Je ne suis pas particulièrement séduit par cette série. Sur une thématique difficile et ambitieuse je préfère une série comme Passe-passe.
Aborder les thèmes de la mort, la longue maladie ou de l'absence en direction des enfants est tout sauf facile. Souvent les mots manquent ou sont bien fades par rapport à la situation vécue.
C'est un peu l'impression que j'ai eue en lisant Ananke. Le scénario propose une sorte de parcours initiatique fantastique pour rapprocher une vieille dame et une petite fille.
J'ai trouvé cela un peu long avec une conclusion qui évitait d'aller au bout de la thématique.
Le graphisme à base d'ordinateur est devenu un classique pour la jeunesse mais en dehors quelques paysages cela ne m'a pas fait vibrer.
Une lecture qui ne m'a pas apporté suffisamment d'émotions pour que j'adhère à la proposition des auteurs.
Décidément, j’enchaine les déceptions récemment avec les albums d’Hermann. Son fils n’est pas au scénario, mais ça n’empêche que celui-ci laisse à désirer.
Le rythme nonchalant, pour ne pas dire très lent peut ne pas être rédhibitoire en soi, à condition d’être compensé par autre chose, ce qui n’a pas été le cas ici. J’ai trouvé qu’Hermann abusait d’ellipses pour masquer un certain manque d’idée – jusqu’à la fin, un peu en eau de boudin. Alors, certes, le lecteur peut « compléter » certains trous, mais ça n’en reste pas moins très léger comme scénario, au niveau des détails – pour les grandes lignes, ça n’est pas hyper original.
Concernant le dessin – la valeur sûr de l’auteur généralement – il y a moins de déception, même si je l’ai trouvé plus inégal qu’à l’habitude (quelques planches avec des détails de personnages bâclés). Même si globalement, c’est quand même du bon travail. A part les visages féminins, que je n’aime absolument pas chez lui. Pourtant la blonde, nouvelle femme de l’ex copain du héros a souvent de jolis traits (ce qui prouve qu’il peut le faire), alors que toutes les autres femmes ont la même face un chouia néanderthalienne. C’est étonnant qu’un dessinateur de sa trempe ait cette faiblesse (je ne pense pas que mes goûts personnels soient seuls en jeu ici).
Un roman graphique qui exploite mal l’Afrique post-coloniale et les magouilles qui lui sont liées, un rythme trop lent, un scénario faiblard et trop elliptique : une lecture décevante.
Cette BD parvient-elle à inviter le mythe Marilyn Monroe, à convier une filmographie merveilleuse tout en peignant le portrait d'une femme malheureuse ?
Et bien pas tant que ça. En adaptant le roman de Michel Schneider, Louison se contente des dernières années : Gable et Huston pour "The Misfits" sont présents, moins le mythe davantage dessiné par Wilder et Marilyn dans les années 50 avec notamment "Some like it hot" et "The Seven year itch". Dès lors, Marilyn n'est plus qu'un fantasme dépressif et une femme-enfant mélancolique. Dans ce cas, cette BD aurait dû faire un choix plus tranché, volontiers militant, dans la direction de la fabrication d'images-modèles, de la femme objet, tenir un propos sur le féminisme.
La fausse neutralité objective imprime un regard triste sur Marilyn, la vérité des dernières années éclipsant le mythe, davantage mutin.
Une lecture instructive, certes triste, que l'on eut espéré belle comme une fleur fanée.
Je dois bien constater que pour le moment je n'accroche guère aux scénarii de Desberg. C'est dommage car je trouve que les concepts initiaux sont intéressants.
Dans Sherman les auteurs nous renvoient dans une ambiance très Humphrey Boggart des 50's avec une nuance de JFK. Sauf que je trouve que son héros ne possède pas les épaules pour porter un costume de cette taille.
Dès le début Desberg nous propose une personnalité peu crédible au regard des situations de l'époque. Sherman peut-il être perçu comme le Georges Duroy de Bel Ami ? Pas si sûr. Car pour moi le postulat de départ de Desberg est fortement improbable.
