On tient là à ma connaissance la série d’humour traitant du cyclisme la plus longue dans l’univers de la bande dessinée franco-belge ! En fonction des gags, ma note oscille entre le bof et le pas mal sans plus, avec malheureusement une majorité de bof. Les auteurs cherchent pourtant à bien faire et montrent une réelle passion pour le sujet.
Les gags mettent en scènes les cyclistes membres d’une équipe aux résultats assez médiocres. On retrouve ainsi différents profils très stéréotypés. Au fil des tomes, de nouveaux personnages vont s’ajouter : fictifs comme cette équipe cycliste féminine, ou issus du monde réel puisque Laurent Jalabert et Richard Virenque seront les guests stars de certains tomes.
Le dessin d’Alain Julié est très classique pour ce type de série d’humour à gros nez. Il est joyeusement expressif. On sent l’influence de Serge Carrière (avec lequel Julié a travaillé), notamment au niveau des véhicules. Dans l’ensemble, j’aime bien même si j’aurais apprécié un peu plus de profondeur dans les planches (ici les arrière-plans se résument souvent à peu de chose).
Le plus remarquable à mes yeux se situe dans la volonté de la part des auteurs de se renouveler. Avec treize tomes, le risque de tomber dans une routine très répétitive était immense mais l’ajout de personnages ainsi que certains récits plus axés sur l’histoire du vélo permettent finalement de ne pas trop ressentir le poids des ans (bon, faut pas se goinfrer les treize tomes d’un coup non plus, hein). Rien que pour ça, je serais tenté de dire « pas mal » mais il y a hélas trop de gags très moyens pour que je dise autre chose que « bof ».
A consommer avec modération.
Sans doute ai-je lu cet album bien trop tard. En tous les cas, son scénario ne m’a en rien surpris, je peux même dire que je l’ai trouvé plat. Alan Moore nous décrit un Joker finalement tout à fait conforme à l’image que j’en ai, alors que son stratagème pour rendre le commissaire Gordon fou tout en piégeant Batman me paraît très tarabiscoté et fondamentalement absurde. A nouveau et je me répète, à l’époque où ce comics a été écrit, certains événements ont dû marquer les lecteurs peu habitués à une telle violence… mais à l’heure actuelle, ce type de violence est devenu tellement banal qu’elle ne me choque en rien. Mutiler, violer, agresser une femme pour rendre fou de colère le héros, depuis ma première vision du film 'Seven', je crains que cela ne me surprenne plus vraiment.
Par ailleurs, toute la partie reprenant les combats que Batman va devoir livrer contre les complices du Joker m’est apparue trop facile, usant d’ellipses et de lieux communs. Je m’attendais vraiment à autre chose, à un scénario plus inventif, à des personnages plus torturés, à plus d’émotion et de folie. Là, j’ai juste l’impression d’avoir lu un comics devenu rapidement autant un classique qu’une œuvre démodée.
Et cette dernière remarque vaut autant pour le scénario que pour le dessin. Pas mauvais, très lisible en soi, bien au service de l’histoire… mais remarquable en rien et dans un style qui fait (déjà ?) daté.
Bof pour ma part. Peut-être mon appréciation aurait-elle été toute autre si j’avais découvert cet album à sa sortie…
Namur pour une histoire d'amour et de mort...
Géo-localisable assez aisément, ce récit m’a attiré prioritairement sur ce seul critère. En effet, il est assez rare de tomber sur des récits ayant pour cadre les rives de la Meuse non loin de Namur. Malheureusement la lecture de cette aventure plutôt allumée m’a laissé en rade.
Déjà, j’ai eu du mal avec le style graphique de Marc Sevrin. Très relâché tant au niveau du trait que des perspectives, il dégage une impression de liberté et d’improvisation qui ne me convainc pas. Surtout, j’ai eu le sentiment que c’était le dessin qui décidait de l’histoire, comme si l’auteur improvisait son récit en étant porté par des dessins inspirés par le moment mais pas réalisés dans le but d’illustrer une histoire écrite au préalable.
L’histoire donc est très décousue, brassant large au niveau des thématiques. En gros, le personnage central culpabilise du fait qu’il a ‘tué’ son jumeau dans le ventre de sa mère. Dans le même temps, il est en contact avec une voisine grâce à des projections lumineuses. Par ailleurs, des animaux de compagnie disparaissent. Et enfin, il y a cette dimension de vie de village avec un florilège de personnages pittoresques. En clair, c’est un peu fourre-tout et pas très structuré.
