Les derniers avis (20750 avis)

Couverture de la série Docteur Inugami
Docteur Inugami

Maruo est un auteur que j’ai appris à connaitre – et à apprécier – depuis quelques années. Qu’il adapte les histoires d’un autre ou qu’il en soit le créateur, j’aime bien son style, jouant très souvent sur une violence un peu gore, un érotisme plus ou moins pervers et dérangeant. Mais ici je suis clairement resté sur ma faim. Les histoires courtes regroupées dans ce recueil tournent toutes autour de sorts jetés, d’une certaine magie noire – la dernière ajoutant à des choses du folklore japonais quelque chose d’européen avec la présence de Lucifer. S’il y a parfois des choses intéressantes, la plupart des histoires sont décevantes, manquent de profondeur. Il n’y a pas ce que j’ai vu dans plusieurs séries de Maruo (très peu d’érotisme, un fantastique pas si morbide ou dérangeant qu’ailleurs). La dernière histoire sombre un peu dans le grand-guignolesque, et ne m’a pas du tout plu. Le dessin lui est simple, ciselé et efficace, comme à l’habitude. Il ne surjoue pas les émotions comme de nombreux mangakas le font (une des choses que je n’aime généralement pas dans le manga). Rien à dire de ce côté-là. Mais cela ne suffit pas, car j’ai trouvé ce Maruo assez mineur et décevant globalement.

01/04/2023 (modifier)
Couverture de la série Un Drame en Livonie
Un Drame en Livonie

Cet album adapte une œuvre très méconnue de Verne (en tout cas je n’en avais jamais entendu parler). Pour ce que j’en ai vu ici, je dois dire que le potentiel n’était pas forcément énorme, ce n’est clairement pas l’œuvre de l’auteur nantais la plus intéressante et riche. Et ce d’autant plus que je trouve que François Rivière n’a pas beaucoup (pas assez à mon goût en tout cas) exploité l’arrière-plan géographique et historique dans lequel baigne cette histoire. Elle se déroule dans les pays baltes en 1876, alors qu’Allemands et Russes avancent leurs pions et se livrent une lutte d’influence. Cet aspect, que je pensais au cœur de l’intrigue – et à même de lui donner de la densité – est rapidement évacué. Ne reste plus alors qu’une intrigue policière qui, elle, m’est apparu assez quelconque et manquant d’originalité – même si elle se laisse lire. Le travail graphique de Serge Micheli possède de réelles qualités. Il est original, mais, dans un style qi fait parfois penser à Dix ou d’autres auteurs expressionnistes, il donne un rendu proche de la peinture, mais pas toujours adapté au médium BD. Surtout, j’ai souvent eu du mal à suivre les dialogues, les textes étant perdus au milieu des cases, sans que l’ordre de lecture ne soit toujours très clair. Bref, une histoire qui ne m’a pas captivé plus que ça, une narration pas suffisamment claire : une lecture quelque peu laborieuse et, au finale, décevante. Note réelle 2,5/5.

01/04/2023 (modifier)
Couverture de la série Bouche du diable
Bouche du diable

Certains récits de Boucq sont parfois nauséeux, et ici dans certains passages, c'est un peu limite de franchir cet aspect ; c'est ce qui m'avait d'ailleurs détourné de Bouncer. Ceci étant dit, j'analyse la Bd selon mon ressenti. Si cette histoire ne m'a pas ennuyé, elle ne m'a pas non plus totalement emballé, je dirais même qu'elle ne m'a qu'à moitié satisfait, ce qui fait que j'en ressors un peu perplexe. J'ai bien aimé toute la partie endoctrinement militaire et un peu clinique dans cette Russie de guerre froide enrobée par le communisme, on y reconnait les méthodes du KGB qui pouvaient autant briser des hommes que fabriquer des machines de guerre. J'ai moins aimé la partie située aux USA, lorsque Youri est lâché dans New York pour une mission dont on sait peu de choses et qui au final se révèle assez banale (à quoi a servi la dureté de son endoctrinement dans ce cas ?). Mais si l'histoire est un récit réaliste, l'univers de l'espionnage revêt une dimension fantastique voire surréaliste, et ceci me dérange dans la mesure où c'est un peu inutile, tout comme la fin me dérange encore plus, trop brusque, trop facile, on dirait que les auteurs ont opté pour cette échappatoire parce qu'ils ne savaient pas comment finir ce récit. D'ailleurs, je comprend mal cette fin. En plus, toutes les apparitions de l'Indien en forme de deus ex machina dans les égouts ou sur la cathédrale Saint-Patrick, sont des facilités scénaristiques aussi épaisses qu'un câble d'amarrage. C'est dommage parce que cet aspect amoindrit la première partie et décrédibilise la suite. Sinon, comme j'ai dit, c'est une Bd intéressante à lire, c'est juste que ce n'est pas ce que j'étais en droit d'attendre ; d'autre part, la flopée de notes dithyrambiques me dépasse, je trouve qu'elles ne sont pas justifiées. Par contre, l'excellent point positif, c'est le dessin, Boucq s'est surpassé, je crois que c'est un album où il a rarement livré un dessin à la fois aussi pur et aussi vigoureux, et d'une grande précision ; c'est la raison pour laquelle je ne note pas plus bas.

