« La Stratégie Ender » est un de mes romans préférés (tous genres confondus), et la lecture de ce dernier m’a beaucoup marqué. J’ai aussi vu le film de 2013, qui avait fait de son mieux pour capturer en moins de 2 heures la richesse et la tension de l’original. Je découvre enfin le comics, et je ressors sur une impression vraiment mitigée.
Mon principal reproche s’adresse à la narration, que j’ai trouvée confuse au possible. Tout s’enchaine trop vite, le passage du temps n’est pas très clair, et les batailles d’entrainement (gros morceau du roman, quand même) sont incompréhensibles. Franchement, je me demande s’il est possible de suivre l’histoire sans avoir lu le roman !
Je note aussi que, comme dans le film, on ne ressent pas la lente montée de la tension, la perfide manipulation dont est victime Ender. Encore une fois, c’est selon moi un élément primordial du roman.
Je trouve que le deuxième tome redresse un peu la barre : il est plus clair, et la fin est toujours aussi puissante. Par contre il manque la toute-fin, quand Ender converse avec un survivant extraterrestre. Encore une fois, une sacrée omission je trouve.
Reste le dessin, qui ne risque pas d’enthousiasmer les foules. Le design des personnages est bizarre, et surtout il est difficile de différencier ces derniers. Les couleurs informatiques flashy ne seront pas du goût de tout le monde (regardez donc la couverture du tome 1).
Bref, je ne conseille ce diptyque qu’aux gros amateurs du roman, qui souhaitent découvrir cette histoire sous toutes ses formes. A noter que l’éditeur US, Marvel, avait continué sur sa lancée, avec l’adaptation d’autres romans du cycle d’Ender, dont « Ender's Shadow » et « Speaker for the Dead », mais ces dernières ne sont jamais parues en français.
Rassemblement en un tome des petits strips humoristiques et adultes de Zep parus dans Le Monde.
C'est assez inégal, certaines thématiques reviennent trop souvent.
Une lecture néanmoins assez agréable, même si souvent bien inoffensive, quand impertinence et provocation étaient espérées.
Vos avis m'avaient convaincu de me plonger dans cette série, l'idée de lire une BD s'inspirant des films Abyss/Alien me bottait vraiment.
C'est en effet le cas, mais le récit est fort mal construit : des personnages peu identifiés, la montée en tension bien mal orchestrée, un fantastique très vite éclairci quand l'idéal aurait été de jouer avec le doute et le basculement progressif vers l'irrationnel.
Partie loupée ; demeure un récit horrifique plutôt bien illustré côté décors, nettement moins côté personnages, mais un récit fort peu habilement mené. Dommage.
En fantastique, j'aime le fantastique de type surnaturel, je pensais donc trouver un intérêt à cette Bd dont le titre est prometteur, mais j'en suis resorti déçu en ayant l'impression d'avoir perdu du temps pour rien.
On sent rapidement que c'est une bande destinée à un public d'ados, il y a pas mal d'éléments et d'ingrédients qui sont pensés comme tels, c'est à dire qu'ils correspondent aux attentes et au mode de vie adolescent. Sauf que le fantastique déployé ici verse dans un satanisme soft on va dire, autour d'un classique combat manichéen entre Bien et Mal ; le grand méchant n'est autre que le diable en personne même s'il se camoufle sous un autre nom.
Du coup, l'intrigue est aussi mince qu'une feuille de papier A4 et ne donne pas lieu à des séquences intéressantes et captivantes, on frise pratiquement l'indigence scénaristique avec une flopée de poncifs qui peuplent tout récit archi vu et revu de ce type, bref c'est ultra basique et enrobé comme un produit marketing pour être offert à ce lectorat ado qui mériterait qu'on ne se foute pas de sa gueule , et que de temps en temps, des auteurs pensent à leur donner des récits intelligents. Là on est dans un bas de gamme pas possible.
Sinon, les personnages sont conçus pour plaire à ce lectorat, ils ont tous l'allure juvénile, leurs pouvoirs font penser à ce qu'on a pu voir dans la série de films sur les X-Men, ils sont très typés et ont chacun des caractéristiques qui plairont à des ados, auxquels s'ajoutent une flopée de créatures classiques des récits vampiriques et fantastiques gothiques. Seulement voila, au final, c'est une série sans grande originalité qui est à peine divertissante.
