Sorti de son idée de départ (elle-même déjà exploitée par d’autres artistes et d’autres médias), ce diptyque n’a rapidement plus grand-chose à offrir. Les clichés s’amoncellent rapidement, notamment au niveau de la description du régime politique, dans lequel l’intolérance de la religion sert la cause d’un régime totalitaire. Cliché aussi, ces représentantes de l’ordre amoureuses de leurs matraques, méchantes, violentes et sans cervelle. Cliché toujours, la gentille héroïne entrainée malgré elle dans une course poursuite infernale. Clichés enfin, les rebondissements sans surprises et, plus grave encore, sans rythme, qui se succèdent au fil de pages sans saveur.
En plus, le dessin de Ribeiro n’est vraiment pas de ceux que j’affectionne. Les personnages n’ont pas l’air d’avoir les pieds par terre. Les décors manquent de relief et de profondeur (tout me semble sur le même plan). Les expressions de visages sont toujours les mêmes. Les couleurs sont on ne peut plus fades et démodée.
Si, encore, des scènes érotiques torrides avaient pu capter mon attention. Mais non, même pas, les auteurs se contentent d’un doigt (c’est le mot juste) d’érotisme par ci par là …
Je suis toutefois parvenu au terme de cette lecture (même si je me suis endormi à deux reprises durant celle-ci). Je ne peux donc pas dire que j’ai détesté mais c‘est un très petit 2/5 que je lui accorde.
J’attendais un peu plus de cette série mettant en scène une sorte de mauvais garçon qui s’ingénie à faire le malheur dans des univers de contes…
Au final Loyer n’en fait pas grand-chose, les péripéties s’enchaînent sans beaucoup de logique, on s’ennuierait presque au troisième tome, après deux premiers corrects… Victor est insipide, ses compagnons transparents, et les personnages qu’ils affrontent sont à peine mieux… Reste le dessin plutôt sympa, style habituel chez Loyer.
Note : j’ai indiqué « série abandonnée », car malgré le fait que les tomes peuvent se lire indépendamment, la suite que semble annoncer la fin du tome 3 se fait attendre depuis près de 10 ans…
Soyons clair : cette série est un foutoir sans nom, et il est difficile d’en établir une liste chronologique tant les changements d’éditeurs, de dessinateurs, de collections et les rééditions ont réussi à mélanger les tomes mieux que ma compagne lorsqu’elle se mêle de remettre de l’ordre dans ma bibliothèque. Peut-être l’intégrale parvient-elle à effacer ce problème, mais, ne l’ayant pas lue, je ne peux me prononcer.
Et non seulement il est difficile d’en définir une liste exhaustive mais, de plus, il m’est difficile d’en dégager une ligne de conduite. Car Bob Morane est un vrai touche-à-tout de l’aventure. Qui est-il exactement ? A l’heure actuelle, je me pose encore la question. Tour à tour proche des services secrets, ami des agents fédéraux, archéologue, aventurier, il connaîtra des histoires variées au possible … qui ne se limiteront pas à notre planète ni à notre époque, car la série propose quelques tomes de science-fiction pure.
Et ses ennemis seront, à cette image, très diversifiés même si deux d’entre eux se dégagent clairement et viendront très régulièrement ennuyer notre valeureux héros français (à moins que ce ne soit l’inverse).
On peut distinguer trois périodes, que l’on peut scinder en fonction des dessinateurs, dont chaque mériterait une chronique séparée (exotisme, archéologie et civilisations perdues pour Forton, Attanasio et Géron, science-fiction et fantastique pour Vance, policier, complots et savants fous pour Coria). Toutefois, Henri Vernes a un style qui lui est propre au niveau de l’élaboration des scénarios, et certaines constantes peuvent être dégagées. Tout d’abord, Bob Morane est le héros parfait. Courageux, intelligent, toujours du côté de la veuve et de l’orphelin, il maitrise tous les types d’arme et toutes les techniques de combat (de la savate française à la boxe anglaise, en passant par le Ju-jitsu). Ensuite, il a très souvent à ses côtés un partenaire (pas toujours le même mais Bill Ballantine est souvent celui-là) qui l’aidera à s’extraire des coups les plus tordus. La playmate est toujours présente, et Bob Morane est un sacré tombeur qui, à l’image d’un James Bond, multiplie les amourettes de passage.
