C'est le premier ouvrage de Davodeau que je lis et je n'ai pas été convaincu. C'est souvent difficile de commencer par une oeuvre de jeunesse qui laisse entrevoir du talent mais avec encore pas mal d'imperfections.
Le graphisme est vraiment sympa avec des personnages bien travaillés et détaillés. Cela manque un peu de rondeurs à mon goût mais le dynamisme est bon ce qui produit un récit facile à lire et pas ennuyeux.
Je suis moins fan de la mise en couleur qui ne valorise pas les paysages ( montagne, forêt ou Sahara) du récit.
Malheureusement je n'aime pas l'exploitation d'un scénario assez moyen. Ce récit qui mèle un zest de fantastique avec un épisode de fiction presque burlesque de la guerre d'Algérie.
J'ai eu l'impression d'une histoire invraisemblable uniquement faite pour ridiculiser le personnage du colonel. C'est un peu court pour moi.
Quant au personnage de Saltiel , il ne m'a pas donné envie de continuer la série.
Adaptation du second polar de Vernon Sullivan, alias Boris Vian, "Les morts ont tous la même peau" suit la même ligne de conduite que J'irai cracher sur vos tombes : une dénonciation du racisme par le biais de la violence et du sexe.
C'est l'histoire de Dan Parker, dont sa couleur de peau blanche trahie ses origines noires américaines. Dan, videur de boîte de nuit ultra violent, qui ne vit que pour sa femme Sheila, assouvit ses pulsions sexuelles tout au long du roman. Une visite de son frère Richard, de couleur noire, le poussera au meurtre de peur d'être démasqué, lui qui fait tout pour être reconnu comme "blanc".
Même si le thème s'inverse (Dan Parker déteste son passé d'homme noir) par rapport à J'irai cracher sur vos tombes (Lee Anderson est lui fier de ses origines), les similitudes entre les deux ouvrages sont flagrantes. Je trouve même que ce second thème est une pâle copie du premier.
Je n'ai pas accroché à cette adaptation signée Jean-David Morvan. L'esthétisme du dessin est un ton en dessous; en effet, les variations de qualités me paraissent trop pénalisantes. L'histoire, elle, me semble trop simpliste bien que le final rattrape un peu la précipitation scénaristique.
Tout comme le très clivant J'irai cracher sur vos tombes, il ne faut surtout pas lire cette bande dessinée hors contexte. Boris Vian voulait combattre le racisme en choquant la bien-pensance de l'époque. Seul le côté sociopathe du personnage principal relève, selon moi, l'intérêt de cette œuvre.
Dommage.
Mwouais, bof bof bof…
Ce récit feelgood s’appuie sur un évènement local qui avait pour but de renforcer les liens entre les habitants d’un village. En effet, ceux-ci avaient été invités à participer à un puzzle géant.
Jérôme Félix signe une fiction autour de ce projet, une histoire pleine de bons sentiments qui s’articule autour d’une passion amoureuse. Ce récit est une succession de clichés, à l’exception du fait que tous les habitants du village semblent vouloir caser l’héroïne avec un autre homme sans tenir compte du fait qu’elle a déjà un compagnon (chose que j’ai trouvé assez étrange, voire malsaine). Sinon, on y trouve un ton bonhomme, des réparties qui se veulent pleines de gouaille et des personnages clichés (le looser sympathique, le dirigeant d’entreprise imbu de lui-même, la fraiche et jolie et enthousiaste jeune femme, le gentil instituteur, etc…).
Le dessin d'Alain Janolle est facile à lire (les visages sont parfois un peu figés mais ça ne gène pas spécialement). La colorisation, signée Vera Daviet, est vive mais agréable. Ca aurait pu le faire et peut-être mon ennui vient-il surtout du fait que j’en ai un peu soupé de ces récits mielleux et convenus. Toujours est-il que j’ai souvent baillé devant cette succession de clichés et de bons sentiments.
Bof, pour ma part, donc.
Je me suis trouvée le cul entre deux chaises après avoir lu cet album.
