Avec ce grand format, l'écrin donne vraiment envie. La couverture est somptueuse avec sa composition qui attire indéniablement l'oeil. Le début de l'histoire est prometteur et pose les bases d'un space opéra spectaculaire. La guerre intergalactique est menée par des compagnies de mercenaires qui se battent à grand coup de technologies, de drones et de robots. On assiste d'entrée à un combat sur une planète agricole pour prendre le contrôle des récoltes. Cette guerre ressemble à un sport, les compagnies rivalisent entre elles et les humains derrière les robots ne manquent pas de se chambrer. Ça part sur les chapeaux de roues.
Voilà pour le positif car, hélas, la suite ne tient pas ces promesses. Difficile de croire aux responsabilités confiées à ce gamin de 16 ans, recruté par hasard. Difficile de croire que ce petit paysan à plus de connaissances que les membres de sa compagnie sur l'histoire de la guerre et sur les machines. Difficile de croire qu'il est aussi à l'aise avec le fonctionnement et le pilotage de ces engins, lui qui ramassait du blé une semaine avant.
Niveau crédibilité on a déjà vu mieux. Cela dit, on en ferait volontiers abstraction si la trame principale de l'histoire était prenante. Mais là non plus ce n'est pas le cas. On suit notre compagnie enchainer quelques missions. On arrive sur une planète pour un but bien précis, attaquer quelque chose, protéger ou tuer quelqu'un. Oh, c'est un piège... On se bastonne, on s'en va et on recommence plus loin sur une autre étoile. Mouais. On ne s'attache pas aux personnages. Le tout manque cruellement de piment, d'un fil rouge conducteur et surtout d'un but global. Où est le petit élément qui doit faire vibrer le lecteur en se demandant si les héros vont réussir leur quête ?
Coté visuel, on retrouve le style très photographique de Jean-Michel Ponzio. C'est très spectaculaire, bien adapté pour ce récit de SF, les scènes dans l'espace sont très chouettes. Ça ne suffit pas à rattraper un scénario dont le développement ne répond pas aux espoirs initiaux.
Fanette ? C’est une Greta Thunberg en puissance. Elle n’a que onze ans, mais déjà la fibre revendicative. C’est bien simple, elle passe son temps à cornaquer parents et petit frère, leur rappelant sans cesse les gestes écolos, elle est la conscience, le guide moral de sa famille.
Aurel en a fait une passionaria de l’environnement, qui a la naïveté empathique de l’engagement adolescent, et l’aplomb d’une militante plus mature, adulte.
Disons que ça se laisse lire, mais sans plus.
D’abord parce que ça n’est généralement pas forcément drôle (ça n’était d’ailleurs peut-être pas le but ?).
Ensuite parce que c’est un peu lassant au bout d’un moment, il n’y a pas vraiment de rupture de ton.
Si les messages qu’essaye de faire passer Fanette sont louables, la lecture, elle, m’a laissé sur ma faim.
Au travers de l'aperçu de la vie de trois d'entre elles, Nine Antico nous donne un aperçu de la condition de la femme dans l'Italie du XXe siècle. Agata, jeune fille d'une famille bourgeoise exilée au début du siècle dans un sanatorium au pied du Stromboli. Lucia, napolitaine vendant ses charmes au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Et Rosalia, protégée par la police dans les années 90 pour permettre son témoignage contre la Mafia. Un chapitre est dédié à chacune d'entre elles, avec des liens réalisés vers l'histoire des saintes chrétiennes qui portaient le même nom qu'elles.
Le fond de cet album est louable. Il s'agit de raconter le parcours de femmes meurtries par la vie et de découvrir à travers elle des pans différents de la société italiennes et de la condition féminine à ces diverses époques.
Malheureusement, je n'ai aimé ni la forme ni la narration.
