avais surtout envie de savoir comment les auteurs allaient se dépatouiller et faire sortir la jeune Wendy de cet imbroglio psychologique dans lequel la mort de son frère l'avait plongée. Pour une BD sur le deuil je m'attendais à quelque chose de plus profond, de plus dérangeant. J'ai l'impression que les auteurs ont voulu à la fois traiter cette histoire de deuil et en même temps les affres de l'adolescence chez une jeune américaine. J'allais oublier des références plus qu'appuyées au Peter Pan de J. M. Barrie qui à mon sens n'apportent pas grand-chose, sauf peu être pour nous dire que Wendy est sans doute victime du syndrome susnommé. Le dessin n'est pas du tout ma tasse de thé mais si l'histoire avait été suffisamment prenante, j'aurais pu m'en accommoder. Une lecture au final rapide, que je ne recommande pas sur un sujet qui sur le papier était porteur.
Django Main de feu
L'avis enthousiasme de Ro m'a donné envie de lire ce one-shot et puis au final j'ai été déçu. Déjà, je ne connaissais pas ce musicien, ni ce style de jazz, donc j'en ai appris des trucs durant l'album. Malheureusement, ce n'est pas très palpitant à lire et j'ai préféré le dossier auquel on a droit à la fin de l'album. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants et la vie de Django m'a passablement ennuyé jusqu'à ce qu'il ait son accident. Là, cela devient un peu intéressant, mais cela arrive trop tard dans l'album et je n'ai pas pu rentrer dans un récit qui m'a laissé indifférent durant des dizaines de pages. Il y a aussi un détail qui m'a gêné et je me demande vraiment si c'est un détail historique. En tout cas, si c'est vraiment arrivé, cela me semble un peu bizarre. Le dessin est pas mal. Ce n'est pas un style qui me plait trop, mais c'est bien fait et les couleurs sont bien choisies.
Napoléon (Bamboo)
Je n’ai lu que le premier tome de cette série, qui regroupe des gags autour de l’Empereur Napoléon Bonaparte. Je ne sais pas si le sujet se prêtait réellement à un traitement par strips. La réponse à cette question restera pour le moment négative, car ce que j’ai pu lire dans cet album ne m’a pas vraiment convaincu. En effet, je n’ai jamais ri, et à peine souri qu’une seule fois, c’est dire si l’humour tombe complètement à plat. Pas drôle donc, et en plus le personnage de Napoléon lui-même, petit gros excité, à la fois colérique et veule, sorte de gamin imprévisible, n’est ni conforme (physiquement et psychologiquement) au modèle (mais après tout pourquoi pas, nous sommes dans la caricature), ni intéressant comme personnage. Bref, des gags moins que moyens, qui se répètent un peu en plus, pour un humour lourd, convenu et pas drôle. Quant au dessin, c’est du franco-belge classique, passe-partout – comme Bamboo en héberge pas mal (mais c’est quand même cet aspect qui passe le mieux : accompagnant des gags de meilleure qualité, cela aurait tout à fait convenu). Bref, voilà quelque chose qui ne satisfera ni les admirateurs de Napoléon, ni ceux qui cherchent à se détendre en rigolant. Note réelle 1,5/5.
Eileen Gray - Une maison sous le soleil
Petite déception que cet album, qui se penche pourtant sur le parcours d’un personnage a priori intéressant. Eileen Gray est une artiste méconnue qui fait figure de pionnière dans le domaine de l’architecture. Décoratrice d’intérieur, designer, cette talentueuse touche à tout avait une approche plus proche des aspirations des occupants de l’habitation que de l’utilité de la forme. Ses réflexions vont influencer le travail de plusieurs grands noms de l’architecture, dont le Corbusier dont il sera beaucoup question dans cet album. Malheureusement, ce récit ne fait qu’effleurer les choses. Par sa mise en page, déjà, il n’offre que peu de matière. L’album se lit d’ailleurs très rapidement et enchaine des doubles pages qui, d’un strict point de vue documentaire (ce qui est tout de même un peu la vocation du livre en question) n’apportent rien d’intéressant. Par son approche du personnage ensuite, puisque je n’ai jamais eu le sentiment d’entrer dans la tête d’Eileen Gray. Qu’il s’agisse du passage dans lequel elle explique sa conception de ce que devrait être un habitat, de ceux dans lesquels sont évoqués ses liens avec les milieux artistiques et lesbiens du Paris des années ‘20 et ’30 ou de celui qui se consacre à la conception même de la maison emblématique de son œuvre, je n’ai jamais eu suffisamment de matière pour me sentir satisfait. Tout me semble soit édulcoré, soit retranscrit mot pour mot mais sans souci de vulgarisation… Résultat : à la fin de l’album, j’ai le sentiment de ne pas savoir qui était Eileen Gray. Par ailleurs, le choix artistique, avec ce trait jeté, spontané et rond, même s’il n’est pas dénué de qualités, correspond mal au style qui fait la marque de fabrique d’Eileen Gray. Je pense qu’un style plus proche de l’esthétique ‘moderniste’ (avec l’omniprésence de lignes droites et épurées) aurait mieux convenu au sujet du livre. Dommage car le personnage me semble intéressant et son œuvre est injustement méconnue.