Moi j'ai un peu de mal avec le Marcelé de cette époque.
Je trouve son dessin très torturé, immature, "sale" même par moments. Ces deux récits ont pour points communs les apparences, et en particulier une certaine forme de sensualité, mais pour moi le dessin ne dégage vraiment pas de sensualité. J'ai essayé de m'attacher aux deux histoires, mais là aussi c'est assez fade à mon goût. La première m'a laissé un goût d'inachevé dans la bouche, quant à la seconde, je l'ai trouvée inutilement cruelle.
Dans ces conditions, c'est difficile de vraiment les apprécier.
Onze histoires de différents auteurs, mais qui ne présentent pas toutes le même intérêt à moins de s'intéresser de près à la civilisation chinoise. Ces récits touchent à des genres très différents, conte, fantastique, histoires vraies, moments d'Histoire. Je n'ai aimé que les quatre premières, j'ai trouvé les autres ennuyeuses et d'une narration moins recherchée.
Graphiquement c'est plutôt réussi, grâce à une grande diversité de styles, tout en noir, blanc et dégradés de gris. A chaque récit on change totalement d'univers et c'est ce que j'ai trouvé de plus intéressant, sinon pour le reste je n'ai pas vraiment été touchée.
J'ai été attiré par le dessin tout à fait surprenant : le trait est peu appuyé, les couleurs ne sont pas criardes, tout en douceur, au contraire de quelques intermèdes où le dessin et les couleurs changent complètement, à la façon strips des années 50. Intéressant.
Mais voilà, l'histoire (d'ailleurs peut-on parler d'histoire) est pour moi imbuvable : j'ai eu constamment la sensation d'être perdu, largué... je me suis même demandé s'il n'y avait pas des problèmes de traduction. C'est très désagréable.
Bref, pour moi, cette bd est bonne à feuilleter pour les dessins (d'où le 2), mais n'a aucun intérêt à être lue.
J’ai rien compris. Ou alors, j’ai compris mais l’intrigue est extrêmement tordue pour un si désuet résultat (tout ça pour ça ?). C’est vraiment le sentiment que j’éprouve à la fin de cet élégant album. La fin me laisse perplexe (c’est le moins que je puisse écrire).
Déjà, le début m’avait laissé une sensation étrange (on commence à la page 9 !), avant que je comprenne que le petit livret est en fait le réel commencement de l’album. Comme un con, je l’avais pris pour un supplément gratuit. Ne commettez donc pas la même erreur et commencez par là votre lecture.
L’histoire n’est pas désagréable, mais manque de dynamisme. Cette passion d’un écrivain en panne d’idée pour une jeune asiatique ambiguë, alimentée par un drame vécu par ledit écrivain est peu crédible, voire ennuyeuse. La galerie de personnages n’est pas des plus intéressantes et, comme je l’ai déjà dit, la fin me laisse extrêmement perplexe.
Le trait est élégant et les personnages féminins sont plaisants au regard. Les décors sont très beaux, mais les visages sont figés. Le manque de dynamisme se ressent également à ce niveau, et m’a plongé dans une lecture plus contemplative qu’active.
Elégante, mais trop tordue pour moi, cette contorsionniste (logique, me direz-vous).
Une histoire d’anticipation construite avec trois bouts de ficelle. En effet, le scénario est très pauvre et les raccourcis sont nombreux. Pourtant, l’idée de départ était bonne : le bloc de l’Est s’isole totalement et pratique derrière ses murs une délirante épuration ethnique. Ces événements nous sont racontés via un journal miraculeusement parvenu au-delà du mur, et sont entrecoupés par une histoire en temps présent. Celle-là est difficilement crédible. Un étrange appel demande d’urgence l’aide d’un médecin spécialisé en gériatrie. Et les autorités du bloc de l’Ouest d’en profiter pour découvrir ce qui se passe réellement derrière ce mur.
La narration, quoique grandiloquente, m’a bien plu par ce ton sentencieux fleurant bon la BD de grand-papa (Greg reste indéniablement une référence pour certains membres de la génération actuelle).