La supercherie du faux étudiant de Yale ne peut pas tenir cinq minutes dans un tel milieu (vocabulaire, culture G, connaissance des codes). La suite est de la même nature avec de nombreux raccourcis scénaristiques ou d'imprécisions historiques.
En outre la volonté de travailler sur deux époques implique une utilisation démesurée du flash-back. Le risque est que si elle est mal maîtrisée cette technique conduit à des scenarii confus, un mélange de personnages et des situations vites incompréhensibles. C'est ce qui se passe dans ma lecture à de nombreux endroits.
Comme Desberg veut présenter des héros ambigus, cela devient vite très compliqué et nécessite des coups de baguette magique pour s'en sortir.
J'ai plus apprécié le graphisme assez classique mais bien travaillé dans les décors, les costumes ou le dynamisme des actions.
Les scènes de sexe soft sont plutôt bien réussies même si on tombe quelquefois dans la facilité de remplir des trous avec des jolies filles dénudées hors contextes crédibles.
Finalement je me suis arrêté au bout de quatre épisodes malgré un graphisme sympa tellement j'ai trouvé l'histoire convenue et superficielle.
La Shoah, thème qui pour beaucoup est omniprésent partout, pour moi il est fondamental de ne pas oublier.
Je n’ai jamais réellement lu de série abordant ce sujet comme thème principal, par contre j’ai déjà lu Les Enfants de la Résistance qui traite ce sujet avec documentation et justesse, en particulier à partir du tome 4.
Attention, je risque de spoiler.
Je n’ai pas vraiment apprécié cette série, elle m’a déçue, déçue car elle ne montre que très peu l’horreur de l’Holocauste, elle est certes pour des enfants mais notre héros semble bien détaché de tout cela.
En effet, dans les Enfants de la Résistance, tout est vu d’un œil extérieur car nos protagonistes ne sont pas juifs mais ils se rendent bien compte qu’un truc pas net se trame. Ici l’enfant qui est le personnage principal est lui même juif et se fait déporter à Auschwitz.
Bien sûr que des survivants ont pu en rire sur le moment et être optimiste en soit c’est possible, mais ils restaient choqués si une horreur se produisait (j’ai regardé beaucoup de témoignages de survivants, d’Auschwitz notamment). Il n’y a qu’une scène qui m’a fait me sentir mal pour le protagoniste, quand son ami se fait pendre pour vol, le seul moment où la cruauté du camp était montrée.
Sinon il trouvait finalement du chocolat donné par ce même ami sans aucun soucis, il travaille avec des oiseaux, ce qu'il aime et l’homme est assez gentil avec lui. Le commandant du camp est un cliché ambulant.
La cruauté de ce camp et l’horreur de cette époque ne sont que peu montrées. Je suis pas contre de la fiction, mais là tout me parait si faux, si peu plausible. Je veux bien que des petites incohérences soient présentes, mais du chocolat à Auschwitz ? Non…non….
Cette période me touche beaucoup, et ça n’a pas été la meilleure première approche pour une BD consacrée que à ce thème là. J’ai bien plus préféré les Enfants de La Résistance.
Il y a de fortes similitudes entre ce recueil de gags et une série des années 1980 appelée Julie, Claire, Cécile. On retrouve en effet trois adolescentes dont les centres d'intérêts sont la mode, les mecs et les copines. Et si je trouvais Julie, Claire, Cécile encore sympathique même si pas exceptionnel, j'estime que ce Love, friendship et autres complications se situe un cran en dessous.
Déjà au niveau du dessin, il m'a été difficile de donner un âge aux différents personnages. A leur taille comparée à celle de leurs parents, les trois héroïnes semblent ne pas avoir plus de 14 ans alors qu'elles sont censées en avoir 17 ou 18. Les décors sont réduits au strict minimum. Enfin, les expressions du visage sont assez limitées. Seul point positif, l'attention accordée aux tenues des personnages. L'autrice aime la mode et varie ainsi beaucoup les vêtements portés par ses personnages. Bon, perso, je n'y connais rien (et je m'en fous quelque peu) mais je pense que les jeunes lectrices apprécieront.
Ensuite au niveau de l'humour. En tout, j'ai souri une fois et je n'ai jamais ri. L'ensemble des gags m'ont semblé banals, déjà-vu et amenés sans originalité.