01/04/2023 (modifier)
Couverture de la série Jim et Heppy (Jim l'astucieux / Jim Aydumien)
Jim et Heppy (Jim l'astucieux / Jim Aydumien)

C’est une série dont je n’avais jamais entendu parler, avant qu’un album ne me tombe sous la main (« Jim contre Little Pig », dans l’édition d’origine de la collection Floréal de Fleurus, alors que la série s’appelait « Jim l’astucieux »). Ce qui saute aux yeux dès qu’on ouvre l’album, avant que l’on ne lise les bulles, c’est la claire influence de Lucky Luke, que ce soit pour le dessin, qui a quelques accointances avec celui de Morris, mais surtout les situations, postures, et certains décors. Pour le reste, c’est aussi du western pour de rire. Quelques remarques, quelques dialogues et situations sont amusants, mais c’est clairement moins drôle et réussi que Lucky Luke (surtout période Goscinny). Même s’il faut tenir compte de l’époque, ça reste souvent en dedans au niveau des gags, malgré quelques petites trouvailles sympas. Le personnage de Jim lui-même manque de charisme, de saveur. Il est souvent inexpressif, sorte de Chick Bill poupon. Et son compagnon Heppy peine à dynamiser et dynamiter le duo. Il n’y a pas là les side-men qui souvent relèvent le plat (Jolly Jumper, les Dalton ou Rantanplan par exemple, Obélix ou Haddock pour sortir de Lucky Luke) et compensent la fadeur du héros. Quant au dessin, il n’est pas mauvais dans son genre et son époque (tout début des années 1960), il est globalement dynamique. Un album moins mauvais que ne l’avais craint au départ, mais qui fait son âge et manque d’un je ne sais quoi pour sortir d’une certaine torpeur.

30/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Berserk
Berserk

J’essaye d’étoffer ma culture manga, en sortant parfois quelque peu de ma zone de confort, comme ici avec ce « Berserk », qui semble être une des séries manga les plus appréciées. Et j’avoue ne pas avoir compris pourquoi, tellement j’ai été rebuté par cette lecture – quand elle ne m’a pas laissé indifférent. J’ai lu certains avis, et je ne peux que m’étonner que beaucoup louent le dessin. Certes, je ne suis pas fan a priori du manga classique, mais je l’ai trouvé souvent plein de défauts – indépendamment des figures de style que je n’aime pas. Les longues bastons, avec actions au ralenti, délayées sur quatre ou cinq pages, ce n’est pas mon truc ! Et honnêtement, le dessin n’est ni clair ni bon (après, c’est sans doute affaire de goût, mais moi, ça ne passe pas). Quant à l’histoire et les dialogues, je n’y ai rien trouvé d’intéressant. Ma médiathèque avait les cinq premiers albums, que j’ai empruntés. Je me suis arrêté aux trois premiers, tellement ça me gonflait et ai rapidement rendu les cinq. Un peu de gore et de trash OK, je n’y suis pas réfractaire, mais ici ça faisait souvent remplissage inutile, au milieu de très longues bastons, dans lesquelles le chevalier noir de héros découpe à la chaine ses adversaires (humains ou démons), avec une épée plus grande et large que lui. Au moins dans Krän on sentait la déconne, un aspect parodique et volontairement exagéré qui faisait passer presque tout. Mais là, non. J’ai lu dans certains avis que la série est meilleure au bout d’un moment. Meilleure je veux bien croire, mais je ne le vérifierai pas (il faut dire qu’une autre de mes préventions envers le genre manga, c’est justement ces séries interminables…).

29/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Solo (Sternis)
Solo (Sternis)

Cette série est bien étrange dans sa construction. Solo est clairement conçu comme le début d'une série, sinon le scénario est absurde. Mais le titre était-il prémonitoire car la série est retombée comme un soufflet mal préparé. En effet, toutes les planches qui font référence à une enquêtrice (police, journaliste, détective privée, assistante sociale ?) qui recherche des informations sur Alain n'ont aucun sens dans ce one shot. Alain étant majeur, une enquête sur sa personne implique plus qu'une simple disparition sans laisser d'adresse. Ici cela ressemble à un artifice pour créer du mystère dans une simple histoire rebattue du gars qui part chercher ses cigarettes et ne revient pas. La rencontre entre Alain et Marion travaille sur une arrière-pensée assez glauque (plusieurs fois suggérée dans le récit) qui ne tient pas la route de la façon dont elle est présentée. Il ne reste pas grand-chose sauf un récit lent et contemplatif sur la valeur de la randonnée comme thérapie hors du monde. On est très loin de l'excellent "Into the Wild" si justement cité par jul. Le graphisme est classique et ne prend pas beaucoup de risques en s'appuyant sur les paysages champêtres du GR et les fermes typiques du coin. Le personnage d'Alain me semble un peu lisse et fade et je ne comprends pas ce qui amène Marion à s'ouvrir à un "vieux" avec autant de facilité. C'est une lecture pas désagréable mais qui n'apporte pas grand-chose en one shot.