Graphiquement, Nine Antico offre un noir et blanc mêlant aplats de noir et ombrages plus charbonneux. Son trait est certes doté d'une certaine personnalité, mais il manque de soin et d'esthétisme à mon goût. Les personnages paraissent juste esquissés, devenant laids quand ils se font plus détaillés, et globalement peu attirants.
Mais le principal soucis à mes yeux tient dans la narration qui est confuse et peu engageante. La mise en page est éclatée, avec cases, dialogues et textes narratifs dispersés ici et là. Ce sont régulièrement des narrations multiples, avec des phrases qui s'entament sur une case et se poursuivre plus loin tandis que d'autres cases intermédiaires racontent autre chose de complètement différent. Il m'a été impossible de m'attacher au moindre personnage d'une part, mais surtout j'ai régulièrement eu du mal à comprendre ce qui m'était raconté. On note deux passages comprenant des éléments de fantastique dans ces trois histoires, et autant le premier concernant Agata amène une forme de retournement de situation surprenant quoique le décalage soudain avec le réalisme précédent est déroutant, autant le second concernant Lucia m'a laissé perplexe, car je n'avais pas compris à la base qu'il ne s'agissait pas d'une forme de métaphore mais de quelque chose arrivant vraiment à l'héroïne sans que rien ne vienne jamais l'expliquer.
Honnêtement, je n'ai jamais su accrocher à cette lecture qui m'a en majorité ennuyé même si elle m'a permis de découvrir quelques portions intéressantes de la société italienne.
Si les montagnes chères à Cosey sont présentes, ce n’est qu’en arrière-plan – sans les couleurs qui souvent les magnifient.
Mais c’est en fait toute l’histoire que j’ai trouvée en retrait. Ça se laisse lire, mais aussi vite oublier je pense, tant cela manque de profondeur.
Le coup de vieux bonhomme, qui retrouve son amour de jeunesse, partie chercher la gloire à Hollywood (la coïncidence est d’ailleurs ici assez grosse) est déjà vu. Et ici rien pour renouveler le genre, hélas. Le rythme est pépère – comme souvent chez Cosey, mais ici ça n’est pas contrebalancé par autre chose que la lenteur, et quelques facilités (la façon dont le héros échappe à toute poursuite après le pseudo enlèvement).
Ce qui est gênant, c’est aussi que je n’ai jamais ressenti entre les protagoniste les liens forts qui étaient censés les unir. La star sur le retour est effacée (on ne joue même pas sur d’éventuels caprices), et lorsque les retrouvailles entre les anciens amoureux ont lieu, j’ai trouvé ça froid et artificiel.
Du coup moi aussi j’ai fait « comme si », survolant l’histoire, vite lue donc, mais qui m’a franchement laissé sur ma faim. Cosey a fait plus intéressant ailleurs quand même !
Un ressenti identique à celui de Noirdésir, vraiment pas le meilleur album lu dans cette collection.
Le dessin n’est pas en cause, pas fou mais simple et lisible, ça reste dans la veine des autres titres.
C’est vraiment le sujet qui plombe la lecture, c’est d’une pauvreté ce type de comportement que ça en devient navrant, comme notre protagoniste principal, un mec timide qui devient un gros con.
Bien sûr c’était la volonté des auteurs de nous conter cette « secte » des rois de la win, de vrais prédateurs envers la gente féminine, complètement déconnectés des rapports humains avec leur propre vocabulaire et abréviation (qu’est ce que c’est que ça m’a saoulé cette partie), une belle tristesse au final.
Étrange cet album. il regroupe plusieurs histoires qui sortent de l’ordinaire certes, qui interpellent, mais qui sont difficilement appréhendables.
Je ne sais pas où Cornette voulait en venir – ni s’il y avait d’ailleurs une direction bien affirmée. Une certaine improvisation semble avoir présidé aux scénarios, dans lesquels Jean-Popol, gamin puis adolescent, raconte des anecdotes auxquelles il prétend avoir été mêlé, anecdotes où le loufoque, le fantastique et l’improbable se rejoignent.