Je n’ai pas bien compris si on m’expliquait gentiment que si je ne me pâme pas devant l’art contemporain, c’est que je suis une truffe inculte au cerveau épais… ou si l’auteur se moquait tout aussi gentiment de ce monde des galeristes et autres artistes et critiques d’art, dont il fait visiblement partie.
Avouez quand même que la situation est inconfortable au possible !
L’ouvrage étant classé humour chez l’éditeur, je vais pencher pour la seconde option.
Cela dit, je n’ai pas trouvé l’album foncièrement désagréable à lire. Une grande image par page et juste une petite phrase de commentaire font que la lecture est rapide. Sur quelques planches, j’ai trouvé ce petit décalage qui m’a procuré un petit sourire j’avoue un peu moqueur. J’ai bien aimé celle où les visiteurs d’une galerie s’extasient devant les travaux de rénovation des canalisations en prenant ça pour une performance artistique mise en scène.
Mais c’est à peu près tout. Beaucoup de planches m’ont laissée complètement indifférente, hermétique que je suis à ce monde où j’ai l’impression qu’on cherche surtout à paraître ne pas s’ennuyer.
Ce microcosme m’intéresse peu. Tant mieux pour eux de n’être pas nés dans d’autres milieux, où ils n’auraient pas trouvé le temps de se poser ces questions.
Sinon, ben, j’ai quand même capté une ou deux références à des œuvres connues. Ah, et puis j’ai appris un nouveau mot que je ne connaissais pas : une « monstration », j’essaierai de le replacer :-).
Dessin minimaliste mais pas désagréable à regarder je trouve. Sans plus.
Qui suis-je pour noter "Peanuts" et les célèbres Charlie et Snoopy avec deux étoiles ? Les strips de Schulz ont créé deux personnages qui ont donné leur nom à des modules de la Nasa, ont été sources d'inspiration pour des chansons ou des films.
Mieux encore ! Si j'en crois Wikipédia, le nom du petit Charlie Brown est devenu un symbole de la liberté d'expression dont le nom a été brandi haut et fort par des millions de personnes pour contrer la barbarie.
Je pense donc que l'on pourrait très facilement classer cette série en culte. Mais perso je ne m'y retrouve pas et les personnages de Schulz ne peuplent pas du tout mon imaginaire de la BD (ou des comics).
Quand j'étais jeune les quelques dessins animés qui représentaient Charlie et ses amis me laissaient complétement indifférent car je ne comprenais rien à l'humour d'adultes que véhiculait l'œuvre de Schulz.
Aujourd'hui la lecture d'un album me montre que je n'ai pas beaucoup changé. Ce personnage de "Loser dépressif" symbole d'une Amérique "riche mais triste" m'insupporte. Charlie et ses amis auraient eu moins d'états d'âme s’ils étaient nés au Nigéria, au Vietnam ou en Bolivie (liste non exhaustive). Quant à Snoopy il aurait fait une très bonne soupe du côté de Shangaï.
Le succès a prouvé que l'intuition graphique de Schulz est excellente. Un graphisme minimaliste sans décor ni ambiance favorise l'expression de cette petite bande d'enfants blancs où les parents sont absents. Cela a probablement permis à un grand nombre d'adultes et lectrices de ces strips de s'approprier l'univers de Schulz aux quatre coins des USA.
C'est beaucoup moins vrai pour l'univers français que je connaissais. Je trouve la mise en couleur d'une pauvreté désolante avec ces fonds uniformes de couleurs basiques.
Incontestablement un comics historique mais qui me laisse indifférent.
La brigade de l'étrange met en scène une brigade de police à la fin du 19ème siècle chargée d'enquêter sur des évènements mystérieux aux 4 coins de la France.
Le concept rappelle énormément X-Files, et au final l'un des plus gros reproches que l'on puisse faire à cette BD, c'est finalement son manque d'originalité, cela fait vu et re-vu. La différence étant que les auteurs se prennent au sérieux et sont très premier degré, voulant nous donner des histoires "crédibles".....Mais avoir donné comme nom officiel (ce n'est pas un surnom) à leur équipe "la brigade de l'étrange" fait s'effriter rapidement la crédibilité en question.