28/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Coeur de Xatim
Le Coeur de Xatim

Ouch ! J’ai vraiment dû me forcer pour aller au bout du premier tome ! En effet, le dessin pique les yeux. Le trait est gras, pour ne pas dire grossier, avec moult maladresses et autres défauts – de perspective entre autres, un manque de détails (personnages et décors). La colorisation est au diapason, hélas, franchement ratée. Bref, un graphisme moche, voire hideux. Je n’ai pas non plus apprécié le côté manga de certains passages (posture et visage de personnages, baston, etc). Quant à l’histoire, elle n’est pas emballante non plus, se développe sur un rythme lent et sans trop d’originalité (peut-être ce dessin moche m’a-t-il fait voir tout en noir ?). Le deuxième tome est quand même de meilleure qualité. Même si je ne suis toujours pas fan du dessin et de la colorisation (honnêtement il n’est pas non plus extraordinaire), ça s’est pas mal amélioré – et heureusement, car le tome précédent était très laid ! Quant à l’histoire, j’étais dans un tel état de rejet après le premier tome, que je l’ai suivie d’un œil distant. C’est un peu plus dynamique et construit – là aussi un peu mieux que l’album précédent, sans me captiver. Et puis… Eh bien ça s’arrête là, le tome de conclusion annoncé en fin de deuxième album n’a semble-t-il jamais vu le jour. Je me permets de dire que je ne le regretterais pas outre mesure. Je ne saurais donc vous conseiller cette série. Je suis étonné que les auteurs et l’éditeur n’aient pas retravaillé cette série avant de la publier telle quelle, avec un dessin aussi mauvais. Note réelle 1,5/5.

28/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Château des étoiles
Le Château des étoiles

Je me sens assez proche de l'avis de Canarde. Je ne suis jamais rentré dans ce mixte de Jules Verne et du Crépuscule des dieux. J'ai trouvé la lecture pesante et fastidieuse avec des passages scientifiques indigestes. Cela correspond assez bien au parti pris de coller à Jules Verne mais justement c'est la partie du romancier nantais que je n'aime pas. Je n'ai éprouvé aucune empathie ni pour Séraphin ni pour son entourage. De même je n'ai pas été séduit par le graphisme qui propose des planches trop chargées à mon goût. Je trouve que cela manque de tension et je n'ai jamais accroché à l'ambiance proposée. Cette lecture m'a très vite ennuyé dès le tome 1.

27/03/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 2/5
Couverture de la série Lizy Vaudou
Lizy Vaudou

Mon avis est partagé, très partagé sur cette nouvelle série. Il y a de bonnes choses, comme le dessin de Robin Guillet, dont c'est apparemment le premier album. Très influencé par les mangas, ce jeune diplômé de l'Ecole Pivaut à Nantes propose ici de belles planches mêlant ses influences asiatiques et européennes, avec une mise en scène plutôt inspirée, et réhaussé par ses propres couleurs puisant largement dans des teintes chaudes et pastel. Un grand nombre d'éléments propres à la Louisiane sont présents : le KKK, le vaudou, les marais... L'histoire est pleine de rebondissements, mais curieusement je n'ai pas accroché plus que ça. Je pense qu'il s'agit d'un défaut de rythme, le scénariste étant lui aussi relativement novice en BD (bien qu'il fasse lui-même les dessins d'un blog spécialisé). Je pense que malgré ces défauts, la série va trouver son public parmi des lectrices et lecteurs préados, et je suis tout de même curieux de voir ce que va donner la suite.

27/03/2023 (modifier)
Couverture de la série La Vérité est au fond des rêves
La Vérité est au fond des rêves

Je l’ai souvent écrit dans mes avis le concernant, le talent (ou la chance !) de Jodorowsky est d’avoir été, quasiment pour chacune de ses séries, accompagné d’un grand dessinateur, à même de mettre en valeur ses délires. Je dois dire que, en ce qui me concerne, Jean-Jacques Chaubin (dont cela semble être la seule contribution au 9ème art ?) est l’exception qui confirme la règle. En tout je n‘ai pas accroché à son style, que j’ai trouvé trop froid (sauf pour la première histoire, qui use d'un style différent). Affaire de goût peut-être, mais cela a joué sur mon ressenti final. En effet, du coup il n’y avait rien de ce côté pour contrebalancer les idées de Jodo, comme souvent délirantes. Mais ses récits de rêves n’ont pas su me toucher suffisamment. En fait, paradoxalement, je les aurais sans doute davantage apprécié sans les dessins, en simples récits de rêves, dans une revue ou un recueil. Mais même comme ça, je suis resté sur ma faim.

26/03/2023 (modifier)