Au niveau du graphisme, j’ai bien aimé le premier tome. La technique de Bernard Bittler est peu conventionnelle mais finalement assez convaincante. Les personnages ont du relief et les mouvements rapides sont illustrés par un flou de bon aloi. Malheureusement, le second tome ne bénéficiera pas du même soin. Il peut même être qualifié de moche, au même titre que sa colorisation, mais ce point est d’application pour les deux, tant elle est criarde.
L’univers est finalement bien moins riche que l’idée initiale le laissait espérer. Son traitement volontiers sentencieux et son dessin, précipité dans sa seconde partie, font de ce Nobodyland une œuvre très dispensable. Bof, bof, bof …
Dieu, que cette saga est froide ! Le trait est d’une élégance glacée, les personnages se parlent sans même ouvrir la bouche et les couleurs sont tout simplement déprimantes. Ce graphisme est bien trop stylisé à mon goût.
Le scénario n’est pas inintéressant pour la cause, mais inutilement étoffé. Pourquoi avoir mêlé deux histoires alors que l’une d’entre elles est tout simplement dépourvue de toute intrigue ? Ca occupe, d’accord, mais à quoi bon ? Le nombre élevé de personnages m’a également posé problème. Mais c’est un phénomène récurrent chez moi, et cela ne déstabilisera peut-être personne d’autre, car les différents acteurs sont assez bien typés et par conséquent facilement reconnaissables.
Les deux histoires sont très conventionnelles (le jeune homme qui doit reprendre l’entreprise familiale mais qui aspire à autre chose d’une part, et l’amour impossible entre une riche bourgeoise et un avocat pauvre et ambitieux, de l’autre) et leur déroulement est prévisible. L’histoire manque de rythme, tout est figé, ou simplement lent dans ses passages les plus dynamiques.
Pourtant, et malgré toutes ces critiques, je dois avouer qu’un étrange charme se dégage, et je veux bien croire que certains lecteurs apprécieront l’ambiance que Philippe Richelle et Eric Gorski ont ici réussi à créer.
Mais pas moi.
"The Outsider" regroupe 4 histoires très disparates (dont une dernière divisée en plusieurs chapitres, mais toujours sur le même thème). Comme c'est souvent le cas dans ce genre de recueil de publications, le mélange des genres est assez surprenant, mais pas forcément très heureux.
Moi, personnellement, je me suis fermement ennuyée à la lecture des deux histoires inspirées de nouvelles russes, et par dessus le marché je n'ai pas du tout apprécié le style du dessin : trop simple, trop figé, avec des grands yeux vides de toute expression en prime pour les personnages. Je dirais que (bien que n'ayant jamais lu les histoires originales), ça ressemble à de l'adaptation littérale, sans forcément chercher à donner une dimension particulière grâce au dessin.
En revanche, la première, adaptée d'une histoire de H P Lovecraft est bien meilleure, que ce soit au niveau du dessin ou de l'intrigue elle-même, avec mention particulière pour l'image où le personnage se croise dans un miroir, du gore en noir et blanc de toute beauté !
La série Ju-Ga qui conclut ce recueil est cette fois issue intégralement de l'imagination de l'auteur. Elle a eu le mérite de redynamiser mon intérêt, avec de nouveau un dessin de qualité (en particulier au niveau des regards) et une intrigue intéressante (ça c'est mon penchant pour les démons japonais). En revanche j'ai trouvé les histoires un peu répétitives : l'engouement suscité par les premiers actes de ce moine qui emprisonne les démons dans ses dessins retombe finalement assez vite.
Vraiment trop basique, trop classique, voilà mon premier ressenti après la lecture de ce premier cycle.
J’ai eu l’impression d’être devant une série télé des années 80, sans envergure.
Elle me parait vieillotte : bien sûr cette histoire se déroule dans les années 50 mais le contexte historique n’est pas en cause, cela est bien dû au dessin, aux dialogues et à son scénario. Si on y regarde de plus près Halloween Blues se situant à peu de chose près à la même période, ne souffre aucunement de ce coté vieillot...