Cette brigade est composée d'un trio, inspiré d'acteurs de cinéma, une constante chez le dessinateur qui reprendra l'idée dans plusieurs autres séries, comme Les démons des Carpathes. Le chef de la bande, qui semble être inspiré de Vincent Price version robur, est à la poursuite du mystérieux assassin de ses parents (cliché).
Le second membre de l'équipe est un ancien cambrioleur assagi (encore un gros cliché) qui est calqué sur Jean Gabin (avec des cheveux blond). Le dernier membre, un professeur, est lui calqué sur Peter Cushing: c'est un ex-médecin ayant fait des expériences pas très nettes a priori sur des cadavres. Ah oui, dans le tome 2 on découvre que le chef de la brigade (qui fait son apparition pour la première fois) est effectivement un calque d'un acteur de Sherlock Holmes, et dans le tome 3 le frère du professeur fait son apparition, et se révèle être calqué sur Christopher Lee (sachant que Cushing et Lee ont commencé leur carrière ensemble en jouant respectivement Van Hellsing et Dracula, l'allusion pourrait être sympathique mais je la trouve grossière et convenue).
Les dessins sont très statiques / figés et les personnages n'expriment que peu d'émotions. Autrement dit ils ont peu de charisme. Autre détail assez surprenant, on ne voit presque jamais les deux "reconvertis" faire usage de leur ancien savoir-faire, autant dire que rien ne les distingue vraiment de simples flics, plus occupés à faire de l'humour (vraiment) pas drôle et à assommer la moitié du pays que d'enquêter.
Les mystères étant quant à eux franchement inintéressants au possible.
Bref cela peut faire passer le temps, mais sans plus.
MAJ 01/07/2023: je viens de lire le tome 4 qui conclue la série...en ne concluant rien au final. On n'en saura pas plus sur le mystérieux passé du grand chef qui servait de fil directeur dans les tomes précédents. Et ce tome 4 est le pire de tous : cette fameuse brigade assassine de nombreuses personnes désarmées sans aucune forme de scrupules : un assassin et tortureur d'enfant (auquel les auteurs ont donné le visage de...Gérard Depardieu, merci pour lui) est exécuté manu militari ("on fera passer ta juste saute d'humeur pour de la légitime défense"), un autre tueur est désarmé, puis abattu dans le dos et jeté de la fenêtre d'un train (après que le gentil policier ait drogué un des complices du tueur et l'ait laissé se faire assassiner à sa place sans rien faire)....Et le reste de l'intrigue est totalement abracadabrantesque à base de fantômes et autres idioties. Le seul point positif, c'est une courte caméo de Michael Caine et Sean Connery grimés comme dans "l'homme qui voulait être roi"
Un monde magique où la pleine lune transforme les humains en animaux merveilleux pour une nuit de liberté où ils s'ébattent joyeusement dans la nature. Les héroïnes sont quatre apprenties prêtresses de la lune, ayant chacune pour animal totem un cheval d'un type différent. Le jour où un mystérieux trait rouge vient détruire la lune, leur monde s'effondre et la populace rejette la faute sur les prêtresses qui doivent fuir en empruntant les dangereux couleurs noirs qui les mènent vers d'autres lieux et d'autres mondes.
Autant dans son dessin que dans son contenu, cette BD semble s'adresser en priorité aux jeunes adolescentes romantiques, amatrices de shojo, de fantasy et de chevaux.
Le trait d'Aurora Gate est de ce style à mi-chemin entre l'école Disney et les manga, avec ici une colorisation informatique aux tons majoritairement pastels. Même si leur expressivité est assez limitée, elle maîtrise plutôt bien ses personnages et réussit très bien ses chevaux dont on la sent passionnée.
L'histoire est de l'aventure magique dans un univers de fantasy romantique. Les quatre belles et courageuses amies doivent fuir un terrible danger et survivre à tout prix car elles seules pourront sauver leur monde... du moins c'est ce qu'il nous est dit sans qu'on sache bien pourquoi pour le moment.
