J'ai vraiment été emballé par le concept de départ de cette série. N'étant pas un grand consommateur de comics en temps normal, j'étais content de trouver dans cette série un élément déclencheur qui laissait présager quelque chose de vraiment original, plutôt qu'une énième variation d'histoire de super héros.
Le premier tome a tenu ses promesses. Bon, je n'ai pas trouvé le dessin particulièrement remarquable, mais le synopsis est bon, les trouvailles nombreuses et le propos prend parfois l'allure d'une certaine forme de critique la société US contemporaine (cf. le personnage de Patriot, très bien trouvé).
Malheureusement, les deux tomes suivants ne sont pas à la hauteur. Le dessin devient franchement quelconque (absence totale d'originalité), l'histoire devient très convenue et tourne à la bastonnade entre super héros et super vilains et les attitudes de certains protagonistes frisent parfois le ridicule (ah ces beaux cheveux longs qui flottent dans le vent, ah ces airs tourmentés et profonds...).
J'ai lâché l'affaire après le tome 3, déçu que j'étais.
Un ronin solitaire qui erre dans le but de venger un jour son seigneur disparu, ce n'est pas très original, mais pourquoi pas. D'autant que le dessin de cette BD n'est pas mauvais, dans un style réaliste qui me fait penser à celui de Franz (Jugurtha). Bien sûr, assez vite, les connaisseurs du Japon médiéval que sont devenus les lecteurs de BDs et de mangas modernes repèreront quelques défauts dans cette représentation qui se veut réaliste du Japon du XVIIe siècle : un héros au faciès un peu trop européen, des combats au sabre qui ressemblent trop à des combats à l'épée de chevalier, le vampire de la première histoire et les balladins de la seconde qui sont bien plus proches d'un décor moyen-âgeux européen que du folklore japonais (rien à voir avec les vampires d'Okko par exemple), etc.
Mais les courtes aventures que vit le ronin Ugaki en début d'album, sans être originales pour un sou, sont assez sympathiques.
L'ennui vient quand le récit croise la route de la révolte des paysans et des chrétiens qui forment le thème principal de la BD. On réalise alors les gros problèmes de rythme de la narration : à des scénettes d'aventure classiques succèdent de longues planches de dialogues où l'auteur semble prendre plaisir à accumuler les termes japonais (et leurs traductions bien que le lecteur moderne les connaissent déjà quasiment tous) et les explications géopolitiques confuses, puis le rythme change encore pour faire évoluer les choses très rapidement, puis retour à l'action aventuresque, puis une petite conclusion montrant ce qu'il s'est passé au niveau historique pendant ce temps-là, et voilà, ça se finit sur un banal "I'm a poor lonesome ronin, and a long long way from vengeance". Cette inégalité du rythme narratif rend la moitié de la BD assez ennuyeuse quand on s'est habitué à l'action du début, et malgré l'aspect historiquement intéressant du sujet abordé, on en vient facilement à vouloir sauter les cases et feuilleter pour aller plus vite tant cela devient peu passionnant.
Bref, une BD sur les samourais qui aurait pu être pas mal mais qui souffre de faiblesses narratives réduisant nettement son interêt. Sur le même thème, je préfère nettement Kogaratsu.
Je dois dire que je me suis ennuyé en lisant cette BD. Je n'étais déjà pas trop accroc à la série de base, Monsieur Jean, de même qu'aux autres séries du même genre qui parle du quotidien de trentenaires "comme vous et moi". Je lis ces séries sans déplaisir mais, à moins qu'elles contiennent beaucoup d'humour comme Les formidables aventures de Lapinot par exemple, ça ne me passionne pas. C'est plus une sorte de sentiment de voyeurisme qui me pousse à la lecture de ce genre de série, l'envie de voir comment vivent les autres, de voir s'ils vivent des choses semblables à ce que j'ai vécu, ou s'ils ont vécu des moments particulièrement anecdotiques. Mais rien de tout ça n'est vraiment présent à mes yeux dans la théorie des gens seuls.
