S’il est une chose que cette lecture a confirmée, c’est que je ne suis décidément pas grand amateur de récits de super-héros. Et la cause vient encore une fois autant du ton employé que des rebondissements proposés ou du style graphique utilisé.
Le ton d’abord. Grant Morrison fait dans le mélodramatique à outrance, avec des scènes choc dans lesquelles le Joker se montre sans pitié… sauf que je n’ai jamais ressenti l’émotion espérée. Les méchants ne m’effrayent pas. Batman… bahhh, j’vais pas m’inquiéter pour lui, on sait bien qu’il gagne à la fin, donc pas la peine de nous faire croire que ouhhh lalà, comment va-t-il s’en sortir, plongé dans une telle noirceur ?
Et là, j’en viens directement aux rebondissements. Les méchants, parce qu’ils sont très cons (comme d’habitude) vont attaquer Batman un à un, et Batman va les neutraliser. Comment ? la plupart du temps via une ellipse (et donc on ne verra rien). Sur cette histoire de Batman pris au piège dans Arkham se superpose celle du fondateur du célèbre asile. Et là encore, l’histoire nous est racontée via un journal intime plein d’emphase. Le début m’a plu, le milieu m’a lassé et, en définitive, je suis pas sûr d’avoir tout capté.
Enfin, le dessin. Soyons clairs, Dave Mc Kean est une immense artiste. Ses planches sont des œuvres d’art… mais qu’est-ce que je trouve ça fatiguant à lire ! Les phylactères diffèrent en fonction des personnages et si j’ai bien aimé le style choisi pour Batman (en blanc sur fond noir), celui du Joker m’a épuisé. La mise en page est travaillée mais j’ai parfois passé plus de temps à chercher à comprendre un dessin qu’à lire la planche.
Non, décidément, ce n’est pas pour moi. Bof, donc…
Sociorama est une collection que j’apprécie d’habitude. Mais là, je suis sorti déçu de ma lecture, que j’ai finie laborieusement.
La faute sûrement au sujet, qui ne m’a pas accroché. Je croyais au départ lire quelque chose sur le harcèlement de rue et/ou les « frôleurs », mais en fait c’est autre chose. L’album (comme à l’habitude dérivé d’une étude sociologique) s’intéresse à ceux qui se présentent comme des rois de la drague et qui emploient pour arriver à leurs fins des techniques, une stratégie où le hasard et le coup de foudre n’ont pas leur place. Je pensais que ce n'était qu'un canular développé par un charlatan de bac à sable, mais non, ça semble réellement exister.
Le sujet peut intéresser, mais ça n’a pas été mon cas, c’est très éloigné de mes idées, et du coup j’ai suivi en retrait cette enquête romancée.
A vous de voir, mais c’est une des premières fois où un album de cette collection ne m’a pas intéressé.
Note réelle 2,5/5.
Une adolescente européenne dont la mère a du mal à s’en sortir financièrement va se donner à un riche homme d’affaire chinois dans l’Indochine de la fin des années ’20. Cette adolescente, c’est Marguerite Duras, et dans ce roman grandement autobiographique, elle évoque la confusion de sentiments dans laquelle cette première relation amoureuse et sexuelle va la laisser.
L’histoire est écrite avec une grande froideur, Marguerite Duras elle-même semble ne pas trop savoir si elle n’est attirée que par l’argent de son amant, si c’est cet argent qui le rend attirant à ses yeux, si c’est l’attrait de l’interdit qui l’excite ou si elle éprouve un sentiment amoureux pour lui. Et très honnêtement, à la fin de ce manga, je ne saurais trop vous dire ce qui l’a motivée. Confusion des sentiments, donc…
L’adaptation est sans doute très fidèle au roman… mais qu’est-ce que je me suis emmerdé ! Les scènes de sexe mettant en vedette une adolescente de 15 ans qui tire la gueule du début à la fin s’enchainent aux scènes de questionnement de la même adolescente ou à celles où elle se confie à sa copine d’école. Tout au long du récit, elle semble atone, absente, des cernes sous les yeux jusqu’aux chevilles. C’est décrit d’une manière tellement dépassionnée que c’en devient barbant.