Je l’ai lu jusqu’à son terme mais je n’ai vraiment pas été emballé. Bof, donc.
Molang est un personnage créé en 2010 par l'illustratrice coréenne Hye-Ji Yoon sur son blog. A partir de 2014, Il sera adapté en série d'animation française suite à la rencontre entre Hye-Ji et Marie-Caroline Villand. Diffusée sur Canal+, Piwi ou encore TF1, elle se compose de dessins animés de quelques minutes mettant en scène le lapin Molang et son ami poussin Piu-Piu. Destinée à un jeune public, elle présente des sujets très simples et gais, et ne comporte pas de vraies paroles mais une sorte d'amusant verbiage rappelant celui des Minions.
L'adaptation en BD ici présente offre pour sa part des histoires courtes d'une dizaine de pages là encore sans texte, avec juste quelques bulles de dialogues sous forme d'icônes. Molang et Piu-Piu jardinent, Molang et Piu-Piu sont à la fête foraine, Molang et Piu-Piu sont à la plage...
Difficile de juger une série destinée à un très jeune public comme c'est le cas ici. Mes enfants sont trop âgés pour m'aider à savoir si ça leur aurait plu quand ils étaient petits. Mais par rapport à d'autres séries jeunesse que je leur lisais à l'époque, je dois dire que je ne suis pas convaincu.
Graphiquement, c'est une ligne très claire avec des couleurs joyeuses, légèrement pastels. Dans son ensemble, c'est rigoureusement le design de la série animée, un design kawai très coréen. Et pourtant quand on y regarde de plus près, j'ai trouvé Molang moins expressif que dans la série. Il n'arbore quasiment que deux expressions : soit son sourire béat, soit sa tête triste, et sans l'animation pour aider cela le rend impersonnel et peu attachant. Son compagnon Piu-Piu parait plus vivant en comparaison.
Côté histoires, c'est vraiment très basique et enfantin. Pas moyen que cela plaise à des lecteurs de plus de 6 ans. Et là encore, ça m'a paru moins bien que le dessin animé. Les histoires sont nettement plus courtes, il n'y a plus l'amusant verbiage qui amenait un peu d'humour, et les intrigues ne sont guère passionnantes, même pour un jeune lectorat.
Honnêtement, ça ressemble à une série dérivée de studio pour surfer sur le succès d'une série télévisée et je la trouve dispensable, à moins que votre enfant soit déjà fan de la série animée et que ça lui fasse plaisir de retrouver ses deux héros dans un album BD qu'il pourra lire à loisir.
Je pense que j'ai un problème avec les scénarios de Benjamin Flao.
En gros, je trouve qu'il a de bonnes idées et je voudrais vraiment rentrer dans son univers, surtout que je peux voir qu'il a fait beaucoup d'efforts pour imaginer ce futur, sauf que voilà je trouve que le rythme de ses scénarios est trop lent et ça me semble être pire ici que dans les autres albums que j'ai lus de lui. J'ai eu l'impression de lire pendant une heure environ une longue introduction qui ne finissait pas. En plus, ça part un peu dans tous les sens et je n'ai pas trop compris par moment ce qui se passait vu qu'on saute d'un personnage à l'autre ou alors c'est juste moi qui n'étais pas assez concentré parce que je m'ennuyais. Hormis deux ou trois scènes, rien n'a attiré mon attention.
Dommage parce que j'aime bien le dessin et le sujet est intéressant.
J'ai été un peu surpris de la thématique mise en avant dans cette série éditée par une (excellente) maison spécialisée dans les récits Jeunesse.
Pour connaître un peu le sujet des migrants, je pense que François Duprat tombe à côté. J'ai trouvé son scénario assez curieux. J'ai compris le début comme un récit assez intimiste et humoristique sur les plages du Nord pour conclure sur une thématique politique et polémiste.
Je suis un habitué des vacances à Merlimont (62) et rien ne pourrait me faire changer d'avis. Surement pas les plages du Sud surpeuplées et surchauffées. Par ailleurs, le fond de l'histoire a du mal à se mettre en place et il ne se passe pas grand-chose pendant 45 pages.
