Je n’ai pas été convaincu par ce récit.
Erreur système est un polar d’anticipation. La majeure partie de l’intrigue se déroule à Paris dans un avenir proche. Valérie Mangin surfe sur les sujets d’actualité (montée de l’extrémisme, crainte des migrants, brexit) et les sujets d’inquiétude (attentats terroristes, contrôle de l’état sur le moindre de nos faits et gestes) pour délivrer un récit dans lequel sa vision de l’avenir est tout sauf rassurante. Si je n’ai pas rencontré de problèmes sérieux avec cela (même si on tombe sur des poncifs du genre), j’ai surtout été déçu par l’intrigue en elle-même. Il s’agit (une fois de plus ?) d’une sombre machination ourdie par les puissants exploitant la misère du monde pour leurs besoins personnels. C’est à la fois très convenu et peu crédible quant au twist final.
Au niveau du dessin, Jenolab ne peut nier ses influences manga. Son trait est lisible, les décors sont bien présents, les scènes d’action sont dynamique. L’ensemble manque peut-être un peu de finesse (ça, c’est manière de pinailler) mais plaira à un large public. Le découpage favorise une lecture souvent verticale des planches.
D’un point de vue technique, cette bande dessinée est bien faite. C’est vraiment au niveau de son intrigue, des motivations des ‘méchants’ et de la manière dont nous sont expliqués certains aspects (techniques, notamment) du scénario que ça a coincé chez moi… sans compter ma lassitude devant les nombreux poncifs ici présents.
Je suis comme beaucoup d'aviseurs précédents, déçu par cette série. Pourtant je trouve que le tome 1 propose une idée de départ assez sympathique, un peu dans le genre enfant maléfique, façon Carrie, fût-ce par l'intermédiaire d'un jouet.
Nous sommes d'emblée dans une proposition fantastique qui devrait accentuer le décalage entre le côté enfantin d'un Charly de 6 ans et l'horreur de son inconscience criminelle façon "enfant-soldat" capable des pires atrocités.
Le tome 1 part un peu dans cette direction en faisant de Charly un voleur qui n'hésite pas à blesser grièvement ceux qui se mettent en travers son chemin. Mais voilà, nous sommes chez Spirou et Lapière n'est pas Brian de Palma. Dès le tome 2 c'est machine arrière toute.
Charly ne devient plus qu'un sale gosse excusé par un psychiatre compatissant qui a sûrement des vues sur le joli maillot de bain de la maman déjà veuve à cause d'un vilain crabe sorti de nulle part. Exit l'angoisse, exit l'horreur due au pauvre Charly. Cela nous vaut la scène ridicule de Charly et sa mère faisant mumuse avec un "jouet" qui a déjà tué et blessé une ribambelle de passants.
Comme il faut bien trouver des méchants, c'est l'institution militaire que l'on va ridiculiser à contre sens. Charly n'étant plus coupable de rien, il faudra bien trouver des faire-valoirs très improbables et incongrus. Autant dire que c'est le type de scénario sans audace que je trouve vraiment plat.
J'aime bien ce type de graphisme même s’il est daté. Le trait est plaisant, les détails sont bien travaillés avec des extérieurs agréables et les personnages bien expressifs. Mais je rejoins l'avis de Noirdésir, l'ambiance proposée par le graphisme est à mille lieues du concept initial.
À mon avis une série qui part sur un schéma bien trop ambitieux et qui se prend les pieds dans le tapis.
Je n'ai vraiment pas été convaincu par cette série. Je trouve que l'on peut être excellent journaliste et scénariste plus moyen.
C'est l'impression que j'ai eu à la lecture de l'album proposé par Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Je comprends ce livre comme une sorte de coup commercial qui n'apporte pas grand-chose de plus aux éléments connus et imprimés il y a une quinzaine d'années.
Tout d'abord le titre m'interpelle. J'ai compris la série plutôt comme obsession du scoop, ce qui est plus légitime quand on est journaliste.
Ensuite, soit on connait bien la politique des années 90/2000 alors on n’apprend pas grand-chose qui ne soit connu et écrit cent fois, soit on est jeune néophyte et je pense que cette succession de noms, d'affaires et de chiffres sans leurs contextes historiques et politiques est quasi incompréhensible pour le lecteur.
Les auteurs concentrent leur scénario à 80% sur Sarko, le sujet sur Hollande est assez superficiel et les apparitions de Macron sont homéopathiques et sans beaucoup d'intérêt. Or pour Sarko (et dans une moindre mesure pour Hollande) le temps du journalisme est passé, nous sommes dans le temps de la justice (pour Sarko) en attendant le temps de l'histoire.