Les premières histoires traitent de discussions entre trentenaires célibataires et parisiens, discussions dans lesquelles je ne me retrouve absolument pas. Le copain turbulent de Jean n'a rien du charme et de l'humour du même copain de Lapinot de Trondheim.
La seconde moitié de l'album porte plutôt sur des anecdotes et les petites misères du début de la vie de couple de Jean et sa fiancée. Et... Ben, c'est pas passionnant, quoi.
Les vrais amateurs de Monsieur Jean ne seront pas vraiment déçus par cet album "bonus" par rapport à la série de base, mais ceux qui n'apprécient pas trop ce type de récit du quotidien ne seront pas convaincus, je pense.
Cette série a deux vraies qualités. La première est le dessin de Franz : il est vraiment bon et maîtrisé dans son genre. Le deuxième est le décor historique et géographique original. Poupée d'ivoire nous permet en effet de découvrir une Asie assez méconnue, des mongols aux scythes, Asie orientale et Asie Centrale. Le tout est bien documenté et réaliste. C'est donc une BD intéressante sur la plan historique.
L'ennui, par contre, c'est que je trouve la narration mauvaise. Les récits sont difficiles à suivre, on saute de lieux en lieux et de personnages en personnages trop facilement, le rythme change trop souvent, la lecture en est alors confuse même si on comprend l'ensemble après coup, mais ça n'aide pas à la fluidité de la BD.
A cause de cela, je n'ai pas réussi à entrer correctement dans les intrigues de chaque tome, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages dont je comprenais parfois peu les motivations et actes. Je n'ai donc pas accroché.
Le scénario le plus barré qu'il m'ait été donné de lire, je pense.
Une histoire complètement hallucinée, glauquissime, assez trash, mettant en scène Abigail Nolan, psychologue aux pratiques peu orthodoxes et femme en mal d'enfant, Todd, un enfant paumé, justement, bricoleur de génie souffrant d'un dramatique dédoublement de personnalité, Egon Rustemagik, profiler, toxico, et ancien amant de la psy, qui l'a fait interner car elle le juge responsable de la perte de l'enfant qu'elle a eu de lui, Dahlia, la mère -ou plutôt devrais-je dire, la génitrice- de Todd, qui demande, à ce qu'il reste (si si) du Docteur Montana Violet, c'est-à-dire une tête à la bouche artificielle, de le tuer. Celui-ci, personnage ô combien improbable, va faire bien pire. N'oublions pas non plus l'insignifiant, mais néanmoins dangereux adjoint au procureur Harvard Chalky, patient de Nolan dont la "thérapie" consiste à se faire fouetter par sa thérapeute, déguisé en bébé.
Bon, déjà avec tout ça, on a la base d'une histoire bien déjantée, à laquelle il convient encore d'ajouter une série de meurtres sordides sur de jeunes enfants, et une autre, sur de jeunes femmes, ainsi qu'un monstre dont la tête est un grille pain, et qui "répare" ses victimes avec des branchements électriques, et qui se trouve être l'un des personnages précédemment cités.
Le problème vient du fait que ce n'est que très progressivement que l'on parvient à reconstituer la trame de cette histoire. En fait, pendant un bon moment, on est complètement largué, le récit étant tissé de façon très décousue, de scènes éparses sans lien direct entre elles, de leitmotiv obsédants, ponctué de cartes postales pour le moins énigmatiques, et d'autres digressions, suggérant peut-être ce qui peut se passer dans la tête d'un psychopathe.
Pour un tel scénario, il fallait un dessin spécial, afin d'être totalement en phase avec son sujet. Bill Sienkiewicz nous gratifie donc d'une mise en image baroque, trouble, flamboyante, glauque, somptueuse, mêlant diverses techniques graphiques y compris la photo, pour un résultat visuel tout-à-fait fascinant, mais hélas assez peu lisible par moments, à l'image du scénario. Dommage.