La narration est également très reconnaissable. En effet, Henri Vernes est, avant toute chose, un écrivain. Et son style demeure très littéraire dans ses bandes dessinées. La narration est donc fort présente et explique bien souvent ce que le dessin nous montre déjà très clairement. Ce style est, à mes yeux, assez lourd mais garantit une lecture plutôt dense. La structure, avec une introduction, une succession d’aventures qui mettront Bob à mal, avant d’atteindre une conclusion parfois incroyablement expéditive est également très reconnaissable. Proche de la structure employé par Greg ou Charlier, elle n’atteint cependant pas la même qualité et les conclusions sont souvent ratées, car expédiées.
La période de Vance est celle que j’apprécie le moins, mais je ne suis pas fan de science-fiction à base de pistolets désintégrateurs, ni de bulles-prisons ou de remake de La Machine à explorer le temps de Wells. Je lui accorderais un petit 2/5.
La période Coria n’est pas bien meilleure même si ce dessinateur est peut-être le plus plaisant de la bande (et certainement le plus moderne, car le plus jeune). Les tomes sont moins riches et offrent des récits assez vides malgré la narration très présente. Les albums sont très prévisibles et offrent énormément de clichés (2/5).
La période Forton, Attanasio, Géron est finalement celle que je préfère. Elle n’atteint cependant pas les sommets et je la comparerais à un sous - « Bernard Prince ». Les clichés sont déjà nombreux mais me choquent moins car, à l'époque, la bande dessinée était naturellement bourrée de clichés et naïve. Un petit 3/5.
Vous l’aurez compris : Bob Morane ne m’a pas convaincu et mon estimation moyenne est plus proche du 2/5 que du 3/5, même si la première époque offre quelques tomes divertissants.
Bof, bof…
D'emblée j'ai été gênée par le style graphique de cette BD : d'un côté des photos retouchées (et des fois très peu) avec des ombres très exagérées qui manquent parfois de réalisme et des couleurs mal assorties, de l'autre du dessin "à la main" de piètre qualité, qui fait presque regretter les parties photo… Seules la silhouette et la tête de la vieille femme sortent un peu du lot.
Si j'ai tout de même poussé ma lecture jusqu'à la fin, c'est sur le seul nom du scénariste à qui je faisais confiance pour me faire oublier l'esthétique au profit de l'histoire elle-même. Le charme a failli agir, et la lecture est même plutôt agréable et intrigante jusqu'aux ¾ de l'album et puis malheureusement, tout se précipite d'un coup, déductions et accusations tombent sans prévenir et même si la fin sème à nouveau le doute, je reste déçue.
A mon avis, ce récit aurait mérité, outre un autre dessinateur, un plus grand développement et une plus longue plongée dans la psychologie de celui à qui on fait porter le chapeau.
En résumé : un bon potentiel gâché par un graphisme qui m'a rebutée et une fin que j'ai trouvée bâclée.
Vraiment déçu par cette BD. De ce premier tome, je n'en retiendrai pas grand chose et il est peu probable que je lise le deuxième (et dernier) tome. La faute à quoi ?
Tout d'abord, au "thème" abordé (essayons de ne pas trop spoiler) : avec celui-ci, on peut faire du bon comme du mauvais. Ici, c'est entre les deux : j'ai trouvé ça banal.
Ensuite, l'humour plus ou moins présent dans les dialogues : ben non, c'est pas ça du tout et ça ne m'a plus énervé qu'autre chose.
Continuons : le graphisme et les couleurs. Ouais, c'est bien, rien de spécial à redire (un peu trop "informatique" ces couleurs, mais rien de bien méchant).
Et pour finir : le "coup de théâtre" final (bon, d'accord, j'y étais préparé). Ben, il ne m'a rien fait du tout et les dernières pages nous plongent dans une partie que je ne me botte pas (vraiment dur d'en parler sans spoiler).
Au final, une BD assez banale à mon goût, mais qui peut plaire à d'autres...
