Note : 1.5/5
Quand j'ai entamé cette BD, composée d'histoires courtes sous forme de strips de 2 à 4 pages racontant les séances cinéma de l'auteur, je me suis dit qu'il y avait peut-être moyen que ce soit bien. Les premières histoires ne m'ont pas passionné du tout ni fait rire, mais je me suis dit que ça allait me permettre de découvrir avec le sourire des films plus ou moins récents que je ne connaissais pas ou d'avoir une autre vision de films que j'avais vus.
Mais très vite, j'ai commencé à penser que l'auteur n'avait vraiment rien à dire sur ces fameux films. Et il en vient même à s'en foutre tellement qu'il finit par parler seulement des bandes annonces, ou à dire qu'il n'a pas vu le film parce qu'il avait la flemme ou que ça le faisait chier. Bref, on le sent se forcer à débiter des strips parce qu'il est payé pour ça par le journal Le Monde alors que ça le fait chier et qu'il n'a rien à dire.
Arrivé à la moitié de l'album, ça a commencé à sérieusement me gonfler. Ce n'était jamais drôle, c'était totalement inintéressant, et le côté volontairement je-m'en-foutiste et provoquant de l'auteur m'a été de plus en plus pénible.
Je suis allé jusqu'au bout de l'album mais j'ai été content de pouvoir enfin le refermer.
Ce livre nous entraîne dans une étrange sarabande poétique et psychoactive en terre inconnue. Conçue (peut-être) par un sale gosse, Joe Kessler, pur génie ou fumiste patenté (ou les deux en même temps), capable de séduire le jury d’un illustre festival de BD.
Voilà bien un ouvrage qui m’interroge et me pose une sorte de dilemme. Arnaud, mon frère de sang comme de cœur, avec qui nous avons des goûts généralement assez similaires en matière de bande dessinée, était le premier à m’avoir parlé, début janvier — et de façon dithyrambique — de ce petit livre, signé d’un auteur inconnu et qui figurait dans la sélection pour le palmarès 2020 du Festival d’Angoulême. Quelques jours plus tard, « Lucarne » recevait du jury angoumoisin le Prix révélation…
Désormais, il était évident que je ne pouvais plus faire l’impasse, même si cet OVNI, qui en premier lieu m’avait révulsé par sa couverture, ne m’avait pas davantage convaincu lorsque je l’avais feuilleté sur le stand de l’Association. Pourtant, ma curiosité ayant été titillée, il me fallait sortir de ma zone de confort et découvrir ce qui pouvait bien se tramer derrière cette « Lucarne ».
Bien décidé à aborder l’ouvrage avec un œil vierge, je respirai trois grandes bouffées d’air et ravalai mes grimaces aprioriques. Après avoir contemplé pendant une bonne minute la couverture, je commençai à tourner les pages avec l’état d’esprit d’un nouveau-né découvrant le monde qui l’entoure. Ayant pu faire abstraction du style, proche de celui d’un enfant de trois ans — d’où l’intérêt sans doute de se mettre dans la peau d’un nouveau-né — et des aplats globalement limités à trois couleurs (vert, jaune, rouge) affreusement criardes, j’espérais pouvoir trouver une compensation dans une narration un tant soit peu construite. Mes espoirs furent bien vite déçus, et c’est dans un état d’hébétement total que je terminai cette lecture, qui heureusement pour mes mécanismes de concentration poussés au taquet, ne dura pas plus de quinze minutes. Au-delà je l’avoue, j’eus craint de me cramer les yeux. Dès lors, vous l’aurez compris, mon avis ne sera guère favorable. Parce que je ne suis jamais rentré dedans, et que plus j’avançais, plus la fameuse lucarne se réduisait aux dimensions d’un œil-de-bœuf. A cause sans doute d’une part de fainéantise que j’assume pleinement, je serais bien incapable de résumer ce récit ou d’en parler. Pas plus que je ne pourrai faire semblant de l’avoir compris ou de l’avoir apprécié autant que l’Association et le jury d’Angoulême.