Bravo toutefois à Delcourt pour avoir édité cet album qui rassemble les 4 volumes de l'édition originelle, je pense qu'il y a un public pour ce type d'oeuvres (Cassidy, peut-être ? ;) ) simplement, je n'en fais pas vraiment partie.
Anglais jusqu'à la pointe des orteils, colonel de l'armée britannique, Clifton joue les détectives amateurs sous le regard de sa femme de charge, Mrs. Partridge.
Arnold Wilberforce Clifton, c'est son vrai nom, résout avec flegme nombres d'intrigues policières et d'espionnage.
Sous le scénario de Raymond Macherot, il fait ses premiers pas dans l'hebdo Tintin n° 50, 14ème année, du 16 Décembre 1959.
Cette série humoristique décrit l'Angleterre telle qu'on la conçoit encore ; une Angleterre où le tea-time doit se respecter, même pendant une poursuite de voitures.
Macherot abandonne ce personnage après trois épisodes.
Sur un scénario de Greg, Jo-El-Azara le fait revivre en 1969.
En 1970, le tandem Turk et De Groot (Léonard, Robin Dubois) reprend à son compte cette série -qui ne dément pas son succès- jusqu'en 1984.
De Groot continuera d'imaginer des scénarios jusqu'en 1986 où Bedu se met alors seul aux commandes.
Les sept premiers albums sont brochés. La suite sera éditée soit en broché et cartonné ; pour continuer -en édition cartonnée- à partie de 1981.
Les aventures du flegmatique détective ne m'ont jamais inspiré, je le reconnais, grand plaisir. Néanmoins, il s'agit là d'un travail bien fait, net et sans bavure... et c'est déjà beaucoup.
Attila est un chien qui parle, membre à part du contre-espionnage suisse.
Au milieu des années 60, Derib (Buddy Longway) avait fait la connaissance du scénariste Maurice Rosy. Ce dernier lui avait proposé des scénarios de ce chien pas comme les autres. Séduit, la série se met en route et Attila fait ses premiers pas dans l'hebdo Spirou n° 1531 du 17 Août 1967.
Au fil des opus, de nouveaux personnages vont accompagner notre héros : Odée, un petit garçon "gérant" d'un château qu'Attila va prendre en amitié ; Z14, un autre chien parlant ; le professeur Comant, lequel passe son temps à élucider des phénomènes étranges, etc...
D'une série d'espionnage classique, les scénarios de Rosy vont très vite évoluer vers des histoires étranges. Cela semble ne pas convenir à Derib qui abandonne la série en 1974.
Le 20 Octobre 1987, après quasi 15 ans d'absence, Attila fait son retour dans l'hebdo Spirou n° 2584. Le scénario est toujours de Rosy, le dessin de Didgé. Mais la "sauce" ne prend pas avec les lecteurs. Attila n'a plus cette espèce de charme poétique qu'on lui connaissait. Cette histoire, d'ailleurs, ne sera pas publiée.
Attila aura l'honneur de 4 albums brochés, édités entre 1969 et 1974. Rares, ils seront réédités, sous forme cartonnée, dès 1985 et toujours chez Dupuis.
Personnellement, Attila ne m'a jamais beaucoup attiré. Peut-être ce chien n'était-il pas assez marrant, semblait toujours sérieusement affairé, se prenait trop pour un humain... Il ne m'était pas rare de survoler les pages de Spirou lorsque j'arrivais à celles d'Attila.
Je cote 2/5. C'est peut-être un peu dur pour vous. Mais comparativement aux séries auxquelles j'ai mis "3", celle-ci se situe -pour moi- un cran en dessous. Mais vous en pensez ce que vous voulez...
