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Et on tuera tous les affreux

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Quand Vian pastiche tous les genres...


Adaptations de romans en BD Auteurs argentins Boris Vian Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc, Bruxelles Jean-David Morvan

À Los Angeles, Rocky Bailey est un bellâtre, la coqueluche de ces demoiselles. Et pourtant, il se refuse obstinément à elles, désirant conserver sa virginité jusqu’à ses vingt ans. Mais un soir, il est drogué et enlevé par le docteur Schutz qui tente de le forcer à réaliser une singulière expérience : faire l’amour à une magnifique jeune fille ! Incapable de s’y résoudre, Rocky décide ensuite de mener une enquête avec son nouvel ami Andy Sigman, chauffeur de taxi, sur le diabolique docteur Schutz et ses expériences suspectes...À la différence des autres œuvres signées Vernon Sullivan, écrites dans le plus pur style des romans noirs américains de l'époque, Et on tuera tous les affreux est un pastiche burlesque, tour à tour angoissant et hilarant. Un cocktail détonnant de meurtres, de courses poursuites, d’expériences abominables et, au grand désespoir de Rocky, de filles... (site éditeur)

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Janvier 2021
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Et on tuera tous les affreux

30/03/2021 | Noirdésir
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L'avatar du posteur Noirdésir

Je poursuis ma lecture des adaptations récentes des romans de Vian/Vernon Sullivan avec cet album, qui n’est pas forcément celui possédant le plus fort potentiel (il faut dire que « J’irai cracher sur vos tombes » avait placé la barre bien haut). C’est d’ailleurs le seul roman que je n’avais pas lu (je n’avais lu que les trois « polars »). La première surprise est visuelle. En effet, les deux premiers albums de la collection que j’avais lus avaient un dessin et une colorisation ressemblants, et celui-ci se démarque franchement avec le dessin de Noé, au trait gras, avec sa colorisation elle-aussi très riche. Il accentue en tout cas les expressions, certains sourires béats donnant un petit air décalé à l’ensemble. En tout cas, si cette histoire joue un peu moins sur la violence brute des précédents opus, et plus du tout sur le côté raciste de la société américaine, le côté érotique est toujours bien présent, et là, Noé est bien dans son domaine (pour l’érotisme en général, et la version sexy des années 1950 en particulier – voir Exposition). Comme pour les autres Vernon Sullivan, c’est une démarque de la littérature populaire américaine de l’immédiat après-guerre. Mais ici c’est un gros mélange inclassable : une enquête policière, mâtinée d’une bonne dose de science-fiction (un savant eugéniste veux supprimer les « moches » et créer une race d’hommes et de femmes « canons » - un petit air de L’île du docteur Moreau), de l’aventure, etc. Le tout est traité de façon légèrement parodique (ce qu’accentue le dessin de Noé), même si l’humour n’est pas si loufoque et visible que je l’aurais cru au vu du pitch de départ (le personnage principal, beau gosse souhaitant garder longtemps sa virginité, ou le robot qui balance tout vers la fin possède des ressorts comiques qui auraient pu être encore davantage exploités par exemple). La chute ajoute en tout cas une dernière couche comique à cette aventure visant le second degré. L’aspect SF, mais aussi le déroulé de l’enquête sont souvent improbables, mais l’ensemble ne vise ni le débat éthique sur l’eugénisme, ni l’aventure carrée : c’est du divertissement, un petit pastiche sans prétention. Qui m’a quand même laissé un peu sur ma faim.

30/03/2021 (modifier)