Après la lecture du premier tome.
Le bilan de cette lecture est peu enviable. Il y a du potentiel chez les auteurs mais on sent qu'ils veulent trop en faire. C'est très chargé et décousu. Le scénario mélange plein de choses sans apporter une réelle cohésion au tout. Le dessin est beau mais manque de lisibilité. C'est très détaillé et les pages explosent de couleurs. Mais, c'est trop et l'intérêt s'en ressent.
Je lirai peut être la suite mais je m'en passerai bien.
Les dessins trop visuels cachent souvent des défauts de narration et de rythme dans le récit.
"Green World" démontre bien que le fond est plus important que la forme.
Faire du tape à l'oeil permet de faire ouvrir les porte-monnaie mais donne ensuite des regrets aux lecteurs plus légers financièrement.
09/06/2011 : série abandonnée : passage de la note de 2 à 1.
Amère déception...
J’ai lu bon nombre de Chabouté ces derniers temps et ce petit « Fables amères de tout petits riens » est vraiment le moins intéressant qui m’ait été donné de lire.
Tout comme le dit iannick il s’agit de petites histoires courtes...
Le but est de nous faire découvrir l’ignorance des hommes. Je n’ai vraiment pas apprécié ces petites leçons de vie qui paraissent avoir été faites juste pour faire travailler notre conscience.
J’ai trouvé que ces histoires étaient loin d’être subtiles contrairement à beaucoup des œuvres de Chabouté. J’ai pris l’habitude d'y voir des personnages hauts en couleurs avec un vrai charisme, intéressants, détestables mais véritablement bien travaillés et crédibles. Ici j’ai l’impression d’avoir une pâle copie, on voit les ficelles de là où on veut que nous soyons touchés.
On essaie de jouer avec nos sentiments, de nous toucher profondément et c’est, pour moi, peut-être pas pour d’autres, l’effet inverse qui se produit : on voit arriver le subterfuge gros comme une maison, quelques pages mises à part qui, elles, sont réellement touchantes.
Mais le tout pour moi sonne vraiment faux, trafiqué. Là ou j’avais été vraiment touché par les êtres humains transcendés par le dessin et le scénario de Chabouté, j’ai vraiment laissé ces personnages sur le bord de la marge...
(6/20)
Je ne connais pas la série de jeux video dans l'univers duquel se trouve cette série, mais pour le coup ça ne me donne pas vraiment envie de la connaître. Le personnage principal, Stan Aileron (probablement la traduction littérale du nom anglais du personnage, pour le coup la traduction n'est pas une bonne idée), est un ado sans cervelle qui fonce tête baissée sur tout ce qui bouge, enfin surtout les monstres. Il n'a aucun charisme et le QI d'une huître.
Malgré les efforts de l'auteur pour multiplier les péripéties et les coups fourrés, l'histoire est d'une banalité affligeante, et j'ai eu du mal à finir ce premier tome. Malgré le décor qui semble imposé par le studio à qui appartient la licence, le récit est d'une platitude bien dommageable. Ca se finit en 6 tomes, mais la suite se fera sans moi, quoi qu'il advienne.
Comme je l'ai dit, le personnage principal a l'impact d'une amibe, et ses camarades de jeux passent leur temps à se chamailler. Oh bien sûr, il y a les éléments habituels aux récits de fantasy pour adolescents : combats à l'épée, armes qui parlent, pseudo-exotisme, monstres -à peine visibles d'ailleurs- mais là encore ils sont sous-utilisés et même un joueur lambda de MMORPG retournera vite fait sur WoW pour vivre des aventures plus palpitantes.
En résumé c'est plat, ce n'est pas drôle (il va falloir arrêter de faire passer les adolescents pour des neuneus qui passent leur temps à se disputer et se faire mal, hein) et aucune émotion ne saurait transparaître de ces pages. Le dessin n'est pas moche, mais il ne sort pas, hélas, du tout-venant du genre.