J'ai hésité durant toute la lecture entre les notes 2 et 3 pour cette série, mais quand le sixième tome se termine en queue de poisson, la balance penche finalement pour le 2.
C'est une bd apparemment très bien documentée, (trop parfois, on a l'impression de se perdre dans une foule de détails sans importance par moment) et l'esprit des samouraïs y est très bien exposé. Mais pourquoi commencer à développer l'histoire personnelle d'un samouraï, ses motivations, sa psychologie, etc, si c'est pour le voir disparaître trois pages plus tard (et souvent sur Seppuku, d'ailleurs) ? Certains autres récits s'achèvent sans crier gare, comme s'il manquait une ou deux pages au manga. Parfois on démarre un chapitre avec un dessin superbe, tout en contraste et en détails, puis on passe à un dessin beaucoup plus simple, le style le plus utilisé dans ce manga (on à d’ailleurs parfois du mal à différencier les personnages, si ce n’est grâce à leur kimono, puis on termine dans un style carrément simpliste, qui n’est pas sans rappeler le trait de Tézuka, comme si l’auteur s’était dépêché de boucler ses planches pour le lendemain matin. La chronologie des récits est elle aussi assez hasardeuse.
Enfin, toute une série de détails qui font qu’on a une impression de joyeux fouillis tout au long de la lecture. C’est un peu frustrant, car certains récits sont vraiment intéressants.
"L'anatomie du ciel", c'est un dessin superbe plombé par un scénario trop linéaire et limite ennuyeux. Dessin superbe, car on dirait du Civiello en plus lisible et en noir et blanc. Un rêve! Scénario poussif car extrêmement répétitif : nos deux héros sont en route pour nulle part et le méchant réapparaît toutes les deux pages, ils fuient... le méchant revient... etc... etc... sur 60 pages...
Écrire l'avis de cet album est pour moi assez difficile. D'un côté, sa réalisation est parfaite : très bon rythme narratif, dessin très prenant, histoire bien pensée et très efficace, chargée de sentiments… D'un autre côté, le sujet même de ce tome ne m'a pas plus : pire que ça : c'est typiquement le genre de sujet que je n'aurai pas voulu découvrir en bande dessinée.
Pour résumer, Kyung Seo, mariée par correspondance coréenne, entame sa nouvelle vie aux côtés de son commanditaire canadien, Monty Wheeler. Hélas pour elle, qui a toutes les difficultés du monde à s'épanouir dans un pays tellement différent du sien, son crétin de mari, accaparé par sa collection de jouets précieux, en oublie de vivre, et de partager de grands moments avec elle. Évidemment, plus le temps passe, et plus le faussé se creuse entre eux.
"Mariée par correspondance" annonce dès les premières pages une chute des plus sombres. Le lecteur espère, au fil des pages, que la situation des deux personnages va s'améliorer, alors que ces derniers se déchirent peu à peu, sans jamais avoir eu le temps de s'aimer. Alors que Monty continue à voir sa femme comme un jouet de plus, d'origine asiatique, Kyung pour sa part découvre l'art, et parvient petit à petit à exprimer son malaise par ce biais.
Le côté tragique de cet album m'a déplu... En réalité, la lecture de cette histoire, si bien écrite et si bien contée, ne m'a pas du tout été agréable. Évidemment, je ne recherche pas absolument la bd mièvre qui fini bien, et les œuvres plus sombres me plaisent souvent. La fin de "Blankets" est un parfais exemple de chute tragique et sombre, et donne une force incroyable à l'album. Ici, on part avec la vision d'un couple qui de toute façon n'a rien en commun, qui entraînera dispute et violence verbale sur 260 pages, entre deux accalmies.
En fait, je ne sais que dire... Cela vous plaira certainement, mais je n'ai pour ma part aucune envie de lire ce genre d'histoires destinées à mal finir… Peut-être parce que ma relation de couple est formidable, justement ?
