Une lecture dont je ressors déçu.
Un album qui ressuscite plusieurs histoires courtes de Corrado Mastantuono publiées dans les années 80 et 90 dans la revue italienne "Comicart".
D'où une narration qui manque de fluidité, on ressent l'effet d'assemblage et elle est aussi assez verbeuse.
L'histoire de deux prisonniers, Buzzer au tempérament taciturne et Taille-la-route porté sur la zénitude.
Le récit se déroule dans une prison dans un monde futuriste, de la science-fiction avec une dose d'humour qui ne fait pas mouche. Un ensemble qui manque de cohérence mais qui se laisse lire.
La partie graphique est plaisante à decouvrir dans un style caricatural et expressif avec des couleurs désuètes. J'aime beaucoup.
Une curiosité pour les amoureux de la bd italienne des années 80/90.
Note réelle : 2,5.
Difficile de parler de cet ouvrage sans en révéler l’intrigue… car c’est au fil des pages, à coup de flashbacks et de sous-entendus, que le lecteur va découvrir peu à peu ce qui se cache derrière un lourd secret qui unit la protagoniste principale, Hélène, à ses copines de lycée, et sans que l’on puisse dire pourquoi, à son père, qui semble dissimuler des douleurs intimes derrière ses pertes de mémoire. Mais le sujet central, qui s’impose très vite à travers le personnage « badass » de Katia, jeune femme au caractère bien trempé, qui n’hésite pas à donner de la batte de base-ball envers les hommes qu’elle considère comme des violeurs potentiels. C’est d’ailleurs après s’en être pris à un groupe de suprématistes blancs qu’elle s’est retrouvée à purger une peine de prison.
Le harcèlement sexuel, qui évidemment touche principalement les femmes, est un sujet grave, dont on parle aujourd’hui beaucoup à travers le mouvement MeToo, et c’est plutôt une très bonne chose, même si des excès sont à déplorer, notamment cet effet de meute propre aux réseaux sociaux. Mais on dira que c’est peut-être un mal nécessaire pour y mettre fin, et assurément un moindre mal, en comparaison de l’emprise séculaire de la masculinité toxique et du silence traumatique qui entoure depuis trop longtemps les victimes de ces actes inacceptables.
« Préjudice », s’il part d’une bonne intention, nous laisse hélas un peu sur notre faim, et surtout déçoit, autant par le fond que par la forme. Malgré toute l’empathie que l’on peut avoir pour les personnages, l’ouvrage donne une impression d’inachevé. Le scénario, qui joue beaucoup sur le non-dit, avec quantité de retours en arrière, pêche par son manque de rigueur et ses nombreuses digressions qui perdent parfois le lecteur, malgré une intrigue au final peu élaborée. L’idée d’un groupe de filles qui se rebellent à leur façon (c’est le moins qu’on puisse dire !) contre la violence faite aux femmes suscite évidemment la sympathie. Mais allez savoir pourquoi, on a un peu de mal à accorder du crédit à l’histoire. Est-ce dû à la psychologie des personnages, traitée de façon assez superficielle et caricaturale ici, ou à l’audace insensée de la chef de bande kamikaze, Katia ?
Enfin, et c’est peut-être le plus gros défaut de « Préjudice » : son propos. Même si on peut parfois se satisfaire du triste sort réservé aux salauds de tout poil, l’ouvrage dans son dénouement semble bien prôner l’exécrable loi du talion sous un enrobage « moderne ». En résumé, tout ce qu’on a détesté dans les films de Charles Bronson se retrouve ici dans une œuvre supposée être féministe. Pernicieux et peu constructif. Certes, cela reste une fiction, mais l’ampleur du thème abordé aurait peut-être mérité plus que ces maigres centaines de pages.
Quant au dessin de Pauline Bertrand, qui au demeurant est loin d’être désagréable, il reste un tout petit peu vert dans sa tentative d’approcher un style semi-réaliste. Le trait avenant et un peu lisse, qui semble être conçu pour des ouvrages jeunesse, est moins convaincant pour ce qui est de l’expressivité des personnages, en particulier des visages.
Ruer dans les brancards, c’est parfois nécessaire et ça peut soulager, mais dans le cadre d’une œuvre censée prendre fait et cause contre la domination masculine et le harcèlement, on était en droit d’espérer quelque chose de plus nuancé. Tout cela ne fera malheureusement que laisser « Préjudice » au stade de l’anecdotique.