Enfin les thématiques sont parfois abordées d'une manière qui me semble terriblement naïve pour l'époque (mais peut-être est-ce dû à mon grand âge). Une fille de 17 ans qui s'inquiète de la manière de donner un premier baiser, si en plus elle est plutôt jolie, je trouve pas ça crédible du tout (il me semble qu'elle aurait dû galocher sévère depuis ses 11 ans étant donné qu'elle ne pense qu'aux mecs et à la mode).
Donc voilà, je ne vais pas dire que c'est mauvais mais c'est sans intérêt et il y a mieux dans ce créneau.
Clairement, une grosse déception à mes yeux. Je me suis franchement ennuyé à la lecture de ce premier tome. Pourtant, d’ordinaire, j’aime encore bien les séries de Fabrice Erre, son humour un peu crétin (mais pas idiot), son trait grandement inspiré de celui de Jacovitti (et donc très expressif).
Mais là, rien ! Electroencéphalogramme plat. Je n’ai dû esquisser l’ersatz d’un sourire que sur un seul jeu de mot sur l’ensemble de l’album. Pourtant on se retrouve sur une série assez similaire à « Z comme don Diego » mais ici, ça ne marche pas. Les personnages sont insipides, les gags ne sont pas drôles. Il n’y a rien d’incisif, rien de surprenant, rien de touchant, rien d’original.
Franchement, je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais là, c’est vraiment sans intérêt. Dommage…
Edité dans un premier temps via un crowdfunding puis repris par les éditions de la Province de Liège, Amphiopathie est un recueil de strips humoristiques ayant pour cadre les bancs universitaires. Réalisée par deux jeunes auteurs liégeois et d’abord diffusée sur Facebook, cette œuvre fleure bon l’amateurisme passionné. Le dessin est expressif même si parfois encore un peu maladroit. Les gags sont inégaux. Les deux personnages principaux dégagent une franche bonhomie.
Bien sûr, cette compilation souffre du problème habituel de ce type de produit (regroupés dans un seul album, les gags deviennent vite répétitifs, alors que lus à raison d’un par semaine, ils restent bien plus sympathiques) mais, pour un travail d’amateurs, franchement, c’est pas mal. Maintenant, à partir du moment où cet album est édité et vendu, les attentes sont naturellement plus élevées que lorsque ces strips sont diffusés gratuitement sur Facebook. Et là, clairement, c’est encore un peu juste. Trop de gags ne sont que très peu drôles et ceux qui font mouche ne sont quand même pas exceptionnels.
Mon appréciation oscille donc entre le pas mal (qui récompense la passion et l’application mises par deux auteurs amateurs) et le bof (qui sanctionne la qualité finale de l’objet en tant que recueil de gags assez répétitif et pas toujours amusants).
Objectivement, je vais dire « bof », mais c’est quand même pas si mal…
A mon humble avis, cette évocation historique souffre du manque de métier de son scénariste.
En effet, Christophe Masson est historien et, s’il maîtrise son sujet, le scénario qu’il nous propose ici me semble trop lapidaire. J’ai eu du mal à comprendre les motivations des uns et des autres, à me situer dans les scènes de bataille, ne sachant plus trop qui tapait sur qui. Plus grave, à la seule lecture de cette bande dessinée, j'aurais bien été en peine d'expliquer en quoi cette paix signée à Fexhe en 1316 était si essentielle à l’histoire de Liège. Ca manque de clarté, de précision, et le dossier en fin d’album m’a été bien nécessaire et s’est révélé finalement plus instructif que la bande dessinée en elle-même.
Je ne saurais trop dire quelle est la part historique et quelle est la part fictionnelle dans ce scénario. Certains personnages me semblent inventés pour illustrer chacune des trois communautés en conflit, alors que ce récit se veut rigoureusement historique. Là encore, ce mélange entre fiction et réalité me semble maladroit et peu opportun.
Enfin, même le dessin de Michel Pierret m’a déçu. Pourtant grand habitué de cette période historique et dessinateur de talent, il livre ici des planches au rendu superficiel. Ca manque de profondeur, de détails, de netteté pour me satisfaire.
