La belle couverture et l'idée d'une île de riches m'a incité à lire, parce que vive les îles et leur différence d'avec le reste du monde, les vagues en prime. Le nom des auteurs aussi, mais bof !
Seul le propriétaire de l'île est intéressant et sous-exploité : pourquoi loue-t-il des palais à ses hôtes, pour l'argent, les étudier, ne pas être seul ? On n'en saura rien, et la bd ne se relève pas de ça : vu que seul ce personnage est intéressant, il aurait fallu l'exploiter à fond. Je trouve l'idée en quelque sorte de châtiment des riches par une grande vague bien primitive : depuis au moins Noé, on juge les assaillis par les flots bien coupables et on présume que le lecteur se ralliera à ça j'imagine, car les riches sont souvent considérés comme coupables en France mais ici de quoi ?
De chercher un abri ? Mais si nous le pouvions, nous le ferions sans doute. D'être pollueurs ? Le plus coupable est devenu un pauvre, non pour le crime d'être pollueur, d'ailleurs, mais parce que la manière dont il opère est bien primitive. Et si on veut démontrer quelque chose, on ne le fait même pas bien : il y a un riche cherchant des solutions pour la planète. Je comprends qu'il le fasse à l'abri, on se concentre mieux non harcelé par la peur, le temps, la foule..
Le scénario ne fait que présenter des personnages pour qu'ils soient finalement mis à l'épreuve par la vague, mais montrés très superficiellement, je me moque en vérité de tout ce qui peut leur arriver parce qu'ils ne sont pas réels.
L'île est censée être belle mais on ne la contemple pas, des gens vont être traités comme dans un film catastrophe mais on ne les présente pas comme dans les films de ce genre, on ne moque donc de l'ile, des habitants et de la vague, car à part le maitre de l'île, tout est néant.
Si ce n'était pas pour le film de Cronenberg, je n'aurais jamais regardé plus d'une fois cette version comics. Bien que A History of Violence propose une intrigue intéressante, la version dessinée peine à me convaincre. Le principal point faible réside dans les dessins de Vince Locke, je crois. Son style, très brut et minimaliste, manque de finesse et d'expressivité. Les personnages présentent des visages rigides et des émotions peu nuancées.
De plus, les décors sont parfois simplifiés à l'excès et donnent une impression d'inachèvement. Les séquences d'action, essentielles au récit, souffrent également d'un manque de dynamisme et de fluidité, rendant certaines scènes confuses.
Même si le côté graphique peut correspondre à l'atmosphère sombre et violente de l'œuvre originale, les dessins de Locke constituent, pour moi, le principal point faible de cette version et limitent son potentiel, malgré l’interêt du scénario.
C'est une séquence de dessins amusante ou inquiétante selon les sensibilités, sans grand-chose à ajouter. J'aime le style de dessin d'Ott qui rappelle les gravures anciennes. L'histoire, son message, la répétition du destin et l'idée de fatalité envahissent tout. Malgré cela, la croyance de beaucoup de gens en des significations cachées dans des numéros aléatoires, comme dans les constellations célestes ou le lancer de coquillages, constitue une réalité ancienne, éternelle et actuelle. L'être humain cherche toujours un sens, même dans ce qui n'en a pas à l'origine ou a la fin.
C'est la première fois que je lis une BD de cet auteur, qui semble apprécier de faire des BD documentaires avec un style de dessin assez reconnaissable : simple, précis et didactique, qui permet à la fois une parfaite lisibilité (et donc un support à l'information) mais aussi de faire ressentir ce qu'il se passe par l'utilisation de procédés comme la couleur (une monochromie par page selon l'intention) ou un découpage particulier, des cases volontairement plus grandes ... La BD est parfaite à ce niveau, avec un dessin qui joue avant tout sur l'information. Les personnages sont typés, lambadas, non reconnaissables pour s'identifier à cette famille qui pourrait être la notre, tandis que l'on comprend précisément par les petites astuces visuelles. Je m'attarde dessus en introduction parce qu'une grande partie de la force de ce documentaire vient justement de la forme de la BD, qui est à mon sens remarquable.
