Je n’ai pas trouvé grand intérêt à ce recueil de courts récits signés Jun Mayuzuki. Soyons clairs, j’ai même le sentiment que ce manga n’aurait pas vu le jour si l’autrice n’avait bénéficié d’une belle vitrine d’exposition au festival d’Angoulême 2022 car publier une anthologie d’une mangaka pas encore âgée de 40 ans, c’est quand même quelque peu précipité.
Même si j’ai eu du mal à déchiffrer l’un ou l’autre dessin, dans 99 pourcent des cas je n’ai pas de remarques négatives à formuler tant au niveau du trait que du découpage. Certes, on tombe dans les stéréotypes classiques du manga, avec des personnages féminins présentant constamment le même type de silhouette élancée mais le trait est fin et agréable à lire. Certes, les textes sont parfois inutilement tirés en longueur mais, à nouveau, l’amateur de mangas y est habitué.
Non, ce qui coince vraiment chez moi, c’est le manque d’intérêt que j’ai ressenti pour des récits dans lesquels les personnages semblent pour la grande majorité s’ennuyer profondément. Il y a peut-être matière à réflexion quant à la situation des jeunes (et des jeunes femmes en particulier) dans la société japonaise actuelle mais le format ne permet pas vraiment de développer quelque chose de profond, une lacune encore accentuée par le rythme très lent de plusieurs des récits.
La majeure partie des récits émanent du roman graphique (parfois érotique avec passages explicites susceptibles de faire triquer l’ado plein de sève). Le dernier lorgne vers le fantastique humoristique et est très décousu.
Franchement, dans l’ensemble, moi je dis « bof ».
Dans le genre c’est efficace, l’auteur possède un trait pas désagréable pour les parties de jambe en l'air mais il faut aimer le côté XXL.
Malheureusement les péripéties tournent au film porno.
Le tout manque cruellement de liant, d’érotisme, d’humour et de subtilité pour se démarquer ou même émoustiller l’intellect.
Perso il m’en faut plus pour conseiller ou apprécier véritablement. Pas mauvais dans sa réalisation mais un manque de profondeur avéré (sans mauvais jeux de mots).
On est loin de la classe d’Amabilia ou des albums d’Artoupan.
Encore un album paru chez Komics Initiative bien moyen, qu'on gonfle en chef d'œuvre parce que c'est fait par un auteur reconnu. C'est donc apparemment un album indispensable si on est fan du dessinateur britannique Brian Bolland, parce que c’est un chef d’œuvre et c'est marrant, lorsque j'ai lu l'album j'avais plus l'impression de lire du fond de tiroir.
La première partie est pourtant pas mal. Il s'agit de 4 histoires mettant en vedette un évêque et une actrice bien sexy qui montre son corps à plusieurs occasions. Deux des récits sont moyens alors que deux autres sont très bons. Le dessin de Bolland est excellent et il sait comment créer une ambiance oppressante, comme le prouve le troisième récit mettant en vedette ce duo. Ma lecture commençait donc bien et je pensais que j'allais mettre au moins 3 étoiles.
Sauf que vient la seconde partie. Là se sont des gags (enfin je pense que c'est censé être rigolo) en une page et c'est vraiment pas drôle. Le dessin est différent de ce que fait habituellement Bolland. Il semble qu'il improvisait tout pour s'amuser et disons que ça se voit trop. Si le changement de style dans le dessin est intéressant, le scénario est sans grand intérêt. Il y a deux-trois dialogues qui m'ont fait sourire, mais la plupart du temps c'est lourd et indigeste à lire. Ça dure 54 pages, mais c'était tellement pénible à lire pour moi que j'ai eu l'impression qu'il y avait dix fois plus de pages. Les fans de la BD underground ou d'expérimentations vont peut-être plus apprécier que moi.
Puis viennent deux histoires très courtes et ensuite des illustrations. C'est beau à regarder, mais c'est un album de bande dessinée et pas un artbook et niveau scénario le niveau est faible.
Donc voilà, à moins d'être un gros fan du dessinateur, vous pouvez passer votre chemin sans problème.