J’espérais, en lisant cet album, découvrir un volet de l’histoire de Liège que je ne connaissais pas, admirer des vues de Liège et environs à l’époque moyenâgeuse, et comprendre l’importance de cet événement. Finalement, je n’ai été satisfait que sur le premier point… et j’ai même le sentiment qu’il me faudra approfondir le sujet par ailleurs pour l’être pleinement. Une grosse déception.
C’est la déception qui prévaut à la fin de cette autobiographie partielle d’Albert Algoud. En effet, je n’ai pas trouvé son parcours d’enseignant très intéressant. Je peux même dire que son discours aura été du genre à m’horripiler furieusement. Trop caricatural, trop moralisateur de gauche avec ce côté « laissons faire les enfants et ils deviendront des génies » qui ne cadre pas avec mes propres convictions, trop paternaliste (avec ce sentiment qu'il se sent supérieur à ces provinciaux certes amusants et sympathiques mais quand même un peu retardés). Je ne crois vraiment pas que c'était l'image qu'il voulait donner de lui... mais c'est celle qui s'est dessinée dans mon esprit.
Au dessin, Florence Cestac œuvre dans son style habituel. D’énormes patates en guise de nez, des personnages souvent très souriants, des décors des plus secondaires. A titre personnel, j’aime bien la bonne humeur qui s’en dégage. Ce trait a un côté maîtrisé décomplexé qui me plait.
Je n’ai pas été séduit par l’image qu’Albert Algoud donne de lui-même. Je n’ai pas trouvé ses anecdotes spécialement drôles ou émouvantes ni étonnantes. Et le dessin de Florence Cestac, s’il ne m’a pas déplu, ne fait tout de même pas partie de ceux qui me font oublier le caractère roboratif d’un scénario. Techniquement parlant, il n’y a cependant rien de vraiment négatif : la narration est vivante, le découpage est clair, l’album a une longueur suffisante pour développer le sujet sans se traîner en longueur. Mais je me suis quand même passablement ennuyé.
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Ananké
Je ne suis pas particulièrement séduit par cette série. Sur une thématique difficile et ambitieuse je préfère une série comme Passe-passe. Aborder les thèmes de la mort, la longue maladie ou de l'absence en direction des enfants est tout sauf facile. Souvent les mots manquent ou sont bien fades par rapport à la situation vécue. C'est un peu l'impression que j'ai eue en lisant Ananke. Le scénario propose une sorte de parcours initiatique fantastique pour rapprocher une vieille dame et une petite fille. J'ai trouvé cela un peu long avec une conclusion qui évitait d'aller au bout de la thématique. Le graphisme à base d'ordinateur est devenu un classique pour la jeunesse mais en dehors quelques paysages cela ne m'a pas fait vibrer. Une lecture qui ne m'a pas apporté suffisamment d'émotions pour que j'adhère à la proposition des auteurs.
Missié Vandisandi
Décidément, j’enchaine les déceptions récemment avec les albums d’Hermann. Son fils n’est pas au scénario, mais ça n’empêche que celui-ci laisse à désirer. Le rythme nonchalant, pour ne pas dire très lent peut ne pas être rédhibitoire en soi, à condition d’être compensé par autre chose, ce qui n’a pas été le cas ici. J’ai trouvé qu’Hermann abusait d’ellipses pour masquer un certain manque d’idée – jusqu’à la fin, un peu en eau de boudin. Alors, certes, le lecteur peut « compléter » certains trous, mais ça n’en reste pas moins très léger comme scénario, au niveau des détails – pour les grandes lignes, ça n’est pas hyper original. Concernant le dessin – la valeur sûr de l’auteur généralement – il y a moins de déception, même si je l’ai trouvé plus inégal qu’à l’habitude (quelques planches avec des détails de personnages bâclés). Même si globalement, c’est quand même du bon travail. A part les visages féminins, que je n’aime absolument pas chez lui. Pourtant la blonde, nouvelle femme de l’ex copain du héros a souvent de jolis traits (ce qui prouve qu’il peut le faire), alors que toutes les autres femmes ont la même face un chouia néanderthalienne. C’est étonnant qu’un dessinateur de sa trempe ait cette faiblesse (je ne pense pas que mes goûts personnels soient seuls en jeu ici). Un roman graphique qui exploite mal l’Afrique post-coloniale et les magouilles qui lui sont liées, un rythme trop lent, un scénario faiblard et trop elliptique : une lecture décevante.