J’ai lu les 3ers tomes attentivement, puis survoler les 2 suivants, je vais m’arrêter là pour cette série.
L’univers steampunk et le dessin m’ont attiré, il y a de la qualité mais finalement je n’ai jamais été transporté. Je me contre fous de l’avenir des personnages.
Lady Mechanika est séduisante et joliment croquée, ça a été finalement le seul attrait de ma lecture. Les péripéties comme les autres personnages m’ont laissé de marbre. La quête de notre héroïne sur ses origines entre 2 missions m’a semblé trop étiolée pour m’accrocher, avec une impression de vide remplie de scènes d’action pour combler entre-temps.
J’en attendais plus, vraiment peu mémorable, du comics lambda qui ne vaut le coup que pour son univers steampunk, pas bien approfondi mais joliment mis en images.
Un truc que j’ai quand même bien apprécié, ceux sont les couvertures et les différentes tenues de notre héroïne (ce dernier point me fait penser à Buchet avec Nävis), malheureusement le reste m’a semblé bien vide.
2,5
Ca commence comme une sorte de conte médiéval, avec ce samouraï malade dont le fils est fier, mais qui se tue à essayer de faire survivre son père... Et puis d'un coup, ça bascule dans la fantasy, lorsque Soma est propulsé dans un monde totalement différent, avec ses règles, ses créatures et une forme de magie qui lui permet de faire naître son épée d'une simple branche... Bientôt il apprend qu'il est dans une version limbique du Valhalla, le paradis nordique des guerriers...
Très vite je me suis senti perdu dans cette histoire. Le mélange des mythologies, des personnages, des pouvoirs ne m'a pas convaincu, j'ai un peu eu l'impression que l'auteur a voulu rassembler en une seule histoire plusieurs de ses passions ou centres d'intérêt, sans véritablement les lier de manière crédible. L'environnement est très guerrier, ce qui donne des scènes de combats plutôt bien foutues, mais dont les enjeux nous dépassent un peu. Je pense que je ne poursuivrai pas ma lecture au-delà de ce premier tome.
Le dessin quant à lui est vraiment bon, plutôt maîtrisé. Matsubara s'amuse à mélanger les ambiances, c'est du bon boulot visuellement parlant.
Oulala, qu’est-ce que c’est que ce truc !? En tout cas quelque chose qui ne va pas me laisser un souvenir impérissable.
Le dessin de Janjetov est très correct (Jodo s’entoure toujours de très bons dessinateurs, c’est une constante chez lui), et ils ont déjà pas mal travaillé ensemble. La petite surprise vient du traitement de certains personnages. En effet, alors que le dessin est classique pour tous les autres personnages et les décors, Janjetov use de sortes de photos retouchées pour les visages d’une espèce appelée à jouer un rôle important, les quatropes (affublés qui plus est d’une peau bleue). Disons que le côté graphique est clairement ce qui passe le mieux dans cette série, et m’évite de ne mettre qu’une étoile (car je n’ai pas vraiment apprécié cette lecture !).
Car on est dans un gros délire de Jodo – même s’il n’y a rien de mystique ici, pour une fois ! Il dit s’être inspiré du roman de Verne « Deux ans de vacances ». Certes, pour une partie de l’intrigue, dans laquelle une dizaine de jeunes gens (tous héritiers de dirigeants d’une vaste dictature sur la planète Okkar) se retrouvent isolés sur une planète perdue. Toute cette partie est chiante à lire, car sur un rythme assez monotone : c’est bien simple, ils passent leur temps à se chamailler, sur un mode caricatural franchement usant (les scènes se répétant), au point qu’ils nous indiffèrent rapidement.
L’autre partie de l’intrigue se déroule sur la planète de départ, Okkar, dirigée par un dictateur ressemblant à un Hitler nain, personnage hautement improbable, loufoque, hystérique et lui aussi lassant tant il se caricature lui-même, Jodo multipliant les répliques à bases de menaces usant de chiffres énormes, d’armes hyper méga destructrices, etc.
Face à ce dictateur, la révolte gronde, une révolution se met en place, parmi les robots et une espèce autochtones humiliée, les quatropes (l’un des leurs est avec les jeunes et est censé être un maillon de cette révolution en germe).