Ce manga s'entame d'une manière rappelant fortement le film Un jour sans fin. Une jeune fille de 16 ans revit encore et encore le même jour de son anniversaire. Finalement, au bout de plus de 1000 répétitions, elle parvient à nouer des liens plus forts avec une amie et celle-ci va finalement elle aussi revivre avec elle la même journée. Puis une troisième fille le lendemain quand elle noue là encore une relation nouvelle avec elle. Mais malgré ses amies sur qui elle pense pouvoir désormais compter, notre héroïne ne sait toujours pas comment briser cette boucle infinie.
Graphiquement, même s'il s'agit d'un seinen, nous sommes dans un graphisme très féminin puisqu'il n'y apparait quasiment aucun personnage masculin. Visuellement, l'ensemble parait propre et maîtrisé. Quand on y regarde de plus près, c'est un peu moins convaincant. Pour commencer, toutes les filles y sont strictement les mêmes, se différenciant juste par leurs coiffures parfois elles-mêmes très similaires. Ensuite, autant ces personnages sont bien dessinés, autant les décors sont en grande partie générés par ordinateur ce qui n'est pas toujours très joyeux. Et pour finir, beaucoup de scènes impliquant du fantastique ou de l'action sont difficiles à déchiffrer. Bref, les planches rendent jolies mais ne sont pas formidables pour autant.
Quant au scénario, il est en demi-teinte. Comme indiqué ci-dessus, le début de l'histoire fait beaucoup penser à Un jour sans fin. J'aime bien le concept, même si du coup il est déjà vu, et je me suis laissé volontiers entrainé par cette suite de répétitions où l'héroïne tente de faire évoluer les choses en améliorant ses relations avec les autres et en cherchant la manière de s'en sortir. Malgré les retours en arrière dans le temps, la narration restait relativement linéaire et compéhensible pour ce qui était des deux premiers tomes.
Puis quand est venu la résolution de cette boucle temporelle, au tout début du troisième, j'ai été plutôt déçu par sa conclusion un peu nunuche.
Mais surtout, j'ai été encore plus déçu par le tour que prend la suite de l'intrigue qui semble tout à coup changer complètement. On plonge soudain dans des sortes de combats fantastiques dans une ambiance onirique bizarre où du moins le fantastique prend une forme sans réelle consistance ni logique autre que symbolique. Les héroïnes se découvrent des pouvoirs mais finalement il semble en ressortir que les vraies manières de gagner sont toujours de vaincre ses angoisses, d'accepter ses peurs, d'abandonner ses vélléités de vengeance et autres conseils psychologiques pour adolescentes. Ajouté à cela une narration qui devient encore plus confuse et des périls sans substance, j'ai largement décroché et ne suis plus trop motivé à lire la suite.
Note : 2.5/5
Je n'ai vraiment pas accroché à cette série dont je n'arrive pas à déterminer le public cible central. En effet Ling-ling JF de plus ou moins 18 ans, a pour principale qualité de donner des kicks pour envoyer ses adversaires valser à 10 mètres.
Même si les auteurs lui ont gardé son look de petite fille (avec la même tenue pendant 5 ans) j'ai du mal à imaginer une ado de 8/12 ans s'identifier à un tel personnage. Quant à des ados plus âgées, les dialogues sont tellement niais et puérils que là encore j'ai des doutes.
Je ne suis évidemment pas dans la cible mais j'ai réagi sur plusieurs points. J'ai donc trouvé les dialogues très relâchés avec des "ben dites donc", "Salut beauté" ; des vannes éculées "... en devenant fonctionnaire j'aurais la sécurité de l'emploi." ou des calembours sur les noms chinois à la limite de l'irrespect "Muh-Fleu", "Kan-Kan", "Sufi-Zan".
Les allusions à la culture chinoise (calligraphie, palais impérial) ne sont pas assez approfondies pour compenser un niveau général que je trouve assez faible.
J'ai bien aimé le graphisme des paysages et des bâtiments mais beaucoup moins celui des personnages. Les extérieurs sont bien travaillés et proposent une bonne ambiance mais le ridicule des visages et des gestuelles ne me convient pas. Les visages sont trop lisses et pas assez travaillés à mon goût.
J'ai bien aimé la mise en couleur qui participe à la création des ambiances.