Marilyn - Dernières séances
Cette BD parvient-elle à inviter le mythe Marilyn Monroe, à convier une filmographie merveilleuse tout en peignant le portrait d'une femme malheureuse ? Et bien pas tant que ça. En adaptant le roman de Michel Schneider, Louison se contente des dernières années : Gable et Huston pour "The Misfits" sont présents, moins le mythe davantage dessiné par Wilder et Marilyn dans les années 50 avec notamment "Some like it hot" et "The Seven year itch". Dès lors, Marilyn n'est plus qu'un fantasme dépressif et une femme-enfant mélancolique. Dans ce cas, cette BD aurait dû faire un choix plus tranché, volontiers militant, dans la direction de la fabrication d'images-modèles, de la femme objet, tenir un propos sur le féminisme. La fausse neutralité objective imprime un regard triste sur Marilyn, la vérité des dernières années éclipsant le mythe, davantage mutin. Une lecture instructive, certes triste, que l'on eut espéré belle comme une fleur fanée.
Sherman
Je dois bien constater que pour le moment je n'accroche guère aux scénarii de Desberg. C'est dommage car je trouve que les concepts initiaux sont intéressants. Dans Sherman les auteurs nous renvoient dans une ambiance très Humphrey Boggart des 50's avec une nuance de JFK. Sauf que je trouve que son héros ne possède pas les épaules pour porter un costume de cette taille. Dès le début Desberg nous propose une personnalité peu crédible au regard des situations de l'époque. Sherman peut-il être perçu comme le Georges Duroy de Bel Ami ? Pas si sûr. Car pour moi le postulat de départ de Desberg est fortement improbable. La supercherie du faux étudiant de Yale ne peut pas tenir cinq minutes dans un tel milieu (vocabulaire, culture G, connaissance des codes). La suite est de la même nature avec de nombreux raccourcis scénaristiques ou d'imprécisions historiques. En outre la volonté de travailler sur deux époques implique une utilisation démesurée du flash-back. Le risque est que si elle est mal maîtrisée cette technique conduit à des scenarii confus, un mélange de personnages et des situations vites incompréhensibles. C'est ce qui se passe dans ma lecture à de nombreux endroits. Comme Desberg veut présenter des héros ambigus, cela devient vite très compliqué et nécessite des coups de baguette magique pour s'en sortir. J'ai plus apprécié le graphisme assez classique mais bien travaillé dans les décors, les costumes ou le dynamisme des actions. Les scènes de sexe soft sont plutôt bien réussies même si on tombe quelquefois dans la facilité de remplir des trous avec des jolies filles dénudées hors contextes crédibles. Finalement je me suis arrêté au bout de quatre épisodes malgré un graphisme sympa tellement j'ai trouvé l'histoire convenue et superficielle.
L'Envolée sauvage
La Shoah, thème qui pour beaucoup est omniprésent partout, pour moi il est fondamental de ne pas oublier. Je n’ai jamais réellement lu de série abordant ce sujet comme thème principal, par contre j’ai déjà lu Les Enfants de la Résistance qui traite ce sujet avec documentation et justesse, en particulier à partir du tome 4. Attention, je risque de spoiler. Je n’ai pas vraiment apprécié cette série, elle m’a déçue, déçue car elle ne montre que très peu l’horreur de l’Holocauste, elle est certes pour des enfants mais notre héros semble bien détaché de tout cela. En effet, dans les Enfants de la Résistance, tout est vu d’un œil extérieur car nos protagonistes ne sont pas juifs mais ils se rendent bien compte qu’un truc pas net se trame. Ici l’enfant qui est le personnage principal est lui même juif et se fait déporter à Auschwitz. Bien sûr que des survivants ont pu en rire sur le moment et être optimiste en soit c’est possible, mais ils restaient choqués si une horreur se produisait (j’ai regardé beaucoup de témoignages de survivants, d’Auschwitz notamment). Il n’y a qu’une scène qui m’a fait me sentir mal pour le protagoniste, quand son ami se fait pendre pour vol, le seul moment où la cruauté du camp était montrée. Sinon il trouvait finalement du chocolat donné par ce même ami sans aucun soucis, il travaille avec des oiseaux, ce qu'il aime et l’homme est assez gentil avec lui. Le commandant du camp est un cliché ambulant. La cruauté de ce camp et l’horreur de cette époque ne sont que peu montrées. Je suis pas contre de la fiction, mais là tout me parait si faux, si peu plausible. Je veux bien que des petites incohérences soient présentes, mais du chocolat à Auschwitz ? Non…non…. Cette période me touche beaucoup, et ça n’a pas été la meilleure première approche pour une BD consacrée que à ce thème là. J’ai bien plus préféré les Enfants de La Résistance.