Mais voilà, plus de dix ans après la parution du deuxième tome, la série semble avoir été abandonnée, alors que rien n’est résolu, sur Okkar ou avec nos jeunes perdus, ce deuxième album se finissant par un cliffhanger évoquant une super méga hyper menace de destruction. Je dois dire que je ne suis pas en manque d’une éventuelle suite, étant donné le côté gros ratage ressenti à la lecture des deux tomes parus.
Note réelle 1,5/5.
J'ai trouvé cette série humour un peu décevante. Elle propose une suite de gags pas très drôles pour expliquer les rudiments de la civilisation égyptienne par la bouche d'une Cléopâtre enfant.
Le choix de l'époque est surprenant car il peut induire une confusion tellement la culture grecque est présente dans une Egypte pharaonique sur le déclin. Sur cette thématique je préfère les Papyrus pour les enfants ou Les Mystères d'Osiris pour les ados.
Le graphisme est une ligne claire très simple assez plate à mon goût. La mise en couleur est douce mais sans recherche ni originalité.
Je reconnais à cet auteur (que je découvre avec cet album) un certain talent graphique, un talent certain même. Dans un style qui alterne de l’hyperréalisme avec des choses plus travaillées, un trait plus rageur, son dessin dégage une belle énergie. Mais je ne suis pas trop fan de ce style (mais là c’est uniquement affaire de goût). Surtout, j’ai eu l’impression à plusieurs reprises que Benjamin nous présentait là une sorte d’art-book, voire de book censé présenter à des lecteurs ou éditeurs potentiels ce dont il est capable (de fait, pas mal de planches ne sont que de simples illustrations).
Car pour ce qui concerne les histoires, je suis resté sur ma faim. Rien n’est réellement développé. Ce sont souvent des jeunes gens qui se questionnent (que ce soit pour le dessin ou pour les histoires, on sent que Benjamin se livre à ses lecteurs). Mais je n’ai pas été captivé par cet album.
Il y a des points positifs dans cet album. A commencer (mais là c’est affaire de goût personnel je pense) par un aspect graphique qui l’éloigne des canons du manga, que ce soit au niveau du dessin ou de la colorisation (ce qui n’est pas pour me déplaire). Cet aspect est très agréable, et accompagne très bien les histoires développées ici.
Les histoires donc – puisque, même si elles peuvent se retrouver liées, ce sont bien deux histoires différentes (d’amour en l’occurrence) de deux femmes que nous suivons, en parallèle. Ça se laisse lire, c’est fluide, là pas de soucis.
Le problème vient plutôt d’une certaine vacuité, d’un manque de fond. Les deux femmes, vivant dans des milieux plutôt privilégiés, semblent évoluer dans une atmosphère aseptisée, comme protégées des agressions et de la banalité du quotidien (de fait, on ne sait pas grand-chose d’elles, et les histoires d’amour ici présentées ne le sont que de manière parcellaires).
Pas désagréable, vite lu, mais je pense tout aussi vite oublié.
Note réelle 2,5/5.
Le hasard a voulu que cette BD soit placée juste après The Plot Holes dans ma pile à lire. Les deux œuvres traitent du même sujet : celui de l'édition de livres, ici de BD. Et parfois, le hasard ne fait pas bien les choses, malheureusement. Si La case vide ne se veut pas aussi ambitieux que le comics de Sean Murphy en se plaçant tout de suite sur le thème de l'humour décalé, la comparaison est tout de même désavantageuse pour cette dernière.
Nous sommes plongés dès le départ dans une case vide (!) et dès la troisième planche, le quatrième mur est brisé. On comprend assez vite qu'en réalité nous sommes face à une bande dessinée en création. Une éditrice et son collaborateur se questionne donc sur comment remplir cette case vide. Néanmoins, leur questionnement est envisagé dans le mauvais sens : au lieu de laisser des auteurs leur proposer quelque chose d'intéressant, ce sont eux qui décident de tout : le scénariste, le dessinateur, le genre, etc.
A partir de là, ça part dans tous les sens. On sens que l'autrice est une amatrice de bande dessinée, nous sommes clairement dans un hommage au 9ème art. Mais je ne sais pas, si je trouve des qualités indéniables à cette BD (bon dessin, découpage intéressant, sujet original), je l'ai trouvée très maladroite en cela que les bonnes idées ne sont pas exploitées jusqu'au bout et que nous passons du coq à l'âne sans arrêt. Certaines scènes me paraissent vraiment dispensables et même si les auteurs s'en excusent dans les couvertures présentées au fil de la BD, je trouve cela trop simple : on vous place deux scènes de sexe gratuite, on vous dit que c'est en effet gratuit mais comme c'est vendeur, ça passe. Mouais...