Alors ça, ce n’était pas pour moi ! :|
Le trait ne m’a pas plu. Tous les personnages sont laids. Les couleurs hallucinées sont plus dérangeantes qu’originales. L’intrigue est quasi inexistante et tient en une phrase : des tribus barbares se battent pour de la drogue (dit comme ça, ça a l’air plutôt cool, mais ce n’est franchement pas le cas ;) ).
Je pense que le pire, ce sont les dialogues qui sont d’une lourdeur incroyable. Voici un petit extrait à titre d’illustration :
« - Lions on aura vos vies charognes !!!
- Heintz ! Ai perdu armes !!
- Merde machines foutues, cœurs brûlés gueulent !
- De toutes façons chargeurs vites vides… [sic]
- Il faut rentrer sous terre. Chaleur et pluie de feu vont brûler nos corps, attendre fin du souffle !!
- On a pas de visages à air !! »
Sans commentaire…
La seule qualité de l’album est finalement son émouvante préface.
En conclusion, ‘La nuit’ fut pour moi une bien désagréable expérience. Comme le soulignait à juste titre un des chroniqueurs précédents, cet album tient davantage de la thérapie (entendez « du défouloir ») pour son auteur que du titre pensé pour le lecteur. Druillet ne voulait pas d’un album facile d’accès, soit. Le problème, c’est que cette bd, en plus d’être difficilement abordable de par sa forme, est, au fond, vide de tout contenu.
Curiosité que cet album : partant du classique monde déserté dans lequel les quelques survivants vont se regrouper pour trouver une raison de vivre, il explore l’univers du fantastique et du comics de la grande époque US.
Se mêlent les grands noms des super héros à des personnages de BD vivant eux même dans un monde déserté attaqué par des plaies toujours plus terribles.
Si l’idée de départ de faire surgir les héros de l’imagination d’un petit garçon tient le lecteur en début de récit, la redondance des situations devient pesante et lourde. Inutile d’aller toujours plus loin et de faire un catalogue des vieux comics lorsque l’on garde le même schéma narratif. Puis tout devient extrêmement confus lorsque l’on comprend qu’il s’agit en réalité de vie éternelle et qu’il doit y avoir sacrifice pour que les monstres s’arrêtent, le stock de super héros en vie devenant très léger…
Reste la toute fin et petit cadeau qui change le scénario plutôt bien vue mais c’est trop peu, trop tard et trop tiré par les cheveux.
Le dessin m’a rebuté de bout en bout, les traits superficiels et les décors vides donnent une impression de mal fini, d’inachevé et de vide à l’environnement faisant perdre tout le côté réel qui aurait été nécessaire pour l’intégration des super héros au monde réel. De fait on ne croit en rien ni au monde vidé, ni en ces super héros aux mouvements soudain bien figés et statiques. La colorisation fannée ne vient pas aider à la mauvaise impression générale.
Les annexes font figure de curiosité et montrent un joli travail d’archive, mais je n’ai pas du tout apprécié cet album que je trouve trop brouillon, confus et fade graphiquement.
Amateur du monde Warhammer depuis la fin des années 80 j'attendais depuis fort longtemps une bonne adaptation en BD mais c'est manqué.
Dessins atroces et mal maîtrisées et scénar plus que moisi :/
Dommage de massacrer un tel background en n'y mettant pas les moyens et ce même avec le recours aux incrustations informatiques (cf Nüwa ou Le Roi des Singes) bref Games workshop a encore bâclé son adaptation.
Cet album m’est apparu comme une incessante recherche esthétique qui se réalise au détriment et de l’intrigue et de la narration. Entendez par là que si j’ai vraiment apprécié certains dessins, je trouve que ceux-ci mis côte à côte donnent un aspect décousu à l’album.
Je n’ai donc pas lu une histoire mais regardé une juxtaposition de dessins, et ce n’est pas ce que je recherche lorsque je lis une bande dessinée.