Marie-Christine Queillé et Marc Lizano racontent la naissance de leur fille Louise née après seulement sept mois de grossesse. Nous suivons leur parcours au quotidien, leurs questionnements, leurs doutes et leurs peurs. Nous observons cette petite Louise alors qu’elle joue avec des figurines de Casimir, se promène avec son père, dessine ou fête ses trois ans. Raconter les joies et difficultés à devenir et être parent a déjà tellement été effectué et sous tous les angles qu’il est assez difficile d’y apporter quelque chose de nouveau.
L’album propose cinq histoires courtes mettant en scène la petite Louise allant de sa naissance à son troisième anniversaire. c'est donc une véritable autobiographie. Louise a d'ailleurs été nominé au Festival International de la Bande Dessinée de Sierre 2004 (Suisse) dans la catégorie « Meilleur premier album ».
Pour ma part, j'ai trouvé que c'est un album de famille à partager en famille dans la plus stricte intimité. Franchement, cela n'apporte rien de nouveau et c'est presque gênant. Bien sûr, cette simplicité si fleur bleue pourra plaire. Ce n'est pas mon cas car j'attendais quand même un peu plus d'originalité.
Les parents sont totalement gaga de leur fille qui est élevée au rang de princesse absolue du royaume. Les casimirs font tâche d'huile comme la résurgence d'une époque parentale qui n'est pas celle de Louise (nous sommes dans les années 2000). Je crois qu'il faut vivre avec son temps. Je n'ai moi-même pas imposé Casimir à mes enfants (mais chacun fait ce qu'il veut, hein !). Tiens, cela me fait penser qu'un de mes collègues refuse de mettre "Bob l'éponge'' à son fils âgé de 3 ans et demi à cause de l'extrême violence des propos de cette série... :|
Au final, trop de béatitude et de banalités... Cela fait album de photos et pas assez bd.
Les planches postées en avant-première sur le site avaient bien attisé ma curiosité mais mon premier feuilletage en librairie avait un peu calmé mes ardeurs. Les avis étant très partagés à la fois sur l'histoire et le dessin, je me suis tout de même laissée tenter et au final, je ne suis pas emballée du tout !
Pour commencer, le dessin ne m'a pas vraiment convaincue, j'ai souvent eu l'impression d'être au musée Grévin tant les visages sont lisses et figés, j'ai même cru à un moment donné qu'un des personnages dessinés était mort, c'est pour dire.
De plus, cette histoire d'héritiers et de guerres de succession ne m'intéresse pas plus que cela, je ne sais même pas ce que l'on cherche et vers quoi on est supposé aller à la fin de ce tome… L'évocation des souvenirs de guerre des 3-4 personnages principaux m'a ennuyée. J'attendais avec impatience de passer la fameuse page 36 qui, selon Miranda, marquait la limite entre la partie chiante et le top du must de l'histoire, j'en attendais probablement trop car le miracle ne s'est pas produit en cette fin d'album…
Sans moi pour la suite.
Le premier tome (4/5) est très original, plein d'humour, avec un scénario qui tient la route et un style graphique accrocheur.
Avec le 2ème tome (2,5/5) j'ai commencé à ressentir une baisse, surtout au niveau du scénario (les épreuves sont remportées beaucoup trop facilement grâce à une pirouette scénaristique du "bon génie", c'est dommage parce que ça enlève une bonne part de l'intérêt).
Malheureusement le 3ème tome (1/5) est mauvais : non seulement le graphisme nerveux et détaillé fait place à un trait grossier, et à une absence de détails dans les décors et arrières plans, mais surtout, surtout, le scénario est d'une platitude désespérante ! C'est répétitif et vraiment lassant...
Au final - et encore une fois - une série qui démarre bien et qui s'essouffle très vite. Quand est-ce que tous ces créateurs vont comprendre que le scénario EST le point le plus important et qu'il convient d'avoir écrit quelque chose d'intéressant AVANT ? Pondre des suites sans intérêt en s'appuyant sur le succès d'un premier tome est une bien mauvaise stratégie...
Monsieur Tarèk : au lieu de multiplier les scénarios et les BD, concentrez-vous sur ce que vous faites et faites-le mieux. Un lecteur déçu.