Ici je n'ai vraiment trouvé aucun de ces deux derniers temps traités en profondeur.
J'ai trouvé le graphisme non homogène. Cela oscille entre de la caricature (Sarko, Villepin, Pasqua ou Macron) et de la ligne classique sympa (Hollande, Lhomme, Davet). Comme Lhomme et Davet se ressemblent sur les dessins, cela ajoute à la confusion du scénario.
Les extérieurs sont peu présents sauf pour certains événements comme l'attentat du RER St Michel ou les terrains de foot !
Une lecture qui ne m'a pas appris grand-chose d'important que je ne sache.
Un 1er tome sympathique mais je ne suis pas tombé sous le charme plus que de raison.
Pourtant la partie graphique rentre bien dans ma zone de confort.
Corboz lâche son trait, plus hachuré et moins précis que ses autres productions, mais plus vivant. Une force et une faiblesse au final, certains dessins ou planches sont somptueuses, alors que d’autres marchent moins bien, trop esquissés. Pas encore totalement homogène mais c’est pour faire mon chieur, le plaisir des yeux est là, soutenu par un découpage et des couleurs réussis.
Par contre il y a un truc où j’ai moyennement adhéré : le code vestimentaire de certains persos (la robe de Lamia « too much » surtout si elle vient de la même époque que notre héroïne + le chevalier Cerf et le chenapan ?!), c’est pas grand chose comme détail mais ça m’empêche de m’enthousiasmer plus.
Il en va de même pour le scénario, Desberg n’a jamais réussi à me subjuguer véritablement auparavant (un peu comme Dufaux d’ailleurs), sympa mais un poil mainstream je trouve. Des histoires pas déplaisantes mais rarement mémorables, un cocktail de genres et de références vu ici ou là.
Les rivières du passé n’y échappe pas, à ce jour rien de foncièrement original, un zeste de Sasmira, de Catwoman, de créatures belliqueuses etc … sur fond de fantastique un peu sombre.
Classique mais prometteur, je suivrais de loin.
MàJ tome 2 :
Bon j’ai bien fait de suivre de loin, pas adhéré à cette suite et fin, je baisse ma note d’une étoile.
Je ne saurais trop dire pourquoi mais j’ai moins accroché aux dessins (le point fort du 1er tome), un trait/encrage moins marqué ?
Le personnage de Lamia m’est devenu insupportable et sa représentation graphique souvent loupée.
Une histoire sans saveur au final, ça m’a vraiment laissé de marbre avec un gros sentiment de tout ça pour ça arrivée à la conclusion.
Il y avait du potentiel mais bof bof, une déception.
Je comprends que ça puisse plaire mais je n’ai vraiment pas accroché à cet album.
Au niveau du dessin, je le trouve trop lisse, trop informatisé et trop influencé par le manga. Certaines créations graphiques sont cependant originales et pourront plaire au public visé. Les grandes illustrations sont nombreuses et les textes sont tout sauf envahissants. Par conséquent, malgré sa forte pagination, cet album se lit assez vite (et c’est heureux car dans le cas contraire, je ne pense pas que je en aurais terminé la lecture).
Au niveau du récit, j’avoue m’être franchement ennuyé. Le thème est assez classique avec une jeune adolescente qui va devoir se lancer dans une quête pour retrouver ses parents. Cette quête sera l’occasion pour elle de définitivement quitter l’enfance pour rentrer dans l‘âge adulte. L’autrice crée un univers très personnel mais le déroulement de la quête en lui-même est sans surprise.
Enfin, et c’est vraiment le plus gênant, je n’ai pas compris où l’autrice voulait en venir avec la dimension fantastique de son récit et cette histoire de tâche qui grossit sur le visage de la mère et qu’elles doivent accepter (un parallèle avec la santé mentale, je suppose, mais la fin me paraît tellement bizarre que je ne sais trop quoi penser). Il y a là toute une mythologie à base de lune, de taijitu et de croyances, qui est très développée chez l’autrice mais au travers de laquelle je suis passé (mais alors, large de chez large, je n’ai même pas effleuré les bords d’un soupçon de l’ersatz d’un instant de compréhension), me donnant le sentiment d’être passé totalement à côté du message qu’elle voulait nous transmettre.