Le personnage principal et l’héroïne sont relativement attrayants mais l’histoire est, comme je le disais plus haut, bien trop conventionnelle et en souffre véritablement,
Malheureusement le scénario n’aide en rien cette série, le coté "barbouze", les multiples représentants de l’ordre comme le souligne Pol, finissent par nous perdre dans cette histoire finalement quelconque.
Et que dire de la fin bouclée, pour ne pas dire bâclée en 2 pages... j’exagère ? Pas tant que cela...
(10/20)
Malheureusement j'attendais bien mieux de la suite avec la sortie du tome 2.
Mon plus gros reproche pour New Harlem va aux graphismes. Il suffit de s'arrêter sur nombre de cases, pour voir des cous de personnages trop longs, des positions des membres du corps improbables... Bref je trouve le graphisme des personnages catastrophique, je pense le pire que je n'ai jamais vu en BD. Je n'aime pas avoir la dent dure, car faire une BD n'est certainement pas facile, mais là vraiment les graphismes des personnages sont excessivement mauvais. Désolé pour le dessinateur mais regardez différentes planches, ça saute aux yeux.
Pour les objets, je dirais juste un bof...
En ce qui concerne le scénario, il est alléchant de prime abord, ce système des 3 séries en parallèle est intéressant et original, mais... malheureusement ça dérape de la même manière que pour le deuxième tome de New Byzance, une accélération trop importante des évènements.
Pendant les deux tiers du tome 2, malgré le fait que je pensais que le thème central "le racisme c'est pas beau quelque soit le sens" n'est pas vraiment quelque chose de très original... Je me laissais porter par l'histoire, mais en 2 pages faire faire un bond énorme à l'histoire (pour finir plus vite ?) a définitivement scellé pour moi la qualité de la BD vers le bas...
SPOILER
En 2 temps 3 mouvements, hop on a la machine qui affiche les pensées de Zack, encore plus vite, un discours et hop Zack est en tête dans les sondages pour être maire ! Difficile à avaler, surtout dans le contexte social de la BD et alors qu'il n'y a eu aucune planche montrant ne serait-ce qu’une proposition de candidature...
FIN SPOILER
Bref, tout ça rend le scénario un peu trop simpliste à mon gout. Je suis un peu dur, mais ceci d'autant plus que Corbeyran est capable de BD de grande qualité comme le prouve Le Chant des Stryges.
Mais que c'est caricatural ! Voilà l'archétype du comics de super-héros de divertissement à peu de frais. Des scénarios qui tiennent en une phrase, des ficelles scénaristiques grosses comme des câbles, des rebondissements ultra-prévisibles, des histoires tellement clichés qu'elles en deviennent risibles.
Le dessin est de qualité acceptable mais il est tellement formaté que n'importe quel membre d'un studio marvel ou DC aux US doit être capable de produire strictement la même chose.
Quant aux récits, ils sont... inintéressants au possible. C'est de la production de masse destinée à alimenter un marché de lecteurs captifs, les faisant patienter jusqu'au prochain évènement éditorial ou au prochain gros cross-over Marvel. Les personnages sont pitoyables de superficialité et les scènes n'ont aucune crédibilité. Alignements de super méchants qui viennent attaquer les uns à la suite des autres le super-gentil Captain America, amenant chacun leur super-plan-secret destiné à "dominer le monde, mouhahaha", et le super-patriote Captain America, non sans avoir sauvé au passage du danger une petite famille d'innocents, fonce dans le tas en résolvant tous les problèmes à coups de poings et de son super bouclier boomerang. C'est tellement caricatural que c'en est ridicule. Un détracteur des comics de super-héros pourrait utiliser ce recueil comme inventaire de tout ce qui rend tout sauf justice aux meilleurs récits du genre.
Et pourtant cela se laisse lire. Le rythme est plutôt bon, du coup, cette lecture permet de passer malgré tout un moment de divertissement sans trop d'ennui. Et le coup classique des cliff-hangers de fin de chapitre maintient un léger intérêt et une curiosité pour la suite. Mais franchement, vous pouvez très largement vous passer de cette lecture de masse et sans âme.