Formellement, ce manga n'est pas mauvais.
Le graphisme est beau et épuré. Il s'en dégage une esthétique douce et lumineuse. Les personnages sont minces et dotés de traits fins et occidentaux. Les décors sont simples mais souvent assez poétiques. C'est donc plutôt joli même si le style ne se différencie guère de celui de nombreux josei (manga pour jeunes femmes) similaires.
Quant à l'histoire, elle est assez originale.
Elle met en scène Shiori, une jeune étudiante en art timide qui passe son temps entre les expositions et la bibliothèque de l'université d'un ami. Elle va y faire la rencontre de Kageyama, un jeune homme taciturne qui va la fasciner. Celui-ci, ouvertement homosexuel, masque un sombre passé et notamment la mort de son amant, assassiné de façon mystérieuse. Alors que Shiori va se rapprocher de Kageyama, il va lui arriver un drame qui va modifier sa vie. Et la façon dont Kageyama y réagira augmentera d'autant plus son trouble.
Au temps de l'amour aborde donc de manière étonnante les sentiments de l'amour, un amour souvent bien particulier, impossible, tourmenté ou perverti. Il aborde également les sujets assez noirs de traumatismes tels que le meurtre d'un proche, le viol ou la domination.
Le souci, c'est que je n'ai vraiment pas pris plaisir à lire ce manga. Son rythme très lent m'a ennuyé. Et les personnages ne me sont surtout pas parus attachants.
Le comportement de Shiori est pénible. On dirait qu'elle passe son temps à rester plantée droite et hésitante, sans oser s'exprimer pour de bon, tellement docile qu'elle ne dit jamais non même quand il s'agit de sortir avec un garçon qu'elle n'aime pas ou quand ce dernier lui fait l'amour alors qu'elle ne veut pas. On a souvent envie de lui ficher des claques, et le traumatisme qu'elle subit dans le récit ne suffit pas à expliquer son comportement car elle l'avait visiblement avant même les faits. De même, l'état d'esprit de Kageyama est étrange, pas toujours compréhensibles, et son côté beau ténébreux ne suffit pas à lui donner de l'intérêt à mes yeux.
Et puis surtout, il y a l'aspect tordu que prend le récit vers la fin avec des choses aberrantes qui ont lieu sous couvert de ce que l'auteure appelle "amour" mais que je n'arrive pas à comprendre. Je trouve cette vision de l'amour franchement glauque alors qu'elle semble y voir une forme de romantisme au sens "coeur mis à nu et noirceur des sentiments".
Quoiqu'il en soit, j'ai peiné à finir ce manga et je n'en garderai pas un souvenir marquant.
Il y a plus de 30 ans les Editions des femmes avaient décidé de produire une série de bandes dessinées sur des figures féminines de premier plan. Je ne sais pas s'il y eut d'autres tentatives, mais cette "Aurore" ne fut pas une franche réussite...
Ce fut le second album d'Annie Goetzinger (deux ans après "Casque d'Or", déjà une figure féminine particulière), et l'on sent le côté un peu amateur du dessin. Pourtant il y a de la recherche, avec ces cadres désuets mais adaptés à l'époque traitée, certains cadrages originaux... Mais cela ne rattrape pas l'aspect figé des personnages, leur regard à la fois vide et hagard, leur mine blafarde... Certains défauts d'ailleurs réhaussés par une mise en couleurs parfois totalement absente (on a donc des dégradés de gris) et parfois épouvantable. L'ensemble du bouquin n'est pas très agréable à manier et son âge le trahit.
Sur le plan de l'histoire c'est une biographie mièvre sur un personnage somme toute assez inintéressant. Certes, le passage de sa relation avec Alfred de Musset apporte un peu plus d'épaisseur, mais on a un peu l'impression de lire une histoire d'amour entre deux endives. Ça manque de sel.
A noter qu'en annexes se trouvent des extraits des évocations autobiographiques de George Sand.
Une oeuvre à réserver aux amateurs de la dessinatrice ou de George Sand elle-même.