Ca me fait toujours mal de noter sévèrement une première œuvre, surtout quand il est clair que l’autrice a mis beaucoup d’elle dedans, mais je dois bien admettre m’être trop ennuyé pour dire autre chose que « bof ».
Cette chronique rurale possède un aspect social car le tableau de petites gens dont tout le monde se fout, et de travailleurs clandestins honteusement exploités sonne assez juste ; il y a dans certaines campagnes des gens comme ça qui vivent chichement sans rien demander à personne.
C'est un récit d'ambiance où pas mal de cases muettes sont aussi parlantes que de longs dialogues, et le dessin épuré, aux décors dépouillés, réalisés vraisemblablement avec des crayons de couleurs ou au fusain illustre à sa façon tout ceci, j'aurais pu trouver cet ensemble intéressant.
Mais ce récit simple n'a pas su me séduire, je n'ai sans doute pas compris le véritable intérêt de cet album, sa véritable teneur, et je n'ai pas trouvé les personnages attachants ou sympathiques, il manque certainement plus de profondeur pour m'attirer là-dedans, aussi me suis-je désintéressé de ce sujet qui m'a plutôt ennuyé qu'autre chose.
Il y a 20 ans - et ça me fait mal d'écrire ça - la première dissertation sur laquelle j'ai eu à me pencher en philosophie lors de mon année de terminale se questionnait sur le statut de l'Homme : est-il fait pour vivre en société ? Je m'en rappelle bien, la première dissert' de philo, c'est comme la première fois avec une fille (ou un garçon selon vos goûts), c'est pas forcément un souvenir grandiose mais ça ne s'oublie pas !
Cette petite bd se pose exactement la même question à travers différentes situations où six personnes, pour en réchapper, doivent sacrifier l'un des leurs. Cela va de la bande de lycéens qui ont fait une connerie (clin d’œil aux années lycée et à la découverte de la philo ?) jusqu'à des naufragés qui doivent décider lequel d'entre eux ils doivent bouffer. Néanmoins, une histoire est plus centrale que les autres, à savoir celle des 6 chauffards déguisés en clown qui doivent dénoncer le conducteur au volant lors d'un accident dramatique, alors que, semble-t-il, aucun d'entre eux, sauf le conducteur, ne le sait réellement.
Le support de la bande dessinée est donc utilisé pour réfléchir à des questions philosophiques et psychologiques. J'aime assez la démarche, la bd est un formidable canal pour aborder des sujets complexes comme celui-ci, les illustrations venant au secours du texte.
Malgré tout, je suis sorti déçu de ma lecture. Trois points.
1/ J'ai eu du mal à m'y retrouver, l'auteur passant d'une histoire à une autre sans crier gare. Et même, s'il est évident que les différentes histoires se répondent les unes les autres, cela a profondément entravé ma lecture.
2/ De même, je n'ai pas vraiment compris les passages sur le frère malade, si quelqu'un peut éclairer ma lanterne, je suis tout ouï.
3/ Et surtout, le plus gros défaut de la bd selon moi, et c'est ce qui m'a titillé tout au long de ma lecture, sont les dialogues qui sonnent terriblement faux. Les personnages sont des flics, des lycéens, des naufragés ou des travailleurs manuels et leur usage du langage ne correspond absolument pas, ni à leur statut social, ni aux situations auxquelles ils sont confrontés. J'entends le choix de l'auteur d'user de cette astuce, le propos du bouquin le dirigeant vers ce choix, mais je le trouve personnellement totalement en décalage. Qui philosophe (entendre : parler comme un philosophe ou un prof de philo) dans des situations comme celles-ci ? Et ce décalage crée une sorte de mur invisible qui m'a empêché de croire et de m'investir à ce que j'avais sous les yeux.
Malgré ces critiques, je reconnais tout de même à cette bd des qualités indéniables, en cela que la réflexion qu'elle propose est intéressante et pertinente. Le choix de questionner les lecteurs sur le thème philosophique de l'homme et de sa place dans la société via la bd est heureux. Le symbolisme du chiffre 4 distillé tout au long de l’œuvre m'a permis de faire des recherches sur ce chiffre et donc de creuser la question. L'auteur a donc, en quelque sorte, réussi son coup. Cependant, cela ne restera pas une lecture inoubliable...
Emprunté au vu du casting d’auteurs, cet album m’a franchement déçu. En fait, c’est le genre de truc qui passe si de l’humour, de l’autodérision lui donnent des airs de pastiche. Mais là, non, ça semble être quelque chose de sérieux. Et donc, ben ça n’est vraiment pas bon.