Love, friendship et autres complications
Il y a de fortes similitudes entre ce recueil de gags et une série des années 1980 appelée Julie, Claire, Cécile. On retrouve en effet trois adolescentes dont les centres d'intérêts sont la mode, les mecs et les copines. Et si je trouvais Julie, Claire, Cécile encore sympathique même si pas exceptionnel, j'estime que ce Love, friendship et autres complications se situe un cran en dessous. Déjà au niveau du dessin, il m'a été difficile de donner un âge aux différents personnages. A leur taille comparée à celle de leurs parents, les trois héroïnes semblent ne pas avoir plus de 14 ans alors qu'elles sont censées en avoir 17 ou 18. Les décors sont réduits au strict minimum. Enfin, les expressions du visage sont assez limitées. Seul point positif, l'attention accordée aux tenues des personnages. L'autrice aime la mode et varie ainsi beaucoup les vêtements portés par ses personnages. Bon, perso, je n'y connais rien (et je m'en fous quelque peu) mais je pense que les jeunes lectrices apprécieront. Ensuite au niveau de l'humour. En tout, j'ai souri une fois et je n'ai jamais ri. L'ensemble des gags m'ont semblé banals, déjà-vu et amenés sans originalité. Enfin les thématiques sont parfois abordées d'une manière qui me semble terriblement naïve pour l'époque (mais peut-être est-ce dû à mon grand âge). Une fille de 17 ans qui s'inquiète de la manière de donner un premier baiser, si en plus elle est plutôt jolie, je trouve pas ça crédible du tout (il me semble qu'elle aurait dû galocher sévère depuis ses 11 ans étant donné qu'elle ne pense qu'aux mecs et à la mode). Donc voilà, je ne vais pas dire que c'est mauvais mais c'est sans intérêt et il y a mieux dans ce créneau.
Les Trois Mousquetaires (Rochier/Erre)
Clairement, une grosse déception à mes yeux. Je me suis franchement ennuyé à la lecture de ce premier tome. Pourtant, d’ordinaire, j’aime encore bien les séries de Fabrice Erre, son humour un peu crétin (mais pas idiot), son trait grandement inspiré de celui de Jacovitti (et donc très expressif). Mais là, rien ! Electroencéphalogramme plat. Je n’ai dû esquisser l’ersatz d’un sourire que sur un seul jeu de mot sur l’ensemble de l’album. Pourtant on se retrouve sur une série assez similaire à « Z comme don Diego » mais ici, ça ne marche pas. Les personnages sont insipides, les gags ne sont pas drôles. Il n’y a rien d’incisif, rien de surprenant, rien de touchant, rien d’original. Franchement, je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais là, c’est vraiment sans intérêt. Dommage…
Amphiopathie
Edité dans un premier temps via un crowdfunding puis repris par les éditions de la Province de Liège, Amphiopathie est un recueil de strips humoristiques ayant pour cadre les bancs universitaires. Réalisée par deux jeunes auteurs liégeois et d’abord diffusée sur Facebook, cette œuvre fleure bon l’amateurisme passionné. Le dessin est expressif même si parfois encore un peu maladroit. Les gags sont inégaux. Les deux personnages principaux dégagent une franche bonhomie. Bien sûr, cette compilation souffre du problème habituel de ce type de produit (regroupés dans un seul album, les gags deviennent vite répétitifs, alors que lus à raison d’un par semaine, ils restent bien plus sympathiques) mais, pour un travail d’amateurs, franchement, c’est pas mal. Maintenant, à partir du moment où cet album est édité et vendu, les attentes sont naturellement plus élevées que lorsque ces strips sont diffusés gratuitement sur Facebook. Et là, clairement, c’est encore un peu juste. Trop de gags ne sont que très peu drôles et ceux qui font mouche ne sont quand même pas exceptionnels. Mon appréciation oscille donc entre le pas mal (qui récompense la passion et l’application mises par deux auteurs amateurs) et le bof (qui sanctionne la qualité finale de l’objet en tant que recueil de gags assez répétitif et pas toujours amusants). Objectivement, je vais dire « bof », mais c’est quand même pas si mal…