J'ai trouvé la suite assez inappropriée. Duprat nous présente un gamin de 10 ans délateur pris au sérieux par un commandant de gendarmerie qui passe son temps à faire la chasse à des enfants mineurs (non accompagnés) migrants sous entendu (dans ma lecture) pour leur faire du mal.
Quand je lis cela, je tombe de ma chaise car la première chose à faire pour protéger ces enfants seuls, donc en très grand danger (viols, trafic, kidnapping, soins, malnutrition) est de prévenir la police qui transmettra aux services sociaux.
Je trouve que l'auteur utilise un discours simpliste à propos d'une thématique trop sérieuse et complexe pour être présentée de cette façon à des enfants.
Seul son graphisme sauve son récit de l'eau à mes yeux.
J'ai acheté cette BD en étant attiré par la couverture et les dessins magnifiques.
Comme le dit Noirdésir, c'est un album pour jeunes très vite lu, trop vite lu (15 min à tout casser). Bien qu'il s'adresse à un public jeune avec l'originalité de traiter un sujet difficile, celui de la mort, j'ai trouvé que l'installation et la présentation du personnage était trop rapide. Il y avait matière à plus développer l'histoire avant l'accident je pense. Personnellement, je n'ai ainsi pas eu le temps de m'y attacher ou d'être touché par son histoire. C'est dommage car l'idée de départ (les morts pourraient avoir peur de revivre par analogie aux vivants qui ont peur de mourir) était plutôt bonne.
Il reste tout de même le dessin et la colorisation qui relèvent l'ensemble et me permettent de ne pas noter trop sévèrement ce one shot.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 3/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10
NOTE GLOBALE : 10/20
L’intrigue se déroule dans le Nevada, au moment d’un essai nucléaire, au début des années 1950. C’est un quasi huis-clos, autour de quelques personnages réunis dans un hôtel, avec « vue sur l’explosion ».
La guerre froide est en arrière-plan (des espions soviétiques sont présents), dans cette histoire aux aspects de polar lancinant.
Le rythme est volontairement lent, la narration énigmatique, on ne sait pas trop sur quel pied danser, ni qui est réellement Emma Wrong, l’héroïne, qui semble rechercher un homme, et qui attire la curiosité ou la suspicion, voire l’animosité des autres clients de l’hôtel.
La narration est un peu mollassonne, et on peine parfois à saisir tenants et aboutissants de l’intrigue.
Le dessin, assez froid, presque stylisé avec plusieurs bichromies, ajoute à la difficulté que j’ai ressenti pour totalement entrer dans l’histoire.
Peut-être un peu trop mystérieux, pas assez rythmé, je ne sais pas, mais il m’a manqué quelque chose.
Note réelle 2,5/5.
Je m’attendais vraiment à ressentir plus d’enthousiasme pour ce docu-BD qui aborde le sujet de l’ « ethnopharmacologie », la discipline qui s'intéresse aux médecines traditionnelles et aux remèdes constituant les pharmacopées traditionnelles. C’est bien dommage car le sujet est potentiellement passionnant, si l’on considère que les plantes sont à la base de toutes les médecines du monde depuis des millénaires, qu’elles soient traditionnelles, allopathiques, homéopathiques ou alternatives. De plus, comme le précise l’éditeur en résumé, « sur les 250.000 espèces présentes sur la planète, nous n’en connaissons bien qu’un pour cent. »
Le point de départ de ce documentaire est la volonté de la part d’un spécialiste, Jean-Marc Fleurentin, de rendre hommage à son professeur Jean-Marie Pelt. Fleurentin parcourt inlassablement la planète pour tenter de recenser les plantes inconnues pour en prouver le bénéfice scientifique et de protéger les savoirs, la plupart étant transmis oralement. Une tâche très noble, évidemment liée à la question écologique.
Le hic, c’est qu’on ne parvient jamais à s’intéresser complètement au contenu de cet album, du fait peut-être de sa tournure trop disparate. Le choix narratif, qui navigue entre documentaire pédagogique, carnet de route et hommage compassé, est peu convaincant. De plus, on ne sait jamais vraiment qui est qui, l’identification des personnages n’est jamais évidente, et le dessin n’y contribue guère. On a déjà vu pire, bien sûr, mais les visages paraissent inexpressifs, les regards vides et les corps figés. L’aquarelle très ordinaire ne dénote aucun talent particulier (l’utilisation de cette technique n’est pas forcément un gage de qualité) et ne fait que donner une impression de monotonie, qui pour le coup est en accord avec la narration. On n’ira pas jusqu’à dire que c’est rébarbatif, mais le résultat global est décevant, très brouillon. Peu de beauté se dégage de l’objet, et surtout rien de vraiment marquant, même si on pourra grappiller ça et là quelques informations sur… sur quoi au fait ?
