Missié Vandisandi

Note: 1.9/5
(1.9/5 pour 10 avis)

Un homme se retrouve pris au piège sans le savoir dans un engrenage dangereux.


Afrique Noire Aire Libre

Karl Vandesande, ingénieur agronome à la retraite, vit tranquillement à Bruxelles. Passionné d'art africain, il a même commis un livre sur le sujet. Et voilà qu'un mécène lui propose de retourner au Congo, maintenant état indépendant, pour pouvoir écrire la suite. Karl Vandesande n'hésite pas: retourner là-bas, n'est-ce pas retrouver l'Afrique, ses amis, sa jeunesse ? Pourtant, depuis quinze ans, bien des choses ont changé. Les trafics louches, la corruption, la dictature battent maintenant leur plein. Et "Missié Vandisandi" découvre bientôt qu'il est mêlé à des histoires qui le dépassent. Et, dès lors, un sentiment diffus de peur l'étreint.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Juin 1991
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Missié Vandisandi © Dupuis 1991
Les notes
Note: 1.9/5
(1.9/5 pour 10 avis)
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12/01/2004 | Don Lope
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L'avatar du posteur Noirdésir

Décidément, j’enchaine les déceptions récemment avec les albums d’Hermann. Son fils n’est pas au scénario, mais ça n’empêche que celui-ci laisse à désirer. Le rythme nonchalant, pour ne pas dire très lent peut ne pas être rédhibitoire en soi, à condition d’être compensé par autre chose, ce qui n’a pas été le cas ici. J’ai trouvé qu’Hermann abusait d’ellipses pour masquer un certain manque d’idée – jusqu’à la fin, un peu en eau de boudin. Alors, certes, le lecteur peut « compléter » certains trous, mais ça n’en reste pas moins très léger comme scénario, au niveau des détails – pour les grandes lignes, ça n’est pas hyper original. Concernant le dessin – la valeur sûr de l’auteur généralement – il y a moins de déception, même si je l’ai trouvé plus inégal qu’à l’habitude (quelques planches avec des détails de personnages bâclés). Même si globalement, c’est quand même du bon travail. A part les visages féminins, que je n’aime absolument pas chez lui. Pourtant la blonde, nouvelle femme de l’ex copain du héros a souvent de jolis traits (ce qui prouve qu’il peut le faire), alors que toutes les autres femmes ont la même face un chouia néanderthalienne. C’est étonnant qu’un dessinateur de sa trempe ait cette faiblesse (je ne pense pas que mes goûts personnels soient seuls en jeu ici). Un roman graphique qui exploite mal l’Afrique post-coloniale et les magouilles qui lui sont liées, un rythme trop lent, un scénario faiblard et trop elliptique : une lecture décevante.

04/04/2023 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

En temps normal, Hermann est un gage de qualité, de satisfaction, de réussite, bien qu'il y ait 2 ou 3 BD de lui que j'ai pas vraiment appréciées. Mais là, je crois que je suis tombé sur son album le plus imparfait ? le plus décevant ? le plus étrange ? Sans doute un peu de tout ça en fait. Je ne suis en effet pas sûr d'avoir tout capté dans cette bande, je pensais avoir été rattrapé par une dose de sénilité, mais en vérité, je me suis rassuré car j'ai vu dans quelques avis précédents que ça ne venait pas de moi, mais que plein d'autres gars étaient dans le même cas et n'avaient pas compris grand chose, ouf ! En effet, trop de sujets pas assez développés qui auraient gagné à plus de profondeur et surtout à éclairer ma lanterne, se bousculent dans cet album ; apparemment, il s'agit d'une sorte de concept… m'ouais ben je n'en suis pas du tout client, et j'avoue avoir été très surpris de la part d'Hermann, un auteur plutôt habitué à des récits linéaires et classiques. J'avais la très nette impression qu'il manquait des trucs dans cette Bd, probablement des rouages qui auraient été nécessaires pour mieux comprendre le tout, même si la bande aborde des thèmes intéressants sur l'Afrique. Au final, Hermann fut plus inspiré sur l'Afrique dans Afrika, et je trouve que cet album est l'un des moins réussis d'Hermann, avec Zhong Guo et Station 16 qui m'avaient aussi laissé dubitatif. En plus, le dessin, ouais bof, j'ai trouvé Hermann en meilleure forme ailleurs ; ceci dit, il n'est pas laid, mais j'ai la drôle d'impression qu'il n'est pas d'Hermann, je reconnais difficilement son style (à part les femmes qu'il ne sait pas dessiner correctement), c'est très curieux. En bref, j'étais à 2 doigts de noter 1 étoile tellement j'étais déstabilisé, mais je me ravise un peu parce que j'aime bien Hermann...

