Malheureusement j'ai eu exactement le même ressenti de lecture que Ro. J'en suis d'autant plus navré que le sujet me touche.
Je ne sais pas à quoi c'est dû mais la lecture est franchement pénible. Les autrices ont elles voulu traité trop d'éléments ? Une synthèse plus concentrée des éléments vraiment fondamentaux m'aurait bien plus convaincue.
Le long passage de l'enfance à Nohant est déjà très pesant avec des personnages et des anecdotes qui n'apportent rien au récit. J'ai très vite décroché pour passer aux relations historiques (Chopin, Delacroix...) mais là encore on se retrouve avec des coucheries sans intérêt avec le précepteur de son fils.
Cette somme de détails sans intérêts (pour moi) tout au long de l'ouvrage n'aide pas le lecteur à prendre conscience de l'impact d'une telle femme sur son siècle.
Je regrette aussi le choix du N&B qui rend les scènes de nature à Nohant assez quelconques. C'est un comble quand on sait l'importance que cela a eu pour Georges Sand.
C'est vraiment dommage pour l'une des très rares femmes à avoir son nom sur une rue parisienne depuis longtemps.
Je dois avouer que je me suis bien ennuyé à la lecture de cette série. Le graphisme est sympathique avec sa rondeur humoristique qui convient parfaitement à Charlotte l'héroïne d'Olivier Clert.
Cela reste très classique avec des couleurs sans grandes originalités. Je trouve que cette école graphique convient bien dans des récits humoristiques et dynamiques. Or ici je trouve le scénario sans aucun humour et d'une lenteur effrayante.
Le tome 1 se disperse dans des personnages différents dont les profils psychologiques sont juste effleurés. De plus je ne supporte pas le stéréotype du gamin-e héros-ïne qui surveille ses voisins. Cela induit pour moi une antipathie immédiate pour le personnage de Gus.
De plus Clert focalise son récit sur une histoire de disparition d'un enfant de huit ans avec une peinture de la gendarmerie qui me laisse pantois. On y voit des gendarmes et policiers négligés, incompétents et ridicules pour que son scénario tienne un peu debout.
Comme les dialogues sont presque inexistants et d'une banalité désarmante, j'ai trouvé le tome 1 de cette série très faible et cela ne m'invite pas à continuer la lecture des autres tomes. Pour 60 euros les trois tomes j'attends beaucoup plus.
J’aime beaucoup Christian Durieux mais je dois bien avouer que cet album m’a déçu. En cause une vision de Spirou et Fantasio qui me semble trop trahir les personnages. En effet Spirou est décrit comme agressif (coup de poing sur Fantasio en début d’album sans que le comportement de Fantasio le justifie vraiment), jugeant les autres sur leur apparence physique (il tombe amoureux d’une jeune femme sur seule base du physique et des yeux verts de celle-ci et se moque de ses parents jugés laids) et incapable de résoudre le moindre problème (à la fin de cette histoire, il n’aura en rien su influencer le cours des événements). Fantasio ne s’en sort pas mieux puisqu’il sera manipulé du début à la fin de cette intrigue. On est donc à l'opposé des valeurs et des capacités du duo d'origine (tolérance, recherche de solutions non violentes et capacité à résoudre l'impossible... ici c'est tout l'inverse).
Outre l’image donnée aux deux personnages emblématiques, le scénario nous offre un huis-clos peu oppressant. Le rythme est lent, l’intrigue est simple, la conclusion bénéficie d’un gros deus ex machina. Ça tient la route dans l’ensemble mais je n’ai jamais été saisi par un quelconque suspense ou surpris par un quelconque retournement de situation (sinon que jusqu’au bout, j’ai espéré que Spirou, à un moment ou un autre, aurait pu se comporter en héros modèle plutôt que de rester passif).
Reste le dessin, une belle couverture, de très belles planches qui dégagent une froideur et une sensation de vide dans les architectures mais c’est très insuffisant pour vraiment me convaincre.
Un gros bof pour ma part.