En un mot comme en cent, j’avoue humblement être resté totalement hermétique face au petit bouquin, même si j’ai bien conscience qu’il fallait l’appréhender comme une œuvre poétique, atypique, hors normes, révolutionnaire, néo-conceptuelle, nihiliste, néo-dadaïste, déconstruite, post-psychédélique et j’en passe, bref, tous les qualificatifs qu’utiliseront vraisemblablement ceux qui ont aimé… Mais il me semble que l’étiquette « expérimental » permet un peu trop facilement de faire passer des délires mystico-maniaques pour du talent…
Et pourtant, j’ai beau trouver l’objet moche et sans intérêt, j’ai assez peu envie de le vouer aux gémonies, par frustration ou par dépit d’être bêtement resté au bord du chemin. Peut-être aurais-je dû consommer des psychotropes ou autres substances débridantes (faut dire que j'fume pu d'shit)… Le résumé de l’éditeur suggère que plusieurs lectures sont nécessaires. Un argument peut-être utile, aucune notice explicative n’étant fournie. Dans un style assez voisin, on préférera Brecht Evens, qui pour sa part parvient à mettre un peu d’ordre et de beauté dans son chaos intérieur.
J’ai reçu cette bd d’un pote au milieu d’autres, qu’il n’avait pas la place de garder chez lui. Je n’ai pas forcément la place non plus, et ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas cette bd-là qui va la prendre.
Les gags qui sont tous sur le même thème, déjà, c’est souvent barbant. Mais alors quand c’est toujours la même chose, à savoir Juliette sur son balcon et Roméo qui tente de la courtiser, c’en est presque insupportable. Les gags ne sont pas drôles, ils sont répétitifs et peu inventifs.
Le dessin, quant à lui, n’est pas original pour un sou, il est vu et rerevu dans ce type de bds commerciales. Et dans le genre, il est même en dessous de la moyenne. Les personnages sont moches, et même si le ressort comique joue là dessus, il y a des limites. On peut faire des personnages “moches” beaux, ou au moins regardables. Là, je n’avais même plus envie de continuer ma lecture, qui a été presque pénible.
Bref, j’ai pas aimé.
Première découverte d'Alberto Breccia, dessinateur argentin dont j'avais entendu parler surtout pour Mort Cinder et L'Eternaute, mais je n'avais jamais été tenté, et ce n'est pas avec "Perramus" que ça va m'encourager.
C'est le genre de Bd que je n'aime pas et que j'ai du mal à comprendre, en plus celle-ci est très difficile d'accès et surtout peu lisible au niveau graphique, ce noir & blanc en forme d'aquarelle, un peu mouvant par endroits et qui change d'aspect, ce n'est pas ce que j'aime en bande dessinée. Je me risque même à dire que c'est assez hideux, pas du tout esthétique, picturalement, il y a sans doute une recherche, mai j'aime pas du tout.
J'ai vaguement compris qu'il s'agit d'une charge et d'un règlement de comptes sur une époque abominable d'un pays d'Amérique du Sud indéterminé, mais qui en filigrane désigne l'Argentine d'autrefois, car à travers ce récit, les auteurs démontent les rouages d'un régime totalitaire qui règne par la terreur, c'est un récit fort et très réaliste, mais ce n'est pas du tout pour moi. Si je n'avais pas eu l'occasion de le lire dans les numéros de Circus de 1985, je crois que je serais resté ignorant de cette Bd, ça n'aurait certes pas été une perte pour moi, mais c'est bien pour ma culture BD que je l'ai découvert.
Un mot me vient à l'esprit pour qualifier Héroïnes Game : pathétique ! Maintenant, il faut que j'explique pourquoi. C'est bien beau de balancer un jugement hâtif, encore faut-il donner des arguments valables justifiant cette position.
Alice est une idole, à savoir une fille qui se produit en spectacle en voulant être la meilleure. On ne sait pas pourquoi mais elle se réveille en pleine forêt et sera alors prise en chasse par le petit chaperon rouge. Elle se retrouve au milieu d'héroïnes de conte de fée qui doivent se massacrer pour qu'il n'en reste plus qu'une seule dans une sorte de survival game. Voilà pour le pitch et ce n'est pas très emballant. C'est même très ridicule.
Logique et cohérence ne constituent pas pour autant les points forts de ce manga. C'est terrifiant de médiocrité. Cela cumule les pires clichés du genre, jusqu'à peu à peu passer du côté obscur du genre : la parodie accidentelle.
Je n'ai eu qu'un seul souhait : échapper à ce conte macabre qui est dénué d'intérêt.