Autant l’avouer, on ressort pour le moins frustré de cette lecture, au regard notamment de la portée du projet évoqué, motivé par des préoccupations très altruistes : sauvegarde des savoirs ancestraux et protection de la biodiversité. Le problème, c’est que la sensation d’ennui qui envahit le lecteur dès l’introduction ne parvient jamais vraiment à s’effacer jusqu’à la fin du livre.
J'ai été déçu par cette série et je ne peux que rejoindre les deux avis précédents. Pourtant j'aime beaucoup le travail de D.P Filippi mais je trouve qu'il s'est fourvoyé dans ce nouveau monde.
En premier lieu cette période de l'histoire ne m'a jamais passionné mais c'est perso. Ici encore cette colonisation inique faite au moyen d'aventuriers peu scrupuleux me rend sans empathie pour tous les personnages, Emie comprise.
Ensuite Filippi charge tellement le personnage d'Emie d'une omniscience livresque et pratique, d'un don d'anticipation quasi divinatoire que je la trouve vite insupportable.
J'ai aussi trouvé que la construction des péripéties de combats répondait toujours au même schéma narratif ce qui est lassant après la deuxième bataille. Enfin l'élaboration du récit autour de flash-backs incessants sur sa vie en Ecosse n'apporte pas plus que ça à l'intrigue principale et alourdit le scénario.
Je n'ai pas été séduit plus que ça par le graphisme de Gilles Mezzomo. J'aurais aimé plus de précisions dans les visages principaux. Au bout de quelques planches j'avais déjà perdu le fil des différents intervenants.
De même, je trouve que Mezzomo nous propose le minimum en paysages ou en couleurs quand il travaille sur les espaces grandioses qui sont à sa disposition.
Une lecture peu intéressante que j'oublierai vite.
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Les Vélo maniacs
On tient là à ma connaissance la série d’humour traitant du cyclisme la plus longue dans l’univers de la bande dessinée franco-belge ! En fonction des gags, ma note oscille entre le bof et le pas mal sans plus, avec malheureusement une majorité de bof. Les auteurs cherchent pourtant à bien faire et montrent une réelle passion pour le sujet. Les gags mettent en scènes les cyclistes membres d’une équipe aux résultats assez médiocres. On retrouve ainsi différents profils très stéréotypés. Au fil des tomes, de nouveaux personnages vont s’ajouter : fictifs comme cette équipe cycliste féminine, ou issus du monde réel puisque Laurent Jalabert et Richard Virenque seront les guests stars de certains tomes. Le dessin d’Alain Julié est très classique pour ce type de série d’humour à gros nez. Il est joyeusement expressif. On sent l’influence de Serge Carrière (avec lequel Julié a travaillé), notamment au niveau des véhicules. Dans l’ensemble, j’aime bien même si j’aurais apprécié un peu plus de profondeur dans les planches (ici les arrière-plans se résument souvent à peu de chose). Le plus remarquable à mes yeux se situe dans la volonté de la part des auteurs de se renouveler. Avec treize tomes, le risque de tomber dans une routine très répétitive était immense mais l’ajout de personnages ainsi que certains récits plus axés sur l’histoire du vélo permettent finalement de ne pas trop ressentir le poids des ans (bon, faut pas se goinfrer les treize tomes d’un coup non plus, hein). Rien que pour ça, je serais tenté de dire « pas mal » mais il y a hélas trop de gags très moyens pour que je dise autre chose que « bof ». A consommer avec modération.
Killing Joke (Batman - The Killing Joke/Rire et Mourir/Souriez !)