Une série où j'ai simplement admiré les extérieurs soignés mais les pitreries de l'héroïne m'ont laissé indifférent. 1.5
No Future est une comédie futuriste qui met en scène un binôme de délinquants qui vivent en décalage avec les normes de leur époque. D'un coté Halen, une jeune mercenaire engagée pour retrouver un voleur. De l'autre Jean-Claude, le voleur en question. Leur rencontre sera l'occasion d'une association de fortune énergique, punk, contestataire, pour le pire et le meilleur.
Dès les premières pages le ton est donné avec les dialogues. Le phrasé de notre héroïne est assez vulgaire. Une vision imaginaire de la façon de s'exprimer qu'auront les jeunes dans quelques siècles. Le but est de nous mettre tout de suite dans le bain de rébellion contre le système qui anime les protagonistes. Mais c'est malheureusement un peu pénible à lire. L'esprit est bien sur léger, les auteurs cherchent avant tout à donner un effet comique à cette histoire burlesque, mais le vocabulaire n'y contribue pas.
Dans le déroulement il y a quelques séquences qui essayent également d'amener une touche d'humour, mais bof ça tombe un peu à plat. L'idée ici est de tourner en dérision un mode de vie. Il est par exemple tellement mal vu de discriminer les minorités qu'il est maintenant dangereux d'un être un homme blanc et hétéro. Il y a plusieurs tentatives de faire des blagues à base de vegan-iel-asexué-etc qui tombent également un peu à l'eau. Au delà de cet aspect, il y aussi de l'action, des vaisseaux, des flingues, des documents secrets et une quête menée par les héros contre les vilains super capitalistes. Mais on ne peut pas dire que les péripéties qui rythment tout ça soient très accrocheuses.
Au final le coté comédie n'est pas très drôle et le coté polar futuriste n'est pas palpitant. Le dessin ne rattrape pas le tout, donc ce no future ne laissera pas un souvenir marquant post lecture.
Ça a l'aspect et l'odeur d'une bonne bd, mais dès les premières pages avalées, je sens arriver l'indigestion.
J'ai un problème avec Éric Liberge, à ce jour je n'ai jamais apprécié une de ses productions.
Ce "Tonnerre rampant" ne m'a pas convaincu, une histoire de fantôme dans une abbaye hantée qui fait se croiser le passé et le présent avec l'enquête en cours pour en trouver les origines. Les personnages sont fades et stéréotypés, la narration est alambiquée et j'ai dû me forcer pour arriver au bout de cette bd.
Vraiment pas à mon goût.
Graphiquement je n'accroche pas du tout, pourtant je reconnais à Liberge une patte personnelle, mais rien n'y fait, je trouve son dessin difficilement lisible, inesthétique et au trait grossier. Sa colorisation ne me convient pas, par contre j'ai aimé sa mise en page.
Pas fait pour moi.
Voilà une série méconnue semble-t-il, abandonnée, oubliée donc. Mais il y a sans doute des raisons.
Le dessin n’est pas mon truc. Je le trouve assez grossier. Mais il est quand même fluide, et la colorisation passe bien.
C’est surtout l’histoire et la narration qui m’ont laissé de côté. Le premier album, tome d’exposition essentiellement, n’est pas désagréable, avec un petit air du Désert des Tartares, et une forte accélération en fin d’album.
Par contre j’ai trouvé le deuxième indigeste, avec des dialogues un peu trop présents, lourds et « explicatifs ». Quant à l’intrigue et les personnages, là aussi cela manque de finesse, de nuance, rebondissements et effets sont accentués, prévisibles. Et l’intervention de l’équipe de jeunes comme espions à la cour du roi est improbable.
Enfin, ce deuxième tome se conclut par un gros cliffhanger, mais comme la série est abandonnée, et que l’histoire en est à ses balbutiements, cela ajoute au ressenti négatif.
Je ressors circonspect de ma lecture.
J’apprécie pourtant ce genre de thèmes : l’impact de la robotique et des intelligence artificielles sur notre société, sur la race humaine, les emplois, l’éducation. J’avais à ce titre beaucoup aimé le récent Carbone & Silicium. Mais je suis un peu passé à côté de « Not All Robots ».