Les deux tiers de l'album est constitué de pseudo échanges de mails, le reste, les parties BD qui s'intercalent, reprend quasiment les mêmes images (2 ou 3 différentes), dans une itération iconique forcément statique et répétitive. C'est dans l'air du temps (surtout pour Fabcaro, qui se charge ici des dessins).
Tout est donc misé sur les textes, l'humour jouant sur la surprise, le décalage, l'humour con dominant largement.
Disons que si plusieurs passages m'ont réellement amusé, j'ai trouvé l'ensemble inégal, et globalement décevant, manquant de drôlerie justement.
Ça peut passer à petites doses, mais un emprunt - comme je l'ai fait - peut largement suffire. Bernstein est un auteur qui peine à me convaincre, hélas.
Note réelle 2,5/5.
Je n'ai pas accroché à cette série. Pourtant j'avais bien aimé Le Prince des Ecureuils, dessiné par Hausman, qui était dans le même registre.
Malheureusement je trouve le scénario vraiment trop banal malgré une idée de départ assez originale. Le souci si l'on veut détourner un conte ou une fable est qu'il faut entretenir cette originalité (Le Prince des écureuils) ou construire le récit avec beaucoup d'humour comme pour Les Nouvelles aventures du Chat Botté ou" Les 7 ours nains" par exemple.
Or ici je ne lis rien d'original. J'ai l'impression que Rodrigue picore à droite et à gauche des éléments déjà utilisés (Masque de Fer, Blanche Neige, Capitaine Fracasse, Chat Botté) et y ajoute des dialogues assez pompeux (Eschyle, Shakespeare). Cela m'a très vite ennuyé.
Le graphisme d'Hausman aurait pu rattraper le coup. Mais ici je le trouve plus près d'une suite d'illustrations que d'une dynamique de BD. De plus je trouve que les métamorphoses continuelles du prince ne facilitent pas à la cohérence du personnage.
Pour augmenter ma déception j'ai trouvé la mise en couleur vraiment terne et triste. Dommage.
« Refrigerator full of heads » est la suite directe de « Basketful of heads » et si vous n’avez pas lu ce dernier, je vous conseille de a) commencer par celui-là et b) ne rien lire se rapportant à ces deux albums. Pourquoi ? Parce que l’effet de surprise joue un grand rôle dans mon appréciation de Basketful of heads et, par conséquent, commencer par Refrigeretor full of heads vous priverait immanquablement de cet effet de surprise. De plus, nous retrouvons ici certains des personnages présents dans Basketful of heads, le lire avant permet donc une meilleure compréhension de Refrigeretor full of heads.
Ceci dit, Refrigeretor full of heads a été pour moi une petite déception. Certes, je savais que l’effet de surprise n’allait plus jouer en sa faveur mais il me semblait que l’idée même d’une hache qui décapite des têtes sans les tuer permettrait à un scénariste de jouer sur ce concept pour nous offrir une intrigue finement ficelée. Rien de cela ici, les auteurs optent directement pour la surenchère. Surenchère de tripes et de sang, surenchère dans l’humour morbide et grotesque, surenchère dans les pouvoirs d’artefacts vikings. Chez moi, ça fonctionne moyennement et là où Joe Hill avait réussi à m’embarquer dans son délire, Rio Youers me laisse à quai.
Pourtant, rien n’est mal fait. Le dessin est bon dans son genre, le découpage est correct, les rebondissements ne manquent pas. C’est juste que ça manque de finesse, d’ironie. On se retrouve dans une œuvre bourrine avec un humour bourrin et des scènes d’action spectaculairement grand-guignolesques.
Dommage, j’espérais vraiment mieux.
A mes yeux, un poil mieux que la précédente collaboration des auteurs mais toujours pas terrible.
Comme d’hab avec ce scénariste, l’histoire se délite au fil des tomes. Je préfère ce cadre Conquistador aux Croisades mais l’ennui n’est jamais bien loin. Je n’y ai rien trouver de transcendant et ça tire en longueur alors qu’il n’y a que 4 tomes.
Le graphisme de Xavier est sympa mais ne rattrape toujours pas le manque d’accroche du scénario.
Sur ce thème, un résultat assez peu digeste.