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Un après-midi au cirque
Moi j'ai un peu de mal avec le Marcelé de cette époque. Je trouve son dessin très torturé, immature, "sale" même par moments. Ces deux récits ont pour points communs les apparences, et en particulier une certaine forme de sensualité, mais pour moi le dessin ne dégage vraiment pas de sensualité. J'ai essayé de m'attacher aux deux histoires, mais là aussi c'est assez fade à mon goût. La première m'a laissé un goût d'inachevé dans la bouche, quant à la seconde, je l'ai trouvée inutilement cruelle. Dans ces conditions, c'est difficile de vraiment les apprécier.
Chine
Onze histoires de différents auteurs, mais qui ne présentent pas toutes le même intérêt à moins de s'intéresser de près à la civilisation chinoise. Ces récits touchent à des genres très différents, conte, fantastique, histoires vraies, moments d'Histoire. Je n'ai aimé que les quatre premières, j'ai trouvé les autres ennuyeuses et d'une narration moins recherchée. Graphiquement c'est plutôt réussi, grâce à une grande diversité de styles, tout en noir, blanc et dégradés de gris. A chaque récit on change totalement d'univers et c'est ce que j'ai trouvé de plus intéressant, sinon pour le reste je n'ai pas vraiment été touchée.
Malinky Robot
J'ai été attiré par le dessin tout à fait surprenant : le trait est peu appuyé, les couleurs ne sont pas criardes, tout en douceur, au contraire de quelques intermèdes où le dessin et les couleurs changent complètement, à la façon strips des années 50. Intéressant. Mais voilà, l'histoire (d'ailleurs peut-on parler d'histoire) est pour moi imbuvable : j'ai eu constamment la sensation d'être perdu, largué... je me suis même demandé s'il n'y avait pas des problèmes de traduction. C'est très désagréable. Bref, pour moi, cette bd est bonne à feuilleter pour les dessins (d'où le 2), mais n'a aucun intérêt à être lue.
La Contorsionniste
J’ai rien compris. Ou alors, j’ai compris mais l’intrigue est extrêmement tordue pour un si désuet résultat (tout ça pour ça ?). C’est vraiment le sentiment que j’éprouve à la fin de cet élégant album. La fin me laisse perplexe (c’est le moins que je puisse écrire). Déjà, le début m’avait laissé une sensation étrange (on commence à la page 9 !), avant que je comprenne que le petit livret est en fait le réel commencement de l’album. Comme un con, je l’avais pris pour un supplément gratuit. Ne commettez donc pas la même erreur et commencez par là votre lecture. L’histoire n’est pas désagréable, mais manque de dynamisme. Cette passion d’un écrivain en panne d’idée pour une jeune asiatique ambiguë, alimentée par un drame vécu par ledit écrivain est peu crédible, voire ennuyeuse. La galerie de personnages n’est pas des plus intéressantes et, comme je l’ai déjà dit, la fin me laisse extrêmement perplexe. Le trait est élégant et les personnages féminins sont plaisants au regard. Les décors sont très beaux, mais les visages sont figés. Le manque de dynamisme se ressent également à ce niveau, et m’a plongé dans une lecture plus contemplative qu’active. Elégante, mais trop tordue pour moi, cette contorsionniste (logique, me direz-vous).