Cette BD est clairement un OVNI et vaut le coup d’œil, pour son sujet et son traitement graphique, mais en se focalisant peut-être un peu trop sur un hommage à la bande dessinée et une critique du monde de l'édition, elle s'oublie un peu en cours de route.
Adapté d’un court anime, ce récit intimiste m’est apparu principalement soporifique. L’idée de départ et les personnages avaient pourtant le potentiel pour me séduire. L’auteur cherche en effet à nous raconter la vie quotidienne d’une jeune femme japonaise au travers du regard de son chat. Le ton est doux-amer et on perçoit bien la solitude de cette femme. Malheureusement, sa vie en dehors du boulot est des plus mornes et son chat n’a vraiment pas grand-chose à nous raconter. Sa maitresse rentre, fait à manger, parle au téléphone avec sa mère, est souriante ou pleure en fonction de son humeur, de ses tracas... Le plus trépidant est une nuit entière passée à travailler sur son ordinateur. Je n’ai jamais senti de réelle complicité entre elle et le chat, ce dernier semble n’être qu’une présence discrète, qu’un prétexte pour nous permettre de soulever un petit coin du voile d’intimité de sa maîtresse. Il se serait agi d’une caméra de surveillance que ç’aurait été du pareil au même… Et la compréhension du chat face aux humeurs de sa maîtresse demeure assez limitée. Du coup, on ne comprend pas trop non plus ce qui lui passe par la tête.
En clair, on s’emmerde un chouïa.
Au niveau du dessin, je n’ai pas été spécialement séduit non plus. On est dans un style certes un peu moins stéréotypé que 95% des seinen actuels mais l’accent est quand même principalement mis sur la lisibilité et la simplicité.
Bof quoi, vraiment bof…
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Buzzer et Taille-la-route
Une lecture dont je ressors déçu. Un album qui ressuscite plusieurs histoires courtes de Corrado Mastantuono publiées dans les années 80 et 90 dans la revue italienne "Comicart". D'où une narration qui manque de fluidité, on ressent l'effet d'assemblage et elle est aussi assez verbeuse. L'histoire de deux prisonniers, Buzzer au tempérament taciturne et Taille-la-route porté sur la zénitude. Le récit se déroule dans une prison dans un monde futuriste, de la science-fiction avec une dose d'humour qui ne fait pas mouche. Un ensemble qui manque de cohérence mais qui se laisse lire. La partie graphique est plaisante à decouvrir dans un style caricatural et expressif avec des couleurs désuètes. J'aime beaucoup. Une curiosité pour les amoureux de la bd italienne des années 80/90. Note réelle : 2,5.
Préjudice
Difficile de parler de cet ouvrage sans en révéler l’intrigue… car c’est au fil des pages, à coup de flashbacks et de sous-entendus, que le lecteur va découvrir peu à peu ce qui se cache derrière un lourd secret qui unit la protagoniste principale, Hélène, à ses copines de lycée, et sans que l’on puisse dire pourquoi, à son père, qui semble dissimuler des douleurs intimes derrière ses pertes de mémoire. Mais le sujet central, qui s’impose très vite à travers le personnage « badass » de Katia, jeune femme au caractère bien trempé, qui n’hésite pas à donner de la batte de base-ball envers les hommes qu’elle considère comme des violeurs potentiels. C’est d’ailleurs après s’en être pris à un groupe de suprématistes blancs qu’elle s’est retrouvée à purger une peine de prison. Le harcèlement sexuel, qui évidemment touche principalement les femmes, est un sujet grave, dont on parle aujourd’hui beaucoup à travers le mouvement MeToo, et c’est plutôt une très bonne chose, même si des excès sont à déplorer, notamment cet effet de meute propre aux réseaux sociaux. Mais on dira que c’est peut-être un mal nécessaire pour y mettre fin, et assurément un moindre mal, en comparaison de l’emprise séculaire de la masculinité toxique et du silence traumatique qui entoure depuis trop longtemps les victimes de ces actes inacceptables. « Préjudice », s’il part d’une bonne intention, nous laisse hélas un peu sur notre faim, et surtout déçoit, autant par le fond que par la forme. Malgré toute l’empathie que l’on peut avoir pour