J’ai persévéré un peu ma lecture mais je me suis arrêté définitivement au tome 6. Ne pas connaître le fin mot de l’histoire ne me dérange absolument pas, une série qui ne m’aura jamais convaincu.
Le côté fantastique ne m’a pas plu et est mal géré à mes yeux, des personnages du même tonneau, bref peu adhéré à cette version des croisades de Dufaux.
Si j’ai tenu aussi longtemps c’est en grande partie grâce aux dessins de Xavier. Il en est encore aux prémices de son style mais c’est appliqué avec quelques pleines pages impressionnantes.
Malheureusement la mise en page ne rattrape pas l’intérêt sur l’ouvrage.
Coven est à la base un webtoon. Il raconte l'histoire de quatre jeunes amies qui, pour protéger la cause d'un arbre menacé par un projet municipal, vont tenter de lancer un sortilège de protection qui, étonnamment va s'avérer fonctionner mais entrainer des conséquences magiques inquiétantes.
Apprenties sorcières, menaces démoniaques et bonnes copines, nous sommes dans le domaine du fantastique horrifique pour adolescentes inspiré de Buffy et autres films d'horreur qui font frissonner en soirées pyjamas.
L'adaptation du webtoon au format BD se ressent ici par plusieurs aspects négatifs.
Pour commencer, il y a l'abondance de pages, 256, provenant non pas d'un récit particulièrement développé et dense mais bien plus d'une dilution de l'histoire et d'un rythme plus proche du cinéma ou de la fanfiction que de la BD et de son travail sur les ellipses et la concision de la mise en scène. Ce qui passe facilement quand on lit un à un les épisodes d'une série sur internet où les auteurs prennent plaisir à faire vivre autant que possible leurs personnages et à étirer leurs dialogues, donne en album un sentiment de remplissage et de vide narratif nettement plus présent.
Ensuite, une colorisation sombre qui passe bien sur un écran apportant sa propre lumière se révèle bien moins lisible une fois imprimé sur le papier. Une grande partie des planches de cet album sont trop sombres, trop peu contrastées, au point d'en devenir quelques fois difficilement lisibles.
En ce qui concerne la BD en elle-même, elle fait preuve de sincérité et d'affection pour son sujet mais aussi de beaucoup d'amateurisme.
Graphiquement, on sent très vite les limitations techniques. Visages en très grande majorité de pleine face, parfois de plein profil, et très très rarement quelques vues de trois-quarts nettement moins à l'aise, avec d'ailleurs des traits très changeants selon l'angle de vue. En réalité, on se rend rapidement compte que ce qui permet ici de reconnaitre les personnages sont uniquement leurs coiffures et leurs vêtements tant les visages eux-mêmes sont basiques et interchangeables. Les scènes d'action sont simplement ratées, de même que les quelques scènes de surprise qui sont souvent peu compréhensibles.
La mise en scène est très cliché, pleine de lieux communs des récits adolescents et de dialogues poussifs comme une bande de débutants en improvisation à qui on demanderait de jouer en essayant d'oublier la caméra. Le déroulé de l'histoire est sans surprise, mêlant des histoires de bonnes copines de lycées à beaucoup de poncifs des récits d'horreur et de sorcellerie, jusqu'à une fin mièvre et presque nunuche. Quand s'y ajoute l'impression de vacuité des dialogues à rallonge et de scènes cinématographiques dont le monteur aurait dû couper les deux-tiers, l'ennui pointe trop vite son nez pour un lecteur adulte.
Si on m'avait dit que cette série avait été réalisée par des lycéens ou de jeunes universitaires pour le fanzine de leur bahut, j'y aurai cru sans soucis. Ce manque de professionnalisme est heureusement compensé par une passion manifeste des auteurs pour leur sujet et leurs héroïnes qui permettra de séduire les jeunes lecteurs amateurs de fantastique, d'horreur légère et de gentilles sorcières. Avec cette édition, ils auront droit à un bel album papier de qualité, doté d'une couverture attrayante et plutôt jolie et d'une publication digne des meilleures BD. Toutefois, comme indiqué plus haut, ce récit passera probablement beaucoup mieux au format webtoon, sur un écran de PC, permettant une lecture plus fluide, une image plus contrastée et une structure en épisode plus prenante.