Honnêtement, je ne sais pas si c'est parce que je ne suis pas le public cible mais j'ai trouvé aussi bien les personnages que l'intrigue trop nunuches. Les péripéties sont cousues de fil blanc, qu'il s'agisse de la manière dont chacune des héroïnes se retrouve successivement séparée des autres, ou encore de la très agaçante manière dont la populace devient stupidement agressive à l'extrême envers les prêtresses. Tout cela est mal amené, sans crédibilité ni enjeu convaincant. Je ne suis guère motivé à l'idée de lire la suite.
Je suis amateur de séries policières et je j'apprécie le genre fantastique pour nous faire voyager dans une dimension irrationnelle.
A priori la série de Tardi, Delobel et Ruault avait tout pour me convaincre. Je reconnais même aux auteurs 15 ans d'avance sur la mode des dinosaures développée par Spielberg et son Jurassic Park.
Pourtant la jolie Adèle m'a assez ennuyé malgré les qualités du graphisme de Tardi et l'ambiance fantastique qui rappelle les romans du début du XXème siècle.
C'est probablement dû à l'héroïne que je trouve assez transparente et très passive dans le déroulement des aventures.
Au départ elle se présente comme une groupie du criminel qu'elle doit dépeindre dans son roman (un syndrome Mesrine ?). Cela lui donne immédiatement à mes yeux une personnalité de second plan coincée entre la police, les criminels et les créatures fantastiques.
La seconde chose qui ne m'a pas convaincu est la lourdeur des dialogues. Je trouve les explications très pesantes et embrouillées pour expliquer qui est qui, qui meurt ou pas ou le pourquoi de tel élément fantastique.
J'aime bien le graphisme de Tardi qui rend une copie très appliquée sur les extérieurs parisiens ou les objets et costumes d'époque.
Malgré ces qualités j'ai trouvé la série datée et d'une lecture assez malaisée et plutôt ennuyeuse. 2.5
Très peu de gags m’auront fait rire, en définitive. En règle générale, je trouve même qu’Andy Riley a été très peu inspiré par sa thématique, tombant dans la facilité et la redondance.
Au niveau du dessin, le chien est particulièrement ‘mal’ dessiné. Riley opte pour un style cubiste improbable avec les deux yeux sur la même face et un corps en parallélépipède. C’est d’autant plus bizarre en comparaison du chat qui, lui, est dessiné d’une manière plus classique quoique très ‘cartoon’. Un choix sans doute dicté dans le but d’accentuer le caractère idiot du chien, ce qui, en définitive, fonctionne plutôt bien. Pour le reste, bah, ça va mais ça n’a rien d’exceptionnel. Disons que si les gags avaient été vraiment très drôles, le dessin n’aurait pas été un frein, mais qu’il est insuffisant pour apporter de l’humour en suppléance des idées développées.
Au niveau des gags, comme je le disais, c’est très caricatural et vite répétitif. Le chien est idiot, le chat est hautain. Et on tourne sur ces quelques traits tout au long du livre.
Bof bof, quoi…
Je n’ai pas été convaincu par cette aventure.
Le dessin et sa colorisation sont très agréables. Mais avec ce type de trait les cases se doivent d’être assez grandes, histoire de le laisser s’exprimer. Du coup, il y a peu de cases par planches… et donc peu d’espace pour adapter un roman sans que cette adaptation ne souffre de coupures.
Car le point faible de cet album, c’est bien le caractère précipité du scénario. En soi, l’idée générale n’est pas mauvaise, mais la personnalité du personnage central nécessitait une plus grande attention, une progression mieux étalée, histoire qu’on le comprenne. Ici, tout va clairement trop vite, à un point tel que même le titre devient incompréhensible (de quelle différence parle-t-on ?) Certains éléments sont mentionnés sans qu’on en saisisse l’importance. La fin est une vraie queue de poisson. En clair, l’adaptation est ratée, et la cause principale est le manque de place.
Je serais curieux de lire le roman, pour vérifier que le problème vient bien de l’adaptation mais quoiqu’il en soit, l’histoire telle que proposée ici ne m’a pas convaincu. Manque de profondeur des personnages, progression du scénario bancale, fin précipitée. Il ne reste que le dessin pour sauver l’affaire, et ce n’est pas assez.