Je reprends une partie de l'avis (de l'éditeur je suppose) placé au dos du livre : "un récit d'anticipation profond, grave et lumineux".
Je me demande bien en quoi ce récit est profond ? parce qu'il est sensé aller au fond des choses ? cad au fond des réflexions sur notre planète, nos sociétés, les relations fils-mère ? Je trouve que ce récit ne fait rien de cela. On a d'ailleurs vraiment du mal à comprendre comment les gens vivent sur cette planète. La lecture de ce livre n'est pas facile.
"Grave" : oui le sujet est grave. Il ne reste que 10 pourcents des habitants de la planète qui sont tous entassés dans 7 villes. Et encore, je ré-écris ça parce que je l'ai lu dans les commentaires sur ce livre.
Et "lumineux" alors là c'est le bouquet ! C'est sombre, c'est noir, j'ai dû m'accrocher pour lire jusqu'à la fin. Le graphisme est aussi sombre que l'histoire est morne et, pour ma part, inintéressante.
Amateur de BD depuis toujours, cela a été une épreuve de lire celle-ci, aucun plaisir.
Je me doute pourtant des heures et des heures de travail et j'en suis désolé pour les auteurs.
Voilà une BD qui me laisse perplexe. Je sais que c'est adapté d'une nouvelle, je ne connais pas le texte original et je me demande bien ce qu'il vaut. Ce qui est sûr c'est que cette adaptation est plutôt ennuyeuse.
On assiste à un dialogue entre 2 personnes qui parlent autour d'une machine à exécuter la peine de mort. Enfin c'est plutôt un monologue déblatéré par le militaire en charge des exécutions, brièvement entrecoupé par quelques réponses de son visiteur. Des pages et des pages pour expliquer comment fonctionne la machine, comment on installe le prisonnier, ce qu'il ressent, à quel moment il arrête de hurler car il n'en a plus la force... Je cherche encore l'intérêt ....
Le pire c'est que l'adaptation en BD n'apporte rien puisque la plupart des cases représentent uniquement notre homme, son visage ou son buste, et les phylactères. Il n'y a pas de décors dans 9 cases sur 10. On ne peut pas dire que la mise en images, le cadrage ou les couleurs (aux nombres de 8) mettent en valeur le texte ou le sublime d'une quelconque façon.
Vite lu et bientôt vite oublié.
J'avoue que je n'ai pas compris grand chose à cette histoire, je l'avais découverte lors de sa prépublication dans Circus en 1977, et à l'époque, étant encore adolescent, je n'avais rien compris, ce genre de Bd ne m'intéressait pas. Comme à cet âge, on condamne ce qu'on ne comprend pas, je l'ai vite oubliée. Et puis dernièrement, comme j'ai eu l'occasion de récupérer la collection complète des 130 numéros de Circus, je me suis risqué à la relire.
J'ai capté quelques éléments, mais pas beaucoup plus, c'est un récit enrobé d'un fantastique très singulier et déstabilisant, on avance avec peine dans une narration très atypique et embrouillée, où tout tourne autour d'une armoire dont sortent des personnages étranges, l'enchainement des situations est totalement déroutant. On est vraiment dans un drôle d'univers, le classement en inclassable est complètement justifié. Ce qui m'étonne encore plus, c'est que ce récit soit illustré par un dessinateur comme Poivet, issu d'une école classique, connu surtout pour Guy Lebleu, et qui n'a guère habitué ses lecteurs à une Bd de ce type, pourtant je n'ai jamais été admiratif de son style qui ressemble le plus souvent à une sorte de crayonné. Cependant, sur cet album, son dessin est très chouette, c'est un beau noir & blanc assez travaillé.
Cet album témoigne des débuts du catalogue Glénat, bien avant qu'il crée ses collections Vécu, Grafica ou Caractère, qui fut assez vite retiré après 1984 car sans doute jugé peu commercial ; à cette époque, Glénat tentait des trucs un peu risqués, avec des séries comme Patrick Maudick ou Matricule 45000 qui ont elles aussi disparu du catalogue après 1988.