Pourtant le scénario développe quelques idées intéressantes (mais peu originales) et l’artiste (féminine) était on ne peut mieux placée pour nous parler du délicat passage de l’enfance à l’adolescence dans le cas d’une jeune fille fragilisée par un environnement complexe. Mais le message ne passe pas. Le développement psychologique manque de profondeur, les motivations des protagonistes ne m’ont pas été suffisamment expliquées pour que je les saisisse et l’ensemble me parait artificiel.
Je pourrais dire « bof » parce qu’il y a des dessins dont j’ai réellement apprécié la composition, mais la vérité c’est que je n’ai vraiment pas aimé.
Avis sur le tome 1
Le graphisme simpliste centre le débat sur le texte, en effet vous n’aurez aucun intérêt pictural à la lecture, il n’y a que des phylactères et un bonhomme dessiné avec 5 traits un rond et des points pour les yeux. Petit bonhomme assez flou d’ailleurs, de nombreuses fois il apparaît dans exactement la même configuration au cours des cases, seule la position des yeux changeant. Il ne faut rien attendre du dessin.
Côté scénario, quelques chouettes répliques bien iconoclastes, irrévérencieuses et percutantes viennent s’immiscer dans une grande soupe fade générale. Ce qui pourrait être une réflexion sur la notion de Dieu se révèle une jolie farce.
En effet le Dieu présenté par Dubuisson n’est rien d'autre qu’un miroir sur une espèce humaine bien faible. Hormis les attaques gratuites contre le Dieu chrétien (exclusivement celui-là par ailleurs) nous voyons le Dieu tel que Dubuisson nous le présente dans sa propre conception. De fait les rôles s’inversent et l’homme désespéré du récit essaye de trouver des repères sur-humains rassurants dans une conscience visiblement très humaine. La situation est cocasse et sur quelques planches tient la route, mais la situation devient bien trop redondante pour être intéressante. On ne fait ici qu’enfoncer des portes ouvertes et l’on est bien loin de la réflexion sur Dieu. Préférez milles fois Dieu en personne sur le sujet.
Le miroir déformant de ce Dieu me paraît une vaste truanderie d’un individu voulant le tuer et lui faisant endosser des traits humains pour mieux y parvenir. Pour reprendre l’un des rares bons moments de l’album, je n’ai rien contre la malfaçon, mais je ne peux pas supporter les faussaires.
Or Dubuisson me semble faussaire dans sa représentation de Dieu construite pour mieux la détruire sans références d’aucune croyance. De fait il est d’autant plus facile de démonter l’icône d’une notion grammaticale que l’on en a extrait toute la moëlle.
Le tome 2 nous promet une séance de psy pour Dieu… Quel programme, l’auteur ne se rend-il donc pas compte que c’est l’homme qu’il démolit et non la notion de Dieu ?
Difficile de passer après les précédents avis élogieux.
Graphiquement le style très personnel se distingue par un très gros travail de cadrage sur chaque planche. Plans serrés et planches jouant sur les différents plans de l’image se succèdent avec un rythme travaillé pour donner au récit une dynamique prenante. En revanche côté trait, je n’apprécie pas du tout le trait gras tout comme les déformations des personnages. Personnages et décors souffrent d’un manque de finesse et d’une platitude que le travail de structure des planches n’arrive pas à masquer. Côté colorisation, certes le thème Rock&Roll pourrait justifier cette mise en couleur type seventies, mais l’ambiance rendue manque de profondeur. Je n’ai pas ressenti le rock&Roll justement.
Le scénario propose de nous faire suivre l’itinéraire de psychopathes à la poursuite d’un fuyard en costume d’Elvis avec une mutante à la solde d’un vieux nazi. Vu comme çà, le côté loufoque déjanté peut attirer un lecteur en mal de délire, d’autant que si l’histoire va effectivement partir dans tous les sens, les auteurs ont l’immense mérite de ne pas en faire une bouillie informe mais bien une histoire au scénario très structuré au-delà de l’apparent délire.