Un reconnait quelques ressemblances avec James Bond (le héros infaillible démontant les pires machinations, aidé par une brune plantureuse qui trahit l’autre camp, dans des décors exotiques). Mais là aucun humour, et surtout aucune crédibilité (dans les grandes lignes comme dans les détails d’ailleurs !).
Un riche homme d’affaires se retrouve sur une île perdue après que son avion se soit écrasé (je passe sur les détails, mais rien n’est crédible pour ce crash, du sauvetage du héros à la localisation de l’avion après le crash, quasi intact et sur une autre île !), il est fait prisonnier – comme beaucoup d’indigènes des îles environnantes, car, forcément, cette île est un repaire de Nazis, qui fourbissent, sous la férule d’un savant très nazi et très con (et fou), un plan machiavélique (et pour le coup invraisemblable) pour détruire une bonne partie de l’humanité et ainsi la régénérer. Bon, le canevas sent le déjà vu, on part surtout sur du décalé, façon série fin d’alphabet, mais en fait non. L'intrigue fait très datée (et les autochtones carrément caricaturaux ne dépareilleraient pas dans une histoire publiée quelques décennies plus tôt).
En fait, le héros va bien sûr tout résoudre, éliminer les méchants, empêcher la catastrophe, avec l’aide de la collaboratrice du savant, une femme superbe qui, sans que l’on ne sache pourquoi, trahit (en se comportant comme une tueuse – un poignard glissé dans sa jarretière !). La fin est tellement abrupte et facile que c’en est caricatural.
Le résumé précise que ça se passe en 1947, mais un dialogue parle de dix ans après la mort d’Hitler (1955 donc !?), on ne sait pas comment un sous-marin nazi peut encore traverser les océans à cette époque pour ravitailler cette île (complètement perdue, mais qui ne manque ni de ravitaillement pour les nombreux soldats, ni d’électricité et autres carburants !).
Ajoutons que le dessin est très moyen, et la colorisation un peu baveuse et datée.
Bref, on a là un album oublié (même par leurs auteurs je pense), et je comprends pourquoi.
Le dessin de Janin est entre les crobars de presse et du Bretécher. Simple, sans fioriture, présent pour accompagner le texte. Rien d’extraordinaire, mais ce n’est pas ça qui m’a gêné.
Non, le problème vient surtout que je n’ai pas trouvé ce recueil de strips et d’histoires courtes vraiment drôle. Quelques rares sourires, mais dans l’ensemble, ça m’a laissé froid. Ça n’est pas assez percutant ni surprenant. D’autres, comme Quino (surtout !), Lécroart ou Chappatte ont bien mieux réussi cet exercice consistant à se moquer de petits travers de nos vies ordinaires et de nos sociétés modernes (ici cela tourne autour des usages du numérique).
Gros bof me concernant.
Je vais ramer à contre-courant mais je n'ai pas été séduit par ce Fauve d'Or 2023. Peut-être ai-je des goûts trop classiques.
Sans vouloir ouvrir une querelle des anciens contre les modernes, je ne suis pas sûr que le graphisme de Martin Panchaud nous propose ici soit dans la lignée de Franquin, Eisner ou autres maîtres du dessin figuratif.
Voir des pastilles de couleur se promener dans une chambre d'hôpital répétée de nombreuses fois à l'identique ne m'a pas fait vibrer plus que ça. Si j'ai besoin de voir une cage thoracique, je reprends mes cours de bio.
Je pourrais multiplier les exemples d'un dessin qui s'apparente plus à une suite d'illustrations d'encyclopédies qu'à un savoir-faire artistique.
Il reste le polar. Le scénario basé sur un ticket gagnant n'est pas nouveau. Le problème avec la série de Panchaud est qu'ayant zappé très rapidement les illustrations qui me gavaient, j'en ai été réduit à lire le texte comme un vulgaire roman policier.
Mais là aussi cela a coincé assez vite. Car contrairement à Connelly ou Bussi (pour prendre des contemporains) qui savent vous envoûter grâce aux ambiances induites par leur écriture, cette suite de dialogues assez insipides m'a vite ennuyé.
Evidemment Panchaud fait preuve d'une maîtrise dans la mise en scène, l'originalité du concept et la facilité de lecture si on accroche au récit.
Mais si cette technique faisait école, je ne lirais probablement pas ce genre là car ce n'est pas à mon goût.
Il ne me reste qu'à offrir mon exemplaire à ma BM pour ceux qui apprécieront plus que moi.