Quant au dessin, c'est pensé aussi pour ce même lectorat, le traitement graphique est très proche du manga, avec une alternance étrange : en effet, sur certaines pages, on a l'impression d'être dans un comics, et sur d'autres, on est carrément dans un manga, avec des visages qui trahissent cette influence, des couleurs acidulées et une grosse tendance au dessin informatisé, autant dire que je n'en suis pas vraiment fan, mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangé dans cette Bd dont je constate que je ne suis absolument pas dans le public-cible.
D'un autre côté, c'est bien d'avoir tenté ce type de bande, j'aime les découvertes quitte à ce qu'elles ne soient pas dans mes goûts, et au premier abord, ça avait l'air potable, je regrette ce résultat, je suis sûr que si l'idée avait été mieux pensée ou plus creusée, elle aurait pu déboucher sur un truc bien.
Cette série m'a vraiment ennuyé. J'ai trouvé cette histoire fantastique de maîtresse d'école magicienne très éloignée de mon goût.
À partir de ce socle scénaristique on peut tout proposer sans aucune retenue ce qui est le cas ici (Honoré présent à deux âges, Camille qui se réveille d'un coma par enchantement...).
J'ai trouvé les dialogues lourds et pesants.
De même je n'ai pas apprécié le style graphique avec ces visages allongés et pointus. Cela rend des héroïnes stylées anorexiques peu jolies.
J'oublierai très vite.
Découvert lors de sa sortie, je souhaitais élargir mes connaissances sur les auteurs indé US (Ware, Seth …) Aïe la mauvaise pioche !!
Cette mouvance bien que sincère n’est vraiment pas ma came. Joe Matt n’y échappe pas. Il s’essaie aux récits autobiographiques au style graphique peu ragoûtant à mes yeux, le rendu est austère.
Voilà pour la forme, pour le fond c’est pas plus reluisant.
Je reconnais à l’auteur, un certain courage et franchise, il ne s’épargne pas mais ça ne fait pas une bonne bd. On s’emmerde sacrément durant la lecture, le mec est assez détestable et ne fait rien pour s’en sortir.
Il se complaît dans son personnage de looser : accro au porno, à la masturbation, la pingrerie est le summum de l’art pour lui, sa relation avec ses amis (?) dessinateurs est des plus perturbantes, il possède un mauvais fond … bref n’en jetais plus.
Pas beaucoup d’intérêt au final si ce n’est la sincérité de l’auteur, j’espère pour lui qu’il a grossi ses traits.
Contrairement à beaucoup d'aviseurs, je n'ai pas vraiment adhéré à cette série malgré ses qualités. Merci à Pierig de restituer l'origine de cette légende.
Ptiluc arrive admirablement bien à créer une atmosphère lourde et marécageuse grâce à ses dessins caricaturaux et brutaux avec une mise en couleurs très brune. Toutefois, je suis beaucoup plus circonspect sur le message qu'il veut transmettre. Le doute métaphysique a traversé les siècles du christianisme et touché nombre de grands mystiques.
Mais le positionner en plein Moyen-Âge fantasmé me semble anachronique. De plus, mixer ce récit avec des monstres issus d'un univers de quasi Fantasy est un effet de mélange des genres peu à mon goût.
À mon sens, Ptiluc propose une vision biaisée du Moyen-Âge, livrée avec des concepts de pensées plus tardives. En outre, je ne comprends pas pourquoi il incorpore dans son texte des phrases très triviales style "C'est quoi ce cirque." Ce qui amoindrit pour moi la crédibilité de son propos.
De la même façon, le personnage loufoque du dragon style "Casimir" amoindrit la force de sa critique.
Je reconnais à la série une originalité graphique forte même si je trouve le dessin peu dans mes goûts.
En conclusion (assez abrupte), ce n'est pas mon truc.