John Tiffany est un chasseur de primes qui se retrouve lui-même chassé, et qui mène une "enquête" parallèle pour découvrir qui l'a trahi.
En parallèle, ce womanizer tente de noyer son chagrin (une prostituée dont il est tombé amoureux lui est inaccessible). Les deux tomes sont entrecoupés de flashback divers pour nous éclairer un peu plus sur la psychologie du personnage.
En positif : le dessin est bien. L'ensemble est une succession de fusillades et scènes d'actions diverses qui rendent la chose un peu distrayante.
Maintenant c'est tout : la construction narrative est un foutoir total, les enchaînement présent/flash-backs sont amenés n'importe comment et rendent l'intrigue peu lisible.
On ajoute à cela que Tiffany est un drôle de chasseur de prime, puisque certains "contrats" consistent en de purs assassinats, les autorités sont souvent aux abonnés absents, et il est envoyé à l'étranger pour faire des missions de capture normalement dévolues à la CIA, ce dans des pays qu'il ne connait même pas. Aucune crédibilité ni logique.
Quant à sa fameuse enquête pour démasquer le traitre, elle consiste tout simplement à confronter ses associés et leur demander pourquoi chacun l'aurait trahi, si la réponse le satisfait, alors le suspect est innocent. C'est complètement CON !
J'ajoute que je ne comprend pas la perplexité des autres lecteurs : @ Yann135, Ro &co, le nom du traitre nous est livré sur un plateau à la fin, il s'agit d'un personnage qui a eut une subite et très importante rentrée d'argent lui permettant d'offrir des cadeaux somptueux et d'aller au casino. De par sa position privilégiée, il connait tout l'agenda de Tiffany.
En fait à aucun moment Tiffany est vraiment sympathique, les seules questions ouvertes concernent son amour inatteignable qui semble être au cœur d'un trafic d'être humains (en tant que victime). Mais on n'en saura pas plus car le deuxième cycle annoncé voici 10 ans n'a jamais vu le jour.
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George Sand - Fille du siècle
Malheureusement j'ai eu exactement le même ressenti de lecture que Ro. J'en suis d'autant plus navré que le sujet me touche. Je ne sais pas à quoi c'est dû mais la lecture est franchement pénible. Les autrices ont elles voulu traité trop d'éléments ? Une synthèse plus concentrée des éléments vraiment fondamentaux m'aurait bien plus convaincue. Le long passage de l'enfance à Nohant est déjà très pesant avec des personnages et des anecdotes qui n'apportent rien au récit. J'ai très vite décroché pour passer aux relations historiques (Chopin, Delacroix...) mais là encore on se retrouve avec des coucheries sans intérêt avec le précepteur de son fils. Cette somme de détails sans intérêts (pour moi) tout au long de l'ouvrage n'aide pas le lecteur à prendre conscience de l'impact d'une telle femme sur son siècle. Je regrette aussi le choix du N&B qui rend les scènes de nature à Nohant assez quelconques. C'est un comble quand on sait l'importance que cela a eu pour Georges Sand. C'est vraiment dommage pour l'une des très rares femmes à avoir son nom sur une rue parisienne depuis longtemps.
Charlotte et moi
Je dois avouer que je me suis bien ennuyé à la lecture de cette série. Le graphisme est sympathique avec sa rondeur humoristique qui convient parfaitement à Charlotte l'héroïne d'Olivier Clert. Cela reste très classique avec des couleurs sans grandes originalités. Je trouve que cette école graphique convient bien dans des récits humoristiques et dynamiques. Or ici je trouve le scénario sans aucun humour et d'une lenteur effrayante. Le tome 1 se disperse dans des personnages différents dont les profils psychologiques sont juste effleurés. De plus je ne supporte pas le stéréotype du gamin-e héros-ïne qui surveille ses voisins. Cela induit pour moi une antipathie immédiate pour le personnage de Gus. De plus Clert focalise son récit sur une histoire de disparition d'un enfant de huit ans avec une peinture de la gendarmerie qui me laisse pantois. On y voit des gendarmes et policiers négligés, incompétents et ridicules pour que son scénario tienne un peu debout. Comme les dialogues sont presque inexistants et d'une banalité désarmante, j'ai trouvé le tome 1 de cette série très faible et cela ne m'invite pas à continuer la lecture des autres tomes. Pour 60 euros les trois tomes j'attends beaucoup plus.