Je n’ai jamais réussi à cerner le ton de cette satire, tantôt humoristique et bébête, tantôt sérieux voire presque philosophique. Je n’ai pas cru en cette société dystopique, en ces robots dotés de la faculté de déprimer, d’être en colère et violents contre les hommes qui les ont programmés. J’ai trouvé ça trop facile et alarmiste, et surfant sur la vague actuelle de paranoïa contre les IA. La postface de l’auteur vient encore plus brouiller les cartes, et explique que le titre de la BD est inspiré du contre-mouvement « NotAllMen », réponse au mouvement féministe « MeToo », et que cette histoire parle apparemment de masculinité toxique, mais avec des robots. Ah bon.
Il y a quelques moments sympathiques, et des touches d’humour assez bien vues… mais globalement, je n’ai tout simplement pas compris où voulait en venir l’auteur. Je serais curieux de lire d’autre avis.
En attendant ma dédicace sur le stand Tabou, à propos de Les Arcanes de la Maison Fleury, j'ai eu largement le temps de lire cet album qui s'est révélé très décevant.
En effet, le dessin de couverture semble annoncer un joli dessin soigné, mais alors le contenu, quelle déception ! Ce genre de dessin ne me convient pas du tout sur une Bd érotique, on dirait carrément un brouillon, c'est horrible, son style enfantin et naïf détone complètement avec le sujet traité, bref ça ne donne même pas envie et c'est dommage...
Sinon au niveau scénario c'est pas mal du tout, il s'agit de la sexualité féminine d'aujourd'hui, où différents thèmes sont abordés par le biais de récits courts : la question des poils, la pornographie qui ne sait se situer entre culpabilité et développement des fantasmes, la pudeur à exprimer ses désirs, les sextoys qui peuvent se révéler meilleurs que certains mecs, tout comme le fait de découvrir ses propres plaisirs sexuels avant de se mettre en couple... bref cet album propose différentes solutions à des questions très actuelles, OK tout ceci est vu de façon pertinente et parfois drôle, mais hélas, 3 fois hélas, avec un dessin d'une aussi piètre qualité, il m'est impossible de prendre tout ça au sérieux. Un vrai gâchis.
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Jun Mayuzuki Anthologie 2007–2017
Je n’ai pas trouvé grand intérêt à ce recueil de courts récits signés Jun Mayuzuki. Soyons clairs, j’ai même le sentiment que ce manga n’aurait pas vu le jour si l’autrice n’avait bénéficié d’une belle vitrine d’exposition au festival d’Angoulême 2022 car publier une anthologie d’une mangaka pas encore âgée de 40 ans, c’est quand même quelque peu précipité. Même si j’ai eu du mal à déchiffrer l’un ou l’autre dessin, dans 99 pourcent des cas je n’ai pas de remarques négatives à formuler tant au niveau du trait que du découpage. Certes, on tombe dans les stéréotypes classiques du manga, avec des personnages féminins présentant constamment le même type de silhouette élancée mais le trait est fin et agréable à lire. Certes, les textes sont parfois inutilement tirés en longueur mais, à nouveau, l’amateur de mangas y est habitué. Non, ce qui coince vraiment chez moi, c’est le manque d’intérêt que j’ai ressenti pour des récits dans lesquels les personnages semblent pour la grande majorité s’ennuyer profondément. Il y a peut-être matière à réflexion quant à la situation des jeunes (et des jeunes femmes en particulier) dans la société japonaise actuelle mais le format ne permet pas vraiment de développer quelque chose de profond, une lacune encore accentuée par le rythme très lent de plusieurs des récits. La majeure partie des récits émanent du roman graphique (parfois érotique avec passages explicites susceptibles de faire triquer l’ado plein de sève). Le dernier lorgne vers le fantastique humoristique et est très décousu. Franchement, dans l’ensemble, moi je dis « bof ».
Une journée bien remplie
Dans le genre c’est efficace, l’auteur possède un trait pas désagréable pour les parties de jambe en l'air mais il faut aimer le côté XXL. Malheureusement les péripéties tournent au film porno. Le tout manque cruellement de liant, d’érotisme, d’humour et de subtilité pour se démarquer ou même émoustiller l’intellect. Perso il m’en faut plus pour conseiller ou apprécier véritablement. Pas mauvais dans sa réalisation mais un manque de profondeur avéré (sans mauvais jeux de mots). On est loin de la classe d’Amabilia ou des albums d’Artoupan.