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Le Grand Manque
Sorti de son idée de départ (elle-même déjà exploitée par d’autres artistes et d’autres médias), ce diptyque n’a rapidement plus grand-chose à offrir. Les clichés s’amoncellent rapidement, notamment au niveau de la description du régime politique, dans lequel l’intolérance de la religion sert la cause d’un régime totalitaire. Cliché aussi, ces représentantes de l’ordre amoureuses de leurs matraques, méchantes, violentes et sans cervelle. Cliché toujours, la gentille héroïne entrainée malgré elle dans une course poursuite infernale. Clichés enfin, les rebondissements sans surprises et, plus grave encore, sans rythme, qui se succèdent au fil de pages sans saveur. En plus, le dessin de Ribeiro n’est vraiment pas de ceux que j’affectionne. Les personnages n’ont pas l’air d’avoir les pieds par terre. Les décors manquent de relief et de profondeur (tout me semble sur le même plan). Les expressions de visages sont toujours les mêmes. Les couleurs sont on ne peut plus fades et démodée. Si, encore, des scènes érotiques torrides avaient pu capter mon attention. Mais non, même pas, les auteurs se contentent d’un doigt (c’est le mot juste) d’érotisme par ci par là … Je suis toutefois parvenu au terme de cette lecture (même si je me suis endormi à deux reprises durant celle-ci). Je ne peux donc pas dire que j’ai détesté mais c‘est un très petit 2/5 que je lui accorde.
Victor (Loyer)
J’attendais un peu plus de cette série mettant en scène une sorte de mauvais garçon qui s’ingénie à faire le malheur dans des univers de contes… Au final Loyer n’en fait pas grand-chose, les péripéties s’enchaînent sans beaucoup de logique, on s’ennuierait presque au troisième tome, après deux premiers corrects… Victor est insipide, ses compagnons transparents, et les personnages qu’ils affrontent sont à peine mieux… Reste le dessin plutôt sympa, style habituel chez Loyer. Note : j’ai indiqué « série abandonnée », car malgré le fait que les tomes peuvent se lire indépendamment, la suite que semble annoncer la fin du tome 3 se fait attendre depuis près de 10 ans…
Bob Morane
Soyons clair : cette série est un foutoir sans nom, et il est difficile d’en établir une liste chronologique tant les changements d’éditeurs, de dessinateurs, de collections et les rééditions ont réussi à mélanger les tomes mieux que ma compagne lorsqu’elle se mêle de remettre de l’ordre dans ma bibliothèque. Peut-être l’intégrale parvient-elle à effacer ce problème, mais, ne l’ayant pas lue, je ne peux me prononcer. Et non seulement il est difficile d’en définir une liste exhaustive mais, de plus, il m’est difficile d’en dégager une ligne de conduite. Car Bob Morane est un vrai touche-à-tout de l’aventure. Qui est-il exactement ? A l’heure actuelle, je me pose encore la question. Tour à tour proche des services secrets, ami des agents fédéraux, archéologue, aventurier, il connaîtra des histoires variées au possible … qui ne se limiteront pas à notre planète ni à notre époque, car la série propose quelques tomes de science-fiction pure. Et ses ennemis seront, à cette image, très diversifiés même si deux d’entre eux se dégagent clairement et viendront très régulièrement ennuyer notre valeureux héros français (à moins que ce ne soit l’inverse). On peut distinguer trois périodes, que l’on peut scinder en fonction des dessinateurs, dont chaque mériterait une chronique séparée (exotisme, archéologie et civilisations perdues pour Forton, Attanasio et Géron, science-fiction et fantastique pour Vance, policier, complots et savants fous pour Coria). Toutefois, Henri Vernes a un style qui lui est propre au niveau de l’élaboration des scénarios, et certaines constantes peuvent être dégagées. Tout d’abord, Bob Morane est le héros parfait. Courageux, intelligent, toujours du côté de la veuve et de l’orphelin, il maitrise tous les types d’arme et toutes les techniques de combat (de la savate française à la boxe anglaise, en passant par le Ju-jitsu). Ensuite, il a très souvent à ses côtés un partenaire (pas toujours le même mais Bill