Ceci dit, d’un point de vue technique, cette bande dessinée est bien réalisée. Les grandes cases aèrent bien le récit. Le trait est très lisible. La lecture à l’européenne est pour moi un vrai confort. Non, vraiment, c’est bien fait… c’est jusque j’ai trouvé cette histoire d’une grande platitude. Et il en aurait sans doute été de même si je m’étais essayé au roman.
Bof, quoi…
Autant le dire tout de suite, je n’aime pas les codes, ni de narration ni de dessin, du manga. À chaque fois, la galerie présente sur le site ne me tente pas, mais… il faut que j’essaie. Celui-là est court, une intégrale existe en belle édition cartonnée, et j’aime la sf. (Et surtout Noël approche…).
Après lecture, je suis mitigée. C’est le premier manga que je n’abandonne pas avant la page 6, point très positif ! J’ai réussi à dépasser mes aprioris de sens de lecture et comme je n’ai pas vu le film, j’y ai trouvé suffisamment de suspense pour aller jusqu’au bout… mais sans passion.
L’idée de la boucle temporelle n’est pas nouvelle et a déjà été exploitée ailleurs, mais la progression n’est pas si mal faite. L’idée de mettre en avant successivement les deux héros est plutôt bonne, cela relance l’intérêt qui s’émousse un peu au vu des scènes de combat, que personnellement je trouve un peu longues et ch…. euh, répétitives (oui, je sais, c’est le concept !).
Après, il me reste toujours ce dessin typé manga que je n’aime pas.
Les décors, bon, disons que le parti pris est de se concentrer sur les persos, je peux comprendre.
Les personnages, alors là autant les morphologies des corps j’ai été surprise par la qualité du travail, autant les visages, et surtout les expressions, non, je n’arrive pas à dépasser mon aversion, j’ai dû prendre sur moi pour faire abstraction.
Et les scènes d’action et de représentation du mouvement, c’est pareil, je n’aime pas ces codes, j’ai l’impression que ça part dans tous les sens et je ne « vois » pas bien ce qui se passe (ce qui n’arrange pas mon désintérêt pour les scènes de combat).
Quant aux extra-terrestres, bon, je les trouve laids, mais ça n’est pas un problème au contraire, mais c’est que je les trouve surtout franchement ridicules. C’est d’ailleurs un peu dommage qu’on n’ait aucune vue de leur motivation et de leur caractère.
Bon, je suis bien embêtée pour choisir mes étoiles. Je vois que j’arrive à lire un manga avec un minimum d’intérêt, que tout le dessin n’est pas forcément à jeter mais je ne peux pas dire que j’ai aimé. Mon avis est donc forcément très partial, même si j’ai essayé de décortiquer ce que je supporte plus ou moins dans ce type d’oeuvre.
Je retourne de ce pas à mes franco-belges favoris.
La série a visiblement été abandonnée en cours de route. Je dois dire que la lecture de ce premier – et donc unique – album ne me fera pas fortement regretter cet abandon. L’histoire est clairement laissée en plan, sans que je sache où elle voulait nous mener, mais je ne l’ai pas trouvée intéressante.
Quelques aspects la font pencher vers un public jeunesse (les poiscailles et leurs mimiques, le dessin très rondouillard, quelques répliques « gentilles »), alors que d’autres passages sont plus tournés vers un public ado-adulte.
Après un départ où tout semble tourner autour du personnage de couverture, ça bascule brusquement autour de sa sœur de deux acolytes qui – sans que je comprenne réellement pourquoi – partent non pas à la recherche du premier (revenu d’un long voyage avec des marques mystérieuses sur le corps), mais sur ses traces, « pour comprendre » (quoi, je n’en sais trop rien).
Exit donc le faux héros, nous voici avec notre trio, qui débarque dans un royaume où le trône est usurpé par un ministre comploteur. La trame est déjà vu pas mal de fois, et dialogues et actions sont convenues, « gentilles », naïves, même l’humour tombe souvent à plat.
Bref, je suis clairement resté sur ma faim.
Bon, on va la faire courte.
Ça se laisse lire, les auteurs ont suffisamment de savoir faire pour ça. Malheureusement je n’ai jamais été emballé contrairement à leur précédente collaboration.