Sans doute ai-je lu cet album bien trop tard. En tous les cas, son scénario ne m’a en rien surpris, je peux même dire que je l’ai trouvé plat. Alan Moore nous décrit un Joker finalement tout à fait conforme à l’image que j’en ai, alors que son stratagème pour rendre le commissaire Gordon fou tout en piégeant Batman me paraît très tarabiscoté et fondamentalement absurde. A nouveau et je me répète, à l’époque où ce comics a été écrit, certains événements ont dû marquer les lecteurs peu habitués à une telle violence… mais à l’heure actuelle, ce type de violence est devenu tellement banal qu’elle ne me choque en rien. Mutiler, violer, agresser une femme pour rendre fou de colère le héros, depuis ma première vision du film 'Seven', je crains que cela ne me surprenne plus vraiment. Par ailleurs, toute la partie reprenant les combats que Batman va devoir livrer contre les complices du Joker m’est apparue trop facile, usant d’ellipses et de lieux communs. Je m’attendais vraiment à autre chose, à un scénario plus inventif, à des personnages plus torturés, à plus d’émotion et de folie. Là, j’ai juste l’impression d’avoir lu un comics devenu rapidement autant un classique qu’une œuvre démodée. Et cette dernière remarque vaut autant pour le scénario que pour le dessin. Pas mauvais, très lisible en soi, bien au service de l’histoire… mais remarquable en rien et dans un style qui fait (déjà ?) daté. Bof pour ma part. Peut-être mon appréciation aurait-elle été toute autre si j’avais découvert cet album à sa sortie…
Cicatrice
Namur pour une histoire d'amour et de mort... Géo-localisable assez aisément, ce récit m’a attiré prioritairement sur ce seul critère. En effet, il est assez rare de tomber sur des récits ayant pour cadre les rives de la Meuse non loin de Namur. Malheureusement la lecture de cette aventure plutôt allumée m’a laissé en rade. Déjà, j’ai eu du mal avec le style graphique de Marc Sevrin. Très relâché tant au niveau du trait que des perspectives, il dégage une impression de liberté et d’improvisation qui ne me convainc pas. Surtout, j’ai eu le sentiment que c’était le dessin qui décidait de l’histoire, comme si l’auteur improvisait son récit en étant porté par des dessins inspirés par le moment mais pas réalisés dans le but d’illustrer une histoire écrite au préalable. L’histoire donc est très décousue, brassant large au niveau des thématiques. En gros, le personnage central culpabilise du fait qu’il a ‘tué’ son jumeau dans le ventre de sa mère. Dans le même temps, il est en contact avec une voisine grâce à des projections lumineuses. Par ailleurs, des animaux de compagnie disparaissent. Et enfin, il y a cette dimension de vie de village avec un florilège de personnages pittoresques. En clair, c’est un peu fourre-tout et pas très structuré. Je l’ai lu jusqu’à son terme mais je n’ai vraiment pas été emballé. Bof, donc.
Molang
Molang est un personnage créé en 2010 par l'illustratrice coréenne Hye-Ji Yoon sur son blog. A partir de 2014, Il sera adapté en série d'animation française suite à la rencontre entre Hye-Ji et Marie-Caroline Villand. Diffusée sur Canal+, Piwi ou encore TF1, elle se compose de dessins animés de quelques minutes mettant en scène le lapin Molang et son ami poussin Piu-Piu. Destinée à un jeune public, elle présente des sujets très simples et gais, et ne comporte pas de vraies paroles mais une sorte d'amusant verbiage rappelant celui des Minions. L'adaptation en BD ici présente offre pour sa part des histoires courtes d'une dizaine de pages là encore sans texte, avec juste quelques bulles de dialogues sous forme d'icônes. Molang et Piu-Piu jardinent, Molang et Piu-Piu sont à la fête foraine, Molang et Piu-Piu sont à la plage... Difficile de juger une série destinée à un très jeune public comme c'est le cas ici. Mes enfants sont trop âgés pour m'aider à savoir si ça leur aurait plu quand ils étaient petits. Mais par rapport à d'autres séries jeunesse que je leur lisais à l'époque, je dois dire que je ne suis pas convaincu. Graphiquement, c'est une ligne très claire avec des couleurs joyeuses, légèrement pastels. Dans son ensemble, c'est rigoureusement le design de la série animée, un design kawai très coréen. Et pourtant quand on y regarde de plus près, j'ai trouvé Molang moins expressif que dans la série. Il n'arbore quasiment que deux expressions : soit son sourire béat, soit sa tête triste, et sans l'animation pour aider cela le rend impersonnel et peu attachant. Son compagnon Piu-Piu parait plus vivant en comparaison. Côté histoires, c'est vraiment très basique et enfantin. Pas moyen que cela plaise à des lecteurs de plus de 6 ans. Et là encore, ça m'a paru moins bien que le dessin animé. Les histoires sont nettement plus courtes, il n'y a plus l'amusant verbiage qui amenait un peu d'humour, et les intrigues ne sont guère passionnantes, même pour un jeune lectorat. Honnêtement, ça ressemble à une série dérivée de studio pour surfer sur le succès d'une série télévisée et je la trouve dispensable, à moins que votre enfant soit déjà fan de la série animée et que ça lui fasse plaisir de retrouver ses deux héros dans un album BD qu'il pourra lire à loisir.