Jack est un jeune homme qui rêve de séduire une danseuse de saloon, Rita, mais il doit pour cela faire preuve de virilité, et il se lance donc dans la carrière de chasseur de prime. Mais il est gringalet, pas très futé, plutôt poissard, et bien évidemment ses tentatives pour appréhender les malfrats tournent immanquablement au désastre. Il se ridiculise systématiquement, obtenant le surnom de « Loser Jack », les railleries de tous, et le mépris de Rita.
On est là, hélas, dans la même catégorie que des séries comme Kid Lucky ou Rantanplan, pour rester dans le genre « western pour de rire ». Si je lui attribue une – toute – petite étoile supplémentaire, c’est que, contrairement aux désastres que je viens d’évoquer, « Loser Jack » ne tente pas de surfer éhontément sur l’empathie générée par un personnage célèbre du 9ème art, Erroc créant son propre personnage.
Oui, mais voilà, il le fait sans réel talent. En tout cas ça ne marche pas du tout ici. Je n’ai lu que le premier tome (je suis surpris d’ailleurs qu’il y en ait eu un autre !). Mais cela va amplement me suffire. En effet, je n’ai pas ri une seule fois, et je n’ai pas non plus souvenir d’avoir souri aux gags, tant ceux-ci sont convenus, manquent de punch.
Le dessin de Rodrigue s’en tire un peu mieux. Sans être extraordinaire, il fait correctement le job. Mais il ne compense pas le ratage des scénarios, franchement faibles.
Une lecture que je vais oublier rapidement je pense. Quant au lectorat visé par les auteurs, je pense qu’il doit être très jeune (les ados, et a fortiori les adultes, seront moins indulgents face à ce western assez pauvre).
Note réelle 1,5/5.
Expérience graphique et narrative, Venera reprend à sa manière une thématique présente en science-fiction (qu'il s'agisse de la Cité des Permutants en roman, ou Alt-Life en BD), celle de la sauvegarde du genre humain dans un monde virtuel pour échapper à la fin du monde. Ce contexte, le lecteur le découvre par bribes dans cet ouvrage à la structure décousue et composé de chapitres à la linéarité relative dans lesquels les personnages eux-mêmes semblent marcher vers l'inconnu.
Le graphisme est un élément essentiel de l'album. Deux styles différents s'y retrouvent, utilisés pour représenter certains changements d'état ou de lieux dans les différents mondes qui se chevauchent dans son intrigue. Il y a un style illustratif en teintes de gris, comme au fusain, réaliste et fin mais dont les visages sont d'étonnants masques dénués de vie, régulièrement vus sous le même angle comme des images copiées-collées. Et il y a un autre style en ligne claire, paradoxalement plus vivant malgré son moins grand réalisme. J'ai préféré le second au premier que je trouve trop froid, presque désagréable.
L'intrigue est rendue absconse par sa narration hachée, les sauts d'une scène à l'autre, avec une foule de personnages mais aucun véritable héros ou protagoniste auquel s'attacher. Le contexte de ce passage des humains vers un monde virtuel est assez flou dans les premiers chapitres et le lecteur curieux essaiera de raccrocher les wagons pour s'y retrouver, comprendre la logique et le fonctionnement de cet univers, quels sont ses dangers et les motivations de chaque partie... Et malheureusement, cela ne s'éclaire jamais vraiment tant la logique de l'ensemble semble malléable, s'entamant avec Venera étant comme une utopique porte de sortie avant de finalement être considérée comme une dangereuse prison par les mêmes qui semblaient y voir au départ leur but ultime, sans que rien ne vienne vraiment expliquer le pourquoi du comment. Trop abscons, trop flou et malléable, pas assez convaincant pour un amateur de SF comme moi, et pas davantage non plus au niveau de l'expérience graphique et narrative.
Je vais faire mon rabat-joie ou du moins mon insensible avec mon avis.
Quand j'ai emprunté cette BD, j'étais persuadé de m'apprêter à lire un petit chef d'oeuvre au vu des avis précédents. Je m'attendais à quelque chose de fort. Mais j'ai assez vite réalisé que ce n'était pas du tout ma tasse de thé.