Le dessin ne m’a pas paru grandiose (alors qu’il est très bon), en fait je n’ai jamais accroché à l’univers proposé, de même pour les personnages. L’intrigue m’a de moins en moins tenu en haleine au fil des tomes, ça devient un peu poussif, je note d’ailleurs que les bonnes notes ici ne sont que pour le 1er tome ;)
Du coup du blockbuster qui loupe le coche à mes yeux, une des rares choses que j’ai appréciées, est l’identité du majordome d’Aristophania, le reste est cousu de fil blanc, pas désagréable mais j’attendais vraiment mieux.
2,5
Christophe Bec est un auteur un peu rageant, car il est capable du meilleur comme du pire, et il est toujours difficile de prévoir, en se lançant dans une nouvelle de ses sagas, si on va être confronté au meilleur ou au pire. Avec Siberia 56 ou les trois premiers tomes de Carthago (je ne suis pas encore allé plus loin), j'ai eu le meilleur. Avec "Eternum", on toucherait plutôt au pire, malheureusement...
Tout n'est pas à jeter dans cette saga, bien sûr, mais Christophe Bec nous ressasse un nouveau scénario rappelant beaucoup ceux qu'il a déjà écrits ailleurs. Il s'interroge énormément sur l'origine de l'Homme et de l'univers. C'est intéressant et parfois captivant, mais le problème, c'est qu'à chaque fois, il tombe dans un gloubi-boulga pseudo-spiritualiste ou philosophique qui ne fonctionne pas vraiment. Déjà, Bunker passait complètement à côté de son potentiel en préférant s'intéresser à la genèse de l'univers plutôt qu'à ses personnages humains. Avec "Eternum", il poursuit dans cette voie qui, malheureusement, ne lui réussit pas.
Bec instaure énormément (trop ?) de références à Alien, mais n'égale jamais le génie de Ridley Scott. Car tout le génie d'Alien, c'est de rester sur un pur récit d'exploration, ce qui était aussi celui de la saga Sanctuaire, que Bec avait dessiné. Mais ce qui coula la saga de Scott, et qui plombe tous les scénarios de Bec, c'est justement de ne pas vouloir rester sur l'exploration, et de préférer imaginer des mythologies trop démonstratives. A la suggestion, Bec préfère l'évidence (sauf dans le cas d'une série comme Siberia 56, justement), et fait crouler son scénario sous le poids de longs verbiages explicatifs toujours très laborieux. Et surtout, en faisant cela, il prive totalement le lecteur de sa capacité à combler les vides d'un scénario légèrement cryptique mais pas trop. Chez lui, plus rien de mystérieux, tout est dit. Or, ce que j'aime, c'est quand des clés nous sont données, mais où on nous laisse imaginer ou comprendre certaines des implications de ce qui nous est montré. Encore une fois, il faut trouver le bon équilibre pour que ce ne soit pas trop abscons, mais encore une fois, j'ai trouvé le bon exemple dans Siberia 56 qui, justement, n'affirme jamais rien sur l'origine de l'univers et l'existence de la civilisation extraterrestre, mais ne nous fait que supposer ce à quoi celle-ci peut ressembler et quelles sont ses motivations.
Ainsi, Eternum explique trop, et c'est sa grande faute. C'est dommage, car le dessin de Jaouen est très réussi. Même si ses corps humains ont toujours des formes un peu trop parfaites ou un peu trop lisses, sa patte graphique correspond totalement à l'ambiance voulue par Bec, ce qui donne un ton véritablement grandiose au scénario. Mais on sait que Bec aime tirer le grandiose vers le grandiloquent...
Donc même si la lecture n'est pas totalement désagréable, Eternum reste une sacrée déception de par son immense potentiel inexploité. Mais bon, je vais continuer à me battre pour trouver de bons scénarios de Bec, je suis sûr qu'il peut encore me surprendre !
Un conte poétique qui ne m'a pas trop touché.
Le dessin est le point fort de ce one-shot. Je le trouve magnifique à regarder, surtout que la dessinatrice nous fait des grandes cases alors on peut admirer tous les détails sans problèmes. Par moment, on dirait qu'on est dans un livre illustré pour enfants, mais on est dans une bande dessinée pour adultes.
