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Les Morts ont tous la même peau

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Au milieu des années 1940, le poète, écrivain et dramaturge Boris Vian crée le personnage de Vernon Sullivan. A une époque où les romans policiers d'outre-Atlantique connaissent un grand succès en France, cet alias américain, dont Boris Vian prétend au départ n'être que le traducteur, permet à son auteur de s'essayer au roman noir et d'explorer ainsi tout un nouveau pan de sa littérature et sans doute d'assouvir quelques fantasmes secrets ... En l'espace de 4 ans , Vian écrira sous le pseudonyme de "Vernon Sullivan" quatres polars sans concession, sensuels (sinon sexuels) et teintés d'humour noir, qui firent scandale lors de leur parution.


Adaptations de romans en BD Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc, Bruxelles Jean-David Morvan New York Racisme, fascisme

« Entre donner les coups et les recevoir, je préférais les donner. » Dan est un sang-mêlé. Autrement dit, un noir à peau blanche. Videur dans un bar de nuit à New York, il ne vit que pour Sheila, sa femme, et l’enfant qu’il a eu avec elle. Un enfant que la société acceptera parce que sa peau est blanche, contrairement à Dan, pour qui le secret de ses origines plane tel une épée de Damoclès. Alors qu’il s’entiche subitement d’une prostituée noire et que l’irruption de son frère, Richard, menace de tout révéler, Dan voit sa vie basculer. Lui qui, non sans remords, a tant voulu être un Blanc, ne serait-il au fond de lui-même qu'un « nègre » ? À la manière de Chandler ou Hadley Chase, Boris Vian – alias Vernon Sullivan – donne libre cours à la violence et l’érotisme pour explorer la folie intérieure d’un homme qui ne se reconnaît plus.

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateurs
Coloristes
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 11 Mars 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Morts ont tous la même peau
Les notes (1)
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17/05/2020 | Guillaume.M
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« Les morts ont tous la même peau » est un polar sombre et violent où s'entremêlent le sang et le sexe, sur fond de ségrégation raciale. Ce one shot fait partie d'une collection de quatre albums tous tirés de romans de Boris Vian, écrit sous l'alias Vernon Sullivan. Paru en même temps que J'irai cracher sur vos tombes, il sera bientôt suivi de "Et on tuera tous les affreux" et "Elles se rendent pas compte". Autant le dire tout de suite, ces albums ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Violence, sexe et racisme sont présents à pratiquement toutes les pages, tant au niveau du scénario et des dialogues, parfois dérangeants, qu'au niveau du dessin, sans concession. Dan est un mulâtre d'apparence blanche dans l'Amérique du milieu du siècle dernier, avec tout ce que cela implique socialement pour les afro-américains à cette époque. Son apparence lui permet d'être accepté par les blancs, de travailler comme videur et de partager sa vie avec Sheila et son fils. Tout ce petit équilibre vole en éclat le jour où son frère, noir de peau, vient le faire chanter pour quelques dollars. La crainte de voir ses origines inavouables révélées entraîne Dan dans une spirale infernale qui ne restera pas sans conséquence. Le dessin et la mise en couleur, s'ils ne correspondent pas à ce que je préfère, remplissent leur mission à merveille et se marient parfaitement avec la récit et sa violence. C'est sombre et glauque. On pourrait presque sentir l'odeur âcre des bars et bordels new-yorkais. Toutefois, l'équilibre de cet album est à mon sens compromis par les questionnements sexuels de Dan à propos de la couleurs de peau des femmes qu'il désire ou pas. L'intensité du scénario s'en trouve diluée par des séquences dispensables et qui n'étaient pas nécessaires pour traiter du conflit interne de Dan à propos de ses origines. Je devine toutefois qu'à l'époque, lorsque Boris Vian a écrit son roman, son objectif était aussi de choquer, ce qui a été le cas. « Les morts ont tous la même peau » est une lecture intéressante et une belle adaptation de Jean-David Morvan qui mérite d'être découverte. Note réelle : 3.25/5

17/05/2020 (modifier)