Ballantine est souvent celui-là) qui l’aidera à s’extraire des coups les plus tordus. La playmate est toujours présente, et Bob Morane est un sacré tombeur qui, à l’image d’un James Bond, multiplie les amourettes de passage. La narration est également très reconnaissable. En effet, Henri Vernes est, avant toute chose, un écrivain. Et son style demeure très littéraire dans ses bandes dessinées. La narration est donc fort présente et explique bien souvent ce que le dessin nous montre déjà très clairement. Ce style est, à mes yeux, assez lourd mais garantit une lecture plutôt dense. La structure, avec une introduction, une succession d’aventures qui mettront Bob à mal, avant d’atteindre une conclusion parfois incroyablement expéditive est également très reconnaissable. Proche de la structure employé par Greg ou Charlier, elle n’atteint cependant pas la même qualité et les conclusions sont souvent ratées, car expédiées. La période de Vance est celle que j’apprécie le moins, mais je ne suis pas fan de science-fiction à base de pistolets désintégrateurs, ni de bulles-prisons ou de remake de La Machine à explorer le temps de Wells. Je lui accorderais un petit 2/5. La période Coria n’est pas bien meilleure même si ce dessinateur est peut-être le plus plaisant de la bande (et certainement le plus moderne, car le plus jeune). Les tomes sont moins riches et offrent des récits assez vides malgré la narration très présente. Les albums sont très prévisibles et offrent énormément de clichés (2/5). La période Forton, Attanasio, Géron est finalement celle que je préfère. Elle n’atteint cependant pas les sommets et je la comparerais à un sous - « Bernard Prince ». Les clichés sont déjà nombreux mais me choquent moins car, à l'époque, la bande dessinée était naturellement bourrée de clichés et naïve. Un petit 3/5. Vous l’aurez compris : Bob Morane ne m’a pas convaincu et mon estimation moyenne est plus proche du 2/5 que du 3/5, même si la première époque offre quelques tomes divertissants.
Le saigneur de Tiffauges
Bof, bof… D'emblée j'ai été gênée par le style graphique de cette BD : d'un côté des photos retouchées (et des fois très peu) avec des ombres très exagérées qui manquent parfois de réalisme et des couleurs mal assorties, de l'autre du dessin "à la main" de piètre qualité, qui fait presque regretter les parties photo… Seules la silhouette et la tête de la vieille femme sortent un peu du lot. Si j'ai tout de même poussé ma lecture jusqu'à la fin, c'est sur le seul nom du scénariste à qui je faisais confiance pour me faire oublier l'esthétique au profit de l'histoire elle-même. Le charme a failli agir, et la lecture est même plutôt agréable et intrigante jusqu'aux ¾ de l'album et puis malheureusement, tout se précipite d'un coup, déductions et accusations tombent sans prévenir et même si la fin sème à nouveau le doute, je reste déçue. A mon avis, ce récit aurait mérité, outre un autre dessinateur, un plus grand développement et une plus longue plongée dans la psychologie de celui à qui on fait porter le chapeau. En résumé : un bon potentiel gâché par un graphisme qui m'a rebutée et une fin que j'ai trouvée bâclée.
Genuine City
Vraiment déçu par cette BD. De ce premier tome, je n'en retiendrai pas grand chose et il est peu probable que je lise le deuxième (et dernier) tome. La faute à quoi ? Tout d'abord, au "thème" abordé (essayons de ne pas trop spoiler) : avec celui-ci, on peut faire du bon comme du mauvais. Ici, c'est entre les deux : j'ai trouvé ça banal. Ensuite, l'humour plus ou moins présent dans les dialogues : ben non, c'est pas ça du tout et ça ne m'a plus énervé qu'autre chose. Continuons : le graphisme et les couleurs. Ouais, c'est bien, rien de spécial à redire (un peu trop "informatique" ces couleurs, mais rien de bien méchant). Et pour finir : le "coup de théâtre" final (bon, d'accord, j'y étais préparé). Ben, il ne m'a rien fait du tout et les dernières pages nous plongent dans une partie que je ne me botte pas (vraiment dur d'en parler sans spoiler). Au final, une BD assez banale à mon goût, mais qui peut plaire à d'autres...