Encore une de ces Bd des tout débuts du journal Circus puisqu'elle est prépubliée en 1979 sous le titre "la Maison du Fou". Comme L'Échiquier cubique, c'est un album qui ne fit pas long feu dans le catalogue Glénat qui à cette époque prenait des risques éditoriaux ; il est probable qu'on ne reverrait plus ce genre de bande aujourd'hui. Dans un sens, c'est dommage car ça permettait à des auteurs de s'exprimer, en l'occurrence ici ce François Royet dont on n'entendra plus jamais parler par la suite après avoir signé cet unique album.
Le récit est limite subversif et provocateur pour l'époque, puisqu'il s'agit d'un groupe mystérieux et sans doute extrémiste qui organise meurtres et enlèvements afin de déstabiliser le pouvoir en place ; il y a donc comme un parfum d'anarchisme dans ce récit qui s'enlise dans une narration dépourvue de tout intérêt, l'auteur ne sachant pas rendre son histoire passionnante.
Sinon, le dessin n'est pas mal, il lorgne vers un style Ligne Claire comme c'était la mode en ce début d'années 80, mais une Ligne Claire mal définie et bizarre, car c'est très réussi dans les décors précis et les véhicules, mais beaucoup moins sur les personnages qui sont plus proches d'un style de BD enfantine. Une Bd qui ne m'a pas du tout intéressé.
La malédiction de Loki n’échappe malheureusement pas à une certaine malédiction qui touche certains mangas qui sombrent dans la médiocrité. C’est la loi des 9 pour 10 : 9 de mauvais pour un seul de bon. Après, c’est vrai qu’on peut introduire certaines nuances.
Qu’est-ce qui ne va pas ? A peu près tout en partant du graphisme assez sommaire et irrégulier aux incohérences du scénario qui fait dans la surenchère. Pourtant, cela partait d’un postulat plutôt intéressant que de peindre des toiles aux pouvoirs spéciaux. En effet, Loki va devoir accomplir sa mission à savoir la promesse effectuée à son amie rencontrée à l’orphelinat dans une sorte de quête d’art maudit.
Bref, deux mots pour résumer : moche et vide. On est très vite gonflé par cette lecture au point d’avoir très vite envie de passer à autre chose.
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Pop corn
Note : 1.5/5 Quand j'ai entamé cette BD, composée d'histoires courtes sous forme de strips de 2 à 4 pages racontant les séances cinéma de l'auteur, je me suis dit qu'il y avait peut-être moyen que ce soit bien. Les premières histoires ne m'ont pas passionné du tout ni fait rire, mais je me suis dit que ça allait me permettre de découvrir avec le sourire des films plus ou moins récents que je ne connaissais pas ou d'avoir une autre vision de films que j'avais vus. Mais très vite, j'ai commencé à penser que l'auteur n'avait vraiment rien à dire sur ces fameux films. Et il en vient même à s'en foutre tellement qu'il finit par parler seulement des bandes annonces, ou à dire qu'il n'a pas vu le film parce qu'il avait la flemme ou que ça le faisait chier. Bref, on le sent se forcer à débiter des strips parce qu'il est payé pour ça par le journal Le Monde alors que ça le fait chier et qu'il n'a rien à dire. Arrivé à la moitié de l'album, ça a commencé à sérieusement me gonfler. Ce n'était jamais drôle, c'était totalement inintéressant, et le côté volontairement je-m'en-foutiste et provoquant de l'auteur m'a été de plus en plus pénible. Je suis allé jusqu'au bout de l'album mais j'ai été content de pouvoir enfin le refermer.