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J'ai vraiment été emballé par le concept de départ de cette série. N'étant pas un grand consommateur de comics en temps normal, j'étais content de trouver dans cette série un élément déclencheur qui laissait présager quelque chose de vraiment original, plutôt qu'une énième variation d'histoire de super héros. Le premier tome a tenu ses promesses. Bon, je n'ai pas trouvé le dessin particulièrement remarquable, mais le synopsis est bon, les trouvailles nombreuses et le propos prend parfois l'allure d'une certaine forme de critique la société US contemporaine (cf. le personnage de Patriot, très bien trouvé). Malheureusement, les deux tomes suivants ne sont pas à la hauteur. Le dessin devient franchement quelconque (absence totale d'originalité), l'histoire devient très convenue et tourne à la bastonnade entre super héros et super vilains et les attitudes de certains protagonistes frisent parfois le ridicule (ah ces beaux cheveux longs qui flottent dans le vent, ah ces airs tourmentés et profonds...). J'ai lâché l'affaire après le tome 3, déçu que j'étais.
Ugaki
Un ronin solitaire qui erre dans le but de venger un jour son seigneur disparu, ce n'est pas très original, mais pourquoi pas. D'autant que le dessin de cette BD n'est pas mauvais, dans un style réaliste qui me fait penser à celui de Franz (Jugurtha). Bien sûr, assez vite, les connaisseurs du Japon médiéval que sont devenus les lecteurs de BDs et de mangas modernes repèreront quelques défauts dans cette représentation qui se veut réaliste du Japon du XVIIe siècle : un héros au faciès un peu trop européen, des combats au sabre qui ressemblent trop à des combats à l'épée de chevalier, le vampire de la première histoire et les balladins de la seconde qui sont bien plus proches d'un décor moyen-âgeux européen que du folklore japonais (rien à voir avec les vampires d'Okko par exemple), etc. Mais les courtes aventures que vit le ronin Ugaki en début d'album, sans être originales pour un sou, sont assez sympathiques. L'ennui vient quand le récit croise la route de la révolte des paysans et des chrétiens qui forment le thème principal de la BD. On réalise alors les gros problèmes de rythme de la narration : à des scénettes d'aventure classiques succèdent de longues planches de dialogues où l'auteur semble prendre plaisir à accumuler les termes japonais (et leurs traductions bien que le lecteur moderne les connaissent déjà quasiment tous) et les explications géopolitiques confuses, puis le rythme change encore pour faire évoluer les choses très rapidement, puis retour à l'action aventuresque, puis une petite conclusion montrant ce qu'il s'est passé au niveau historique pendant ce temps-là, et voilà, ça se finit sur un banal "I'm a poor lonesome ronin, and a long long way from vengeance". Cette inégalité du rythme narratif rend la moitié de la BD assez ennuyeuse quand on s'est habitué à l'action du début, et malgré l'aspect historiquement intéressant du sujet abordé, on en vient facilement à vouloir sauter les cases et feuilleter pour aller plus vite tant cela devient peu passionnant. Bref, une BD sur les samourais qui aurait pu être pas mal mais qui souffre de faiblesses narratives réduisant nettement son interêt. Sur le même thème, je préfère nettement Kogaratsu.