Malheureusement, le scénario de Zidrou n'a pas réussi à me captiver ou à m'émouvoir. Les scènes émouvantes m'ont laissé de marbre et je me suis vite ennuyé. Heureusement que ça se lit vite. L'idée de départ est bonne, mais au final je trouve que le développement de cette idée donne un truc un peu convenu, notamment en ce qui a trait au destin final de la baleine.
Tiens ?! J’en gardais un bien meilleur souvenir, j’avais en tête un truc moins bancal.
Comme Le grand A, j’ai joué au 1er jeu vidéo (sur wii - façon Song for Jedi de Dionysos ;) mais pas au 2eme.
Le 1er tome passe encore si on n’est pas trop regardant, c’est l’adaptation ni plus ni moins du 1er jeu. A l’époque, l’histoire me semblait bien astucieuse en arrivant à s’inscrire dans la continuité des 2 trilogies. Ça
raconte la naissance de l'alliance rebelle et l'histoire de l'apprenti secret (Starkiller) de Dark Vador. Ça reste pas mal foutu pour les fans même si bourré d’incohérences et pas très crédible. Notre jeune héros deviendra un surhomme dans sa quête, des personnages qui me semblaient déjà morts réapparaissent (Shaak Ti ?) et des nouveaux dont on n'entendra plus parler par la suite (Maitre Kota…). Bref divertissant mais à ne pas prendre au pied de la lettre comme une vérité absolue, de toute façon Disney a rendu toute cette partie non canonique.
Niveau dessins, ils sont 3 à partager cette commande… pas nul mais pas terrible comme résultat.
Le 2eme tome est vraiment un cran en dessous. Alors que le dessin s’améliore un peu, l’histoire sombre.
On nous refait le coup du clone comme dans L’Empire des ténèbres, un procédé que je ne goûte guère. Mais le pire reste la narration, c’est haché au possible, que d’ellipses ?! J’ai l’impression que l’histoire cherche à se démarquer du jeu, une sorte de parcours parallèle à celle de Starkiller, on suit Boba Fett, 2 trajectoires qui se rencontreront.
Très peu d’intérêt au final s’il vous manque comme moi un autre pan de l’histoire.
Après c’est l’adaptation d’un jeu vidéo, ça reste bien commercial comme procédé. A vous de voir à la limite pour le 1er, le 2eme étant clairement à fuir.
Avec un tel titre, faut pas s'attendre à tomber sur une Bd d'un style raffiné, mais en vérité, j'ai mal compris cette épithète car Dimitri n'est pas très précis pour indiquer à qui elle s'adresse ; à quoi sert-elle ? que représente-t-elle ? qui définit-elle ?
Avec ce récit publié dans Charlie Mensuel en 1984, Dimitri marche ouvertement sur les plate-bandes de Vuillemin en dénonçant une France complètement gangrénée par une frange d'individus fouteurs de merde, et à grands coups d'humour féroce et virulent envers certaines minorités. Je crois que si Dimitri revenait aujourd'hui, il verrait ce qu'il décrit dans cet album se réaliser à la puissance mille, mais il n'est pas du tout certain qu'il pourrait refaire ce genre de bande aujourd'hui dans notre époque ultra surveillée par des gens qui au moindre dérapage, vous foutent un procès au cul.
Alors certes, Dimitri va très loin dans son propos et s'en prend un peu à tout le monde sans prendre de gants ; l'ennui, c'est que son scénario n'est pas très structuré, je saisis à peu près ce qu'il veut faire comprendre, mais c'est une suite de scènes un peu décousues qui sont ajoutées les unes aux autres de façon à créer une réaction soit de prise de conscience, soit d'indignation chez le lecteur.
Son dessin est aussi réaliste que dans ses bandes de guerre, mais faut avouer que cette Bd surprend par ce cri de révolte très acide ; en fait, j'ai l'impression qu'il situe ces faits et ces personnages dans une sorte de futur proche, et que quand on lit ces propos de 1984, on s'aperçoit qu'on est dans les années 2000 voire un peu au-dela... En tout cas, c'est une Bd qui ne m'a pas tellement emballé, tout ça est bien trop sombre, démoralisant, et pas si drôle.