Pour ce qui est de l'histoire, c'est une horreur. Une famille ordinaire, une petite fille qui semble avoir des difficultés physiques, les incessants aller-retours à l'hopital ... Jusqu'à tomber sur la mauvaise personne qui accusera de maltraitance infantile. Et là, la spirale infernale commence. La BD à de quoi énerver, mais réellement énerver. Une enfant volée à ses parents au nom de la protection de l'enfance, déjà c'est horrible, mais lorsqu'on voit défiler les trois années de luttes acharnées, de bagarres juridiques, de violence institutionnelles ... Je vais dévoiler une partie de l'intrigue, et je m'en excuse, mais la BD montrera des abus sexuels qu'elle subira dans un foyer (où elle est placée pour sa sécurité, bien sur), les moyens désastreux mis dans ces foyers (insalubres, manquant de personnels ...) mais également l'hypocrisie de ce système : pour protéger un enfant de parents maltraitants, on va laisser l'enfant non-soignée, alors même qu'elle sera plus blessée dans ce foyer qu'avec ses parents. C'est aussi ce qui scandalise : de voir qu'en trois années, personne ne s'est réellement souciée d'elle, de ses troubles physiques et des problématiques que ça enclenchait. Tout ça pour l'ego d'une médecin qui veut avoir sa fierté de protéger des enfants de parents maltraitants, et de juges tout puissants qui font leurs lois.
C'est le genre de BD qui permet de mettre en lumière que sous couvert de protection de l'enfance, noble but il est vrai, le système social et juridique actuel accuse le coup de manque de moyens, financiers et humains, mais aussi de la puissances de autorités. Remettre en question des médecins, juges ou personnel soignant est presque impossible. Bien que la BD ne le souligne pas, l'origine algérienne des parents à sans doute joué dans la vision que le système a eux d'eux tout au long du processus.
Bref, une BD qui met en lumière les défauts de nos systèmes pour l'enfance, la violence des foyers et l'impuissance face à des tribunaux et des médecins. On aurait envie d'aider ces parents, leur rendre leur enfant, mais rien n'est possible. Et pourtant à l'origine c'est bien de protection d'enfants qu'on parle, un dispositif dont nous avons cruellement besoin comme le rappellent des affaires presque chaque semaine. Une BD qui énerve, c'est certain.
Dans les étendues sauvages de Sibérie, plusieurs hommes se lancent dans une dangereuse chasse à l'ivoire de mammouth, attirés par la promesse d'un enrichissement rapide, au risque d'y perdre la vie.
J'ai trouvé cette BD intéressante avant tout pour son cadre. Le sujet du trafic d'ivoire de mammouth est original. J'ignorais tout de la chose et cet album permet de découvrir une réalité économique et sociale méconnue de la Russie contemporaine. L'album possède une dimension presque documentaire qui le rend instructif sans jamais tomber dans l'exposé.
Graphiquement, c'est aussi une réussite. Le dessin semi-réaliste fonctionne très bien, aussi bien pour représenter les personnages que les paysages sauvages et hostiles de la toundra. Malgré des personnages à gros nez qui pourraient paraitre humoristiques, l'ambiance est sérieuse et bien rendue ce qui contribue beaucoup à l'immersion.
L'histoire se lit facilement et s'avère prenante du début à la fin. La progression est fluide, les enjeux sont clairs et on suit avec intérêt cette expédition motivée par l'appât du gain. En revanche, j'ai eu le sentiment que le récit restait un peu trop simple et linéaire. Les personnages sont esquissés plutôt que véritablement développés, certaines pistes auraient mérité d'être davantage approfondies et plusieurs événements arrivent finalement de manière assez prévisible.
C'est sans doute ce qui m'a laissé une légère frustration à la fin de la lecture. Le contexte, les thèmes abordés et l'atmosphère avaient le potentiel de porter une histoire plus ambitieuse et plus dense. Je ne me suis pas ennuyé, loin de là, mais j'ai eu l'impression d'un récit qui se résume assez vite une fois refermé et qui n'exploite pas totalement la richesse de son sujet.
Malgré cette réserve, c'est une lecture agréable portée par un cadre original et un dessin de qualité.
D'habitude, j'adore les histoires dessinées par Walthery. Mais cette série a été pour moi une grande déception à plusieurs niveaux. Le premier tome «Une femme dans la peau» est encore acceptable, sans être mémorable. Mais ensuite, tout a dégénéré jusqu'à dépasser toutes les limites du mauvais goût. Sans queue ni tête, on mélange nazis, transplantations cérébrales, scènes répulsives et on ne comprend pas où cela veut en venir.