La Théorie des gens seuls
Je dois dire que je me suis ennuyé en lisant cette BD. Je n'étais déjà pas trop accroc à la série de base, Monsieur Jean, de même qu'aux autres séries du même genre qui parle du quotidien de trentenaires "comme vous et moi". Je lis ces séries sans déplaisir mais, à moins qu'elles contiennent beaucoup d'humour comme Les formidables aventures de Lapinot par exemple, ça ne me passionne pas. C'est plus une sorte de sentiment de voyeurisme qui me pousse à la lecture de ce genre de série, l'envie de voir comment vivent les autres, de voir s'ils vivent des choses semblables à ce que j'ai vécu, ou s'ils ont vécu des moments particulièrement anecdotiques. Mais rien de tout ça n'est vraiment présent à mes yeux dans la théorie des gens seuls. Les premières histoires traitent de discussions entre trentenaires célibataires et parisiens, discussions dans lesquelles je ne me retrouve absolument pas. Le copain turbulent de Jean n'a rien du charme et de l'humour du même copain de Lapinot de Trondheim. La seconde moitié de l'album porte plutôt sur des anecdotes et les petites misères du début de la vie de couple de Jean et sa fiancée. Et... Ben, c'est pas passionnant, quoi. Les vrais amateurs de Monsieur Jean ne seront pas vraiment déçus par cet album "bonus" par rapport à la série de base, mais ceux qui n'apprécient pas trop ce type de récit du quotidien ne seront pas convaincus, je pense.
Poupée d'Ivoire
Cette série a deux vraies qualités. La première est le dessin de Franz : il est vraiment bon et maîtrisé dans son genre. Le deuxième est le décor historique et géographique original. Poupée d'ivoire nous permet en effet de découvrir une Asie assez méconnue, des mongols aux scythes, Asie orientale et Asie Centrale. Le tout est bien documenté et réaliste. C'est donc une BD intéressante sur la plan historique. L'ennui, par contre, c'est que je trouve la narration mauvaise. Les récits sont difficiles à suivre, on saute de lieux en lieux et de personnages en personnages trop facilement, le rythme change trop souvent, la lecture en est alors confuse même si on comprend l'ensemble après coup, mais ça n'aide pas à la fluidité de la BD. A cause de cela, je n'ai pas réussi à entrer correctement dans les intrigues de chaque tome, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages dont je comprenais parfois peu les motivations et actes. Je n'ai donc pas accroché.
Stray toasters
Le scénario le plus barré qu'il m'ait été donné de lire, je pense. Une histoire complètement hallucinée, glauquissime, assez trash, mettant en scène Abigail Nolan, psychologue aux pratiques peu orthodoxes et femme en mal d'enfant, Todd, un enfant paumé, justement, bricoleur de génie souffrant d'un dramatique dédoublement de personnalité, Egon Rustemagik, profiler, toxico, et ancien amant de la psy, qui l'a fait interner car elle le juge responsable de la perte de l'enfant qu'elle a eu de lui, Dahlia, la mère -ou plutôt devrais-je dire, la génitrice- de Todd, qui demande, à ce qu'il reste (si si) du Docteur Montana Violet, c'est-à-dire une tête à la bouche artificielle, de le tuer. Celui-ci, personnage ô combien improbable, va faire bien pire. N'oublions pas non plus l'insignifiant, mais néanmoins dangereux adjoint au procureur Harvard Chalky, patient de Nolan dont la "thérapie" consiste à se faire fouetter par sa thérapeute, déguisé en bébé. Bon, déjà avec tout ça, on a la base d'une histoire bien déjantée, à laquelle il convient encore d'ajouter une série de meurtres sordides sur de jeunes enfants, et une autre, sur de jeunes femmes, ainsi qu'un monstre dont la tête est un grille pain, et qui "répare" ses victimes avec des branchements électriques, et qui se trouve être l'un des personnages précédemment cités. Le problème vient du fait que ce n'est que très progressivement que l'on parvient à reconstituer la trame de cette histoire. En fait, pendant un bon moment, on est complètement largué, le récit étant tissé de façon très décousue, de scènes éparses sans lien direct entre elles, de leitmotiv obsédants, ponctué de cartes postales pour le moins énigmatiques, et d'autres digressions, suggérant peut-être ce qui peut se passer dans la tête d'un psychopathe. Pour un tel scénario, il fallait un dessin spécial, afin d'être totalement en phase avec son sujet. Bill Sienkiewicz nous gratifie donc d'une mise en image baroque, trouble, flamboyante, glauque, somptueuse, mêlant diverses techniques graphiques y compris la photo, pour un résultat visuel tout-à-fait fascinant, mais hélas assez peu lisible par moments, à l'image du scénario. Dommage. Bravo toutefois à Delcourt pour avoir édité cet album qui rassemble les 4 volumes de l'édition originelle, je pense qu'il y a un public pour ce type d'oeuvres (Cassidy, peut-être ? ;) ) simplement, je n'en fais pas vraiment partie.