J'étais intrigué par l'idée de fond, un dialogue entre une autrice française et un condamné à mort américain : je ne savais pas trop ce qui pourrait en ressortir mais j'étais curieux. L'initiative est louable dans tous les cas car forcément on n'a très peu de visibilité sur l'état d'esprit de ceux qui patientent dans le couloir de la mort, préférant les déshumaniser en pensant qu'il s'agit d'une part de criminels et d'autre part de morts en sursis.
Alors oui, cet ouvrage permet de réaliser à quel point l'interlocuteur de l'autrice est différent des clichés qu'on peut imaginer. On constate d'abord qu'une dizaine d'années après son incarcération, il n'a plus rien de la petite frappe de banlieue noire qu'il était au moment de sa condamnation, c'est devenu un adulte qui a largement eu le temps de réfléchir à ses actes et de passer à autre chose mentalement. On constate aussi très vite qu'il s'agit d'un esprit artistique, adepte de dessin et très curieux de toutes les sources d'inspiration et d'information qu'il peut obtenir.
Et du coup, au lieu d'un dialogue entre un prisonnier et un auteur, l'ouvrage est en réalité un dialogue entre deux esprits artistiques, comparant leurs techniques, s'abreuvant mutuellement de leurs références, de leurs expériences et de leurs essais. L'autrice en profite pour réaliser une foule d'oeuvres graphiques inspirées par son interlocuteur et leur dialogue, dont beaucoup de gravures-impressions, comme l'élève des Arts Décoratifs qu'elle était. Et même si visuellement, ces oeuvres sont jolies, leur message a glissé sur ma peau. Je n'ai rien ressenti et je me suis profondément ennuyé sur la majorité des dialogues entre ces deux personnes. Il y a trop d'empreinte artistique dans cet ouvrage pour toucher mon esprit trop logique et matérialiste. Je manque sans doute trop d'humanisme en vérité.
Je n'ai pas trouvé dans cet ouvrage ce que je pensais y trouver, et son véritable contenu ne m'a pas intéressé.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
La Stratégie Ender
« La Stratégie Ender » est un de mes romans préférés (tous genres confondus), et la lecture de ce dernier m’a beaucoup marqué. J’ai aussi vu le film de 2013, qui avait fait de son mieux pour capturer en moins de 2 heures la richesse et la tension de l’original. Je découvre enfin le comics, et je ressors sur une impression vraiment mitigée. Mon principal reproche s’adresse à la narration, que j’ai trouvée confuse au possible. Tout s’enchaine trop vite, le passage du temps n’est pas très clair, et les batailles d’entrainement (gros morceau du roman, quand même) sont incompréhensibles. Franchement, je me demande s’il est possible de suivre l’histoire sans avoir lu le roman ! Je note aussi que, comme dans le film, on ne ressent pas la lente montée de la tension, la perfide manipulation dont est victime Ender. Encore une fois, c’est selon moi un élément primordial du roman. Je trouve que le deuxième tome redresse un peu la barre : il est plus clair, et la fin est toujours aussi puissante. Par contre il manque la toute-fin, quand Ender converse avec un survivant extraterrestre. Encore une fois, une sacrée omission je trouve. Reste le dessin, qui ne risque pas d’enthousiasmer les foules. Le design des personnages est bizarre, et surtout il est difficile de différencier ces derniers. Les couleurs informatiques flashy ne seront pas du goût de tout le monde (regardez donc la couverture du tome 1). Bref, je ne conseille ce diptyque qu’aux gros amateurs du roman, qui souhaitent découvrir cette histoire sous toutes ses formes. A noter que l’éditeur US, Marvel, avait continué sur sa lancée, avec l’adaptation d’autres romans du cycle d’Ender, dont « Ender's Shadow » et « Speaker for the Dead », mais ces dernières ne sont jamais parues en français.
What a Wonderful World !
Rassemblement en un tome des petits strips humoristiques et adultes de Zep parus dans Le Monde. C'est assez inégal, certaines thématiques reviennent trop souvent. Une lecture néanmoins assez agréable, même si souvent bien inoffensive, quand impertinence et provocation étaient espérées.