Louise
Marie-Christine Queillé et Marc Lizano racontent la naissance de leur fille Louise née après seulement sept mois de grossesse. Nous suivons leur parcours au quotidien, leurs questionnements, leurs doutes et leurs peurs. Nous observons cette petite Louise alors qu’elle joue avec des figurines de Casimir, se promène avec son père, dessine ou fête ses trois ans. Raconter les joies et difficultés à devenir et être parent a déjà tellement été effectué et sous tous les angles qu’il est assez difficile d’y apporter quelque chose de nouveau. L’album propose cinq histoires courtes mettant en scène la petite Louise allant de sa naissance à son troisième anniversaire. c'est donc une véritable autobiographie. Louise a d'ailleurs été nominé au Festival International de la Bande Dessinée de Sierre 2004 (Suisse) dans la catégorie « Meilleur premier album ». Pour ma part, j'ai trouvé que c'est un album de famille à partager en famille dans la plus stricte intimité. Franchement, cela n'apporte rien de nouveau et c'est presque gênant. Bien sûr, cette simplicité si fleur bleue pourra plaire. Ce n'est pas mon cas car j'attendais quand même un peu plus d'originalité. Les parents sont totalement gaga de leur fille qui est élevée au rang de princesse absolue du royaume. Les casimirs font tâche d'huile comme la résurgence d'une époque parentale qui n'est pas celle de Louise (nous sommes dans les années 2000). Je crois qu'il faut vivre avec son temps. Je n'ai moi-même pas imposé Casimir à mes enfants (mais chacun fait ce qu'il veut, hein !). Tiens, cela me fait penser qu'un de mes collègues refuse de mettre "Bob l'éponge'' à son fils âgé de 3 ans et demi à cause de l'extrême violence des propos de cette série... :| Au final, trop de béatitude et de banalités... Cela fait album de photos et pas assez bd.
Le Banni
Les planches postées en avant-première sur le site avaient bien attisé ma curiosité mais mon premier feuilletage en librairie avait un peu calmé mes ardeurs. Les avis étant très partagés à la fois sur l'histoire et le dessin, je me suis tout de même laissée tenter et au final, je ne suis pas emballée du tout ! Pour commencer, le dessin ne m'a pas vraiment convaincue, j'ai souvent eu l'impression d'être au musée Grévin tant les visages sont lisses et figés, j'ai même cru à un moment donné qu'un des personnages dessinés était mort, c'est pour dire. De plus, cette histoire d'héritiers et de guerres de succession ne m'intéresse pas plus que cela, je ne sais même pas ce que l'on cherche et vers quoi on est supposé aller à la fin de ce tome… L'évocation des souvenirs de guerre des 3-4 personnages principaux m'a ennuyée. J'attendais avec impatience de passer la fameuse page 36 qui, selon Miranda, marquait la limite entre la partie chiante et le top du must de l'histoire, j'en attendais probablement trop car le miracle ne s'est pas produit en cette fin d'album… Sans moi pour la suite.
Le Tsar Fou
Le premier tome (4/5) est très original, plein d'humour, avec un scénario qui tient la route et un style graphique accrocheur. Avec le 2ème tome (2,5/5) j'ai commencé à ressentir une baisse, surtout au niveau du scénario (les épreuves sont remportées beaucoup trop facilement grâce à une pirouette scénaristique du "bon génie", c'est dommage parce que ça enlève une bonne part de l'intérêt). Malheureusement le 3ème tome (1/5) est mauvais : non seulement le graphisme nerveux et détaillé fait place à un trait grossier, et à une absence de détails dans les décors et arrières plans, mais surtout, surtout, le scénario est d'une platitude désespérante ! C'est répétitif et vraiment lassant... Au final - et encore une fois - une série qui démarre bien et qui s'essouffle très vite. Quand est-ce que tous ces créateurs vont comprendre que le scénario EST le point le plus important et qu'il convient d'avoir écrit quelque chose d'intéressant AVANT ? Pondre des suites sans intérêt en s'appuyant sur le succès d'un premier tome est une bien mauvaise stratégie... Monsieur Tarèk : au lieu de multiplier les scénarios et les BD, concentrez-vous sur ce que vous faites et faites-le mieux. Un lecteur déçu.