Clifton
Anglais jusqu'à la pointe des orteils, colonel de l'armée britannique, Clifton joue les détectives amateurs sous le regard de sa femme de charge, Mrs. Partridge. Arnold Wilberforce Clifton, c'est son vrai nom, résout avec flegme nombres d'intrigues policières et d'espionnage. Sous le scénario de Raymond Macherot, il fait ses premiers pas dans l'hebdo Tintin n° 50, 14ème année, du 16 Décembre 1959. Cette série humoristique décrit l'Angleterre telle qu'on la conçoit encore ; une Angleterre où le tea-time doit se respecter, même pendant une poursuite de voitures. Macherot abandonne ce personnage après trois épisodes. Sur un scénario de Greg, Jo-El-Azara le fait revivre en 1969. En 1970, le tandem Turk et De Groot (Léonard, Robin Dubois) reprend à son compte cette série -qui ne dément pas son succès- jusqu'en 1984. De Groot continuera d'imaginer des scénarios jusqu'en 1986 où Bedu se met alors seul aux commandes. Les sept premiers albums sont brochés. La suite sera éditée soit en broché et cartonné ; pour continuer -en édition cartonnée- à partie de 1981. Les aventures du flegmatique détective ne m'ont jamais inspiré, je le reconnais, grand plaisir. Néanmoins, il s'agit là d'un travail bien fait, net et sans bavure... et c'est déjà beaucoup.
Attila
Attila est un chien qui parle, membre à part du contre-espionnage suisse. Au milieu des années 60, Derib (Buddy Longway) avait fait la connaissance du scénariste Maurice Rosy. Ce dernier lui avait proposé des scénarios de ce chien pas comme les autres. Séduit, la série se met en route et Attila fait ses premiers pas dans l'hebdo Spirou n° 1531 du 17 Août 1967. Au fil des opus, de nouveaux personnages vont accompagner notre héros : Odée, un petit garçon "gérant" d'un château qu'Attila va prendre en amitié ; Z14, un autre chien parlant ; le professeur Comant, lequel passe son temps à élucider des phénomènes étranges, etc... D'une série d'espionnage classique, les scénarios de Rosy vont très vite évoluer vers des histoires étranges. Cela semble ne pas convenir à Derib qui abandonne la série en 1974. Le 20 Octobre 1987, après quasi 15 ans d'absence, Attila fait son retour dans l'hebdo Spirou n° 2584. Le scénario est toujours de Rosy, le dessin de Didgé. Mais la "sauce" ne prend pas avec les lecteurs. Attila n'a plus cette espèce de charme poétique qu'on lui connaissait. Cette histoire, d'ailleurs, ne sera pas publiée. Attila aura l'honneur de 4 albums brochés, édités entre 1969 et 1974. Rares, ils seront réédités, sous forme cartonnée, dès 1985 et toujours chez Dupuis. Personnellement, Attila ne m'a jamais beaucoup attiré. Peut-être ce chien n'était-il pas assez marrant, semblait toujours sérieusement affairé, se prenait trop pour un humain... Il ne m'était pas rare de survoler les pages de Spirou lorsque j'arrivais à celles d'Attila. Je cote 2/5. C'est peut-être un peu dur pour vous. Mais comparativement aux séries auxquelles j'ai mis "3", celle-ci se situe -pour moi- un cran en dessous. Mais vous en pensez ce que vous voulez...