Bolland Strips
Encore un album paru chez Komics Initiative bien moyen, qu'on gonfle en chef d'œuvre parce que c'est fait par un auteur reconnu. C'est donc apparemment un album indispensable si on est fan du dessinateur britannique Brian Bolland, parce que c’est un chef d’œuvre et c'est marrant, lorsque j'ai lu l'album j'avais plus l'impression de lire du fond de tiroir. La première partie est pourtant pas mal. Il s'agit de 4 histoires mettant en vedette un évêque et une actrice bien sexy qui montre son corps à plusieurs occasions. Deux des récits sont moyens alors que deux autres sont très bons. Le dessin de Bolland est excellent et il sait comment créer une ambiance oppressante, comme le prouve le troisième récit mettant en vedette ce duo. Ma lecture commençait donc bien et je pensais que j'allais mettre au moins 3 étoiles. Sauf que vient la seconde partie. Là se sont des gags (enfin je pense que c'est censé être rigolo) en une page et c'est vraiment pas drôle. Le dessin est différent de ce que fait habituellement Bolland. Il semble qu'il improvisait tout pour s'amuser et disons que ça se voit trop. Si le changement de style dans le dessin est intéressant, le scénario est sans grand intérêt. Il y a deux-trois dialogues qui m'ont fait sourire, mais la plupart du temps c'est lourd et indigeste à lire. Ça dure 54 pages, mais c'était tellement pénible à lire pour moi que j'ai eu l'impression qu'il y avait dix fois plus de pages. Les fans de la BD underground ou d'expérimentations vont peut-être plus apprécier que moi. Puis viennent deux histoires très courtes et ensuite des illustrations. C'est beau à regarder, mais c'est un album de bande dessinée et pas un artbook et niveau scénario le niveau est faible. Donc voilà, à moins d'être un gros fan du dessinateur, vous pouvez passer votre chemin sans problème.
Coffee moon
Ce manga s'entame d'une manière rappelant fortement le film Un jour sans fin. Une jeune fille de 16 ans revit encore et encore le même jour de son anniversaire. Finalement, au bout de plus de 1000 répétitions, elle parvient à nouer des liens plus forts avec une amie et celle-ci va finalement elle aussi revivre avec elle la même journée. Puis une troisième fille le lendemain quand elle noue là encore une relation nouvelle avec elle. Mais malgré ses amies sur qui elle pense pouvoir désormais compter, notre héroïne ne sait toujours pas comment briser cette boucle infinie. Graphiquement, même s'il s'agit d'un seinen, nous sommes dans un graphisme très féminin puisqu'il n'y apparait quasiment aucun personnage masculin. Visuellement, l'ensemble parait propre et maîtrisé. Quand on y regarde de plus près, c'est un peu moins convaincant. Pour commencer, toutes les filles y sont strictement les mêmes, se différenciant juste par leurs coiffures parfois elles-mêmes très similaires. Ensuite, autant ces personnages sont bien dessinés, autant les décors sont en grande partie générés par ordinateur ce qui n'est pas toujours très joyeux. Et pour finir, beaucoup de scènes impliquant du fantastique ou de l'action sont difficiles à déchiffrer. Bref, les planches rendent jolies mais ne sont pas formidables pour autant. Quant au scénario, il est en demi-teinte. Comme indiqué ci-dessus, le début de l'histoire fait beaucoup penser à Un jour sans fin. J'aime bien le concept, même si du coup il est déjà vu, et je me suis laissé volontiers entrainé par cette suite de répétitions où l'héroïne tente de faire évoluer les choses en améliorant ses relations avec les autres et en cherchant la manière de s'en sortir. Malgré les retours en arrière dans le temps, la narration restait relativement linéaire et compéhensible pour ce qui était des deux premiers tomes. Puis quand est venu la résolution de cette boucle temporelle, au tout début du troisième, j'ai été plutôt déçu par sa conclusion un peu nunuche. Mais surtout, j'ai été encore plus déçu par le tour que prend la suite de l'intrigue qui semble tout à coup changer complètement. On