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Batman - Arkham Asylum (L'asile d'Arkham)
S’il est une chose que cette lecture a confirmée, c’est que je ne suis décidément pas grand amateur de récits de super-héros. Et la cause vient encore une fois autant du ton employé que des rebondissements proposés ou du style graphique utilisé. Le ton d’abord. Grant Morrison fait dans le mélodramatique à outrance, avec des scènes choc dans lesquelles le Joker se montre sans pitié… sauf que je n’ai jamais ressenti l’émotion espérée. Les méchants ne m’effrayent pas. Batman… bahhh, j’vais pas m’inquiéter pour lui, on sait bien qu’il gagne à la fin, donc pas la peine de nous faire croire que ouhhh lalà, comment va-t-il s’en sortir, plongé dans une telle noirceur ? Et là, j’en viens directement aux rebondissements. Les méchants, parce qu’ils sont très cons (comme d’habitude) vont attaquer Batman un à un, et Batman va les neutraliser. Comment ? la plupart du temps via une ellipse (et donc on ne verra rien). Sur cette histoire de Batman pris au piège dans Arkham se superpose celle du fondateur du célèbre asile. Et là encore, l’histoire nous est racontée via un journal intime plein d’emphase. Le début m’a plu, le milieu m’a lassé et, en définitive, je suis pas sûr d’avoir tout capté. Enfin, le dessin. Soyons clairs, Dave Mc Kean est une immense artiste. Ses planches sont des œuvres d’art… mais qu’est-ce que je trouve ça fatiguant à lire ! Les phylactères diffèrent en fonction des personnages et si j’ai bien aimé le style choisi pour Batman (en blanc sur fond noir), celui du Joker m’a épuisé. La mise en page est travaillée mais j’ai parfois passé plus de temps à chercher à comprendre un dessin qu’à lire la planche. Non, décidément, ce n’est pas pour moi. Bof, donc…
Séducteurs de rue
Sociorama est une collection que j’apprécie d’habitude. Mais là, je suis sorti déçu de ma lecture, que j’ai finie laborieusement. La faute sûrement au sujet, qui ne m’a pas accroché. Je croyais au départ lire quelque chose sur le harcèlement de rue et/ou les « frôleurs », mais en fait c’est autre chose. L’album (comme à l’habitude dérivé d’une étude sociologique) s’intéresse à ceux qui se présentent comme des rois de la drague et qui emploient pour arriver à leurs fins des techniques, une stratégie où le hasard et le coup de foudre n’ont pas leur place. Je pensais que ce n'était qu'un canular développé par un charlatan de bac à sable, mais non, ça semble réellement exister. Le sujet peut intéresser, mais ça n’a pas été mon cas, c’est très éloigné de mes idées, et du coup j’ai suivi en retrait cette enquête romancée. A vous de voir, mais c’est une des premières fois où un album de cette collection ne m’a pas intéressé. Note réelle 2,5/5.
L'Amant
Une adolescente européenne dont la mère a du mal à s’en sortir financièrement va se donner à un riche homme d’affaire chinois dans l’Indochine de la fin des années ’20. Cette adolescente, c’est Marguerite Duras, et dans ce roman grandement autobiographique, elle évoque la confusion de sentiments dans laquelle cette première relation amoureuse et sexuelle va la laisser. L’histoire est écrite avec une grande froideur, Marguerite Duras elle-même semble ne pas trop savoir si elle n’est attirée que par l’argent de son amant, si c’est cet argent qui le rend attirant à ses yeux, si c’est l’attrait de l’interdit qui l’excite ou si elle éprouve un sentiment amoureux pour lui. Et très honnêtement, à la fin de ce manga, je ne saurais trop vous dire ce qui l’a motivée. Confusion des sentiments, donc… L’adaptation est sans doute très fidèle au roman… mais qu’est-ce que je me suis emmerdé ! Les scènes de sexe mettant en vedette une adolescente de 15 ans qui tire la gueule du début à la fin s’enchainent aux scènes de questionnement de la même adolescente ou à celles où elle se confie à sa copine d’école. Tout au long du récit, elle semble atone, absente, des cernes sous les yeux jusqu’aux chevilles. C’est décrit d’une manière tellement dépassionnée que c’en devient barbant. Ceci dit, d’un point de vue technique, cette bande dessinée est bien réalisée. Les grandes cases aèrent bien le récit. Le trait est très lisible. La lecture à l’européenne est pour moi un vrai confort. Non, vraiment, c’est bien fait… c’est jusque j’ai trouvé cette histoire d’une grande platitude. Et il en aurait sans doute été de même si je m’étais essayé au roman. Bof, quoi…