Satsuma - L'Honneur de ses Samouraïs
J'ai hésité durant toute la lecture entre les notes 2 et 3 pour cette série, mais quand le sixième tome se termine en queue de poisson, la balance penche finalement pour le 2. C'est une bd apparemment très bien documentée, (trop parfois, on a l'impression de se perdre dans une foule de détails sans importance par moment) et l'esprit des samouraïs y est très bien exposé. Mais pourquoi commencer à développer l'histoire personnelle d'un samouraï, ses motivations, sa psychologie, etc, si c'est pour le voir disparaître trois pages plus tard (et souvent sur Seppuku, d'ailleurs) ? Certains autres récits s'achèvent sans crier gare, comme s'il manquait une ou deux pages au manga. Parfois on démarre un chapitre avec un dessin superbe, tout en contraste et en détails, puis on passe à un dessin beaucoup plus simple, le style le plus utilisé dans ce manga (on à d’ailleurs parfois du mal à différencier les personnages, si ce n’est grâce à leur kimono, puis on termine dans un style carrément simpliste, qui n’est pas sans rappeler le trait de Tézuka, comme si l’auteur s’était dépêché de boucler ses planches pour le lendemain matin. La chronologie des récits est elle aussi assez hasardeuse. Enfin, toute une série de détails qui font qu’on a une impression de joyeux fouillis tout au long de la lecture. C’est un peu frustrant, car certains récits sont vraiment intéressants.
L'Anatomie du Ciel
"L'anatomie du ciel", c'est un dessin superbe plombé par un scénario trop linéaire et limite ennuyeux. Dessin superbe, car on dirait du Civiello en plus lisible et en noir et blanc. Un rêve! Scénario poussif car extrêmement répétitif : nos deux héros sont en route pour nulle part et le méchant réapparaît toutes les deux pages, ils fuient... le méchant revient... etc... etc... sur 60 pages...
Mariée par correspondance
Écrire l'avis de cet album est pour moi assez difficile. D'un côté, sa réalisation est parfaite : très bon rythme narratif, dessin très prenant, histoire bien pensée et très efficace, chargée de sentiments… D'un autre côté, le sujet même de ce tome ne m'a pas plus : pire que ça : c'est typiquement le genre de sujet que je n'aurai pas voulu découvrir en bande dessinée. Pour résumer, Kyung Seo, mariée par correspondance coréenne, entame sa nouvelle vie aux côtés de son commanditaire canadien, Monty Wheeler. Hélas pour elle, qui a toutes les difficultés du monde à s'épanouir dans un pays tellement différent du sien, son crétin de mari, accaparé par sa collection de jouets précieux, en oublie de vivre, et de partager de grands moments avec elle. Évidemment, plus le temps passe, et plus le faussé se creuse entre eux. "Mariée par correspondance" annonce dès les premières pages une chute des plus sombres. Le lecteur espère, au fil des pages, que la situation des deux personnages va s'améliorer, alors que ces derniers se déchirent peu à peu, sans jamais avoir eu le temps de s'aimer. Alors que Monty continue à voir sa femme comme un jouet de plus, d'origine asiatique, Kyung pour sa part découvre l'art, et parvient petit à petit à exprimer son malaise par ce biais. Le côté tragique de cet album m'a déplu... En réalité, la lecture de cette histoire, si bien écrite et si bien contée, ne m'a pas du tout été agréable. Évidemment, je ne recherche pas absolument la bd mièvre qui fini bien, et les œuvres plus sombres me plaisent souvent. La fin de "Blankets" est un parfais exemple de chute tragique et sombre, et donne une force incroyable à l'album. Ici, on part avec la vision d'un couple qui de toute façon n'a rien en commun, qui entraînera dispute et violence verbale sur 260 pages, entre deux accalmies. En fait, je ne sais que dire... Cela vous plaira certainement, mais je n'ai pour ma part aucune envie de lire ce genre d'histoires destinées à mal finir… Peut-être parce que ma relation de couple est formidable, justement ?