Lucarne
Ce livre nous entraîne dans une étrange sarabande poétique et psychoactive en terre inconnue. Conçue (peut-être) par un sale gosse, Joe Kessler, pur génie ou fumiste patenté (ou les deux en même temps), capable de séduire le jury d’un illustre festival de BD. Voilà bien un ouvrage qui m’interroge et me pose une sorte de dilemme. Arnaud, mon frère de sang comme de cœur, avec qui nous avons des goûts généralement assez similaires en matière de bande dessinée, était le premier à m’avoir parlé, début janvier — et de façon dithyrambique — de ce petit livre, signé d’un auteur inconnu et qui figurait dans la sélection pour le palmarès 2020 du Festival d’Angoulême. Quelques jours plus tard, « Lucarne » recevait du jury angoumoisin le Prix révélation… Désormais, il était évident que je ne pouvais plus faire l’impasse, même si cet OVNI, qui en premier lieu m’avait révulsé par sa couverture, ne m’avait pas davantage convaincu lorsque je l’avais feuilleté sur le stand de l’Association. Pourtant, ma curiosité ayant été titillée, il me fallait sortir de ma zone de confort et découvrir ce qui pouvait bien se tramer derrière cette « Lucarne ». Bien décidé à aborder l’ouvrage avec un œil vierge, je respirai trois grandes bouffées d’air et ravalai mes grimaces aprioriques. Après avoir contemplé pendant une bonne minute la couverture, je commençai à tourner les pages avec l’état d’esprit d’un nouveau-né découvrant le monde qui l’entoure. Ayant pu faire abstraction du style, proche de celui d’un enfant de trois ans — d’où l’intérêt sans doute de se mettre dans la peau d’un nouveau-né — et des aplats globalement limités à trois couleurs (vert, jaune, rouge) affreusement criardes, j’espérais pouvoir trouver une compensation dans une narration un tant soit peu construite. Mes espoirs furent bien vite déçus, et c’est dans un état d’hébétement total que je terminai cette lecture, qui heureusement pour mes mécanismes de concentration poussés au taquet, ne dura pas plus de quinze minutes. Au-delà je l’avoue, j’eus craint de me cramer les yeux. Dès lors, vous l’aurez compris, mon avis ne sera guère favorable. Parce que je ne suis jamais rentré dedans, et que plus j’avançais, plus la fameuse lucarne se réduisait aux dimensions d’un œil-de-bœuf. A cause sans doute d’une part de fainéantise que j’assume pleinement, je serais bien incapable de résumer ce récit ou d’en parler. Pas plus que je ne pourrai faire semblant de l’avoir compris ou de l’avoir apprécié autant que l’Association et le jury d’Angoulême. En un mot comme en cent, j’avoue humblement être resté totalement hermétique face au petit bouquin, même si j’ai bien conscience qu’il fallait l’appréhender comme une œuvre poétique, atypique, hors normes, révolutionnaire, néo-conceptuelle, nihiliste, néo-dadaïste, déconstruite, post-psychédélique et j’en passe, bref, tous les qualificatifs qu’utiliseront vraisemblablement ceux qui ont aimé… Mais il me semble que l’étiquette « expérimental » permet un peu trop facilement de faire passer des délires mystico-maniaques pour du talent… Et pourtant, j’ai beau trouver l’objet moche et sans intérêt, j’ai assez peu envie de le vouer aux gémonies, par frustration ou par dépit d’être bêtement resté au bord du chemin. Peut-être aurais-je dû consommer des psychotropes ou autres substances débridantes (faut dire que j'fume pu d'shit)… Le résumé de l’éditeur suggère que plusieurs lectures sont nécessaires. Un argument peut-être utile, aucune notice explicative n’étant fournie. Dans un style assez voisin, on préférera Brecht Evens, qui pour sa part parvient à mettre un peu d’ordre et de beauté dans son chaos intérieur.
Les Amours compliquées de Roméo et Juliette
J’ai reçu cette bd d’un pote au milieu d’autres, qu’il n’avait pas la place de garder chez lui. Je n’ai pas forcément la place non plus, et ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas cette bd-là qui va la prendre. Les gags qui sont tous sur le même thème, déjà, c’est souvent barbant. Mais alors quand c’est toujours la même chose, à savoir Juliette sur son balcon et Roméo qui tente de la courtiser, c’en est presque insupportable. Les gags ne sont pas drôles, ils sont répétitifs et peu inventifs. Le dessin, quant à lui, n’est pas original pour un sou, il est vu et rerevu dans ce type de bds commerciales. Et dans le genre, il est même en dessous de la moyenne. Les personnages sont moches, et même si le ressort comique joue là dessus, il y a des limites. On peut faire des personnages “moches” beaux, ou au moins regardables. Là, je n’avais même plus envie de continuer ma lecture, qui a été presque pénible. Bref, j’ai pas aimé.