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Je n’ai pas été convaincu par ce récit. Erreur système est un polar d’anticipation. La majeure partie de l’intrigue se déroule à Paris dans un avenir proche. Valérie Mangin surfe sur les sujets d’actualité (montée de l’extrémisme, crainte des migrants, brexit) et les sujets d’inquiétude (attentats terroristes, contrôle de l’état sur le moindre de nos faits et gestes) pour délivrer un récit dans lequel sa vision de l’avenir est tout sauf rassurante. Si je n’ai pas rencontré de problèmes sérieux avec cela (même si on tombe sur des poncifs du genre), j’ai surtout été déçu par l’intrigue en elle-même. Il s’agit (une fois de plus ?) d’une sombre machination ourdie par les puissants exploitant la misère du monde pour leurs besoins personnels. C’est à la fois très convenu et peu crédible quant au twist final. Au niveau du dessin, Jenolab ne peut nier ses influences manga. Son trait est lisible, les décors sont bien présents, les scènes d’action sont dynamique. L’ensemble manque peut-être un peu de finesse (ça, c’est manière de pinailler) mais plaira à un large public. Le découpage favorise une lecture souvent verticale des planches. D’un point de vue technique, cette bande dessinée est bien faite. C’est vraiment au niveau de son intrigue, des motivations des ‘méchants’ et de la manière dont nous sont expliqués certains aspects (techniques, notamment) du scénario que ça a coincé chez moi… sans compter ma lassitude devant les nombreux poncifs ici présents.
Charly
Je suis comme beaucoup d'aviseurs précédents, déçu par cette série. Pourtant je trouve que le tome 1 propose une idée de départ assez sympathique, un peu dans le genre enfant maléfique, façon Carrie, fût-ce par l'intermédiaire d'un jouet. Nous sommes d'emblée dans une proposition fantastique qui devrait accentuer le décalage entre le côté enfantin d'un Charly de 6 ans et l'horreur de son inconscience criminelle façon "enfant-soldat" capable des pires atrocités. Le tome 1 part un peu dans cette direction en faisant de Charly un voleur qui n'hésite pas à blesser grièvement ceux qui se mettent en travers son chemin. Mais voilà, nous sommes chez Spirou et Lapière n'est pas Brian de Palma. Dès le tome 2 c'est machine arrière toute. Charly ne devient plus qu'un sale gosse excusé par un psychiatre compatissant qui a sûrement des vues sur le joli maillot de bain de la maman déjà veuve à cause d'un vilain crabe sorti de nulle part. Exit l'angoisse, exit l'horreur due au pauvre Charly. Cela nous vaut la scène ridicule de Charly et sa mère faisant mumuse avec un "jouet" qui a déjà tué et blessé une ribambelle de passants. Comme il faut bien trouver des méchants, c'est l'institution militaire que l'on va ridiculiser à contre sens. Charly n'étant plus coupable de rien, il faudra bien trouver des faire-valoirs très improbables et incongrus. Autant dire que c'est le type de scénario sans audace que je trouve vraiment plat. J'aime bien ce type de graphisme même s’il est daté. Le trait est plaisant, les détails sont bien travaillés avec des extérieurs agréables et les personnages bien expressifs. Mais je rejoins l'avis de Noirdésir, l'ambiance proposée par le graphisme est à mille lieues du concept initial. À mon avis une série qui part sur un schéma bien trop ambitieux et qui se prend les pieds dans le tapis.
L'Obsession du pouvoir
Je n'ai vraiment pas été convaincu par cette série. Je trouve que l'on peut être excellent journaliste et scénariste plus moyen. C'est l'impression que j'ai eu à la lecture de l'album proposé par Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Je comprends ce livre comme une sorte de coup commercial qui n'apporte pas grand-chose de plus aux éléments connus et imprimés il y a une quinzaine d'années. Tout d'abord le titre m'interpelle. J'ai compris la série plutôt comme obsession du scoop, ce qui est plus légitime quand on est journaliste. Ensuite, soit on connait bien la politique des années 90/2000 alors on n’apprend pas grand-chose qui ne soit connu et écrit cent fois, soit on est jeune néophyte et je pense que cette succession de noms, d'affaires et de chiffres sans leurs contextes historiques et politiques est quasi incompréhensible pour le lecteur. Les auteurs concentrent leur scénario à 80% sur Sarko, le sujet sur Hollande est assez superficiel et les apparitions de Macron sont homéopathiques et sans beaucoup d'intérêt. Or pour Sarko (et dans une moindre mesure pour Hollande) le temps du journalisme est passé, nous sommes dans le temps de la justice (pour Sarko) en attendant le temps de l'histoire. Ici je n'ai vraiment trouvé aucun de ces deux derniers temps traités en profondeur. J'ai trouvé le graphisme non homogène. Cela oscille entre de la caricature (Sarko, Villepin, Pasqua ou Macron) et de la ligne classique sympa (Hollande, Lhomme, Davet). Comme Lhomme et Davet se ressemblent sur les dessins, cela ajoute à la confusion du scénario. Les extérieurs sont peu présents sauf pour certains événements comme l'attentat du RER St Michel ou les terrains de foot ! Une lecture qui ne m'a pas appris grand-chose d'important que je ne sache.