Au niveau du dessin, tout semble également fait à la hâte et sans grand engagement de la part des auteurs (Walthery, Di Sano, Mythic...). L'humour comme l'érotisme éventuel finissent par être complètement écrasés par l'incompétence du scénario et la maladresse des dessins. À éviter ou juste feuilleter pour se faire une idée.
Ouf, c'était laborieux comme lecture ! J'ai accéléré pour la finir le plus vite possible, assez lassé du ton résolument enfantin, bien trop enfantin, de l'histoire linéaire dont les enjeux et le message étaient franchement trop martelés, le tout dans une trame franchement pas folle.
C'est clairement un récit à destination de la jeunesse, plein de jolis messages, dans un monde peu crédible (même pour des comics) avec des enfants de 13 ans aux super-pouvoirs qui apprennent à se découvrir l'un l'autre. C'est cousu de fil blanc mais surtout, et ça je déteste, c'est souligné en permanence. L'exemple que j'ai, c'est la scène d'action au début où chaque action est commentée par les protagonistes à bases de "je dois aller voir", "elle détruit mes drones", etc ... C'est clairement une redondance de ce qu'on voit, ça me donne l'impression que les auteurs n'ont pas confiance dans ma capacité à comprendre ... Bref, ça m'agace, prodigieusement.
Le dessin n'est franchement pas fou non plus. C'est presque stéréotypé dans le style comics pour enfant. Et c'est d'autant plus désagréable que l'action passe à toute vitesse sur des points parfois importants, rendant certaines scènes parfois confuses et accélérant bien trop lorsque c'est nécessaire de plus détailler. Il y a eu plusieurs passages où j'ai du relire pour comprendre le détail de l'action tant ça passait vite. Bref, pas assez marqué comme dessin, trop superficiel dans le découpage, pas intéressant dans l'histoire ... Une BD de plus pour remplir les bacs jeunesse, sans saveur et sans âme à mon gout.
Après Postapoland, voici "Doghead", toujours chez Huber éditions, et ce comics pue lui aussi la bizarrerie.
Je découvre donc Dave Cooper avec cette série qui devrait comporter 6 tomes.
Le bouquin, à la couverture souple, dispose de deux couvertures, une pour chacune des histoires. Il faudra d'ailleurs retourner l'album pour passer au second récit.
Histoire 1 : L'architecte.
La Nouvelle Écosse en 1971, un architecte français doit mettre en œuvre le mouvement métabolique, et ainsi donner le pouvoir à un bâtiment de se transformer par lui-même.
Une lecture rapide, seulement 24 pages, juste le temps de découvrir les trois personnages principaux et de planter le décor. Un récit qui ne se dévoile pas encore, l'humour est bien présent et on aura droit à un peu de sexe avec cette fellation dentesque (oui avec un « e »).
Histoire 2 : La grande hiérarchie.
Bon là, on va partir dans le grand n'importe quoi. Imaginez un monde où l'Étalon (l'équivalent de dieu) et ses deux Mères (des déesses) règnent sur toutes vies. Il faut que je vous décrive cet Étalon : deux longues et fines jambes, un corps ventripotent où deux points d'interrogation sont plantés sur son sommet, deux bras grassouillets, une grosse paire de couilles et un œil-museau à l'extrémité haute et basse de son corps (on dirait deux gigantesques phallus). Il va se servir de ses deux excroissances pour réaliser une double pénétration avec les deux Mères et ainsi donner naissance chaque petit matin à de nombreux œufs à coque dure qui vont flotter jusqu'à atteindre le ciel et se briser pour former de petits soleils... Dans cet espèce d'éden absurde, l'Étrier sera le méchant de service. Autre lieu et autre personnage, dans une ville futuriste Eddy Table a l'air de faire fasse à une attaque d'extraterrestres . Rien, à priori, ne lie ces deux intrigues.
La lecture est rapide (18 planches) et ne fait qu'effleurer cet univers irrationnel où le comique vient s'inviter sous diverses formes.
J'ai apprécié le travail graphique de Dave Cooper. L'absence de couleurs associée à un encrage rouge et noir créent cette ambiance surréaliste qui permet d'entrer facilement dans les deux récits. Un surréalisme accentué par le contraste entre la représentation de décors réalistes et des personnages cartoonesques pour le premier récit et des trouvailles graphiques pour le second. Des femmes pulpeuses aux longues incisives et ces dernières ne servent pas qu'à croquer....
Du très très bon boulot.