10/02/2023 (modifier)
L'avatar du posteur Fanfan Villeperdue

Voilà un one shot audacieux et très personnel d'Hermann. Comme la préface le dit, la narration passe par un certain nombre d'ellipses. À l'instar du personnage éponyme, le lecteur est balloté de-ci de-là, sans vraiment comprendre les raisons profondes de ce qui se trame. Ceci dit, même dans ce brouillard, ou grâce à lui, cette ambiance de retour aux sources un peu raté est déjà assez réussie et tient bien le récit. Une fois la dernière planche terminée, on se retrouve un peu con. Que s'est-il passé ? Pourquoi ? Mais contrairement aux autres posteurs, il m'a semblé qu'en mettant tout bout à bout, la clé des événements apparaît assez naturellement et peut se résumer en une phrase. Ce n'est pas si tarabiscoté que ça. Ensuite, en relisant rapidement les moments principaux de la BD, on vérifie qu'effectivement, tout concorde dans ce sens... Pour ne pas spoiler ici, j'ai lancé une discussion dans le forum : Missié Vandisandi (attention spoiler). Comme l'a dit Jugurtha, Hermann offre certes une vision négative de phénomènes liés à la décolonisation, mais rien de dit qu'il cautionne pour autant la colonisation... De manière générale, sa vision est assez pessimiste et misanthrope, même si ici, comme souvent chez lui, les choses ne sont pas si manichéennes que cela. Et les personnages, ni tout blancs ni tout noirs (sans jeu de mots). Le dessin d'Hermann est fidèle à lui-même. Niveau colorisation, je préfère son travail actuel sur les derniers tomes de Jeremiah, mais les moyens de reproduction de l'époque rendaient sans doute la tâche plus difficile et plus coûteuse pour l'éditeur. Conseil d'achat : oui si (comme moi) vous êtes un fan d'Hermann. Dans le cas contraire, je vous conseille la lecture mais pas forcément l'achat. Ce n'est peut-être pas sa meilleure œuvre, mais ça vous changera quand même des polars interchangeables écrits au kilomètre... EDIT : J'ai ajouté un hyperlien vers la discussion (de moi avec moi-même pour le moment) qui essaie d'élucider le mystère de ce récit.

23/01/2012 (MAJ le 12/05/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 2/5
L'avatar du posteur sloane

Je suis dans une période Hermann et je m'aperçois que je n'avais pas avisé ce one shot, pourtant lu il y a longtemps. Une relecture m'a permis de me replonger dans cette histoire qui voit un gars retourner en Afrique pour y remplir une mission sur laquelle on ne saura pas grand chose, sinon que cela tourne autour d'un musée d'art primitif vidé de ses œuvres. En cours de route on voit notre gars renouer avec d'anciennes connaissances. Certains lui mettent de bâtons dans les roues, l'on sent bien que cette "enquête" dérange. Qui? Pourquoi? Dans l'introduction , l'éditeur nous explique que dans cette bande Hermann à travaillé sur l’ellipse. Soit, mais là je doit avouer que c'est vraiment trop elliptique pour mon petit cerveau. Il m'a manqué des cases, que dis je des cases, des planches entières. Autant je veux bien qu'un auteur me balade, voir me perde un peu, mais à condition qu'à un moment j'ai quelques codes ou clés qui me permettent de raccrocher les wagons.Ici point de tout cela et je suis resté sur ma faim. Au niveau du dessin rien à redire, je ne conseille pas l'achat mais juste une lecture en emprunt, en cause un scénario qui m'a largué en route.

10/05/2015 (modifier)
Par McClure
Note: 2/5
L'avatar du posteur McClure

Bon, j'ai acheté le bouquin, heureusement sur destockage donc à un prix qui le fait. J'adore Herman, mais là..... Graphiquement, on retrouve son style caractéristique, qui semble toujours aller vers les gueules cassées et qui préfère toujours des héros imparfaits. J'aime cela donc rien à dire. Il peint plutôt bien ce pays d'Afrique Noire, en pleine prise d'indépendance, l'atmosphère est pas mal rendue. Sur le fond, on nage tout le temps en plein "post colonisation", avec une charge bien appuyée sur les vétérans de celle-ci mais aussi sur les autochtones prenant le pouvoir avec tous les heurts que connait ce continent. C'est sans concession, c'est franc du collier. Autre bon point. Par contre côté scénario, même si j'aime ce parti pris de nous placer à hauter de (anti)héros, j'aurais aimé au moins sur la fin en savoir plus sur ces barbouzes de l'ombre, sur ce complot et son essence.......... J'ai, comme pour les autres aviseurs, l'impression d'avoir manqué des pages. Vraiment déçu par ce trou noir scénaristique.