Alors pourquoi une telle critique ? Tout simplement parce que si j’ai vu un gros travail scénaristique, je n’ai jamais trouvé les enchaînements de situations fluides, en fait tout agit comme si chaque situation devait évoluer vers la suivante dans une série d’événements loufoques chaotiques que seul un meurtre de sang froid pourra solutionner. On ne sait pas le comment du pourquoi, les personnages gardent énormément de mystère, mais au final on rentre dans un certain manichéisme puisque toute situation se verra évoluer de digressions en digression jusqu’à problème qui sera résolu par le meurtre. J’ai tout de même pu trouver un point intéressant dans cet album : la description de la conception de la vie du flegmatique (une demie page). Quant à cet épilogue ubuesque : il vient finir en pied de nez un album jamais vraiment commencé (en réalité il n’y a qu’une course poursuite dans tout l’album, c’est léger comme histoire), de délires en délires l’album finit en feu d’artifice de chaos pour un album qui se voulait jusque là thriller un tant soi peu rigoureux.
Il faut tout de même signaler de nombreuses références cinématographiques émergeant des images, mais cela ne suffit pas pour faire entrer le lecteur dans cet univers. Vous retrouverez évidemment Pulp fiction, mais aussi nombre de scènes vous rappelant cette vieille ambiance rock suintant des films américains où l’on faisait se côtoyer sik, sexe et violence avec un voile de fumée et de lumière opaque.
Au final je n’ai vraiment pas aimé l’ensemble que je trouve trop gras graphiquement, trop gratuit scénaristiquement, trop kitch, trop plein de chose avec un manque de fluidité dans le récit ; tout en reconnaissant un très gros travail aux auteurs dans la structure des vues et l’évolution des phases du scénario… Si vous accrochez au dessin cela vous plaira certainement, sinon le vide du contenu risque de vous sauter à la figure…
Les tomes qui composent cette série sont des one-shots. On peut donc les lire dans l'ordre que l'on veut. Je n'ai lu que le tome 2, et donc mon avis ne portera que sur celui-là.
Une petite série destinée aux enfants, dont chaque album, par l’intermédiaire des frasques de Loulou le chien, son maître Ludo et ses amis, propose une question sur la vie des enfants. Vous me direz, c’est assez peu original, nous sommes en terrain conquis dans ce domaine, avec « Ainsi va la vie ».
Les dessins sont très simples, style franco-belge (mais à un niveau nettement inférieur aux autres productions :] ). Les dialogues sont très enfantins, et beaucoup plus que dans « Ainsi va la vie ». Loulou le chien, censé être le personnage principal, ne sert pas à grand-chose, sauf à expliquer pourquoi est-on amoureux (tiens, comme dans « Ainsi va la vie » :) ). les personnages ont des têtes disproportionnées, et à un moment de l’histoire, le chien n’a plus d’yeux ni de bouche! (lorsqu’il mange dans sa gamelle). Bon, puisque je n’avais pas apprécié « Ainsi va la vie » plus que ça, »La bande à Loulou » ne m’a fait aucun effet, et n’espérera pas avoir une meilleur note que la série précédemment citée. De plus, 5€95 pour un album terminé en 10 minutes, c’est se moquer des lecteurs!
Dernier point: la couverture est extrêmement mal dessinée: on dirait que les pieds de Ludo sont pliés vers l’avant!
Bref, un album que j’oublierais vite, et qui n’est certainement pas la nouveauté à se procurer primordialement!
Note: le scénariste de cet album a également écrit les livres suivants (qui ne sont pas des BD, contrairement à « La bande à Loulou »): « Quand mon bébé parle » et « La fessée: pour ou contre? ».