Les rivières du passé
Un 1er tome sympathique mais je ne suis pas tombé sous le charme plus que de raison. Pourtant la partie graphique rentre bien dans ma zone de confort. Corboz lâche son trait, plus hachuré et moins précis que ses autres productions, mais plus vivant. Une force et une faiblesse au final, certains dessins ou planches sont somptueuses, alors que d’autres marchent moins bien, trop esquissés. Pas encore totalement homogène mais c’est pour faire mon chieur, le plaisir des yeux est là, soutenu par un découpage et des couleurs réussis. Par contre il y a un truc où j’ai moyennement adhéré : le code vestimentaire de certains persos (la robe de Lamia « too much » surtout si elle vient de la même époque que notre héroïne + le chevalier Cerf et le chenapan ?!), c’est pas grand chose comme détail mais ça m’empêche de m’enthousiasmer plus. Il en va de même pour le scénario, Desberg n’a jamais réussi à me subjuguer véritablement auparavant (un peu comme Dufaux d’ailleurs), sympa mais un poil mainstream je trouve. Des histoires pas déplaisantes mais rarement mémorables, un cocktail de genres et de références vu ici ou là. Les rivières du passé n’y échappe pas, à ce jour rien de foncièrement original, un zeste de Sasmira, de Catwoman, de créatures belliqueuses etc … sur fond de fantastique un peu sombre. Classique mais prometteur, je suivrais de loin. MàJ tome 2 : Bon j’ai bien fait de suivre de loin, pas adhéré à cette suite et fin, je baisse ma note d’une étoile. Je ne saurais trop dire pourquoi mais j’ai moins accroché aux dessins (le point fort du 1er tome), un trait/encrage moins marqué ? Le personnage de Lamia m’est devenu insupportable et sa représentation graphique souvent loupée. Une histoire sans saveur au final, ça m’a vraiment laissé de marbre avec un gros sentiment de tout ça pour ça arrivée à la conclusion. Il y avait du potentiel mais bof bof, une déception.
Fille de Lune
Je comprends que ça puisse plaire mais je n’ai vraiment pas accroché à cet album. Au niveau du dessin, je le trouve trop lisse, trop informatisé et trop influencé par le manga. Certaines créations graphiques sont cependant originales et pourront plaire au public visé. Les grandes illustrations sont nombreuses et les textes sont tout sauf envahissants. Par conséquent, malgré sa forte pagination, cet album se lit assez vite (et c’est heureux car dans le cas contraire, je ne pense pas que je en aurais terminé la lecture). Au niveau du récit, j’avoue m’être franchement ennuyé. Le thème est assez classique avec une jeune adolescente qui va devoir se lancer dans une quête pour retrouver ses parents. Cette quête sera l’occasion pour elle de définitivement quitter l’enfance pour rentrer dans l‘âge adulte. L’autrice crée un univers très personnel mais le déroulement de la quête en lui-même est sans surprise. Enfin, et c’est vraiment le plus gênant, je n’ai pas compris où l’autrice voulait en venir avec la dimension fantastique de son récit et cette histoire de tâche qui grossit sur le visage de la mère et qu’elles doivent accepter (un parallèle avec la santé mentale, je suppose, mais la fin me paraît tellement bizarre que je ne sais trop quoi penser). Il y a là toute une mythologie à base de lune, de taijitu et de croyances, qui est très développée chez l’autrice mais au travers de laquelle je suis passé (mais alors, large de chez large, je n’ai même pas effleuré les bords d’un soupçon de l’ersatz d’un instant de compréhension), me donnant le sentiment d’être passé totalement à côté du message qu’elle voulait nous transmettre. Ca me fait toujours mal de noter sévèrement une première œuvre, surtout quand il est clair que l’autrice a mis beaucoup d’elle dedans, mais je dois bien admettre m’être trop ennuyé pour dire autre chose que « bof ».