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Les Amis de Saltiel
C'est le premier ouvrage de Davodeau que je lis et je n'ai pas été convaincu. C'est souvent difficile de commencer par une oeuvre de jeunesse qui laisse entrevoir du talent mais avec encore pas mal d'imperfections. Le graphisme est vraiment sympa avec des personnages bien travaillés et détaillés. Cela manque un peu de rondeurs à mon goût mais le dynamisme est bon ce qui produit un récit facile à lire et pas ennuyeux. Je suis moins fan de la mise en couleur qui ne valorise pas les paysages ( montagne, forêt ou Sahara) du récit. Malheureusement je n'aime pas l'exploitation d'un scénario assez moyen. Ce récit qui mèle un zest de fantastique avec un épisode de fiction presque burlesque de la guerre d'Algérie. J'ai eu l'impression d'une histoire invraisemblable uniquement faite pour ridiculiser le personnage du colonel. C'est un peu court pour moi. Quant au personnage de Saltiel , il ne m'a pas donné envie de continuer la série.
Les Morts ont tous la même peau
Adaptation du second polar de Vernon Sullivan, alias Boris Vian, "Les morts ont tous la même peau" suit la même ligne de conduite que J'irai cracher sur vos tombes : une dénonciation du racisme par le biais de la violence et du sexe. C'est l'histoire de Dan Parker, dont sa couleur de peau blanche trahie ses origines noires américaines. Dan, videur de boîte de nuit ultra violent, qui ne vit que pour sa femme Sheila, assouvit ses pulsions sexuelles tout au long du roman. Une visite de son frère Richard, de couleur noire, le poussera au meurtre de peur d'être démasqué, lui qui fait tout pour être reconnu comme "blanc". Même si le thème s'inverse (Dan Parker déteste son passé d'homme noir) par rapport à J'irai cracher sur vos tombes (Lee Anderson est lui fier de ses origines), les similitudes entre les deux ouvrages sont flagrantes. Je trouve même que ce second thème est une pâle copie du premier. Je n'ai pas accroché à cette adaptation signée Jean-David Morvan. L'esthétisme du dessin est un ton en dessous; en effet, les variations de qualités me paraissent trop pénalisantes. L'histoire, elle, me semble trop simpliste bien que le final rattrape un peu la précipitation scénaristique. Tout comme le très clivant J'irai cracher sur vos tombes, il ne faut surtout pas lire cette bande dessinée hors contexte. Boris Vian voulait combattre le racisme en choquant la bien-pensance de l'époque. Seul le côté sociopathe du personnage principal relève, selon moi, l'intérêt de cette œuvre. Dommage.
Ces petits riens qui changent tout
Mwouais, bof bof bof… Ce récit feelgood s’appuie sur un évènement local qui avait pour but de renforcer les liens entre les habitants d’un village. En effet, ceux-ci avaient été invités à participer à un puzzle géant. Jérôme Félix signe une fiction autour de ce projet, une histoire pleine de bons sentiments qui s’articule autour d’une passion amoureuse. Ce récit est une succession de clichés, à l’exception du fait que tous les habitants du village semblent vouloir caser l’héroïne avec un autre homme sans tenir compte du fait qu’elle a déjà un compagnon (chose que j’ai trouvé assez étrange, voire malsaine). Sinon, on y trouve un ton bonhomme, des réparties qui se veulent pleines de gouaille et des personnages clichés (le looser sympathique, le dirigeant d’entreprise imbu de lui-même, la fraiche et jolie et enthousiaste jeune femme, le gentil instituteur, etc…). Le dessin d'Alain Janolle est facile à lire (les visages sont parfois un peu figés mais ça ne gène pas spécialement). La colorisation, signée Vera Daviet, est vive mais agréable. Ca aurait pu le faire et peut-être mon ennui vient-il surtout du fait que j’en ai un peu soupé de ces récits mielleux et convenus. Toujours est-il que j’ai souvent baillé devant cette succession de clichés et de bons sentiments. Bof, pour ma part, donc.