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Green World
Après la lecture du premier tome. Le bilan de cette lecture est peu enviable. Il y a du potentiel chez les auteurs mais on sent qu'ils veulent trop en faire. C'est très chargé et décousu. Le scénario mélange plein de choses sans apporter une réelle cohésion au tout. Le dessin est beau mais manque de lisibilité. C'est très détaillé et les pages explosent de couleurs. Mais, c'est trop et l'intérêt s'en ressent. Je lirai peut être la suite mais je m'en passerai bien. Les dessins trop visuels cachent souvent des défauts de narration et de rythme dans le récit. "Green World" démontre bien que le fond est plus important que la forme. Faire du tape à l'oeil permet de faire ouvrir les porte-monnaie mais donne ensuite des regrets aux lecteurs plus légers financièrement. 09/06/2011 : série abandonnée : passage de la note de 2 à 1.
Fables amères
Amère déception... J’ai lu bon nombre de Chabouté ces derniers temps et ce petit « Fables amères de tout petits riens » est vraiment le moins intéressant qui m’ait été donné de lire. Tout comme le dit iannick il s’agit de petites histoires courtes... Le but est de nous faire découvrir l’ignorance des hommes. Je n’ai vraiment pas apprécié ces petites leçons de vie qui paraissent avoir été faites juste pour faire travailler notre conscience. J’ai trouvé que ces histoires étaient loin d’être subtiles contrairement à beaucoup des œuvres de Chabouté. J’ai pris l’habitude d'y voir des personnages hauts en couleurs avec un vrai charisme, intéressants, détestables mais véritablement bien travaillés et crédibles. Ici j’ai l’impression d’avoir une pâle copie, on voit les ficelles de là où on veut que nous soyons touchés. On essaie de jouer avec nos sentiments, de nous toucher profondément et c’est, pour moi, peut-être pas pour d’autres, l’effet inverse qui se produit : on voit arriver le subterfuge gros comme une maison, quelques pages mises à part qui, elles, sont réellement touchantes. Mais le tout pour moi sonne vraiment faux, trafiqué. Là ou j’avais été vraiment touché par les êtres humains transcendés par le dessin et le scénario de Chabouté, j’ai vraiment laissé ces personnages sur le bord de la marge... (6/20)
Tales of Destiny
Je ne connais pas la série de jeux video dans l'univers duquel se trouve cette série, mais pour le coup ça ne me donne pas vraiment envie de la connaître. Le personnage principal, Stan Aileron (probablement la traduction littérale du nom anglais du personnage, pour le coup la traduction n'est pas une bonne idée), est un ado sans cervelle qui fonce tête baissée sur tout ce qui bouge, enfin surtout les monstres. Il n'a aucun charisme et le QI d'une huître. Malgré les efforts de l'auteur pour multiplier les péripéties et les coups fourrés, l'histoire est d'une banalité affligeante, et j'ai eu du mal à finir ce premier tome. Malgré le décor qui semble imposé par le studio à qui appartient la licence, le récit est d'une platitude bien dommageable. Ca se finit en 6 tomes, mais la suite se fera sans moi, quoi qu'il advienne. Comme je l'ai dit, le personnage principal a l'impact d'une amibe, et ses camarades de jeux passent leur temps à se chamailler. Oh bien sûr, il y a les éléments habituels aux récits de fantasy pour adolescents : combats à l'épée, armes qui parlent, pseudo-exotisme, monstres -à peine visibles d'ailleurs- mais là encore ils sont sous-utilisés et même un joueur lambda de MMORPG retournera vite fait sur WoW pour vivre des aventures plus palpitantes. En résumé c'est plat, ce n'est pas drôle (il va falloir arrêter de faire passer les adolescents pour des neuneus qui passent leur temps à se disputer et se faire mal, hein) et aucune émotion ne saurait transparaître de ces pages. Le dessin n'est pas moche, mais il ne sort pas, hélas, du tout-venant du genre.