Si la plupart des histoires gardent une bonne part d’inexpliqué, d’étrange, ça se laisse globalement lire. Mais au bout d’un moment la lassitude gagne, et les deux dernières m’ont complètement laissé de marbre. Un univers un peu barré: si je ne suis pas étonné de retrouver Cornette dans ce genre de chose, j'ai été davantage surpris de le voir accompagné par Warnauts, peu habitué de ce genre de délire, qui plus est dans un style graphique plutôt éloigné de ce que je connaissais de lui.
A emprunter à l’occasion, mais à réserver à ceux qui n'attendent pas que des intrigues cartésiennes.
Note réelle 2,5/5.
Je suis assez friand des adaptations de romans célèbres en BD. Au moins je suis sûr que le cadre du scénario tient la route.
Mais ici je suis déçu. Je n'ai pas lu le roman mais beaucoup autour de ce roman que mon fils a étudié au collège. De plus j'aime beaucoup ce que j'ai lu de London.
Ici je ne retrouve pas beaucoup de ce qui fait la force de la littérature de London : à savoir cet amour de la vie qui vient des tripes et ancrée dans la réalité brutale. Je trouve que Denis Lapière nous livre un récit très statique.
Je trouve même que la personnalité de Ruth prend le dessus sur celle de Martin. De plus la progression intellectuelle de Martin n'est pas assez marquée à mon goût. Or il me semble que c'est cette perte du soi originel vers un inconnu qui vous transforme qui est le fondement du récit.
Est-ce le graphisme qui amplifie cette impression d'enfant sage engoncé dans ses beaux habits du dimanche et assidu à faire ses devoirs ? Je ne suis pas fan de ce graphisme peinture qui anesthésie le mouvement et le dynamisme. Même les rares bagarres ou les scènes de bateaux me semblent figées.
Perso une déception.
Un très beau dessin aux services d'un récit qui ne m'a pas convaincu.
Il faut tout de même et avant tout saluer le travail graphique. L'environnement du récit emporte le lecteur dans les vents violents et poussiéreux de l'Oklahoma. L'époque apporte aussi tout son lot d'attraction et je reconnais ne pas avoir su m'arrêter de lire cette histoire d'une traite. Le livre est d'ailleurs épais mais sans aucune lourdeur, le texte étant aussi rare que l'eau dans les puits du "Dust Bowl". La représentation des villages permet de plonger dans le décor, et les scènes de cette nature, déchaînée ou inerte, apportent beaucoup de puissance au récit. J'aime aussi beaucoup la palette de couleurs.
On suit donc John Clark, un jeune qui a eu la chance de trouver un emploi pendant la Grande Dépression, pour faire ce qu'il aime : de la photo. Engagé par la Farm Security Administration (FSA), sa mission sera de rapporter des photographies aux services du gouvernement dans le but qu'elles soient publier pour "faire connaître l'Amérique aux américains". Une fois arrivé dans ce village, John trouvera bien plus que des clichés réussis.
Je ne suis pas bien emballé par les péripéties et le déroulement général du récit. On voudrait qu'il soit historique, mais les questions existentialistes de John prennent trop de place. La relation amoureuse, si furtive soit-elle, m'est incongrue. Quand à l'épilogue, tout cela pèse lourd de sentimentalisme. Bien sûr il y a beaucoup d'idées qui ne sont pas à jeter et des passages marquants, surtout dans les dialogues avec les locaux. Pour ce qui est de John et ses conclusions sur la photographie, je suis désagréablement étonné du contre-sens pris et je trouve, là encore, qu'elles sont le fruit d'un personnage égocentrique qui en est venu à briser ce que je m'attendais à lire tout du long : la photographie d'une époque. Mais non, le point final sont en fait des points de suspension ouvrant les prémices d'un road movie libérateur et joyeux sur la personne la moins affectée par cette période de sécheresse.