Les Nuisibles
Cette chronique rurale possède un aspect social car le tableau de petites gens dont tout le monde se fout, et de travailleurs clandestins honteusement exploités sonne assez juste ; il y a dans certaines campagnes des gens comme ça qui vivent chichement sans rien demander à personne. C'est un récit d'ambiance où pas mal de cases muettes sont aussi parlantes que de longs dialogues, et le dessin épuré, aux décors dépouillés, réalisés vraisemblablement avec des crayons de couleurs ou au fusain illustre à sa façon tout ceci, j'aurais pu trouver cet ensemble intéressant. Mais ce récit simple n'a pas su me séduire, je n'ai sans doute pas compris le véritable intérêt de cet album, sa véritable teneur, et je n'ai pas trouvé les personnages attachants ou sympathiques, il manque certainement plus de profondeur pour m'attirer là-dedans, aussi me suis-je désintéressé de ce sujet qui m'a plutôt ennuyé qu'autre chose.
L'Humanité moins un
Il y a 20 ans - et ça me fait mal d'écrire ça - la première dissertation sur laquelle j'ai eu à me pencher en philosophie lors de mon année de terminale se questionnait sur le statut de l'Homme : est-il fait pour vivre en société ? Je m'en rappelle bien, la première dissert' de philo, c'est comme la première fois avec une fille (ou un garçon selon vos goûts), c'est pas forcément un souvenir grandiose mais ça ne s'oublie pas ! Cette petite bd se pose exactement la même question à travers différentes situations où six personnes, pour en réchapper, doivent sacrifier l'un des leurs. Cela va de la bande de lycéens qui ont fait une connerie (clin d’œil aux années lycée et à la découverte de la philo ?) jusqu'à des naufragés qui doivent décider lequel d'entre eux ils doivent bouffer. Néanmoins, une histoire est plus centrale que les autres, à savoir celle des 6 chauffards déguisés en clown qui doivent dénoncer le conducteur au volant lors d'un accident dramatique, alors que, semble-t-il, aucun d'entre eux, sauf le conducteur, ne le sait réellement. Le support de la bande dessinée est donc utilisé pour réfléchir à des questions philosophiques et psychologiques. J'aime assez la démarche, la bd est un formidable canal pour aborder des sujets complexes comme celui-ci, les illustrations venant au secours du texte. Malgré tout, je suis sorti déçu de ma lecture. Trois points. 1/ J'ai eu du mal à m'y retrouver, l'auteur passant d'une histoire à une autre sans crier gare. Et même, s'il est évident que les différentes histoires se répondent les unes les autres, cela a profondément entravé ma lecture. 2/ De même, je n'ai pas vraiment compris les passages sur le frère malade, si quelqu'un peut éclairer ma lanterne, je suis tout ouï. 3/ Et surtout, le plus gros défaut de la bd selon moi, et c'est ce qui m'a titillé tout au long de ma lecture, sont les dialogues qui sonnent terriblement faux. Les personnages sont des flics, des lycéens, des naufragés ou des travailleurs manuels et leur usage du langage ne correspond absolument pas, ni à leur statut social, ni aux situations auxquelles ils sont confrontés. J'entends le choix de l'auteur d'user de cette astuce, le propos du bouquin le dirigeant vers ce choix, mais je le trouve personnellement totalement en décalage. Qui philosophe (entendre : parler comme un philosophe ou un prof de philo) dans des situations comme celles-ci ? Et ce décalage crée une sorte de mur invisible qui m'a empêché de croire et de m'investir à ce que j'avais sous les yeux. Malgré ces critiques, je reconnais tout de même à cette bd des qualités indéniables, en cela que la réflexion qu'elle propose est intéressante et pertinente. Le choix de questionner les lecteurs sur le thème philosophique de l'homme et de sa place dans la société via la bd est heureux. Le symbolisme du chiffre 4 distillé tout au long de l’œuvre m'a permis de faire des recherches sur ce chiffre et donc de creuser la question. L'auteur a donc, en quelque sorte, réussi son coup. Cependant, cela ne restera pas une lecture inoubliable...