Art contemporain
Je me suis trouvée le cul entre deux chaises après avoir lu cet album. Je n’ai pas bien compris si on m’expliquait gentiment que si je ne me pâme pas devant l’art contemporain, c’est que je suis une truffe inculte au cerveau épais… ou si l’auteur se moquait tout aussi gentiment de ce monde des galeristes et autres artistes et critiques d’art, dont il fait visiblement partie. Avouez quand même que la situation est inconfortable au possible ! L’ouvrage étant classé humour chez l’éditeur, je vais pencher pour la seconde option. Cela dit, je n’ai pas trouvé l’album foncièrement désagréable à lire. Une grande image par page et juste une petite phrase de commentaire font que la lecture est rapide. Sur quelques planches, j’ai trouvé ce petit décalage qui m’a procuré un petit sourire j’avoue un peu moqueur. J’ai bien aimé celle où les visiteurs d’une galerie s’extasient devant les travaux de rénovation des canalisations en prenant ça pour une performance artistique mise en scène. Mais c’est à peu près tout. Beaucoup de planches m’ont laissée complètement indifférente, hermétique que je suis à ce monde où j’ai l’impression qu’on cherche surtout à paraître ne pas s’ennuyer. Ce microcosme m’intéresse peu. Tant mieux pour eux de n’être pas nés dans d’autres milieux, où ils n’auraient pas trouvé le temps de se poser ces questions. Sinon, ben, j’ai quand même capté une ou deux références à des œuvres connues. Ah, et puis j’ai appris un nouveau mot que je ne connaissais pas : une « monstration », j’essaierai de le replacer :-). Dessin minimaliste mais pas désagréable à regarder je trouve. Sans plus.
Snoopy & les Peanuts
Qui suis-je pour noter "Peanuts" et les célèbres Charlie et Snoopy avec deux étoiles ? Les strips de Schulz ont créé deux personnages qui ont donné leur nom à des modules de la Nasa, ont été sources d'inspiration pour des chansons ou des films. Mieux encore ! Si j'en crois Wikipédia, le nom du petit Charlie Brown est devenu un symbole de la liberté d'expression dont le nom a été brandi haut et fort par des millions de personnes pour contrer la barbarie. Je pense donc que l'on pourrait très facilement classer cette série en culte. Mais perso je ne m'y retrouve pas et les personnages de Schulz ne peuplent pas du tout mon imaginaire de la BD (ou des comics). Quand j'étais jeune les quelques dessins animés qui représentaient Charlie et ses amis me laissaient complétement indifférent car je ne comprenais rien à l'humour d'adultes que véhiculait l'œuvre de Schulz. Aujourd'hui la lecture d'un album me montre que je n'ai pas beaucoup changé. Ce personnage de "Loser dépressif" symbole d'une Amérique "riche mais triste" m'insupporte. Charlie et ses amis auraient eu moins d'états d'âme s’ils étaient nés au Nigéria, au Vietnam ou en Bolivie (liste non exhaustive). Quant à Snoopy il aurait fait une très bonne soupe du côté de Shangaï. Le succès a prouvé que l'intuition graphique de Schulz est excellente. Un graphisme minimaliste sans décor ni ambiance favorise l'expression de cette petite bande d'enfants blancs où les parents sont absents. Cela a probablement permis à un grand nombre d'adultes et lectrices de ces strips de s'approprier l'univers de Schulz aux quatre coins des USA. C'est beaucoup moins vrai pour l'univers français que je connaissais. Je trouve la mise en couleur d'une pauvreté désolante avec ces fonds uniformes de couleurs basiques. Incontestablement un comics historique mais qui me laisse indifférent.