Chez moi, l'empathie s'arrête quand John débarque. A la vue du thème, je ne voulais pas forcément être surpris scénaristiquement, mais l'écriture fonctionne de sorte à ce que nous le soyons. Soit, sauf que tout m'apparaît convenu et prévisible.
La majorité des lecteurs porte un avis plus flatteur. Alors cherchez à vous procurer ce bouquin, mais je vous invite à l'emprunt car pour moi, ça n'est pas aussi vital que la possession d'une pelle dans la région du Dust Bowl. 2,5/5
Flesh Bones est une collection dans laquelle Glénat publie des albums de genre plutôt série B (ou Z), sans prétention, avec un format et un papier qui font un peu cheap. C’est de la lecture popcorn, mais plusieurs albums m’avaient satisfait. Ce n’est pas le cas de celui-ci, duquel je suis sorti globalement déçu.
Il se lit très vit (c’est une qualité vu le peu d’intérêt que j’y ai finalement trouvé), mais je pense l’oublier très vite.
Le dessin passe, un Noir et Blanc classique, réaliste, mais inégal (certains passages sont un peu bâclés, même si dans l’ensemble ça fait le job).
C’est l’histoire qui laisse à désirer. Rien d’original, ni sur le fond ni sur la forme, et la narration peine à donner du rythme, faire monter la tension. Une énième histoire de malédiction, où plusieurs trucs ne m’ont pas paru crédibles dans les réactions des protagonistes, l’ensemble étant un peu artificiel et creux.
J’ai connu Philippe Thirault plus inspiré.
J'ai trouvé l'histoire pas très inspirée et un peu déprimante. Le début laissait présager mieux (je parle du début consultable sur ce site car il y a une petite astuce de pagination). Plus spécifiquement, je m'attendais à ce que le protagoniste accomplisse quelque chose alors qu'il va surtout rester spectateur tout au long de l'histoire. Dur de m'attacher à lui.
Le dessin et la narration sont corrects, mais le rythme est assez lent et j'ai fini par m'ennuyer.
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La Compagnie rouge
Avec ce grand format, l'écrin donne vraiment envie. La couverture est somptueuse avec sa composition qui attire indéniablement l'oeil. Le début de l'histoire est prometteur et pose les bases d'un space opéra spectaculaire. La guerre intergalactique est menée par des compagnies de mercenaires qui se battent à grand coup de technologies, de drones et de robots. On assiste d'entrée à un combat sur une planète agricole pour prendre le contrôle des récoltes. Cette guerre ressemble à un sport, les compagnies rivalisent entre elles et les humains derrière les robots ne manquent pas de se chambrer. Ça part sur les chapeaux de roues. Voilà pour le positif car, hélas, la suite ne tient pas ces promesses. Difficile de croire aux responsabilités confiées à ce gamin de 16 ans, recruté par hasard. Difficile de croire que ce petit paysan à plus de connaissances que les membres de sa compagnie sur l'histoire de la guerre et sur les machines. Difficile de croire qu'il est aussi à l'aise avec le fonctionnement et le pilotage de ces engins, lui qui ramassait du blé une semaine avant. Niveau crédibilité on a déjà vu mieux. Cela dit, on en ferait volontiers abstraction si la trame principale de l'histoire était prenante. Mais là non plus ce n'est pas le cas. On suit notre compagnie enchainer quelques missions. On arrive sur une planète pour un but bien précis, attaquer quelque chose, protéger ou tuer quelqu'un. Oh, c'est un piège... On se bastonne, on s'en va et on recommence plus loin sur une autre étoile. Mouais. On ne s'attache pas aux personnages. Le tout manque cruellement de piment, d'un fil rouge conducteur et surtout d'un but global. Où est le petit élément qui doit faire vibrer le lecteur en se demandant si les héros vont réussir leur quête ? Coté visuel, on retrouve le style très photographique de Jean-Michel Ponzio. C'est très spectaculaire, bien adapté pour ce récit de SF, les scènes dans l'espace sont très chouettes. Ça ne suffit pas à rattraper un scénario dont le développement ne répond pas aux espoirs initiaux.