29/02/2012 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

Une histoire qui part sur une fausse bonne idée : les informations importantes sont cachées aux lecteurs car l'auteur ne montre pas les passages où le personnage principal apprend des choses (ce qui donne l'impression qu'il manque des pages). Ça peut être intéressant si j'ai envie de découvrir la clé du mystère et d'essayer de repérer des indices. Sauf qu'ici l'histoire m'a semblé tellement banale que je n'ai pas envie de chercher. Durant tout l'album, monsieur Vandisandi se promène dans un pays d'Afrique et il rencontre des gens dont plusieurs qu'il connait déjà. Ils essaient de manipuler le gars et ils ne veulent pas qu'il découvre quelque chose. Quoi ? Je n'en ai aucune idée et je m'en fiche. J'ajoute aussi que le dessin de Hermann n'est pas mauvais, mais il est décevant comparé à ses autres œuvres. Ah oui, je n'ai pas trop aimé la préface de l'éditeur. J'ai eu l'impression qu'il insultait les lecteurs qui n'allaient pas aimer l'album.

24/02/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
L'avatar du posteur Erik

Je viens de refermer la dernière page de cette BD et un sentiment m'assaille: suis-je devenu à ce point un imbécile pour ne rien comprendre à la conclusion de cette histoire ? Je vérifie que des pages n'ont pas été arrachées à tout hasard : ce n'est pas le cas... Pourtant, tout avait bien commencé à la lecture de cette BD au dessin toujours aussi caractéristique de Hermann. Un vieux monsieur bien sympathique retourne en Afrique. On sent dans les sous-entendus le malaise politique et diplomatique de ce continent. On y voit également des merveilles de la nature malheureusement exploitées par l'homme. On y voit la culture détruite... Bref, une dénonciation de tous les maux dont souffre l'Afrique noire. Alors, je veux bien comprendre qu'il s'agit peut-être d'un parcours initiatique rempli de fausses pistes et qu'il y a certainement une explication à la fin de cette histoire laissée dans des indices éparpillés ici ou là. Mais quel gâchis ! C'est vraiment pitoyable.

10/07/2007 (modifier)
Par Jugurtha
Note: 1/5

Un album qui cherche à sortir du lot avec une construction que son auteur a voulu bâtie sur des ellipses audacieuses, ainsi que sur une gamme limitée de clichés attribués au genre du vétéran qui se relance dans une aventure qu'il a déjà vécu. D'emblé, le personnage ne force pas la sympathie, ce retraité bedonnant quelque peu aigri. Mais l'histoire ne décolle jamais vraiment. Certes, le scénario est plutôt réaliste en présentant un "héros" qui ne fait que constater, et ne rend aucune justice. Sans être explicatif, l'auteur laisse aisément deviner toutes les réponses aux questions qu'il soulève et finalement la construction scénaristique se révèle habile. Hélas, à trop vouloir limiter les explications, l'intrigue est mystérieuse mais finit paradoxalement par devenir artificielle plutôt que réaliste. Du reste, c'est peut-être un sentiment personnel, mais Hermann semble critiquer la décolonisation, montrant un Etat totalement gangrené par la corruption, et du coup la scène où le président s'exprime en vantant l'indépendance de son pays refusant toute intervention étrangère, alors que notre héros découvre qu'il est pourri par des investisseurs "blancs"(donc étrangers) au plus haut niveau, semble se passer de commentaires. Notons aussi que la galerie d'autochtones est loin d'être brillante. Bref, il y a un certain malaise, Hermann montre son pays africain fraîchement indépendant d'une façon si pessimiste qu'il devient difficile d'y adhérer. La réalité n'est sans doute pas rose, mais on ose espérer qu'il existe des idéalistes épris de justice et d'humanité en ce bas-monde, et l'on aurait aimé en rencontrer dans cet album qui montre trop l'indépendance comme une aubaine pour toutes sortes de trafiquants. Inutile d'évoquer le dessin virtuose de l'auteur, qui décrit le monde sous un angle peu flatteur. Un album fait non sans savoir-faire, d'un auteur important qui plus est, mais tout de même trop près de l'exercice de style pour une oeuvre qui se veut très réaliste, et surtout assez déplaisant à force de noirceur, d'ailleurs assez ambiguë parfois. Hermann n'a pas voulu être consensuel, mais il a fait beaucoup mieux dans la subtilité.