Nobodyland
Une histoire d’anticipation construite avec trois bouts de ficelle. En effet, le scénario est très pauvre et les raccourcis sont nombreux. Pourtant, l’idée de départ était bonne : le bloc de l’Est s’isole totalement et pratique derrière ses murs une délirante épuration ethnique. Ces événements nous sont racontés via un journal miraculeusement parvenu au-delà du mur, et sont entrecoupés par une histoire en temps présent. Celle-là est difficilement crédible. Un étrange appel demande d’urgence l’aide d’un médecin spécialisé en gériatrie. Et les autorités du bloc de l’Ouest d’en profiter pour découvrir ce qui se passe réellement derrière ce mur. La narration, quoique grandiloquente, m’a bien plu par ce ton sentencieux fleurant bon la BD de grand-papa (Greg reste indéniablement une référence pour certains membres de la génération actuelle). Au niveau du graphisme, j’ai bien aimé le premier tome. La technique de Bernard Bittler est peu conventionnelle mais finalement assez convaincante. Les personnages ont du relief et les mouvements rapides sont illustrés par un flou de bon aloi. Malheureusement, le second tome ne bénéficiera pas du même soin. Il peut même être qualifié de moche, au même titre que sa colorisation, mais ce point est d’application pour les deux, tant elle est criarde. L’univers est finalement bien moins riche que l’idée initiale le laissait espérer. Son traitement volontiers sentencieux et son dessin, précipité dans sa seconde partie, font de ce Nobodyland une œuvre très dispensable. Bof, bof, bof …
Saga anglaise
Dieu, que cette saga est froide ! Le trait est d’une élégance glacée, les personnages se parlent sans même ouvrir la bouche et les couleurs sont tout simplement déprimantes. Ce graphisme est bien trop stylisé à mon goût. Le scénario n’est pas inintéressant pour la cause, mais inutilement étoffé. Pourquoi avoir mêlé deux histoires alors que l’une d’entre elles est tout simplement dépourvue de toute intrigue ? Ca occupe, d’accord, mais à quoi bon ? Le nombre élevé de personnages m’a également posé problème. Mais c’est un phénomène récurrent chez moi, et cela ne déstabilisera peut-être personne d’autre, car les différents acteurs sont assez bien typés et par conséquent facilement reconnaissables. Les deux histoires sont très conventionnelles (le jeune homme qui doit reprendre l’entreprise familiale mais qui aspire à autre chose d’une part, et l’amour impossible entre une riche bourgeoise et un avocat pauvre et ambitieux, de l’autre) et leur déroulement est prévisible. L’histoire manque de rythme, tout est figé, ou simplement lent dans ses passages les plus dynamiques. Pourtant, et malgré toutes ces critiques, je dois avouer qu’un étrange charme se dégage, et je veux bien croire que certains lecteurs apprécieront l’ambiance que Philippe Richelle et Eric Gorski ont ici réussi à créer. Mais pas moi.
The Outsider
"The Outsider" regroupe 4 histoires très disparates (dont une dernière divisée en plusieurs chapitres, mais toujours sur le même thème). Comme c'est souvent le cas dans ce genre de recueil de publications, le mélange des genres est assez surprenant, mais pas forcément très heureux. Moi, personnellement, je me suis fermement ennuyée à la lecture des deux histoires inspirées de nouvelles russes, et par dessus le marché je n'ai pas du tout apprécié le style du dessin : trop simple, trop figé, avec des grands yeux vides de toute expression en prime pour les personnages. Je dirais que (bien que n'ayant jamais lu les histoires originales), ça ressemble à de l'adaptation littérale, sans forcément chercher à donner une dimension particulière grâce au dessin. En revanche, la première, adaptée d'une histoire de H P Lovecraft est bien meilleure, que ce soit au niveau du dessin ou de l'intrigue elle-même, avec mention particulière pour l'image où le personnage se croise dans un miroir, du gore en noir et blanc de toute beauté ! La série Ju-Ga qui conclut ce recueil est cette fois issue intégralement de l'imagination de l'auteur. Elle a eu le mérite de redynamiser mon intérêt, avec de nouveau un dessin de qualité (en particulier au niveau des regards) et une intrigue intéressante (ça c'est mon penchant pour les démons japonais). En revanche j'ai trouvé les histoires un peu répétitives : l'engouement suscité par les premiers actes de ce moine qui emprisonne les démons dans ses dessins retombe finalement assez vite.