Le Spirou de Christian Durieux - Pacific Palace
J’aime beaucoup Christian Durieux mais je dois bien avouer que cet album m’a déçu. En cause une vision de Spirou et Fantasio qui me semble trop trahir les personnages. En effet Spirou est décrit comme agressif (coup de poing sur Fantasio en début d’album sans que le comportement de Fantasio le justifie vraiment), jugeant les autres sur leur apparence physique (il tombe amoureux d’une jeune femme sur seule base du physique et des yeux verts de celle-ci et se moque de ses parents jugés laids) et incapable de résoudre le moindre problème (à la fin de cette histoire, il n’aura en rien su influencer le cours des événements). Fantasio ne s’en sort pas mieux puisqu’il sera manipulé du début à la fin de cette intrigue. On est donc à l'opposé des valeurs et des capacités du duo d'origine (tolérance, recherche de solutions non violentes et capacité à résoudre l'impossible... ici c'est tout l'inverse). Outre l’image donnée aux deux personnages emblématiques, le scénario nous offre un huis-clos peu oppressant. Le rythme est lent, l’intrigue est simple, la conclusion bénéficie d’un gros deus ex machina. Ça tient la route dans l’ensemble mais je n’ai jamais été saisi par un quelconque suspense ou surpris par un quelconque retournement de situation (sinon que jusqu’au bout, j’ai espéré que Spirou, à un moment ou un autre, aurait pu se comporter en héros modèle plutôt que de rester passif). Reste le dessin, une belle couverture, de très belles planches qui dégagent une froideur et une sensation de vide dans les architectures mais c’est très insuffisant pour vraiment me convaincre. Un gros bof pour ma part.
CONversations
Les deux tiers de l'album est constitué de pseudo échanges de mails, le reste, les parties BD qui s'intercalent, reprend quasiment les mêmes images (2 ou 3 différentes), dans une itération iconique forcément statique et répétitive. C'est dans l'air du temps (surtout pour Fabcaro, qui se charge ici des dessins). Tout est donc misé sur les textes, l'humour jouant sur la surprise, le décalage, l'humour con dominant largement. Disons que si plusieurs passages m'ont réellement amusé, j'ai trouvé l'ensemble inégal, et globalement décevant, manquant de drôlerie justement. Ça peut passer à petites doses, mais un emprunt - comme je l'ai fait - peut largement suffire. Bernstein est un auteur qui peine à me convaincre, hélas. Note réelle 2,5/5.
Le Chat qui courait sur les toits
Je n'ai pas accroché à cette série. Pourtant j'avais bien aimé Le Prince des Ecureuils, dessiné par Hausman, qui était dans le même registre. Malheureusement je trouve le scénario vraiment trop banal malgré une idée de départ assez originale. Le souci si l'on veut détourner un conte ou une fable est qu'il faut entretenir cette originalité (Le Prince des écureuils) ou construire le récit avec beaucoup d'humour comme pour Les Nouvelles aventures du Chat Botté ou" Les 7 ours nains" par exemple. Or ici je ne lis rien d'original. J'ai l'impression que Rodrigue picore à droite et à gauche des éléments déjà utilisés (Masque de Fer, Blanche Neige, Capitaine Fracasse, Chat Botté) et y ajoute des dialogues assez pompeux (Eschyle, Shakespeare). Cela m'a très vite ennuyé. Le graphisme d'Hausman aurait pu rattraper le coup. Mais ici je le trouve plus près d'une suite d'illustrations que d'une dynamique de BD. De plus je trouve que les métamorphoses continuelles du prince ne facilitent pas à la cohérence du personnage. Pour augmenter ma déception j'ai trouvé la mise en couleur vraiment terne et triste. Dommage.