Deux histoires aux univers très différents qui partent sur de bons rails, mais il y a un goût de trop peu pour mettre une meilleure note.
Impatient de découvrir le second volet et de faire évoluer ma note.
Les habitudes hédonistes de Tony Stark le mettent à l’épreuve, après une série de contrariétés personnelles et financières. Ces histoires abordent pour la première fois, dans les comics, le fléau de l’alcoolisme, qui devient ici le véritable méchant.
On assiste à une espirale descendante qui affecte la mission d’Iron Man, il se trouve forcé de choisir entre la dépendance et le but supérieur de sa vie. Je dois avouer qu’à l’époque, ce thème m’a un peu dérangé ; je n’étais pas habitué à une approche de sujets aussi réels dans les comics de super-héros. Mais tout finit par s’intégrer dans le développement et la complexification du personnage.
Les dessins de Carmine Infantino et de John Romita Jr. sont classiques et n’innovent pas le style graphique de la maison Marvel à l’époque, la fin des années 70. Les couleurs sont très criardes et la mode, coiffures, moustaches et favoris trahissent aussi cette époque. Il se peut qu'elles aient un certain charme de nos jours...
Ce recueil d’histoires de Nicky se présente comme plus soft que Royal Gentlemen Club et plus varié en termes de références et d’influences. Du manga à la ligne claire européenne, en passant par les comics américains des années 50, les images ne sont pas dépourvues de qualités sur le plan esthétique. Dans un noir et blanc d'un bel effet, les tenues fétichistes, découpées de manière à mettre en valeur les attributs généreux des jeunes femmes, ne sont pas désagréables à regarder.
Mais tout devient très répétitif et prévisible. Le trait d’unité des histoires reste le BDSM humoristique. Dans le programme, on trouve un Far-West lesbien, une pensionnat de jeunes filles, du ligotage, des fessés, de la discipline et de la soumission ou encore quelques gifles et coups de verge: même si simulée ou consentie, je ne trouve pas la violence attirante, et touts ces fantasmes ne font pas mon genre. Rapidement lu et vite oublié.
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L'Île des riches
La belle couverture et l'idée d'une île de riches m'a incité à lire, parce que vive les îles et leur différence d'avec le reste du monde, les vagues en prime. Le nom des auteurs aussi, mais bof ! Seul le propriétaire de l'île est intéressant et sous-exploité : pourquoi loue-t-il des palais à ses hôtes, pour l'argent, les étudier, ne pas être seul ? On n'en saura rien, et la bd ne se relève pas de ça : vu que seul ce personnage est intéressant, il aurait fallu l'exploiter à fond. Je trouve l'idée en quelque sorte de châtiment des riches par une grande vague bien primitive : depuis au moins Noé, on juge les assaillis par les flots bien coupables et on présume que le lecteur se ralliera à ça j'imagine, car les riches sont souvent considérés comme coupables en France mais ici de quoi ? De chercher un abri ? Mais si nous le pouvions, nous le ferions sans doute. D'être pollueurs ? Le plus coupable est devenu un pauvre, non pour le crime d'être pollueur, d'ailleurs, mais parce que la manière dont il opère est bien primitive. Et si on veut démontrer quelque chose, on ne le fait même pas bien : il y a un riche cherchant des solutions pour la planète. Je comprends qu'il le fasse à l'abri, on se concentre mieux non harcelé par la peur, le temps, la foule.. Le scénario ne fait que présenter des personnages pour qu'ils soient finalement mis à l'épreuve par la vague, mais montrés très superficiellement, je me moque en vérité de tout ce qui peut leur arriver parce qu'ils ne sont pas réels. L'île est censée être belle mais on ne la contemple pas, des gens vont être traités comme dans un film catastrophe mais on ne les présente pas comme dans les films de ce genre, on ne moque donc de l'ile, des habitants et de la vague, car à part le maitre de l'île, tout est néant.
A History of Violence
Si ce n'était pas pour le film de Cronenberg, je n'aurais jamais regardé plus d'une fois cette version comics. Bien que A History of Violence propose une intrigue intéressante, la version dessinée peine à me convaincre. Le principal point faible réside dans les dessins de Vince Locke, je crois. Son style, très brut et minimaliste, manque de finesse et d'expressivité. Les personnages présentent des visages rigides et des émotions peu nuancées. De plus, les décors sont parfois simplifiés à l'excès et donnent une impression d'inachèvement. Les séquences d'action, essentielles au récit, souffrent également d'un manque de dynamisme et de fluidité, rendant certaines scènes confuses. Même si le côté graphique peut correspondre à l'atmosphère sombre et violente de l'œuvre originale, les dessins de Locke constituent, pour moi, le principal point faible de cette version et limitent son potentiel, malgré l’interêt du scénario.