La Brigade de l'étrange
La brigade de l'étrange met en scène une brigade de police à la fin du 19ème siècle chargée d'enquêter sur des évènements mystérieux aux 4 coins de la France. Le concept rappelle énormément X-Files, et au final l'un des plus gros reproches que l'on puisse faire à cette BD, c'est finalement son manque d'originalité, cela fait vu et re-vu. La différence étant que les auteurs se prennent au sérieux et sont très premier degré, voulant nous donner des histoires "crédibles".....Mais avoir donné comme nom officiel (ce n'est pas un surnom) à leur équipe "la brigade de l'étrange" fait s'effriter rapidement la crédibilité en question. Cette brigade est composée d'un trio, inspiré d'acteurs de cinéma, une constante chez le dessinateur qui reprendra l'idée dans plusieurs autres séries, comme Les démons des Carpathes. Le chef de la bande, qui semble être inspiré de Vincent Price version robur, est à la poursuite du mystérieux assassin de ses parents (cliché). Le second membre de l'équipe est un ancien cambrioleur assagi (encore un gros cliché) qui est calqué sur Jean Gabin (avec des cheveux blond). Le dernier membre, un professeur, est lui calqué sur Peter Cushing: c'est un ex-médecin ayant fait des expériences pas très nettes a priori sur des cadavres. Ah oui, dans le tome 2 on découvre que le chef de la brigade (qui fait son apparition pour la première fois) est effectivement un calque d'un acteur de Sherlock Holmes, et dans le tome 3 le frère du professeur fait son apparition, et se révèle être calqué sur Christopher Lee (sachant que Cushing et Lee ont commencé leur carrière ensemble en jouant respectivement Van Hellsing et Dracula, l'allusion pourrait être sympathique mais je la trouve grossière et convenue). Les dessins sont très statiques / figés et les personnages n'expriment que peu d'émotions. Autrement dit ils ont peu de charisme. Autre détail assez surprenant, on ne voit presque jamais les deux "reconvertis" faire usage de leur ancien savoir-faire, autant dire que rien ne les distingue vraiment de simples flics, plus occupés à faire de l'humour (vraiment) pas drôle et à assommer la moitié du pays que d'enquêter. Les mystères étant quant à eux franchement inintéressants au possible. Bref cela peut faire passer le temps, mais sans plus. MAJ 01/07/2023: je viens de lire le tome 4 qui conclue la série...en ne concluant rien au final. On n'en saura pas plus sur le mystérieux passé du grand chef qui servait de fil directeur dans les tomes précédents. Et ce tome 4 est le pire de tous : cette fameuse brigade assassine de nombreuses personnes désarmées sans aucune forme de scrupules : un assassin et tortureur d'enfant (auquel les auteurs ont donné le visage de...Gérard Depardieu, merci pour lui) est exécuté manu militari ("on fera passer ta juste saute d'humeur pour de la légitime défense"), un autre tueur est désarmé, puis abattu dans le dos et jeté de la fenêtre d'un train (après que le gentil policier ait drogué un des complices du tueur et l'ait laissé se faire assassiner à sa place sans rien faire)....Et le reste de l'intrigue est totalement abracadabrantesque à base de fantômes et autres idioties. Le seul point positif, c'est une courte caméo de Michael Caine et Sean Connery grimés comme dans "l'homme qui voulait être roi"
Equinox
Un monde magique où la pleine lune transforme les humains en animaux merveilleux pour une nuit de liberté où ils s'ébattent joyeusement dans la nature. Les héroïnes sont quatre apprenties prêtresses de la lune, ayant chacune pour animal totem un cheval d'un type différent. Le jour où un mystérieux trait rouge vient détruire la lune, leur monde s'effondre et la populace rejette la faute sur les prêtresses qui doivent fuir en empruntant les dangereux couleurs noirs qui les mènent vers d'autres lieux et d'autres mondes. Autant dans son dessin que dans son contenu, cette BD semble s'adresser en priorité aux jeunes adolescentes romantiques, amatrices de shojo, de fantasy et de chevaux. Le trait d'Aurora Gate est de ce style à mi-chemin entre l'école Disney et les manga, avec ici une colorisation informatique aux tons majoritairement pastels. Même si leur expressivité est assez limitée, elle maîtrise plutôt bien ses personnages et réussit très bien ses chevaux dont on la sent passionnée. L'histoire est de l'aventure magique dans un univers de fantasy romantique. Les quatre belles et courageuses amies doivent fuir un terrible danger et survivre à tout prix car elles seules pourront sauver leur monde... du moins c'est ce qu'il nous est dit sans qu'on sache bien pourquoi pour le moment. Honnêtement, je ne sais pas si c'est parce que je ne suis pas le public cible mais j'ai trouvé aussi bien les personnages que l'intrigue trop nunuches. Les péripéties sont cousues de fil blanc, qu'il s'agisse de la manière dont chacune des héroïnes se retrouve successivement séparée des autres, ou encore de la très agaçante manière dont la populace devient stupidement agressive à l'extrême envers les prêtresses. Tout cela est mal amené, sans crédibilité ni enjeu convaincant. Je ne suis guère motivé à l'idée de lire la suite.