plonge soudain dans des sortes de combats fantastiques dans une ambiance onirique bizarre où du moins le fantastique prend une forme sans réelle consistance ni logique autre que symbolique. Les héroïnes se découvrent des pouvoirs mais finalement il semble en ressortir que les vraies manières de gagner sont toujours de vaincre ses angoisses, d'accepter ses peurs, d'abandonner ses vélléités de vengeance et autres conseils psychologiques pour adolescentes. Ajouté à cela une narration qui devient encore plus confuse et des périls sans substance, j'ai largement décroché et ne suis plus trop motivé à lire la suite. Note : 2.5/5
Ling-Ling
Je n'ai vraiment pas accroché à cette série dont je n'arrive pas à déterminer le public cible central. En effet Ling-ling JF de plus ou moins 18 ans, a pour principale qualité de donner des kicks pour envoyer ses adversaires valser à 10 mètres. Même si les auteurs lui ont gardé son look de petite fille (avec la même tenue pendant 5 ans) j'ai du mal à imaginer une ado de 8/12 ans s'identifier à un tel personnage. Quant à des ados plus âgées, les dialogues sont tellement niais et puérils que là encore j'ai des doutes. Je ne suis évidemment pas dans la cible mais j'ai réagi sur plusieurs points. J'ai donc trouvé les dialogues très relâchés avec des "ben dites donc", "Salut beauté" ; des vannes éculées "... en devenant fonctionnaire j'aurais la sécurité de l'emploi." ou des calembours sur les noms chinois à la limite de l'irrespect "Muh-Fleu", "Kan-Kan", "Sufi-Zan". Les allusions à la culture chinoise (calligraphie, palais impérial) ne sont pas assez approfondies pour compenser un niveau général que je trouve assez faible. J'ai bien aimé le graphisme des paysages et des bâtiments mais beaucoup moins celui des personnages. Les extérieurs sont bien travaillés et proposent une bonne ambiance mais le ridicule des visages et des gestuelles ne me convient pas. Les visages sont trop lisses et pas assez travaillés à mon goût. J'ai bien aimé la mise en couleur qui participe à la création des ambiances. Une série où j'ai simplement admiré les extérieurs soignés mais les pitreries de l'héroïne m'ont laissé indifférent. 1.5
No Future
No Future est une comédie futuriste qui met en scène un binôme de délinquants qui vivent en décalage avec les normes de leur époque. D'un coté Halen, une jeune mercenaire engagée pour retrouver un voleur. De l'autre Jean-Claude, le voleur en question. Leur rencontre sera l'occasion d'une association de fortune énergique, punk, contestataire, pour le pire et le meilleur. Dès les premières pages le ton est donné avec les dialogues. Le phrasé de notre héroïne est assez vulgaire. Une vision imaginaire de la façon de s'exprimer qu'auront les jeunes dans quelques siècles. Le but est de nous mettre tout de suite dans le bain de rébellion contre le système qui anime les protagonistes. Mais c'est malheureusement un peu pénible à lire. L'esprit est bien sur léger, les auteurs cherchent avant tout à donner un effet comique à cette histoire burlesque, mais le vocabulaire n'y contribue pas. Dans le déroulement il y a quelques séquences qui essayent également d'amener une touche d'humour, mais bof ça tombe un peu à plat. L'idée ici est de tourner en dérision un mode de vie. Il est par exemple tellement mal vu de discriminer les minorités qu'il est maintenant dangereux d'un être un homme blanc et hétéro. Il y a plusieurs tentatives de faire des blagues à base de vegan-iel-asexué-etc qui tombent également un peu à l'eau. Au delà de cet aspect, il y aussi de l'action, des vaisseaux, des flingues, des documents secrets et une quête menée par les héros contre les vilains super capitalistes. Mais on ne peut pas dire que les péripéties qui rythment tout ça soient très accrocheuses. Au final le coté comédie n'est pas très drôle et le coté polar futuriste n'est pas palpitant. Le dessin ne rattrape pas le tout, donc ce no future ne laissera pas un souvenir marquant post lecture.