Sanctuaire
Vos avis m'avaient convaincu de me plonger dans cette série, l'idée de lire une BD s'inspirant des films Abyss/Alien me bottait vraiment. C'est en effet le cas, mais le récit est fort mal construit : des personnages peu identifiés, la montée en tension bien mal orchestrée, un fantastique très vite éclairci quand l'idéal aurait été de jouer avec le doute et le basculement progressif vers l'irrationnel. Partie loupée ; demeure un récit horrifique plutôt bien illustré côté décors, nettement moins côté personnages, mais un récit fort peu habilement mené. Dommage.
Surnaturels
En fantastique, j'aime le fantastique de type surnaturel, je pensais donc trouver un intérêt à cette Bd dont le titre est prometteur, mais j'en suis resorti déçu en ayant l'impression d'avoir perdu du temps pour rien. On sent rapidement que c'est une bande destinée à un public d'ados, il y a pas mal d'éléments et d'ingrédients qui sont pensés comme tels, c'est à dire qu'ils correspondent aux attentes et au mode de vie adolescent. Sauf que le fantastique déployé ici verse dans un satanisme soft on va dire, autour d'un classique combat manichéen entre Bien et Mal ; le grand méchant n'est autre que le diable en personne même s'il se camoufle sous un autre nom. Du coup, l'intrigue est aussi mince qu'une feuille de papier A4 et ne donne pas lieu à des séquences intéressantes et captivantes, on frise pratiquement l'indigence scénaristique avec une flopée de poncifs qui peuplent tout récit archi vu et revu de ce type, bref c'est ultra basique et enrobé comme un produit marketing pour être offert à ce lectorat ado qui mériterait qu'on ne se foute pas de sa gueule , et que de temps en temps, des auteurs pensent à leur donner des récits intelligents. Là on est dans un bas de gamme pas possible. Sinon, les personnages sont conçus pour plaire à ce lectorat, ils ont tous l'allure juvénile, leurs pouvoirs font penser à ce qu'on a pu voir dans la série de films sur les X-Men, ils sont très typés et ont chacun des caractéristiques qui plairont à des ados, auxquels s'ajoutent une flopée de créatures classiques des récits vampiriques et fantastiques gothiques. Seulement voila, au final, c'est une série sans grande originalité qui est à peine divertissante. Quant au dessin, c'est pensé aussi pour ce même lectorat, le traitement graphique est très proche du manga, avec une alternance étrange : en effet, sur certaines pages, on a l'impression d'être dans un comics, et sur d'autres, on est carrément dans un manga, avec des visages qui trahissent cette influence, des couleurs acidulées et une grosse tendance au dessin informatisé, autant dire que je n'en suis pas vraiment fan, mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangé dans cette Bd dont je constate que je ne suis absolument pas dans le public-cible. D'un autre côté, c'est bien d'avoir tenté ce type de bande, j'aime les découvertes quitte à ce qu'elles ne soient pas dans mes goûts, et au premier abord, ça avait l'air potable, je regrette ce résultat, je suis sûr que si l'idée avait été mieux pensée ou plus creusée, elle aurait pu déboucher sur un truc bien.
L'Ecole Capucine
Cette série m'a vraiment ennuyé. J'ai trouvé cette histoire fantastique de maîtresse d'école magicienne très éloignée de mon goût. À partir de ce socle scénaristique on peut tout proposer sans aucune retenue ce qui est le cas ici (Honoré présent à deux âges, Camille qui se réveille d'un coma par enchantement...). J'ai trouvé les dialogues lourds et pesants. De même je n'ai pas apprécié le style graphique avec ces visages allongés et pointus. Cela rend des héroïnes stylées anorexiques peu jolies. J'oublierai très vite.