All You Need is Kill
Autant le dire tout de suite, je n’aime pas les codes, ni de narration ni de dessin, du manga. À chaque fois, la galerie présente sur le site ne me tente pas, mais… il faut que j’essaie. Celui-là est court, une intégrale existe en belle édition cartonnée, et j’aime la sf. (Et surtout Noël approche…). Après lecture, je suis mitigée. C’est le premier manga que je n’abandonne pas avant la page 6, point très positif ! J’ai réussi à dépasser mes aprioris de sens de lecture et comme je n’ai pas vu le film, j’y ai trouvé suffisamment de suspense pour aller jusqu’au bout… mais sans passion. L’idée de la boucle temporelle n’est pas nouvelle et a déjà été exploitée ailleurs, mais la progression n’est pas si mal faite. L’idée de mettre en avant successivement les deux héros est plutôt bonne, cela relance l’intérêt qui s’émousse un peu au vu des scènes de combat, que personnellement je trouve un peu longues et ch…. euh, répétitives (oui, je sais, c’est le concept !). Après, il me reste toujours ce dessin typé manga que je n’aime pas. Les décors, bon, disons que le parti pris est de se concentrer sur les persos, je peux comprendre. Les personnages, alors là autant les morphologies des corps j’ai été surprise par la qualité du travail, autant les visages, et surtout les expressions, non, je n’arrive pas à dépasser mon aversion, j’ai dû prendre sur moi pour faire abstraction. Et les scènes d’action et de représentation du mouvement, c’est pareil, je n’aime pas ces codes, j’ai l’impression que ça part dans tous les sens et je ne « vois » pas bien ce qui se passe (ce qui n’arrange pas mon désintérêt pour les scènes de combat). Quant aux extra-terrestres, bon, je les trouve laids, mais ça n’est pas un problème au contraire, mais c’est que je les trouve surtout franchement ridicules. C’est d’ailleurs un peu dommage qu’on n’ait aucune vue de leur motivation et de leur caractère. Bon, je suis bien embêtée pour choisir mes étoiles. Je vois que j’arrive à lire un manga avec un minimum d’intérêt, que tout le dessin n’est pas forcément à jeter mais je ne peux pas dire que j’ai aimé. Mon avis est donc forcément très partial, même si j’ai essayé de décortiquer ce que je supporte plus ou moins dans ce type d’oeuvre. Je retourne de ce pas à mes franco-belges favoris.
Les Passagers de la Dernière Vague
La série a visiblement été abandonnée en cours de route. Je dois dire que la lecture de ce premier – et donc unique – album ne me fera pas fortement regretter cet abandon. L’histoire est clairement laissée en plan, sans que je sache où elle voulait nous mener, mais je ne l’ai pas trouvée intéressante. Quelques aspects la font pencher vers un public jeunesse (les poiscailles et leurs mimiques, le dessin très rondouillard, quelques répliques « gentilles »), alors que d’autres passages sont plus tournés vers un public ado-adulte. Après un départ où tout semble tourner autour du personnage de couverture, ça bascule brusquement autour de sa sœur de deux acolytes qui – sans que je comprenne réellement pourquoi – partent non pas à la recherche du premier (revenu d’un long voyage avec des marques mystérieuses sur le corps), mais sur ses traces, « pour comprendre » (quoi, je n’en sais trop rien). Exit donc le faux héros, nous voici avec notre trio, qui débarque dans un royaume où le trône est usurpé par un ministre comploteur. La trame est déjà vu pas mal de fois, et dialogues et actions sont convenues, « gentilles », naïves, même l’humour tombe souvent à plat. Bref, je suis clairement resté sur ma faim.