Tonnerre Rampant
Ça a l'aspect et l'odeur d'une bonne bd, mais dès les premières pages avalées, je sens arriver l'indigestion. J'ai un problème avec Éric Liberge, à ce jour je n'ai jamais apprécié une de ses productions. Ce "Tonnerre rampant" ne m'a pas convaincu, une histoire de fantôme dans une abbaye hantée qui fait se croiser le passé et le présent avec l'enquête en cours pour en trouver les origines. Les personnages sont fades et stéréotypés, la narration est alambiquée et j'ai dû me forcer pour arriver au bout de cette bd. Vraiment pas à mon goût. Graphiquement je n'accroche pas du tout, pourtant je reconnais à Liberge une patte personnelle, mais rien n'y fait, je trouve son dessin difficilement lisible, inesthétique et au trait grossier. Sa colorisation ne me convient pas, par contre j'ai aimé sa mise en page. Pas fait pour moi.
Pendragon
Voilà une série méconnue semble-t-il, abandonnée, oubliée donc. Mais il y a sans doute des raisons. Le dessin n’est pas mon truc. Je le trouve assez grossier. Mais il est quand même fluide, et la colorisation passe bien. C’est surtout l’histoire et la narration qui m’ont laissé de côté. Le premier album, tome d’exposition essentiellement, n’est pas désagréable, avec un petit air du Désert des Tartares, et une forte accélération en fin d’album. Par contre j’ai trouvé le deuxième indigeste, avec des dialogues un peu trop présents, lourds et « explicatifs ». Quant à l’intrigue et les personnages, là aussi cela manque de finesse, de nuance, rebondissements et effets sont accentués, prévisibles. Et l’intervention de l’équipe de jeunes comme espions à la cour du roi est improbable. Enfin, ce deuxième tome se conclut par un gros cliffhanger, mais comme la série est abandonnée, et que l’histoire en est à ses balbutiements, cela ajoute au ressenti négatif.
Not All Robots
Je ressors circonspect de ma lecture. J’apprécie pourtant ce genre de thèmes : l’impact de la robotique et des intelligence artificielles sur notre société, sur la race humaine, les emplois, l’éducation. J’avais à ce titre beaucoup aimé le récent Carbone & Silicium. Mais je suis un peu passé à côté de « Not All Robots ». Je n’ai jamais réussi à cerner le ton de cette satire, tantôt humoristique et bébête, tantôt sérieux voire presque philosophique. Je n’ai pas cru en cette société dystopique, en ces robots dotés de la faculté de déprimer, d’être en colère et violents contre les hommes qui les ont programmés. J’ai trouvé ça trop facile et alarmiste, et surfant sur la vague actuelle de paranoïa contre les IA. La postface de l’auteur vient encore plus brouiller les cartes, et explique que le titre de la BD est inspiré du contre-mouvement « NotAllMen », réponse au mouvement féministe « MeToo », et que cette histoire parle apparemment de masculinité toxique, mais avec des robots. Ah bon. Il y a quelques moments sympathiques, et des touches d’humour assez bien vues… mais globalement, je n’ai tout simplement pas compris où voulait en venir l’auteur. Je serais curieux de lire d’autre avis.
Histoires d'Elles
En attendant ma dédicace sur le stand Tabou, à propos de Les Arcanes de la Maison Fleury, j'ai eu largement le temps de lire cet album qui s'est révélé très décevant. En effet, le dessin de couverture semble annoncer un joli dessin soigné, mais alors le contenu, quelle déception ! Ce genre de dessin ne me convient pas du tout sur une Bd érotique, on dirait carrément un brouillon, c'est horrible, son style enfantin et naïf détone complètement avec le sujet traité, bref ça ne donne même pas envie et c'est dommage... Sinon au niveau scénario c'est pas mal du tout, il s'agit de la sexualité féminine d'aujourd'hui, où différents thèmes sont abordés par le biais de récits courts : la question des poils, la pornographie qui ne sait se situer entre culpabilité et développement des fantasmes, la pudeur à exprimer ses désirs, les sextoys qui peuvent se révéler meilleurs que certains mecs, tout comme le fait de découvrir ses propres plaisirs sexuels avant de se mettre en couple... bref cet album propose différentes solutions à des questions très actuelles, OK tout ceci est vu de façon pertinente et parfois drôle, mais hélas, 3 fois hélas, avec un dessin d'une aussi piètre qualité, il m'est impossible de prendre tout ça au sérieux. Un vrai gâchis.