les personnages, l’ouvrage donne une impression d’inachevé. Le scénario, qui joue beaucoup sur le non-dit, avec quantité de retours en arrière, pêche par son manque de rigueur et ses nombreuses digressions qui perdent parfois le lecteur, malgré une intrigue au final peu élaborée. L’idée d’un groupe de filles qui se rebellent à leur façon (c’est le moins qu’on puisse dire !) contre la violence faite aux femmes suscite évidemment la sympathie. Mais allez savoir pourquoi, on a un peu de mal à accorder du crédit à l’histoire. Est-ce dû à la psychologie des personnages, traitée de façon assez superficielle et caricaturale ici, ou à l’audace insensée de la chef de bande kamikaze, Katia ? Enfin, et c’est peut-être le plus gros défaut de « Préjudice » : son propos. Même si on peut parfois se satisfaire du triste sort réservé aux salauds de tout poil, l’ouvrage dans son dénouement semble bien prôner l’exécrable loi du talion sous un enrobage « moderne ». En résumé, tout ce qu’on a détesté dans les films de Charles Bronson se retrouve ici dans une œuvre supposée être féministe. Pernicieux et peu constructif. Certes, cela reste une fiction, mais l’ampleur du thème abordé aurait peut-être mérité plus que ces maigres centaines de pages. Quant au dessin de Pauline Bertrand, qui au demeurant est loin d’être désagréable, il reste un tout petit peu vert dans sa tentative d’approcher un style semi-réaliste. Le trait avenant et un peu lisse, qui semble être conçu pour des ouvrages jeunesse, est moins convaincant pour ce qui est de l’expressivité des personnages, en particulier des visages. Ruer dans les brancards, c’est parfois nécessaire et ça peut soulager, mais dans le cadre d’une œuvre censée prendre fait et cause contre la domination masculine et le harcèlement, on était en droit d’espérer quelque chose de plus nuancé. Tout cela ne fera malheureusement que laisser « Préjudice » au stade de l’anecdotique.
Lady Mechanika
J’ai lu les 3ers tomes attentivement, puis survoler les 2 suivants, je vais m’arrêter là pour cette série. L’univers steampunk et le dessin m’ont attiré, il y a de la qualité mais finalement je n’ai jamais été transporté. Je me contre fous de l’avenir des personnages. Lady Mechanika est séduisante et joliment croquée, ça a été finalement le seul attrait de ma lecture. Les péripéties comme les autres personnages m’ont laissé de marbre. La quête de notre héroïne sur ses origines entre 2 missions m’a semblé trop étiolée pour m’accrocher, avec une impression de vide remplie de scènes d’action pour combler entre-temps. J’en attendais plus, vraiment peu mémorable, du comics lambda qui ne vaut le coup que pour son univers steampunk, pas bien approfondi mais joliment mis en images. Un truc que j’ai quand même bien apprécié, ceux sont les couvertures et les différentes tenues de notre héroïne (ce dernier point me fait penser à Buchet avec Nävis), malheureusement le reste m’a semblé bien vide. 2,5
Valhallian the Black Iron
Ca commence comme une sorte de conte médiéval, avec ce samouraï malade dont le fils est fier, mais qui se tue à essayer de faire survivre son père... Et puis d'un coup, ça bascule dans la fantasy, lorsque Soma est propulsé dans un monde totalement différent, avec ses règles, ses créatures et une forme de magie qui lui permet de faire naître son épée d'une simple branche... Bientôt il apprend qu'il est dans une version limbique du Valhalla, le paradis nordique des guerriers... Très vite je me suis senti perdu dans cette histoire. Le mélange des mythologies, des personnages, des pouvoirs ne m'a pas convaincu, j'ai un peu eu l'impression que l'auteur a voulu rassembler en une seule histoire plusieurs de ses passions ou centres d'intérêt, sans véritablement les lier de manière crédible. L'environnement est très guerrier, ce qui donne des scènes de combats plutôt bien foutues, mais dont les enjeux nous dépassent un peu. Je pense que je ne poursuivrai pas ma lecture au-delà de ce premier tome. Le dessin quant à lui est vraiment bon, plutôt maîtrisé. Matsubara s'amuse à mélanger les ambiances, c'est du bon boulot visuellement parlant.