La Nuit
Alors ça, ce n’était pas pour moi ! :| Le trait ne m’a pas plu. Tous les personnages sont laids. Les couleurs hallucinées sont plus dérangeantes qu’originales. L’intrigue est quasi inexistante et tient en une phrase : des tribus barbares se battent pour de la drogue (dit comme ça, ça a l’air plutôt cool, mais ce n’est franchement pas le cas ;) ). Je pense que le pire, ce sont les dialogues qui sont d’une lourdeur incroyable. Voici un petit extrait à titre d’illustration : « - Lions on aura vos vies charognes !!! - Heintz ! Ai perdu armes !! - Merde machines foutues, cœurs brûlés gueulent ! - De toutes façons chargeurs vites vides… [sic] - Il faut rentrer sous terre. Chaleur et pluie de feu vont brûler nos corps, attendre fin du souffle !! - On a pas de visages à air !! » Sans commentaire… La seule qualité de l’album est finalement son émouvante préface. En conclusion, ‘La nuit’ fut pour moi une bien désagréable expérience. Comme le soulignait à juste titre un des chroniqueurs précédents, cet album tient davantage de la thérapie (entendez « du défouloir ») pour son auteur que du titre pensé pour le lecteur. Druillet ne voulait pas d’un album facile d’accès, soit. Le problème, c’est que cette bd, en plus d’être difficilement abordable de par sa forme, est, au fond, vide de tout contenu.
Tom et William
Curiosité que cet album : partant du classique monde déserté dans lequel les quelques survivants vont se regrouper pour trouver une raison de vivre, il explore l’univers du fantastique et du comics de la grande époque US. Se mêlent les grands noms des super héros à des personnages de BD vivant eux même dans un monde déserté attaqué par des plaies toujours plus terribles. Si l’idée de départ de faire surgir les héros de l’imagination d’un petit garçon tient le lecteur en début de récit, la redondance des situations devient pesante et lourde. Inutile d’aller toujours plus loin et de faire un catalogue des vieux comics lorsque l’on garde le même schéma narratif. Puis tout devient extrêmement confus lorsque l’on comprend qu’il s’agit en réalité de vie éternelle et qu’il doit y avoir sacrifice pour que les monstres s’arrêtent, le stock de super héros en vie devenant très léger… Reste la toute fin et petit cadeau qui change le scénario plutôt bien vue mais c’est trop peu, trop tard et trop tiré par les cheveux. Le dessin m’a rebuté de bout en bout, les traits superficiels et les décors vides donnent une impression de mal fini, d’inachevé et de vide à l’environnement faisant perdre tout le côté réel qui aurait été nécessaire pour l’intégration des super héros au monde réel. De fait on ne croit en rien ni au monde vidé, ni en ces super héros aux mouvements soudain bien figés et statiques. La colorisation fannée ne vient pas aider à la mauvaise impression générale. Les annexes font figure de curiosité et montrent un joli travail d’archive, mais je n’ai pas du tout apprécié cet album que je trouve trop brouillon, confus et fade graphiquement.
Warhammer 40,000
Amateur du monde Warhammer depuis la fin des années 80 j'attendais depuis fort longtemps une bonne adaptation en BD mais c'est manqué. Dessins atroces et mal maîtrisées et scénar plus que moisi :/ Dommage de massacrer un tel background en n'y mettant pas les moyens et ce même avec le recours aux incrustations informatiques (cf Nüwa ou Le Roi des Singes) bref Games workshop a encore bâclé son adaptation.