Aristophania
Bon, on va la faire courte. Ça se laisse lire, les auteurs ont suffisamment de savoir faire pour ça. Malheureusement je n’ai jamais été emballé contrairement à leur précédente collaboration. Le dessin ne m’a pas paru grandiose (alors qu’il est très bon), en fait je n’ai jamais accroché à l’univers proposé, de même pour les personnages. L’intrigue m’a de moins en moins tenu en haleine au fil des tomes, ça devient un peu poussif, je note d’ailleurs que les bonnes notes ici ne sont que pour le 1er tome ;) Du coup du blockbuster qui loupe le coche à mes yeux, une des rares choses que j’ai appréciées, est l’identité du majordome d’Aristophania, le reste est cousu de fil blanc, pas désagréable mais j’attendais vraiment mieux. 2,5
Eternum
Christophe Bec est un auteur un peu rageant, car il est capable du meilleur comme du pire, et il est toujours difficile de prévoir, en se lançant dans une nouvelle de ses sagas, si on va être confronté au meilleur ou au pire. Avec Siberia 56 ou les trois premiers tomes de Carthago (je ne suis pas encore allé plus loin), j'ai eu le meilleur. Avec "Eternum", on toucherait plutôt au pire, malheureusement... Tout n'est pas à jeter dans cette saga, bien sûr, mais Christophe Bec nous ressasse un nouveau scénario rappelant beaucoup ceux qu'il a déjà écrits ailleurs. Il s'interroge énormément sur l'origine de l'Homme et de l'univers. C'est intéressant et parfois captivant, mais le problème, c'est qu'à chaque fois, il tombe dans un gloubi-boulga pseudo-spiritualiste ou philosophique qui ne fonctionne pas vraiment. Déjà, Bunker passait complètement à côté de son potentiel en préférant s'intéresser à la genèse de l'univers plutôt qu'à ses personnages humains. Avec "Eternum", il poursuit dans cette voie qui, malheureusement, ne lui réussit pas. Bec instaure énormément (trop ?) de références à Alien, mais n'égale jamais le génie de Ridley Scott. Car tout le génie d'Alien, c'est de rester sur un pur récit d'exploration, ce qui était aussi celui de la saga Sanctuaire, que Bec avait dessiné. Mais ce qui coula la saga de Scott, et qui plombe tous les scénarios de Bec, c'est justement de ne pas vouloir rester sur l'exploration, et de préférer imaginer des mythologies trop démonstratives. A la suggestion, Bec préfère l'évidence (sauf dans le cas d'une série comme Siberia 56, justement), et fait crouler son scénario sous le poids de longs verbiages explicatifs toujours très laborieux. Et surtout, en faisant cela, il prive totalement le lecteur de sa capacité à combler les vides d'un scénario légèrement cryptique mais pas trop. Chez lui, plus rien de mystérieux, tout est dit. Or, ce que j'aime, c'est quand des clés nous sont données, mais où on nous laisse imaginer ou comprendre certaines des implications de ce qui nous est montré. Encore une fois, il faut trouver le bon équilibre pour que ce ne soit pas trop abscons, mais encore une fois, j'ai trouvé le bon exemple dans Siberia 56 qui, justement, n'affirme jamais rien sur l'origine de l'univers et l'existence de la civilisation extraterrestre, mais ne nous fait que supposer ce à quoi celle-ci peut ressembler et quelles sont ses motivations. Ainsi, Eternum explique trop, et c'est sa grande faute. C'est dommage, car le dessin de Jaouen est très réussi. Même si ses corps humains ont toujours des formes un peu trop parfaites ou un peu trop lisses, sa patte graphique correspond totalement à l'ambiance voulue par Bec, ce qui donne un ton véritablement grandiose au scénario. Mais on sait que Bec aime tirer le grandiose vers le grandiloquent... Donc même si la lecture n'est pas totalement désagréable, Eternum reste une sacrée déception de par son immense potentiel inexploité. Mais bon, je vais continuer à me battre pour trouver de bons scénarios de Bec, je suis sûr qu'il peut encore me surprendre !
La Baleine bibliothèque
Un conte poétique qui ne m'a pas trop touché. Le dessin est le point fort de ce one-shot. Je le trouve magnifique à regarder, surtout que la dessinatrice nous fait des grandes cases alors on peut admirer tous les détails sans problèmes. Par moment, on dirait qu'on est dans un livre illustré pour enfants, mais on est dans une bande dessinée pour adultes. Malheureusement, le scénario de Zidrou n'a pas réussi à me captiver ou à m'émouvoir. Les scènes émouvantes m'ont laissé de marbre et je me suis vite ennuyé. Heureusement que ça se lit vite. L'idée de départ est bonne, mais au final je trouve que le développement de cette idée donne un truc un peu convenu, notamment en ce qui a trait au destin final de la baleine.