Ogregod
Oulala, qu’est-ce que c’est que ce truc !? En tout cas quelque chose qui ne va pas me laisser un souvenir impérissable. Le dessin de Janjetov est très correct (Jodo s’entoure toujours de très bons dessinateurs, c’est une constante chez lui), et ils ont déjà pas mal travaillé ensemble. La petite surprise vient du traitement de certains personnages. En effet, alors que le dessin est classique pour tous les autres personnages et les décors, Janjetov use de sortes de photos retouchées pour les visages d’une espèce appelée à jouer un rôle important, les quatropes (affublés qui plus est d’une peau bleue). Disons que le côté graphique est clairement ce qui passe le mieux dans cette série, et m’évite de ne mettre qu’une étoile (car je n’ai pas vraiment apprécié cette lecture !). Car on est dans un gros délire de Jodo – même s’il n’y a rien de mystique ici, pour une fois ! Il dit s’être inspiré du roman de Verne « Deux ans de vacances ». Certes, pour une partie de l’intrigue, dans laquelle une dizaine de jeunes gens (tous héritiers de dirigeants d’une vaste dictature sur la planète Okkar) se retrouvent isolés sur une planète perdue. Toute cette partie est chiante à lire, car sur un rythme assez monotone : c’est bien simple, ils passent leur temps à se chamailler, sur un mode caricatural franchement usant (les scènes se répétant), au point qu’ils nous indiffèrent rapidement. L’autre partie de l’intrigue se déroule sur la planète de départ, Okkar, dirigée par un dictateur ressemblant à un Hitler nain, personnage hautement improbable, loufoque, hystérique et lui aussi lassant tant il se caricature lui-même, Jodo multipliant les répliques à bases de menaces usant de chiffres énormes, d’armes hyper méga destructrices, etc. Face à ce dictateur, la révolte gronde, une révolution se met en place, parmi les robots et une espèce autochtones humiliée, les quatropes (l’un des leurs est avec les jeunes et est censé être un maillon de cette révolution en germe). Mais voilà, plus de dix ans après la parution du deuxième tome, la série semble avoir été abandonnée, alors que rien n’est résolu, sur Okkar ou avec nos jeunes perdus, ce deuxième album se finissant par un cliffhanger évoquant une super méga hyper menace de destruction. Je dois dire que je ne suis pas en manque d’une éventuelle suite, étant donné le côté gros ratage ressenti à la lecture des deux tomes parus. Note réelle 1,5/5.
Cléo - La petite pharaonne
J'ai trouvé cette série humour un peu décevante. Elle propose une suite de gags pas très drôles pour expliquer les rudiments de la civilisation égyptienne par la bouche d'une Cléopâtre enfant. Le choix de l'époque est surprenant car il peut induire une confusion tellement la culture grecque est présente dans une Egypte pharaonique sur le déclin. Sur cette thématique je préfère les Papyrus pour les enfants ou Les Mystères d'Osiris pour les ados. Le graphisme est une ligne claire très simple assez plate à mon goût. La mise en couleur est douce mais sans recherche ni originalité.
Remember
Je reconnais à cet auteur (que je découvre avec cet album) un certain talent graphique, un talent certain même. Dans un style qui alterne de l’hyperréalisme avec des choses plus travaillées, un trait plus rageur, son dessin dégage une belle énergie. Mais je ne suis pas trop fan de ce style (mais là c’est uniquement affaire de goût). Surtout, j’ai eu l’impression à plusieurs reprises que Benjamin nous présentait là une sorte d’art-book, voire de book censé présenter à des lecteurs ou éditeurs potentiels ce dont il est capable (de fait, pas mal de planches ne sont que de simples illustrations). Car pour ce qui concerne les histoires, je suis resté sur ma faim. Rien n’est réellement développé. Ce sont souvent des jeunes gens qui se questionnent (que ce soit pour le dessin ou pour les histoires, on sent que Benjamin se livre à ses lecteurs). Mais je n’ai pas été captivé par cet album.