L'Âge d'eau
Je pense que j'ai un problème avec les scénarios de Benjamin Flao. En gros, je trouve qu'il a de bonnes idées et je voudrais vraiment rentrer dans son univers, surtout que je peux voir qu'il a fait beaucoup d'efforts pour imaginer ce futur, sauf que voilà je trouve que le rythme de ses scénarios est trop lent et ça me semble être pire ici que dans les autres albums que j'ai lus de lui. J'ai eu l'impression de lire pendant une heure environ une longue introduction qui ne finissait pas. En plus, ça part un peu dans tous les sens et je n'ai pas trop compris par moment ce qui se passait vu qu'on saute d'un personnage à l'autre ou alors c'est juste moi qui n'étais pas assez concentré parce que je m'ennuyais. Hormis deux ou trois scènes, rien n'a attiré mon attention. Dommage parce que j'aime bien le dessin et le sujet est intéressant.
Les Bonshommes de pluie
J'ai été un peu surpris de la thématique mise en avant dans cette série éditée par une (excellente) maison spécialisée dans les récits Jeunesse. Pour connaître un peu le sujet des migrants, je pense que François Duprat tombe à côté. J'ai trouvé son scénario assez curieux. J'ai compris le début comme un récit assez intimiste et humoristique sur les plages du Nord pour conclure sur une thématique politique et polémiste. Je suis un habitué des vacances à Merlimont (62) et rien ne pourrait me faire changer d'avis. Surement pas les plages du Sud surpeuplées et surchauffées. Par ailleurs, le fond de l'histoire a du mal à se mettre en place et il ne se passe pas grand-chose pendant 45 pages. J'ai trouvé la suite assez inappropriée. Duprat nous présente un gamin de 10 ans délateur pris au sérieux par un commandant de gendarmerie qui passe son temps à faire la chasse à des enfants mineurs (non accompagnés) migrants sous entendu (dans ma lecture) pour leur faire du mal. Quand je lis cela, je tombe de ma chaise car la première chose à faire pour protéger ces enfants seuls, donc en très grand danger (viols, trafic, kidnapping, soins, malnutrition) est de prévenir la police qui transmettra aux services sociaux. Je trouve que l'auteur utilise un discours simpliste à propos d'une thématique trop sérieuse et complexe pour être présentée de cette façon à des enfants. Seul son graphisme sauve son récit de l'eau à mes yeux.
Le Silence est d'ombre
J'ai acheté cette BD en étant attiré par la couverture et les dessins magnifiques. Comme le dit Noirdésir, c'est un album pour jeunes très vite lu, trop vite lu (15 min à tout casser). Bien qu'il s'adresse à un public jeune avec l'originalité de traiter un sujet difficile, celui de la mort, j'ai trouvé que l'installation et la présentation du personnage était trop rapide. Il y avait matière à plus développer l'histoire avant l'accident je pense. Personnellement, je n'ai ainsi pas eu le temps de m'y attacher ou d'être touché par son histoire. C'est dommage car l'idée de départ (les morts pourraient avoir peur de revivre par analogie aux vivants qui ont peur de mourir) était plutôt bonne. Il reste tout de même le dessin et la colorisation qui relèvent l'ensemble et me permettent de ne pas noter trop sévèrement ce one shot. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 3/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 10/20
Emma Wrong
L’intrigue se déroule dans le Nevada, au moment d’un essai nucléaire, au début des années 1950. C’est un quasi huis-clos, autour de quelques personnages réunis dans un hôtel, avec « vue sur l’explosion ». La guerre froide est en arrière-plan (des espions soviétiques sont présents), dans cette histoire aux aspects de polar lancinant. Le rythme est volontairement lent, la narration énigmatique, on ne sait pas trop sur quel pied danser, ni qui est réellement Emma Wrong, l’héroïne, qui semble rechercher un homme, et qui attire la curiosité ou la suspicion, voire l’animosité des autres clients de l’hôtel. La narration est un peu mollassonne, et on peine parfois à saisir tenants et aboutissants de l’intrigue. Le dessin, assez froid, presque stylisé avec plusieurs bichromies, ajoute à la difficulté que j’ai ressenti pour totalement entrer dans l’histoire. Peut-être un peu trop mystérieux, pas assez rythmé, je ne sais pas, mais il m’a manqué quelque chose. Note réelle 2,5/5.