73304-23-4153-6-96-8
C'est une séquence de dessins amusante ou inquiétante selon les sensibilités, sans grand-chose à ajouter. J'aime le style de dessin d'Ott qui rappelle les gravures anciennes. L'histoire, son message, la répétition du destin et l'idée de fatalité envahissent tout. Malgré cela, la croyance de beaucoup de gens en des significations cachées dans des numéros aléatoires, comme dans les constellations célestes ou le lancer de coquillages, constitue une réalité ancienne, éternelle et actuelle. L'être humain cherche toujours un sens, même dans ce qui n'en a pas à l'origine ou a la fin.
Chronique d'un kidnapping
C'est la première fois que je lis une BD de cet auteur, qui semble apprécier de faire des BD documentaires avec un style de dessin assez reconnaissable : simple, précis et didactique, qui permet à la fois une parfaite lisibilité (et donc un support à l'information) mais aussi de faire ressentir ce qu'il se passe par l'utilisation de procédés comme la couleur (une monochromie par page selon l'intention) ou un découpage particulier, des cases volontairement plus grandes ... La BD est parfaite à ce niveau, avec un dessin qui joue avant tout sur l'information. Les personnages sont typés, lambadas, non reconnaissables pour s'identifier à cette famille qui pourrait être la notre, tandis que l'on comprend précisément par les petites astuces visuelles. Je m'attarde dessus en introduction parce qu'une grande partie de la force de ce documentaire vient justement de la forme de la BD, qui est à mon sens remarquable. Pour ce qui est de l'histoire, c'est une horreur. Une famille ordinaire, une petite fille qui semble avoir des difficultés physiques, les incessants aller-retours à l'hopital ... Jusqu'à tomber sur la mauvaise personne qui accusera de maltraitance infantile. Et là, la spirale infernale commence. La BD à de quoi énerver, mais réellement énerver. Une enfant volée à ses parents au nom de la protection de l'enfance, déjà c'est horrible, mais lorsqu'on voit défiler les trois années de luttes acharnées, de bagarres juridiques, de violence institutionnelles ... Je vais dévoiler une partie de l'intrigue, et je m'en excuse, mais la BD montrera des abus sexuels qu'elle subira dans un foyer (où elle est placée pour sa sécurité, bien sur), les moyens désastreux mis dans ces foyers (insalubres, manquant de personnels ...) mais également l'hypocrisie de ce système : pour protéger un enfant de parents maltraitants, on va laisser l'enfant non-soignée, alors même qu'elle sera plus blessée dans ce foyer qu'avec ses parents. C'est aussi ce qui scandalise : de voir qu'en trois années, personne ne s'est réellement souciée d'elle, de ses troubles physiques et des problématiques que ça enclenchait. Tout ça pour l'ego d'une médecin qui veut avoir sa fierté de protéger des enfants de parents maltraitants, et de juges tout puissants qui font leurs lois. C'est le genre de BD qui permet de mettre en lumière que sous couvert de protection de l'enfance, noble but il est vrai, le système social et juridique actuel accuse le coup de manque de moyens, financiers et humains, mais aussi de la puissances de autorités. Remettre en question des médecins, juges ou personnel soignant est presque impossible. Bien que la BD ne le souligne pas, l'origine algérienne des parents à sans doute joué dans la vision que le système a eux d'eux tout au long du processus. Bref, une BD qui met en lumière les défauts de nos systèmes pour l'enfance, la violence des foyers et l'impuissance face à des tribunaux et des médecins. On aurait envie d'aider ces parents, leur rendre leur enfant, mais rien n'est possible. Et pourtant à l'origine c'est bien de protection d'enfants qu'on parle, un dispositif dont nous avons cruellement besoin comme le rappellent des affaires presque chaque semaine. Une BD qui énerve, c'est certain.