Fanette
Fanette ? C’est une Greta Thunberg en puissance. Elle n’a que onze ans, mais déjà la fibre revendicative. C’est bien simple, elle passe son temps à cornaquer parents et petit frère, leur rappelant sans cesse les gestes écolos, elle est la conscience, le guide moral de sa famille. Aurel en a fait une passionaria de l’environnement, qui a la naïveté empathique de l’engagement adolescent, et l’aplomb d’une militante plus mature, adulte. Disons que ça se laisse lire, mais sans plus. D’abord parce que ça n’est généralement pas forcément drôle (ça n’était d’ailleurs peut-être pas le but ?). Ensuite parce que c’est un peu lassant au bout d’un moment, il n’y a pas vraiment de rupture de ton. Si les messages qu’essaye de faire passer Fanette sont louables, la lecture, elle, m’a laissé sur ma faim.
Madones et putains
Au travers de l'aperçu de la vie de trois d'entre elles, Nine Antico nous donne un aperçu de la condition de la femme dans l'Italie du XXe siècle. Agata, jeune fille d'une famille bourgeoise exilée au début du siècle dans un sanatorium au pied du Stromboli. Lucia, napolitaine vendant ses charmes au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Et Rosalia, protégée par la police dans les années 90 pour permettre son témoignage contre la Mafia. Un chapitre est dédié à chacune d'entre elles, avec des liens réalisés vers l'histoire des saintes chrétiennes qui portaient le même nom qu'elles. Le fond de cet album est louable. Il s'agit de raconter le parcours de femmes meurtries par la vie et de découvrir à travers elle des pans différents de la société italiennes et de la condition féminine à ces diverses époques. Malheureusement, je n'ai aimé ni la forme ni la narration. Graphiquement, Nine Antico offre un noir et blanc mêlant aplats de noir et ombrages plus charbonneux. Son trait est certes doté d'une certaine personnalité, mais il manque de soin et d'esthétisme à mon goût. Les personnages paraissent juste esquissés, devenant laids quand ils se font plus détaillés, et globalement peu attirants. Mais le principal soucis à mes yeux tient dans la narration qui est confuse et peu engageante. La mise en page est éclatée, avec cases, dialogues et textes narratifs dispersés ici et là. Ce sont régulièrement des narrations multiples, avec des phrases qui s'entament sur une case et se poursuivre plus loin tandis que d'autres cases intermédiaires racontent autre chose de complètement différent. Il m'a été impossible de m'attacher au moindre personnage d'une part, mais surtout j'ai régulièrement eu du mal à comprendre ce qui m'était raconté. On note deux passages comprenant des éléments de fantastique dans ces trois histoires, et autant le premier concernant Agata amène une forme de retournement de situation surprenant quoique le décalage soudain avec le réalisme précédent est déroutant, autant le second concernant Lucia m'a laissé perplexe, car je n'avais pas compris à la base qu'il ne s'agissait pas d'une forme de métaphore mais de quelque chose arrivant vraiment à l'héroïne sans que rien ne vienne jamais l'expliquer. Honnêtement, je n'ai jamais su accrocher à cette lecture qui m'a en majorité ennuyé même si elle m'a permis de découvrir quelques portions intéressantes de la société italienne.