Refrigerator full of heads
« Refrigerator full of heads » est la suite directe de « Basketful of heads » et si vous n’avez pas lu ce dernier, je vous conseille de a) commencer par celui-là et b) ne rien lire se rapportant à ces deux albums. Pourquoi ? Parce que l’effet de surprise joue un grand rôle dans mon appréciation de Basketful of heads et, par conséquent, commencer par Refrigeretor full of heads vous priverait immanquablement de cet effet de surprise. De plus, nous retrouvons ici certains des personnages présents dans Basketful of heads, le lire avant permet donc une meilleure compréhension de Refrigeretor full of heads. Ceci dit, Refrigeretor full of heads a été pour moi une petite déception. Certes, je savais que l’effet de surprise n’allait plus jouer en sa faveur mais il me semblait que l’idée même d’une hache qui décapite des têtes sans les tuer permettrait à un scénariste de jouer sur ce concept pour nous offrir une intrigue finement ficelée. Rien de cela ici, les auteurs optent directement pour la surenchère. Surenchère de tripes et de sang, surenchère dans l’humour morbide et grotesque, surenchère dans les pouvoirs d’artefacts vikings. Chez moi, ça fonctionne moyennement et là où Joe Hill avait réussi à m’embarquer dans son délire, Rio Youers me laisse à quai. Pourtant, rien n’est mal fait. Le dessin est bon dans son genre, le découpage est correct, les rebondissements ne manquent pas. C’est juste que ça manque de finesse, d’ironie. On se retrouve dans une œuvre bourrine avec un humour bourrin et des scènes d’action spectaculairement grand-guignolesques. Dommage, j’espérais vraiment mieux.
Conquistador
A mes yeux, un poil mieux que la précédente collaboration des auteurs mais toujours pas terrible. Comme d’hab avec ce scénariste, l’histoire se délite au fil des tomes. Je préfère ce cadre Conquistador aux Croisades mais l’ennui n’est jamais bien loin. Je n’y ai rien trouver de transcendant et ça tire en longueur alors qu’il n’y a que 4 tomes. Le graphisme de Xavier est sympa mais ne rattrape toujours pas le manque d’accroche du scénario. Sur ce thème, un résultat assez peu digeste.
Croisade
J’ai persévéré un peu ma lecture mais je me suis arrêté définitivement au tome 6. Ne pas connaître le fin mot de l’histoire ne me dérange absolument pas, une série qui ne m’aura jamais convaincu. Le côté fantastique ne m’a pas plu et est mal géré à mes yeux, des personnages du même tonneau, bref peu adhéré à cette version des croisades de Dufaux. Si j’ai tenu aussi longtemps c’est en grande partie grâce aux dessins de Xavier. Il en est encore aux prémices de son style mais c’est appliqué avec quelques pleines pages impressionnantes. Malheureusement la mise en page ne rattrape pas l’intérêt sur l’ouvrage.
Coven
Coven est à la base un webtoon. Il raconte l'histoire de quatre jeunes amies qui, pour protéger la cause d'un arbre menacé par un projet municipal, vont tenter de lancer un sortilège de protection qui, étonnamment va s'avérer fonctionner mais entrainer des conséquences magiques inquiétantes. Apprenties sorcières, menaces démoniaques et bonnes copines, nous sommes dans le domaine du fantastique horrifique pour adolescentes inspiré de Buffy et autres films d'horreur qui font frissonner en soirées pyjamas. L'adaptation du webtoon au format BD se ressent ici par plusieurs aspects négatifs. Pour commencer, il y a l'abondance de pages, 256, provenant non pas d'un récit particulièrement développé et dense mais bien plus d'une dilution de l'histoire et d'un rythme plus proche du cinéma ou de la fanfiction que de la BD et de son travail sur les ellipses et la concision de la mise en scène. Ce qui passe facilement quand on lit un à un les épisodes d'une série sur internet où les auteurs prennent plaisir à faire vivre autant que possible leurs personnages et à étirer leurs dialogues, donne en album un sentiment de remplissage et de vide narratif nettement plus présent. Ensuite, une colorisation sombre qui passe bien sur un écran apportant sa propre lumière se révèle bien moins lisible une fois imprimé sur le papier. Une grande partie des planches de cet album sont trop sombres, trop peu contrastées, au