Adèle Blanc-Sec
Je suis amateur de séries policières et je j'apprécie le genre fantastique pour nous faire voyager dans une dimension irrationnelle. A priori la série de Tardi, Delobel et Ruault avait tout pour me convaincre. Je reconnais même aux auteurs 15 ans d'avance sur la mode des dinosaures développée par Spielberg et son Jurassic Park. Pourtant la jolie Adèle m'a assez ennuyé malgré les qualités du graphisme de Tardi et l'ambiance fantastique qui rappelle les romans du début du XXème siècle. C'est probablement dû à l'héroïne que je trouve assez transparente et très passive dans le déroulement des aventures. Au départ elle se présente comme une groupie du criminel qu'elle doit dépeindre dans son roman (un syndrome Mesrine ?). Cela lui donne immédiatement à mes yeux une personnalité de second plan coincée entre la police, les criminels et les créatures fantastiques. La seconde chose qui ne m'a pas convaincu est la lourdeur des dialogues. Je trouve les explications très pesantes et embrouillées pour expliquer qui est qui, qui meurt ou pas ou le pourquoi de tel élément fantastique. J'aime bien le graphisme de Tardi qui rend une copie très appliquée sur les extérieurs parisiens ou les objets et costumes d'époque. Malgré ces qualités j'ai trouvé la série datée et d'une lecture assez malaisée et plutôt ennuyeuse. 2.5
Comme chien et chat
Très peu de gags m’auront fait rire, en définitive. En règle générale, je trouve même qu’Andy Riley a été très peu inspiré par sa thématique, tombant dans la facilité et la redondance. Au niveau du dessin, le chien est particulièrement ‘mal’ dessiné. Riley opte pour un style cubiste improbable avec les deux yeux sur la même face et un corps en parallélépipède. C’est d’autant plus bizarre en comparaison du chat qui, lui, est dessiné d’une manière plus classique quoique très ‘cartoon’. Un choix sans doute dicté dans le but d’accentuer le caractère idiot du chien, ce qui, en définitive, fonctionne plutôt bien. Pour le reste, bah, ça va mais ça n’a rien d’exceptionnel. Disons que si les gags avaient été vraiment très drôles, le dessin n’aurait pas été un frein, mais qu’il est insuffisant pour apporter de l’humour en suppléance des idées développées. Au niveau des gags, comme je le disais, c’est très caricatural et vite répétitif. Le chien est idiot, le chat est hautain. Et on tourne sur ces quelques traits tout au long du livre. Bof bof, quoi…
La Différence
Je n’ai pas été convaincu par cette aventure. Le dessin et sa colorisation sont très agréables. Mais avec ce type de trait les cases se doivent d’être assez grandes, histoire de le laisser s’exprimer. Du coup, il y a peu de cases par planches… et donc peu d’espace pour adapter un roman sans que cette adaptation ne souffre de coupures. Car le point faible de cet album, c’est bien le caractère précipité du scénario. En soi, l’idée générale n’est pas mauvaise, mais la personnalité du personnage central nécessitait une plus grande attention, une progression mieux étalée, histoire qu’on le comprenne. Ici, tout va clairement trop vite, à un point tel que même le titre devient incompréhensible (de quelle différence parle-t-on ?) Certains éléments sont mentionnés sans qu’on en saisisse l’importance. La fin est une vraie queue de poisson. En clair, l’adaptation est ratée, et la cause principale est le manque de place. Je serais curieux de lire le roman, pour vérifier que le problème vient bien de l’adaptation mais quoiqu’il en soit, l’histoire telle que proposée ici ne m’a pas convaincu. Manque de profondeur des personnages, progression du scénario bancale, fin précipitée. Il ne reste que le dessin pour sauver l’affaire, et ce n’est pas assez.