Les Ailes de Plomb
Vraiment trop basique, trop classique, voilà mon premier ressenti après la lecture de ce premier cycle. J’ai eu l’impression d’être devant une série télé des années 80, sans envergure. Elle me parait vieillotte : bien sûr cette histoire se déroule dans les années 50 mais le contexte historique n’est pas en cause, cela est bien dû au dessin, aux dialogues et à son scénario. Si on y regarde de plus près Halloween Blues se situant à peu de chose près à la même période, ne souffre aucunement de ce coté vieillot... Le personnage principal et l’héroïne sont relativement attrayants mais l’histoire est, comme je le disais plus haut, bien trop conventionnelle et en souffre véritablement, Malheureusement le scénario n’aide en rien cette série, le coté "barbouze", les multiples représentants de l’ordre comme le souligne Pol, finissent par nous perdre dans cette histoire finalement quelconque. Et que dire de la fin bouclée, pour ne pas dire bâclée en 2 pages... j’exagère ? Pas tant que cela... (10/20)
Uchronie[s] - New Harlem
Malheureusement j'attendais bien mieux de la suite avec la sortie du tome 2. Mon plus gros reproche pour New Harlem va aux graphismes. Il suffit de s'arrêter sur nombre de cases, pour voir des cous de personnages trop longs, des positions des membres du corps improbables... Bref je trouve le graphisme des personnages catastrophique, je pense le pire que je n'ai jamais vu en BD. Je n'aime pas avoir la dent dure, car faire une BD n'est certainement pas facile, mais là vraiment les graphismes des personnages sont excessivement mauvais. Désolé pour le dessinateur mais regardez différentes planches, ça saute aux yeux. Pour les objets, je dirais juste un bof... En ce qui concerne le scénario, il est alléchant de prime abord, ce système des 3 séries en parallèle est intéressant et original, mais... malheureusement ça dérape de la même manière que pour le deuxième tome de New Byzance, une accélération trop importante des évènements. Pendant les deux tiers du tome 2, malgré le fait que je pensais que le thème central "le racisme c'est pas beau quelque soit le sens" n'est pas vraiment quelque chose de très original... Je me laissais porter par l'histoire, mais en 2 pages faire faire un bond énorme à l'histoire (pour finir plus vite ?) a définitivement scellé pour moi la qualité de la BD vers le bas... SPOILER En 2 temps 3 mouvements, hop on a la machine qui affiche les pensées de Zack, encore plus vite, un discours et hop Zack est en tête dans les sondages pour être maire ! Difficile à avaler, surtout dans le contexte social de la BD et alors qu'il n'y a eu aucune planche montrant ne serait-ce qu’une proposition de candidature... FIN SPOILER Bref, tout ça rend le scénario un peu trop simpliste à mon gout. Je suis un peu dur, mais ceci d'autant plus que Corbeyran est capable de BD de grande qualité comme le prouve Le Chant des Stryges.
Captain America (Marvel Monster Edition)
Mais que c'est caricatural ! Voilà l'archétype du comics de super-héros de divertissement à peu de frais. Des scénarios qui tiennent en une phrase, des ficelles scénaristiques grosses comme des câbles, des rebondissements ultra-prévisibles, des histoires tellement clichés qu'elles en deviennent risibles. Le dessin est de qualité acceptable mais il est tellement formaté que n'importe quel membre d'un studio marvel ou DC aux US doit être capable de produire strictement la même chose. Quant aux récits, ils sont... inintéressants au possible. C'est de la production de masse destinée à alimenter un marché de lecteurs captifs, les faisant patienter jusqu'au prochain évènement éditorial ou au prochain gros cross-over Marvel. Les personnages sont pitoyables de superficialité et les scènes n'ont aucune crédibilité. Alignements de super méchants qui viennent attaquer les uns à la suite des autres le super-gentil Captain America, amenant chacun leur super-plan-secret destiné à "dominer le monde, mouhahaha", et le super-patriote Captain America, non sans avoir sauvé au passage du danger une petite famille d'innocents, fonce dans le tas en résolvant tous les problèmes à coups de poings et de son super bouclier boomerang. C'est tellement caricatural que c'en est ridicule. Un détracteur des comics de super-héros pourrait utiliser ce recueil comme inventaire de tout ce qui rend tout sauf justice aux meilleurs récits du genre. Et pourtant cela se laisse lire. Le rythme est plutôt bon, du coup, cette lecture permet de passer malgré tout un moment de divertissement sans trop d'ennui. Et le coup classique des cliff-hangers de fin de chapitre maintient un léger intérêt et une curiosité pour la suite. Mais franchement, vous pouvez très largement vous passer de cette lecture de masse et sans âme.