Mamoht
Dans les étendues sauvages de Sibérie, plusieurs hommes se lancent dans une dangereuse chasse à l'ivoire de mammouth, attirés par la promesse d'un enrichissement rapide, au risque d'y perdre la vie. J'ai trouvé cette BD intéressante avant tout pour son cadre. Le sujet du trafic d'ivoire de mammouth est original. J'ignorais tout de la chose et cet album permet de découvrir une réalité économique et sociale méconnue de la Russie contemporaine. L'album possède une dimension presque documentaire qui le rend instructif sans jamais tomber dans l'exposé. Graphiquement, c'est aussi une réussite. Le dessin semi-réaliste fonctionne très bien, aussi bien pour représenter les personnages que les paysages sauvages et hostiles de la toundra. Malgré des personnages à gros nez qui pourraient paraitre humoristiques, l'ambiance est sérieuse et bien rendue ce qui contribue beaucoup à l'immersion. L'histoire se lit facilement et s'avère prenante du début à la fin. La progression est fluide, les enjeux sont clairs et on suit avec intérêt cette expédition motivée par l'appât du gain. En revanche, j'ai eu le sentiment que le récit restait un peu trop simple et linéaire. Les personnages sont esquissés plutôt que véritablement développés, certaines pistes auraient mérité d'être davantage approfondies et plusieurs événements arrivent finalement de manière assez prévisible. C'est sans doute ce qui m'a laissé une légère frustration à la fin de la lecture. Le contexte, les thèmes abordés et l'atmosphère avaient le potentiel de porter une histoire plus ambitieuse et plus dense. Je ne me suis pas ennuyé, loin de là, mais j'ai eu l'impression d'un récit qui se résume assez vite une fois refermé et qui n'exploite pas totalement la richesse de son sujet. Malgré cette réserve, c'est une lecture agréable portée par un cadre original et un dessin de qualité.
Au Bonheur des Dames (Une Femme dans la Peau / Johanna)
D'habitude, j'adore les histoires dessinées par Walthery. Mais cette série a été pour moi une grande déception à plusieurs niveaux. Le premier tome «Une femme dans la peau» est encore acceptable, sans être mémorable. Mais ensuite, tout a dégénéré jusqu'à dépasser toutes les limites du mauvais goût. Sans queue ni tête, on mélange nazis, transplantations cérébrales, scènes répulsives et on ne comprend pas où cela veut en venir. Au niveau du dessin, tout semble également fait à la hâte et sans grand engagement de la part des auteurs (Walthery, Di Sano, Mythic...). L'humour comme l'érotisme éventuel finissent par être complètement écrasés par l'incompétence du scénario et la maladresse des dessins. À éviter ou juste feuilleter pour se faire une idée.
Antihéros
Ouf, c'était laborieux comme lecture ! J'ai accéléré pour la finir le plus vite possible, assez lassé du ton résolument enfantin, bien trop enfantin, de l'histoire linéaire dont les enjeux et le message étaient franchement trop martelés, le tout dans une trame franchement pas folle. C'est clairement un récit à destination de la jeunesse, plein de jolis messages, dans un monde peu crédible (même pour des comics) avec des enfants de 13 ans aux super-pouvoirs qui apprennent à se découvrir l'un l'autre. C'est cousu de fil blanc mais surtout, et ça je déteste, c'est souligné en permanence. L'exemple que j'ai, c'est la scène d'action au début où chaque action est commentée par les protagonistes à bases de "je dois aller voir", "elle détruit mes drones", etc ... C'est clairement une redondance de ce qu'on voit, ça me donne l'impression que les auteurs n'ont pas confiance dans ma capacité à comprendre ... Bref, ça m'agace, prodigieusement. Le dessin n'est franchement pas fou non plus. C'est presque stéréotypé dans le style comics pour enfant. Et c'est d'autant plus désagréable que l'action passe à toute vitesse sur des points parfois importants, rendant certaines scènes parfois confuses et accélérant bien trop lorsque c'est nécessaire de plus détailler. Il y a eu plusieurs passages où j'ai du relire pour comprendre le détail de l'action tant ça passait vite. Bref, pas assez marqué comme dessin, trop superficiel dans le découpage, pas intéressant dans l'histoire ... Une BD de plus pour remplir les bacs jeunesse, sans saveur et sans âme à mon gout.