La Dernière lune
Emprunté au vu du casting d’auteurs, cet album m’a franchement déçu. En fait, c’est le genre de truc qui passe si de l’humour, de l’autodérision lui donnent des airs de pastiche. Mais là, non, ça semble être quelque chose de sérieux. Et donc, ben ça n’est vraiment pas bon. Un reconnait quelques ressemblances avec James Bond (le héros infaillible démontant les pires machinations, aidé par une brune plantureuse qui trahit l’autre camp, dans des décors exotiques). Mais là aucun humour, et surtout aucune crédibilité (dans les grandes lignes comme dans les détails d’ailleurs !). Un riche homme d’affaires se retrouve sur une île perdue après que son avion se soit écrasé (je passe sur les détails, mais rien n’est crédible pour ce crash, du sauvetage du héros à la localisation de l’avion après le crash, quasi intact et sur une autre île !), il est fait prisonnier – comme beaucoup d’indigènes des îles environnantes, car, forcément, cette île est un repaire de Nazis, qui fourbissent, sous la férule d’un savant très nazi et très con (et fou), un plan machiavélique (et pour le coup invraisemblable) pour détruire une bonne partie de l’humanité et ainsi la régénérer. Bon, le canevas sent le déjà vu, on part surtout sur du décalé, façon série fin d’alphabet, mais en fait non. L'intrigue fait très datée (et les autochtones carrément caricaturaux ne dépareilleraient pas dans une histoire publiée quelques décennies plus tôt). En fait, le héros va bien sûr tout résoudre, éliminer les méchants, empêcher la catastrophe, avec l’aide de la collaboratrice du savant, une femme superbe qui, sans que l’on ne sache pourquoi, trahit (en se comportant comme une tueuse – un poignard glissé dans sa jarretière !). La fin est tellement abrupte et facile que c’en est caricatural. Le résumé précise que ça se passe en 1947, mais un dialogue parle de dix ans après la mort d’Hitler (1955 donc !?), on ne sait pas comment un sous-marin nazi peut encore traverser les océans à cette époque pour ravitailler cette île (complètement perdue, mais qui ne manque ni de ravitaillement pour les nombreux soldats, ni d’électricité et autres carburants !). Ajoutons que le dessin est très moyen, et la colorisation un peu baveuse et datée. Bref, on a là un album oublié (même par leurs auteurs je pense), et je comprends pourquoi.
Problèmes de connexion
Le dessin de Janin est entre les crobars de presse et du Bretécher. Simple, sans fioriture, présent pour accompagner le texte. Rien d’extraordinaire, mais ce n’est pas ça qui m’a gêné. Non, le problème vient surtout que je n’ai pas trouvé ce recueil de strips et d’histoires courtes vraiment drôle. Quelques rares sourires, mais dans l’ensemble, ça m’a laissé froid. Ça n’est pas assez percutant ni surprenant. D’autres, comme Quino (surtout !), Lécroart ou Chappatte ont bien mieux réussi cet exercice consistant à se moquer de petits travers de nos vies ordinaires et de nos sociétés modernes (ici cela tourne autour des usages du numérique). Gros bof me concernant.
La Couleur des choses
Je vais ramer à contre-courant mais je n'ai pas été séduit par ce Fauve d'Or 2023. Peut-être ai-je des goûts trop classiques. Sans vouloir ouvrir une querelle des anciens contre les modernes, je ne suis pas sûr que le graphisme de Martin Panchaud nous propose ici soit dans la lignée de Franquin, Eisner ou autres maîtres du dessin figuratif. Voir des pastilles de couleur se promener dans une chambre d'hôpital répétée de nombreuses fois à l'identique ne m'a pas fait vibrer plus que ça. Si j'ai besoin de voir une cage thoracique, je reprends mes cours de bio. Je pourrais multiplier les exemples d'un dessin qui s'apparente plus à une suite d'illustrations d'encyclopédies qu'à un savoir-faire artistique. Il reste le polar. Le scénario basé sur un ticket gagnant n'est pas nouveau. Le problème avec la série de Panchaud est qu'ayant zappé très rapidement les illustrations qui me gavaient, j'en ai été réduit à lire le texte comme un vulgaire roman policier. Mais là aussi cela a coincé assez vite. Car contrairement à Connelly ou Bussi (pour prendre des contemporains) qui savent vous envoûter grâce aux ambiances induites par leur écriture, cette suite de dialogues assez insipides m'a vite ennuyé. Evidemment Panchaud fait preuve d'une maîtrise dans la mise en scène, l'originalité du concept et la facilité de lecture si on accroche au récit. Mais si cette technique faisait école, je ne lirais probablement pas ce genre là car ce n'est pas à mon goût. Il ne me reste qu'à offrir mon exemplaire à ma BM pour ceux qui apprécieront plus que moi.