Perramus
Première découverte d'Alberto Breccia, dessinateur argentin dont j'avais entendu parler surtout pour Mort Cinder et L'Eternaute, mais je n'avais jamais été tenté, et ce n'est pas avec "Perramus" que ça va m'encourager. C'est le genre de Bd que je n'aime pas et que j'ai du mal à comprendre, en plus celle-ci est très difficile d'accès et surtout peu lisible au niveau graphique, ce noir & blanc en forme d'aquarelle, un peu mouvant par endroits et qui change d'aspect, ce n'est pas ce que j'aime en bande dessinée. Je me risque même à dire que c'est assez hideux, pas du tout esthétique, picturalement, il y a sans doute une recherche, mai j'aime pas du tout. J'ai vaguement compris qu'il s'agit d'une charge et d'un règlement de comptes sur une époque abominable d'un pays d'Amérique du Sud indéterminé, mais qui en filigrane désigne l'Argentine d'autrefois, car à travers ce récit, les auteurs démontent les rouages d'un régime totalitaire qui règne par la terreur, c'est un récit fort et très réaliste, mais ce n'est pas du tout pour moi. Si je n'avais pas eu l'occasion de le lire dans les numéros de Circus de 1985, je crois que je serais resté ignorant de cette Bd, ça n'aurait certes pas été une perte pour moi, mais c'est bien pour ma culture BD que je l'ai découvert.
Heroines Game
Un mot me vient à l'esprit pour qualifier Héroïnes Game : pathétique ! Maintenant, il faut que j'explique pourquoi. C'est bien beau de balancer un jugement hâtif, encore faut-il donner des arguments valables justifiant cette position. Alice est une idole, à savoir une fille qui se produit en spectacle en voulant être la meilleure. On ne sait pas pourquoi mais elle se réveille en pleine forêt et sera alors prise en chasse par le petit chaperon rouge. Elle se retrouve au milieu d'héroïnes de conte de fée qui doivent se massacrer pour qu'il n'en reste plus qu'une seule dans une sorte de survival game. Voilà pour le pitch et ce n'est pas très emballant. C'est même très ridicule. Logique et cohérence ne constituent pas pour autant les points forts de ce manga. C'est terrifiant de médiocrité. Cela cumule les pires clichés du genre, jusqu'à peu à peu passer du côté obscur du genre : la parodie accidentelle. Je n'ai eu qu'un seul souhait : échapper à ce conte macabre qui est dénué d'intérêt.
Soon
Je reprends une partie de l'avis (de l'éditeur je suppose) placé au dos du livre : "un récit d'anticipation profond, grave et lumineux". Je me demande bien en quoi ce récit est profond ? parce qu'il est sensé aller au fond des choses ? cad au fond des réflexions sur notre planète, nos sociétés, les relations fils-mère ? Je trouve que ce récit ne fait rien de cela. On a d'ailleurs vraiment du mal à comprendre comment les gens vivent sur cette planète. La lecture de ce livre n'est pas facile. "Grave" : oui le sujet est grave. Il ne reste que 10 pourcents des habitants de la planète qui sont tous entassés dans 7 villes. Et encore, je ré-écris ça parce que je l'ai lu dans les commentaires sur ce livre. Et "lumineux" alors là c'est le bouquet ! C'est sombre, c'est noir, j'ai dû m'accrocher pour lire jusqu'à la fin. Le graphisme est aussi sombre que l'histoire est morne et, pour ma part, inintéressante. Amateur de BD depuis toujours, cela a été une épreuve de lire celle-ci, aucun plaisir. Je me doute pourtant des heures et des heures de travail et j'en suis désolé pour les auteurs.
Dans la colonie pénitentiaire, de Franz Kafka
Voilà une BD qui me laisse perplexe. Je sais que c'est adapté d'une nouvelle, je ne connais pas le texte original et je me demande bien ce qu'il vaut. Ce qui est sûr c'est que cette adaptation est plutôt ennuyeuse. On assiste à un dialogue entre 2 personnes qui parlent autour d'une machine à exécuter la peine de mort. Enfin c'est plutôt un monologue déblatéré par le militaire en charge des exécutions, brièvement entrecoupé par quelques réponses de son visiteur. Des pages et des pages pour expliquer comment fonctionne la machine, comment on installe le prisonnier, ce qu'il ressent, à quel moment il arrête de hurler car il n'en a plus la force... Je cherche encore l'intérêt .... Le pire c'est que l'adaptation en BD n'apporte rien puisque la plupart des cases représentent uniquement notre homme, son visage ou son buste, et les phylactères. Il n'y a pas de décors dans 9 cases sur 10. On ne peut pas dire que la mise en images, le cadrage ou les couleurs (aux nombres de 8) mettent en valeur le texte ou le sublime d'une quelconque façon. Vite lu et bientôt vite oublié.