Doghead
Après Postapoland, voici "Doghead", toujours chez Huber éditions, et ce comics pue lui aussi la bizarrerie. Je découvre donc Dave Cooper avec cette série qui devrait comporter 6 tomes. Le bouquin, à la couverture souple, dispose de deux couvertures, une pour chacune des histoires. Il faudra d'ailleurs retourner l'album pour passer au second récit. Histoire 1 : L'architecte. La Nouvelle Écosse en 1971, un architecte français doit mettre en œuvre le mouvement métabolique, et ainsi donner le pouvoir à un bâtiment de se transformer par lui-même. Une lecture rapide, seulement 24 pages, juste le temps de découvrir les trois personnages principaux et de planter le décor. Un récit qui ne se dévoile pas encore, l'humour est bien présent et on aura droit à un peu de sexe avec cette fellation dentesque (oui avec un « e »). Histoire 2 : La grande hiérarchie. Bon là, on va partir dans le grand n'importe quoi. Imaginez un monde où l'Étalon (l'équivalent de dieu) et ses deux Mères (des déesses) règnent sur toutes vies. Il faut que je vous décrive cet Étalon : deux longues et fines jambes, un corps ventripotent où deux points d'interrogation sont plantés sur son sommet, deux bras grassouillets, une grosse paire de couilles et un œil-museau à l'extrémité haute et basse de son corps (on dirait deux gigantesques phallus). Il va se servir de ses deux excroissances pour réaliser une double pénétration avec les deux Mères et ainsi donner naissance chaque petit matin à de nombreux œufs à coque dure qui vont flotter jusqu'à atteindre le ciel et se briser pour former de petits soleils... Dans cet espèce d'éden absurde, l'Étrier sera le méchant de service. Autre lieu et autre personnage, dans une ville futuriste Eddy Table a l'air de faire fasse à une attaque d'extraterrestres . Rien, à priori, ne lie ces deux intrigues. La lecture est rapide (18 planches) et ne fait qu'effleurer cet univers irrationnel où le comique vient s'inviter sous diverses formes. J'ai apprécié le travail graphique de Dave Cooper. L'absence de couleurs associée à un encrage rouge et noir créent cette ambiance surréaliste qui permet d'entrer facilement dans les deux récits. Un surréalisme accentué par le contraste entre la représentation de décors réalistes et des personnages cartoonesques pour le premier récit et des trouvailles graphiques pour le second. Des femmes pulpeuses aux longues incisives et ces dernières ne servent pas qu'à croquer.... Du très très bon boulot. Deux histoires aux univers très différents qui partent sur de bons rails, mais il y a un goût de trop peu pour mettre une meilleure note. Impatient de découvrir le second volet et de faire évoluer ma note.
Iron Man - le Diable en bouteille
Les habitudes hédonistes de Tony Stark le mettent à l’épreuve, après une série de contrariétés personnelles et financières. Ces histoires abordent pour la première fois, dans les comics, le fléau de l’alcoolisme, qui devient ici le véritable méchant. On assiste à une espirale descendante qui affecte la mission d’Iron Man, il se trouve forcé de choisir entre la dépendance et le but supérieur de sa vie. Je dois avouer qu’à l’époque, ce thème m’a un peu dérangé ; je n’étais pas habitué à une approche de sujets aussi réels dans les comics de super-héros. Mais tout finit par s’intégrer dans le développement et la complexification du personnage. Les dessins de Carmine Infantino et de John Romita Jr. sont classiques et n’innovent pas le style graphique de la maison Marvel à l’époque, la fin des années 70. Les couleurs sont très criardes et la mode, coiffures, moustaches et favoris trahissent aussi cette époque. Il se peut qu'elles aient un certain charme de nos jours...
New Rodeo Girls - Rose Garden School
Ce recueil d’histoires de Nicky se présente comme plus soft que Royal Gentlemen Club et plus varié en termes de références et d’influences. Du manga à la ligne claire européenne, en passant par les comics américains des années 50, les images ne sont pas dépourvues de qualités sur le plan esthétique. Dans un noir et blanc d'un bel effet, les tenues fétichistes, découpées de manière à mettre en valeur les attributs généreux des jeunes femmes, ne sont pas désagréables à regarder. Mais tout devient très répétitif et prévisible. Le trait d’unité des histoires reste le BDSM humoristique. Dans le programme, on trouve un Far-West lesbien, une pensionnat de jeunes filles, du ligotage, des fessés, de la discipline et de la soumission ou encore quelques gifles et coups de verge: même si simulée ou consentie, je ne trouve pas la violence attirante, et touts ces fantasmes ne font pas mon genre. Rapidement lu et vite oublié.