Calypso (Cosey)
Si les montagnes chères à Cosey sont présentes, ce n’est qu’en arrière-plan – sans les couleurs qui souvent les magnifient. Mais c’est en fait toute l’histoire que j’ai trouvée en retrait. Ça se laisse lire, mais aussi vite oublier je pense, tant cela manque de profondeur. Le coup de vieux bonhomme, qui retrouve son amour de jeunesse, partie chercher la gloire à Hollywood (la coïncidence est d’ailleurs ici assez grosse) est déjà vu. Et ici rien pour renouveler le genre, hélas. Le rythme est pépère – comme souvent chez Cosey, mais ici ça n’est pas contrebalancé par autre chose que la lenteur, et quelques facilités (la façon dont le héros échappe à toute poursuite après le pseudo enlèvement). Ce qui est gênant, c’est aussi que je n’ai jamais ressenti entre les protagoniste les liens forts qui étaient censés les unir. La star sur le retour est effacée (on ne joue même pas sur d’éventuels caprices), et lorsque les retrouvailles entre les anciens amoureux ont lieu, j’ai trouvé ça froid et artificiel. Du coup moi aussi j’ai fait « comme si », survolant l’histoire, vite lue donc, mais qui m’a franchement laissé sur ma faim. Cosey a fait plus intéressant ailleurs quand même !
Séducteurs de rue
Un ressenti identique à celui de Noirdésir, vraiment pas le meilleur album lu dans cette collection. Le dessin n’est pas en cause, pas fou mais simple et lisible, ça reste dans la veine des autres titres. C’est vraiment le sujet qui plombe la lecture, c’est d’une pauvreté ce type de comportement que ça en devient navrant, comme notre protagoniste principal, un mec timide qui devient un gros con. Bien sûr c’était la volonté des auteurs de nous conter cette « secte » des rois de la win, de vrais prédateurs envers la gente féminine, complètement déconnectés des rapports humains avec leur propre vocabulaire et abréviation (qu’est ce que c’est que ça m’a saoulé cette partie), une belle tristesse au final.
Jean-Polpol
Étrange cet album. il regroupe plusieurs histoires qui sortent de l’ordinaire certes, qui interpellent, mais qui sont difficilement appréhendables. Je ne sais pas où Cornette voulait en venir – ni s’il y avait d’ailleurs une direction bien affirmée. Une certaine improvisation semble avoir présidé aux scénarios, dans lesquels Jean-Popol, gamin puis adolescent, raconte des anecdotes auxquelles il prétend avoir été mêlé, anecdotes où le loufoque, le fantastique et l’improbable se rejoignent. Si la plupart des histoires gardent une bonne part d’inexpliqué, d’étrange, ça se laisse globalement lire. Mais au bout d’un moment la lassitude gagne, et les deux dernières m’ont complètement laissé de marbre. Un univers un peu barré: si je ne suis pas étonné de retrouver Cornette dans ce genre de chose, j'ai été davantage surpris de le voir accompagné par Warnauts, peu habitué de ce genre de délire, qui plus est dans un style graphique plutôt éloigné de ce que je connaissais de lui. A emprunter à l’occasion, mais à réserver à ceux qui n'attendent pas que des intrigues cartésiennes. Note réelle 2,5/5.
Martin Eden
Je suis assez friand des adaptations de romans célèbres en BD. Au moins je suis sûr que le cadre du scénario tient la route. Mais ici je suis déçu. Je n'ai pas lu le roman mais beaucoup autour de ce roman que mon fils a étudié au collège. De plus j'aime beaucoup ce que j'ai lu de London. Ici je ne retrouve pas beaucoup de ce qui fait la force de la littérature de London : à savoir cet amour de la vie qui vient des tripes et ancrée dans la réalité brutale. Je trouve que Denis Lapière nous livre un récit très statique. Je trouve même que la personnalité de Ruth prend le dessus sur celle de Martin. De plus la progression intellectuelle de Martin n'est pas assez marquée à mon goût. Or il me semble que c'est cette perte du soi originel vers un inconnu qui vous transforme qui est le fondement du récit. Est-ce le graphisme qui amplifie cette impression d'enfant sage engoncé dans ses beaux habits du dimanche et assidu à faire ses devoirs ? Je ne suis pas fan de ce graphisme peinture qui anesthésie le mouvement et le dynamisme. Même les rares bagarres ou les scènes de bateaux me semblent figées. Perso une déception.