L'Échiquier cubique
J'avoue que je n'ai pas compris grand chose à cette histoire, je l'avais découverte lors de sa prépublication dans Circus en 1977, et à l'époque, étant encore adolescent, je n'avais rien compris, ce genre de Bd ne m'intéressait pas. Comme à cet âge, on condamne ce qu'on ne comprend pas, je l'ai vite oubliée. Et puis dernièrement, comme j'ai eu l'occasion de récupérer la collection complète des 130 numéros de Circus, je me suis risqué à la relire. J'ai capté quelques éléments, mais pas beaucoup plus, c'est un récit enrobé d'un fantastique très singulier et déstabilisant, on avance avec peine dans une narration très atypique et embrouillée, où tout tourne autour d'une armoire dont sortent des personnages étranges, l'enchainement des situations est totalement déroutant. On est vraiment dans un drôle d'univers, le classement en inclassable est complètement justifié. Ce qui m'étonne encore plus, c'est que ce récit soit illustré par un dessinateur comme Poivet, issu d'une école classique, connu surtout pour Guy Lebleu, et qui n'a guère habitué ses lecteurs à une Bd de ce type, pourtant je n'ai jamais été admiratif de son style qui ressemble le plus souvent à une sorte de crayonné. Cependant, sur cet album, son dessin est très chouette, c'est un beau noir & blanc assez travaillé. Cet album témoigne des débuts du catalogue Glénat, bien avant qu'il crée ses collections Vécu, Grafica ou Caractère, qui fut assez vite retiré après 1984 car sans doute jugé peu commercial ; à cette époque, Glénat tentait des trucs un peu risqués, avec des séries comme Patrick Maudick ou Matricule 45000 qui ont elles aussi disparu du catalogue après 1988.
Voyage au bout de la ville
Encore une de ces Bd des tout débuts du journal Circus puisqu'elle est prépubliée en 1979 sous le titre "la Maison du Fou". Comme L'Échiquier cubique, c'est un album qui ne fit pas long feu dans le catalogue Glénat qui à cette époque prenait des risques éditoriaux ; il est probable qu'on ne reverrait plus ce genre de bande aujourd'hui. Dans un sens, c'est dommage car ça permettait à des auteurs de s'exprimer, en l'occurrence ici ce François Royet dont on n'entendra plus jamais parler par la suite après avoir signé cet unique album. Le récit est limite subversif et provocateur pour l'époque, puisqu'il s'agit d'un groupe mystérieux et sans doute extrémiste qui organise meurtres et enlèvements afin de déstabiliser le pouvoir en place ; il y a donc comme un parfum d'anarchisme dans ce récit qui s'enlise dans une narration dépourvue de tout intérêt, l'auteur ne sachant pas rendre son histoire passionnante. Sinon, le dessin n'est pas mal, il lorgne vers un style Ligne Claire comme c'était la mode en ce début d'années 80, mais une Ligne Claire mal définie et bizarre, car c'est très réussi dans les décors précis et les véhicules, mais beaucoup moins sur les personnages qui sont plus proches d'un style de BD enfantine. Une Bd qui ne m'a pas du tout intéressé.
La Malédiction de Loki
La malédiction de Loki n’échappe malheureusement pas à une certaine malédiction qui touche certains mangas qui sombrent dans la médiocrité. C’est la loi des 9 pour 10 : 9 de mauvais pour un seul de bon. Après, c’est vrai qu’on peut introduire certaines nuances. Qu’est-ce qui ne va pas ? A peu près tout en partant du graphisme assez sommaire et irrégulier aux incohérences du scénario qui fait dans la surenchère. Pourtant, cela partait d’un postulat plutôt intéressant que de peindre des toiles aux pouvoirs spéciaux. En effet, Loki va devoir accomplir sa mission à savoir la promesse effectuée à son amie rencontrée à l’orphelinat dans une sorte de quête d’art maudit. Bref, deux mots pour résumer : moche et vide. On est très vite gonflé par cette lecture au point d’avoir très vite envie de passer à autre chose.