Le Sang de la paix
A mon humble avis, cette évocation historique souffre du manque de métier de son scénariste. En effet, Christophe Masson est historien et, s’il maîtrise son sujet, le scénario qu’il nous propose ici me semble trop lapidaire. J’ai eu du mal à comprendre les motivations des uns et des autres, à me situer dans les scènes de bataille, ne sachant plus trop qui tapait sur qui. Plus grave, à la seule lecture de cette bande dessinée, j'aurais bien été en peine d'expliquer en quoi cette paix signée à Fexhe en 1316 était si essentielle à l’histoire de Liège. Ca manque de clarté, de précision, et le dossier en fin d’album m’a été bien nécessaire et s’est révélé finalement plus instructif que la bande dessinée en elle-même. Je ne saurais trop dire quelle est la part historique et quelle est la part fictionnelle dans ce scénario. Certains personnages me semblent inventés pour illustrer chacune des trois communautés en conflit, alors que ce récit se veut rigoureusement historique. Là encore, ce mélange entre fiction et réalité me semble maladroit et peu opportun. Enfin, même le dessin de Michel Pierret m’a déçu. Pourtant grand habitué de cette période historique et dessinateur de talent, il livre ici des planches au rendu superficiel. Ca manque de profondeur, de détails, de netteté pour me satisfaire. J’espérais, en lisant cet album, découvrir un volet de l’histoire de Liège que je ne connaissais pas, admirer des vues de Liège et environs à l’époque moyenâgeuse, et comprendre l’importance de cet événement. Finalement, je n’ai été satisfait que sur le premier point… et j’ai même le sentiment qu’il me faudra approfondir le sujet par ailleurs pour l’être pleinement. Une grosse déception.
Le Prof qui a sauvé sa vie
C’est la déception qui prévaut à la fin de cette autobiographie partielle d’Albert Algoud. En effet, je n’ai pas trouvé son parcours d’enseignant très intéressant. Je peux même dire que son discours aura été du genre à m’horripiler furieusement. Trop caricatural, trop moralisateur de gauche avec ce côté « laissons faire les enfants et ils deviendront des génies » qui ne cadre pas avec mes propres convictions, trop paternaliste (avec ce sentiment qu'il se sent supérieur à ces provinciaux certes amusants et sympathiques mais quand même un peu retardés). Je ne crois vraiment pas que c'était l'image qu'il voulait donner de lui... mais c'est celle qui s'est dessinée dans mon esprit. Au dessin, Florence Cestac œuvre dans son style habituel. D’énormes patates en guise de nez, des personnages souvent très souriants, des décors des plus secondaires. A titre personnel, j’aime bien la bonne humeur qui s’en dégage. Ce trait a un côté maîtrisé décomplexé qui me plait. Je n’ai pas été séduit par l’image qu’Albert Algoud donne de lui-même. Je n’ai pas trouvé ses anecdotes spécialement drôles ou émouvantes ni étonnantes. Et le dessin de Florence Cestac, s’il ne m’a pas déplu, ne fait tout de même pas partie de ceux qui me font oublier le caractère roboratif d’un scénario. Techniquement parlant, il n’y a cependant rien de vraiment négatif : la narration est vivante, le découpage est clair, l’album a une longueur suffisante pour développer le sujet sans se traîner en longueur. Mais je me suis quand même passablement ennuyé.