point d'en devenir quelques fois difficilement lisibles. En ce qui concerne la BD en elle-même, elle fait preuve de sincérité et d'affection pour son sujet mais aussi de beaucoup d'amateurisme. Graphiquement, on sent très vite les limitations techniques. Visages en très grande majorité de pleine face, parfois de plein profil, et très très rarement quelques vues de trois-quarts nettement moins à l'aise, avec d'ailleurs des traits très changeants selon l'angle de vue. En réalité, on se rend rapidement compte que ce qui permet ici de reconnaitre les personnages sont uniquement leurs coiffures et leurs vêtements tant les visages eux-mêmes sont basiques et interchangeables. Les scènes d'action sont simplement ratées, de même que les quelques scènes de surprise qui sont souvent peu compréhensibles. La mise en scène est très cliché, pleine de lieux communs des récits adolescents et de dialogues poussifs comme une bande de débutants en improvisation à qui on demanderait de jouer en essayant d'oublier la caméra. Le déroulé de l'histoire est sans surprise, mêlant des histoires de bonnes copines de lycées à beaucoup de poncifs des récits d'horreur et de sorcellerie, jusqu'à une fin mièvre et presque nunuche. Quand s'y ajoute l'impression de vacuité des dialogues à rallonge et de scènes cinématographiques dont le monteur aurait dû couper les deux-tiers, l'ennui pointe trop vite son nez pour un lecteur adulte. Si on m'avait dit que cette série avait été réalisée par des lycéens ou de jeunes universitaires pour le fanzine de leur bahut, j'y aurai cru sans soucis. Ce manque de professionnalisme est heureusement compensé par une passion manifeste des auteurs pour leur sujet et leurs héroïnes qui permettra de séduire les jeunes lecteurs amateurs de fantastique, d'horreur légère et de gentilles sorcières. Avec cette édition, ils auront droit à un bel album papier de qualité, doté d'une couverture attrayante et plutôt jolie et d'une publication digne des meilleures BD. Toutefois, comme indiqué plus haut, ce récit passera probablement beaucoup mieux au format webtoon, sur un écran de PC, permettant une lecture plus fluide, une image plus contrastée et une structure en épisode plus prenante.
John Tiffany
John Tiffany est un chasseur de primes qui se retrouve lui-même chassé, et qui mène une "enquête" parallèle pour découvrir qui l'a trahi. En parallèle, ce womanizer tente de noyer son chagrin (une prostituée dont il est tombé amoureux lui est inaccessible). Les deux tomes sont entrecoupés de flashback divers pour nous éclairer un peu plus sur la psychologie du personnage. En positif : le dessin est bien. L'ensemble est une succession de fusillades et scènes d'actions diverses qui rendent la chose un peu distrayante. Maintenant c'est tout : la construction narrative est un foutoir total, les enchaînement présent/flash-backs sont amenés n'importe comment et rendent l'intrigue peu lisible. On ajoute à cela que Tiffany est un drôle de chasseur de prime, puisque certains "contrats" consistent en de purs assassinats, les autorités sont souvent aux abonnés absents, et il est envoyé à l'étranger pour faire des missions de capture normalement dévolues à la CIA, ce dans des pays qu'il ne connait même pas. Aucune crédibilité ni logique. Quant à sa fameuse enquête pour démasquer le traitre, elle consiste tout simplement à confronter ses associés et leur demander pourquoi chacun l'aurait trahi, si la réponse le satisfait, alors le suspect est innocent. C'est complètement CON ! J'ajoute que je ne comprend pas la perplexité des autres lecteurs : @ Yann135, Ro &co, le nom du traitre nous est livré sur un plateau à la fin, il s'agit d'un personnage qui a eut une subite et très importante rentrée d'argent lui permettant d'offrir des cadeaux somptueux et d'aller au casino. De par sa position privilégiée, il connait tout l'agenda de Tiffany. En fait à aucun moment Tiffany est vraiment sympathique, les seules questions ouvertes concernent son amour inatteignable qui semble être au cœur d'un trafic d'être humains (en tant que victime). Mais on n'en saura pas plus car le deuxième cycle annoncé voici 10 ans n'a jamais vu le jour.