Love, fragments Shanghai
Il y a des points positifs dans cet album. A commencer (mais là c’est affaire de goût personnel je pense) par un aspect graphique qui l’éloigne des canons du manga, que ce soit au niveau du dessin ou de la colorisation (ce qui n’est pas pour me déplaire). Cet aspect est très agréable, et accompagne très bien les histoires développées ici. Les histoires donc – puisque, même si elles peuvent se retrouver liées, ce sont bien deux histoires différentes (d’amour en l’occurrence) de deux femmes que nous suivons, en parallèle. Ça se laisse lire, c’est fluide, là pas de soucis. Le problème vient plutôt d’une certaine vacuité, d’un manque de fond. Les deux femmes, vivant dans des milieux plutôt privilégiés, semblent évoluer dans une atmosphère aseptisée, comme protégées des agressions et de la banalité du quotidien (de fait, on ne sait pas grand-chose d’elles, et les histoires d’amour ici présentées ne le sont que de manière parcellaires). Pas désagréable, vite lu, mais je pense tout aussi vite oublié. Note réelle 2,5/5.
La Case vide
Le hasard a voulu que cette BD soit placée juste après The Plot Holes dans ma pile à lire. Les deux œuvres traitent du même sujet : celui de l'édition de livres, ici de BD. Et parfois, le hasard ne fait pas bien les choses, malheureusement. Si La case vide ne se veut pas aussi ambitieux que le comics de Sean Murphy en se plaçant tout de suite sur le thème de l'humour décalé, la comparaison est tout de même désavantageuse pour cette dernière. Nous sommes plongés dès le départ dans une case vide (!) et dès la troisième planche, le quatrième mur est brisé. On comprend assez vite qu'en réalité nous sommes face à une bande dessinée en création. Une éditrice et son collaborateur se questionne donc sur comment remplir cette case vide. Néanmoins, leur questionnement est envisagé dans le mauvais sens : au lieu de laisser des auteurs leur proposer quelque chose d'intéressant, ce sont eux qui décident de tout : le scénariste, le dessinateur, le genre, etc. A partir de là, ça part dans tous les sens. On sens que l'autrice est une amatrice de bande dessinée, nous sommes clairement dans un hommage au 9ème art. Mais je ne sais pas, si je trouve des qualités indéniables à cette BD (bon dessin, découpage intéressant, sujet original), je l'ai trouvée très maladroite en cela que les bonnes idées ne sont pas exploitées jusqu'au bout et que nous passons du coq à l'âne sans arrêt. Certaines scènes me paraissent vraiment dispensables et même si les auteurs s'en excusent dans les couvertures présentées au fil de la BD, je trouve cela trop simple : on vous place deux scènes de sexe gratuite, on vous dit que c'est en effet gratuit mais comme c'est vendeur, ça passe. Mouais... Cette BD est clairement un OVNI et vaut le coup d’œil, pour son sujet et son traitement graphique, mais en se focalisant peut-être un peu trop sur un hommage à la bande dessinée et une critique du monde de l'édition, elle s'oublie un peu en cours de route.
Elle et son chat
Adapté d’un court anime, ce récit intimiste m’est apparu principalement soporifique. L’idée de départ et les personnages avaient pourtant le potentiel pour me séduire. L’auteur cherche en effet à nous raconter la vie quotidienne d’une jeune femme japonaise au travers du regard de son chat. Le ton est doux-amer et on perçoit bien la solitude de cette femme. Malheureusement, sa vie en dehors du boulot est des plus mornes et son chat n’a vraiment pas grand-chose à nous raconter. Sa maitresse rentre, fait à manger, parle au téléphone avec sa mère, est souriante ou pleure en fonction de son humeur, de ses tracas... Le plus trépidant est une nuit entière passée à travailler sur son ordinateur. Je n’ai jamais senti de réelle complicité entre elle et le chat, ce dernier semble n’être qu’une présence discrète, qu’un prétexte pour nous permettre de soulever un petit coin du voile d’intimité de sa maîtresse. Il se serait agi d’une caméra de surveillance que ç’aurait été du pareil au même… Et la compréhension du chat face aux humeurs de sa maîtresse demeure assez limitée. Du coup, on ne comprend pas trop non plus ce qui lui passe par la tête. En clair, on s’emmerde un chouïa. Au niveau du dessin, je n’ai pas été spécialement séduit non plus. On est dans un style certes un peu moins stéréotypé que 95% des seinen actuels mais l’accent est quand même principalement mis sur la lisibilité et la simplicité. Bof quoi, vraiment bof…