Epuisé
Découvert lors de sa sortie, je souhaitais élargir mes connaissances sur les auteurs indé US (Ware, Seth …) Aïe la mauvaise pioche !! Cette mouvance bien que sincère n’est vraiment pas ma came. Joe Matt n’y échappe pas. Il s’essaie aux récits autobiographiques au style graphique peu ragoûtant à mes yeux, le rendu est austère. Voilà pour la forme, pour le fond c’est pas plus reluisant. Je reconnais à l’auteur, un certain courage et franchise, il ne s’épargne pas mais ça ne fait pas une bonne bd. On s’emmerde sacrément durant la lecture, le mec est assez détestable et ne fait rien pour s’en sortir. Il se complaît dans son personnage de looser : accro au porno, à la masturbation, la pingrerie est le summum de l’art pour lui, sa relation avec ses amis (?) dessinateurs est des plus perturbantes, il possède un mauvais fond … bref n’en jetais plus. Pas beaucoup d’intérêt au final si ce n’est la sincérité de l’auteur, j’espère pour lui qu’il a grossi ses traits.
La Geste de Gilles de Chin et du dragon de Mons
Contrairement à beaucoup d'aviseurs, je n'ai pas vraiment adhéré à cette série malgré ses qualités. Merci à Pierig de restituer l'origine de cette légende. Ptiluc arrive admirablement bien à créer une atmosphère lourde et marécageuse grâce à ses dessins caricaturaux et brutaux avec une mise en couleurs très brune. Toutefois, je suis beaucoup plus circonspect sur le message qu'il veut transmettre. Le doute métaphysique a traversé les siècles du christianisme et touché nombre de grands mystiques. Mais le positionner en plein Moyen-Âge fantasmé me semble anachronique. De plus, mixer ce récit avec des monstres issus d'un univers de quasi Fantasy est un effet de mélange des genres peu à mon goût. À mon sens, Ptiluc propose une vision biaisée du Moyen-Âge, livrée avec des concepts de pensées plus tardives. En outre, je ne comprends pas pourquoi il incorpore dans son texte des phrases très triviales style "C'est quoi ce cirque." Ce qui amoindrit pour moi la crédibilité de son propos. De la même façon, le personnage loufoque du dragon style "Casimir" amoindrit la force de sa critique. Je reconnais à la série une originalité graphique forte même si je trouve le dessin peu dans mes goûts. En conclusion (assez abrupte), ce n'est pas mon truc.
Loser Jack
Jack est un jeune homme qui rêve de séduire une danseuse de saloon, Rita, mais il doit pour cela faire preuve de virilité, et il se lance donc dans la carrière de chasseur de prime. Mais il est gringalet, pas très futé, plutôt poissard, et bien évidemment ses tentatives pour appréhender les malfrats tournent immanquablement au désastre. Il se ridiculise systématiquement, obtenant le surnom de « Loser Jack », les railleries de tous, et le mépris de Rita. On est là, hélas, dans la même catégorie que des séries comme Kid Lucky ou Rantanplan, pour rester dans le genre « western pour de rire ». Si je lui attribue une – toute – petite étoile supplémentaire, c’est que, contrairement aux désastres que je viens d’évoquer, « Loser Jack » ne tente pas de surfer éhontément sur l’empathie générée par un personnage célèbre du 9ème art, Erroc créant son propre personnage. Oui, mais voilà, il le fait sans réel talent. En tout cas ça ne marche pas du tout ici. Je n’ai lu que le premier tome (je suis surpris d’ailleurs qu’il y en ait eu un autre !). Mais cela va amplement me suffire. En effet, je n’ai pas ri une seule fois, et je n’ai pas non plus souvenir d’avoir souri aux gags, tant ceux-ci sont convenus, manquent de punch. Le dessin de Rodrigue s’en tire un peu mieux. Sans être extraordinaire, il fait correctement le job. Mais il ne compense pas le ratage des scénarios, franchement faibles. Une lecture que je vais oublier rapidement je pense. Quant au lectorat visé par les auteurs, je pense qu’il doit être très jeune (les ados, et a fortiori les adultes, seront moins indulgents face à ce western assez pauvre). Note réelle 1,5/5.