Star Wars - Le Pouvoir de la Force
Tiens ?! J’en gardais un bien meilleur souvenir, j’avais en tête un truc moins bancal. Comme Le grand A, j’ai joué au 1er jeu vidéo (sur wii - façon Song for Jedi de Dionysos ;) mais pas au 2eme. Le 1er tome passe encore si on n’est pas trop regardant, c’est l’adaptation ni plus ni moins du 1er jeu. A l’époque, l’histoire me semblait bien astucieuse en arrivant à s’inscrire dans la continuité des 2 trilogies. Ça raconte la naissance de l'alliance rebelle et l'histoire de l'apprenti secret (Starkiller) de Dark Vador. Ça reste pas mal foutu pour les fans même si bourré d’incohérences et pas très crédible. Notre jeune héros deviendra un surhomme dans sa quête, des personnages qui me semblaient déjà morts réapparaissent (Shaak Ti ?) et des nouveaux dont on n'entendra plus parler par la suite (Maitre Kota…). Bref divertissant mais à ne pas prendre au pied de la lettre comme une vérité absolue, de toute façon Disney a rendu toute cette partie non canonique. Niveau dessins, ils sont 3 à partager cette commande… pas nul mais pas terrible comme résultat. Le 2eme tome est vraiment un cran en dessous. Alors que le dessin s’améliore un peu, l’histoire sombre. On nous refait le coup du clone comme dans L’Empire des ténèbres, un procédé que je ne goûte guère. Mais le pire reste la narration, c’est haché au possible, que d’ellipses ?! J’ai l’impression que l’histoire cherche à se démarquer du jeu, une sorte de parcours parallèle à celle de Starkiller, on suit Boba Fett, 2 trajectoires qui se rencontreront. Très peu d’intérêt au final s’il vous manque comme moi un autre pan de l’histoire. Après c’est l’adaptation d’un jeu vidéo, ça reste bien commercial comme procédé. A vous de voir à la limite pour le 1er, le 2eme étant clairement à fuir.
Les Mange merde
Avec un tel titre, faut pas s'attendre à tomber sur une Bd d'un style raffiné, mais en vérité, j'ai mal compris cette épithète car Dimitri n'est pas très précis pour indiquer à qui elle s'adresse ; à quoi sert-elle ? que représente-t-elle ? qui définit-elle ? Avec ce récit publié dans Charlie Mensuel en 1984, Dimitri marche ouvertement sur les plate-bandes de Vuillemin en dénonçant une France complètement gangrénée par une frange d'individus fouteurs de merde, et à grands coups d'humour féroce et virulent envers certaines minorités. Je crois que si Dimitri revenait aujourd'hui, il verrait ce qu'il décrit dans cet album se réaliser à la puissance mille, mais il n'est pas du tout certain qu'il pourrait refaire ce genre de bande aujourd'hui dans notre époque ultra surveillée par des gens qui au moindre dérapage, vous foutent un procès au cul. Alors certes, Dimitri va très loin dans son propos et s'en prend un peu à tout le monde sans prendre de gants ; l'ennui, c'est que son scénario n'est pas très structuré, je saisis à peu près ce qu'il veut faire comprendre, mais c'est une suite de scènes un peu décousues qui sont ajoutées les unes aux autres de façon à créer une réaction soit de prise de conscience, soit d'indignation chez le lecteur. Son dessin est aussi réaliste que dans ses bandes de guerre, mais faut avouer que cette Bd surprend par ce cri de révolte très acide ; en fait, j'ai l'impression qu'il situe ces faits et ces personnages dans une sorte de futur proche, et que quand on lit ces propos de 1984, on s'aperçoit qu'on est dans les années 2000 voire un peu au-dela... En tout cas, c'est une Bd qui ne m'a pas tellement emballé, tout ça est bien trop sombre, démoralisant, et pas si drôle.