23/05/2007 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
L'avatar du posteur Ro

Quel étrange one-shot... Ca débute assez normalement. L'histoire est originale : un ancien de l'Afrique, devenu vieux bedonnant à lunettes, est invité à y retourner tenter de retrouver des oeuvres d'art locales. Alors il redécouvrira des lieux qu'il a quitté longtemps auparavant, quelques amis qui ont beaucoup changé, il ne sentira plus à sa place, bref une histoire de retour raté aux sources comme on peut assez bien la comprendre. Mais c'est alors qu'apparaît dans le scénario cette idée de complot, de confrontation entre des sortes d'agents secrets qui manipulent le héros et les forces de l'ordre locales qui l'empêchent d'évoluer dans sa recherche d'objets d'art. Mais, et c'est là que c'est spécial, toute l'intrigue se fait par ellipses : dès que le héros rencontre quelqu'un qui va lui expliquer ce qu'il sait des évènements, on n'aura pas droit au dialogue, mais à une scène d'autre chose qui n'a rien à voir. Tant et si bien qu'on suit une enquête dont en fait on ne sait rien des tenants et aboutissants car à chaque fois nous n'avons pas droit aux explications et indices qui pourraient nous aider à comprendre, ou alors très peu. Et ça continue jusqu'à la fin : jusqu'à la fin, on sait que le héros a discuté de choses importantes avec des gens, mais on n'a aucune idée de quoi exactement. Alors, j'ai relu la BD 3 fois de suite pour essayer de bien tout comprendre. Certains détails, certains mots permettent peu à peu d'élaborer des hypothèses, de comprendre des choses. Mais même au bout de 3 relectures, le mystère reste un peu trop grand : j'ai à peu près déchiffré l'intrigue globale, mais pas véritablement les détails importants (le pourquoi de ce qui s'est passé, le rapport entre le voyage du héros et tout ça et pourquoi on l'a envoyé là et pourquoi il vit tout ça...). Alors soit l'intrigue est vraiment encore plus complexe et je ne l'ai pas comprise, soit il manque véritablement ce qui permet de déchiffrer la totalité de l'intrigue et alors on reste sur sa faim avec cette histoire. On peut imaginer plein de solutions possibles, mais en fait très vite, on n'en voit plus vraiment l'intérêt. Et on préfère oublier le tout car on sait qu'on n'arrivera à rien. Bref, une BD spéciale dont il est difficile de sortir du bon.

17/01/2004 (modifier)
Par Don Lope
Note: 1/5

Rarement une BD m’aura autant ennuyé. L’histoire de ce périple d’un retraité de retour en Afrique à la recherche d’objets d’art disparus est non seulement soporifique mais également à la limite du compréhensible. Comme quoi Hermann père n’a pas toujours besoin de son fils pour pondre des histoires à la limite de l’intelligibilité! On suit Karl Vandesande dans son périple sans rien comprendre à ses aventures, aux dangers qu’il encourt et à la manipulation dont il est l’objet. A ce titre, Hermann place le lecteur au même niveau que son personnage puisqu’il est aussi perdu. L’éditeur a d’ailleurs cru nécessaire de préfacer cet album, prévenant que « ce n’est pas une histoire pour lecteur mou, fatigué, paresseux ou distrait », comme pour se dédouaner par avance. Hermann a élevé selon lui « l’art de l’ellipse à la énième puissance, forçant le lecteur à le suivre dans le jeu subtil de ses raccourcis, de ses sous-entendus, afin de découvrir au fil des pages tout ce qui n’est pas dit ou qui l’est à peine, qui est montré à demi, suggéré ou dit sans le dire ». Il réussit le tour de force de faire une préface quasiment aussi incompréhensible que l’histoire, chapeau! Comme le dessin d’Hermann est de plus assez « différent » de celui de ses autres œuvres (et j’élève là l’art de l’euphémisme à la énième puissance), je n’ai vraiment rien retiré de positif de ma lecture.

12/01/2004 (modifier)