Venera
Expérience graphique et narrative, Venera reprend à sa manière une thématique présente en science-fiction (qu'il s'agisse de la Cité des Permutants en roman, ou Alt-Life en BD), celle de la sauvegarde du genre humain dans un monde virtuel pour échapper à la fin du monde. Ce contexte, le lecteur le découvre par bribes dans cet ouvrage à la structure décousue et composé de chapitres à la linéarité relative dans lesquels les personnages eux-mêmes semblent marcher vers l'inconnu. Le graphisme est un élément essentiel de l'album. Deux styles différents s'y retrouvent, utilisés pour représenter certains changements d'état ou de lieux dans les différents mondes qui se chevauchent dans son intrigue. Il y a un style illustratif en teintes de gris, comme au fusain, réaliste et fin mais dont les visages sont d'étonnants masques dénués de vie, régulièrement vus sous le même angle comme des images copiées-collées. Et il y a un autre style en ligne claire, paradoxalement plus vivant malgré son moins grand réalisme. J'ai préféré le second au premier que je trouve trop froid, presque désagréable. L'intrigue est rendue absconse par sa narration hachée, les sauts d'une scène à l'autre, avec une foule de personnages mais aucun véritable héros ou protagoniste auquel s'attacher. Le contexte de ce passage des humains vers un monde virtuel est assez flou dans les premiers chapitres et le lecteur curieux essaiera de raccrocher les wagons pour s'y retrouver, comprendre la logique et le fonctionnement de cet univers, quels sont ses dangers et les motivations de chaque partie... Et malheureusement, cela ne s'éclaire jamais vraiment tant la logique de l'ensemble semble malléable, s'entamant avec Venera étant comme une utopique porte de sortie avant de finalement être considérée comme une dangereuse prison par les mêmes qui semblaient y voir au départ leur but ultime, sans que rien ne vienne vraiment expliquer le pourquoi du comment. Trop abscons, trop flou et malléable, pas assez convaincant pour un amateur de SF comme moi, et pas davantage non plus au niveau de l'expérience graphique et narrative.
Perpendiculaire au soleil
Je vais faire mon rabat-joie ou du moins mon insensible avec mon avis. Quand j'ai emprunté cette BD, j'étais persuadé de m'apprêter à lire un petit chef d'oeuvre au vu des avis précédents. Je m'attendais à quelque chose de fort. Mais j'ai assez vite réalisé que ce n'était pas du tout ma tasse de thé. J'étais intrigué par l'idée de fond, un dialogue entre une autrice française et un condamné à mort américain : je ne savais pas trop ce qui pourrait en ressortir mais j'étais curieux. L'initiative est louable dans tous les cas car forcément on n'a très peu de visibilité sur l'état d'esprit de ceux qui patientent dans le couloir de la mort, préférant les déshumaniser en pensant qu'il s'agit d'une part de criminels et d'autre part de morts en sursis. Alors oui, cet ouvrage permet de réaliser à quel point l'interlocuteur de l'autrice est différent des clichés qu'on peut imaginer. On constate d'abord qu'une dizaine d'années après son incarcération, il n'a plus rien de la petite frappe de banlieue noire qu'il était au moment de sa condamnation, c'est devenu un adulte qui a largement eu le temps de réfléchir à ses actes et de passer à autre chose mentalement. On constate aussi très vite qu'il s'agit d'un esprit artistique, adepte de dessin et très curieux de toutes les sources d'inspiration et d'information qu'il peut obtenir. Et du coup, au lieu d'un dialogue entre un prisonnier et un auteur, l'ouvrage est en réalité un dialogue entre deux esprits artistiques, comparant leurs techniques, s'abreuvant mutuellement de leurs références, de leurs expériences et de leurs essais. L'autrice en profite pour réaliser une foule d'oeuvres graphiques inspirées par son interlocuteur et leur dialogue, dont beaucoup de gravures-impressions, comme l'élève des Arts Décoratifs qu'elle était. Et même si visuellement, ces oeuvres sont jolies, leur message a glissé sur ma peau. Je n'ai rien ressenti et je me suis profondément ennuyé sur la majorité des dialogues entre ces deux personnes. Il y a trop d'empreinte artistique dans cet ouvrage pour toucher mon esprit trop logique et matérialiste. Je manque sans doute trop d'humanisme en vérité. Je n'ai pas trouvé dans cet ouvrage ce que je pensais y trouver, et son véritable contenu ne m'a pas intéressé.