Ascension
Cet album m’est apparu comme une incessante recherche esthétique qui se réalise au détriment et de l’intrigue et de la narration. Entendez par là que si j’ai vraiment apprécié certains dessins, je trouve que ceux-ci mis côte à côte donnent un aspect décousu à l’album. Je n’ai donc pas lu une histoire mais regardé une juxtaposition de dessins, et ce n’est pas ce que je recherche lorsque je lis une bande dessinée. Pourtant le scénario développe quelques idées intéressantes (mais peu originales) et l’artiste (féminine) était on ne peut mieux placée pour nous parler du délicat passage de l’enfance à l’adolescence dans le cas d’une jeune fille fragilisée par un environnement complexe. Mais le message ne passe pas. Le développement psychologique manque de profondeur, les motivations des protagonistes ne m’ont pas été suffisamment expliquées pour que je les saisisse et l’ensemble me parait artificiel. Je pourrais dire « bof » parce qu’il y a des dessins dont j’ai réellement apprécié la composition, mais la vérité c’est que je n’ai vraiment pas aimé.
La Nostalgie de Dieu
Avis sur le tome 1 Le graphisme simpliste centre le débat sur le texte, en effet vous n’aurez aucun intérêt pictural à la lecture, il n’y a que des phylactères et un bonhomme dessiné avec 5 traits un rond et des points pour les yeux. Petit bonhomme assez flou d’ailleurs, de nombreuses fois il apparaît dans exactement la même configuration au cours des cases, seule la position des yeux changeant. Il ne faut rien attendre du dessin. Côté scénario, quelques chouettes répliques bien iconoclastes, irrévérencieuses et percutantes viennent s’immiscer dans une grande soupe fade générale. Ce qui pourrait être une réflexion sur la notion de Dieu se révèle une jolie farce. En effet le Dieu présenté par Dubuisson n’est rien d'autre qu’un miroir sur une espèce humaine bien faible. Hormis les attaques gratuites contre le Dieu chrétien (exclusivement celui-là par ailleurs) nous voyons le Dieu tel que Dubuisson nous le présente dans sa propre conception. De fait les rôles s’inversent et l’homme désespéré du récit essaye de trouver des repères sur-humains rassurants dans une conscience visiblement très humaine. La situation est cocasse et sur quelques planches tient la route, mais la situation devient bien trop redondante pour être intéressante. On ne fait ici qu’enfoncer des portes ouvertes et l’on est bien loin de la réflexion sur Dieu. Préférez milles fois Dieu en personne sur le sujet. Le miroir déformant de ce Dieu me paraît une vaste truanderie d’un individu voulant le tuer et lui faisant endosser des traits humains pour mieux y parvenir. Pour reprendre l’un des rares bons moments de l’album, je n’ai rien contre la malfaçon, mais je ne peux pas supporter les faussaires. Or Dubuisson me semble faussaire dans sa représentation de Dieu construite pour mieux la détruire sans références d’aucune croyance. De fait il est d’autant plus facile de démonter l’icône d’une notion grammaticale que l’on en a extrait toute la moëlle. Le tome 2 nous promet une séance de psy pour Dieu… Quel programme, l’auteur ne se rend-il donc pas compte que c’est l’homme qu’il démolit et non la notion de Dieu ?