Au temps de l'amour
Formellement, ce manga n'est pas mauvais. Le graphisme est beau et épuré. Il s'en dégage une esthétique douce et lumineuse. Les personnages sont minces et dotés de traits fins et occidentaux. Les décors sont simples mais souvent assez poétiques. C'est donc plutôt joli même si le style ne se différencie guère de celui de nombreux josei (manga pour jeunes femmes) similaires. Quant à l'histoire, elle est assez originale. Elle met en scène Shiori, une jeune étudiante en art timide qui passe son temps entre les expositions et la bibliothèque de l'université d'un ami. Elle va y faire la rencontre de Kageyama, un jeune homme taciturne qui va la fasciner. Celui-ci, ouvertement homosexuel, masque un sombre passé et notamment la mort de son amant, assassiné de façon mystérieuse. Alors que Shiori va se rapprocher de Kageyama, il va lui arriver un drame qui va modifier sa vie. Et la façon dont Kageyama y réagira augmentera d'autant plus son trouble. Au temps de l'amour aborde donc de manière étonnante les sentiments de l'amour, un amour souvent bien particulier, impossible, tourmenté ou perverti. Il aborde également les sujets assez noirs de traumatismes tels que le meurtre d'un proche, le viol ou la domination. Le souci, c'est que je n'ai vraiment pas pris plaisir à lire ce manga. Son rythme très lent m'a ennuyé. Et les personnages ne me sont surtout pas parus attachants. Le comportement de Shiori est pénible. On dirait qu'elle passe son temps à rester plantée droite et hésitante, sans oser s'exprimer pour de bon, tellement docile qu'elle ne dit jamais non même quand il s'agit de sortir avec un garçon qu'elle n'aime pas ou quand ce dernier lui fait l'amour alors qu'elle ne veut pas. On a souvent envie de lui ficher des claques, et le traumatisme qu'elle subit dans le récit ne suffit pas à expliquer son comportement car elle l'avait visiblement avant même les faits. De même, l'état d'esprit de Kageyama est étrange, pas toujours compréhensibles, et son côté beau ténébreux ne suffit pas à lui donner de l'intérêt à mes yeux. Et puis surtout, il y a l'aspect tordu que prend le récit vers la fin avec des choses aberrantes qui ont lieu sous couvert de ce que l'auteure appelle "amour" mais que je n'arrive pas à comprendre. Je trouve cette vision de l'amour franchement glauque alors qu'elle semble y voir une forme de romantisme au sens "coeur mis à nu et noirceur des sentiments". Quoiqu'il en soit, j'ai peiné à finir ce manga et je n'en garderai pas un souvenir marquant.
Aurore
Il y a plus de 30 ans les Editions des femmes avaient décidé de produire une série de bandes dessinées sur des figures féminines de premier plan. Je ne sais pas s'il y eut d'autres tentatives, mais cette "Aurore" ne fut pas une franche réussite... Ce fut le second album d'Annie Goetzinger (deux ans après "Casque d'Or", déjà une figure féminine particulière), et l'on sent le côté un peu amateur du dessin. Pourtant il y a de la recherche, avec ces cadres désuets mais adaptés à l'époque traitée, certains cadrages originaux... Mais cela ne rattrape pas l'aspect figé des personnages, leur regard à la fois vide et hagard, leur mine blafarde... Certains défauts d'ailleurs réhaussés par une mise en couleurs parfois totalement absente (on a donc des dégradés de gris) et parfois épouvantable. L'ensemble du bouquin n'est pas très agréable à manier et son âge le trahit. Sur le plan de l'histoire c'est une biographie mièvre sur un personnage somme toute assez inintéressant. Certes, le passage de sa relation avec Alfred de Musset apporte un peu plus d'épaisseur, mais on a un peu l'impression de lire une histoire d'amour entre deux endives. Ça manque de sel. A noter qu'en annexes se trouvent des extraits des évocations autobiographiques de George Sand. Une oeuvre à réserver aux amateurs de la dessinatrice ou de George Sand elle-même.