L'Homme qui aimait les plantes
Je m’attendais vraiment à ressentir plus d’enthousiasme pour ce docu-BD qui aborde le sujet de l’ « ethnopharmacologie », la discipline qui s'intéresse aux médecines traditionnelles et aux remèdes constituant les pharmacopées traditionnelles. C’est bien dommage car le sujet est potentiellement passionnant, si l’on considère que les plantes sont à la base de toutes les médecines du monde depuis des millénaires, qu’elles soient traditionnelles, allopathiques, homéopathiques ou alternatives. De plus, comme le précise l’éditeur en résumé, « sur les 250.000 espèces présentes sur la planète, nous n’en connaissons bien qu’un pour cent. » Le point de départ de ce documentaire est la volonté de la part d’un spécialiste, Jean-Marc Fleurentin, de rendre hommage à son professeur Jean-Marie Pelt. Fleurentin parcourt inlassablement la planète pour tenter de recenser les plantes inconnues pour en prouver le bénéfice scientifique et de protéger les savoirs, la plupart étant transmis oralement. Une tâche très noble, évidemment liée à la question écologique. Le hic, c’est qu’on ne parvient jamais à s’intéresser complètement au contenu de cet album, du fait peut-être de sa tournure trop disparate. Le choix narratif, qui navigue entre documentaire pédagogique, carnet de route et hommage compassé, est peu convaincant. De plus, on ne sait jamais vraiment qui est qui, l’identification des personnages n’est jamais évidente, et le dessin n’y contribue guère. On a déjà vu pire, bien sûr, mais les visages paraissent inexpressifs, les regards vides et les corps figés. L’aquarelle très ordinaire ne dénote aucun talent particulier (l’utilisation de cette technique n’est pas forcément un gage de qualité) et ne fait que donner une impression de monotonie, qui pour le coup est en accord avec la narration. On n’ira pas jusqu’à dire que c’est rébarbatif, mais le résultat global est décevant, très brouillon. Peu de beauté se dégage de l’objet, et surtout rien de vraiment marquant, même si on pourra grappiller ça et là quelques informations sur… sur quoi au fait ? Autant l’avouer, on ressort pour le moins frustré de cette lecture, au regard notamment de la portée du projet évoqué, motivé par des préoccupations très altruistes : sauvegarde des savoirs ancestraux et protection de la biodiversité. Le problème, c’est que la sensation d’ennui qui envahit le lecteur dès l’introduction ne parvient jamais vraiment à s’effacer jusqu’à la fin du livre.
Nouveau monde
J'ai été déçu par cette série et je ne peux que rejoindre les deux avis précédents. Pourtant j'aime beaucoup le travail de D.P Filippi mais je trouve qu'il s'est fourvoyé dans ce nouveau monde. En premier lieu cette période de l'histoire ne m'a jamais passionné mais c'est perso. Ici encore cette colonisation inique faite au moyen d'aventuriers peu scrupuleux me rend sans empathie pour tous les personnages, Emie comprise. Ensuite Filippi charge tellement le personnage d'Emie d'une omniscience livresque et pratique, d'un don d'anticipation quasi divinatoire que je la trouve vite insupportable. J'ai aussi trouvé que la construction des péripéties de combats répondait toujours au même schéma narratif ce qui est lassant après la deuxième bataille. Enfin l'élaboration du récit autour de flash-backs incessants sur sa vie en Ecosse n'apporte pas plus que ça à l'intrigue principale et alourdit le scénario. Je n'ai pas été séduit plus que ça par le graphisme de Gilles Mezzomo. J'aurais aimé plus de précisions dans les visages principaux. Au bout de quelques planches j'avais déjà perdu le fil des différents intervenants. De même, je trouve que Mezzomo nous propose le minimum en paysages ou en couleurs quand il travaille sur les espaces grandioses qui sont à sa disposition. Une lecture peu intéressante que j'oublierai vite.