Le Syndrome de Warhol
Difficile de passer après les précédents avis élogieux. Graphiquement le style très personnel se distingue par un très gros travail de cadrage sur chaque planche. Plans serrés et planches jouant sur les différents plans de l’image se succèdent avec un rythme travaillé pour donner au récit une dynamique prenante. En revanche côté trait, je n’apprécie pas du tout le trait gras tout comme les déformations des personnages. Personnages et décors souffrent d’un manque de finesse et d’une platitude que le travail de structure des planches n’arrive pas à masquer. Côté colorisation, certes le thème Rock&Roll pourrait justifier cette mise en couleur type seventies, mais l’ambiance rendue manque de profondeur. Je n’ai pas ressenti le rock&Roll justement. Le scénario propose de nous faire suivre l’itinéraire de psychopathes à la poursuite d’un fuyard en costume d’Elvis avec une mutante à la solde d’un vieux nazi. Vu comme çà, le côté loufoque déjanté peut attirer un lecteur en mal de délire, d’autant que si l’histoire va effectivement partir dans tous les sens, les auteurs ont l’immense mérite de ne pas en faire une bouillie informe mais bien une histoire au scénario très structuré au-delà de l’apparent délire. Alors pourquoi une telle critique ? Tout simplement parce que si j’ai vu un gros travail scénaristique, je n’ai jamais trouvé les enchaînements de situations fluides, en fait tout agit comme si chaque situation devait évoluer vers la suivante dans une série d’événements loufoques chaotiques que seul un meurtre de sang froid pourra solutionner. On ne sait pas le comment du pourquoi, les personnages gardent énormément de mystère, mais au final on rentre dans un certain manichéisme puisque toute situation se verra évoluer de digressions en digression jusqu’à problème qui sera résolu par le meurtre. J’ai tout de même pu trouver un point intéressant dans cet album : la description de la conception de la vie du flegmatique (une demie page). Quant à cet épilogue ubuesque : il vient finir en pied de nez un album jamais vraiment commencé (en réalité il n’y a qu’une course poursuite dans tout l’album, c’est léger comme histoire), de délires en délires l’album finit en feu d’artifice de chaos pour un album qui se voulait jusque là thriller un tant soi peu rigoureux. Il faut tout de même signaler de nombreuses références cinématographiques émergeant des images, mais cela ne suffit pas pour faire entrer le lecteur dans cet univers. Vous retrouverez évidemment Pulp fiction, mais aussi nombre de scènes vous rappelant cette vieille ambiance rock suintant des films américains où l’on faisait se côtoyer sik, sexe et violence avec un voile de fumée et de lumière opaque. Au final je n’ai vraiment pas aimé l’ensemble que je trouve trop gras graphiquement, trop gratuit scénaristiquement, trop kitch, trop plein de chose avec un manque de fluidité dans le récit ; tout en reconnaissant un très gros travail aux auteurs dans la structure des vues et l’évolution des phases du scénario… Si vous accrochez au dessin cela vous plaira certainement, sinon le vide du contenu risque de vous sauter à la figure…
La bande à Loulou
Les tomes qui composent cette série sont des one-shots. On peut donc les lire dans l'ordre que l'on veut. Je n'ai lu que le tome 2, et donc mon avis ne portera que sur celui-là. Une petite série destinée aux enfants, dont chaque album, par l’intermédiaire des frasques de Loulou le chien, son maître Ludo et ses amis, propose une question sur la vie des enfants. Vous me direz, c’est assez peu original, nous sommes en terrain conquis dans ce domaine, avec « Ainsi va la vie ». Les dessins sont très simples, style franco-belge (mais à un niveau nettement inférieur aux autres productions :] ). Les dialogues sont très enfantins, et beaucoup plus que dans « Ainsi va la vie ». Loulou le chien, censé être le personnage principal, ne sert pas à grand-chose, sauf à expliquer pourquoi est-on amoureux (tiens, comme dans « Ainsi va la vie » :) ). les personnages ont des têtes disproportionnées, et à un moment de l’histoire, le chien n’a plus d’yeux ni de bouche! (lorsqu’il mange dans sa gamelle). Bon, puisque je n’avais pas apprécié « Ainsi va la vie » plus que ça, »La bande à Loulou » ne m’a fait aucun effet, et n’espérera pas avoir une meilleur note que la série précédemment citée. De plus, 5€95 pour un album terminé en 10 minutes, c’est se moquer des lecteurs! Dernier point: la couverture est extrêmement mal dessinée: on dirait que les pieds de Ludo sont pliés vers l’avant! Bref, un album que j’oublierais vite, et qui n’est certainement pas la nouveauté à se procurer primordialement! Note: le scénariste de cet album a également écrit les livres suivants (qui ne sont pas des BD, contrairement à « La bande à Loulou »): « Quand mon bébé parle » et « La fessée: pour ou contre? ».