Jours de sable
Un très beau dessin aux services d'un récit qui ne m'a pas convaincu. Il faut tout de même et avant tout saluer le travail graphique. L'environnement du récit emporte le lecteur dans les vents violents et poussiéreux de l'Oklahoma. L'époque apporte aussi tout son lot d'attraction et je reconnais ne pas avoir su m'arrêter de lire cette histoire d'une traite. Le livre est d'ailleurs épais mais sans aucune lourdeur, le texte étant aussi rare que l'eau dans les puits du "Dust Bowl". La représentation des villages permet de plonger dans le décor, et les scènes de cette nature, déchaînée ou inerte, apportent beaucoup de puissance au récit. J'aime aussi beaucoup la palette de couleurs. On suit donc John Clark, un jeune qui a eu la chance de trouver un emploi pendant la Grande Dépression, pour faire ce qu'il aime : de la photo. Engagé par la Farm Security Administration (FSA), sa mission sera de rapporter des photographies aux services du gouvernement dans le but qu'elles soient publier pour "faire connaître l'Amérique aux américains". Une fois arrivé dans ce village, John trouvera bien plus que des clichés réussis. Je ne suis pas bien emballé par les péripéties et le déroulement général du récit. On voudrait qu'il soit historique, mais les questions existentialistes de John prennent trop de place. La relation amoureuse, si furtive soit-elle, m'est incongrue. Quand à l'épilogue, tout cela pèse lourd de sentimentalisme. Bien sûr il y a beaucoup d'idées qui ne sont pas à jeter et des passages marquants, surtout dans les dialogues avec les locaux. Pour ce qui est de John et ses conclusions sur la photographie, je suis désagréablement étonné du contre-sens pris et je trouve, là encore, qu'elles sont le fruit d'un personnage égocentrique qui en est venu à briser ce que je m'attendais à lire tout du long : la photographie d'une époque. Mais non, le point final sont en fait des points de suspension ouvrant les prémices d'un road movie libérateur et joyeux sur la personne la moins affectée par cette période de sécheresse. Chez moi, l'empathie s'arrête quand John débarque. A la vue du thème, je ne voulais pas forcément être surpris scénaristiquement, mais l'écriture fonctionne de sorte à ce que nous le soyons. Soit, sauf que tout m'apparaît convenu et prévisible. La majorité des lecteurs porte un avis plus flatteur. Alors cherchez à vous procurer ce bouquin, mais je vous invite à l'emprunt car pour moi, ça n'est pas aussi vital que la possession d'une pelle dans la région du Dust Bowl. 2,5/5
Le Signe
Flesh Bones est une collection dans laquelle Glénat publie des albums de genre plutôt série B (ou Z), sans prétention, avec un format et un papier qui font un peu cheap. C’est de la lecture popcorn, mais plusieurs albums m’avaient satisfait. Ce n’est pas le cas de celui-ci, duquel je suis sorti globalement déçu. Il se lit très vit (c’est une qualité vu le peu d’intérêt que j’y ai finalement trouvé), mais je pense l’oublier très vite. Le dessin passe, un Noir et Blanc classique, réaliste, mais inégal (certains passages sont un peu bâclés, même si dans l’ensemble ça fait le job). C’est l’histoire qui laisse à désirer. Rien d’original, ni sur le fond ni sur la forme, et la narration peine à donner du rythme, faire monter la tension. Une énième histoire de malédiction, où plusieurs trucs ne m’ont pas paru crédibles dans les réactions des protagonistes, l’ensemble étant un peu artificiel et creux. J’ai connu Philippe Thirault plus inspiré.
Monsieur Apothéoz
J'ai trouvé l'histoire pas très inspirée et un peu déprimante. Le début laissait présager mieux (je parle du début consultable sur ce site car il y a une petite astuce de pagination). Plus spécifiquement, je m'attendais à ce que le protagoniste accomplisse quelque chose alors qu'il va surtout rester spectateur tout au long de l'histoire. Dur de m'attacher à lui. Le dessin et la narration sont corrects, mais le rythme est assez lent et j'ai fini par m'ennuyer.